Accueil      En circonscription      Sénat      Revue de Presse          Parcours      Me Contacter      Mes 31 défis
    

Groupe de suivi Brexit (3/3) : Pourquoi je crois que le Brexit n’aura pas lieu

Le Brexit n’a pas encore eu lieu. C’est une évidence qu’on oublie. Aura-t-il seulement lieu ?

Le pays est profondément divisé. Une majorité d’électeurs (mais plus d’un million de Britanniques vivant en Europe ont été exclus du scrutin) a voté le 23/6/18 pour une sortie du R.U. de l’U.E., à laquelle les Brexiters se sont bien gardés de donner des contours.

Depuis le référendum, les responsables politiques outre-Manche s’écharpent quotidiennement sur l’attitude à tenir vis-à-vis de l’Union européenne. Et pour cause, les deux positions dominantes sont inconciliables parce que le Brexit sera dur ou mou (« Hard » ou « Soft »), mais il ne pourra pas être les deux à la fois.

De son côté, l’Union européenne refuse de céder aux Britanniques seulement ce qui les intéresse, une sorte de marché unique « à la carte ». Face aux lignes rouges des négociateurs de Bruxelles, le risque devient imminent d’un « no deal ».

C’est parce que je n’ai jamais vu la formalisation d’un accord de sortie acceptable pour les 27 de la part des Britanniques que je n’ai jamais cru que le Brexit puisse se concrétiser. Entre le chaos provoqué par une sortie sans accord baptisée « Hard Brexit » et le maintien au sein de l’UE qui a fait le succès du Royaume-Uni, je reste convaincu qu’aucun Premier ministre britannique choisira de précipiter son pays dans une aventure susceptible de désintégrer le Royaume, de réveiller des conflits en Irlande et de mettre en difficulté les millions d’européens vivant dans le pays.

J’ai partagé ma conviction lors des travaux qui ont conduit au rapport du Sénat intitulé « Brexit : Une course contre la montre », paru le 12 juillet 2018.

Ce rapport est l’œuvre de notre groupe de suivi « sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne », coprésidé par Jean Bizet et Christian Cambon.

Extrait du rapport (p.46) M. Olivier Cadic.– Je vous remercie d’avoir engagé ce travail approfondi sur le Brexit. La semaine dernière, nous attendions tous la déclaration de Chequers ; aujourd’hui nous commentons les démissions de David Davis et Boris Johnson. Qu’en sera-t-il demain ? Tout évolue si vite… Depuis le début, je n’ai pas compris ce que « Brexit » voulait dire. Voyez : nous parlons du Brexit depuis vingt-six mois et personne n’a pu le formaliser à ce jour !

C’est pour cela que j’ai toujours pensé que le Royaume-Uni resterait in fine au sein de l’Union européenne.

Le Brexit n’a pas eu lieu.  Quoiqu’on en dise, à l’heure où je parle, le Royaume-Uni est toujours dans l’UE. Depuis près de cinquante ans, le Royaume-Uni contribue à la construction européenne : comment pourrait-il s’en extraire en quelques mois ? Cela reviendrait à ôter un œuf d’une omelette ! Le Royaume-Uni souhaite en réalité un modèle intermédiaire, entre l’accord de libre échange avec le Canada et le statut de la Norvège. Mais, mes chers collègues, entre le Canada et la Norvège, gît le Titanic… qui a été construit à Belfast. Quoi qu’il en soit, le pays nous offre, depuis le référendum, un spectacle pathétique. Pensez que dans une grande banque de la City, un salarié a pour unique charge de suivre le Brexit et avoue lui-même avoir parfois des difficultés à s’acquitter de sa tâche. Je vous sais gré d’avoir reçu l’association The3million et rendu compte de leurs préoccupations. Je me rendrai, lundi, au Parlement gallois pour y rencontrer Mark Drakeford, membre du gouvernement du Pays de Galles pour évaluer les effets d’une sortie sans accord sur ce territoire. Si une solution acceptable n’est pas négociée avec les 27, le risque de chaos est réel en cas de hard Brexit. En réalité, l’intérêt supérieur du Royaume-Uni n’est pas de quitter l’Union européenne. D’ailleurs, Theresa May préserve cette option.  Lors du dernier conseil européen, elle a remis une lettre destinée à permettre à son pays de participer aux élections européennes de 2019 si le Royaume-Uni n’est pas sorti de l’UE à l’échéance prévue. Voilà pourquoi, aujourd’hui plus encore qu’en juin 2016, moi qui vit au Royaume-Uni depuis plus de vingt ans, je reste convaincu que le Brexit n’aura pas lieu.

« BREXIT : UNE COURSE CONTRE LA MONTRE » – 12 juillet 2018
Rapport d’information de MM. Jean Bizet et Christian Cambon, fait au nom du Groupe de suivi sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne
Lien vers le rapport + la synthèse

Groupe de suivi Brexit (2/3) : les propositions du Sénat pour protéger les résidents européens

À la suite du référendum britannique du 23 juin 2016, nous avons mis en place au Sénat un groupe de suivi « sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne » (dit groupe de suivi Brexit).

Une réunion mensuelle nous permet de faire le point sur l’avancement du Brexit et d’inviter des représentants de toutes les parties prenantes afin de nous sensibiliser à tous les aspects du Brexit : humain, social, économique, financier…

« Le Brexit, c’est aussi et surtout un drame humain et même, dans certains cas, une véritable tragédie », s’est exclamée Véronique David-Martin devant notre groupe, le 30 mai dernier.

Auteure de InLimbo, livre de témoignages sur le Brexit, Véronique a été auditionnée en compagnie de Anne-Laure Donskoy, co-cofondatrice du mouvement the3million et Sylvie Jacubin. Toutes les trois n’auraient jamais imaginé que le Royaume-Uni puisse devenir un pays où chaque étranger ressente la menace de tout perdre : sécurité, emploi, retraite, maison et même famille, puisque le fait d’être marié avec un Britannique depuis des décennies ne donne aucune garantie ; un pays où il faut vivre au jour le jour dans une atmosphère toxique de xénophobie (Lire le compte-rendu et voir la vidéo du Sénat).

Notre groupe de suivi Brexit, coprésidé par Jean Bizet et Christian Cambon, a publié, le 12 juillet 2018, un rapport intitulé ‘Brexit : Une course contre la montre‘.

Au-delà des enjeux macro-économiques, le Sénat n’oublie pas les 300.000 Français expatriés au Royaume-Uni, en sachant que 3,6 millions d’Européens sont confrontés à la même situation et partagent cette sourde angoisse de savoir s’ils obtiendront un droit à résidence après le 29 mars 2019, minuit, date de sortie de l’UE.

Le groupe de suivi transmet au plus haut niveau les signaux de détresse de tous ces citoyens de l’UE pour que leurs droits soient préservés. En aucun cas, les Européens installés au Royaume-Uni ne doivent servir de monnaie d’échange dans les négociations et le temps presse !

Sur la question des résidents européens au Royaume-Uni, le groupe de suivi :

– demande qu’un protocole séparé de l’accord de retrait soit établi, afin de garantir que les éléments auxquels les négociateurs sont parvenus seront bien préservés, en cas d’échec des négociations ;
– appelle le gouvernement britannique à répondre aux 150 questions adressées par les associations représentant les citoyens européens sur leur statut, à doter les administrations britanniques de capacités d’enregistrement suffisantes et à lancer une vaste campagne d’information à l’intention des citoyens européens résidant au Royaume-Uni, afin que tous puissent, le moment venu, faire valoir leurs droits ;
– juge qu’une définition de leurs droits par la loi, et donc par le Parlement britannique, offrirait davantage de stabilité aux résidents européens ;
– s’inquiète de l’extinction au bout de 8 ans de la compétence de la Cour de justicede l’Union européenne et du contrôle, à l’issue, par une «autorité indépendante». L’indépendance d’une telle autorité et la réalité de ses moyens sont des points de préoccupation ;
– estime que des clarifications doivent également être apportées aux Britanniques résidant dans l’Union européenne.

« BREXIT : UNE COURSE CONTRE LA MONTRE » – 12 juillet 2018
Rapport d’information de MM. Jean Bizet et Christian Cambon, fait au nom du Groupe de suivi sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne.
Lien vers le rapport + la synthèse

Groupe de suivi Brexit (1/3) : le rapport du Sénat pointe un sérieux risque de « no deal »

Notre groupe de suivi à Londres, le 4 juillet 2018, pour rencontrer les partisans et opposants au Brexit à la Résidence de France, puis à la Chambre des Communes

Le 23 juin 2016, les Britanniques ont choisi, par référendum, de quitter l’Union européenne. La date butoir approche : le 29 mars 2019, minuit, le Royaume-Uni ne sera officiellement plus membre de l’UE.

D’ici là, est-ce que l’Union européenne et le Royaume-Uni auront réussi à conclure un accord de retrait ?

Rien n’est moins sûr, estimons-nous au sein du groupe de suivi sur le « retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’UE » du Sénat, à quelques mois d’octobre 2018, date à laquelle, autre échéance, les contours de l’accord devraient être fixés.

Christian Cambon : « Le Royaume- Uni a choisi de sortir de l’Union européenne, mais il ne sait pas où il va ! Or, le temps presse. Un « no deal » doit être évité ».

En dépit de progrès incontestables, notamment sur le volet financier, des difficultés sérieuses demeurent, comme la question irlandaise ou la situation des ressortissants européens, souvent installés de longue date, qui subissent, d’ores et déjà, les effets d’une xénophobie normalisée (lire : Le mouvement the3million auditionné par le groupe de suivi Brexit du Sénat).

Notre groupe de suivi « Brexit », coprésidé par Jean Bizet et Christian Cambon, vient de publier un rapport intitulé « Brexit : Une course contre la montre ».

Ce rapport tire la sonnette d’alarme : un « no deal » est désormais possible et aurait de lourdes conséquences pour les citoyens et les entreprises, non seulement du Royaume-Uni, mais aussi de l’Union.

Jean Bizet : « Le risque pour l’Union est d’avoir à choisir entre un « no deal » et un renoncement à ses principes. Aucun des deux n’est acceptable ».

Cette réflexion conduite depuis plusieurs mois a été alimenté par une cinquantaine de témoignages recueillis en France, au Royaume-Uni et en Irlande, où nous étions en ce début de mois de juillet.

Lors des négociations, l’Union européenne a su faire des propositions constructives, respectant l’intégrité du marché unique, mais ne pouvant consentir au fait qu’un pays tiers bénéficie des mêmes avantages qu’un État membre.

Au contraire, la position britannique donne le sentiment d’un « pilotage à vue ». Certes, le choix du peuple britannique est souverain. Mais les fortes divisions que le Brexit a provoquées, tant au sein de la société britannique que parmi les responsables politiques, ont empêché que les conséquences de ce choix soient clairement explicitées et assumées.

RAPPORT « BREXIT : UNE COURSE CONTRE LA MONTRE » – 12 juillet 2018

Rapport d’information de MM. Jean Bizet et Christian Cambon, fait au nom du Groupe de suivi sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne

Lien vers le rapport + la synthèse
Notre Groupe émet des remarques, des souhaits et propositions en matière financière, économique (agriculture, pêche, industrie…) et de sécurité et défense.

Lien vers le compte-rendu de toutes les auditions
Notre Groupe a auditionné une cinquantaine de personnalités à Paris (25), Londres (12), Dublin (6) et Belfast (10).

 

En circonscription en Italie – Rome (04 juin 2018)

Retour à Rome pour un 4èmedéplacement en Italie depuis le début de mon mandat, sous le signe de l’emploi.

L’appui à la mobilité professionnelle constitue mon action prioritaire en Italie.

(g. à d) Christian Masset, ambassadeur de France en Italie et Alix Carnot, fondatrice de l’association Ponte Via qui aide les francophones à trouver un emploi dans la région de Rome ou bien à créer leur entreprise.

Mobilité professionnelle

Journée de l’Emploi et de la Formation professionnelle

Organisée conjointement par l’ambassade de France à Rome et par l’association Ponte Via, j’ai participé à la Journée de l’Emploi au centre Saint Louis des Français de Rome.

Ce fut l’occasion de retrouver Elisabeth Tesson, consule, au cours de ce mini salon qui offrait beaucoup d’informations à travers divers stands : Pôle emploi international, Eures, Région de Rome, CCI France Italie, entreprises…

Les conférences portaient sur les meilleures techniques pour trouver un emploi en Italie. J’ai découvert qu’un CV pouvait faire 10 pages, mais aussi que 45% des CVs étaient truffés de mensonges !

Il faut souhaiter que cette action puisse inspirer d’autres postes diplomatiques. + d’images

CCI France-Italie

Lors de la journée de l’Emploi et de la Formation professionnelle, entretien avec Annie Rea, conseillère déléguée et Maura Coradduzza, chargée de gestion RH à la CCI.

La Chambre de commerce France-Italie offre un service RH pour les PME françaises qui s’implantent dans la Péninsule et gère actuellement 90 feuilles de paye. De son côté, Business France accueille 255 VIE dans le pays.

Cinquième anniversaire de Ponte Via

(g. à d.) Fondée par Alix Carnot et présidée par Sophie Conrad, l’association Ponte Via, compte 140 membres et se définit comme un regroupement de talents pour faciliter l’accès à l’emploi des francophones et italophones à Rome et alentours : bilan de compétences, coaching, CV, ateliers de motivation, incubation de nouvelles entreprises, opération networking, conférences…

Pour célébrer son 5ème anniversaire, l’association avait organisé l’attribution du Prix « Ponti Talenti Via ». Signe des temps, les candidats étaient exclusivement des candidates. Elles avaient chacune 90 secondes pour présenter leur profil ou leur projet d’entreprise et nous ont offert un florilège d’allocutions pleines d’énergie et de brio. + d’images

Remise du prix « Ponti Talenti Via »

« Chercher un emploi est un métier qui ne s’apprend pas à l’école », a lancé Alix Carnot, lors de la remise du Prix  » Ponti Talenti Via  » au cœur du palais Farnese.

Pour cette cérémonie, Christian Masset, ambassadeur de France en Italie, a ouvert les portes du prestigieux palais Farnèse à son organisateur, l’association Ponte Via

A l’issue de mon intervention destinée à soutenir l’association, j’ai rendu hommage à Alix en lui remettant une médaille du Sénat.

Ayant vécu les désappointements typiques du conjoint expatrié, Alix a décidé d’aider ses compatriotes à gérer les multiples problématiques qui se posent à tout expatrié, ce qui l’a conduite à fonder cette association. C’était il y a cinq ans, lorsqu’elle habitait Rome. Revenue en France, elle a publié deux ouvrages de référence : « Chéri(e) on s’expatrie » et « L’essentiel de l’expatriation ». Ponte Via est aujourd’hui présidée par Sophie Conrad.

De plus, Alix Carnot est devenue directrice associée de Expat Communication qui aide les candidats au départ à valoriser leurs compétences et qui fédère des communautés (comme à travers FemmExpat.com) + d’images

LePetitJournal Rome :

« Journée de l’emploi et 5 ans de Ponte Via »

Article qui rend compte de l’événement au palais Farnèse, le 4 juin 2018HL

Lien :  https://t.co/k3ygJVYBzq

Ambassade de France

Toute ma gratitude à Christian Masset pour son invitation à participer à la réception donnée en l’honneur de l’association Ponte Via.

Notre ambassadeur m’a offert le privilège d’un entretien dans son prestigieux bureau au premier étage du Palais Farnèse.

Un lieu construit par un cardinal qui allait devenir Pape et qui se prêtait donc parfaitement à nos échanges sur l’actualité politique italienne si mouvementée. + d’images du fabuleux palais

HEBDOLETTRE n°105 – ÉDITO : EGD Business : stop ou encore ? – CORÉE DU NORD / audition historique au Sénat : Kim Yong-Il s’exprime sur le processus de dénucléarisation de la Péninsule coréenne (Vidéo – 21m) – EXPORT : les solutions des présidents de CCI françaises à l’international pour booster nos PME – La chambre de commerce France-MOZAMBIQUE est née ! – CAMBODGE : un dîner pour la création d’une Alliance française à Siem Reap – BREXIT – L’ambassadeur du RU veut prévenir nos inquiétudes – FAKE NEWS : le ministre Jean-Yves Le Drian me répond en toute franchise (Vidéo 1:15) – En circonscription en LETTONIE – Riga (31 mai au 01 juin 2018) – L’UDI pour une Europe souveraine !

Lire : l’HEBDOLETTRE n°105 – 11 juillet 2018Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’HebdoLettre n°105

EGD Business : stop ou encore ?

Lors de son Assemblée générale au palais du Luxembourg, la FAPEE a organisé une table ronde sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger à l’heure où débutait le match France-Uruguay. Et la FAPEE n’a pas manqué de supporters !

Les parents d’élèves financent majoritairement l’enseignement français à l’étranger. Pourtant seuls 2 sièges leur sont accordés sur 28 au conseil d’administration de l’AEFE, contre 5 pour les syndicats de personnel…

Ma présence était destinée à saluer l’action déterminée et judicieuse des parents d’élèves, parfaitement incarnée par son président sortant, Xavier Gonon, et par son successeur François Normant.

L’AG 2018 a marqué la croisée de chemins et cette impression se confirme à la lecture des 50 propositions élaborées par la FAPEE pour une réforme de l’enseignement français à l’étranger. La fédération souligne une injonction paradoxale pour une mission confiée jusqu’ici à la puissance publique : d’une part, on appuie à fond sur le frein budgétaire et, d’autre part, notre président de la République veut que « le nombre d’élèves accueillis au sein du réseau scolaire français » double d’ici 2025-2030.

Alors, par quel bout prendre le futur de l’enseignement français à l’étranger ? Par conséquent, quelles missions l’État français veut-il ou peut-il assumer frontalement ?

Il y aura des déçus et l’État mettra en avant le principe de réalité. Pour le comprendre, il faut être attentif aux propos de Christophe Bouchard, directeur de l’AEFE, lors de l’AG : « il ne faut pas se le masquer, l’enseignement français à l’international est un marché ».

Visuel HL101Un marché hautement concurrentiel, on le sait. Que faire face au développement exponentiel de l’enseignement anglais ou américain (environ deux nouvelles écoles privées par jour dans le monde) ou de l’enseignement religieux islamique, financé par des États du Moyen-Orient ?

Il faut « créer entre 50 et 60 établissements de 400 élèves par an, d’ici 2030 », nous dit le rapport de la FAPEE si on veut atteindre l’objectif présidentiel. Voilà un premier jalon.

Nous sommes face à un réseau d’écoles françaises sclérosé, menacé d’atrophie comme l’a souligné le rapport de la Cour des Comptes si on n’injecte pas davantage d’argent public. J’ai dit, lors de la table ronde, qu’il fallait commencer par opérer des arbitrages. Celui-ci en priorité : est-il bien du rôle de l’État français de continuer à faire du « business » à l’étranger, au travers de ses 72 établissements en gestion directe (EGD) ? Découvrir l’HebdoLettre n°105

En circonscription en Lettonie – Riga (31 mai au 01 juin 2018)

Premier déplacement en Lettonie, où j’ai eu le plaisir de retrouver Odile Soupison, en qualité d’ambassadeur, après avoir apprécié de travailler à ses côtés lorsqu’elle était en responsabilité des Français de l’étranger au ministère, de 2007 à 2013. J’étais élu AFE à cette époque.

Odile Soupison m’a accordé son plein engagement pour rencontrer notre communauté et découvrir un pays qui s’affirme, à travers Riga, devenir un grand hub régional : ferroviaire, maritime, routier et aérien. Le désenclavement est vital pour la Lettonie, déjà peu peuplée, qui a subi un vaste mouvement d’émigration dès l’adhésion à l’UE en 2004 (ex : 100.000 Lettons au Royaume-Uni pour un pays qui compte 1,2 millions d’habitants) !

Politique

Parlement

Entretien avec Lolita Cigane, députée et présidente de la commission des Affaires européennes au parlement de Lettonie, en compagnie d’Odile Soupison, ambassadeur de France et de Sophie Hubert, Premier conseiller.

Au menu de nos discussions : le développement de l’euroscepticisme dans certains pays, l’influence de la Russie et de la Chine, les consultations citoyennes sur l’Europe et l’Europe de la Défense.

Je me suis réjoui de nos proximités de vue sur chacun de ces sujets. + d’images

Amitié parlementaire

A la Résidence de France, j’ai eu la joie de revoir Edvards Smiltens, député, président du groupe d’amitié France-Lettonie, trois mois après sa visite au Sénat, où mon collègue Olivier Henno avait organisé un déjeuner dans le prolongement du colloque « Estonie-Lettonie-Lituanie 1918-2018 »

Les 100 députés du parlement letton seront renouvelés le 3 octobre prochain. Afin d’impliquer les électeurs dans la vie démocratique, une ONG baptisée « Ma voix » organise les remontées citoyennes visant à ouvrir des débats au parlement.

D’après Edvards, un tel instrument serait susceptible d’éviter des confrontations sociales en France. Je lui ai répondu qu’il n’était pas certain que notre sport national perde si facilement ses adeptes. + d’images

Cyberdéfense

Stratcom (Otan)

Au centre d’excellence pour la communication stratégique Stratcom de l’OTAN, avec Janis Sarts, directeur et en présence de notre ambassadeur, Odile Soupison.

7 secondes = temps moyen de lecture d’une information sur internet.

Les 4/5ème des individus réagissent émotionnellement = seul 1/5ème aura une décision rationnelle.

Le centre pourrait favoriser l’élaboration d’un « vaccin électronique » contre les fake news et ainsi lutter contre les manipulations de l’opinion publique de nos démocraties.

Notre visite à Stratcom a été suivie d’une rencontre au ministère de la Défense letton avec Sanita Zogota, responsable de la politique nationale de cybersécurité. + d’images

Commerce extérieur

Économie lettone

Odile Soupison et Jean Vaury, conseiller économique m’ont organisé un entretien avec Jean-Manuel Giély, conseiller du commerce extérieur français et spécialiste du dossier « Rail Baltica ».

Avec un taux de 4,5% en 2017, la Lettonie affichait la plus importante croissance de l’OCDE en 2017.

Toutefois, le secteur financier du pays traverse une grave crise depuis le 13 février 2018, date à laquelle un sous-secrétaire d’état américain au Trésor a dévoilé un rapport accablant sur les pratiques de ABLV, 3ème banque lettone. Dix jours plus tard, après un Bank Run à hauteur de 600M€, les administrateurs de la banque ont décidé l’auto liquidation et le remboursement des déposants.

Rail Baltica
Par volonté de désenclavement, un projet de ligne grande vitesse vise à relier les 3 capitales des États baltes : Tallin (Estonie), Riga (Lettonie) et Vilnius (Estonie). Financé à 85% par l’UE, ce projet de 6 milliards d’euros permettra de relier le corridor balte au réseau ferré européen occidental.

Liaisons aériennes
Une ligne aérienne Riga-Bordeaux ouvrait au moment de ma visite. L’an dernier, l’aéroport de Riga a traité 6,5 millions de passagers, soit plus de 50% du trafic balte. La compagnie Air Baltic a accueilli 3,5 millions de passagers en 2017, soit une progression de 20%.

Communauté française

Réception à la Résidence

Merci à Odile Soupison d’avoir organisé un cocktail réunissant divers acteurs de la vie associative, éducative ou culturelle de notre communauté qui s’élève à 300 inscrits au consulat.

Ce fut l’occasion d’échanger avec des cadres de Schneider, de l’Oréal et de plusieurs PME au sujet de leur expérience à Riga. Avec 540 salariés, Axon Cable est le premier employeur français du pays. + d’images

Enseignement

Jules Verne

Créée en 2007 à l’initiative de l’ambassade de France en Lettonie, l’école Jules Verne compte 16 classes et 280 élèves.

Sophie Hubert, Premier conseiller à l’ambassade, m’a accompagné dans cette visite, conduite par le directeur Thibaud Jacquemin.

Accueillis dès l’âge de 18 mois, 100 enfants fréquentent la maternelle, puis ils sont 140 en primaire et seulement 30 au collège. Homologuée jusqu’en 6ème, l’école monte d’une classe chaque année. Les premiers élèves arrivés lors de l’ouverture en 2007 passeront le bac en 2023. Cette première cohorte de 9 élèves constitue un groupe soudé. A noter que seuls 12% des élèves sont français. + d’images

Lycée français

Fondée en 1921 avec l’aide des gouvernements français et lettons, cette école publique est considérée comme l’une des 5 meilleures du pays.

Elle accueille 976 élèves et bâtit un nouveau site pour atteindre l’objectif de 1200 élèves en 2020. C’est le seul établissement du pays à enseigner le français en 1ère langue, et cela dès l’âge de 7 ans. Merci à la directrice Vineta Rutenberga pour son accueil et l’enthousiasme dont elle fait preuve pour promouvoir notre langue. + d’images

Culture

Institut français

Visite de l’Institut français de Lettonie dirigé par Gilles Bonnevialle en compagnie de Félicie Leurent, attachée de coopération pour le français et de Sophie Hubert, Premier conseiller.

Plus de 1000 élèves y apprennent notre langue, chaque année. Pour sourire cette anecdote : il arrive que des parents souhaitent rencontrer le professeur ‘Alexandre Dumas’ ou ‘Albert Camus’, puisque leur nom figure à l’entrée des salles de classe fréquentées par leur progéniture. + d’images

Cambodge : un dîner pour la création d’une Alliance française à Siem Reap

(g. à d.) Christophe Pottier (EFEO) ; Jacky Deromedi, sénatrice des Français de l’étranger ; Olivier Cadic ; Arnaud Darc

En janvier dernier, je suis rentré du Cambodge avec pour objectif prioritaire le soutien à la création d’une Alliance française à Siem Reap (compte-rendu).

Quelques semaines plus tard, j’avais revu notre ambassadrice Eva Nguyen-Binh, lors d’un déjeuner au Sénat, organisé en son honneur par le groupe d’amitié France-Cambodge, présidé par mon collègue Vincent Eblé.

C’est fort de leur soutien chaleureux, associé à celui de Jacky Deromedi, présidente du groupe d’amitié Asie du Sud-Est, que j’ai entrepris de réunir, le 26 juin, quelques acteurs clés pour permettre à ce projet de prospérer, et également pour alerter sur la nécessité de trouver d’urgence les moyens de relancer le chantier de restauration du temple du Mebon à Angkor.

1 – L’Alliance française

Arrivé au Cambodge en 1994, Arnaud Darc, est devenu un entrepreneur à succès dans la restauration et l’hôtellerie (+ de 500 employés). Son idée est simple : « une Alliance française doit venir compléter un projet économique global ». Concrètement l’enseignement du français suivra l’essor du tourisme dans une ville où sont situés les temples Angkor.

Arnaud Darc, pdg de Thalias et pdt d’Eurocham Cambodge

Cette ville compte déjà 390 hôtels et 968 restaurants ! En 2017, près de 2 millions de touristes ont atterri à Siem Reap, dont 166.000 touristes francophones. Le gouvernement prévoit un doublement de cet afflux d’ici 2025. Alors, l’offre de cours de la future AF sera calibrée pour les métiers du tourisme, tout en étant un centre d’examens pour les divers diplômes d’aptitude au français.

Ce n’est pas tout, car Arnaud ambitionne de créer au cœur de la ville un « espace France ». La dynamique est lancée puisque les superbes locaux prévus pour l’AF, que j’ai visités en janvier, jouxteront la BRED, le créateur de mode Eric Raisinak, le restaurant français Khéma ou encore la librairie Carnet d’Asie.

Au-delà des ressorts économiques, les lieux accueilleront les artistes locaux pour constituer un véritable centre culturel, propre à attirer les touristes de passage. Pour le moins, notre communauté trouvera un intérêt pratique au projet, puisqu’un espace sera dédié au consul honoraire (salutations à Marc Franiatte), au conseiller consulaire (salutations à Jean Lestienne) et au représentant de la CCI franco-cambodgienne.

Bertrand Commelin, SG de la Fondation Alliance française : « L’essentiel n’est pas d’obtenir notre label, mais d’être viable »

Si l’équipe projet, présidée par Sophea Oum, obtenait le label AF, « le Cambodge serait le 133èmepays d’implantation des Alliances dans le monde et on s’en réjouirait », a commenté Bertrand Commelin, secrétaire général de la Fondation Alliance française.

Si Bertrand apprécie l’enthousiasme sans lequel on ne fait rien, il a fait de la viabilité son maitre-mot. « Une Alliance doit vivre comme une entreprise », postule-t-il, en faisant remarquer que le manque de vigilance de la Fondation sur les critères de succès constituait d’expérience un facteur de mortalité.

C’est le manque à gagner qui a provoqué la fermeture, à Siem Reap même, de l’Institut français en 2015. Une situation qui ne peut pas se reproduire, nous a convaincus Guillaume Massin, président de la chambre de commerce franco-cambodgienne (CCIFC). Tout est ficelé : le mécénat, les levées de fonds auprès des entreprises ou une politique tarifaire plus adaptée.

J’ai été convaincu que le terrain était favorable à l’éclosion de ce « projet économique global » porté par un entrepreneur qui avait fait ses preuves. Ce diner a permis de constater qu’une unanimité existait pour soutenir la démarche d’Arnaud Darc.

2 – Le temple du Mébon

Tout autre sujet concernant le Cambodge, où la France opère dans le domaine de l’archéologie préventive et la restauration, notamment grâce à l’École française d’Extrême Orient (EFEO).

(g. à d.) Laurence Auer, directrice au MEAE ; Vincent Eblé, sénateur de Seine-et-Marne ; Guillaume Massin, pdt de la CCIFC

Le 7 janvier dernier, j’avais constaté l’avancement des travaux, pilotés et financés par le MEAE, qui visaient à sauver le temple du Mébon, situé au beau milieu d’un lac, le Baray occidental.

Le 24 mai, dans les locaux de l’EFEO à Paris, j’ai appris de la part de son directeur, Christophe Marquet, que la restauration du temple venait d’être interrompue faute de financement. « Un chantier complexe qui consiste à remonter un temple du XIème siècle, nous a précisé le directeur. La France sauve le patrimoine du Cambodge depuis 1907. »

Le chantier a besoin d’un million d’euros, un enjeu financier relatif au regard de la taille de certains acteurs économiques français, publics ou privés, qui opèrent en Asie.

Christophe Marquet, directeur de l’EFEO

Laurence Auer, directrice de la culture, de l’enseignement, de la recherche et du réseau au MEAE, nous a fait un point sur les divers dispositifs de financement envisageables, comme le FSPI (Fonds de Solidarité Prioritaire Innovant), et l’état des discussions en cours avec les autorités cambodgiennes.

Je remercie Vincent Eblé d’avoir rappelé que notre groupe d’amitié France-Cambodge du Sénat était disposé à apporter son concours pour soutenir toutes les initiatives qui permettraient de redémarrer ce chantier au plus vite. Il y a urgence !

Export : les solutions des présidents de CCI françaises à l’international pour booster nos PME

Je remercie les présidents des chambres de commerce d’une vingtaine de pays pour avoir répondu à mon invitation à participer à un déjeuner au Sénat, le 25 juin, afin que nous débattions ensemble sur ce thème : quelles solutions originales pour favoriser le développement international de nos PME ?

En ouverture des débats, Arnaud Vaissié, président du réseau CCI FI, s’est inscrit dans la perspective de la future loi Pacte pour laquelle ses avis ont été sollicités. Cette loi devrait accorder aux PME « une série de mesures qui vont dans le bon sens », juge-t-il, comme le sursis de cinq ans avant de subir les contraintes économiques et sociales des effets de seuil lorsqu’elles grandissent.

Un discours clairement optimiste à l’heure où nous avons « un gouvernement qui souhaite réellement développer notre commerce extérieur et les CCI à l’international ». Ce gouvernement mise sur le concept de guichet unique qui sera installé dans chaque Région, associant les équipes de Business France et des CCI. Mais déjà – et c’est de bon augure – le patron des CCI FI a « sentiment que tout le monde s’oriente dans la même direction : Business France, la BPI, les CCI FI, la CCI, l’OSCI, Bercy… »

Nul doute que ce volontarisme général aura pour effet de mettre en lumière le travail formidable de nos chambres aux quatre coins du monde, comme je l’observe depuis le début de mon mandat (voir rapport « Mes rencontres les chambres du monde entier » – juin 2018). Alors, quelles pépites et quelles bonnes pratiques leurs présidents sont-ils fiers de partager ?

Et si on commençait par le plus difficile : chercher des commandes pour le compte de nos entreprises ? Une solution expérimentée par Jean-Marie Pinel (Algérie) à travers une structure locale dédiée et exclusivement animée par des VIE pour minimiser les coûts.

Mais, en définitive, le plus difficile n’est-il pas de franchir le Rubicon ? « Souvent, les entreprises françaises sont compétitives, mais elles ne le savent pas », un constat qui a toujours frappé Alain Ouelhadj (USA-Floride) sur un marché américain pourtant réputé hyperconcurrentiel.

Cela dit, pas question de partir la fleur au fusil. « C’est assez fréquent cette formidable méconnaissance de la culture du pays où l’on veut exporter », tonne Renaud Bentegeat (Belgique). Même à notre porte : « Nos entrepreneurs savent-ils que 62% de la population belge ne parle pas français ? », illustre Renaud.

Et, paradoxe de la situation, les aspirants exportateurs font ce reproche aux chambres : « vous êtes là pour nous aider, pourquoi vous nous faites payer ? ». Alors, Pascal Lambert (Singapour), comme tous ses collègues, explique de bonne grâce à « ces PME peu préparées, parfois à l’anglais balbutiant, que les chambres sont des organismes privés ».

Il peut y avoir un niveau d’information global gratuit, nous dit Catherine Dubreuil-Mitaine (Ile Maurice), mais « l’accompagnement relève d’un service facturé par un pôle d’experts, justement parce que chacun est expert en son domaine », insiste-t-elle.

« Dans un pays où très peu d’informations sont disponibles et où un défaut de régularisation administrative peut provoquer la fermeture », la solution éprouvée, selon Guillaume Massin (Cambodge), demeure l’incubateur qui apporte des services au quotidien et un réseau de partenaires.

(1) Carlos Aguiar, Portugal ; (2) Renaud Bentegeat, Belgique ; (3) Arnaud Darc, Cambodge ; (4) Fréderic Dehondt, Lettonie ; (5) Stéphane Delahaye, Bulgarie ; (6) Catherine Dubreuil-Mitaine, Maurice ; (7) Ricardo Guevara, Pérou ; (8) William Hart, Canada-Montréal ; (9) Pascal Lambert, Singapour.

A Sofia, Stéphane Delahaye (Bulgarie) se dispense à proprement parler d’un incubateur, au profit d’un « coworking space » où se croisent commerciaux et bâtisseurs de futures usines, attirés par la main d’œuvre la moins chère d’Europe et une flax tax de 10%, nous a rappelé Stéphane.

Vivant dans un contexte économique inverse à celui de la Bulgarie, Sindre Walderhaug (Norvège), mise sur la cross-fertilisation des savoirs et des résultats de recherche entre clusters d’univers différents. Concrètement, un robot mis au point pour forer la planète Mars a de bonnes dispositions pour forer le sol antarctique. A la clé, nos PME multiplient leurs débouchés.

Approche également originale et remarquée des participants : le « grand travail de mapping des Français d’influence » entrepris par George Mathieu (Irlande), en plus de « working groups » à thèmes très courus (blockchain, cybersécurité…)

En synthèse, quel que soit le chemin suivi, il faut tout mettre en œuvre au nom de la coopération, nous dit Martina Malakova (Slovaquie), elle-même initiatrice d’un cluster pour l’innovation regroupant les plus grands noms de l’économie française.

Une coopération qui s’étend par cercles concentriques et qui fonctionne d’autant mieux dans les secteurs d’excellence où tout le monde se connait (blockchain, IA…), souligne Sanjay Tugnait (Canada-Ontario) qui multiplie les membres de sa chambre sur ce schéma : ses amis, ses partenaires, ses clients…

Enfin, trois intervenants ont eu le mérite d’élargir le champ de notre sujet. D’abord, Arnaud Darc (Cambodge) a rappelé l’existence de nombreuses entreprises créées directement à l’étranger par des Français. Celles-ci demeurent inconnues de la France et ne peuvent donc bénéficier d’aucune aide. Arnaud pratique l’advocacy auprès des autorités, via Eurocham et au nom de l’Europe.

(10) Martina Malakova, Slovaquie ; (11) Guillaume Massin, Cambodge ; (12) George Mathieu, Irlande ; (13) Alain Ouelhadj, États-Unis, Floride ; (14) Rodrigo Perez Graziano, Argentine ; (15) Jean-Marie Pinel, Algérie ; (16) Sanjay Tugnait, Canada-Ontario ; (17) Riva Walia, Canada-Ontario ; (18) Sindre Walderhaug, Norvège.

Pour leur part, William Hart (Canada-Montréal) et Rodrigo Perez Graziano (Argentine) se sont exprimés sur les investissements directs. William en rappelant qu’au Canada aussi il y a pénurie de repreneurs d’entreprise et Rodrigo pour suggérer que la loi Sapin II anti-corruption, en vigueur depuis juin 2017, puisse constituer un atout auprès des autorités locales, notamment pour promouvoir des investissements directs français du fait de sa portée internationale.

Une nouvelle carte à jouer qui montre à quel point les participants n’ont pas manqué d’idées. Ces présidents de CCI sont animés d’un même sentiment d’urgence, car ils sont bien placés pour voir progresser nos compétiteurs étrangers. Nous voyons le Portugal comme un lieu de villégiature pour nos retraités, tandis que les Chinois ont pris pied dans tous les secteurs stratégiques de l’économie portugaise, s’alarme ainsi Carlos Aguiar (Portugal).

Heureusement, « ce qui a changé, c’est l’état d’esprit, dont nous devons être les porte-paroles en tant que CCI FI », a prévenu Arnaud Vaissié. Ce nouvel état d’esprit se reflète parmi les chefs d’entreprises qui se déclarent de plus en plus soucieux d’exporter (sondage Opinionway pour la CCI France de mars 2018). Cette envie de conquête sera indéniablement favorisée par les relations bonnes et constructives entre les chambres et business France, dont divers participants se sont fait l’écho.

En qualité de parlementaire, je m’évertuerai à faire valoir diverses propositions en faveur de l’export contenues dans mon récent rapport « Pour une France libre d’entreprendre », réalisé au nom de la délégation sénatoriale aux entreprises (Lien : le rapport et sa synthèse). Par exemple, au lieu de faire foisonner les dispositifs de soutien à l’export, je propose un seul coup de pouce : un taux d’IS nettement réduit sur la part des ventes réalisée hors frontières. Faisons simple et lisible pour nos PME.