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La première « free school » bilingue franco-anglaise va ouvrir ses portes en 2012 près d’Oxford

Il y a tout juste six mois, je publiais un billet intitulé « Il faut sauver Culham ! » suite à ma visite de l’Ecole européenne de Culham, située près d’Oxford. Une solution émerge grâce à l’action tenace des parents d’élèves.

Joli logo de l'Europa School UK

Le 10 octobre dernier, le ministre de l’Education britannique, Michael Gove, a officiellement donné son feu vert à la pré-ouverture d’Europa School UK, une « free school » offrant deux filières bilingues : franco-anglaise et germano-anglaise.  Cette  free school qui sera basée à Culham près d’Oxford s’inscrit dans la continuité de l’Ecole européenne dont la fermeture est programmée jusqu’en 2017. Europa School UK devrait ainsi voir le jour dès septembre 2012 avec 6 classes de 28 élèves répartis en 2 sections franco-anglaises et germano-anglaises, 2 classes de « Réception », 2 classes de « Year 1 » et 2 classes de « Year 2 ».  Elle remplacera progressivement les classes fermées par l’école européenne pour offrir à terme un enseignement européen allant de 4 à 19 ans menant au bac européen.

Le « funding agreement »  devrait être signé début 2012 à l’issue d’une période de consultation publique. Un accord sur le partage des locaux entre l’Ecole européenne et la free school est également en cours de négociation avec Bruxelles.

Cette école sera gratuite. Comme toute école d’Etat anglaise, les règles d’admission en « Reception » seront principalement basées sur la proximité du domicile des familles concernées par rapport à l’école.

Simon Sharon, directeur de l’Ecole européenne de Culham affiche sa satisfaction : « Il y a un lien étroit entre l’école européenne et l’ouverture prochaine de la free school. Ce projet de free school présente une perspective positive pour offrir une continuité pédagogique au-delà de 2017 pour les élèves qui sont actuellement scolarisés à l’école européenne ».

Bénédicte Yue, parent d’élèves, dont deux enfants sont scolarisés à l’Ecole européenne et deux autres en attente d’inscription à la free school témoigne :
«Dans un environnement en pleine globalisation et en particulier dans la région d’Oxford  où se trouve le siège de nombreuses entreprises et programmes de recherche  internationaux, le nombre de familles bilingues et multi culturelles ne cesse d’augmenter. Ces familles parlent souvent plusieurs langues à la maison, et ce projet d’école, unique en Angleterre, leur permettra d’offrir à leurs enfants une éducation multiculturelle répondant à leurs besoins. Par ailleurs,  j’ai toujours été émerveillée de voir, à l’école européenne, tous ces enfants de différentes nationalités capables de travailler ensemble tout en partageant leurs cultures et traditions. C’est un formidable exemple d’intégration qui commence dans la cour de récréation dès le plus jeune âge. La mise en place par Michael Gove du concept de free school nous offre une occasion unique de poursuivre cette aventure tout en permettant d’intégrer davantage de familles anglaises qui auront ainsi la possibilité d’acquérir une deuxième langue dans un environnement multiculturel.»

J’adresse mes plus vives félicitations à tous ceux qui ont forgé cette réussite. Tous méritent d’être mis à l’honneur : Andrew Parker, Europa School UK Chair of Directors ainsi que les autres directors : Jackie Holderness, Antonella Shorrock, Clara della Croce, Jutta Weber, Karin Loudon et Paul Adams ; à Emmanuel Pallot, Chair of Europa School UK Project Steering Group ; Simon Sharron, Directeur de l’Ecole Européenne ; à Lord Hill, Schools Minister au Department for Education pour son soutien continu, à l’’ETEE (English Trust for European Education) notamment Jim Campbell ( Chair), Maurizio Fantato (Founder and Vice-Chair) and John Sayer (Trustee).

Je souhaite également témoigner de mon admiration envers Bénédicte Yue et toute l’équipe de la « Culham European free school » qui ne se sont pas découragées après l’annonce de l’échec de leur premier projet d’Academy en février dernier. Seulement quelques jours plus tard, elles initiaient ce projet de free school. Laurent Batut, conseiller culturel adjoint et moi avions immédiatement soutenu cette initiative. Elles témoignent du formidable engagement des Français du Royaume-Uni en faveur d’un enseignement en langue française.

Pour plus d’informations : www.europaschooluk.org

Le 11 novembre sera célébré le 12 et sous le signe du Bleuet !

Une fois n’est pas coutume, nous commémorerons l’Armistice de la Première Guerre, un 12 novembre.

Cette année 2011 est symbolique puisqu’elle a vu disparaitre le dernier combattant connu de la guerre 14-18. Il s’agissait d’un Anglais, Claude Stanley Choules, mort en mai dernier en Australie à l’âge de 110 ans. Pour l’anecdote, il avait menti sur son âge pour pouvoir s’engager à 14 ans dans la Royal Navy. Je rappelle que notre dernier poilu, Lazare Ponticelli, s’en est allé en mars 2008, également à l’âge de 110 ans.

Voici le déroulé prévisionnel de la journée du samedi 12 novembre, à Londres :
11h00 : cérémonie devant la statue du maréchal Foch, Grosvenor Gardens
13h00 : cérémonie au cimetière militaire de Brookwood
18h00 : messe en l’église de Notre Dame de France en souvenir des disparus

Vous vous souvenez peut-être de mon billet appelant au port du Bleuet pour relayer l’initiative du colonel Laurent Kolodziej, attaché des Forces terrestres, qui ambitionnait de (re)lancer la dynamique du Bleuet pour faire écho à celle du Poppy au Royaume-Uni (lire : « Et si les Français de Londres arboraient le Bleuet pour commémorer l’Armistice ? » du 24 septembre 2011).

J’ai été flatté de découvrir que mon petit article sur le Bleuet avait été communiqué à la commission des Anciens combattants de l’AFE, Assemblée de Français de l’étranger, par son rapporteur Jacques Janson et annexé au rapport de leurs travaux (p.27), le 1er octobre dernier.

Le 11/11/11, Poppies britanniques et Bleuets français fleuriront ensemble

Puis, les événements se sont précipités. Notre ambassadeur, Bernard Emié, a entrepris de lancer une opération « Bleuet » à Londres au grand bonheur de nombreux concitoyens attachés au devoir de mémoire. Il restaure une tradition qui  permet à chaque Français d’outre-Manche de s’inscrire dans une démarche commune et solidaire, ce dont nous lui serons reconnaissants très longtemps, j’espère.

Enfin, autre bonne nouvelle, le site du ministère de la Défense se fait l’écho de la campagne de l’association Bleuet de France, se déroulant du 2 au 11 novembre, qui fait appel à la générosité autour d’un nouveau slogan « Aidons ceux qui restent ». (lien vers le ministère)

Ceci étant, le colonel Laurent Kolodziej vient de m’annoncer que les bleuets sont bien arrivés. Il dispose d’un stock de 1000 unités. Il a d’ores et déjà commencé la distribution, en ciblant d’abord les lieux les plus fréquentés par nos concitoyens : consulat, Institut français, lycées et écoles.

Les fonds récoltés servent une noble cause et je vous invite à consulter le dépliant du Bleuet de France (fichier pdf), l’association caritative qui apporte son soutien à des milliers d’anciens combattants, veuves de guerre, victimes du terrorisme et pupilles de la Nation. Vos dons sont les bienvenus sur leur site.

Merci à tous ceux d’entre-vous qui ferez fleurir un Bleuet sur votre poitrine… au côté d’un Poppy !

Pour connaitre l’histoire du Poppy, lire : « 11 novembre, jour des Poppies » du 13 novembre 2010

Photo Flickr de ImAges ImprObables

Conférence UFE Corporate (4) : Le Petit Journal fait le point sur le métro transmanche

Si la question du métro transmanche suscite votre intérêt, je sais que les questions doivent se bousculer dans votre esprit impatient. Le 20 octobre dernier à Ashford, dans le cadre d’une conférence organisée par l’UFE Corporate, une table ronde fut exclusivement consacrée au sujet, réunissant les plus importants acteurs du projet (lire : « Conférence UFE Corporate (2) : « Plaidoyer à 5 voix pour un métro transmanche » du 25 octobre 2011).

En marge de cette conférence, j’ai été interviewé par Simon Gleize du Petit Journal, le média des Français et francophones à l’étranger. L’article est paru dès le lendemain sous le titre : « Metro transmanche : trois questions à Olivier Cadic ».

Voici les trois questions auxquelles je me suis fait un plaisir de répondre de manière franche et détaillée :
– Parlez-nous de ce projet de métro transmanche que vous portez ?
– Concrètement, sur ce projet, où en est-on ? Qu’est ce qui est acquis et quels sont les obstacles qui demeurent ?
– On a bien compris l’intérêt qu’a la France à développer ce métro transmanche, mais quel est celui du Royaume-Uni ?

Je vous publie le début du texte du Petit Journal et je ne peux que vous inciter à vous connecter sur leur site pour disposer d’un bon éclairage sur l’avancée de la situation (lien ci-dessous).

« Le projet de métro transmanche a été évoqué ce jeudi 20 octobre au terme de la conférence UFE Corporate. Porté depuis 2008 par Olivier Cadic, conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger et président de l’Union des Français de l’étranger Grande-Bretagne, avec l’association Opale Link, ce nouveau mode de transport type RER « sous-marin » permettrait de rallier Calais à Ashford, dans le Kent en 30 minutes en utilisant huit rames de TER, détenues par la région Nord-Pas De Calais, et en empruntant le channel que la société Eurotunnel n’utilise qu’à la moitié de ses capacités. Si rien n’est encore décidé, Olivier Cadic, à l’instar du Consul Édouard Braine mais aussi de la sénatrice des Français établis hors de France, Joëlle Garriaud-Maylam ainsi que de Catherine Fournier, maire de Fréthun, a répété sa détermination à voir les premiers trains circuler avant les Jeux Olympiques de 2012

Lepetitjournal.com : Parlez nous de ce projet de métro transmanche que vous portez ?

Olivier Cadic : C’est un projet qui me tient à coeur. Quand vous voyez d’un côté des gens qui cherchent du travail et de l’autre des entreprises qui cherchent des gens, vous ne pouvez pas rester insensible. Quand on me dit : « il faudrait faire des études pour ce métro, tout ça… », je dis non. J’ai tout. Le tunnel, l’opérateur, le métro, l’emploi d’un côté, les gens qui en cherchent de l’autre. Il faut se bouger. Je suis un entrepreneur et quand j’ai tout, moi, je fais l’entreprise. Il faut se mettre autour d’une table avec les gens concernés. C’est important parce que des emplois sont en jeu, il y a des gens qui sont au chômage et qui pourraient très bien avoir un boulot. Ce n’est pas acceptable. Tout est là et les gens attendent ce métro.  »

Lire la suite de l’article « Metro transmanche : trois questions à Olivier Cadic » du 21.10.2011

Photo Flickr de Ninasaurusrex

Remise de nationalité à Londres diffusée sur LCI !

Sur la gauche, une caméra de LCI enregistre la cérémonie conçue par le consul général, Edouard Braine

Au cours de l’émission « Un jour dans le monde » de Vincent Hervouët sur LCI, nos compatriotes ont pu découvrir un reportage réalisé par Catherine Jentile consacré à la cérémonie de réception de la nationalité française à Londres.

Le consulat londonien a accueilli 250 nouveaux Français en 2010, soit une augmentation de 30 % par rapport à l’année précédente.

Dès son arrivée, Edouard Braine avait décidé d’accentuer le caractère officiel de la remise du certificat de nationalité, afin que nos nouveaux compatriotes gardent le souvenir, toute leur vie certainement, du jour unique où ils sont devenus Français.

Evénement solennel, mais tout autant familial et fraternel qui réunit des personnes de tous horizons. Certificat de nationalité française en poche, ils entament la Marseillaise en chœur avec le consul général devant le drapeau tricolore, le buste de Marianne et le portrait du Président de la République.

Le point d'orgue de la réunion : chanter la Marseillaise, tous en chœur !

A l’heure où certains veulent remettre en cause le principe de binationalité, j’ai tenu à exprimer à nos nouveaux compatriotes, le 14 septembre dernier, combien notre pays était fier de les accueillir, eux, qui ont choisi en conscience de respecter et de défendre notre devise « liberté, égalité, fraternité ».

A l’instant où ils reçoivent leur certificat, ils deviennent des Français à part entière, au même titre que ceux qui ont reçu cette nationalité à leur naissance. Ont-ils quelque chose en moins ? Quelques faiblesses de langage ? S’ils endossent nos valeurs, ils demeurent tous, individuellement, une porte sur le monde. Je crois que la France en a besoin.

Lire aussi :
« Tout est bien qui finit bien » du 28 mars 2011
« Devenir français, ça se fête ! » du 15 octobre 2010

Bernard Emié réunit les consuls honoraires pour évoquer les relations franco-britanniques

Oliver Cadic, la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam et l'ambassadeur Bernard Emié

Le 14 octobre, l’ambassadeur Bernard Emié a rassemblé pour une journée de travail les consuls généraux, les consuls honoraires et élus des Français du Royaume-Uni à la Résidence de France. Joëlle Garriaud-Maylam, sénateur représentant les Français établis hors de France, assistait à cette réunion.

L’ambassadeur nous a présenté les grandes priorités de nos relations bilatérales et les échéances importantes qui orientent l’action du réseau français au Royaume Uni pour la fin de cette année et l’année prochaine : présidence du G20 et sommet de Cannes, sommet bilatéral du 2 décembre, organisation des élections présidentielle et législatives et, enfin, les Jeux olympiques.

Bernard Emié a souligné les excellentes relations entre nos deux pays et indiqué que 75% des résolutions de l’ONU sont d’inspiration franco-britanniques ! Afin d’illustrer l’importance de nos investissements au Royaume-Uni, il a rappelé que 1.600 entreprises françaises sont installées outre-Manche qui emploient 450.000 salariés. ll n’est pas étonnant que « Les iles britanniques constituent le premier excédent commercial de la France. Il faut le maintenir et l’accroitre», accentue-t-il.

Nos 22 consuls honoraires au Royaume Uni, réunis autour de l'ambassadeur de France, le 14 octobre 2011 à Londres

Bernard Emié a déclaré que nous devons aider les Britanniques à réussir leurs Jeux Olympiques. Le flux de visiteurs sera très important. Les estimations prévoient un accroissement de 25% du trafic transmanche pendant cette période. L’ambassadeur a demandé à chacun d’être à son poste pendant cette période estivale.

Au-delà de leur mission d’assistance des Français en difficulté dans leur région, les consuls honoraires sont les relais de l’administration et des initiatives de l’ambassade sur le terrain. Ils participent, avec le réseau culturel, au maillage de la présence française au Royaume Uni.

La France compte 22 consuls honoraires au Royaume Uni (liste des noms et coordonnées). Je salue leur action exemplaire.

Conférence UFE Corporate (3) : Théodore Zeldin, l’Anglais qui adore la France

Un homme peu commun, un Anglais atypique, tout à la fois historien, sociologue, philosophe et romancier, nommé Théodore Zeldin nous a fait le grand plaisir de sa présence à Ashford, le 20 octobre dernier, lors de la conférence UFE Corporate.

Théodore se trouvait assis à la table ronde consacrée au métro transmanche, il aurait pu tout aussi bien s’installer la tribune pour parler de l’emploi ou de l’entreprise, lui qui fut appelé à la Commission pour la libération de la croissance française (dite « Commission Attali ») en 2007, ou bien encore disserter sur les aspirations et les angoisses des individus à travers l’histoire des civilisations qu’il étudie. Face au public, il avait le regard espiègle de celui qui sait et qui aime amuser la galerie, trouvant immédiatement le bon mot ou l’anecdote juste dans la base de son érudition. Ne jamais être ennuyeux, semble être son crédo.

Mais il a d’abord étonné le public en utilisant à la perfection la langue de Molière, d’un timbre de voix léger et assuré. En effet, Théodore est un Anglais qui aime la France, le pays du « bien vivre ». Il s’est même rendu célèbre chez nous en publiant son « histoire des passions françaises », en 5 volumes excusez du peu !

Il a découvert une vérité confondante pour un étranger : « En France, tout le monde se considère intelligent. » Côté britannique, ce n’est pas le cas de longue date puisque leurs aristocrates « ont toujours prétendu être idiots » (une posture qui leur a peut-être sauvé la tête…). Ainsi, « du temps des Lumières, les Anglais venaient à Paris lorsqu’ils voulaient discuter de façon intelligente. » Théodore nous donne une idée lumineuse pour entretenir l’esprit d’universalité des Lumières : « La France doit être l’avocat du polylinguisme. » Cela vaut son pesant de la part d’un Anglais…

Un métro transmanche pour rapprocher les hommes, s’enrichir de leur diversité et jouer de leur complémentarité ne pouvait que plaire à Théodore Zeldin. Il pense que faciliter le flux de travailleurs entre le Kent, jardin de l’Angleterre et le Calaisis, terre agricole, pourrait conduire à « réinventer la vie rurale » à l’heure où la moitié de l’humanité résidait désormais en ville, tout en « aspirant à la paix des campagnes. » L’important étant à terme « d’avoir une vie équilibrée ».

Tout inspire ce scientifique méticuleux qui nous parle comme un poète et qui adore les nouveautés d’autant qu’elles parviennent à « se mélanger avec le passé »

Conférence UFE Corporate (2) : Plaidoyer à 5 voix pour un métro transmanche

Un nouveau pas décisif a été accompli, jeudi dernier à Ashford, vers l’avènement du métro transmanche. Le bonheur semble maintenant à portée de main sous les efforts conjugués d’une pléiade de talents, dont j’ai eu le privilège de réunir les principales figures, lors de la conférence UFE : Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français hors de France, Edouard Braine, consul général, Catherine Fournier, maire de Fréthun et Théodore Zeldin, historien et philosophe.

(g. à d.) Théodore Zeldin, historien sociologue philosophe, Olivier Cadic, Edouard Braine, consul général, Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français hors de France, Catherine Fournier, maire de Fréthun (table ronde "métro transmanche" - Conférence UFE Corporate du 20/10/11)

L’appel est lancé et les infrastructures existent, alors que manque-t-il pour faire aboutir ce « projet passionnant qui donnerait une vraie dimension à cette Europe des régions », s’enthousiasme Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français de l’étranger ? (lire : « Métro trans-Manche : transformer le rêve en réalité » du 02 septembre 2011).

En préambule à cette table ronde consacrée au métro transmanche, David Rosenberg, annonçait qu’il pouvait offrir immédiatement 100 à 150 jobs chez SBE Uk dans le Kent. Il a haussé d’un cran le sentiment d’urgence dans l’assistance, puisque les Français au chômage n’ont pas de solution pour faire un aller-retour quotidien à faible coût pour travailler dans le Kent, tandis qu’on observe à toutes les bordures de notre Hexagone un flux croisé de travailleurs transfrontaliers.

Premiers bénéficiaires : les jeunes du Calaisis. « Tout commence par la mobilité des Jeunes », postule Catherine Fournier, qui devront « travailler en terre d’échanges » puisqu’elle estime que le changement ne sera pérenne que si les liens s’établissent entre les deux côtés du Channel. On a grand besoin de gens qui parlent anglais dans beaucoup de métiers sur la Côte d’Opale.

Au chapitre de la mobilité, l’historien-philosophe anglais, Théodore Zeldin, célèbre auteur de « l’histoire des passions françaises » (en 5 volumes) soutient cette démarche.

« Entre les différences, réside la richesse », abonde Edouard Braine, notre consul général, identifiant un « désir de sud » chez les Anglais, contre un « besoin du nord » chez les Français en proie à un chômage chronique, surtout dans le Calaisis.

Contribuer à la réduction du chômage en France est la mission du plan Emploi dirigé par Edouard Braine. Un de ses objectifs est de faire circuler un métro transmanche.

Où en sommes-nous ? On le sait le tunnel sous la Manche n’est utilisé qu’à 50% de ses capacités, il y a donc de la marge pour faire circuler des trains régionaux, type TER, de la Sncf.

Il y a quelques jours seulement, Jacques Gounon, président d’Eurotunnel m’avait même fait part de sa «déception» que la liaison ne soit pas déjà effective, lors des 2èmes Rencontres jobs transfrontaliers. Il nous a confirmé sa volonté d’aller de l’avant, en demandant à Jean-Alexis Souvras, directeur des Affaires publiques d’Eurotunnel, de participer à cette rencontre.

Du côté d’Eurotunnel, les nouvelles sont donc très encourageantes. Mais je dois vous avouer que l’équipe du plan Emploi avait fait un grand rêve pour ce 20 octobre. Edouard Braine l’a dévoilé : nous avions rêvé d’un accord au sommet en réunissant, autour de Jacques Gounon, les élus et décideurs concernés par ce dossier, en premier lieu Guillaume Pepy, président de la Sncf, Daniel Percheron, sénateur et président de la région du Nord-Pas-de-Calais ou encore Michel Delebarre, sénateur-maire de Dunkerque, pour ne citer qu’eux. Ce jour viendra bientôt, j’en suis certain.

Pour couvrir le chemin qui reste à faire, Joëlle Garriaud-Maylam s’est résolument engagée à porter ce projet au cœur du Sénat avec confiance : « Ce n’est pas une utopie, c’est à portée de main ». Notre sénatrice a révélé que la nouvelle sénatrice Natacha Bouchard, également maire de Calais, avait exprimé un intérêt marqué pour cette idée de liaison. L’affaire semble s’engager au mieux.

« La complémentarité finira par l’emporter », parie Edouard Braine, dès lors que tous les acteurs seront réunis.

Le rendez-vous est pris avec l’Histoire. La presse s’intéresse vivement à ce nouvel élan transfrontalier, comme l’atteste les articles parus au lendemain de la conférence :

Et si on construisait un métro sous la Manche ? sur RTL, le 20/10/11
Un métro sous la Manche en projet, Le Figaro du 21/10/11
Métro transmanche : les Français d’Ashford (G-B) adhèrent au projet, la Voix du Nord du 23.10.2011
Metro transmanche – Trois questions à Olivier Cadic, Le Petit Journal du 21/10/11
Hopes rise for Calais-Kent commuter link, The Local du 21/10/11

Vidéo : Interventions d’Edouard Braine et de Joëlle Garriaud-Maylam au sujet du métro transmanche :

Notre consul Edouard Braine vous donne rendez-vous au concert «Beyond difference – Musique en Selle», le 8 novembre 2011

Le 8 novembre prochain, la communauté française se mobilisera sur le thème du handicap. J’attire votre attention sur un concert de solidarité exceptionnel qui se tiendra en fin d’après-midi à l’institut français, intitulé  « Beyond difference – Musique en Selle ».

Nous avons beaucoup à apprendre des Britanniques en matière d’accessibilité. Il leur semble naturel de penser qu’une personne handicapée, âgée ou menant une poussette d’enfant puisse entrer aisément dans un lieu public.

Comme un symbole, en ouverture de cette journée du 8 novembre consacrée au dépassement du handicap et son intégration sociale, un ascenseur sera inauguré consulat français de Londres. Il faut dire qu’un vent nouveau souffle depuis l’arrivée d’Edouard Braine au poste de consul général. Plus moyen d’éluder certains sujets, on agit. A commencer par se conformer à une législation anglaise exemplaire.

« La Grande Bretagne a 50 ans d’avance sur la France en matière d’ingénierie sociale », nous a dit Edouard Braine, jeudi 20 octobre lors de la conférence UFE Corporate à Ashford, en réponse à l’exposé de Julie Calleux, juriste experte en droit social. Celle-ci évoquait les « reasonable adjustements » auxquels étaient tenus les entrepreneurs anglais pour permettre aux personnes handicapés d’exercer leurs activités professionnelles. Julie Calleux ajoutait qu’en France les textes existaient, mais qu’ils étaient ignorés. Question de mentalité, donc.

Avant le concert, Edouard Braine réunira au consulat une trentaine de personnalités françaises et anglaises de haut niveau, ainsi que des journalistes, pour tenir un colloque franco-britannique consacré aux bonnes pratiques sur le handicap. Je me ferai l’écho de leurs propos prochainement.

J’en appelle à votre élan solidaire, en vous accordant un immense plaisir personnel, en venant nous rejoindre dans la salle de spectacle de

l’Institut français, mardi 8 novembre 2011, 17h30
Box office : 020 70 73 13 50, 17, Queensberry Place, London

Dès 17h30, Clara Cernat (violon) et Thierry Huillet (piano) vous raviront de pièces classiques (Dvořák, Huillet, Porumbescu, Liszt, Saint-Saëns), avant de céder la scène à une succession de cinq musiciens, en situation de handicap, dans un registre variétés et musique du monde. Magali, Shérazade, Rachel, Yvan et Patrick vous êtes les bienvenus à Londres.
Programme détaillé du concert « Beyond difference » (fichier pdf)
Réservation (£50) : www.institut-francais.org.uk/music-events/beyond-difference

Il n’est pas certain que les recettes du concert couvrent les frais, c’est pourquoi vous êtes invités à faire un don. Merci de vous manifester à l’adresse suivante : musiqueenselle@gmail.com.

Justement, vous devez penser que je relaie l’initiative d’Edouard Braine pour faire une sorte de quête au profit des handicapés. Pas du tout. Les bénéfices, ainsi qu’une vente aux enchères, serviront à financer la « Caravane de l’espoir« , une opération imaginée par SLL Chevaux Blancs. Il s’agit d’une association franco-britannique  en charge de réinsertion sociale des jeunes, anglais et français, grâce aux chevaux ! C’est ainsi qu’ils vont relier la Camargue à Londres à dos de cheval à l’automne 2012.
Plus de détails sur « Caravane de l’espoir 2012 » (fichier Pdf)
Visiter le site de l’association et l’aider : www.sllassoc.com

Dépasser nos différences, c’est se sentir plus fraternel, n’est-on pas proche de l’idéal olympique qui sera à l’honneur d’ici quelques mois à Londres ? Je compte vivement sur votre présence.

« Comment dépasser la contrainte du handicap et s’inspirer des bonnes pratiques britanniques dans ce domaine ? » par Edouard Braine

Diplomate de carrière depuis près de 40 ans et jeune ambassadeur il y a 15 ans, je n’ai découvert le handicap que récemment (9 années de tétraplégie) et j’ai choisi de refuser le statut économique et social protecteur mais aliénant qui, en France, accompagne cette « qualification » étrange où certains citoyens sont caractérisés par ce qu’ils ont de pire. En n’acceptant pas de bénéficier d’une pension d’invalidité avec tierce personne, j’ai pu reprendre mon travail à un niveau plus modeste que celui de mes fonctions précédentes.

Aujourd’hui Consul général à Londres, je souhaite mettre à profit l’exemplarité britannique pour, dans le climat de la campagne électorale qui s’engage, et à la veille des JO de Londres, tenter de lancer un débat sur un thème de société où nous sommes hélas les derniers de la classe européenne.

Ayant montré que le handicap ne devait pas être synonyme d’incapacité et d’exclusion, je sortirai le 8 novembre des limites habituelles de ma mission de Consul général (…)

Lire la suite (fichier pdf « 8 novembre 2011« )

Conférence UFE Corporate (1) : SBE marque les esprits

Conférence UFE Corporate du 20 octobre 2011

Hier, à Ashford, l’anniversaire de la « France libre d’entreprendre » fut studieuse mais décontractée. Un casting d’excellence avait été réalisé pour offrir quatre tables rondes autour de l’emploi, la création d’entreprise, le financement et le métro trans-Manche à propos desquelles je reviendrai en détail.

Cette conférence fut à l’image de tous les entrepreneurs présents, dans la salle et sur le plateau, un moment chaleureux et éclairant.

D’une manière ou d’une autre, « ceux qui ont vu le bout du tunnel » ont bien expliqué que tout n’était pas possible en Angleterre, mais bien davantage qu’on ne l’imagine aussi. Ces Français expatriés ont fait envie et leur parole a agi comme un souffle sur les braises. Je les remercie profondément d’avoir partagé leur expérience et prodigué leurs conseils.

En fin d’après-midi, bien des gens se sont redressés sur leur chaise en entendant l’annonce de notre ami David Rosenberg, directeur de SBE Uk (Société Boulonnaise d’électronique) : 100 à 150 nouveaux jobs sont disponibles au sein de sa société électronique. Créée à Ashford dans le Kent il y a 15 ans avec un seul salarié, cette entreprise compte désormais près de 1,500 employés au Royaume-Uni.
Quel meilleur symbole pouvions-nous souhaiter à la journée ?

Pour postuler aux offres d’emploi de la société SBE, envoyez votre CV à :  adevilliers@sbe-ltd.co.uk

A lire l’article du Petit Journal consacré à l’événement, paru le 21.10.2011 : ‘Conférence UFE – Les entrepreneurs français de la « génération tunnel » témoignent

Les 2èmes Rencontres jobs transfrontaliers tiennent leurs promesses

Si l’on voulait résumer les 2èmes Rencontres jobs transfrontaliers par un chiffre, ce serait 285 offres d’emplois ! Ces propositions émanaient d’entreprises du sud-est de l’Angleterre, de la Belgique ou de la Côte d’Opale, réunies à Fréthun pour l’occasion. Ces annonces sont toujours visibles sur le site Internet www.jobstransfrontaliers.eu

« La mission du plan Emploi est de contribuer à la réduction du chômage en France. » déclare Olivier Cadic, entre Catherine Fournier, maire de Fréthun, et Richard Gosse

Comme l’an dernier, j’ai répondu à l’invitation de Catherine Fournier, maire de Fréthun,  pour expliquer aux demandeurs d’emploi du Calaisis que tout l’équipe du plan Emploi, présidée par le consul général Edouard Braine, avait à coeur de contribuer à résorber le chômage en France. (lire : « Pari gagné pour les 1ères Rencontres jobs transfrontaliers » du 06 octobre 2010)

L’objectif n°1 de ce plan Emploi vise à soutenir l’action du centre Charles Péguy à Londres qui fournit près d’un millier de jobs par an aux jeunes Français qui débarquent en Angleterre. Péguy disposait d’un stand sur place et animait une conférence « Partir travailler en GB, comment s’y préparer ? ».

L’objectif n°2 est dédié à la création d’un métro transmanche entre Calais-Fréthun et Ashford qui permettra aux chercheurs d’emploi, situés des deux côtés de la Manche, de postuler à des postes de l’autre côté de la frontière et… de rentrer tous les soirs chez eux. Ce projet de navette à prix serrés est impatiemment attendu par les sociétés françaises implantées à Ashford, tel ques SBE Ltd ou Eikos, toutes deux exposantes. (lire : « Métro trans-Manche : transformer le rêve en réalité » du 02 septembre 2011).

Justement, ces 2èmes Rencontres étaient présidées par Jacques Gounon, Pdg d’Eurotunnel qui a fait part de sa « déception » qu’aucun service ne soit déjà en place ! Il a exposé tout le bénéfice d’une liaison de proximité, notamment en termes d’emplois, entre le Kent et pour le Nord de la France. Je remercie Jacques Gounon pour son engagement sans faille afin de faciliter l’émergence de ce nouveau service qui devra forcément emprunter le tunnel sous la Manche.

(de g. à d.) Catherine Rabet, consul adjointe et Véronique Révington, chargée de mission du plan Emploi, Olivier Cadic et Catherine Fournier, devant le stand de SBE Ltd, principal employeur d’Ashford

L’autre figure emblématique du projet, notre consul général Edouard Braine, était retenue à Chester pour l’inauguration de la nouvelle agence consulaire, réouverte par Yvan Besnard. Il fut parfaitement représenté Catherine Rabet, consul adjointe, et par Véronique Révington, chargée de mission du Plan Emploi.

Catherine Fournier et Richard Gosse, président de la Communauté de communes du Sud-Ouest du Calaisis, ont invité notre délégation à un déjeuner de travail, autour de Jacques Gounon et de Alain Gérard, sous-préfet de Calais. Nous avons ainsi déterminé les actions qui restaient à entreprendre pour rendre possible ce rêve fou et cette espérance collective : créer un métro transmanche !

Sur le chemin du retour, je me suis demandé si nous serions si près du but sans Catherine Fournier, tant elle insuffle vie à ce projet dans un élan créateur et généreux qui fait la grandeur et le respect des maires de France. Il découle de sa collaboration avec l’intrépide Richard Gosse que chacun se sent en pleine convergence en leur présence.

La prochaine étape se tiendra lors de la conférence AFE Corporate du 20 octobre à Ashford.
Lien pour les inscriptions.
Le programme : « 15 ans après, les Français qui ont vu le bout du tunnel » (fichier pdf).

François Hollande envisage de revoir les droits civiques des «exilés fiscaux»

François Hollande est sorti vainqueur des primaires organisées par la gauche pour désigner son candidat à la présidentielle en 2012.

Le leader socialiste a fait des déclarations l’an dernier qui font froid dans le dos aux Français établis hors de France.

Dans un style très vindicatif, François Hollande a déclaré au Grand jury RTL-LCI-Le Figaro, en 2010 : « Tous ces Français qui sont partis et qui se disent qu’ils peuvent revenir à tout moment, cela ne sera plus vrai. Il y a un moment où il faut faire son choix ».

Il promettait des « raisons qui permettront de dissuader » les exilés fiscaux. Interrogé sur d’éventuelles sanctions contre les « exilés fiscaux », portant sur les droits, M. Hollande a répondu: « Cela mérite réflexion. Cela supposera une réforme de la Constitution. Je ne suis pas du genre à faire des proclamations ». Il allait jusqu’à envisager une réflexion sur les droits civiques.

Quand on sait que Jérôme Cahuzac, président socialiste de la commission Finances à l’Assemblée nationale présente chaque année une proposition de loi visant à créer un impôt sur le revenu pour les expatriés, je crains que cet équipage entraîne notre pays vers des errements qui transformeront les Français de l’étranger en boucs émissaires d’un pays aux finances publiques exsangues.

Alors, Français vivant hors de France, profitons bien de notre vote en 2012, car à en croire les déclarations de François Hollande, s’il est élu l’an prochain et s’il parvient à changer la Constitution, ce vote pourrait bien être le dernier !

Lire l’article « François Hollande veut durcir la loi envers les exilés fiscaux » dans Le Point du 27 septembre 2010
Lire l’article « François Hollande veut durcir la loi envers les exilés fiscaux » dans le Parisien du 27 septembre 2010

Photo Flickr de Webstern socialiste

Jamais trop tôt pour le violon

Je fais partie de ces parents dont la progéniture s’est mise un jour dans l’idée d’apprendre le violon. La bienveillance familiale est d’importance puisque le néophyte met un certain temps, même un temps certain, pour produire des sons qui s’apparentent à de la musique…

C’est pourquoi j’ai accordé spontanément à Monica Bayle toute ton estime et mon soutien, elle qui dirige un club de violon pour les enfants. Le lieu d’apprentissage se trouve à Londres au sein de la « Boule de neige », une de ces fameuses écoles française du samedi.

Monica aime le beau, le partage et la culture française, alors qui s’étonne du soin infini qu’elle porte à son club pour « mériter une réputation d’excellence » ? Elle rêve d’allumer le feu sacré auprès de ses élèves, auprès desquels il faut constamment marier douceur avec rigueur, plaisir avec ténacité sur le chemin d’un apprentissage méritoire, dont il restera, pour le moins, une belle leçon de vie.

J’ai été content d’apprendre que ses efforts portent les fruits de la notoriété puisque des partenaires locaux sont disposés à lui accorder une subvention pour développer son activité musicale.

Je salue le dynamisme et l’ouverture de la Boule de neige qui veut dépasser le cadre de l’enseignement du français en prévoyant d’intégrer diverses langues (russe, polonais, espagnol, arabe…) et qui propose cet atelier violon exceptionnel « dans un climat bon enfant et plein de joie de vivre », sourit Monica.

Renseignements :
Boule de Neige, French Saturday School,
Conisborough College, Catford,
London SE6 2SE.
bouledeneigefrenchschool@yahoo.co.uk
www.bouledeneige.co.uk

Les médias de Londres et l’association « Contribuables associés » annoncent l’événement UFE Corporate du 20 octobre

J’ai été très sensible au message chaleureux et fortifiant d’Alain Dumait paru cette semaine sur le site des Contribuables associés, rappelant que mes liens avec son mouvement remontent à 15 ans, lors de la première conférence de la France libre d’entreprendre, à Ashford déjà. J’avais eu l’honneur d’y accueillir Benoite Taffin, porte-parole de Contribuables associés, alors maire du 2ème arrondissement de Paris.

Cet organisme, né il y a vingt ans, vise à rappeler que l’argent public provient des contribuables et que chaque euro dépensé doit l’être exclusivement dans l’intérêt général. Je m’inscris dans leur crédo et je prône une transparence totale de l’utilisation des fonds publics, afin de permettre à la société civile d’exercer un contrôle vigilant. C’est dans cet état d’esprit que je travaille sur le budget du ministère des Affaires étrangères, en qualité de membre de la commission Finances de l’Assemblée des Français de l’étranger.

Je remercie le magazine Ici Londres d’avoir annoncé de manière détaillée la conférence UFE Corporate du 20 octobre 2011, intitulée «15 ans après, les Français qui ont vu le bout du tunnel ». Un point est à rectifier : la participation ne s’élève qu’à £45, déjeuner compris (lire en pdf : 111001 Ici Londres)

London Macadam a décidé de placer cette conférence dans le Top 5 des événements de la semaine pour les Français de Londres (lien

French Radio London passe un spot pour annoncer l’événement (lien) (fichier Mp3 : UFE corporate finished spot)

La réactivité de ces médias montre que l’esprit d’entreprise a de beaux jours devant lui au Royaume-Uni !

A remarquer la participation de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, représentant les Français établis hors de France et la venue de Catherine Fournier, maire de Fréthun. Le métro transmanche est une cause qui leur est chère.

Rappelons que la conférence poursuit trois objectifs :
– Promouvoir la création d’un métro transmanche pour favoriser l’emploi transfrontalier et le développement des affaires,
– Offrir aux entrepreneurs français des solutions pour faciliter leur développement au Royaume-Uni,
– Comparer l’expérience des entrepreneurs arrivés il y a 15 ans et récemment pour suggérer de nouvelles mesures destinées à dynamiser l’emploi et libérer l’initiative en France.

Renseignements et inscriptions à la journée « 15 ans après, les Français qui ont vu le bout du tunnel » du 20 octobre 2011, à Ashford sur le site Ufe corporate

Photo Flickr de Matt’s photostream

La contribution de l’Europe à la paix : conférence du général Jean Cot, le 19 octobre 2011

« La paix dans le monde est, avec l’éradication de la grande pauvreté, la grande utopie du 21ème siècle. Comme la fin de l’esclavage, l’avènement de la démocratie, l’égalité des sexes, elle adviendra lorsque assez d’hommes et de femmes se battront pour elle. »

Le général Jean Cot ne mâche jamais ses mots. Il estime que l’Europe doit être une force majeure pour faire progresser la paix à travers le monde. Encore faudrait-il qu’elle existe, politiquement, diplomatiquement, militairement. Or l’Europe apparait souvent comme une chimère, par le manque de volonté politique de ceux qui la gouvernent.

Nous vous promettons une intervention engagée, probablement politiquement incorrecte, de la part de ce général cinq étoiles qui dirigé la FORPRONU en Yougoslavie et publié divers ouvrages, tel que « L’oeil du cyclone » :

le mercredi 19 octobre, 18h, à l’Institut Français,
en partenariat avec les Sciences Po Alumni UK
Entrée gratuite

L’objet de la rencontre est de dégager des pistes innovantes et ambitieuses pour que les citoyens d’Europe, une fois mieux informés et mieux organisés, puissent choisir des représentants moins tièdes et pousser les pouvoirs de l’avant !

Inscriptions: nicole.bea@diplomatie.gouv.fr

Page dédiée le site de l’Institut

15ème session AFE (4) : La participation électorale, enjeu crucial en 2012

Les élections sont dans toutes les têtes. Un « défi administratif et technique » est devenu l’expression consacrée au sein du ministère des Affaires étrangères et du réseau diplomatique et consulaire pour évoquer l’organisation des scrutins de l’année prochaine

Les Français de l’étranger vont élire, pour la 6ème fois, leur président de la République et, pour la 1ère fois, leurs 11 députés qui vont rejoindre au Parlement leurs 12 collègues du Sénat

Quel bénéfice pour le gouvernement d’avoir créé un secrétariat d’Etat des Français de l’étranger en juin dernier ? Assurément, la réponse pourrait se trouver dans les urnes en 2012.

Au cours de la Conférence des ambassadeurs, le 1er septembre dernier, David Douillet avait solennellement demandé aux 181 diplomates réunis à Paris de s’impliquer « personnellement et directement dans la préparation des échéances de 2012 ». Son successeur, Edouard Courtial, a repris le même mot d’ordre devant les élus de l’AFE, un mois plus tard. Le fruit de cette mobilisation vise clairement à surpasser le taux de participation obtenu en 2007 qui s’élevait à 42,13%.

Depuis 2007 la donne a changé et les risques d’erreurs, de négligences ou de simples maladresses seront multipliés pour les futures échéances. Les responsables des opérations de vote en appellent à une extrême prudence, car jamais l’expression démocratique des Français hors frontières n’aura été aussi délicate.

D’une part, les expatriés sont appelés à  élire le président de la République en même temps que leur député, ce qui constitue une grande première. En effet, l’Assemblée nationale comptera désormais 11 députés élus directement par les Français vivant à l’étranger pour les représenter. En conséquence, notre réseau diplomatique et consulaire relèvera la prouesse d’organiser quatre tours de scrutins en moins de deux mois.

Dès à présent, il faut anticiper toutes les difficultés pour les conjurer à temps, en orientant le travail selon trois axes principaux.

Premièrement, Il faut étoffer et mettre à jour les listes électorales. On estime que 300 à 400.000 compatriotes en âge de voter en 2012 ne se sont pas encore fait connaitre. Savent-ils seulement qu’ils peuvent exercer leur droit de vote ? Crédits supplémentaires, nouvelles applications informatiques et campagnes médiatiques aideront à compléter cette tâche urgente qui tombe à échéance le 31 décembre 2011, à 18 h00 !

Edouard Courtial a précisé qu’une première campagne d’information audiovisuelle se déroulera durant tout le mois d’octobre et du 15 novembre au 15 décembre (sur TV5, France24, RFI et sur les sites internet de grands quotidiens, tels que Le Figaro, Le Monde et Libération).

Secondement, les efforts doivent porter sur l’information qui sera diffusée auprès des électeurs dont bon nombre n’a jamais voté à des législatives, d’autant qu’ils auront le choix entre quatre modalités pour désigner leur député ! Le vote sera possible en personne ou par procuration (comme pour la présidentielle), mais aussi par internet ou encore par correspondance sous pli fermé.

Troisièmement enfin, pour étoffer la participation, le réseau consulaire veut « rapprocher l’urne de l’électeur » par la multiplication des bureaux de vote. Ses responsables se sont souvenu que la participation a été sous-estimée lors de la dernière présidentielle générant des files d’attente interminables, ce dont j’ai été le témoin navré au consulat de Londres. Là encore, les chiffres doivent parler d’eux-mêmes. En 2007, 580 bureaux de vote ont été comptabilisés. En 2012, leur nombre sera porté à 744, total non définitif.

S’il reste beaucoup à faire pour organiser les 4 tours de suffrage universel à l’étranger, je ne doute pas que l’ensemble du peuple français réussisse à exprimer sa voix depuis les cinq continents.

Election Présidentielle
§  1er tour : Dimanche 22 avril 2012
§  2e tour : Dimanche 6 mai 2012

Election Législative
§  1er tour : Dimanche 3 juin 2012
§  2e tour : Dimanche 17 juin 2012

Pour tout renseignement sur votre inscription sur les listes électorales:
Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord: elections.londres-fslt@diplomatie.gouv.fr
Ecosse: contact.edimbourg-fslt@diplomatie.gouv.fr

Lire aussi : « Comment voter au Royaume-Uni en 2012 ? » du 15 juillet 2011

Photo Flickr de JohnWilliamsphd

15ème session AFE (3) : Le service civique de Martin Hirsch s’internationalise

« Il y a une forte appétence des Jeunes à faire des missions à l’international, c’est même leur premier choix », s’éclaire Martin Hirsh, président de l’Agence du service civique, devant les élus AFE réunis en session de travail la semaine dernière à Paris.

Il se félicite d’avoir offert cette année 500 missions hors de France, sur les 5 continents et pour toutes les aspirations : environnement, culture, santé, sport ou encore solidarité, comme l’envoi de ces 30 jeunes à Haïti au service des enfants. Ces affectations « correspondent à un engagement de la France vis à vis de ses partenaires », justifie-t-il.

Olivier Cadic et Martin Hirsch, président de l'Agence du service civique - AFE 30sept2011

Ce fut pour moi un grand plaisir de revoir Martin Hirsch que j’avais rencontré à Londres, lorsqu’il était venu apprécier les conditions d’accueil des jeunes Français au centre Péguy (lire : « Le centre Charles Peguy, pivot du Plan Emploi » du 12 novembre 2010). Précédemment Haut-commissaire à la Jeunesse, il était depuis six mois le président de la nouvelle Agence de service civique, ouverte en mai 2010.

Et quel succès pour ce service civique (à ne pas confondre avec son ancêtre le service civil volontaire né 2006 et demeuré anecdotique) ! L’Agence enregistre 75.000 candidatures, soit 10% d’une classe d’âge annuelle, se félicite M. Hirsh. Ouvert aux 16-25 ans, ce dispositif accomplit parfaitement son rôle de cohésion nationale et de mixité sociale : les filles représentent 57% des volontaires, 20% des demandeurs habitent des quartiers sensibles, 25% n’ont pas le bac quand d’autres sortent d’HEC.

Pourquoi un tel engouement ? « Nous ne sommes pas contraints, on a choisi », expliquent les missionnaires à Martin Hirsch. Tous partent de chez eux pour six mois à un an maximum. Au retour, « une grand fierté, notamment chez les jeunes défavorisés », rapporte-t-il de ses discussions, par exemple auprès des Jeunes du quartier de Villeuneuve à Grenoble qui s’était embrasé il y a deux ans.

Malheureusement, la jeune Agence ne peut absorber un tel impact. L’Agence proposera 25.000 missions seulement en 2012, mais « l’objectif fixé par le président de la République est d’atteindre 75.000 en 2014 » !

Au regard de ces chiffres, le nombre de 500 missions à l’étranger fait pâle figure. « Mais en partant de zéro », tempère Martin Hirsch qui justement lance un appel aux élus des Français de l’étranger pour l’aider à trouver des postes. Premier critère, une fonction valorisante. Face à cet immense « appétit de se rendre utile », le président précise que « le service civique ne fonctionne que si la mission est de qualité », citant l’aide aux enfants des rue de Lima. Il est révolu le temps où l’on se servait des Jeunes pour balayer la cour de la caserne, s’amuse-t-il.

Ensuite, les élus seraient bien inspirés de trouver des organismes d’accueil susceptibles de loger et/ou de payer le voyage du Jeune, ce que ne peut pas assumer l’Agence. En effet, elle verse une indemnité de 450€ mensuels auxquels s’ajoutent 100€ attribués par l’organisme d’accueil (100€ supplémentaires sont possibles en fonction de critère sociaux). Le volontaire est en outre couvert par la protection sociale.

N’omettons pas de préciser qu’un jeune Français vivant à l’étranger peut faire une mission de service civique dans son pays d’habitation ou bien en France.

Au plan international,  le service civique cohabite avec d’autres initiatives ressemblantes (Volontaire international en entreprise, volontaire en ambassade, volontaire solidarité internationale…) qui permettent d’obtenir une « équivalence service civique« . L’intérêt peut se présenter dans l’enseignement supérieur français depuis qu’un décret oblige les établissements à tenir compte (chacun selon ses modalités) d’un tel parcours solidaire. L’AEFE est un partenaire actif de ce dispositif. Une convention a été récemment signée à Londres (lire : « Une jeune volontaire du Service Civique intègre le lycée CDG » du 08 novembre 2010).

Bonne et longue route à Martin Hirsch ! Est-ce parce qu’il fréquente tant de Jeunes que je le trouve toujours plein d’entrain, de projets et de fraicheur de ton ?

Mes remerciements à « Ici Londres » et au « Petit Journal »

J’adresse mon salut le plus cordial et reconnaissant à Amandine Jean, de Ici Londres (le site des Français à Londres) et à Simon Gleize du Petit Journal (le média des Français et francophones à l’étranger) d’avoir eu l’amabilité de consacrer un article à ma décoration dans l’Ordre national du Mérite, par Bernard Emié, ambassadeur de France, lundi 3 octobre 2011 :
– « Olivier Cadic reçoit les insignes de Chevalier de l’Ordre national du Mérite« , Ici Londres, du 04 octobre 2011
– « Ordre du mérite : Olivier Cadic décoré« , Le Petit Journal du 04 octobre 2011.

Mon bonheur est complet puisque notre sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam me fait part de toute mon estime et me prodigue tous ses encouragements pour la suite (lire sur son blog : « Coup de chapeau à Olivier Cadic » du 03 oct 2011).

Photo Flickr de Take Care

Bernard Emié me décore de l’Ordre national du Mérite

(g. à d.) Florence Quattrochi, Pdte de l'APL, l’association des parents d’élèves du lycée français de Londres, Delphine Porta, ex-Pdte APL, Olivier Cadic, Catherine Cecillon, ex-Pdte APL et Cécile d’Angelin, Vice-Pdte APL

Lundi dernier, l’ambassadeur de France, Bernard Emié, m’a remis les insignes de Chevalier dans l’Ordre national du Mérite.

Cette décoration « marque une étape majeure dans la vie d’un Français », m’a-t-il dit. C’est bien ainsi que je considère mon ruban bleu, tissé du fil de l’amitié, des responsabilités et de l’espérance.

En ce jour d’exception, Bernard Emié m’a fait l’honneur d’un discours chaleureux, dont chaque phrase a fait jaillir dans mon esprit un visage aimé, une image enfouie puisqu’il a retracé en détail mon parcours.

Bernard Emié a évoqué les dossiers franco-britanniques dans lesquels je me suis pleinement investi, tel que le plan Ecole, « magnifique réalisation au bénéfice de nos enfants », ou le lancement du plan Emploi, et le futur métro transmanche. Accomplir mon mandat avec coeur et efficacité est toute mon ambition. C’est pourquoi, j’ai été très touché par ses compliments et par la lettre d’Alain Juppé.

Avant de me souhaiter de nombreuses autres vies, l’ambassadeur m’a dédié cette belle phrase de René Char : « Impose ta chance. Serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront. »

Je souhaite remercier toutes les personnes qui m’ont fait l’honneur et le plaisir de leur présence si cordiale. L’accueil chaleureux et les multiples attentions de M. l’ambassadeur et de son épouse Isabelle ont conquis l’assistance. J’ai eu la sensation d’être merveilleusement entouré et infiniment redevable. L’insigne que je porterai fièrement au revers de ma veste sera l’emblème de l’action collective des Français du Royaume-Uni.

Discours de Bernard Emié, ambassadeur de France au Royaume Uni, du 03 octobre 2011 :

Lien vers la seconde partie du discours.

Discours de Olivier Cadic, élu de l’AFE, du 03 octobre 2011 :

15ème session AFE (2) : Edouard Courtial en quête de légitimité

Il était attendu… comme au coin d’un bois. Lorsque Edouard Courtial est monté à la tribune, ce 30 septembre, devant les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), le silence s’est fait pesant. Face à lui, des rangées de visages fermés et de regards soupçonneux.

Le contentieux est né à l’instant même où les élus AFE ont appris la nomination du jeune député de 38 ans aux fonctions de secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, en remplacement de David Douillet, parti au ministère des Sports.

Edouard Courtial, secrétaire d'Etat chargé des Français de l'étranger, devant l'AFE (09-2011)

De quoi s’agit-il ? Le 11 mai dernier, Edouard Courtial a cosigné avec une trentaine de parlementaires UMP une proposition de loi «visant à permettre la perte de nationalité pour les citoyens non domiciliés fiscalement en France». Le texte débute avec cette interrogation glaçante : « Peut-on se revendiquer français en ne s’acquittant d’impôts que dans des pays étrangers? » (lire : proposition de loi n°3411).

Edouard Courtial s’est empressé de clamer que les « honnêtes gens » n’étaient évidemment pas concernés. Il n’a cependant pas dit comment séparer le bon grain de l’ivraie parmi tous ceux qui ne payent pas leur impôt en France…

D’emblée, Edouard Courtial a voulu désamorcer la polémique, dissiper cette impression de suspicion à l’égard des expatriés, en faisant amende honorable. « Le secrétaire d’Etat que je suis regrette que le député que j’étais ait signé une telle proposition de loi. »

Il a d’ailleurs fait retirer son nom de la liste des cosignataires de la loi, ce qui n’a pas manqué de faire réagir (lire : « Scoop : falsification de document à l’Assemblée Nationale » de Jean-Patrick Grumberg, publié sur drzz.f).

Il s’est donc présenté à nous comme un homme nouveau après avoir endossé le costume gouvernemental. Pour preuve, le nouveau secrétaire d’Etat a voulu partager « une idée qui lui tenait à coeur » avec les élus de l’AFE. « Je voudrais assurer une veille juridique chaque fois qu’un dispositif pourrait se retourner contre les Français de l’étranger. » L’objectif du dispositif est « d’éviter tout dérapage dommageable. » On ne saurait mieux dire.

En effet, Edouard Courtial veut désormais travailler « aussi en amont que possible » dans le but de « faire prévaloir le caractère particulier des Français de l’étranger ». Il a justement cité en exemple le vote électronique qui sera déployé pour l’élection de nos futurs députés. La définition d’un texte doit désormais tenir compte des conditions de vie à l’étranger, et plus question donc « d’obtenir par condescendance ou en réparation d’un oubli, un aménagement particulier de texte ». Le secrétaire d’Etat a poussé le raisonnement jusqu’à évoquer une « véritable politique » concernant les expatriés. S’adressant aux sénateurs, il les a averti que cela impliquerait « parfois d’ouvrir une brèche dans le principe de territorialité ».

Quand on sait que l’impôt sur le revenu est assis sur le principe de territorialité, vous comprendrez que cette saillie m’a laissé pantois.

Ne l’oublions pas, notre tâche, à nous élus, est de l’aider à réussir dans sa fonction. Une fonction née en juin dernier seulement et qu’il faut absolument perpétuer dans l’intérêt des expatriés.

Je souhaite donc la bienvenue à Edouard Courtial. Il me semble que chacun apprécie sa jeunesse et sa candeur qui lui confèrent un charme si rare en politique.

Le discours de Edouard Courtial du 30-09-2011

15ème session AFE (1) : Un homme d’Etat s’adresse aux Français de l’étranger

Qu’il est bon d’entendre parfois des propos baignés d’intelligence et de vision sur le thème de l’expatriation, creuset de toutes les démagogies, vivier de toutes les stigmatisations, en un mot défouloir commode pour politicien en quête d’éclat patriotique. Oublie-t-on que l’on parle de plus de deux millions de personnes ?

« Dans tous les domaines, économique, commercial, culturel, linguistique, l’expatriation est un facteur irremplaçable de la réussite de la France. » Ce sont les mots d’Alain Juppé pour ouvrir la 15ème session plénière des élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), réunis à Paris la semaine dernière. Pour le ministre des affaires étrangères, la modernisation de notre pays implique de « connaître de nouvelles cultures, découvrir d’autres systèmes, comparer les expériences, échanger les bonnes pratiques ». Pour ce faire, quel meilleur chemin que celui l’expatriation ? Il a martelé que nous avons tout à gagner de la présence de communautés françaises dans le monde. « Regardons le monde tel qu’il est et non tel que nous le rêvons ou nous le craignons : nous y avons toute notre place », plaide-t-il avec lyrisme.

Le message d'Alain Juppé aux élus de l'AFE: «Dans ce monde en mouvement incessant, imprévisible, plein de risques mais aussi d’espérance, avec l’ensemble de nos compatriotes établis à l’étranger, vous avez un rôle essentiel à jouer.»

Alain Juppé est venu affirmer clairement que « l’État est aux côtés des Français de l’étranger » en nous assurant de son intention de poursuivre la modernisation de notre réseau consulaire, « le deuxième du monde en termes de couverture géographique et le premier quant à la variété des services offerts. » Si la qualité du service rendu est toujours perfectible, le ministre s’est amusé à expliquer qu’il était aujourd’hui plus simple de récupérer son passeport biométrique à l’étranger qu’en France.

Certes, les Français hors de France ont beaucoup pour être heureux, mais ils ont aussi de sérieuses préoccupations. Trois thèmes émergent, comme autant de priorités pour le ministre : éducation, sécurité et protection sociale.

Concernant l’éducation, chacun sait que les bonnes paroles se marient bien avec des moyens financiers. A l’heure de la contrainte budgétaire, Alain Juppé a commencé par poser que l’AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger, disposait d’un budget de 420M€.

On se souvient qu’il a présenté en conseil des ministres un plan de développement de l’enseignement français à l’étranger, le 15 juin dernier, sur le modèle de notre plan Ecole au Royaume-Uni (lire : « Un plan Ecole pour le monde, présenté au conseil des ministres » du 29 juin 2011). Par ailleurs, j’attends aussi beaucoup du label FrancEducation, qui sera délivré à partir de l’année scolaire 2011-2012 à une centaine d’établissements d’excellence étrangers. Une fois labellisées, ces écoles pourront proposer un enseignement bilingue aux enfants français trop éloignés du réseau AEFE ou bien n’y trouvant pas de place. Le tout sans grever les comptes publics.

Justement, le ministre d’Etat a rappelé que le seul budget des bourses scolaires et de la prise en charge représentait 120M€ pour 31.000 bénéficiaires… Il rappelle que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy l’aide à la scolarité a plus que doublé, passant de 50€ à 120M€.

Au chapitre de la sécurité, il confie que l’année a été rude pour les hommes du Centre de crise du Quai d’Orsay, entre tsunami au Japon, épidémie en Haïti, troubles en Côte d’Ivoire ou encore révolutions arabes. « L’investissement personnel, le discernement et le sang-froid de ses agents ont sauvé de nombreuses vies humaines », accentue-t-il.

On peut rappeler que ce Centre de crise alimente le site « Conseils aux voyageurs » qui jouit d’une forte notoriété comme l’attestent ses 500.000 visiteurs mensuels. Un nouveau service complète désormais cette plate-forme, il s’agit d’Ariane qui adresse gratuitement des messages d’alerte aux voyageurs en cas de menace… dès lors qu’ils s’enregistrent avant leur départ. La Sncf et les compagnies aériennes vont être sollicités pour mieux faire connaitre Ariane aux 13 millions de Français qui voyagent chaque année.

Enfin, en matière sociale, Alain Juppé a souligné que les crédits affectés à la protection sociale ont été maintenu en 2012. Une vraie gageure par les temps qui courent.

A l’heure où 11 députés viendront renforcer au printemps 2012 la représentation des expatriés au Parlement, quel sera le devenir des élus de l’AFE suite à cette « vraie avancée démocratique » ? Alain Juppé a posé cette question dans le but de nous demander d’être « force de proposition pour nourrir l’action politique française des expériences étrangères. » Pour le ministre « réformer intelligemment » rime avec la connaissance « les raisons des succès et des échecs d’autres États face à des problèmes qui souvent nous sont communs ».

On ne peut que le remercier de nous accorder un crédit moral et intellectuel d’une telle envergure.

Discours d’Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères et européennes, du 27-09-2011

Photo Flickr de francediplomatie