Après le débat budgétaire qui a eu lieu au Sénat cette semaine, les sénateurs socialistes écrivent aux élus de l’AFE que « le vote des crédits de la mission Action extérieure révèle, à nouveau, le mépris de l’Etat pour les plus vulnérables d’entre nous ».

Pour étayer ce postulat, ils dénoncent l’amendement du sénateur UMP Adrien Gouteyron concernant la Caisse de sécurité sociale des Français de l’Etranger (CFE).

De quoi s’agit-il ?

La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 a institué une aide à l’adhésion à la CFE pour les Français de l’étranger dont les ressources sont inférieures à la moitié du plafond de la sécurité sociale. Qui devait en bénéficier ? A l’origine, 25 000 personnes.
Dans son rapport, la Cour des comptes déclare : « En réalité, il n’a jamais concerné autant de personnes, soit que le « reste à charge » ait été trop important pour les plus modestes, soit plutôt que les besoins aient été surestimés en raison de la fraude massive aux ressources sur les catégories non-salariés et inactifs. »

De quelle économie parlons-nous ? 700 000 euros !
L’aide à l’adhésion nécessite un budget de 2,5 millions d’euros. L’an prochain, l’Etat en prendra 20% à sa charge (498 000 euros) et non plus 50%. L’amendement du sénateur Adrien Gouteyron permet à l’Etat d’économiser 700.000 euros qui relèveront de la solidarité interne à la CFE (Caisse des Français de l’étranger). Pour information, la Cour des comptes déclare que la CFE a fait un bénéfice de 1,5 million d’euros en 2008 sur les seuls adhérents situés au Royaume-Uni.

L’Etat mépriserait donc les plus démunis d’après ces sénateurs socialistes. Le sénateur Gouteyron pourrait leur répondre « Charité bien ordonnée commence par soi-même ! »

Les sénateurs socialistes sont moins regardants quand la CFE finance des réunions publiques permettant à leurs candidats de parader pendant la campagne électorale à l’Assemblée des Français à l’étranger. Combien ont coûté les trois réunions-cocktails organisées dans des hôtels prestigieux à New York, Washington et Boston en septembre dernier?

Combien a coûté le séjour en Chine (Pékin, Shanghai, Hong-Kong) de Madame Monique Morales, leur élue d’Espagne à l’Assemblée des Français de l’étranger, payé par la CFE le mois dernier ?

Ces mêmes sénateurs sont bien silencieux lorsque la CFE organise des fastueux cocktails place de la Concorde pour les élus et leurs conjoints (Lire : « Une certaine idée de l’exercice de mon mandat » du 06 septembre 2010). Ils ne semblent pas être émus par le coût des petits fours, parait-il fameux.

Comme le préconise la Cour des comptes, il me paraît urgent d’instituer un contrôle économique et financier dans le but de suivre tant l’équilibre des finances de la CFE que la régularité de ses opérations. Le Parlement et l’Assemblée des Français de l’étranger doivent s’emparer de cette question sans tarder.

C’est le sens de mon action politique. Que l’argent public réservé aux démunis aille vraiment aux démunis !

Photo Flickr de Aldor