Accueil      En circonscription      Sénat      Bilan de mandat      Revue de Presse          Parcours      Contact     
    

En circonscription en UKRAINE – Lviv, Kyiv, Boutcha, Borodianka, Irpin (20 au 22 avril 2022)

Retour en Ukraine à l’invitation de Vitaliy Klitschko, maire de Kyiv, trois ans après ma première visite dans cette capitale où bat désormais le coeur de l’Europe. 

Près de deux mois après le début de l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine, j’ai participé au déplacement, initié par l’ancien ministre Alain Madelin, accompagné de 6 autres sénateurs, Philippe Dominati, Jean-Yves Leconte, Gérard Longuet, Claude Marlhuret, Hervé Maurey, Angèle Preville ; 4 députés européens du groupe Renew Europe, Guy Verhofstadt, Petras Austrevicius, Luis Garicano et Ramona-Victoria Auštrevičius, et de personnalités comme le philosophe Pascal Bruckner, le professeur Nicolas Tenzer, et de l’entrepreneur Hugues Dewavrin.

Déterminés à soutenir l’Ukraine qui résiste avec succès à l’envahisseur russe, nous avons voulu conforter la démarche de ce pays soucieux de rejoindre l’Union européenne au plus tôt. Je n’oublierai jamais ces combattants de la liberté.

Là où les Russes ont commis des massacres ces derniers jours, dans un cadre indescriptible de ruines, résultat d’une folie humaine qui dépasse l’entendement, nous avons accompagné les enfants de Boutcha qui ont planté douze « arbres de la Liberté » pour faire renaître l’espérance.
Ils sont l’avenir de l’Ukraine. Ils sont l’avenir de l’Europe.

Slava Ukraini ! Gloire à l’Ukraine !

LVIV

Hôtel de ville

Première étape de ce déplacement de 40 heures, la mairie de Lviv pour évaluer les conséquences du déplacement de population sur la ville qui accueille plus de 200.000 réfugiés.

Lors de sa présentation, Andriy Sadovyi, maire de Lviv, a partagé des images des traumatismes subis par les blessés suite aux bombardements russes. Ils sont accueillis dans les hôpitaux de la ville pour se soigner.

Une entrée en matière avant de prendre le train de nuit pour Kiev qui nous a permis d’appréhender les horreurs commises par les Russes envers les civils ukrainiens. Vidéo et images

KYIV

Kyiv, la capitale où bat le coeur de l’Europe

Ambassade de France

Dès notre arrivée à Kyiv, notre délégation a été accueillie par Étienne de Poncins, ambassadeur de France en Ukraine, à l’ambassade qui vient d’être réouverte vendredi dernier après avoir été déplacée à Lviv.

L’ambassadeur nous a indiqué que les Russes ont été contraints de reculer à la frontière et d’abandonner la tentative d’invasion de la capitale Kyiv. C’est clairement une défaite pour Poutine qui a développé un narratif de redéploiement pour masquer son cinglant échec.

L’ambassadeur nous a confié certaines informations sur les matériels de soutien offerts par la France et les attentes en matériel militaire exprimées par les autorités ukrainiennes.
Merci à Étienne de Poncins pour son accueil. +d’images

Hôtel de ville

Invités par Vitaliy Klitschko, maire de Kyiv, les 7 sénateurs français et les 4 parlementaires européens ont participé à une réception officielle marquée par différents événements.

Un échange avec le maire qui lui a permis de faire un retour d’expérience sur la manière dont sa ville a répondu à la violence de l’attaque russe.

Pour le maire de Kyiv, l’Ukraine se bat pour sa liberté, pour son droit et pour son choix européen. Il a rappelé le virage pris en 2014 par le pays en faveur des droits de l’homme et le respect des droits humains.

L’Ukraine veut prouver qu’elle fait partie de la famille européenne. Leur pays doit arrêter Poutine sinon l’UE sera menacée à son tour.

La Russie veut détruire l’Ukraine pour ses choix démocratiques et veut restaurer un empire calqué sur celui de l’Union soviétique. Poutine n’imaginait pas que le peuple ukrainien pourrait se mobiliser. Les gens sont très motivés et prêts à combattre pour leur pays.

Lors de l’invasion, une centaine d’espions russes est arrivée à Kiev avec des pass ukrainiens pour se faire passer pour des ukrainiens. Avec l’intelligence artificielle, les services de sécurité intérieure sont parvenus à tous les détecter. +d’images

Inauguration de la Maison de l’Europe

Vitali Klitschko, maire de Kiev, nous a invité à inaugurer avec lui la Maison de l’Europe.

Les hymnes ukrainiens et européens ont retenti sur le parvis de la mairie qui accueille désormais cette maison en son sein. Les discours prononcés par Vitali Klitschko, le député européen Guy Verhofstadt, et Alain Madelin, l’ancien ministre à l’initiative de ce déplacement ont affirmé la nécessité d’accueillir l’Ukraine au sein de l’Union Européenne sans attendre.

J’ai choisi de partager la vidéo pour rendre hommage au courage et au sens du sacrifice des Ukrainiens qui luttent pour défendre leur liberté et la démocratie. Ils savent qu’au-delà de leur pays, ils défendent également l’Europe.

Ils suscitent l’admiration de tous. Slava Ukraini ! Gloire à l’Ukraine !

Une exposition a été inaugurée sur la civilisation de Trypilia entre 5800 et 5000 avant JC qui permet de découvrir que l’Europe a pris sa source en Ukraine.Située entre les Carpates et le Dniepr, ces ancêtres ont commencé à cultiver les céréales et à fondre les métaux. Vidéo et images

Solidarité – World Central Kitchen

Après avoir visité les souterrains où se sont réfugiés les habitants pendant les premières semaines qui ont suivi le début de l’invasion russe, nous avons découvert une école qui poursuit son activité en permettant aux enseignants de dispenser des cours par internet aux enfants des zones du pays où ils n’ont plus d’écoles.

Lors du déjeuner, le député Luis Garicano nous a présenté José Andrés qui est un des animateurs de l’aide humanitaire de Kiev.

Le Chef José Andrés, fondateur de World Central Kitchen en 2010 après un tremblement de terre qui a dévasté Haiti, nous a présenté l’action de son association en Ukraine.
Son slogan : « Partout où il y a une lutte pour que les gens affamés puissent manger, nous serons là – nous devons être là. »

L’organisation sert près de 300 000 repas par jour en Ukraine.

Je ne montre pas la photo de l’extraordinaire dispositif de restaurant partenaire de l’organisation. 5 jours plus tôt, un missile des forces russes avait endommagé un de leur restaurant à Kharkiv. De retour à Lviv, nous avons vu un des nombreux centres de distribution de nourriture gratuite de l’organisation qui alimente les réfugiés. +d’images

Boutcha

Inauguration du parc de la Liberté

Anatoliy Fedoruk, le maire de Boutcha nous a accueilli pour nous faire visiter les quartiers dévastés. La ville, située à 50 kilomètres au nord-ouest de Kyiv, a été libérée par les Ukrainiens le 31 mars, soit tout juste 3 semaines avant notre passage.

Environ 90% des civils tués dans la ville ukrainienne de Boutcha présentaient des blessures par arme à feu.

Anatoliy Fedoruk a décrit les crimes perpétrés par les Russes à Boutcha. Cela nous permet de comprendre pourquoi les Ukrainiens ont déshumanisé leurs agresseurs, en les qualifiant d’orques, ces humanoïdes à l’aspect repoussant et aux mœurs barbares, issus de la littérature de Tolkien. Les soldats russes se sont comportés avec une cruauté et une barbarie qui dépassent l’entendement.

Avec des enfants de la ville, nous avons inauguré le Parc de la Liberté en plantant, douze « arbres de la Liberté ». Nous sommes convaincus que l’espérance, le bien, nos valeurs l’emporteront.

La ville comptait 1500 habitants début avril contre 18 000 avant la guerre. Les réfugiés reviennent peu à peu.

En observant ces jeunes, leur image me renvoyait à celle des enfants du Londres en 1940.
Comme eux naguère, ces enfants connaissent désormais les abris, la terreur des bombardements. Cette guerre nous renvoie à une époque que nous pensions à jamais révolue pour l’Europe. Vidéo et images

Borodianka

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines… »

La ville de Borodianka, située à 70 kilomètres au nord-ouest de Kyiv, est dévastée.
Après un mois de bombardements inlassables par les Russes, près de 40 % des bâtiments sont touchés.

Le massacre de Borodianka a été découvert une semaine après celui de Boutcha. Le 7 avril 2022, le Président Zelensky annonçait que 26 corps avaient été retrouvés dans les décombres de deux bâtiments détruits.

Le maire de la commune estimait le nombre de victimes à 200. Le 20 avril 2022, veille de notre passage, à Borodianka, les corps de neuf civils avaient été retrouvés. Certains présentant des « signes de torture ».

Dans ce décor de ruines et de désolations, seuls subsistent les croassements des corbeaux.
J’ai alors compris le sens profond de la première phrase du chant des partisans :
« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines… ». Vidéo et images

Irpin

Le dernier verrou a tenu !

Les stigmates la ville d’Irpin témoignent de la violence des combats qui se sont tenus aux portes de la capitale, à 20 kilomètres du centre de Kyiv.

Le 27 février, après avoir fait leur percée dans la ville voisine à Boutcha, les forces russes ont entamé la bataille pour le contrôle de la ville d’Irpin. Irpin est alors considérée comme le « dernier verrou » à l’ouest avant que débute la bataille de Kyiv, objectif principal des russes.
Les forces armées russes ont assiégé et affamé la ville, en privant les habitants, d’eau, de chauffage et de ravitaillement en nourriture.

Ils bombardèrent intensivement les infrastructures civiles et empêchèrent la population de quitter la ville. En bombardant le seul point de passage pour s’échapper vers Kyiv à travers la rivière, l’armée russe a tué 8 personnes, dont deux enfants.

C’est à cet endroit que le journaliste américain Brent Renaud a été tué le 13 mars.

200 à 300 civils auraient été tués pendant l’occupation russe, par des bombardements ou par des snipers, selon le maire de la ville.

La ville a été libérée le 28 mars 2022.

Les Russes ont été contraints de battre en retraite et se sont repliés derrière leurs frontières. Les Ukrainiens ont démontré que les Russes peuvent être vaincus. Le dernier verrou a tenu ! Vidéo et images

KYIV

Présidence

De retour à Kyiv après avoir constaté l’immense désastre causé par l’invasion russe, nous retrouvons la capitale aux artères désertées.

Les parlementaires de notre délégation ont été admis au siège de la Présidence, pour une réunion avec Igor Zhovkva, chef adjoint du cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Igor Zhovkva est convaincu que l’Ukraine va gagner cette guerre et repousser les forces russes comme cela a été fait à Kyiv. Poutine a sous-estimé la force de caractère des Ukrainiens qui sont déterminés à défendre leur liberté et la démocratie.

En réponse à ma question sur ce que le Président Zelensky attendait de la France, Igor Zhovkva m’a listé trois attentes :
La première : « Des armes, des armes, encore et toujours des armes ».
Une liste détaillée des besoins a été transmise à notre ambassadeur et le ministère de la défense en a copie.
L’urgence est absolue pour assurer la défense de leur territoire et de leur population.
La seconde : Des sanctions efficaces.
Cela passe par l’arrêt de l’achat du pétrole et du gaz à la Russie et le blocage de toutes les banques.
Le Président de la République doit convaincre le chancelier allemand de suivre l’opinion publique de son pays, très majoritairement en faveur des sanctions et de l’envoi d’armes.
La troisième : La mise en route de la procédure d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.

L’Ukraine a absolument besoin que leur candidature commence à être examinée lors du conseil en juin sous présidence française.

Durant l’entretien, les sirènes ont retenti pour cause d’alerte aérienne, sans que cela n’abrège la discussion.

À l’issue de l’entretien, nous avons retrouvé le reste de la délégation dans une cave, du fait de la détection d’une menace aérienne, pour déguster une part de pizza avec des députés de la Rada (Assemblée Nationale). Un moment de fraternité inoubliable avec de se séparer et de retrouver le train de nuit pour repartir vers Lviv.

Je n’oublierai jamais ces combattants de la liberté.  +d’images

Novoyavorivsk

Aide humanitaire

Ultime étape de notre déplacement en Ukraine avec le passage du poste frontalier de Shehyni à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne. Nous avons eu une présentation de la procédure de traitement de l’aide humanitaire provenant de l’UE.

Les douanes de Lviv dont dépend le poste frontière a dédouané 108 357 tonnes d’aides entre le 24 février, date du début de l’invasion, et le 20 avril. 60% de l’aide humanitaire destinée à l’Ukraine transite par les postes de douane de Lviv.

Leur principal objectif a été de simplifier les procédures de dédouanement. Mission accomplie le 6 avril dernier grâce à un nouveau formulaire très rapide à remplir.
L’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine est l’une des plus graves violations de l’ordre de sécurité européen depuis des décennies.

Alors que la Russie bafoue le droit international et en particulier la Charte des Nations unies, il est réconfortant de voir les pays démocratiques se mobiliser pour soutenir l’Ukraine. +d’images

Aide publique au développement : mon amendement adopté en faveur de l’utilisation prioritaire de la langue française par l’AFD (vidéo 11m)

Je remercie vivement mes collègues Philippe Folliot, Michel Canevet, Gérard Longuet et Jacques Le Nay pour avoir défendu, en mon absence, mon amendement sur le projet de loi « Développement solidaire et lutte contre les inégalités mondiales », ce 18 mai dans l’hémicycle.

Cet amendement visait à contraindre l’utilisation de la langue française comme langue de travail au sein de l’Agence française de développement (AFD). Je souhaitais obliger toutes les entreprises qui soumettaient des offres à l’AFD à le faire en français.

Comme j’ai pu l’observer lors de mes déplacements, cette démarche est utilisée par nombre de pays, ainsi le Japon rend obligatoire l’utilisation de la langue japonaise pour contractualiser et obtenir l’aide publique au développement de sa part.

Le ministre Jean-Baptiste Lemoyne a témoigné de difficultés rencontrées sur le déchiffrage de remise d’offres en Arménie.

Le débat en hémicycle a porté sur le caractère obligatoire et exclusif de l’emploi de la langue française dans les relations contractuelles entre les bénéficiaires de l’aide publique au développement et l’AFD.

À la demande de la commission et avec l’avis favorable du gouvernement, un compromis a été trouvé par une rectification de l’amendement de manière à « privilégier » l’emploi de la langue française. Dès lors, l’amendement a été adopté.

Je salue la direction prise par cet amendement pour un renforcement de l’utilisation de la langue française à travers le monde, mais je regrette l’option choisie qui ouvre la porte au statu quo.

Sans la défense de mon amendement par mes collègues, je remarque qu’il aurait été simplement évacué.

Ne pas pouvoir imposer l’utilisation de la langue française pour les offres qui réclament l’aide publique au développement de la France, démontre que nous sommes désormais vraiment très loin de l’époque où Louis XIV avait imposé la langue française pour qu’un traité international soit valable.