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Lire : l’INFOLETTRE n°137 – 13 juillet 2020Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’InfoLettre n°137

L’efficacité pour boussole

La satisfaction fait désormais place à la consternation et à la frustration : l’aide sociale de 50M€ annoncée dans le plan d’urgence du gouvernement, le 30 avril dernier, n’est quasiment pas distribuée.

Les chiffres communiqués par Jean-Baptiste Lemoyne, le 30 juin au Sénat, en attestent : seulement 2700 compatriotes (sur 3,5 millions d’expatriés) ont bénéficié de l’aide sociale d’urgence pour un montant cumulé de 390.000€, soit moins de 1% de l’enveloppe !

Comment le volontarisme du gouvernement a-t-il pu se dissiper de la sorte ?

En définissant seule des critères d’attribution trop restrictifs dans le cadre d’une circulaire, l’Administration a involontairement torpillé le dispositif d’aide d’urgence prévue par le politique.

Or, s’il revient à l’administration de concrétiser la distribution des aides, elle ne doit pas s’affranchir d’une consultation collective prévue par les textes.

La consultation collective, d’abord. J’ai partagé dans l’hémicycle le courrier de Frédéric Petit, député des Français de l’étranger, qui s’est élevé contre le fait que les agents de l’administration consulaire attribuent cette aide sur leur seule évaluation et qu’ils oublient que les conseils consulaires ont vocation à être consultés sur toutes les questions relatives à la protection sociale (lettre à JY Le Drian du 17 juin).

Aussi, le 30 juin, alors que le Sénat s’apprêtait à voter à l’unanimité la création d’un fonds d’urgence pour les Français de l’étranger victimes de situations exceptionnelles et imprévues… j’ai proposé deux amendements qui ont été adoptés. L’un visait à consulter les conseillers des Français de l’Étranger avant chaque décision d’attribution.

L’autre visait à consulter l’Assemblée des Français de l’étranger avant le décret d’application pour que les élus aient leur mot à dire sur les critères d’attribution de l’aide, ce qui nous amène au second point.

En matière de distribution de fonds public, tout est dans l’exécution.

D’où la lettre ouverte adressée par 31 conseillers des FE des pays d’Amérique latine à notre ministre des Affaires étrangères, en date du 8 juillet. Ceux-ci demandent instamment la flexibilisation des critères d’attribution de l’aide sociale d’urgence et la possibilité de l’attribuer plusieurs fois, si la situation l’exige.

Où en sommes-nous aujourd’hui, tandis que la situation presse ?Visuel HL125

D’où la lettre ouverte adressée par 31 conseillers des FE des pays d’Amérique latine à notre ministre des Affaires étrangères, en date du 8 juillet. Ceux-ci demandent instamment la flexibilisation des critères d’attribution de l’aide sociale d’urgence et la possibilité de l’attribuer plusieurs fois, si la situation l’exige.

Où en sommes-nous aujourd’hui, tandis que la situation presse ?

A la faveur de son audition au Sénat, le 8 juillet, j’ai alerté Jean-Yves Le Drian sur la déception observée en matière d’attribution d’aide sociale, relayant ainsi le courrier de mon collègue Robert del Picchia. Notre ministre a accepté le principe d’une réunion entre son cabinet et les parlementaires des Français de l’étranger, afin de revoir collectivement le dispositif pour atteindre son objectif.

C’est pourquoi les paroles de Jean Castex, tenues le 6 juillet dans les jardins de Matignon, m’ont revigoré. Plein d’entrain, le nouveau Premier ministre a dit qu’il fallait renouer avec les corps intermédiaires et veiller à ce que l’administration ne se substitue pas aux représentants politiques ! Dont acte.

Je me réjouis également que le Premier ministre rende à la France un ministre de plein exercice en charge du commerce extérieur, en la personne de Franck Riester. Jean Castex déclare avoir « l’efficacité pour boussole ». Souhaitons qu’elle permette à nos entreprises de trouver leur chemin à l’international. Découvrir l’InfoLettre n°137

Enseignement : Patrick Ténèze, spécialiste du recrutement qualitatif de nos professeurs à l’international

« J’ai envie d’ailleurs ! Ça ne peut pas s’expliquer, c’est comme ça », avouait un soir Marius à Fanny, juste avant prendre le large. Peut-être dirait-il aujourd’hui, plus prosaïquement : j’ai envie d’une première expérience à l’étranger, mais cela revient bien à mettre les voiles…

Pour ceux qui rêvent d’enseigner hors de France, il existe un site gratuit (profsdumonde.fr) qui met en contact les candidats et les établissements installés sur cinq continents.

Son concepteur, Patrick Ténèze, que j’ai eu le plaisir de revoir le 25 juin dernier, m’a confié cette tendance qui s’amorçait chez les jeunes professeurs diplômés (master) : préférer un premier poste à l’étranger, quitte à ne pas passer le concours de l’Éducation nationale qui vous astreint généralement à de longues années d’enseignement en banlieue parisienne, avant de pouvoir s’expatrier.

Il y a toutes les chances que ces débutants se retrouvent dans une école « partenaire » de notre réseau d’enseignement français, soit l’essentiel des clients de TZ Conseil, fondé par Patrick Ténèze, pour les aider au recrutement des personnels. En effet, ces établissements autour d’un millier d’élèves sont généralement sans structure RH.

« On vous donne du temps et du recul », leur promet Patrick. Il faut dire qu’il peut y avoir 200 ou 300 CV pour un poste ! Le conseil c’est aussi de s’orienter vers la bonne technologie, comme l’entretien vidéo différé pour faire une pré-sélection.

J’ai pu apprécier le grand professionnalisme de Patrick dans le domaine de la communication lorsque j’étais membre du conseil d’administration de l’AEFE.

Ayant quitté l’AEFE en 2015, son cabinet conseil, né en 2017 en Corrèze, relève de l’initiative privée et indépendante. Il fédère autour de lui une vingtaine de jeunes retraités motivés par le « goût de la transmission », souligne-t-il, afin d’offrir une palette de prestations (accompagnement, audit, communication…), propres à favoriser le développement de notre réseau d’écoles françaises à l’étranger.

Il faut se réjouir qu’une société française constitue une offre alternative à celle des cabinets anglo-saxons qui opèrent sur les réseaux d’écoles internationales.

Enfin, je trouve encourageant que d’anciens fonctionnaires s’orientent vers la création d’entreprises, car l’initiative privée a toujours fait preuve de son efficacité dans le domaine éducatif à l’international.