Accueil      En circonscription      Sénat      Bilan de mandat      Revue de Presse          Parcours      Contact     
    

Edito : Never blame, never complain*

Lire : l’INFOLETTRE n°253 – Décembre 2025 – Janvier 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Never blame, never complain*
*Ne jamais blâmer, ne jamais se plaindre

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

Fruit de mon expérience professionnelle, je me suis toujours imposé une ligne de conduite simple et exigeante face à l’adversité : Never blame, never complain. Ne jamais se réfugier dans la plainte. Ne jamais céder à la tentation de la dénonciation stérile. Toujours préférer l’action à l’indignation confortable.

C’est pourquoi j’ai été sincèrement satisfait d’entendre le président de la République, devant les ambassadeurs, exprimer avec clarté le refus de deux impasses majeures. D’abord, le refus de l’impuissance morale, qui consiste à commenter le monde sans jamais chercher à l’influencer. Ensuite, le refus de la vassalisation, cet alignement passif sur les puissances dominantes qui finit toujours par affaiblir ceux qui s’y soumettent.

Le choix assumé est inverse : agir, pour se donner les moyens d’une France et d’une Europe, puissances lucides et actrices de leur destin. Mais l’autonomie stratégique n’est pas un slogan. Elle suppose des moyens, de la constance et une vision de long terme.

La diplomatie sans armée, c’est une justice sans police. Staline raillait le Vatican en demandant : « Combien de divisions ? » La formule est brutale, mais elle rappelle une vérité simple : la crédibilité internationale repose sur des capacités réelles. La loi de programmation militaire et la surmarche prévue pour 2026 en sont une illustration indispensable.

Pour autant, la diplomatie ne saurait être le parent pauvre de l’effort national. Depuis plusieurs années, je porte au Sénat l’idée d’une programmation pluriannuelle des moyens de la diplomatie, à l’image de ce que nous faisons pour la défense.

Je me réjouis donc que le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ait évoqué la perspective d’une loi d’orientation, à l’issue d’un chantier associant parlementaires et parties prenantes.

C’est une nouvelle innovation de Jean-Noel Barrot, pour adapter notre diplomatie aux bouleversements du monde ; pour garantir que le Quai d’Orsay, première mairie de France, continue d’offrir un service public exemplaire à nos compatriotes ; et enfin, pour fixer des objectifs clairs et une perspective budgétaire aux acteurs du réseaux de la diplomatie d’influence (AEFE, Instituts français…).

À l’aube de cette nouvelle année, je forme pour chacune et chacun d’entre vous des vœux sincères de santé, de réussite et d’engagement. Je vous souhaite une excellente lecture de cette première infolettre de l’année, qui s’inscrit pleinement dans cet esprit : agir, plutôt que se plaindre ; construire, plutôt que commenter.

“Never blame, never complain”.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

HOMMAGE
. Drame de Crans-Montana

VOEUX
. Très belle année 2026 !
. RÉTROSPECTIVE 2025 – Vidéo 4’10
. XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du Président
. XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du ministre

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. PLF2026 – PELF : Le Pass enfant langue française : une promesse en suspens, une solution en attente
. CA AEFE (18/12/25) – Déclaration ANEFE
. AEFE : Soutien à la démarche de la MLF et des écoles partenaires
. Rencontre avec le nouveau directeur des impôts des non-résidents
. France Volontaires

EN CIRCONSCRIPTION
> LUXEMBOURG (13–15 nov. 2025)
> SUISSE – Berne, Genève (20-22 nov. 2025)
> KENYA – Nairobi (4-6 déc. 2025)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Brexit, HongKong : quel bilan ?

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Rejet Mercosur (1/5) – Motion de rejet
. Rejet Mercosur (2/5) – Exception d’irrecevabilité
. Rejet Mercosur (3/5) – Suppression de la résolution
. Rejet Mercosur (4/5) – Amendement de repli
. Rejet Mercosur (5/5) – Explication de vote
. QAG – Narco-État vénézuélien, quelles réponses de la France ?
. Nicolás Maduro est sous les verrous
. Délégation Union européenne – Serbie
. Conférence de l’EFTA : la liberté d’expression de Taiwan menacée par la liberté d’oppression de Pékin
. Taiwan : La France suit avec préoccupation les exercices militaires chinois
. IMEC : Un projet Win–Win–Win !
. Le Somaliland reconnu comme un “État souverain” par Israël
. RCA / “Africa Ti l’or”, la bière qui pourrait bien vous mettre en bière (réponse à ma question écrite)

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. PLF 2026 – Cybersécurité : Mais où sont les stratégies promises ?

SÉNAT – NARCOTRAFIC
. Narcotrafic – MILDECA

MÉDIAS
. “Cybersécurité de nos hôpitaux, une mission de l’État ?” (ITforBusiness – 24/12/2025)
. Budget & Mercosur (Public Sénat – 19/12/2025 – Vidéo 26’)
. Olivier Cadic : “Notre responsabilité d’élu, c’est d’ouvrir des portes, pas de construire des murs” (Public Sénat – 15/12/2025 – Vidéo 41’30)

Découvrir l’InfoLettre n°253

PLF2026 – PELF : Le Pass enfant langue française : une promesse en suspens, une solution en attente – Vidéo Q/R (3’05)

Dans le cadre des débats du projet de loi de finances, j’ai défendu, ce 10 décembre, un amendement concernant l’avenir du dispositif Pass enfant langue française.

Je remercie le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, pour sa réponse détaillée (ci-dessous) et pour la transmission prochaine de l’évaluation, qui permettra d’engager enfin une discussion claire sur les suites à donner au PELF.

VERBATIM – QUESTION – Olivier Cadic

Le Pass enfant langue française, annoncé en 2022 par le président de la République, devait apporter une solution pour 80% des enfants français qui vivent à l’étranger et qui ne sont pas scolarisés dans le réseau AEFE.

Beaucoup d’entre eux ne maîtrisent pas notre langue.

Un premier million d’euros avait été inscrit au PELF 2024, mais l’an dernier, le gouvernement a suspendu ce dispositif dans l’attente d’une évaluation annoncée pour le printemps dernier. Nous sommes en décembre, cette évaluation n’a toujours pas été publiée. Sauriez-vous, monsieur le ministre, quand nous l’aurons ?

Cet amendement, en attendant, propose de redéployer 300.000 euros pour permettre à la DFAE de conduire, via nos consulats, une enquête fiable fondée sur un outil d’évaluation linguistique fourni par un Institut français. Elle permettra enfin de mesurer pays par pays le nombre d’enfants qui ne maîtrisent pas le français et de préparer le déploiement effectif du PELF dans un prochain budget.

VERBATIM – RÉPONSE – Jean-Noël Barrot, ministre

Monsieur le Président, monsieur le sénateur, il y a bien eu une expérimentation qui a été conduite, vous l’avez rappelé, entre l’automne 24 et l’été 25, dans quatorze pays pilotes au profit d’agents âgés de six à onze ans. Comme le montre l’évaluation qui a été conduite cet été et qui pourra vous être communiquée, cette expérimentation a donné des résultats positifs, mais contrastés par rapport aux objectifs qui avaient été fixés. Si elle a permis de constater l’existence d’une demande, 203 groupes hebdomadaires mis en place accueillant 1182 enfants, elle a également mis en évidence plusieurs limites en termes de niveau de langue et de disponibilité des familles à prendre en charge la poursuite des cours. Seuls 28% des parents s’y disent disposés. Dans ce contexte et compte tenu du budget nécessaire pour étendre le dispositif à l’ensemble des pays, qui est estimé à minima à trois millions d’euros, le PELF n’a pas été reconduit en 2025, ni à ce stade dans le PLF 2026, il convient d’examiner les suites qui pourraient être données à cette expérimentation à travers une offre locale adaptée, avec une contribution financière modeste de la part des parents, un accompagnement des parents souhaitant poursuivre l’apprentissage du français par leur enfant, selon un autre dispositif, par exemple grâce à une association FLAM ou encore de nouveaux pays ciblés au cas par cas, au titre d’opérations de promotion du français. Et donc, dans l’attente d’une discussion autour de l’évaluation qui a été menée, je vous propose, comme l’a fait la rapporteure, de retirer votre amendement.

Edito : Jean-Noël Barrot : Une diplomatie française en mouvement, entre modernité et ambition

Lire : l’INFOLETTRE n°252 – Novembre-Décembre 2025Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Jean-Noël Barrot : Une diplomatie française en mouvement, entre modernité et ambition

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

La France, puissance d’équilibre et de dialogue, doit incarner une diplomatie à la hauteur des défis du XXIᵉ siècle. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les crises climatiques et les ingérences étrangères, une diplomatie moderne exige des moyens à la mesure de ses ambitions.

La diplomatie est à la Défense ce que la justice est à l’Intérieur : un pilier indispensable. Depuis son arrivée à la tête du Quai d’Orsay, Jean-Noël Barrot a impulsé une dynamique sans précédent. La stratégie French Response contre la désinformation, la lutte renforcée contre les narco-trafics, ou encore le sommet France-Afrique au Kenya en 2026 illustrent une volonté claire : réinventer notre partenariat avec l’Afrique et renforcer notre influence. Les Assises de la diplomatie parlementaire et de la coopération décentralisée complètent cette vision, en mobilisant tous les acteurs de notre rayonnement.

Ces avancées méritent d’être amplifiées.

Pourtant, un domaine cristallise les tensions : l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Avec 12 % du budget de l’action extérieure et des subventions passées de 200 à 400 millions d’euros en 15 ans, son modèle économique est devenu insoutenable.

Seuls 20 % des élèves scolarisés dans son réseau sont français, et les classes moyennes en sont progressivement exclues. La réforme engagée par Jean-Noël Barrot doit reposer sur trois principes : un juste coût, un juste prix, et une cohérence tarifaire internationale.

L’enjeu ? Réorienter les subventions vers les bourses et les outils garantissant l’accès à la langue et à la culture pour tous les enfants français.

Nos compatriotes de l’étranger, souvent sous-estimés, forment un réseau d’influence unique. Leur engagement quotidien renforce le rayonnement de la France. Il est temps de les considérer comme des partenaires stratégiques, et non comme des bénéficiaires passifs.

Si l’augmentation symbolique de 0,01 % des crédits (3,45 milliards d’euros) peut sembler modeste, l’ambition portée par Jean-Noël Barrot transcende ces contraintes. Preuve en est : il a été récompensé ce 10 décembre par le prix CEPR du décideur politique de l’année 2025, en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à l’élaboration des politiques publiques.

Sous son impulsion, j’observe que la diplomatie française avance, alliant rigueur budgétaire et vision stratégique. Le cap est tracé : celui d’une France offensive, moderne et solidaire.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

HOMMAGE
. Attentats du 13-Novembre 2015

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. PLF2026 – Action Extérieure de l’État – Discussion générale
. MEAE – Assises de la diplomatie parlementaire
. Budget 2026 – DFAE, AEFE, projets immobiliers
. IPAC – Procès de Jimmy Lai – Réponse du Président de la République

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. Face aux risques : lancement du guide « Tous responsables »
. Enseignement du français : ma question écrite sur l’avenir du dispositif “PELF”
. CA de l’AEFE (27/11/25) – Déclaration de l’ANEFE
. Accueil des élèves du Collège du Léman – International School
. TV5Monde au service du rayonnement culturel francophone

EN CIRCONSCRIPTION
> ÉTATS-UNIS – Floride / Miami (24-27 oct. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Illinois / Chicago (28-29 oct. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Massachusetts / Boston (30 oct. – 01 nov. 2025)
> ÉTATS-UNIS – New York (2-4 nov. 2025)
> PAYS-BAS – Amsterdam (6-7 nov. 2025)
> ROYAUME-UNI – Londres (8-12 Nov. 2025)
> DANEMARK – Copenhague (12 nov. 2025)

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. Cybersécurité – L’État doit renforcer sa culture qualité
. Cybersécurité et ingérences étrangères – SGDSN, ANSSI et VIGINUM
. Cybersécurité – Olvid

SÉNAT – BUDGET & IA
. PLF2026 – Mon amendement pour supprimer le CEHR
. PLF2026 – Mon amendement en faveur d’un “Bouclier fiscaL”

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Institut français – Lancement de la Saison de l’Ukraine
. Taiwan – Visite du ministre François Wu
. Taiwan – Un budget de défense exceptionnel
. La France au rendez-vous de la nouvelle économie irakienne
. Roumanie – Fête nationale
. Japon – Hommage à S.E. Makita Shimokawa
. Liban – Fête nationale

MÉDIAS
. Olivier Cadic : “Les Jeux Olympiques ont réussi puisqu’on les a préparés, la guerre c’est pareil” (Public Sénat – 03/12/2025)
. Le Service volontaire sera-t-il utile ? (France24 – 27/11/2025)
. “Déploiement d’un service militaire volontaire ?” (Public Sénat – 21/11/2025)
. Olivier Cadic : “Flam est ce que la démocratie participative peut faire dans sa plus belle expression” (Françaisdanslemonde.fr – 15 nov. 2025)
. “Nouvelle pratique mafieuse à Marseille ?”– Le Temps (Suisse) – 14 nov. 2025)
. Olivier Cadic : « “La France, comme tous les autres pays, est victime d’ingérences étrangères extérieures” (Public Sénat – 06/11/2025)

Découvrir l’InfoLettre n°252

PLF2026 – Action Extérieure de l’État – Discussion générale (Vidéo 8’15)

Intervention ce 9 décembre, au nom du groupe UC sur le budget de la mission “Action Extérieure de l’État” (programmes 105, 151 et 185).

Pourquoi notre diplomatie mérite mieux qu’une stagnation budgétaire ?

Comment moderniser l’action consulaire, réformer l’AEFE et renforcer l’influence française à l’étranger ?

Dans cette intervention au Sénat, j’aborde sans détour les points forts, les urgences et les réformes nécessaires pour que la France reste une puissance d’équilibre.

Je salue l’engagement de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, pour une diplomatie moderne efficace.

VERBATIM

Monsieur/Madame la Présidente,
Monsieur le Ministre,
Mes chers collègues,

Je souhaite ouvrir cette intervention en saluant votre engagement, Monsieur le Ministre.

Depuis plus d’un an, vous avez pris des initiatives structurantes, indispensables à la souveraineté diplomatique de la France : la stratégie French Response contre les campagnes de désinformation, un plan sans précédent de lutte contre les réseaux de narco-trafiquants, ainsi que deux Assises consacrées à la diplomatie parlementaire et à la coopération décentralisée.

Ces mesures dessinent les contours d’une diplomatie moderne : offensive, lucide, alignée sur les réalités géopolitiques contemporaines.

Il y a deux ans, nous célébrions ici même le réarmement diplomatique voulu par le Président de la République.

Aujourd’hui, avec 3,45 milliards d’euros en autorisations d’engagement, l’augmentation affichée est strictement symbolique : +0,01 %.

Soyons clairs : c’est trop faible pour un pays qui prétend incarner une puissance d’équilibre.

Pourtant, moins de trois ans après le lancement de l’Agenda de transformation du Quai d’Orsay, 85 % des recommandations ont été mises en œuvre.
Cet effort méthodique, rigoureux, commence à produire des résultats visibles.

Il mérite d’être consolidé, certainement pas fragilisé.

La diplomatie est à la Défense ce que la justice est à l’Intérieur : le complément indispensable.

Comment justifier d’augmenter massivement les budgets militaires tout en comprimant ceux dédiés à l’action extérieure, alors même
que la guerre est revenue au cœur du continent européen, que les ingérences se multiplient, et que les crises climatiques, sécuritaires ou énergétiques affectent déjà nos citoyens ?

Pour cette raison, le groupe Union Centriste refusera toute coupe supplémentaire sur cette mission.

Dans un contexte où la manipulation de l’information se professionnalise et où les ingérences étrangères deviennent systémiques, l’audiovisuel extérieur mérite plus que jamais notre soutien.

Notre diplomatie ne peut être seulement institutionnelle : elle doit aussi être stratégique, numérique, proactive.

Je veux saluer l’effort consenti en matière de communication stratégique.

La DPC atteindra près de 16 millions d’euros, permettant notamment de déployer dans nos postes des outils modernes de veille et de réponse informationnelle.

Dans ce combat, France Médias Monde et TV5 Monde jouent un rôle essentiel : promotion de la langue française, pluralisme culturel, lutte contre la désinformation.

Pourtant, comparé à leurs équivalents internationaux, leur financement demeure insuffisant. Il est temps de traiter cet outil comme un pilier d’influence, non comme un poste variable.

Je veux également saluer la décision d’organiser le sommet Africa France de 2026 au Kenya.

Choisir un pays anglophone est un signal politique fort : celui d’une stratégie africaine réorientée vers le partenariat, l’ouverture et la coopération économique.

Je reviens d’ailleurs de Nairobi, où j’ai pu mesurer les enjeux d’Africa France en participant à ma sixième fois cette année régionale des Conseillers du Commerce extérieur de l’année.

Les CCEF, tout comme les représentants des chambres de commerce françaises à l’étranger, représentent une formidable source d’inspiration pour notre action au parlement et en faveur de la diplomatie économique.

Je leur adresse toute ma gratitude pour ce qu’ils font chaque jour, pour la France, et pour nos partenaires dans leur pays d’accueil.

Concernant le programme 151 – Français de l’étranger et affaires consulaires, avec ma collègue Olivia Richard, nous sommes évidemment préoccupés par sa diminution globale, même si nous nous réjouissons de la hausse de 11,5 % des crédits dédiés au service consulaire.

C’est un investissement utile :
• état civil numérique,
• vote par internet,
• dématérialisation du renouvellement des passeports.

Ces avancées ne sont pas symboliques : elles améliorent concrètement et durablement la vie de nos compatriotes établis hors de France.

Je tiens aussi à saluer le leadership de Pauline Carmona, directrice des Français de l’étranger, toute la direction des Français de l’étranger et les consulats : la lutte contre la fraude produit déjà des résultats concrets.
Dans un seul pays : 265 dossiers réexaminés, 160 faux boursiers identifiés.

Preuve qu’une politique exigeante, appuyée sur l’accès aux données bancaires, fonctionne, comme l’a dit ma collègue Nathalie Goulet.

Permettez-moi maintenant d’être parfaitement clair :

Non, l’ANEFE, que j’ai l’honneur de présider, n’a pas été supprimée, comme je le lis à nouveau sur votre document budgétaire.

À l’occasion du 50ᵉ anniversaire de l’Association nationale des écoles françaises à l’étranger, notre ministre Eléonore Caroit l’a rappelé : l’ANEFE continue d’assumer une responsabilité financière déterminante, avec 230 millions d’euros garantis par l’État pour 35 établissements.

L’association s’est ouverte aux écoles non homologuées, afin que personne ne soit écarté.
Et je constate que pour la seule Tunisie, 7000 jeunes ont passé le baccalauréat en candidat libre cette année.

Et cela nous conduit au sujet central — l’éléphant dans la pièce.
Ou plutôt : le mammouth.

En 2008 déjà, élu des Français du Royaume-Uni, je déclarais :
« Si l’on transforme le réseau AEFE en cause nationale financée sans limite, nous verrons naître un nouveau mammouth. »

Eh bien, nous y sommes.
Le mammouth existe.
Et il a grossi.

L’AEFE représente 12 % du budget total de l’action extérieure de l’État.

Nous sommes passés de 200 à 400 millions d’euros de subventions.

Les subventions accordées aux 68 EGD équivalent de fait à attribuer des bourses à leurs élèves, sans condition de ressources ni condition de nationalité.

Cela avec une opacité sur les rémunérations des agents incompatibles avec l’exigence publique. Les dix premières rémunérations de l’AEFE atteignent en moyenne 23 000 euros par mois.

Ce modèle n’est plus soutenable — ni financièrement, ni socialement, ni stratégiquement.

Je salue donc la décision du gouvernement et les efforts des équipes du ministère pour engager enfin sa réforme.

Elle devra reposer sur trois principes :
✔ un juste coût : transparent, comparable entre établissements ;
✔ un juste prix : lisible et accessible pour les familles ;
✔ une cohérence tarifaire internationale.

Ce n’est pas une réforme technique :
C’est une réforme de survie.

Nous subventionnons un modèle qui scolarise moins d’un enfant français sur cinq à l’étranger.

Plus grave encore : les classes moyennes sont progressivement exclues.
Nous sommes passés de 131 000 élèves français à 121 000 en 10 ans.
Quant au nombre de boursiers, il a baissé d’un tiers en 3 ans, près de 30 000 à un peu plus de 20 000.

Aujourd’hui, l’AEFE reçoit 391 millions d’euros.

Les deux tiers bénéficient à des élèves étrangers.

Ce n’est pas conforme à la mission d’équilibre de l’AEFE.

Transférer la moitié de cette enveloppe vers les bourses permettrait d’en tripler l’effet et de réintégrer les classes moyennes françaises dans notre système.

Enfin, sur les 80 % d’enfants français non scolarisés dans le réseau, je l’ai souvent rappelé, beaucoup ne maîtrisent pas le français.

Pourtant, pour la deuxième année consécutive, les crédits du Pass Éducation Langue Française (PELF) sont suspendus. C’est un non-sens.

Je déposerai donc un amendement visant à mesurer la maîtrise du français par nos enfants, pays par pays. Sans mesure, il n’y aura ni stratégie, ni résultat.

Je veux saluer également le rôle essentiel des Alliances françaises et des associations FLAM, qui peuvent nous permettre un jour d’atteindre l’objectif que tous les enfants français à l’étranger puissent parler français.

Face aux contraintes budgétaires, nous devons mieux coordonner, mieux cibler, mieux mobiliser nos partenaires européens et internationaux.

Pour finir, je veux citer les propos de Nadia Chaaya, présidente du groupe les Indépendants tenus en octobre à l’AFE. Je la cite « Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers au sort de notre pays. Cette période de crise doit nous pousser à nous demander ce que nous pouvons apporter à la France, plutôt que ce que la France peut nous apporter ».

Nos compatriotes de l’étranger représentent un réseau unique d’influence, trop longtemps sous-exploité. Ils sont un atout stratégique et font notre fierté.
Je veux leur rendre hommage.

Pour toutes ces raisons, le groupe Union Centriste votera les crédits proposés pour la mission « Action extérieure de l’État ».

Je vous remercie.

Enseignement du français : ma question écrite sur l’avenir du dispositif “PELF”

Il y a deux ans, un dispositif inédit avait été adopté dans le budget de l’état pour permettre aux enfants français scolarisés hors du réseau de l’AEFE d’apprendre leur langue : le français. Ce premier pas, doté d’un petit million d’euros, représentait un début de solution face à un problème épineux auquel je m’attèle depuis le début de mon mandat : garantir à nos jeunes compatriotes l’accès à la maîtrise de notre langue.

L’an dernier pourtant, le PELF, Pass enfant langue française (*), a disparu du budget. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, m’avait alors assuré que la ligne de crédit n’était pas supprimée, mais simplement suspendue, dans l’attente des conclusions d’une évaluation en cours (compte rendu).

Nous sommes toujours dans l’expectative quant à cette évaluation…

Question n°06863 (publiée le 27/11/2025) : M. Olivier Cadic attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur l’évaluation du dispositif « Pass enfant langue française » (PELF).

Annoncé lors de la campagne présidentielle de 2022 et introduit dans la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, le PELF vise à permettre à des enfants français résidant à l’étranger, non scolarisés dans un établissement français, de renouer avec l’apprentissage de la langue française. Ce dispositif s’adresse potentiellement à 80 % des enfants français scolarisés hors du réseau de l’agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et concrétisait l’idée d’un « chèque éducation » qu’il a défendu chaque année lors des débats budgétaires depuis 2014.

Présenté pour la première fois au projet de loi de finances pour 2024, le PELF avait été doté d’un budget d’un million d’euros. Le ministre délégué avait décidé de confier cette mission au centre national d’enseignement à distance (CNED). En réalité, le budget a été utilisé pour offrir gratuitement 20 heures de cours de français à environ 500 enfants, âgés de 6 à 11 ans, inscrits au registre consulaire, non scolarisés dans un établissement d’enseignement français.

Dans sa réponse du 22 avril 2025 à une question écrite relative au même sujet (réponse à la question n° 3536, publiée JO Assemblée nationale du 22/04/2025 page 2907), le ministère indiquait que l’expérimentation du PELF, menée dans 16 pays volontaires, se poursuivrait jusqu’à l’été 2025 et que le ministère procéderait dès le printemps 2025 à l’évaluation du dispositif en vue de décider de son avenir.

Or, malgré cet engagement, aucune conclusion de cette évaluation n’a, à ce jour, été communiquée, alors même que les crédits du PELF ont été suspendus dans l’attente de cette analyse, comme l’a rappelé le ministre lors des débats du projet de loi de finances pour 2025 du 21 janvier 2025.

Dans ce contexte, et compte tenu des enjeux majeurs que représente la maîtrise du français pour nos jeunes compatriotes établis hors de France – en particulier pour l’inclusion citoyenne, l’accès aux services publics et le lien avec la Nation, il souhaite connaître : la date de finalisation de l’évaluation du dispositif PELF ; la date à laquelle cette évaluation sera transmise au Parlement ; les conclusions tirées par le ministère quant à l’avenir du PELF, qu’il s’agisse d’une reconduction, d’une adaptation ou d’une transformation vers un autre dispositif.

Il le remercie de bien vouloir lui apporter ces précisions attendues de longue date par les familles, les acteurs du réseau éducatif à l’étranger et les élus des Français de l’étranger.

Lire ma question écrite (JO Sénat du 27/11/2025 – page 5818)

(*) Précédemment nommé : Pass éducation langue française