Le groupe d’amitié France–Liban, présidé par ma collègue Christine Lagarde, a reçu ce 31 mars Rabih El Chaer, ambassadeur du Liban en France.

Cet échange a permis d’évoquer la situation extrêmement préoccupante du pays, aujourd’hui confronté à une nouvelle phase de violence armée.

Je me suis rendu à Beyrouth du 9 au 14 février dernier, aux côtés de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, où j’ai pu mesurer la détermination du président Joseph Aoun à remettre le Liban sur le chemin de la paix et de la prospérité.

L’ensemble des interlocuteurs rencontrés avaient exprimé une exigence claire : restaurer pleinement la souveraineté de l’État libanais, notamment par le rétablissement du monopole des armes au profit de l’armée.

Lors de son intervention, l’ambassadeur a apporté des éléments précis et éclairants sur les efforts engagés, notamment en matière de désarmement. Je tiens à saluer la qualité de ses échanges, empreints de franchise, de sens des responsabilités et d’un attachement manifeste à la stabilité et à la souveraineté de son pays.

Depuis mon déplacement, la situation s’est malheureusement dégradée : le Hezbollah a rouvert les hostilités avec Israël sans en informer le gouvernement ni le Parlement, et en contradiction avec la volonté du peuple libanais. Cette dynamique fragilise encore davantage les institutions et la stabilité du pays.

Dans ce contexte, le gouvernement libanais a pris des positions fortes, notamment en déclarant illégal le mouvement armé du Hezbollah.

J’ai également interrogé l’ambassadeur sur les conséquences de la décision courageuse du gouvernement de déclarer l’ambassadeur d’Iran persona non grata au Liban.

Face à ces défis majeurs, une question centrale demeure : comment la France peut-elle contribuer concrètement au renforcement des institutions libanaises et au retour d’un État pleinement souverain ?