Je reviens sur l’élection des sénateurs qui a vu la reconduite de Joëlle Garriaud-Maylam  pour vous apprendre que, bien que membre du bureau politique de l’UMP, elle avait été placée en 4ème position sur la liste de l’UMP. Etonnant, non ? (Lire : « Joëlle Garriaud-Maylam réélue au Sénat  » du 29 septembre 2011).

C’était la condition sine qua non pour que l’UMP fasse réélire ses trois autres sénateurs sortants, âgés respectivement de 70, 79 et 78 ans (Louis Duvernois, Christiane Kammerman, Jean-Pierre Cantegrit).

Pour vous donner une idée, le troisième de liste, Jean-Pierre Cantegrit, était déjà sénateur quand Moubarak ou Ben Ali n’étaient pas encore président de l’Egypte et de la Tunisie. En rempilant pour un nouveau mandat de 6 ans, bon pied bon oeil jusqu’à 84 ans, il aura passé autant d’années au Sénat que Khadaffi à la tête de la Lybie. La comparaison se limite évidemment à la longévité.

Nous vivons dans un monde en perpétuelle agitation, où les cartes se redistribuent sans cesse. Pourtant, lors de cette élection sénatoriale, les grands électeurs de la majorité ont été pris en otage pour participer aux dernières résurgences d’un passé archaïque et autocratique.

J’éprouve une grande frustration devant l’incapacité de la majorité à créer les conditions d’un renouvellement de ses représentants. Comme un symbole, pour la première fois depuis la création de la Vème République, le Sénat est passé à gauche.

Je suis en faveur d’une limite d’âge pour les parlementaires. Disons 75 ans, comme au Canada. Et surtout, une limitation du nombre de mandats électoraux consécutifs à 2 voire 3 au maximum.

Photo Flickr de hey mr Glen