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MEAE – Discours du ministre – XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs

Avec Valérie Hayer et Jean-Noël Barrot

Ce 9 janvier, en compagnie de Valérie Hayer, parlementaire européenne et Bruno Fuchs, député, président commission des Affaires étrangères, j’ai assisté ce vendredi au discours de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, prononcé lors de la Conférence des ambassadrices et ambassadeurs, en présence des ministres Éléonore Caroit et Nicolas Forissier.

Je me réjouis que l’exécutif, par la voix du ministre, reprenne pour la première fois l’idée d’une programmation pluriannuelle des moyens de la diplomatie (*), que je porte depuis plusieurs années au Sénat. C’est une avancée politique majeure pour donner à notre action extérieure la visibilité et la cohérence qu’elle mérite.
Notes issues du discours
• Hommage et solidarité aux victimes françaises de la tragédie de Crans-Montana, et reconnaissance du travail exemplaire des équipes diplomatiques et consulaires mobilisées sur le terrain.
• Un monde en bascule : montée des rivalités de puissance, choc technologique et brutalisation des relations internationales (droit international, commerce, sécurité, information).
• Refus de la résignation et de la loi du plus fort : la France choisit la résistance par ses valeurs et par l’action.
• Trois principes pour résister à la brutalisation du monde :
>Les logiques de domination sont vouées à l’échec → recherche d’un nouvel équilibre mondial (G7).
>Pas de blocs figés (« Sud global » / « Occident collectif ») → défense du multilatéralisme et dialogue avec les émergents.
>Le droit international reste un bien commun → réforme des institutions, notamment du Conseil de sécurité de l’ONU (élargissement à l’Afrique).
• L’Europe au cœur de la réponse : appel à un sursaut européen pour bâtir une puissance démocratique, indépendante et capable de se défendre.
• Soutien total à l’Ukraine et préparation de l’après-guerre : nouvelle architecture de sécurité européenne et renforcement du pilier européen de l’OTAN.
• Relance du moteur franco-allemand, avec une ambition commune en matière numérique, technologique et stratégique.
• Création d’une direction de la souveraineté et de la sécurité économique : protéger nos entreprises, sécuriser les chaînes d’approvisionnement, lutter contre la coercition économique.
• Lutte renforcée contre le terrorisme, le narcotrafic et la criminalité organisée, avec une action internationale coordonnée, notamment en Amérique latine, Afrique du Nord et Balkans.
• Maîtrise des flux migratoires : mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile, coopération renforcée entre diplomates et préfets.
• Diplomatie au service des Français :
• Libération d’otages et de détenus arbitraires.
• Rapatriements en zones de crise.
• Service public consulaire performant (titres d’identité, France Consulaire, protection des personnes vulnérables).
• Réforme et modernisation du Quai d’Orsay : simplification, déconcentration, meilleure prise en compte des agents et de leurs familles, santé mentale, formation renforcée.
• Amplification de la voix de la France face aux ingérences et à la désinformation : renforcement de la diplomatie d’influence et de la riposte informationnelle.
• Mesure de l’impact de l’action diplomatique : indicateurs, transparence, redevabilité démocratique.
• Message final aux diplomates : courage, unité, espérance et engagement au service de la France et de la République. +d’images
(*) “…sur le fondement de ce travail de mesure de notre impact, je souhaite que nous puissions ouvrir un chantier, initier, dans le courant de l’année, un travail de préfiguration, en lien avec les parlementaires et les parties prenantes, préfiguration d’une revue, le Président en a parlé hier, d’une revue de nos priorités, de nos partenariats, de nos méthodes, qui pourrait préfigurer une loi d’orientation qui serait alors soumise au Président de la République et au Premier ministre. Elle pourrait alors nous permettre de cristalliser le principe d’un épaulement diplomatique de notre effort actuel de réarmement. Elle pourrait nous permettre d’adapter notre diplomatie aux grands bouleversements du monde.”

QAG – Narco-État vénézuélien, quelles réponses de la France ?

Ce 7 janvier, lors de la séance des questions d’actualité au Gouvernement, j’ai rappelé les conclusions sans ambiguïté de la commission d’enquête du Sénat : le Venezuela est aujourd’hui un narco-État, au sein duquel le sommet du pouvoir est directement impliqué dans le trafic de cocaïne à destination des Antilles et du territoire français.

Gel des avoirs du clan Maduro, changement de gouvernance, libération des prisonniers politiques : la transition démocratique prendra diverses formes. C’est dans cet esprit que j’ai interrogé notre gouvernement sur les initiatives qu’il envisage dans cette voie.

Je remercie Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité de la France, pour les éclaircissements.

VERBATIM de mon intervention

Monsieur le Ministre,

L’arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis, confirme ce que la commission d’enquête du Sénat a souligné en 2024 : le Venezuela est un narco-État, où le sommet du pouvoir, est directement impliqué dans le trafic de cocaïne vers les Antilles et le territoire français.

Dès le 31 octobre 2019, j’ai présenté une résolution pour le groupe Union centriste adoptée à une majorité écrasante, appelant la France à empêcher notre pays de devenir un sanctuaire pour les avoirs du régime.

Depuis plus de 10 ans, ce régime de terreur, soutenu par la Russie, la Chine, l’Iran et Cuba, a persisté dans ses violations, malgré les alertes répétées du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et victorieuse des primaires avec 93 % des voix en octobre 2023, a été arbitrairement empêchée de se présenter par Maduro.

Malgré cela, le peuple vénézuélien a massivement élu Edmundo González Urrutia avec plus de 70 % des suffrages.

Le Président de la République a déclaré samedi : « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. »

Pourtant, le régime demeure en place, et la répression se poursuit.

À une heure d’avion du Venezuela, via la Guyane, la France est le seul pays européen présent en Amérique latine : elle a un devoir de clarté et de leadership.

Comment le gouvernement entend-il prendre avantage de l’arrestation de Maduro pour soutenir activement la transition démocratique ?

Quelles sanctions ciblées seront imposées dès cette semaine pour exiger la libération immédiate des prisonniers politiques et le démantèlement de l’appareil répressif ?

En particulier, allez-vous geler ou saisir les avoirs et biens situés en France de Nicolás Maduro et de ses principaux soutiens, à l’image de ce que vient de décider la Suisse ?

Rejet Mercosur (5/5) – Explication de vote – Vidéo 1’07

Refuser l’accord, ce n’est ni protéger notre agriculture ni défendre l’environnement : c’est renoncer à tout levier d’influence et abandonner l’Amérique latine à des puissances qui n’ont ni nos standards ni nos valeurs.

VERBATIM

Il apparaît clairement, dans cet hémicycle, que je suis isolé.

Mais, vous l’avez remarqué, cet isolement, je l’assume.

J’ai parlé pour nos entreprises, pour nos PME, pour nos chambres de commerce bilatérales, pour tous ceux qui, sur le terrain, créeront de l’emploi et de la valeur grâce à l’accord Mercosur.

Sous couvert de principes, cette résolution organise un repli stratégique.

Refuser l’accord, ce n’est ni protéger notre agriculture ni défendre l’environnement : c’est renoncer à tout levier d’influence et abandonner l’Amérique latine à des puissances qui n’ont ni nos standards ni nos valeurs.

Une Europe souveraine ne se marginalise pas.

Elle conclut des accords et impose ses règles.

Je veux rendre hommage à toutes celles et ceux qui se battent pour que la France et l’Europe soient plus fortes, plus présentes, plus influentes dans le monde.

C’est pour eux, et par responsabilité, que je voterai contre cette résolution.

Rejet Mercosur (4/5) – Amendement de repli – Vidéo 1’50

J’ai défendu un amendement de repli qui propose de réécrire l’alinéa 50, en ces termes : “Demande au Gouvernement de veiller à ce que les intérêts français soient pris en compte dans le cadre de la signature de l’accord de partenariat entre l’Union européenne et le Mercosur, et de l’accord intérimaire sur le commerce entre l’Union européenne et le Mercosur“.

Cette nouvelle rédaction a pour objet d’en atténuer la portée injonctive. L’amendement substitue à une logique de blocage une formulation équilibrée, invitant simplement l’exécutif à veiller à la défense des intérêts français – notamment agricoles, environnementaux et sanitaires. Lire l’amendement n°5

VERBATIM

Mes chers collègues,

Défendre les intérêts de la France, ce n’est pas lâcher la proie pour l’ombre.

Ce n’est pas sacrifier le réel à l’illusion, ni confondre le geste spectaculaire avec l’efficacité politique.

Défendre les intérêts français, ce n’est pas dresser des murs verbaux ni s’enfermer dans le refus.

Ce n’est pas davantage s’allier avec les tenants du moins d’Europe, pour bloquer l’Europe.

Car moins d’Europe, ce n’est jamais plus de France.

C’est moins de règles communes, moins de protection collective, moins de capacité à imposer nos standards agricoles, sanitaires et environnementaux.
Notre agriculture souffre, oui.

Elle souffre d’abord d’une concurrence faussée au sein même de l’Union.

À force d’écraser nos producteurs, par des charges et des normes plus lourdes, ils perdent des parts de marché face à leurs concurrents européens.

Il est illusoire de vouloir imposer nos sur-transpositions en clauses miroirs.

Le modèle n’est ni enviable par nos partenaires européens, ni par les partenaires du Mercosur.

Refuser toute négociation, brandir le veto comme un étendard, ce serait renoncer à peser, renoncer à corriger, renoncer à défendre concrètement nos filières.

Ce serait abandonner la table où se décident les règles pour ensuite déplorer qu’elles nous échappent.

Cet amendement dit une chose simple et forte : vigilance sans renoncement, fermeté sans isolement.

Il choisit l’influence plutôt que le repli, l’Europe comme levier et non comme bouc émissaire.

C’est ainsi, et seulement ainsi, que l’on sert réellement les intérêts de la France.

Rejet Mercosur (3/5) – Suppression de la résolution – Vidéo 1’55

Mon amendement, défendu ce 16 décembre, proposait de supprimer l’alinéa 50 appelant le Gouvernement à s’opposer à l’accord UE–Mercosur, rédigé en ces termes : “Demande, en conséquence, au Gouvernement de s’opposer à l’adoption des propositions de décisions relatives à la signature et la conclusion de l’accord de partenariat entre l’Union européenne et le Mercosur, ainsi qu’aux propositions de décisions relatives à la signature et à la conclusion de l’accord intérimaire sur le commerce entre l’Union européenne et le Mercosur.

Une telle position affaiblirait la stratégie commerciale et géopolitique de la France et de l’Union européenne. Dans un contexte de compétition mondiale, l’Amérique latine est une région clé où la France a intérêt à renforcer sa présence plutôt qu’à se retirer. Lire l’amendement n°3

VERBATIM

Mes chers collègues,
Supprimer cet alinéa 50 n’est pas un recul.
C’est un acte de courage.
Un acte de lucidité.

Cet alinéa demande au Gouvernement de s’opposer à un accord stratégique.
Il transforme la politique en posture.
Il transforme le possible en impossibilité.
Il ferme des portes que la France et l’Europe doivent ouvrir.

La France n’est pas absente du Mercosur.
Elle y est présente.
Elle y est forte.
Elle y est leader.

Nos entreprises sont le premier employeur étranger au Brésil.
Des centaines de milliers d’emplois.
Des chaînes de valeur entières.
Une réussite que nous devons protéger.

Cette réussite ne tombe pas du ciel.
Elle repose sur nos chambres de commerce à l’international.
Elle repose sur nos conseillers du commerce extérieur.
Ces hommes et ces femmes accompagnent nos PME.
Ils sécurisent nos investissements.
Ils ouvrent des marchés difficiles.
Ils ne reculent pas.
Ils avancent.

Supprimer cet alinéa, c’est leur dire : vous avez raison.
La Team France de l’export n’est pas un mot creux.
La diplomatie économique se fait sur le terrain, pas dans les discours.

Refuser ce choix, c’est laisser la Chine et les États-Unis remplir le vide.
C’est céder l’Amérique latine.
C’est faire reculer l’Union européenne.
C’est affaiblir notre capacité collective.
C’est servir ceux qui veulent diviser l’Europe.
C’est perdre l’accès aux terres rares et ressources critiques, indispensables à nos industries, à notre transition énergétique, à notre souveraineté.

De Gaulle le rappelait : « La France ne peut être la France sans la grandeur. »
La grandeur, aujourd’hui, c’est l’influence.
La grandeur, c’est la constance.
La grandeur, c’est soutenir nos entreprises, nos exportateurs, notre économie, avec l’Europe à nos côtés.

Supprimons cet alinéa.
Pour que la France reste une puissance qui agit, qui négocie, qui compte.
Pour que nos succès deviennent notre force.
Pour que nos enfants héritent d’une nation et d’une Europe qui osent.

Rejet Mercosur (2/5) – Exception d’irrecevabilité – Vidéo 3’25

Ce 16 décembre, j’ai défendu l’exception d’irrecevabilité que j’ai déposée en soutenant que la résolution demandant au Gouvernement de bloquer l’accord UE–Mercosur est contraire à la Constitution et aux compétences européennes. En outre, elle excède le rôle du Parlement en formulant une injonction diplomatique, alors que la politique étrangère relève de l’exécutif (art. 52) et que la politique commerciale est une compétence exclusive de l’Union européenne. Lire Lire mon argumentaire pour justifier mon exception d’irrecevabilité.

VERBATIM

Mes chers collègues,
Avec cette motion, nous ne débattons pas ici du fond de l’accord Mercosur.
Nous débattons du respect de notre Constitution.
Et sur ce terrain, il ne peut y avoir ni hésitation ni ambiguïté.

Cette proposition de résolution franchit une ligne rouge.
Elle dépasse le rôle du Parlement.
Elle demande au Gouvernement ce qu’il ne peut légalement pas faire.

Le dire clairement n’est pas mépriser les inquiétudes agricoles.
C’est refuser de travestir le droit pour apaiser une colère.

La politique étrangère et commerciale relève de l’exécutif.
C’est l’article 52 de notre Constitution.
Ce n’est ni une option, ni une nuance.
C’est un principe fondamental de séparation des pouvoirs.

Or que fait cette résolution ?
Elle ne se contente pas d’exprimer une opinion.
Elle intime une injonction diplomatique.
Elle exige un veto national là où la France n’a pas de veto juridique autonome.

Nous mélangeons ici politique nationale et compétences européennes.
C’est juridiquement inacceptable.
La politique commerciale est une compétence exclusive de l’Union européenne.
Le Parlement le sait.
Le Gouvernement le sait.
Et pourtant, on fait semblant de l’ignorer.

Adopter ce texte exposerait le Sénat à une contradiction constitutionnelle grave.
Et plus encore, cela fragiliserait la parole de la France à Bruxelles.
Car on ne peut prétendre orienter l’Union européenne lorsque l’on est minoritaire.
Jean Monnet l’avait compris avant tout le monde :
« L’Europe se fera dans les crises, mais seulement si les États acceptent de jouer collectif. »

Aujourd’hui, le Gouvernement demande le report à Bruxelles.
Non par stratégie européenne.
Mais par crainte des manifestations.
Ce n’est pas une politique.
C’est une suspension de décision sous pression.

Mais le Sénat ne peut devenir l’amplificateur institutionnel de cette hésitation.
Encore moins en adoptant un texte sans portée juridique, sans effet réel, mais à fort impact diplomatique négatif.

Soyons lucides :
Il s’agit moins de défendre des principes que de produire un affichage symbolique.
Un affichage dangereux.
Pour la France.
Pour l’Europe.
Pour la crédibilité de nos institutions.

Robert Schuman rappelait que « l’Europe ne se construira pas contre les nations, mais avec elles, dans le respect des règles communes ».
En votant cette résolution, nous ferions l’inverse :
Nous affaiblirions les règles.
Nous brouillerions les responsabilités.
Nous créerions un précédent institutionnel que nous regretterions.

Le Sénat est une chambre de sagesse.
Pas une chambre de contournement constitutionnel.
Dire non aujourd’hui, ce n’est pas ignorer les inquiétudes.
C’est refuser de dégrader l’État de droit pour calmer la rue.

Pour toutes ces raisons, cette motion d’irrecevabilité doit être adoptée.
Par cohérence.
Par responsabilité.
Par fidélité à notre Constitution.

Rejet Mercosur (1/5) – Motion de rejet – Vidéo 3’

Devant Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité de France, j’ai défendu la question préalable que j’ai déposée, ce 16 décembre, qui vise à interrompre l’examen de la résolution appelant la France à s’opposer à l’accord UE–Mercosur, car une telle position affaiblirait gravement les intérêts stratégiques, économiques et agricoles français. Lire lire mon argumentaire pour justifier le rejet de la résolution.

VERBATIM

Mes chers collègues,
Nous ne sommes pas réunis pour choisir le confort.
Nous sommes réunis pour choisir l’avenir.

Cette résolution demande au Gouvernement de bloquer l’accord UE–Mercosur.
Elle se présente comme protectrice.
Elle est, en réalité, une faute stratégique.

L’histoire est sévère avec les nations qui se retirent du monde.
Victor Hugo l’aurait dit ainsi : on ne se protège pas en fermant les portes, on s’ensevelit.
Refuser cet accord, ce n’est pas résister.
C’est s’effacer.

Pendant que nous hésitons, d’autres avancent.
Les États-Unis.
La Chine.
Sans clauses sociales.
Sans exigences environnementales.
Sans nos valeurs.

Le commissaire européen au commerce l’a rappelé clairement : rejeter cet accord affaiblirait durablement la crédibilité économique de l’Europe.
Un continent qui négocie 25 ans pour finalement reculer envoie un message de renoncement.
Et le monde le comprend très bien.

Regardons les faits.
Les entreprises françaises ont à gagner.
Beaucoup à gagner.

Un marché de 270 millions de consommateurs.
Des droits de douane qui tombent.
Jusqu’à 80 % sur certains produits.
De l’industrie.
De l’emploi.
De la croissance sur notre sol.

Et contrairement aux caricatures, l’agriculture française n’est pas condamnée.
Elle ne représente qu’1% de notre PIB.
Elle aussi est parfois gagnante.

Prenons les viticulteurs qui représentent un cinquième de notre agriculture.
Pas en théorie.
Dans la réalité.

Aujourd’hui, nos vins sont lourdement taxés en Amérique du Sud.
Demain, ces barrières disparaissent.
Des professionnels le disent eux-mêmes : les exportations pourraient augmenter de 50 %.
Cinquante pour cent.
Ce n’est pas un slogan.
C’est un débouché.
C’est de la valeur ajoutée.
C’est de l’emploi dans nos territoires viticoles.

Refuser l’accord, ce n’est pas sauver nos agriculteurs.
C’est les priver de marchés.
C’est les condamner à regarder les autres vendre à leur place et à arracher leurs vignes.

On nous dit : « l’environnement ».
Mais sans accord, aucun levier.
Aucune contrainte.
Aucune pression.

Signer, c’est pouvoir exiger.
Refuser, c’est renoncer.

Victor Hugo écrivait que l’avenir appartient à ceux qui osent.
Aujourd’hui, on nous propose de ne rien oser.
De bloquer.
D’attendre.
De reculer.

Oui, les sénateurs sont sous pression.
Oui, le Gouvernement est prudent.
Mais l’intérêt national ne se décide pas dans la peur.

Une Europe qui renonce à ses accords n’est pas souveraine.
Elle est marginalisée.

Ne poursuivons pas cette délibération.
Non par naïveté.
Mais par responsabilité.

Pour que la France reste une puissance qui échange.
Qui influence.
Qui vend.
Et qui avance.