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Paris Cyber Summit (2-4 juin) – Taïwan, Chiffrement, Cyberdéfense

Une vingtaine d’experts mondiaux de la cybersécurité m’ont fait l’honneur de venir échanger au Sénat, par deux fois, pour évoquer la situation à Taïwan (2 juin) et les progrès du chiffrement (4 juin).

Tous étaient en France à l’occasion du Paris Cyber Summit, colloque organisé par Sébastien Garnault, fondateur de la Cyber Task Force.

Avec Sébastien, nous avions déjà organisé une rencontre d’experts, l’an dernier, qui nous avait permis de réfléchir face aux menaces du groupe de hackers chinois APT (compte-rendu).

Je suis également intervenu, le 4 juin, au cours de ce sommet international pour participer à une table ronde.

Réunion Taïwan (02 juin)

En ouverture de la réunion, en mode Chatham house, il a été rappelé que la moitié du commerce maritime mondial transite par la mer de Chine méridionale, aujourd’hui sous haute tension du fait des manœuvres chinoises. Selon les États-Unis, la Chine vient d’établir une base militaire au Cambodge pour servir de point de ravitaillement pour ses forces navales en plein développement.

Si l’invasion terrestre de l’Ile est une option clairement affichée par la Chine, les cyberattaques journalières ont d’ores et déjà créé un champ de bataille majeur. La région de Taïwan est fortement exposée à des activités APT (Advanced Persistent Threats). Il a été souligné que les attaques APT concernent aussi les objets connectés du quotidien qui constituent un réel danger pour la sécurité numérique.

Certains ont suggéré un renforcement des relations interpersonnelles et économiques (business-to-business, people-to-people) qui évitent le déclenchement de tensions diplomatiques. Il a aussi été recommandé d’aider directement Taïwan à cartographier ses failles, afin d’améliorer sa capacité de défense ou encore de renforcer notre coopération avec les fabricants de semiconducteurs. Liste des participants à cette réunion

Réunion Chiffrement (04 juin)

Lors de cette seconde rencontre au Sénat, toujours en mode Chatham house, les experts ont d’abord présenté un état de la menace qui pèse sur nos communications numériques.

Les grands opérateurs, notamment ceux qui nous permettent d’échanger des messages, servent, de fait, de tiers de confiance.

Pour être idéal un chiffrement devrait comprendre deux aspects : une brique de confidentialité et une brique d’authentification (savoir à qui je parle), ce second point est techniquement complexe à garantir.

Progresser dans la voie du chiffrement ravive un sujet de société : comment continuer à tracer les individus suspectés d’activités illicites, comme c’était relativement aisé ces dernières années ? Autrement dit, comment concilier les notions de liberté et de confidentialité avec la traque de criminels avérés ou potentiels sur les réseaux ? Cela nécessite en particulier de pouvoir retracer le champ de leurs activités malveillantes.

Comment concilier l’inconciliable ? Par le dialogue, chacun en a convenu. Un dialogue entre experts sur le fondement de la bonne volonté et de la responsabilité sociétale des entreprises.

Table ronde (04 juin)

Intervention au Paris Cyber Summit, à la Maison de la Chimie, dans le cadre d’une table ronde, intitulée « Quelles nouvelles stratégies de cyberdéfense émergent dans les tendances internationales ? » (which new approaches to cyberdefence in the new international trend?)

J’ai eu le plaisir de débattre avec
. Raimond Kaljulaid, Member of Parliament, Vice-Chair of the NATO PA Defence and Security Committee’s sub-committee on Future Security and Defence Capabilities
. Sami Khoury, Senior Official for Cyber Security, Government of Canada

Notre modérateur était Chris Painter, Founding Principal, The Cyber Policy Group

Tandis que la guerre hybride, menée notamment par la Russie et la Chine, s’intensifie, on peut se demander si les Européens sont conscients qu’un conflit est déjà en cours ?

En France, le dôme cyber a tenu en 2024 !

Face aux cybermenaces, ingérences étrangères et campagnes de désinformation, j’ai présenté nos travaux parlementaires pour hausser le niveau de cybersécurité de nos citoyens et de nos organisations.

J’ai expliqué dans quel état d’esprit je préside la commission spéciale sénatoriale sur le projet de loi relatif à la résilience des entités critiques et au renforcement de la cybersécurité. Notre travail a consisté à préparer la transposition de trois directives européennes (dites REC, NIS2 et DORA) en droit français, en cherchant l’équilibre entre le besoin de sécurité nationale et l’acceptation des normes par les acteurs.

Notre objectif n’est pas, en effet, d’empêcher les cyber-attaques, mais d’être résilients, dans le cadre d’une loi faite pour les professionnels, à l’écoute des professionnels.

Et si la montée en compétence numérique de tous était déclarée Grande Cause nationale 2026 ? Avec ma collègue Catherine Morin-Desailly, nous avons adressé en ce sens un courrier au Premier ministre, en avril dernier (lire).

INFOLETTRE n°230 – 5 février 2024

Lire : l’INFOLETTRE n°230 – 5 fév. 2023Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Sommaire :

ÉDITO

EN CIRCONSCRIPTION
> ROYAUME-UNI – Londres (4 janv. 2023)
> MALAISIE (1/2) – Kuala Lumpur (8–11 janv. 2024)
> MALAISIE (2/2) – Penang (11–12 janv. 2024)
> SINGAPOUR (13 –16 janv. 2024)
> SRI LANKA (1/2) – Colombo (17–19 janv. 2024)
> SRI LANKA (2/2) – Kandy (18 janv. 2024)

NARCOTRAFIC – Commission d’enquête
. Martinique et Guadeloupe : l’avis des forces de l’ordre
. Martinique et Guadeloupe : l’avis de la Justice
. Guyane : l’avis de la justice pour contenir le flot de “mules” au départ de Cayenne
. Guyane : l’avis des maires sur le scanner et contrôle de la frontière terrestre
. Comment améliorer la coopération policière européenne ?
. Eurojust – Améliorer la coopération pénale
. Les réponses du Quai d’Orsay face au narcotrafic

QUESTIONS ÉCRITES
. Imposition en France des “intérêts virtuels” non perçus au Liban

MÉDIAS
. « Dans le Somaliland, Berbera se place en concurrent de Djibouti » (RFI – 05/01/ 2024)
. « Le retour de la réserve parlementaire : le casse-tête des politiques » (Lesfrancais.press – 11/01/2024)
. « Lai Ching-te élu président de Taïwan » (Le Monde – 13/01/2024)
. « Les bonnes résolutions de 7 de nos parlementaires des Français de l’étranger » (LePetitJournal – 16/01/2024)

Découvrir l’InfoLettre n°230

CE Narcotrafic – Comment améliorer la coopération policière européenne ? Vidéo Q/R (11′)

Notre commission d’enquête Narcotrafic, présidée par Jérôme Durain, a accueilli (en visioconférence) ce 22 janvier, Jean-Philippe Lecouffe, général de corps d’armée (2S), directeur exécutif adjoint Opérations de l’European Union Agency for Law Enforcement Cooperation (Europol).

Il a rappelé qu’Europol cherchait à apporter de la valeur à ce que faisaient les états membres, sans se poser en concurrent. Son rôle est de plus en plus reconnu hors de l’UE, notamment grâce à ses coopérations avec les pays d’Amérique latine.

J’ai orienté mes questions vers l’organisation d’Europol et les différents fonctionnements au sein de l’UE, le blanchiment par le biais des casinos, la situation du Myanmar, les transferts financiers opaques de la Chine et de Hong Kong et, enfin, les problématiques liées à la compensation.

Je remercie Jean-Philippe Lecouffe pour avoir répondu point par point et, en particulier, le dernier : « Vous avez totalement raison », a répété le général au sujet des compensations qui contournent les échanges d’argent. « On a vu des échanges de produits, armes contre cocaïne, par exemple. C’est quelque chose qu’on surveille de près ».

VERBATIM de mon intervention

Ma première question portera sur la mutualisation des forces de police. On a tous connaissance de la DEA (*) aux États-Unis, de son impact, tant pour l’enquête que pour la réaction. Au niveau d’Europol, quelle est votre vision sur le côté organisation ? Est-ce que Europol est implanté en Amérique latine ?

Lors de nos premières auditions, on a observé des fonctionnements différents au sein de l’union européenne. On a vu qu’à Amsterdam il y avait dans l’aéroport des structures lorsqu’on arrêtait les gens avec des structures éventuellement d’incarcération, des contrôles en amont pour savoir si une personne avait ingéré de la drogue, alors que nous n’avions pas la possibilité de le faire à grande échelle. Est-ce qu’au niveau européen, il y a une forme d’organisation, de réflexion organisée qui se pose dans ce domaine ?

Ensuite, pour le blanchiment, il y a un sujet qui est souvent revenu dans les discussions que j’ai pu avoir avec les forces de police, c’est la question des casinos.
Vous n’avez pas mentionné ce sujet, or on voit certains pays, certaines localisations qui utilisent beaucoup ces casinos qui se positionnent dans les ports, les points de hub de transports. Est-ce quelque chose que vous suivez ?

Ma troisième question traite d’une partie dont vous n’avez pas parlé qui est en Asie, ce que certains appelaient le triangle d’or : Laos, Thaïlande, Birmanie. A Singapour, on m’a répondu que personne n’était capable de dire combien d’argent arrivait de Birmanie, de Myanmar. Est-ce que le Myanmar est un sujet aussi que vous suivez à Europol ?

Enfin, il y a la question des fonds, des investissements qui proviennent de Chine, de Hong Kong. Pour tous ceux qui sont dans la finance, on me dit que tout ce qui vient de Hong Kong, de Chine, est devenu totalement opaque au niveau financier. Est-ce qu’une action est envisagée de la part de l’Europe pour justement pouvoir obtenir des éléments d’information sur les fonds qui arrivent de Chine ?

Et puis, un dernier point, puisque vous avez très bien mentionné et décrit un certain nombre de problématiques liées à la compensation, il y a quelque chose qu’on observe en Afrique et qui se développe, c’est l’approvisionnement d’équipements informatiques, télécoms qui sont achetés par la monnaie locale et qui arrivent directement dans des containers qui passent sans déclaration et c’est une façon aujourd’hui de compensation : il n’y a pas que de l’argent d’un côté, de l’argent de l’autre, c’est parfois aussi des produits et cela rend les choses très complexes, comme vous l’avez dit, mais c’est aussi un sujet à mon avis de procuration, de triangulation pour le blanchiment. Merci

(*) Drug Enforcement Administration (DEA)