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En circonscription au Mali – Bamako (28 au 29 janv. 2021)

 Pour mon premier déplacement à Bamako, j’ai été accueilli à la résidence par Joël Meyer, notre ambassadeur de France au Mali, et bénéficié de son éclairage sur la situation dès mon arrivée.

Dans le prolongement du déplacement au Burkina Faso, les objectifs étaient de préparer le débat du 9 février au Sénat sur l’opération Barkhane, il était opportun de prendre l’avis des Maliens et d’écouter les observations de nos diplomates en poste, de nos militaires engagés sur le terrain, mais également de nos compatriotes et, en particulier, ceux qui sont impliqués dans le monde économique.

Par ailleurs, il m’apparaissait important de faire un point sur les conditions de sécurité et sur les progrès de l’action de l’Aide française au développement (AFD).

J’ai été ravi de rencontrer les conseillers des Français de l’étranger Michel Darwiche (à l’image), Guy Sukho et Élisabeth Kanoute, qui m’ont exprimé les attentes de notre communauté.

Je remercie Michel Darwiche d’avoir contribué à mes rencontres avec notre communauté d’affaires, tout en m’accompagnant à certains rendez-vous.

Politique

Ministère de la Défense

Heureux d’avoir été reçu par le général Souleymane Doucouré, secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants (Segal), en compagnie de Didier Maze, Premier conseiller à l’ambassade et du colonel Olivier de Charnacé, attaché de Défense.

Le Segal nous a fait part des premières impressions positives du ministre de la Défense au lendemain de sa rencontre, à Paris, avec notre ministre des armées Florence Parly. L’occasion aussi de confirmer tout le bien-fondé de l’opération Barkhane face aux réalités du terrain.

Notre échange a été suivi d’une réunion à l’ambassade de France avec le colonel Olivier de Charnacé, attaché de Défense, le général Alain Vidal, représentant Barkhane et le commissaire divisionnaire Philippe Duporge, attaché de Sécurité intérieure.

Nous avons fait le point sur l’évolution d’une situation sécuritaire plus complexe qu’en 2012.

Mes interlocuteurs m’ont fait part de confiance montante des soldats maliens et des efforts considérables accomplis pour permettre à leur armée de gagner en puissance et en efficacité.

J’ai été convaincu que l’armée malienne était sur la bonne voie et que la France doit poursuivre son accompagnement militaire. Les forces armées sont le gage du retour de l’État et de l’ordre sur tout le territoire. +d’images

Entrepreneuriat

Choose Africa Resilience (AFD)

Réunion organisée par François Tirot, directeur de l’AFD Mali, en présence de Fatoumata Sissoko-Sy, directrice régionale Proparco, ainsi que de l’équipe économique de l’ambassade et de plusieurs CCE (Total, Bolloré, Somafrec…).

En janvier 2021, le portefeuille de l’AFD Mali dénombre près de 40 opérations en cours de réalisation pour un volume d’engagements de 663M€. Ces projets portent sur l’eau et l’assainissement, l’énergie, le développement rural, l’éducation et la formation professionnelle, la santé, la gouvernance.

L’AFD est le chef de file de l’Alliance Sahel pour le territoire de Menaka, l’Union européenne pour le centre du pays et la Banque mondiale pour le sud.

Le Mali fait partie des 10 pays prioritaires du programme Choose Africa Résilience

Concernant la mise en œuvre de ce dispositif, voté par le Parlement en juillet 2020 afin de venir en soutien aux TPE/PME en Afrique, j’ai constaté que la présentation du programme aux banques était prête. Une présentation spécifique devant les CCEF marquera prochainement le lancement de l’opération.

Pour que le programme « Choose Africa Resilience » voulu par le gouvernement atteigne son objectif, il faut que tous les acteurs de terrain au Mali s’emparent collectivement de cette initiative aux côtés de l’AFD/Proparco.

Avec leur faculté de toujours trouver des solutions par eux-mêmes, je les crois capables d’aider l’AFD/Proparco à trouver la clé pour faire réussir le programme.

Entrepreneurs français

Plusieurs rencontres avec des entrepreneurs installés au Mali m’ont permis d’appréhender les réalités quotidiennes des milieux d’affaires locaux.

Une réunion a été organisée par Michel Darwiche, conseiller des Français de l’étranger, avec des entrepreneurs spécialisés dans le textile, la formation, les infrastructures.

Une autre réunion a été organisée par Valéry Alves (conseiller économique) avec le Premier conseiller Didier Maze, le DG de Ciments et Matériaux du Mali du groupe Vicat (Elhadji Seck), la vice-présidente des conseillers du Commerce extérieur de la France (Anne Mounicot), le DG de Bramali du groupe Castel (Benjamin Bronne), le DG d’Eléphant Vert (Oumou Sidibé Vanhoorebeke) et le SG du REAO, Réseau de l’Entreprise en Afrique de l’Ouest (Awa Diarra).

Nous avons évoqué entre autres les problèmes d’infrastructures, d’insécurité, de trafics et de gouvernance.

J’ai eu un entretien éclairant avec Valérie Beilvert (à l’image), DG de RMO Job Center Mali et CCEF qui envisage de monter un important centre de formation pour le secteur privé.

Comme me l’a confié Valérie Beilvert, La France se focalise trop sur les grands groupes. On s’intéresse beaucoup moins aux PME qui façonnent le tissu français à l’international. Je partage ce point de vue et mes conversations avec les entrepreneurs locaux le confortent.

Tous mes interlocuteurs m’ont fait passer ce message : ici, il faut savoir trouver des solutions par soi-même. +d’images


Formation

Au Mali, il y a un grand défi à relever en matière d’éducation. Cette préoccupation m’est remontée avec un caractère d’urgence. Un des entrepreneurs rencontrés m’a décrit le système de formation malien comme catastrophique, expliquant qu’il peine à recruter. Développer le système de formation permettrait aux Maliens de trouver plus facilement un emploi sur place.

Ainsi, Nicolas Diallo de SMS Consulting a créé une école supérieure de commerce.

Après avoir travaillé vingt ans dans le coton et assuré le poste de DG adjoint de la Compagnie malienne du Textile, Bernard Jacquin a, pour sa part, créé une école de commerce en 2009. Il a voulu faire de cette école un laboratoire. L’établissement fait ses preuves depuis plus de dix ans.

Benjamin Bronne m’a indiqué que le groupe Castel faisait un gros travail en matière d’éducation.

La filière coton

Premier producteur d’Afrique, le pays récolte un coton de très bonne qualité. Cela emploie 4 millions de personnes, soit 20% de la main d’oeuvre du pays. Le Mali n’en transforme, en fil ou en vêtements, qu’une infime partie.

Elie Grand est l’un des rares industriels à produire du textile au Mali. Pour lutter contre les produits à bas coût, il produit des pagnes sur-mesure avec des illustrations originales selon le goût du client.

Éléphant Vert a pour objectif de lancer une filière bio dans le coton. Édouard Philippe est venu au Mali soutenir cette initiative. La gamme de leurs services permet d’accompagner l’agriculteur dans l’analyse agronomique des cultures, l’analyse de l’eau et de la microbiologie du sol, le contrôle des résidus chimiques sur les récoltes, ainsi que l’analyse de l’environnement pour améliorer la pérennité et la qualité des cultures.

Eurolait Mali

Visite de l’unité industrielle Eurolait Mali, en compagnie de Michel Darwiche, conseiller des Français de l’étranger pour le Mali, Fatoumata Sissoko-Sy, directrice régionale Proparco et François Tirot, directeur AFD Mali.

Implantée sur le site de la zone industrielle de Sobuba, la société est spécialisée dans la fabrication et la distribution des produits laitiers et de jus aromatisés sous les marques Yoplait Candia & Salsa.

Accueillis par François Giraud, directeur du site, nous avons évoqué les difficultés d’approvisionnement de la poudre de lait qui arrive de France ou de Pologne. Il est moins cher et il faut trois fois moins de temps pour amener un conteneur de France à Dakar que de Dakar à Bamako, distant d’un millier de kilomètres.

Le manque de fiabilité dans les temps d’approvisionnement implique l’augmentation des stocks tampons pour garantir le flux de production, ce qui pèse sur la rentabilité.

La société doit travailler avec de la poudre de lait importée, car la qualité du lait local ne permet pas d’assurer un produit propre à la consommation sur une production en volume. L’emballage est en polyéthylène biodégradable, puisse que le produit est consommé dans la journée.

Dans un pays où seuls 12% de la population est bancarisée, il faut mettre un circuit de distribution qui s’accommode d’une économie qui repose sur l’informel. Ainsi, les produits sont approvisionnés chez le grossiste qui les vend dans la journée et paye le lendemain en se réapprovisionnant.

Une bien belle réussite. +d’images

Groupe français Vicat/CMM

Visite de la cimenterie du groupe français Vicat/CMM (Ciments et Matériaux du Mali), la plus importante du Mali, située à Kati, 30 kms au nord de Bamako, en compagnie de Elhadji Seck, DG CMM, Didier Maze, Premier conseiller, Valery Alves, conseiller économique, Fatoumata Sissoko-Sy, directrice régionale Proparco et François Tirot, directeur AFD Mali.

« Il a préféré la gloire d’être utile à l’avantage si recherché d’être riche… Ce n’est pas la France seulement, mais le monde entier qui doit être reconnaissant envers monsieur Vicat », écrivait le Baron Thénard dans son rapport à la chambre des Pairs en juillet 1845.

En 1817, Louis Vicat invente le ciment artificiel. Depuis 160 ans, ce sont sept générations qui ont perpétué la tradition au sein du groupe familial, aujourd’hui implanté dans 12 pays.

L’usine de Diago a célébré son premier exercice de production en décembre 2020. Elle peut produire jusqu’à 100 tonnes de ciment par heure.

L’investissement de 30 millions d’euros génère 150 emplois directs et 1500 indirects.

Le ciment est composé à 65% de clinker, provenant du Sénégal, 30% de calcaire collecté au Mali et 5% de gypse importé de Mauritanie. Le transport du clinker pour alimenter l’usine constitue un véritable enjeu. Il s’effectue fait par camion. Un transfert qui peut prendre de 3 à 20 jours… Le directeur général de CMM appelle de ses vœux la mise en service d’une ligne de chemin de fer entre Dakar et Bamako.

Il porte témoignage d’une entreprise française au service des acteurs du développement, auquel je souscris. +d’images

Communauté française

Réunion 3S (Santé, Sécurité, Scolarité)

Afin de me permettre de découvrir les attentes de la communauté française au Mali, Marc Egret, consul général, a organisé un déjeuner en sa Résidence, avec les conseillers des Français de l’étranger Michel Darwiche, Guy Sukho et Élisabeth Kanoute, ainsi que les représentants des associations : Sandrine Verreckt (Bamako Accueil) ; Anna Fatoumata Maiga (ADFE – Français du Monde) ; Sébastien Philippe (Souvenir français) ; Aboubakarine Maiga (Asso française d’Entraide) ; Olivier Gourbe (Centre Médico-social).

La communauté française compte 7582 inscrits au Registre des Français (à 78 % binationaux).

La baisse est de 10% par rapport à 2019, en raison de la conjonction des crises sécuritaires, sanitaires et économiques.

7274 Français vivent à Bamako, 217 à Kayes (frontière avec le Sénégal), moins de 100 dans le reste du pays. 56% des inscrits sont mineurs. 21% ont entre 18 et 40 ans et 22% ont plus de 41 ans. A noter enfin que 3822 électeurs sont inscrits sur la LEC.

Les participants m’ont rapporté la vision d’une capitale qui s’est peu à peu barricadée, à l’image de l’Institut français, pour appréhender la menace terroriste toujours plus prégnante. Le lycée français Liberté leur donne l’impression d’être un camp retranché. La zone rouge invite au confinement et la Covid n’a rien arrangé.

Tous me disent que si les Français se retiraient de Gao (au nord du Mali), alors les Maliens partiraient.

Ils sont convaincus que la stabilité de l’Europe dépend de la stabilité du Mali et que le Sahel constitue une digue contre une vague migratoire.

7911 cas positifs ont été diagnostiqués depuis le début de la crise sanitaire au mois de mars pour 320 décès au 22/01/2021.

Les structures sanitaires intègrent convenablement les malades malgré le manque de moyens. 8 millions de doses de vaccin sont attendues d’ici fin mars, afin de pouvoir vacciner 4 millions de personnes.

J’ai salué l’action positive de nos élus et la résilience de nos compatriotes qui s’adaptent et continuent à croire dans le futur du Mali. +d’images

Enseignement

Lycée français Liberté

Visite de l’Établissement Liberté, en compagnie de Michel Darwiche, conseiller des Français de l’étranger au Mali et Alain Maseto, conseiller culturel.

Cette école est conventionnée avec l’AEFE et accueille 1296 élèves du cours préparatoire à la terminale.

Le réseau d’écoles françaises au Mali compte également trois écoles partenaires : groupe scolaire Les Angelots (693 élèves de la maternelle à la 3ème) ; l’école Les Écrivains (481 élèves de la maternelle à la 3ème) et l’école Les Lutins (438 élèves de la maternelle au CM2).

L’accès à l’Établissement Liberté est le plus sécurisé parmi tous ceux que j’ai pu observer. Le parking pour les véhicules constitue un sas d’entrée à part entière, suivi d’autres sas qui interdisent l’entrée à tout intrus.

Deux rencontres ont été organisées avec l’équipe de direction et les parents d’élèves élus au comité de gestion, ce qui m’a permis d’appréhender les besoins de cet établissement.

Avec Maryline Albano, proviseure et Béatrice Jourdain, DAF, nous avons abordé la préoccupation récurrente du maintien des postes d’enseignants résidents. De leur point de vue, réduire leur nombre, année après année, semble être de nature à réduire l’attractivité des établissements pour les parents.

Avec Fatoumata Dikou, VP, et Moktar Diallo, nous avons évoqué le travail des parents élus au bureau. Le bureau est constitué de 12 parents d’élèves, renouvelés chaque année par moitié, pour un mandat de deux ans. Ce travail bénévole leur apparaît si dense qu’il devient vite épuisant, ce qui justifie le turnover à chaque élection.

Les parents louent la relation harmonieuse et de confiance créée par la nouvelle proviseure.

Ils m’ont confirmé que leur priorité était d’attirer des enseignants et qu’il fallait trouver de nouvelles incitations pour y parvenir. Il va sans dire que la qualité des enseignants fait la réputation des établissements. Ne pas y répondre laisserait le champ libre aux écoles internationales, dont les ouvertures se multiplient en provoquant une concurrence frontale.

J’ai salué l’investissement en vue de disposer d’un bâtiment flambant neuf, une belle concrétisation qui démontre que les parents ont foi en l’avenir de leur établissement. +d’images

Santé

Centre médico-social

Didier Maze, Premier conseiller à l’ambassade, que j’avais précédemment rencontré en Espagne en qualité de consul général à Séville, m’a proposé de commencer mon séjour au Mali par une visite du CMS (Centre médical et social).

Dirigé par le médecin-chef Olivier Gourbe depuis septembre 2019, le CMS est géré depuis janvier 2017 par l’ONG Santé Diabète, dirigée par Stéphane Besançon.

Sa vocation est d’assurer :
– Les consultations de médecine générale et les soins courants de santé, dont certaines vaccinations ;
– Les visites médicales prescrites par la règlementation ;
– La prise en charge médicale des urgences.

Au total, une soixantaine de Français atteints de la Covid-19 ont été suivis par le CMS, dont le décès de deux personnes de 63 et 85 ans et une dizaine de rapatriements sur la France par avion sanitaire.

Le Centre de Crise a fait parvenir au centre médico-social un générateur d’oxygène, des équipements de protection individuelle et des médicaments de base, en cas de crise d’approvisionnement des pharmacies locales.

Les tests d’orientation diagnostic (PCR) et antigéniques sont désormais disponibles au CMS. J’ai pu le vérifier et en bénéficier.

Pour l’année 2020, Santé Diabète a obtenu une subvention de 10000€. Grâce à l’intervention de l’Ambassade, une subvention complémentaire de 14000€ a été versée, afin de permettre au CMS de faire face à la crise sanitaire. +d’images

INFOLETTRE n°142 – Édito : « Vers un Chèque Éducation Flam » – BUDGET ACTION EXTÉRIEURE DE L’ÉTAT > Français de l’étranger (Prog. 151) / Enseignement français à l’étranger (Prog. 185) / Sécurité (AmSud/Djeddah Prog. 105) / Conclusions de JY Le Drian // FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER > Enseignement > Le Sénat adopte un « Chèque Éducation FLAM » / Gestion du Budget FLAM / Le réseau AEFE progresse… à son rythme / Public Sénat : Enseignement français à l’étranger – Activités consulaires > Comparutions à distance confortées pour les actes notariés / Radiation des adhérents CFE bloqués en France – Elections > Période de réserve : JB Lemoyne rassure les élus / Vote électronique : avis de l’ANSSI – Entreprises > Choose Africa Résilience : Proparco dévoile la liste des 10 premiers pays bénéficiaires / TR1 (entrepreneurs) & TR2 (institutionnels) : comment aider les EFE ? – AFFAIRES ÉTRANGÈRES > Venezuela : réunion avec les ambassadeurs du Groupe de Lima – CYBERSECURITÉ > Cybermenaces (Prog. 129) / ZDNet : commercialisation des offres 5G en France – HOMMAGE > Disparition de Denis François, consul général à Tanger / Assassinat d’un restaurateur français au Mexique.

Lire : l’INFOLETTRE n°142 – 02 décembre 2020Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’InfoLettre n°142

Vers un Chèque Éducation FLAM

Pour la première fois depuis vingt ans, les effectifs du ministère des Affaires étrangères ne diminueront pas en 2021 !

Longtemps, la politique immobilière du Quai d’Orsay nous a inquiété. Pour financer l’entretien de notre patrimoine, l’État cédait des propriétés parfois emblématiques. Jean-Yves Le Drian a d’abord mis un terme à cette spirale. Il augmente les crédits de l’immobilier de 33 % l’an prochain.

Lors de la discussion générale, j’ai salué non seulement l’impulsion positive donnée par le ministre aux crédits de la mission « Action extérieure de l’État », mais également la réactivité et l’ampleur de ses mesures d’accompagnement en faveur des Français de l’étranger, mis en difficulté par la pandémie durant cette année.

Comme chaque année, j’ai présenté un amendement pour consolider le programme FLAM (Français langue maternelle).

Ce programme est destiné à soutenir et encadrer un réseau d’associations, souvent créées par des parents d’élèves, qui proposent l’apprentissage du français, en mode ludique et dans un contexte extrascolaire, d’où le surnom de « Petites écoles du samedi ».

Quatre enfants français sur cinq résidant à l’étranger sont scolarisés en dehors du réseau d’enseignement français à l’étranger. A l’arrivée, bon nombre de Français nés à l’étranger ne parlent pas… français. C’est le cas pour la moitié d’entre-eux aux États-Unis, en Australie ou au Sénégal, pour les deux-tiers dans toute l’Amérique latine, voire 80% en Israël.

Aussi, depuis mon arrivée au Sénat, je plaide pour que notre pays se fixe pour objectif que tous les Français sachent parler français. Pour y parvenir, je défends l’idée d’un « chèque éducation » destiné à financer l’apprentissage du français à 100% de nos jeunes compatriotes vivant à l’étranger, en nous appuyant sur les Instituts français, les Alliances françaises et les associations FLAM.

Depuis sa création, je participe à la réunion annuelle de Parapluie FLAM, la fédération qui regroupe une cinquantaine d’associations FLAM du Royaume-Uni, soit près du tiers du réseau mondial, qui accueillent plus de 4000 enfants chaque semaine.

Cette année, Joëlle Simpson, sa présidente m’a confié que deux ou trois familles par école, au moins, avaient retiré leurs enfants, faute de pouvoir payer la cotisation d’environ 100 euros par trimestre. Visuel HL125

Elle m’a inspiré l’idée d’un chèque éducation dédié au programme FLAM au bénéfice de parents qui rencontreraient des difficultés financières, du fait de la crise. Je l’ai proposé sous forme d’amendement lors du débat budgétaire, ce 27 novembre.

Après avoir rejeté tous les amendements présentés par les sénateurs sur le budget des Affaires étrangères, la commission Finances s’en est remis à la sagesse du gouvernement pour décider ce qu’il convenait de faire de ma proposition.

« Le programme FLAM est vraiment très important et il faut le soutenir », m’avait répondu plus tôt Jean-Yves Le Drian. Aussi décida-t-il de s’en remettre à la sagesse du Sénat pour créer le consensus. L’amendement a été adopté.

La création de ce chèque éducation FLAM est un petit geste en faveur des victimes de la crise… mais assurément un grand pas vers la prise en compte des familles françaises à l’étranger qui désirent résolument enseigner notre langue à leurs enfants.

Lorsqu’il entrera dans les faits, il le devra d’abord à l’empathie d’un ministre soucieux des Français de l’étranger. Découvrir l’InfoLettre n°142

Choose Africa Résilience : Proparco dévoile la liste des 10 premiers pays bénéficiaires de la garantie

Par une note du 27 novembre, Grégory Clemente (à l’image), m’a informé du déploiement de l’initiative Choose Africa Resilience par le groupe AFD, via Proparco, sa filiale dédiée au secteur privé, dont il est le directeur général.

Le dispositif a été voté en juillet dernier dans le cadre du PLFR3. La signature de la convention entre la DG Trésor et le Groupe AFD accordant la garantie de l’État à hauteur de 160M€ à l’AFD et à sa filiale Proparco devait être signée en octobre. C’est chose faite depuis le 18 novembre. 

Cette ressource additionnelle permettra le déploiement de la garantie Choose Africa Resilience, inspirée du PGE français, « dans les prochaines semaines grâce à notre réseau de partenaires », en vue de les commercialiser dès décembre promet M. Clemente.

Concrètement, nous parlons de 125M€ de prêts consentis par des banques locales à des TPE, PME africaines affectées par la crise, notamment des entreprises détenues par des Français, garantis à 80% par Proparco.

« A raison d’un montant moyen de prêt de 60.000€, 2000 entreprises pourraient ainsi être soutenues », évalue le directeur.

Critères d’attribution et pays

La note adressée par M. Clemente répond à diverses interrogations que j’avais formulées lors de précédentes auditions au Sénat de Rémi Rioux, DG de l’AFD et, il y a quelques jours devant la Délégation sénatoriale aux entreprises du Sénat (compte-rendu).

Trois critères sont annoncés : 1/ moins de 200 salariés, 2/ perte de plus de 20% du CA par rapport à l’an dernier 3/ situation économique saine avant la crise, démontrée par des ratios financiers au 31/12/2019

Les premiers pays ciblés par ce programme sont : la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal, Madagascar, le Burkina, le Bénin et le Togo, puis la Tunisie, le Mali et le Congo.

Trois autres produits en 2021

Au-delà de la garantie Choose Africa Resilience, le déploiement de trois autres produits bénéficiant de la garantie de l’État est également prévu, dans les prochains mois, annonce M. Clemente.

Dotés respectivement de 50, 30 et 40M€ de financements, ces produits viendront se cumuler aux 125M€ affectés à Choose Africa Resilience. Ainsi, 245M€ de financements devraient bénéficier à des entreprises africaines, y compris des entreprises détenues par des Français installés en Afrique.

Je remercie sincèrement Grégory Clemente d’avoir répondu à toutes mes questions.

Commerce extérieur – TR2 : comment aider les entreprises françaises à l’étranger ? (vidéo 2’38)

Ce 26 novembre, suite à la table ronde réunissant des entrepreneurs, la semaine dernière (compte-rendu), j’ai été à nouveau invité à m’exprimer par Serge Babary, président de la Délégation sénatoriales aux entreprises (DSAE), sur le sujet urgentissime du soutien aux entreprises françaises de l’étranger (EFE)

J’ai ainsi eu le plaisir d’échanger avec mes collègues Jacky Deromedi, Jean-Yves Leconte et Michel Canevet, autour de Grégory Clemente, directeur général de Proparco, filiale de l’AFD ; Gabriel Cumenge, sous-directeur Financement international des entreprises de la Direction générale du Trésor ; Olivier Andretic, directeur exécutif en charge des contenus et partenariats chez Business France ; Pedro Novo, directeur exécutif en charge de l’export de la Bpifrance.

En préambule, j’ai tenu à rappeler qu’il fallait se garder de diffuser de faux espoirs : vouloir revendiquer des aides directes aux entreprises de compatriotes basées à l’étranger relève de l’illusion.

Quand bien même nous voudrions concrétiser cette idée, il faudrait composer avec le droit de la concurrence local, dès lors que le champ des soutiens publics concernerait spécifiquement des entreprises françaises ou des Français de l’étranger, a justement rappelé Pedro Novo de BPI France. En effet, nous n’accepterions pas qu’un Etat étranger vienne aider directement des entreprises faussant ainsi la concurrence.

J’ai décliné mon propos en deux temps :

1 – Suivi des crédits votés aux EFE

En juillet dernier, dans le cadre du PLFR3, le Parlement avait doté le programme Choose Africa d’une enveloppe « Résilience » de 160M€ qui devait permettre à Proparco de contre-garantir à hauteur de 80% des prêts octroyés par des partenaires financiers à des PME-TPE situées en Afrique, notamment celles détenues par des Français.

Cinq mois plus tard, nous sommes toujours en mal de voir un début de mise en application…

Devant la commission du Commerce extérieur de l’AFE, puis devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, les responsables de l’AFD et de Proparco sont demeurés vagues. La convention de garantie entre l’État et le groupe AFD n’étant toujours pas signée.

Le DG de la Proparco nous a confié que les critères d’éligibilité des entreprises au produit  «Garantie Choose Africa Resilience» qui correspond à 125M€ de prêts garantis par des banques locales en faveur de TPE/PME, sont les suivants : 1) moins de 200 salariés 2) perte de plus de 20% du CA 3) ratios financiers sains.

Quant à savoir quels pays africains seront concernés (« une dizaine« ), quelles banques seront impliquées…

Concernant la date de mise en oeuvre de la réaction « d’urgence », il est à craindre que cela n’arrive qu’après l’arrivée du vaccin. Cela en dirait long sur la réactivité de notre système bureaucratique.

2 – Écosystème d’appui aux entreprises françaises

Je suis revenu sur ma proposition de confier à nos chambres de commerce à l’international (126 chambres présentes dans 95 pays) la cartographie des besoins des entreprises françaises qui sont en connexion avec notre commerce extérieur, notamment les distributeurs de produits français.

Encore faudrait-il que le réseau CCIFI soit en capacité d’assumer des missions de service public, puisqu’il ne dépend que des cotisations de ses membres… A titre de comparaison, les chambres de commerce allemandes sont financées à plus de 50% directement par les Landers.

J’ai été plutôt satisfait de la réponse du représentant de la DG Trésor qui a reconnu que « si on avait un réseau plus solide qui n’avait pas à se préoccuper de survivre lui-même, les chambres auraient aidé plus spontanément leurs adhérents et elles auraient probablement pu être un relais avec lequel travailler pour régler certaines situations ».

En conséquence, « nous sommes en train de travailler avec les réseaux CCI et CCIFI et les conseillers du commerce extérieur pour essayer de trouver une solution spécifique qui, assez légitimement, va passer par la mobilisation de dispositifs publics pour aider ces chambres de commerce à passer le cap de la crise, puisqu’on a un besoin crucial que ce réseau reste dynamique et passe la crise », a poursuivi Gabriel Cumenge.

Quant à savoir quand et comment… « on n’a pas encore complètement trouvé et finalisé la solution, mais il y a des pistes intéressantes, on est en train de travailler dessus », a-t-il conclu.

Souhaitons que ces propos elliptiques ne soient pas là juste pour nous inciter à être… infiniment patients.

PLF2021 – Audition AFD (1/2) – AFD et Entrepreneurs français à l’étranger – (vidéo 8’50)

La crise sanitaire a durement frappé nos entrepreneurs à l’étranger (EFE), comme en témoignent les nombreux webinaires que j’ai organisés à leur attention dans divers pays.

Il est impératif de leur offrir un accès au crédit, grâce à la garantie offerte par l’Agence française de développement (AFD) à travers le fonds Ariz. Aujourd’hui, 90% des fonds Ariz sont exclusivement alloués à l’Afrique…

J’ai eu l’opportunité de poser mes questions à Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement, lors de son audition budgétaire le 14 octobre devant notre commission des Affaires étrangères, présidée par Christian Cambon.

La semaine dernière, lors les travaux de l’AFE, Gregory Clemente, DG de Proparco (AFD), nous a dit qu’il faudrait que le Parlement augmente son budget 2021 en définissant des « pays objectifs supplémentaires ». Est-ce prévu dans le prochain budget ?

Quant au programme Choose Africa (dont nous attendons toujours la liste de pays bénéficiaires), la convention de garantie de 160 millions d’euros entre l’État et le groupe AFD est-elle enfin signée ?

Dans ce cadre, il appartiendra à Proparco de garantir à 80% des prêts octroyés par des Institutions financières partenaires à des PME africaines, notamment celles détenues par des Français. Quels seront les critères d’éligibilité ?

Les réponses tardent à venir et pourtant l’urgence est absolue : faute d’un soutien financier pour traverser l’épreuve, nombre de ces entrepreneurs risquent de disparaitre.  Ce sont les relais de notre commerce extérieur et de notre rayonnement international, à l’image de notre réseau de chambres de commerce à l’international (CCIFI).

CCIFI – Entrepreneurs : audition AFD – vidéo (1:40)

Audition de Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement (AFD) par notre commission des Affaires étrangères, présidée par Christian Cambon, le 20 mai 2020.

J’ai demandé à M. Rioux s’il avait des données chiffrées concernant les entreprises bénéficiaires du dispositif Ariz, soit des prêts octroyés par les institutions financières locales en partage de risques avec l’AFD. Il m’a répondu que le directeur général de Proparco se rapprocherait de moi à ce sujet.

Je n’ai pas eu de réponse sur ma proposition de s’appuyer sur le réseau de nos chambres de commerce à l’international pour tisser des partenariats avec les banques locales afin de s’assurer qu’une part des financements soit bien destinée aux entreprises françaises.

Le directeur a insisté sur la micro-économie pour que les liquidités se transforment en investissements et en emplois.