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Édito – La démocratie de proximité à l’échelle du monde

Lire : l’INFOLETTRE n°256 – Avril-Mai 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

La nuit du 31 mai fut longue, tant pour les candidats qui attendaient les résultats que pour celles et ceux qui ont assuré l’organisation du scrutin aux quatre coins du monde. Dans 130 circonscriptions, d’Ankara à Rabat, de Tokyo à Rio, nos compatriotes ont renouvelé leurs représentants.

J’adresse mes plus sincères félicitations à l’ensemble des conseillères et conseillers des Français de l’étranger élus, ainsi qu’aux déléguées et délégués consulaires. Je veux également saluer tous les candidats qui ont choisi de s’engager au service de l’intérêt général. Une campagne électorale exige du temps, de l’énergie et des convictions ; cet engagement mérite le respect.

Au-delà des résultats, ce scrutin rappelle que la démocratie des Français de l’étranger repose avant tout sur des élus de terrain, au contact quotidien de nos communautés. Cette élection ouvre également un nouveau cycle institutionnel. Les 27 et 28 juin prochains, les conseillers des Français de l’étranger éliront à leur tour les membres de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Le travail ne fait que commencer.

Le niveau de participation doit toutefois nous interpeller. Avec 234 463 votants sur près de 1,67 million d’inscrits, la participation s’établit à 13,98 %. Parmi les difficultés relevées, la question de l’utilisation des SMS dans le cadre du vote par internet a de nouveau posé problème à certains électeurs. Avant le scrutin, j’avais d’ailleurs interrogé au Sénat Mme Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, afin d’alerter sur les problèmes liés à ce dispositif. Les difficultés rencontrées montrent qu’une réflexion devra être poursuivie afin d’améliorer les modalités du vote par internet.

Le renforcement de la participation demeure l’un des grands défis de notre démocratie à l’étranger. Nul doute que la prochaine Assemblée des Français de l’étranger aura à cœur de travailler à son amélioration afin que davantage de nos compatriotes prennent part aux choix qui les concernent.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

A LA UNE
. Venezuela – María Corina Machado – Prix Nobel de la Paix
. Palais de l’Élysée – Mauritanie – Dîner d’état

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. QAG – Réformes attendues par les Français de l’étranger
. Échanges avec le Secrétaire général du MEAE sur quelques dossiers sensibles
. Accès bancaire aux Français de l’étranger : une priorité non résolue
. Aide publique au développement : L’AFD doit-elle aider les entreprises françaises… ou leurs concurrents chinois ?

ENSEIGNEMENT FRANÇAIS A L’ÉTRANGER
. ANEFE – AG UFE Monde
. ANEFE – France Éducation Internationale
. ANEFE – Réforme AEFE

EN CIRCONSCRIPTION
> ROYAUME-UNI – Londres (11-14 mars & 13 avril 2026)
> TUNISIE – Tunis (26-29 mars 2026)
> ALLEMAGNE – Hambourg (16-17 avril 2026)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Actualisation de la LPM – Audition de Catherine Vautrin
. Christophe Lecourtier nouveau DG de l’AFD

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Taïwan : rencontre avec la ministre Hsu Chia-Ching
. Médicaments falsifiés en Afrique : vers la souveraineté sanitaire
. Rwanda – Commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi
. IPAC : parlementaires de 30 pays s’expriment sur l’avenir de Taïwan
. L’élargissement européen face au défi de l’opinion
. Forum Investir en Afrique – Table ronde Baromètre du CIAN
. Liban : Pierre Anhoury au cœur de l’urgence sanitaire

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. “Lecornu débranche l’Anssi, accusée de ne pas avoir sécurisé des sites sensibles de l’État” (Le Canard enchâîné, 13/05/2026)
. Cybersécurité : sensibiliser face à une menace devenue systémique
. Rencontres Défense & Cyber : faire de la souveraineté numérique une réalité stratégique
. France Médias Monde : en première ligne de la guerre informationnelle
. “L’encadrement du renseignement en sources ouvertes en approche à l’Assemblée nationale” (Intelligence Online, 16/04/2026)
. “Cyberattaques : la fragilité des administrations” (Les Petites Affiches, 04/05/2026)
. “Services de renseignement contre vie privée : le chiffrement paralyse l’Assemblée” (TradingView & Upday, 05/05/2026)
. Cybersurveillance : Le pire contre-attaque !

MÉDIAS
. “Situation au Liban et dans le Golfe” (Cairo News – 10/05/2026 – Vidéo 8’38)
. Prix du carburant, Total, Loi programmation militaire : débat avec Éric Coquerel (LCP / Public Sénat – 10 avril 2026)
. Olivier Cadic : “Dans le futur, nous serons fiers des décisions prises par la France, aujourd’hui” (RFI – 01/04/2026)

Découvrir l’InfoLettre n°256

Forum Investir en Afrique – Table ronde Baromètre du CIAN – Vidéo 16m

J’ai eu le plaisir de participer à la présentation du « baromètre du CIAN », lors du forum Investir en Afrique, ce 9 avril, aux côtés de Sandrine Sorieul, directrice générale du Conseil français des Investisseurs en Afrique (CIAN), et d’Olivier Baccuzat, rédacteur en chef adjoint de L’Opinion.

L’occasion d’évoquer la dynamique économique à l’œuvre sur le continent africain, en rappelant que les entreprises françaises s’inscrivent majoritairement dans une logique d’investissement de long terme, contribuant durablement au développement local.

J’ai également souligné l’émergence d’une intelligence collective entre acteurs publics et privés, portée par des défis communs avec l’Europe, notamment dans le numérique et l’innovation.

À ce titre, j’ai particulièrement insisté sur un enjeu stratégique : la coopération en matière de santé et de médicaments en Afrique, en lien avec le développement de l’Agence africaine du médicament.

En qualité d’administrateur de l’AFD, j’appelle à une large mobilisation pour lutter contre le fléau des médicaments contrefaits, en apportant une réponse coordonnée entre acteurs publics, industriels et partenaires africains.

Sénat – Le CIAN rappelle que notre présence économique en Afrique est forte

Dans son discours aux ambassadeurs, le mois dernier, Emmanuel Macron appelait à développer « une stratégie avec nos entrepreneurs, toutes filières confondues, beaucoup plus ambitieuse à l’égard du continent africain et de le regarder comme un continent d’opportunités… » (compte-rendu).

« Il faut croire en l’Afrique, parce que c’est l’avenir, c’est-à-dire un milliard de nouveaux consommateurs dans les vingt ans », abonde Etienne Giros, président du CIAN que j’ai eu le plaisir de recevoir au Sénat, ce 3 février, en compagnie de sa directrice générale, Sandrine Sorieul.

« Même si c’est chaotique, compliqué, on réussit en Afrique, la quasi-totalité de nos entreprises sont rentables », explique-t-il, chiffres à l’appui : 500 entreprises françaises ou filiales y sont implantées. Elles pèsent 100 milliards d’euros annuels et emploient directement 700.000 personnes.

Nous sommes partout, mais un chiffre est encore plus significatif : la France est le second investisseur (après le Royaume-Uni) en Afrique selon l’indicateur IDE avec 61 milliards d’euros. Et surprise, la Chine n’occupe que la cinquième place des investissements étrangers avec 45mds, souligne le président Giros.

Cependant, notre perception est loin d’être positive. Il y a dix ans encore, l’Afrique faisait figure de nouvel eldorado, l’ambiance est aujourd’hui à « la frilosité ». Les conflits mondiaux ou les coups d’état au Sahel ont largement contribué à ce climat défavorable.

Alors, le CIAN, association patronale, dont les entreprises membres génèrent ensemble près de 80% de l’activité économique française en Afrique, tous secteurs confondus, veut faire entendre sa voix et lutter contre les préjugés. Non, il n’y a pas de sentiment anti-français, mais seulement un sentiment anti-politique française et limité à quelques pays seulement, surtout au Sahel. Un constat que je partage entièrement avec Etienne Giros, du fait ma propre expérience sur place.

Le rôle du CIAN est aussi de faire écho aux préoccupations de nos entrepreneurs. Celles-ci sont principalement financières, comme la hauteur des taux d’intérêt, l’exigence de garanties ou la difficulté d’obtenir des financements de taille intermédiaire (de 1 à 20M€) pour les ETI.

Si l’on veut regarder à long terme, le potentiel de l’Afrique est clair, d’autant que la concurrence y est plus faible qu’ailleurs. Nos positions de demain se construisent aujourd’hui et Etienne Giros ne doute pas que la réussite sourira aux ambitieux.