Accueil      En circonscription      Sénat      Bilan de mandat      Revue de Presse          Parcours      Contact     
    

Edito : Never blame, never complain*

Lire : l’INFOLETTRE n°253 – Décembre 2025 – Janvier 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Never blame, never complain*
*Ne jamais blâmer, ne jamais se plaindre

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

Fruit de mon expérience professionnelle, je me suis toujours imposé une ligne de conduite simple et exigeante face à l’adversité : Never blame, never complain. Ne jamais se réfugier dans la plainte. Ne jamais céder à la tentation de la dénonciation stérile. Toujours préférer l’action à l’indignation confortable.

C’est pourquoi j’ai été sincèrement satisfait d’entendre le président de la République, devant les ambassadeurs, exprimer avec clarté le refus de deux impasses majeures. D’abord, le refus de l’impuissance morale, qui consiste à commenter le monde sans jamais chercher à l’influencer. Ensuite, le refus de la vassalisation, cet alignement passif sur les puissances dominantes qui finit toujours par affaiblir ceux qui s’y soumettent.

Le choix assumé est inverse : agir, pour se donner les moyens d’une France et d’une Europe, puissances lucides et actrices de leur destin. Mais l’autonomie stratégique n’est pas un slogan. Elle suppose des moyens, de la constance et une vision de long terme.

La diplomatie sans armée, c’est une justice sans police. Staline raillait le Vatican en demandant : « Combien de divisions ? » La formule est brutale, mais elle rappelle une vérité simple : la crédibilité internationale repose sur des capacités réelles. La loi de programmation militaire et la surmarche prévue pour 2026 en sont une illustration indispensable.

Pour autant, la diplomatie ne saurait être le parent pauvre de l’effort national. Depuis plusieurs années, je porte au Sénat l’idée d’une programmation pluriannuelle des moyens de la diplomatie, à l’image de ce que nous faisons pour la défense.

Je me réjouis donc que le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ait évoqué la perspective d’une loi d’orientation, à l’issue d’un chantier associant parlementaires et parties prenantes.

C’est une nouvelle innovation de Jean-Noel Barrot, pour adapter notre diplomatie aux bouleversements du monde ; pour garantir que le Quai d’Orsay, première mairie de France, continue d’offrir un service public exemplaire à nos compatriotes ; et enfin, pour fixer des objectifs clairs et une perspective budgétaire aux acteurs du réseaux de la diplomatie d’influence (AEFE, Instituts français…).

À l’aube de cette nouvelle année, je forme pour chacune et chacun d’entre vous des vœux sincères de santé, de réussite et d’engagement. Je vous souhaite une excellente lecture de cette première infolettre de l’année, qui s’inscrit pleinement dans cet esprit : agir, plutôt que se plaindre ; construire, plutôt que commenter.

“Never blame, never complain”.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

HOMMAGE
. Drame de Crans-Montana

VOEUX
. Très belle année 2026 !
. RÉTROSPECTIVE 2025 – Vidéo 4’10
. XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du Président
. XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du ministre

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. PLF2026 – PELF : Le Pass enfant langue française : une promesse en suspens, une solution en attente
. CA AEFE (18/12/25) – Déclaration ANEFE
. AEFE : Soutien à la démarche de la MLF et des écoles partenaires
. Rencontre avec le nouveau directeur des impôts des non-résidents
. France Volontaires

EN CIRCONSCRIPTION
> LUXEMBOURG (13–15 nov. 2025)
> SUISSE – Berne, Genève (20-22 nov. 2025)
> KENYA – Nairobi (4-6 déc. 2025)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Brexit, HongKong : quel bilan ?

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Rejet Mercosur (1/5) – Motion de rejet
. Rejet Mercosur (2/5) – Exception d’irrecevabilité
. Rejet Mercosur (3/5) – Suppression de la résolution
. Rejet Mercosur (4/5) – Amendement de repli
. Rejet Mercosur (5/5) – Explication de vote
. QAG – Narco-État vénézuélien, quelles réponses de la France ?
. Nicolás Maduro est sous les verrous
. Délégation Union européenne – Serbie
. Conférence de l’EFTA : la liberté d’expression de Taiwan menacée par la liberté d’oppression de Pékin
. Taiwan : La France suit avec préoccupation les exercices militaires chinois
. IMEC : Un projet Win–Win–Win !
. Le Somaliland reconnu comme un “État souverain” par Israël
. RCA / “Africa Ti l’or”, la bière qui pourrait bien vous mettre en bière (réponse à ma question écrite)

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. PLF 2026 – Cybersécurité : Mais où sont les stratégies promises ?

SÉNAT – NARCOTRAFIC
. Narcotrafic – MILDECA

MÉDIAS
. “Cybersécurité de nos hôpitaux, une mission de l’État ?” (ITforBusiness – 24/12/2025)
. Budget & Mercosur (Public Sénat – 19/12/2025 – Vidéo 26’)
. Olivier Cadic : “Notre responsabilité d’élu, c’est d’ouvrir des portes, pas de construire des murs” (Public Sénat – 15/12/2025 – Vidéo 41’30)

Découvrir l’InfoLettre n°253

En circonscription au Kenya – Nairobi (4-6 déc. 2025)

Je remercie chaleureusement Isabelle Aimonetti, présidente des CCE en Afrique, et Soumeya Loucif, présidente des CCE au Kenya, pour leur invitation à revenir à Nairobi et pour leur engagement en faveur de la diplomatie économique française en Afrique de l’Est.

À l’occasion de la réception à la Résidence de France clôturant la première journée de conférence, j’ai eu l’honneur de remettre une médaille marquant les 150 ans du Sénat à Isabelle Aimonetti, en reconnaissance de son leadership et de sa contribution à la valorisation d’un continent stratégique et tourné vers l’avenir.

Diplomatie économique

CCEF – Réunion régionale Afrique de l’Est

Très heureux d’avoir pu participer à la réunion régionale Afrique de l’Est 2025 des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF), organisée par Isabelle Aimonetti, présidente des CCE en Afrique, et Soumeya Loucif, présidente des CCE au Kenya.

Plus de 30 conseillers, issus de six comités locaux (Kenya, Tanzanie, Éthiopie, Ouganda, Rwanda et Djibouti), en présence du délégué général Emmanuel Montanié, se sont réunis aux côtés de l’Équipe France Export : Business France, French Chamber of Commerce Kenya, Trésor français et BpiFrance.

Pendant deux jours, les échanges ont porté sur le climat des affaires régional, les dynamiques d’innovation, et les priorités de Team France Export.

J’ai eu le plaisir de revoir l’ambassadeur Jérémie Blin, qui m’avait accueilli au Burundi, venu pour faire le point sur la préparation du sommet « Africa Forward » 2026, qui se tiendra à Nairobi en mai 2026.

Placée sous le thème de l’intelligence collective, cette rencontre a mis en lumière le rôle central des CCE comme ponts entre les écosystèmes français et africains, au service d’une croissance partagée, durable et tournée vers l’avenir.

J’ai eu l’honneur de contribuer à l’ouverture de la conférence.

Lire mon discours (traduit de l’anglais)

+d’images

Chambre de commerce franco-kenyane (CCFK) – Eurocham

Visite de la Chambre de commerce franco-kényane (CCFK) en présence de Thibault Flichy, président, Domitille Guilloton, directrice, Othman Chaoui, président d’EuroCham Kenya, et Mathieu Bruchon, chef du service économique régional.

La CCFK compte aujourd’hui 212 membres, représentant 17 secteurs d’activité, et poursuit une croissance régulière : 90 membres fin 2020, 120 en 2022, 196 en 2024.

Parmi les 57 événements organisés au cours de l’année, la French Week a réuni 550 participants et 85 intervenants, témoignant du dynamisme de la communauté d’affaires franco-kényane.

La CCFK développe également de nombreux services à destination de ses membres, notamment l’accompagnement à l’implantation, l’accueil de jeunes pousses dans ses bureaux en open space, ainsi que l’appui aux démarches administratives.

Ancien président de la CCFK, Othman Chaoui est devenu président de la European Chamber of Commerce in Kenya (EuroCham Kenya) lors de sa fondation, à l’occasion du EU–Kenya Business Forum 2025, organisé en mai dernier à Nairobi.

EuroCham Kenya a pour vocation d’être complémentaire des six chambres bilatérales fondatrices : France, Allemagne, Danemark, Irlande, Pays-Bas et Portugal. Elle sera prochainement rejointe par deux chambres en cours de création, celles d’Espagne et d’Italie.
L’objectif est de constituer des comités sectoriels, de plaider collectivement pour un climat des affaires favorable, et de soutenir la mise en œuvre de l’Accord de partenariat économique (APE) UE–Kenya. +d’images

Diplomatie parlementaire

Sénat

Accueilli par Kathuri Murungi, vice-président du Sénat, j’ai eu le privilège de visiter le Sénat kényan, institution fondée en 2013.

Élu sénateur du comté de Meru en 2022, Kathuri Murungi conduit de nombreux projets sociaux dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’autonomisation des jeunes, notamment à travers sa Kamashinani Foundation.

Expert reconnu en audit environnemental, nous avons échangé sur les programmes de soutien susceptibles d’accompagner ses initiatives en faveur de la conservation de la biodiversité.

Dans le prolongement de ma rencontre avec le président du Sénat à Nairobi en 2024, le vice-président m’a indiqué que leur objectif était de créer un groupe d’amitié Kenya–France au sein du Sénat kényan. Il a également partagé son souhait de voir ouvrir une Alliance française à Meru. +d’images

Coopération

AFD

Échanges avec Anne-Gaël Chapuis, directrice de l’AFD Kenya, et Jean-François Arnal, directeur régional de l’AFD, aux côtés de Mathieu Bruchon, chef du service économique régional, et Romain Boyer, conseiller politique.

Nous avons évoqué les projets structurants soutenus par l’AFD au Kenya, notamment dans le domaine de la santé, avec un programme de dépistage des cancers, en particulier féminins, mené avec l’Institut Curie et le réseau Aga Khan.

Les discussions ont également porté sur les projets d’accès à l’eau, qui bénéficieront à plus de 1,2 million de personnes.

Depuis 2015, la France a soutenu 150 projets au Kenya, pour un investissement total de 1,8 milliard d’euros, dans des secteurs clés : énergies renouvelables, eau et assainissement, transports et santé.

Enseignement

École française de Runda

Visite de l’École française de Runda (EFR) en compagnie de Denis Sainte-Marie, COCAC.

Cofondée par Virginie Lurienne et Sagar Chadda en septembre 2021, dans le quartier résidentiel de Runda, afin de répondre aux besoins éducatifs des familles françaises et francophones installées au Kenya, l’EFR accueille aujourd’hui 125 élèves, de la petite section de maternelle au primaire. Sept élèves suivent également les cours du CNED (6ᵉ et 5ᵉ).

L’équipe pédagogique est composée de 6 professeurs français, 2 enseignantes kényanes pour le programme britannique, 1 professeur de matières scientifiques et 4 assistantes d’éducation.

Homologuée par le ministère français de l’Éducation nationale et intégrée au réseau de l’AEFE, l’EFR dispense un enseignement conforme aux programmes français, tout en valorisant le bilinguisme et l’ouverture internationale.

Directrice pédagogique et professeure des écoles, Virginie a enseigné dans plusieurs établissements du réseau AEFE (Sénégal, Tunisie, Kenya) avant de créer sa propre école.
En construisant leur campus au cœur d’une ferme, Virginie et Sagar ont souhaité offrir un véritable jardin d’Éden aux enfants…

Mission accomplie ! +d’images

Humanitarian Peace Support School (HPSS)

J’ai eu l’opportunité de visiter la Humanitarian Peace Support School (HPSS) à Embakasi, près de l’aéroport international de Nairobi. Intégrée à l’International Peace Support Training Centre (IPSTC), HPSS est un centre régional d’excellence dédié aux opérations de paix et à la gestion des crises.

Issue de l’International Mine Action Training Centre, l’école s’est développée pour proposer des formations spécialisées en action humanitaire, gestion des catastrophes, opérations de maintien de la paix, lutte contre les engins explosifs improvisés et désarmement. Depuis 2001, près de 50 000 participants ont été formés, y compris dans le cadre de programmes internationaux avec les Nations Unies.
La visite, en compagnie du Lt Col Xavier France et de l’ADC Régis Calvarin, a été l’occasion de découvrir des infrastructures modernes et d’échanger sur les programmes de coopération internationale.

En respect de la tradition kényane, j’ai planté un arbre en souvenir de mon passage. La France, partenaire actif depuis 2014, soutient HPSS via un coopérant militaire technique, renforçant ainsi l’expertise régionale en matière de sécurité et de formation. +d’images

Culture

Alliance française de Nairobi (AFN)

Accueilli à l’Alliance française de Nairobi par Olivia Deroint, directrice de l’AFN, et Victoria Philippe, chargée de coopération Société civile, nous avons visité l’exposition organisée dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre.

Depuis mon précédent passage, la médiathèque a été rénovée et fait désormais l’objet d’un plan stratégique visant à encourager une fréquentation accrue par les Français.

L’objectif est également d’attirer les entreprises françaises de l’industrie créative afin de les mettre en relation avec les talents installés au Kenya.

Le français est la première langue étrangère enseignée au Kenya, après le swahili et l’anglais. On compte aujourd’hui 55 000 apprenants de français dans le pays. +d’images

En circonscription au Kenya (2/2) – Nairobi (11 & 15 avril 2024)

Très heureux d’avoir retrouvé notre ambassadeur Arnaud Suquet à la faveur de mon troisième déplacement au Kenya en l’espace de quatre ans, une nouvelle fois accompagné par Aude Demoustier, conseillère des Français de l’étranger pour le Kenya.

Ce retour m’a permis de prendre la mesure des progrès accomplis, ces dernières années, au travers de la Chambre de commerce franco-kenyane, ou encore du lycée Diderot, révélateurs de l’exceptionnelle dynamique française au Kenya.

Un constat conforté par la visite de Mitahato, pour honorer Chris Mburu, l’homme qui a fait de son village natal, le premier village francophone du Kenya. (à l’image).

Je remercie Ingrid Onzon-Kem, conseillère politique, de m’avoir accompagné à chacune des séquences de ce déplacement.

Diplomatie parlementaire

Président du Sénat

Amason Jeffah Kingi, président du Sénat kenyan, nous a fait l’honneur d’accepter l’invitation d’Arnaud Suquet, ambassadeur de France au Kenya, pour participer à un diner à la Résidence de France, organisé à la faveur de mon passage au Kenya.

La sénatrice Karen Nyamu et le sénateur Kiambu Karungo Thang’wa assistaient également à la soirée.

J’ai relaté ma visite au village francophone de Mitahato qui faisait justement partie de la circonscription du sénateur Kiambu Karungo Thang’wa.

Lors de nos échanges, nous avons partagé les expériences de nos parlements dans la défense de la démocratie et des libertés publiques dans nos deux pays. Le président du Sénat a souligné la nécessité d’un rôle accru des parlements dans la promotion de la consolidation de la paix et de la résolution des conflits dans tous les points chauds d’Afrique et du monde. C’est l’essence même de la diplomatie parlementaire qu’il souhaite promouvoir.

Nous sommes convenus de soutenir la création d’un groupe de travail parlementaire réunissant des législateurs kenyans et français dans le but de renforcer la collaboration entre nos deux pays et de promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance.

Je suis très reconnaissant envers le président du Sénat kenyan d’avoir accepté cet échange qui démontre son profond attachement à notre relation bilatérale. +d’images

Sécurité

Rencontre à l’ambassade de France avec Rashid Abdi, analyste politique sur la Corne de l’Afrique au sein de l’International Crisis Group, spécialisé dans les questions de sécurité dans la Corne, en présence de Lionel Fabre, premier conseiller, Lucile Carrez, conseillère Somalie, et Ingrid Onzon-Kem, conseillère politique.

La signature du M.O.U. entre l’Éthiopie et le Somaliland, le 1er janvier dernier, pour offrir un débouché sur la mer à Berbera pour l’Éthiopie, pays enclavé, a donné lieu à de vives contestations de la part de Mogadiscio.

Si l’Éthiopie reconnait le Somaliland comme un état indépendant lorsque l’accord aura pris effet, l’expert fait le pari que cette reconnaissance sera suivie par d’autres pays africains.

Le Somaliland a créé un système démocratique solide connecté avec beaucoup d’autres pays et gagné en sympathie.

Mogadiscio pourrait évoluer vers un régime islamique centralisé qui aurait alors les faveurs de la Chine. La chaine twitter de désinformation chinoise présente en Somalie, milite en ce sens.

Coopération

Agence française de développement (AFD)

Accueilli par Bertrand Willocquet, directeur pays de l’AFD, et Olivier Game, directeur Proparco, pour une présentation des activités au Kenya, mais également au niveau régional.

Le périmètre régional couvre 11 pays : Burundi, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Somalie, Soudan, Sud-Soudan, Tanzanie.

Parmi ces pays, l’Éthiopie (11%), le Kenya (22%), l’Ouganda (18%) et la Tanzanie (26%) concentrent les trois-quarts des engagements en volume de l’AFD.

Au Kenya, l’AFD est l’un des principaux bailleurs de fonds du secteur de l’énergie, le premier bilatéral, avec plus d’un milliard d’euros engagés depuis le début des activités dans le pays.

L’AFD intervient dans le renforcement des installations de production et de distribution d’eau potable, le traitement des eaux usées et l’optimisation de la gestion des réseaux par les sociétés d’exploitation. Les trois plus grandes villes du pays : Nairobi, Mombasa et Kisumu ont été concernées par cette action.

Nous avons évoqué les entreprises dans lesquelles Proparco a investi et l’action d’Expertise France. +d’images

Pharmacy and Poisons Board (PPB)

Réunion à l’ambassade avec le Pharmacy and Poisons Board, représenté par Kariuki Gachigi, directeur adjoint Pharmacy and Poisons Board ; Felistas Chepwogen, conseillère Pharmacy and Poisons Board ; Serawit Bruck-Landais, conseillère régionale Santé à l’ambassade ; Ingrid Onzon-Kem, conseillère politique ; Soumeya Loucif, présidente CCEF Kenya et VP CCEF Afrique.

Nous avons évoqué la création de l’AMA, l’Agence africaine du médicament. À ce jour, 27 états africains ont ratifié le traité, parmi lesquels 5 d’entre-eux n’ont pas encore notifié l’Union Africaine.

Pour mes interlocuteurs, il y a une volonté politique pour l’AMA. Le défi est son implémentation.

Nous sommes revenus sur les besoins de l’agence nationale kenyane du médicament. La question du contrôle qualité des médicaments leur paraît critique. La France aurait un rôle à jouer sur cette question. +d’images

Diplomatie économique

Chambre de commerce franco-kenyane (CCFK)

Dès mon arrivée, je me suis rendu à la rencontre de la communauté d’affaires, organisée par la Chambre de commerce française au Kenya, présidée par Othmane Chaoui et dirigée par Laure Paugam.

À chacun de mes passages, je mesure les progrès de la chambre, impulsés par ce binôme très engagé.

De 90 (fin 2020) puis 120 (en 2022), la CCFK compte désormais 196 membres.

Après avoir assisté à la présentation de 4 entreprises françaises à l’étranger* et French Tech, j’ai participé au cocktail de networking dans les locaux de la société Pernod-Ricard.

Arnaud Suquet, ambassadeur de France au Kenya, participait à l’événement tout comme Soumeya Loucif, présidente CCEF Kenya et VP CCEF Afrique. La Team France était également au complet pour accompagner les porteurs de projets.

Nouveau succès pour la CCFK qui multiplie ces événements afin de renforcer les liens entre ses membres. +d’images

(*) Marie-Christine Kameni, Co-Fondateur deCognito
Yoann Copreaux, Fondateur et PDG de Bonto
Marc de Courcel, Co-Fondateur et DG d’Optimetriks
Alexis Roman, Co-Fondateur et PDG de Lotus

Enseignement

Lycée français Denis Diderot

Le suivi du développement du lycée Denis Diderot constitue mon objectif prioritaire pour le Kenya.

J’ai retrouvé Bruno Maris (proviseur) et Claire Karadi (directrice du primaire), rencontrés lors de mon précédent passage en 2022 (compte-rendu).

J’avais souligné, alors, les efforts engagés par l’équipe de direction pour redresser une situation financière qui m’avait paru très préoccupante lors de mon premier passage, début 2020 (compte-rendu).

Si le problème fiscal a été réglé en 2023, comme anticipé, une nouvelle difficulté est apparue, consécutive à la dévaluation de la monnaie locale au premier semestre 2023. Le chiffre d’affaires de Diderot a progressé en shilling mais baissé en euros. Un prêt relais a été accordé par l’AEFE qui devrait être remboursé en 2024.

570 en 2020, 600 en 2022, le nombre d’élèves atteint 692 en 2024. Ce redressement des effectifs est très encourageant et me ravit. Il récompense les efforts collectifs et le sérieux de l’équipe de direction. Il permet de regarder l’horizon avec plus de sérénité.

Un déménagement n’est plus envisagé. Le proviseur plaide plutôt pour un établissement qui optimiserait sa surface disponible.

Armando Sivella, trésorier du comité de gestion a détaillé ses attentes par rapport à l’AEFE : transparence dans le calcul des montants devant être acquittés par le lycée à l’AEFE, valorisation des actifs du lycée Diderot.

Des attentes compréhensibles pour des administrateurs soucieux d’accompagner efficacement le redressement financier du lycée. Le conseil de gestion a d’ailleurs proposé aux parents d’élèves de fixer désormais les frais de scolarité en euros ou dollars, pour sécuriser le budget du lycée. +d’images

Culture & Francophonie

Mitahato FrenchVillage

Déplacement à Mitahato, suggéré par Aude Demoustier, CFDE au Kenya, pour honorer Chris Mburu, l’homme qui a fait de son village natal, le premier village francophone du Kenya.

J’étais accompagné par Aude, Bernard Clouteau, attaché de coopération pour le français, et Ingrid Onzon-Kem, conseillère politique.

Mitahato signifie “petite banane” en swahili.

Après ses études, Chris a été contraint d’apprendre le français, suite à un quiproquo au sein d’une ONG américaine qui l’avait envoyé pour accomplir une mission à Brazzaville, en pensant qu’il était francophone.

Chris a réalisé que l’acquisition de notre langue lui a permis de progresser à l’ONU. Il a eu l’idée de transformer sa maison natale en bibliothèque francophone. Lors du Covid, les enfants se sont mis à aller à la bibliothèque. Puis des formations ont suivi. Les enfants du village se sont mis à apprendre le français… puis leurs mamans n’ont pas voulu être en reste et se sont mises en tête de suivre le mouvement.

Je ne m’attendais pas à l’incroyable accueil que Chris et le village réserveraient à la venue d’un sénateur français.

En poste à Brazzaville pour l’ONU, Chris Mburu démontre que le français permet des progressions de carrière supérieures. Son action permet de faire de son village un trait d’union entre 2 continents, entre 2 pays.

Villers coteret – Mitahato même combat !

Gratitude à Chris et les habitants de Mitahato pour leur formidable accueil. +d’images

Alliance française de Nairobi (AFN)

Visite de l’Alliance française de Nairobi et long échange avec Charles Courdent, directeur Alliance française, en compagnie d’Aude Demoustier et Ingrid Onzon-Kem, conseillère politique.

L’AFN accueille 3200 étudiants de français.

Depuis ma précédente visite, des améliorations ont été apportées à la salle de cinéma et à l’espace culturel.

Les activités touchent de nouveaux jeunes sur le terrain à l’image de la poésie.

L’AFN apporte également un soutien important au monde de l’édition en appuyant le lancement de 50 livres par an. +d’images

En circonscription au Kenya – Nairobi (20-21 fév. 2020)

Premier déplacement au Kenya, 93ème pays traversé depuis le début de mon mandat.

Les Kenyans disent des Blancs qu’ils sont des Mzungus. En swahili, cela signifie «celui qui cherche sa route.» J’adresse toute ma gratitude à Jean-Pascal Naud, président de la CCI et Farah Bhanji, conseillère consulaire, ainsi qu’à Betty Robin, présidente UFE Kenya et pour m’avoir permis, chacun leur tour, de trouver mon chemin au Kenya.

Ils m’ont remarquablement assisté lors de mes rencontres avec les acteurs économiques, éducatifs ou culturels. A la toute fin, ils m’ont mis sur les traces de Karen Blixen qui a inspiré le film Out of Africa.

Politique

Assemblée nationale

Entretien avec Kimani Ichungwah, président de la commission du Budget de l’Assemblée nationale du Kenya et président du groupe d’amitié France-Kenya, en présence de Jean-Pascal Naud, président de la Chambre de Commerce française au Kenya.

Ce parlementaire a développé la manière dont son pays envisageait de relever les défis auxquels il est confronté.

En matière budgétaire, 80 % de la dette du Kenya est détenue par la Chine.

Concernant les migrations, le Kenya compte des centaines de milliers de réfugiés, victimes de l’instabilité des pays mitoyens.

L’industrie ne représente que 7% du PIB.

Nous avons évoqué la question de la formation professionnelle pour mettre la main d’œuvre disponible en adéquation avec les besoins locaux.

Nous avons également échangé sur la présence des entreprises françaises au Kenya. Kimani Ichungwah m’a invité à encourager nos entreprises à investir dans son pays.

La visite du Parlement m’a offert l’opportunité d’admirer l’enceinte qui dispose face à face les députés de la majorité et ceux de l’opposition, dans le plus pur esprit britannique. +d’images

Entrepreneuriat

Chambre de commerce

Dès mon arrivée, j’ai assisté à la conférence organisée par la Chambre de Commerce française au Kenya, sur les perspectives économiques au Kenya.

Présidée par Jean-Pascal Naud et dirigée par Justine de Guerre, la chambre réalise deux événements par mois. Elle compte plus de 100 membres et s’est fixée pour objectif de doubler le nombre de ses adhérents dans les prochaines années.

Le rôle de la chambre consistant à faciliter les relations entre la France et le Kenya, elle soutient et accompagne les sociétés françaises qui s’installent au Kenya, sous divers aspects : implantation, démarche export ou développement local.

Afin de compléter mon information sur l’environnement des affaires au Kenya, Jean-Pascal et Justine m’ont organisé un dîner d’accueil en compagnie de Bruno Baroux (Thales), président de la section locale des CCEF ; Christian Yoka, responsable régional de l’AFD et Benoit Gauthier, chef du service Économique à l’Ambassade de France.

Les facilités offertes par le Kenya justifient que beaucoup d’entreprises y fixent leur centre d’opérations pour l’Afrique de l’est : liberté d’entreprendre ; main d’oeuvre bien formée ; pas d’actionnaires nationaux locaux imposés dans le capital ; liberté totale de circulation des capitaux ; facilité de transfert d’argent entre le Kenya et la France.

Autant d’atouts qui ne se retrouvent pas fréquemment sur le continent africain.

Bien entendu, tout n’est pas rose. On déplore de réels obstacles dans ce pays, où l’économie informelle est largement majoritaire. Par exemple, comme il est difficile de faire rentrer les taxes, l’administration fiscale est décrite comme particulièrement tatillonne et envahissante…

Ainsi, lors notre réunion du matin, un chef d’entreprise a suggéré l’absence garantie de contrôle fiscal durant les 5 premières années d’existence d’une start-up. +d’images

CCE & Vinci

Petit-déjeuner avec les conseillers du commerce extérieur de la France au Kenya, suivi d’une visite chez Sogea Satom, filiale africaine de Vinci, pour une rencontre avec Marc Grechi, le directeur régional.

La rencontre avec les CCEF s’est tenue en présence de Jean-Pascal Naud, président de la CCI française au Kenya, Benoit Gauthier, chef du service économique à l’Ambassade de France et Ghislain de Valon, directeur AFD Kenya.

Ingénierie, infrastructures, logistique, assurance, négociants en vins et spiritueux, agro-alimentaire, pharmacie, tourisme, titres d’identité sécurisés… de nombreux secteurs d’activité étaient représentés.

Cela m’a permis d’appréhender les enjeux auxquels nos entreprises sont confrontées. Les relations avec le fisc local nécessitent d’importants efforts. Les crédits de TVA s’avèrent actuellement impossibles à récupérer.

Mais notre administration fiscale nationale n’est pas en reste. Le refus du fisc français de prendre en compte les quitus fiscaux de la WHT (with holding tax), fait subir à nos entreprises une double fiscalité qui pèse sur leur compétitivité.

La prise en compte du problème par Bercy va devenir mon objectif prioritaire pour le Kenya.

Puis, dans un second temps, il faudra envisager de réviser l’accord fiscal bilatéral pour prendre en compte les évolutions de la fiscalité kenyane.

Avec le représentant d’Egis, comme celui de Vinci, nous avons échangé sur le projet de « commuter rail » entre l’aéroport de Nairobi et le centre-ville, envisagé depuis 2016. Il consisterait en une liaison par voie ferrée de 15 kilomètres, dont 5 kilomètres de voie neuve. Ce chantier permettrait de voir intervenir simultanément Egis, Vinci et Thales. Le Trésor suit ce dossier de près pour lui apporter un concours afin de faciliter sa concrétisation. +d’images

L’Oréal

Accueilli par Serge Sacré, DG de L’Oréal, j’ai pu visiter le site en compagnie de Jean-Pascal Naud.

L’Oréal a acquis Nice & Lovely, une petite société locale de cosmétique. Créée dans les années 90 à partir de quelques euros, celle-ci a connu une croissance et une réussite fulgurantes.

Au cours d’un entretien passionnant, j’ai appris que les cheveux des Africains poussent de 0,8 mm par mois et qu’ils sont extrêmement fragiles, tandis que ceux des Européens grandissent de 2 centimètres par mois.

La peau des Africains possède une protection naturelle contre les UVB, mais pas contre les UVA. Ne pas protéger leur peau sous prétexte que le soleil ne la brûle pas est une erreur, car elle sera affectée par un vieillissement accéléré, au même titre que celle d’un Européen.

Tout passe donc par une éducation de la population et des ressources compétentes pour promouvoir les produits de l’Oréal qui adapte ses capacités d’innovation au marché africain. En effet, l’Afrique gagnera 1,5 milliard de consommateurs d’ici à 2030, c’est donc un marché stratégique pour la marque.

Nous avons également évoqué les produits de maquillage de la marque Maybelline contrefaits en Chine. La contrefaçon chinoise des marques industrielles françaises est une réelle source de préoccupation que je n’hésite pas à partager avec le plus grand nombre. +d’images

Schneider Electric

Entretien avec Edouard Heripret, DG East Africa de Schneider Electric, suivi d’une visite du site de production en compagnie de Jean-Pascal Naud.

Installée depuis 3 ans en Afrique, la société produit localement des tableaux électriques, suite au rachat de leur partenaire historique local. La structure compte 200 employés et dispose de bureaux commerciaux dans les pays environnants.

La zone offre un potentiel de croissance important. Le taux d’électrification du Kenya est de 65% et repose sur les énergies renouvelables avec, par ordre d’importance, l’hydroélectricité, la géothermie, l’éolien puis le solaire.

La société Schneider est victime de contrefaçons. Ainsi, en novembre et décembre 2019, deux conteneurs de faux produits de la marque ont été saisis sur le port de Mombasa en provenance de Chine.

La contrefaçon dans le domaine électrique peut provoquer des incendies qui tournent parfois au drame.

En réponse à l’objectif d’électrification générale de l’Afrique, voulue par Jean-Louis Borloo, Edouard Heripret m’a présenté une solution solaire à 20 dollars qui permet de faire fonctionner une lampe et de recharger un téléphone portable.

Autre innovation, la station Villaya Emergency, lancée il y a un an. Il suffit de 20 minutes pour sa mise en route. 128 écoles sont déjà électrifiées avec Villaya. +d’images

Communauté française

Conseillers consulaires

Lors de mon passage à l’ambassade de France, je me suis entretenu avec Isabelle Gozalbo, consule adjointe, avant une visite des services consulaires, puis d’une discussion avec le colonel Marc de Block, attaché de Défense, au sujet des questions de sécurité.

Je me suis ensuite rendu à l’Alliance française pour un déjeuner avec les conseillers consulaires Farah Bhanji et Christian Caldara, en présence des présidents d’associations Betty Robin (UFE) et Gilbert Laloge (ADFE-FDM).

Le nombre des Français établis au Kenya s’élève à 2033. Il a progressé de 17% en moins de 5 ans. Plus de 8 sur 10 habitent la capitale Nairobi. 55000 Français se sont rendus dans le pays l’an dernier.

Les élus m’ont fait part de certaines situations sensibles qui pourraient nécessiter un rapatriement. Betty Robin a regretté la disparition de la Société française de Bienfaisance, dont l’absence prive désormais notre communauté et l’administration d’un levier essentiel pour gérer les cas relevant de l’action sociale.

Par ailleurs, les situations de conflits personnel-direction du lycée Diderot ont été longuement évoquées. +d’images

Enseignement

Lycée Denis Diderot

Visite du Lycée français Denis Diderot et entretien avec Benoît Keirel, proviseur en compagnie de Farah Bhanji, conseillère consulaire pour le Kenya.

Créé en 1962, le lycée compte 680 élèves, dont 400 en maternelle-primaire et 91 au lycée.

En fonctions depuis la rentrée de septembre dernier, le proviseur doit relever de nombreux défis entouré du board : revoir l’organisation des effectifs en rationalisant l’organigramme ; s’assurer que toutes les procédures soient respectées afin de garantir une bonne gestion de l’établissement ; accompagner le board pour se conformer à la réforme fiscale et enfin assurer sa mission pédagogique en créant du lien de la maternelle au lycée.

La situation est complexe, du fait de malversations passées subies en cascade par l’établissement, et appelle beaucoup d’interrogations fiscales. J’ai recommandé que le proviseur soit secondé par un directeur administratif et financier venant de Paris. +d’images

Culture française

Alliance française

Visite de l’Alliance française en compagnie de Sabrine Tebessi, directrice adjointe de l’Alliance française de Nairobi.

Cette Alliance située dans le cœur de capitale a fêté ses 70 ans d’existence en 2019, ce qui a donné lieu à une programmation culturelle exceptionnelle.

Chaque année, l’AF accueille 100 000 visiteurs et enseigne le français à 3 000 étudiants. Le restaurant « La belle époque », situé dans l’enceinte de l’Alliance, est dirigé par un des conseillers consulaires. +d’images

Devoir de mémoire

Karen Blixen

Le roman autobiographique de Karen Blixen a été adapté au cinéma à travers le mythique Out of Africa. Lorsque j’ai vu ce film, j’avais aussitôt décidé de découvrir le Kenya à travers ses fameux parcs… c’était y a tout juste 32 ans.

Betty Robin m’a invité à dîner au club dont Karen était membre, et m’a confié qu’elle avait fait partie des figurants lors du tournage d’Out of Africa.
Jean-Pascal Naud m’a fait découvrir la maison où Karen a vécu de 1917 à 1931, avant de repartir au Danemark en 1932, suite à la faillite de sa ferme.

Une fois de retour au Danemark, Karen Blixen a lutté pour l’égalité des droits des femmes. Elle n’est plus jamais revenue en Afrique.

Sa maison a été rachetée par l’état du Danemark en 1963, un an après la mort de Karen Blixen, et offerte en guise de cadeau au Kenya au moment de son indépendance.

Cette maison a été transformée en musée pour le centenaire de la naissance de Karen en 1985. Le Kenya a voulu ainsi rendre hommage à son humanisme, car elle s’est illustrée en respectant et protégeant la population locale, tandis que d’autres n’y voyaient qu’une source d’exploitation à bon marché. +d’images