Accueil      En circonscription      Sénat      Revue de Presse          Parcours      Me Contacter      Mes 31 défis
    

La Marelle fait la fête !

Cette année, le soleil a répondu à l’invitation de La Marelle et il a grandement contribué à la réussite de sa kermesse d’été ce 13 juillet, lui permettant de déployer ses attractions dans tout l’espace extérieur de l’école !

Le spectacle d’élèves, point d’orgue de la kermesse d’été

Le charme opère toujours comme chaque année, depuis quatre ans déjà, lorsque La Marelle, « petite école du samedi », fut créée à Dartford dans le Kent par Emma Burrows et Hassina Harris, sa directrice pédagogique (lire : « La Marelle, à peine trois ans et des ambitions de géant » du 14 mai 2012).

J’ai dit tout mon bonheur aux parents de me trouver parmi eux et je les ai félicités pour leur choix d’offrir à leurs enfants un apprentissage de la langue française, dans un contexte pédagogique optimal. En effet, qui dit « petite école du samedi » dit des parents qui s’astreignent à accompagner leurs chérubins à La Marelle au lieu de se détendre le week-end…

La démarche porte ses fruits. Et de beaux fruits. Les parents le constatent tous avec fierté, c’est pourquoi La Marelle accueille plus de 130 élèves qui sont répartis comme suit :

Les classes françaises
Section maternelle : Les Fourmis (2-3 ans) – Les Coccinelles (3-4 ans) – Les Abeilles (4-5 ans) – Les Bourdons (5-6 ans)
Section primaire : Les Chenilles (6-7 ans) – Les Papillons (7-8 ans) – Les Libellules ( 8-9 ans) – Les Lucioles (9-10 ans)
Les classes FLE
Section FLE : Snails-Escargots (3-4 ans) – Frogs-Sauterelles (5-10 ans)
GCSE – General Certificate of Secondary Education (secondaire 12-14 ans)

Tout ce petit monde est dûment encadré par 13 enseignantes, 9 assistantes, une secrétaire, une trésorière, une présidente, une directrice, + un comité de Trustees (5 personnes) très impliqué m’a-t-on expliqué.

Hassina Harris, Olivier Cadic et Emma Burrows, réunis sous le soleil radieux du Kent

Ce jour de fête fut l’occasion de revoir Hassina Harris, quelques semaines après la journée historique du 16 juin 2013 où les écoles Flam ont décidé de se doter d’une structure pour les fédérer toutes au Royaume-Uni (lire : « Création d’une fédération des écoles Flam au Royaume-Uni » du 21 juin 2013). Cette structure va aussi servir à fédérer les savoir-faire, les bonnes pratiques et les bonnes volontés des postulants pour entrer dans l’aventure et étoffer le réseau actuel de 46 écoles de ce type au Royaume-Uni.

Pendant ces « Premières rencontres Flam », Hassina a passionné l’assistance lors d’une table ronde consacrée à la gestion d’une l’équipe pédagogique Flam. Je vous reparlerai bientôt de l’avancée de son projet de Free school primaire bilingue au sein de l’Ecole Tricolore à Bromley.

Toutes mes félicitations à Emma Burrows et Hassina pour leur travail remarquable et aux bénévoles qui ont concretisé cette belle kermesse.

Arnaud Vaissié, nouveau président de l’UCCIFE

Arnaud Vaissié préside désormais aux destinées de l’UCCIFE (Union des Chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger), une nomination qui me ravit.

Arnaud Vaissié

Je vous ai souvent parlé d’Arnaud dans le cadre du plan Ecole et j’ai eu le plaisir de faire son portrait dans un billet, il y a quelques mois seulement, lorsqu’il reçut  les insignes d’officier dans l’Ordre national du Mérite pour son rôle dans l’enseignement et de la culture française outre-Manche et son influence auprès des entrepreneurs français au Royaume-Uni (lire : « Arnaud Vaissié devient officier dans l’Ordre national du Mérite » du 11 février 2013).

Le 24 juin dernier, il a donc été désigné par l’assemblée générale de l’UCCIFE pour succéder à Pierre-Antoine Gailly, auteur de deux mandats successifs et qu’il faut créditer d’une croissance constante et soutenue du réseau des CCI françaises à l’étranger (8,8% de hausse du CA entre 2011 et 2012).

Plus que jamais l’UCCIFE représente la « porte d’accès au monde pour nos entreprises françaises », dont 31.637 sont déjà membres du réseau, contre 25.000 il y a six ans. Ce réseau international, autofinancé à 97%, offre ses compétences à nos entreprises à toutes les étapes de leur développement à l’étranger, se distinguant par une expertise du terrain irremplaçable, qu’il s’agisse de recueillir des informations sur les marchés, trouver des partenaires, aider à l’implantation ou accompagner les PME en phase de prospection commerciale.

Arnaud Vaissié se trouve désormais à la tête d’un groupement de 111 Chambres  de commerce et d’industrie françaises localisées dans 81 pays, dont il devra libérer toute la puissance au service de la conquête de marchés internationaux et enrayer enfin le long déclin de notre balance commerciale.

« Nul autre qu’Arnaud Vaissié ne m’aurait en effet semblé plus apte à la direction et au développement de l’UCCIFE en cette période troublée », a commenté Joëlle Garriaud-Mayam, sénatrice des Français de l’étranger.

Je partage cet avis sans réserve. Les responsables des CCI à travers le monde auront un interlocuteur averti et chevronné sur les questions de développement international des entreprises. Rappelons qu’Arnaud est le co-fondateur et Pdg de International SOS, leader mondial des services de santé et de sécurité. Fruit de 25 années de croissance continue, cet organisme est aujourd’hui présent dans 76 pays et il mobilise plus de 10.000 collaborateurs.

Cette élection est le couronnement d’un cheminement au service d’autrui. En effet, Arnaud était jusqu’à présent le président de la Chambre de commerce française de Grande-Bretagne, après avoir présidé la Section des conseillers du commerce extérieur de la France au Royaume-Uni de 2003 à 2007.

Cette action en faveur de notre dynamisme économique fut prolongée et renforcée par la création du Cercle d’outre-Manche, un think tank de dirigeants français opérant au sein de groupes internationaux au Royaume-Uni, dont le but est de comparer et de promouvoir les meilleures pratiques. La dernière étude du comité, parue en mars 2013, compare les politiques d’immigration et d’intégration en France et au Royaume-Uni (lire : « La City de Londres, exemple de succès d’immigration qualifiée » du 14 juin 2013).

Certains hommes vivent plusieurs vies en une. Arnaud est dans ce cas. Il multiplie donc les missions (président du comité France-Singapour au Medef International) et les honneurs (Chevalier de la Légion d’honneur, prix Ernst & Young 2009 « Entrepreneur de l’Année » à Singapour).

Le plus important est qu’il les assume toutes ! Je l’atteste puisque j’ai travaillé à ses côtés dans le cadre du plan Ecole. Que ce soit en qualité de président du comité de gestion du CFBL, collège français bilingue de Londres à Kentish Town ou de Trustee du Trust FEPT pour traiter des questions sensibles de l’immobilier scolaire et de son financement, son implication fut inestimable (lire : « Rentrée des classes historique à Londres » du 22 septembre 2011). Pour l’avenir, Arnaud Vaissié sera encore à nos côtés afin de concrétiser le projet d’un troisième établissement secondaire français à Brent, près de Wembley.

Je ne doute pas un instant de sa réussite et de la nouvelle énergie qu’il saura insuffler à notre commerce extérieur.

Photo Flickr de French Embassy in the UK

Feu vert du conseil constitutionnel à la réforme de l’AFE

La messe est dite. Le 18 juillet, le Conseil constitutionnel a rejeté le recours formé contre la loi relative à la réforme de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, et il a donc validé dans sa totalité la refonte de la représentation des Français établis hors de France (lire : « Réforme de l’AFE : ultime recours auprès du Conseil constitutionnel » du 10 juillet 2013).

Plus rien ne s’opposait à la promulgation, quelques jours plus tard, de la loi n° 2013-659 du 22 juillet 2013, relative à la représentation des Français établis hors de France (lire : JO du 23 juillet 2013  – fichier pdf). Le premier décret d’application devrait concerner l’élection et les compétences des conseillers consulaires, considère le sénateur Robert del Picchia.

La décision du Conseil constitutionnel est explicite sur les divers points formant le recours des 95 membres de l’opposition sénatoriale UMP (lire : Décision n° 2013-673 DC du 18 juillet 2013 – Fichier Pdf). Nos élus pensaient disposer de solides arguments. Par exemple, les sénateurs estimaient que l’envoi des professions de foi exclusivement par internet pouvait porter atteinte à l’égalité entre les électeurs… Les sages ont répondu que « le législateur pouvait, sans méconnaître aucune exigence constitutionnelle, prévoir que l’information serait communiquée par voie électronique aux électeurs ; que les dispositions contestées ne portent, en elles-mêmes, aucune atteinte à l’égalité entre électeurs ».

Cette loi laissera aux élus de l’AFE, toutes tendances confondues, un goût amer pour des raisons abondamment décrites dans les billets précédents. Nul ne nous ôtera de l’idée que le gouvernement socialiste a contourné l’esprit d’une réforme vers son propre bénéfice électoral (lire : « Charcutage électoral pour les nuls » du 15 mars 2013).

La réforme fait subir aux Français de l’étranger un « choc de complication ». Un simple coup d’oeil sur le nouveau schéma de fonctionnement de la représentation des Français de l’étranger donne le frisson à tout esprit rationnel (lire : « Réforme Conway : l’usine à gaz, c’est maintenant ! » du 08 juillet 2013).

Je salue une dernière fois la vigilance et la combativité de nos parlementaires qui ont pris très tôt la mesure du danger et qui ont permis, au gré de leurs amendements, de multiplier les garanties démocratiques, une démarche qui n’est pas étrangère à la validation de la loi, en définitive, par le Conseil constitutionnel, estime le sénateur Christian Cointat.

Photo Flickr de Ores2k

2013, année exceptionnelle pour La Sylvaine

Blandine Lamaison m’avait prévenu : il fallait arriver bien en avance. Pourtant, même en suivant son conseil, difficile de trouver une place assise au Chelsea Theatre. La salle était déjà comble pour assister au récital de fin d’année de 200 jeunes danseurs, tous formés par La Sylvaine, prestigieuse école londonienne professant la méthode de la Royal Academy of Dance.

Cet événement annuel avait une saveur particulière aux yeux de Blandine puisque La Sylvaine fêtait ses trente-cinq ans d’existence à Londres ! En fondant cette institution en 1978, elle prenait naturellement le relais de sa mère, Jeanne, fondatrice de la première école de danse, La Sylvaine, à Fontainebleau, trente-deux ans plus tôt !

Beaucoup de Français de Londres connaissent l’institut au travers des cours de danse qui ont été dispensés au Lycée Charles de Gaulle, à South Kensington, pendant 27 ans grâce à l’intervention du regretté Jacques Iselin (lire : « Hommage à Jacques Iselin, ancien professeur d’art au lycée Charles de Gaulle » du 27 janvier 2012). Aujourd’hui, tous établissements confondus, l’école La Sylvaine (et la branche Wendy Bell de Fulham) regroupe près de 600 familles francophones, ainsi qu’un important noyau britannique.

Au théâtre, pendant 90 minutes, les apprentis danseurs nous ont montré tout l’éventail de leurs acquis techniques et, par-dessus tout, leur bonheur de danser ! Ce bonheur ineffable qui se conjugue avec la fierté de se produire sur scène et celle d’appartenir à un collectif. Ils ont fait, ce soir-là, provision de souvenirs inaltérables que seul permet le spectacle vivant.

Ce spectacle nous offrit un florilège de genres, du pur classicisme de ballet jusqu’au street dance, en passant par le hip-hop ou la comédie musicale, toujours avec cette grâce particulière de nous étonner à chaque tableau. La Sylvaine donne toute sa mesure à une discipline en l’inscrivant dans la modernité, pour qu’elle se régénère au gré des tendances, tout en perpétuant une tradition séculaire.

Le travail des professeurs mérite tous les superlatifs. J’adresse à leurs élèves toute mon affectueuse admiration pour leur performance. Tous ces jeunes savent désormais que suivre une école d’art est une chance incomparable et une initiation irremplaçable. Le chemin n’est qu’une suite d’épreuves, mais c’est l’éveil à la beauté, dans toute sa diversité et son pouvoir de transcendance sur la vie ordinaire. Une école de danse, c’est aussi se révéler à soi-même par des dépassements continus en recourant cette baguette magique qui s’appelle : travail acharné.

Le travail appelle la consécration. L’année 2013 demeurera un cru exceptionnel pour La Sylvaine puisque trois de ses élèves, issus d’établissements français, ont été admis au Royal Ballet School qui ne retient d’ordinaire qu’une vingtaine de candidats par an. Je leur souhaite bonne route et je tiens à les citer : Alexia Bourguet, Chloé Merry del Val et David Oldano.

Blandine Lamaison se donne sans compter pour ses élèves et sa générosité n’a rien de sélectif : les bénéfices du spectacle, auxquels s’ajoutent  £2050 de donations personnelles, iront à l’association caritative « Aidons Aisha » (jeune Guinéenne, orpheline, en partie aveugle, et qui réussit aujourd’hui de brillantes études de médecine à l’hôpital Avicenne, Paris).

Enfin, j’ai trouvé si remarquable le travail de la photographe Valérie Sieyes que j’ai eu envie de vous offrir ce diaporama de l’événement.

.

Pour en savoir plus sur l’enseignement de l’Académie de danse La Sylvaine au Royaume-Uni

Dans les pas de l’abbé Pierre

On peut souffrir de diverses privations, mais rien n’est comparable à la détresse de se sentir socialement inutile. Personne pour vous confier un travail, ni personne pour vous accorder intérêt ou affection. C’est pourquoi Emmaüs porte plus qu’il n’apporte. Emmaüs incarne l’espérance, « cette petite fille de rien du tout » qu’affectionnait Charles Péguy, la petite Espérance, seule dans son coin, dont on remarque à peine la présence au milieu du tumulte des adultes.

La silhouette voutée d’un homme au béret noir, flanqué d’une vareuse grise, chemine dans le cœur de chaque Français. Depuis l’hiver 54, ses rêves fous d’amour du prochain, ses harangues contre l’indifférence, ses combats en tête d’une armée de chiffonniers devraient le rendre dérisoire à nos yeux, ils nous le rendent invincible.

Du reste, sur ce blog consacré aux Français du Royaume-Uni, mes premiers billets ont été consacrés à Emmaüs UK (lire : « Si chaque Français du Royaume-Uni parle d’Emmaüs à quatre Britanniques… » du 12 mai 2008), puis j’ai constamment relayé la démarche de son fondateur, Selwyn Image, qui me confiait, l’an dernier, lors du cinquième anniversaire de la disparition de l’abbé Pierre : « C’est malheureux à dire, mais on a de plus en plus besoin de nous » (lire : « Emmaüs UK fait honneur à son fondateur » du 22 janvier 2012).

Emmaüs UK vient juste de célébrer des 22 ans. L’association existe simplement parce que « la pauvreté n’a pas de frontière », nous a rappelé Bernard Emié, ambassadeur de France à Londres, le 1er juillet dernier. En organisant une soirée à la Résidence pour faire connaître l’association à des donateurs, il tenait à pérenniser officiellement le soutien apporté par son prédécesseur, Maurice Gourdault-Montagne, à l’œuvre internationale de l’abbé Pierre.

De l’aveu de Bernard Emié, sa visite auprès de la communauté Emmaus installée Cambridge fut marquante. L’aventure anglaise de l’association avait en effet commencé à Cambridge, en 1991, où trône depuis 2011 une sculpture en fer, haute de 4,60m, à l’effigie de l’abbé Pierre, réalisée et offerte par Tony Hillier (lire : « Emmaüs UK fête ses 20 ans ! » du 06 juillet 2011).

En compagnie de son épouse, Bernard Emié a longuement rencontré ceux qui furent un temps déclassés, fragilisés, puis marginalisés. Qu’espèrent-ils aujourd’hui ? « Une vie digne et, ce qui m’a beaucoup frappé en discutant avec les compagnons de Cambridge : un nouveau départ », rapporte l’ambassadeur.

Par ailleurs, Bernard Emié se montre toujours « fasciné par la capacité de nos amis britanniques à parler d’Emmaüs », un fait qui doit encourager la communauté française à jouer un « rôle d’ambassadeur » en faveur de l’association. Il a aussi salué l’engagement personnel de la duchesse de Cornouailles, épouse du prince Charles, en qualité de marraine de l’association britannique, qui mieux que personne sait mobiliser l’attention des médias sur le travail d’Emmaüs UK.

Le fondateur de la première communauté Emmaus à Cambridge, Selwyn Image, est revenu avec émotion sur sa rencontre avec l’abbé Pierre, il y a 22 ans. Depuis, Emmaus UK est devenu le second réseau dans le monde, après celui de la France ! La branche britannique du mouvement aide à ce jour 590 compagnons sans abri et s’articule autour de 24 communautés à travers tout le Royaume-Uni.

Duncan Gall, pour sa part, est venu raconter l’histoire édifiante de son père dont la vie bascula le jour où il reçut son avis d’expulsion. Sans logis, il sombra dans l’alcoolisme et tout le monde perdit sa trace. Emmaus UK lui a permis de retrouver un toit, un emploi, une dignité. Quelques années plus tard, son père l’invitait à son mariage entouré de 150 personnes de la communauté !

Par son récit touchant, Duncan a nous fait comprendre que donner un toit aux déshérités n’est qu’une première étape pour les communautés qui visent à reconstruire les individus en leur redonnant une utilité sociale, autrement dit un emploi.

Je vous invite à découvrir et soutenir l’action d’Emmaus en Grande-Bretagne : www.emmaus.org.uk
Vous pouvez les aider en contactant Anne Zwirlein au 01223 379 251 ou à cette adresse : contact@emmaus.org.uk

Réforme de l’AFE : ultime recours auprès du Conseil constitutionnel

Je vous ai fait part dans mon dernier billet de toute ma déception face à l’adoption par le Sénat de la réforme de la représentation des Français de l’étranger (lire : « Réforme Conway : l’usine à gaz, c’est maintenant ! » du 09 juillet 2013).

Cette démarche était porteuse d’une grande promesse. Elle n’a pas été pensée dans l’intérêt des expatriés, mais dans celui des élus socialistes afin de conserver la majorité des sièges au Sénat, l’an prochain. Ainsi, du fait de son élection au scrutin indirect, l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, sera « réduite à un rôle de figuration, dont les membres n’auront aucune compétence régionale », résume Joëlle Garriaud-Maylam, notre sénatrice à la pointe du combat depuis des semaines.

La loi a été votée, mais un espoir subsiste puisque le Conseil constitutionnel a été saisi par 95 membres de l’opposition sénatoriale UMP.  Les Sages disposent désormais d’un mois pour vérifier la constitutionnalité de tout ou partie du texte, dont on pourrait résumer les griefs en deux thèmes.

Méconnaissance de l’article 34 de la Constitution (domaine de la loi par opposition au domaine d’action du gouvernement)
La loi ne détermine pas le nombre de sièges à pourvoir au sein des circonscriptions consulaires ! En effet, ce nombre dépendra du nombre de Français inscrit au Registre des Français de l’étranger qui est publié chaque année au Journal officiel. Par conséquent, il n’est pas possible de prévoir le nombre de grands électeurs qui composeront le collège électoral des sénateurs en 2017 ou en 2020.

Méconnaissance du principe de pluralisme des courants d’idées et d’opinions
– La nouvelle loi, dans son article 19, prévoit une stricte parité hommes-femmes pour les élections à l’AFE. Il n’y aura sans doute pas assez de femmes pour composer 3 listes, réservant ces élections aux formations politiques importantes et disqualifiant les autres groupements politiques en mal de candidates.
– Selon les dispositions de l’article 40 de la loi, il faut compter un délégué consulaire pour 10.000 inscrits (au-delà de 10.000 inscrits dans la circonscription). Le nombre de candidats total doit être celui du nombre de sièges à pourvoir, augmenté de 5.
Ainsi, à Bruxelles, illustre le sénateur Robert-Denis Del Picchia, chaque liste de candidats devrait comporter au minimum 25 noms (9 conseillers consulaires, 11 délégués consulaires + 5 personnes). La barre est manifestement trop haute pour les petites formations politiques ou les candidats indépendants.

Si l’espoir d’aboutir est mince, il n’en est pas moins réel. Jusqu’à présent, le recours du sénateur Christophe Frassa devant le Conseil d’Etat pour faire respecter le calendrier électoral de l’AFE n’a pas abouti, pas davantage que la saisine du Conseil constitutionnel par 97 sénateurs UMP, dont 8 représentants des Français de l’étranger, sur le même thème du report des élections de l’AFE d’une année supplémentaire (lire : « AFE : Le conseil d’état rejette la requête du sénateur Frassa » du 12 avril 2013).

Le recours devant le Conseil constitutionnel constitue l’ultime combat de nos sénateurs des Français de l’étranger figurant dans l’opposition. Ils ont été admirables de pugnacité en défendant l’intérêt général face à un adversaire contraint de passer en force en escamotant le débat. J’ai souvent cité les initiatives de Christophe Frassa ou Robert-Denis Del Picchia, comme j’ai rapporté les passes d’armes de Joëlle Garriaud-Maylam et Christian Cointat.

La bataille fut longue et éprouvante, il faut les remercier de ne pas avoir ménagé leurs efforts pour inspecter tous les recoins de la tuyauterie de l’usine à gaz socialiste et, au final, bâtir ce recours auprès du Conseil constitutionnel.

Je me répète : tout le monde appelait la réforme de ses vœux. Sur son blog, le sénateur Christian Cointat aura cette remarque désabusée au sujet du mot réforme qui « a deux sens opposés ou presque. L’un conduit vers le progrès, l’autre dirige vers le …placard ! » (www.cointat.com)

Pour sa part, Joëlle Garriaud-Maylam, exprime mon propre sentiment en se montrant « persuadée que cette réforme, totalement dénuée d’ambition, est condamnée à l’échec en matière de participation et constitue un recul démocratique notoire. » (www.joellegarriaud.com)

Photo Flickr de Martin Gommel

Réforme Conway : l’usine à gaz, c’est maintenant !

Le gouvernement peut sabler le champagne, la « grande réforme » de la représentation des Français de l’étranger a été définitivement adoptée au Sénat, d’extrême justesse, certes (176 voix pour, 168 contre, 2 abstentions), mais en conformité avec le texte adopté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale

Depuis six mois, l’opposition aura tout tenté pour faire échec au projet de la ministre Hélène Conway, en vain (lire : « Réforme de l’AFE : passage en force du gouvernement » du 22 mars 2013). On ressent une impression de gâchis parce que tout le monde la voulait cette réforme, dans le sens d’une représentation plus proche, plus participative, en un mot plus contemporaine des Français qui vivent à l’étranger. Du reste, les joutes parlementaires n’ont jamais opposé le camp des « conservateurs » à celui des réformateurs. Que s’est-il passé ?

Le gouvernement a accompli une manœuvre politicienne visant à diluer le poids politique de la droite et du centre dans les pays étrangers, grâce à la multiplication par trois du nombre des élus locaux et qui se double d’un charcutage électoral invraisemblable ! Juste cet exemple, la circonscription d’Edimbourg/Glasgow, qui vote majoritairement à gauche, aura 3 conseillers consulaires en représentation de 3,5% du corps électoral au sein de la zone Europe du Nord ; d’autre part, la circonscription de Londres, plutôt orientée à droite, comptera 9 conseillers consulaires pour représenter… 77% de l’ensemble des électeurs ! (lire : « Charcutage électoral pour les nuls » du 15 mars 2013).

Sur ce blog, j’ai expliqué plusieurs fois par le détail les calculs de boutiquiers des socialistes dans le seul but de conserver sa majorité du Sénat en 2014 (lire : « Les raisons cachées de la réforme de l’AFE » du 10 mars 2013). La reprise de mes propos dans l’Express, puis dans Le Petit Journal, dénonçant ce déni démocratique qui s’illustre par la précipitation avec laquelle le gouvernement a opéré, n’auront pas davantage suffit que les charges de nombreux parlementaires pour déjouer des manigances indignes de la République.
Lire : « Français de l’étranger : Ce qui change avec la réforme de la représentation politique » – Le Petit Journal du 28.06.2013
Lire : « La réforme du mode d’élection des Français à l’étranger votée demain au Sénat » – L’Express du 26.06.2013

Un simple coup d’oeil  sur le schéma ci-dessous, construit en deux volets (« avant » et « après »), montre comment le processus électoral est devenu soudainement plus lourd et complexe. A n’en pas douter, voici un savoureux exemple du « choc de la simplification » promis par le président Hollande !

On observe que le corps électoral des 12 sénateurs des Français de l’étranger passe de 155 conseillers à 444 conseillers consulaires élus, eux, au suffrage universel direct, mais dépourvus de toute prérogative. Ces conseillers éliront les 90 membres de l’AFE, précédemment élus au suffrage universel… on croit rêver. Ce découpage en conseils consulaires bafoue la représentativité démographique dans l’espoir de faire basculer l’Assemblée des Français de l’Etranger à gauche. Comme ce découpage n’est pas constitutionnel pour une élection parlementaire, le gouvernement a complété le corps électoral pour élire les sénateurs. Des postes de délégués consulaires sont créés pour représenter les grandes circonscriptions de plus de 10 000 inscrits comme celle de Londres. Suivants de liste des conseillers consulaires élus dans les grandes circonscriptions, ils n’auront qu’une seule fonction: voter aux sénatoriales!

Si la recomposition du corps électoral nous laisse pantois, la réforme adoptée présente un autre aspect tout aussi insolite : la suppression du vote par correspondance. Le législateur mise tout désormais sur le vote électronique. Cette volonté de dématérialisation s’étend à tout document de campagne électorale et porte évidemment atteinte à l’égalité de traitement des électeurs dans cette perspective fatale : internet ou rien.

Naissance de l’AFEP-EF au service des élèves précoces

Il comprend tout du premier coup ? Son esprit critique détecte rapidement les failles de raisonnement ? Il est insatiable de curiosité, au point de vous harceler de questions sur des sujets qui ne semblent pas de son âge ? Son âge mental est peut-être en avance sur son âge réel. Les cas s’étalent entre 2 à 7 ans d’avance, selon les spécialistes. Vous avez certainement un enfant précoce.

Votre fierté toute légitime de parents ne doit pas faire écran à votre devoir de précaution. Un enfant surdoué est d’abord un enfant différent. Ce constat peut expliquer un mal être chronique, d’autant que l’enfant précoce est fréquemment hypersensible, rétif à la routine ou récalcitrant au rabâchage scolaire. Devant un environnement inadapté, il va souvent préférer s’isoler des autres et se réfugier dans son imaginaire…

Des associations spécialisées ont pour mission de détecter, comprendre et accompagner ces enfants vers leur propre épanouissement. Véronique Cartoux vient de créer une association qui intéresse les Français du Royaume-Uni. Il s’agit de l’AFEP-EF, l’association française pour les élèves précoces des écoles françaises, de la zone académique de l’Europe du Nord-Ouest : Grande-Bretagne, Irlande, Pays-­Bas, Belgique et Luxembourg.

Cet organisme va travailler en étroite collaboration avec l’AFEP France, agréée par le ministère de l’Education nationale, qui apporte son aide aux parents et enseignants pour prévenir l’échec scolaire et social auquel les enfants précoces sont souvent confrontés.

Véronique Cartoux, responsable de l’AFEP-EF

Pour y parvenir, Véronique Cartoux juge que « c’est au quotidien qu’un parcours scolaire se construit ». Le moteur essentiel de l’AFEP-EF est donc de rendre plus facile le quotidien du personnel enseignant, comme celui des enfants et de leurs parents.

L’association se concentrera uniquement sur les élèves des écoles françaises à l’étranger, devenant l’interlocuteur centré sur les intérêts des élèves intellectuellement précoces au sein du réseau de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Précisons que l’AFEP-EF offre aussi des activités extrascolaires, ludiques et culturelles, afin de créer des espaces de rencontre entre parentes et enfants.

Véronique Cartoux se félicite déjà « des premiers échanges constructifs avec les établissements et personnels en charge de l’éducation à Londres ». Je lui souhaite bonne route au service de nos enfants précoces que les Britanniques qualifient si poétiquement de « gifted children » !

Site internet de l’AFEP-EF

L’ordre national du Mérite et les aviateurs de la France Libre à l’honneur aux cérémonies du 18 juin

Un rayon de soleil complice éclaira la scène lorsque que Bernard Masson s’avança devant la statue du général à Carlton Gardens.

Ce furent de belles minutes durant lesquelles Bernard a prêté sa voix pour lire l’Appel du 18 juin 1940.
Il rendait hommage à ces Français qui nous ont précédés, à ces combattants de la liberté, dévoués corps et âme à leur patrie, fidèles à leurs engagements jusqu’au sacrifice, dont nous ranimons le souvenir par reconnaissance.

Rappelons que Bernard Masson préside la section britannique de l’association des membres de l’ordre national du Mérite, une distinction née il y a cinquante ans exactement par la volonté du général de Gaulle pour récompenser les mérites militaires ou civils, rendus à la nation.

Notre ambassadeur, Bernard Emié, retenu en Irlande du nord pour le G8 ne pouvait être présent. Ceux qui participaient à cette cérémonie en 2011 se souviennent encore de sa phrase : « Je sais qu’en cet instant, tandis qu’en Lorraine émerge de la brume l’immense croix de « l’homme qui a dit non », avec nous, les âmes de tous ses compagnons vibrent à l’unisson ». En mettant l’ordre national du Mérite à l’honneur cette année, Bernard Emié marque son attachement à l’idéal républicain et au Général de la plus belle manière.

J’arborais donc cette décoration que l’ambassadeur m’a remis en octobre 2011 pour déposer une gerbe au nom de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger. Anne Faure procédait au même rituel au nom de FAFGB, Fédération des associations françaises de Grande-Bretagne, dont elle est la nouvelle présidente, suivie par plusieurs représentants d’associations.

Premier décoré du jour, de la main du ministre conseiller, Antoine Anfré, le capitaine Duborgel fut fait chevalier de l’ordre national du Mérite. Le Flight Lieutenant Abson recevait ensuite la Croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze, suivi par le lieutenant de vaisseau Godelain décorée de la médaille OTAN de « l’Operation Unified Protector ». Enfin, M. Dubet (Association du Souvenir Français) recevait l’insigne de porte-drapeau.

La nouvelle vitrine dédiée aux « Pilotes Français Libres » dévoilée au lycée Charles de Gaulle en ce 18 juin 2013, créée par le Yorkshire Air Museum

Vers midi, au sein du lycée Charles de Gaulle, l’heure fut à l’inauguration de la vitrine dédiée aux « aviateurs Français Libres ». On doit cette superbe composition d’objets utilisés par les pilotes de la Seconde guerre au Yorkshire Air Museum, à l’initiative de la fondation de la France Libre, représentée au Royaume-Uni par Brigitte Williams.

Celle-ci prononça un discours pour remercier Ian Reed, directeur du mémorial des Forces aériennes alliées et le musée de York d’avoir collaboré à cette réalisation historique qui nous fait vivre, par procuration, le quotidien de ces chevaliers du ciel. Brigitte Williams rappela que deux escadrilles françaises libres avaient été créées par le général de Gaulle. Juste avant de les rejoindre, tandis qu’il servait dans la RAF, René Mouchotte nota dans son carnet : “Si le destin ne m’accorde qu’une courte carrière de combattant, je remercie le ciel d’avoir pu donner ma vie à la libération de la France”.

Au lycée toujours, on se souviendra de l’excellent discours républicain et historique prononcé par notre consul général, Olivier Chambard. Nous en retiendrons que nos valeurs républicaines ne sont pas quelques règles de savoir-vivre ensemble, mais des armes péniblement forgées par le marteau de l’Histoire. Le 18 juin fut un moment de vérité, comme il y en eu d’autres, parce que la France fut en péril. Qui se sent le dépositaire ultime de nos valeurs, interrogeait le consul en filigrane ? Qui est encore capable de se relever et galvaniser les autres, lorsque le sol tremble et le ciel vrombit, lorsque nos élites elles-mêmes ont renoncé et que s’entrechoquent toutes nos angoisses personnelles ?

L’après-midi se déroula à l’Institut français, où fut projeté « In Search of René Mouchotte », un film de la BBC réalisé par Jan Leeming, relatant l’histoire héroïque de ce pilote de chasse qui a commandé l’escadrille Alsace en 1943 jusqu’à sa disparition en août de la même année. Puis, Ian Reed, directeur du musée de York, apporta des éclaircissements sur cette période et répondit à diverses questions.

Ce fut ensuite au tour de l’écrivain, Eric Simon, auteur du récent ouvrage « Londres, ballade au fil de la France Libre » de nous raconter l’histoire du quartier général des “Forces Aériennes Françaises-Libres”… établi au lycée Charles de Gaulle ! L’historien a précisé combien les Français de Londres aimaient se retrouver chaque week-end en ce lieu, où l’on profitait de l’instant présent sans savoir si l’on serait de la partie la semaine suivante… On s’amusait comme on pouvait et on buvait du vin d’Algérie qui s’échangeait à 5 pences la bouteille, une anecdote dont tous les Anciens se souviennent.

Cette cérémonie du 18 juin eut un écho intime et pénétrant pour l’un des participants. Il s’agit de Laurent Burin des Roziers, notre conseiller culturel. Son père, récemment disparu, a fait la guerre en étant parachuté en France en 1944 avant le débarquement. Nous le remercions d’avoir partagé ses souvenirs et son émotion au cours de son allocution.