Accueil      En circonscription      Sénat      Revue de Presse          Parcours      Me Contacter      Mes 31 défis
    

HEBDOLETTRE n°107 – ÉDITO : Candidature française aux Olympiades des métiers 2023 – ENQUÊTE : exprimez-vous sur l’avenir de l’Enseignement français à l’étranger – Emmanuel Macron veut que les FRANÇAIS de l’ÉTRANGER participent pleinement à « un nouveau rayonnement de la France » – Airbus à l’heure du BREXIT – Le CENTRE DE CRISE et de soutien a célébré ses 10 ans – Visite d’État au DANEMARK avec le Pdt de la République : Copenhague (28 au 29 août 2018) – En circonscription en GRÈCE : Rhodes (13 au 18 août 2018).

Lire : l’HEBDOLETTRE n°107 – 18 sept 2018Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’HebdoLettre n°107

« Nous serons la vitrine de cette excellence des métiers et de l’engagement que portent les jeunes au quotidien ». Cette ambition affichée par le président Emmanuel Macron, lors de la conférence des Ambassadeurs, pourrait paraitre bien sibylline à celui qui n’a jamais entendu parler des « Olympiades des métiers » ou WorldSkills Competition (WSC) dans son appellation internationale.

La WSC a lieu tous les deux ans et rassemble les meilleurs jeunes (< 23 ans) issus de près de 80 pays pour s’affronter dans 50 catégories de métiers artisanaux, industriels et numériques.

La France est candidate à l’organisation des WorldSkills 2023. C’est en Russie que l’été prochain, le 20 août précisément, 79 pays voteront pour choisir le pays hôte. J’espère bien qu’il échoira au nôtre de devenir, quatre jours durant, cette « vitrine de l’excellence des métiers », dont a parlé le Président de la République. Visuel HL101

C’est donc avec joie que j’ai accepté d’endosser le rôle d’ambassadeur WSC2023 que m’a proposé Michel Guisembert, président de WorldSkills France. Cet événement est plus qu’une compétition, selon lui, c’est un enjeu politique, économique et social.

Notre pays sait former les plus grands talents. Je m’en suis rendu compte aux Worldskills 2017, à Abu Dhabi, où notre formidable « Équipe de France des métiers » a remporté 12 médailles, dont 5 d’or. Nous avons mis à l’honneur nos champions avec Élisabeth Lamure, présidente de la Délégation sénatoriale aux entreprises, lors de la 3ème Journée des entreprises au Sénat, en mars dernier.

Notre excellence est ce qui s’exporte le mieux. Les Français de l’étranger sont bien placés pour le savoir. Emmanuel Macron a vu juste en mobilisant nos ambassadeurs pour appuyer cette candidature.

Je souhaite à chacun d’entre vous une rentrée vivifiante et conquérante. Découvrir l’HebdoLettre n°107


 

Emmanuel Macron veut que les Français de l’étranger participent pleinement à « un nouveau rayonnement de la France »

« Nos communautés françaises à l’étranger sont une richesse, une force. Nos réformes doivent leur être expliquées et elles doivent aussi être portées par elles (…) Les Françaises et les Français de l’étranger doivent participer pleinement de ce nouveau rayonnement de la France. »

29 aout, j’étais invité à l’Élysée pour assister au discours du président Emmanuel Macron en ouverture de la Conférence des Ambassadeurs et Ambassadrices.

Le thème de cette 26ème édition était « Alliances, valeurs et intérêts dans le monde d’aujourd’hui ».

Le Président a débuté son discours en mettant en avant l’importance des Français de l’étranger : « un atout pour la France ».

Dans la foulée, il a promis, dès cet automne, une réforme de l’enseignement français à l’étranger fondée sur une « réflexion en profondeur ». Nous savons que la députée Samantha Cazebonne a reçu la responsabilité de préparer un rapport sur le sujet.

Par ailleurs, Emmanuel Macron a prévu d’aller « au bout des simplifications attendues par nos concitoyens, en termes de démarches administratives et de vote en ligne ».

J’ai également pris acte que « La France sera candidate pour accueillir les Olympiades des métiers en 2023. » Je m’en réjouis car les responsables du comité d’organisation m’ont demandé d’être l’ambassadeur de cette candidature dans mes déplacements internationaux.

Cet événement planétaire (77 pays représentés aux derniers Worldskills à Abu Dhabi) permettra de valoriser le savoir-faire de nos filières professionnelles à travers nos jeunes talents (moins de 23 ans). Le président a incité le corps diplomatique à porter cette belle initiative.

Lire le discours d’Emmanuel Macron – Conférence des ambassadeurs et des ambassadrices – (Paris, 27/08/2018)

Visite d’État au Danemark – Copenhague (28-29 août 2018)

J’adresse toute ma gratitude au Président de la République, Emmanuel Macron, pour m’avoir invité à l’accompagner durant toutes les étapes de son voyage d’État au Danemark. La première visite d’un président français dans ce pays depuis 1982.

Ce fut un honneur d’avoir été présenté à S.M. Magrethe II, reine du Danemark, entourée de la famille royale. + d’images

Un déplacement mémorable.

Cérémonies officielles

Citadelle

A la Citadelle (Kastellet), le Président de la République et Mme Macron ont été accueillis par LL.AA.RR. Frederik et Mary de Danemark.

Emmanuel Macron a entamé sa visite d’État par un dépôt de gerbe au monument aux morts des opérations extérieures danoises depuis 1948.

+ d’images

Château de Christiansborg

Dîner d’État offert par S.M. la Reine Margrethe II en l’honneur du Président de la République et de son épouse.

La cérémonie de présentation des convives permet à chaque invité de saluer la Reine, la famille royale et les officiels.

Le château de Christiansborg était l’écrin idéal pour cette soirée solennelle et marquante. + d’images

Théâtre Royal

Réception de retour offerte par notre Président de la République en l’honneur de S.M. Magrethe II, reine de Danemark.

L’occasion pour le Président de la République d’adresser un hommage appuyé à notre ambassadeur François Zimeray, en poste pendant cinq ans à Copenhague.

Une véritable ovation lui a fait écho. + d’images

Ministre de l’Enfance et des Affaires sociales

Au Théâtre Royal, j’ai eu le plaisir retrouver Mai Mercado, ministre de l’Enfance et des Affaires sociales, lors de la réception offerte par notre Président en l’honneur de la reine du Danemark.

J’ai eu le privilège d’échanger avec Mai Mercado durant le diner d’État, la veille au château de Christiansborg, puisqu’elle était ma voisine de table.
.

Politique

Parlement

Le Folketing, Parlement danois, a arboré le drapeau tricolore pour la venue du président Emmanuel Macron qui s’est entretenu avec les chefs des partis, dans les bureaux de Pia Kjaersgaard, présidente du Parlement.

Lors de ses discours, Emmanuel Macron a aimé rappeler que certaines réformes qu’il souhaite engager ont été mises en pratique, depuis longtemps, au Danemark…

Notre rencontre avec le groupe parlementaire d’amitié France-Danemark a donné lieu à de fructueux échanges sur le futur de l’Europe et les défis auxquels nos deux pays sont confrontés. + d’images

Consultation citoyenne

Accompagné par Lars Løkke Rasmussen, Premier ministre du Danemark, notre chef de l’Etat a participé à des « Consultations citoyennes » auprès du public danois, en partenariat avec l’Université de Copenhague.

Le débat avec les étudiants a été modéré par Lykke Friis, vice-doyenne de l’Université de Copenhague.

En diverses occasions, Emmanuel Macron a rappelé les valeurs qui fondent l’Union européennes et cherché à partager une vision propre à créer un nouvel élan. Il a reçu à chaque fois un accueil enthousiaste. + d’images

Relations commerciales

Conférence économique

La conférence économique, au siège de Dansk Industrie, a été clôturée par le président Macron.

Avec 450 entreprises danoises implantées en France qui emploient 55.000 salariés, le Danemark est un pays qui compte pour notre économie.

Les chefs d’entreprises européennes ont participé à une table ronde pour signifier que l’Europe devait constituer une force et donc devenir plus imbriquée, notamment en unifiant son marché du numérique ou de l’énergie.

Le Président Macron a rappelé les réformes engagées depuis un an en France visaient à flexibiliser le marché du travail et favoriser l’innovation. Des réformes inspirées par le modèle danois. + d’images

Culture

Musée

Après la conférence économique, notre délégation française s’est rendue au musée Ny Carlsberg Glyptotek pour une rencontre avec des figures de la culture danoise.

Originellement, c’est le fils du fondateur de la brasserie Carlsberg qui a offert ses collections et laissé son nom au musée.

On peut y découvrir les tableaux des plus grands noms de la peinture française impressionniste et post-impressionniste, comme des antiquités égyptiennes, grecques et romaines.

La précédente visite d’un chef d’État français dans ce musée remontait à 1906… + d’images

Communauté française

Acteurs français

Au Théâtre Royal, Emmanuel Macron a fait une allocution pour remercier ses hôtes, en présence de nos compatriotes vivant au Danemark.

Parmi ceux-ci, j’ai été heureux de retrouver Marie-José Caron, conseillère AFE pour l’Europe du Nord et Pascal Badache, VP du conseil consulaire pour le Danemark. Marie-José m’a présenté divers acteurs de la communauté française de Copenhague. J’ai ainsi eu le plaisir de faire la connaissance d’Anaïs Lora, designer urbain, et de Dominic Bouche, professeur et spécialiste du Danemark.

Le Danemark est le pays où les gens sont les plus heureux, selon une étude internationale. Voilà un bel objectif pour la France ! + d’images

En circonscription en Grèce – Rhodes (13-18 août 2018)

Pour mon second déplacement en Grèce depuis le début de mon mandat (CR Athènes – mai 2017), je me suis rendu sur l’île de Rhodes dans le Dodécanèse.

La région Égée du sud sera la capitale gastronomique de l’Europe en 2019. Une belle occasion de faire partager ses produits d’appellation contrôlée. Préalablement, la région exposera pour la seconde fois au salon de l’alimentation SIAL à Villepinte, en octobre prochain.

A cette occasion, j’ai invité les exposants à se rendre au Sénat, ainsi que Aliki Moschis-Gauguet, consule honoraire, afin de promouvoir les échanges entre leur région et notre pays.

Autorités locales

Mairie de Rhodes

Entretien avec Fotis Chatzidiakos, maire de Rhodes, en compagnie d’Aliki Moschis-Gauguet, consule honoraire.

Le tourisme florissant de Rhodes a permis à la ville de ne pas ressentir la crise des huit dernières années aussi intensément que le reste du pays. Du reste, j’ai été frappé par la maitrise de l’anglais du personnel des hôtels et des taxis. Le maire m’a expliqué que des cours intensifs de langues étrangères étaient offerts aux habitants, pendant quatre mois d’hiver, grâce à une structure financée par la Région et la mairie.

Fotis Chatzidiakossouhaite que les entreprises françaises soient davantage présentes pour répondre aux appels d’offre de la municipalité : construction et gestion de parkings ou marinas, système d’incinération des déchets et de multiples projets de développement. + d’images

Conseil régional Égée du Sud

Accueilli par Filimonas Zannetidis, responsable Gastronomie et du secteur Primeur au conseil régional, en compagnie de Sotrillis Thomas, vice-gouverneur et de Heidi Lazani, directrice du cabinet du gouverneur, George Hatzimarkos.

Nous avons évoqué les défis auxquels la région Égée du sud qui comprend le Dodécanèse était confrontée avec un territoire éclaté en 49 îles !

La région sera capitale gastronomique de l’Europe en 2019. + d’images

Europe

Au cours de mes rencontres avec des interlocuteurs les plus divers, nous nous sommes mutuellement réjouis de la sortie de la Grèce du mémorandum, suite à la crise de la dette publique.

Si on compte les îles, la Grèce dispose de la ligne côtière la plus étendue d’Europe. Son message à l’Union européenne est que les îles sont chères à gérer. Les Grecs font preuve de solidarité avec l’Europe, en participent à la protection des frontières de l’UE. En 2016, l’île de Rhodes a accueilli 32.000 migrants. Personne n’en a parlé.

Chacun est convaincu que seule une approche collective permettra à l’Europe de répondre à ses défis.

Entrepreneuriat

Chambre de commerce

Réunion à la Chambre de commerce du Dodecanese avec Ioannis Pappou, président ; Nikolaos Papastamatiou, 1er vice-pdt ; Fedra Spanou, secrétaire générale ; Andonis Cambourakis, pdt de l’association des hôteliers de Rhodes.

La Chambre représente les 25.000 entreprises établies dans le Dodécanèse qui vivent directement ou indirectement du tourisme. A l’origine, ce sont les Français et les francophones qui ont été les premiers touristes sur l’île.

Il y a désormais 600 hôtels à Rhodes, sans compter les Bed & Breakfast ou les chambres louées sur internet. On estime le nombre de lits disponibles à 170.000. Mais désormais, les touristes français ne pointent plus qu’en 5ème position derrière les Allemands, les Anglais, les Scandinaves et les Russes.

Signe des temps, j’ai remarqué qu’il n’y avait plus aucun écriteau rédigé en français dans les ascenseurs des hôtels, au profit de l’anglais, l’allemand et le russe… + d’images

L’Éternel

Matthias Verdier et Alexandre Ronné ont ouvert, en juin 2018, un piano-bar baptisé l’Éternel disposant d’une terrasse d’où l’on peut contempler les toits de la vieille ville et le port qui abritait le fameux Colosse.

Ces deux entrepreneurs participent au rayonnement de la France en proposant des produits de nos terroirs : vins, fromages et charcuterie. Ils sont aussi des artistes, car ils interprètent chaque soir un répertoire musical varié.  Je leur adresse tous mes vœux de réussite. + d’images

Communauté française

Consule honoraire

Accueilli par Aliki Moschis-Gauguet, consule honoraire depuis 2006 pour le Dodécanèse et l’Égée du sud, j’ai découvert l’Auberge de France, ce lieu historique construit en 1492 dans la rue des Chevaliers. Après l’avoir rachetée aux Turcs en 1912, l’ambassadeur de France Maurice Bompard en fit don à la France. C’est donc dans le seul bâtiment restant de l’époque franque que la consule honoraire a choisi d’installer son bureau !

Comme tous les consuls honoraires, Aliki exerce ses responsabilités bénévolement auprès de 420 résidents permanents et 200.000 touristes français de passage chaque année pour faciliter leur séjour, les informer sur l’histoire de l’ile et, le cas échéant, les secourir.

Aliki Moschis-Gauguet a été élue par le Parlement européen en 2004 « Femme de l’Europe » pour sa contribution à la promotion du dialogue entre les différentes cultures de la Méditerranée. Elle est aussi Chevalier dans l’Ordre National du Mérite (2009). + d’images

Airbus à l’heure du Brexit

Alors que le Japonais Panasonic vient d’annoncer le transfert de son siège européen du Royaume-Uni vers les Pays-Bas, toutes les entreprises internationales installées outre-Manche s’interrogent sur la conduite à tenir face à un Brexit qui paraît désormais inéluctable.

Le constructeur aéronautique européen Airbus n’échappe pas à cette règle.

J’ai eu le plaisir de recevoir ses responsables, le 26 juillet au Sénat (à l’image:) Philippe Coq, secrétaire permanent des Affaires publiques, Annick Perrimond-du-Breuil, directeur des relations avec le Parlement et Bruno du Pradel, VP des Affaires publiques.

Notre entretien a porté sur l’impact du Brexit pour Airbus. Depuis quelques jours, la presse se faisait l’écho de « graves perturbations » prévisibles pour le groupe si le Royaume-Uni devait sortir brutalement de l’Union européenne (no deal). Les dirigeants m’ont confirmé que, dans tous les cas de figure, le Brexit obligera Airbus à repenser sa stratégie au Royaume-Uni et que, dès à présent, tout nouvel investissement sur place est examiné de manière très attentive.

Airbus compte 14.000 salariés outre-Manche, où il fabrique les ailes de ses avions. Un dicton britannique dit que « sans le Royaume-Uni, Airbus s’appellerait Bus ».

Fabriquer des ailes, c’est assembler une pluie de pièces détachées qui viennent du continent et c’est aussi un va-et-vient de salariés de l’ordre de 80.000 traversées de frontière par an. Demain, tout pourrait devenir un festival de surcoûts et de casse-têtes douaniers, réglementaires ou sociaux (que vont devenir les 1900 expatriés ?).

Pour résoudre ce type de problème dans l’industrie, il ne suffit pas de démonter une usine pour la remonter ailleurs, car il faut le temps de recréer tout un écosystème alentour.

J’ai été rassuré par les propos de Philippe Coq et Bruno du Pradel. Les industriels n’ont pas le choix. Ils prendront toutes les dispositions pour préserver leurs intérêts, même si c’est à regret. Un message clair pour les autorités britanniques.

Le Centre de crise et de soutien a célébré ses 10 ans

Incendies en Grèce, Séisme en Indonésie, catastrophe de Gênes, cet été le démontre encore, les drames ne prennent pas de vacances.

En juillet 2008, à l’initiative de Bernard Kouchner, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères s’est doté d’un outil pour répondre aux crises devenues de plus en plus fréquentes (sécuritaires, climatiques, humanitaires, politiques, sanitaires…).

Les trois derniers directeurs du CDCS venu témoigner d’une décennie de diplomatie de l’urgence : (g à d) Serge Mostura, Didier Le Bret et Patrice Paoli.

D’abord baptisée Centre de Crise, cette direction est née de la fusion de deux services : le premier en charge de la sécurité des Français de l’étranger, le second de l’action humanitaire.

Lorsque ses missions ont été élargies en 2014 vers l’accompagnement à la sortie de crise, son nom est devenu Centre de crise et de soutien (CDCS).

Lors de la journée anniversaire, le 10 juillet, j’ai été invité à la matinée de témoignages et de tables rondes. Il était émouvant d’entendre les trois directeurs successifs de ce centre atypique que Patrice Paoli nomme « l’urgentiste de la sécurité pour les Français de l’étranger », rappelant qu’il agit ensuite pour « la stabilisation afin d’aider à la sortie de crise ». Tout ceci avec un budget d’une vingtaine de millions d’euros seulement.

M. Paoli m’avait fait visiter ses installations en février 2017 et décrit les moyens dont il disposait pour donner assistance à nos compatriotes en détresse, partout dans le monde.

Le ministre Jean-Yves Le Drian a détaillé sur les deux grandes missions du centre : assurer la sécurité de nos ressortissants à l’étranger et répondre aux crises humanitaires.

J’avais noté que le CDCS était la seule administration certifiée Iso 9001 du MEAE ! Un fait qui pour moi n’a rien d’étonnant : c’est justement lorsqu’on est face à l’inconnu, l’imprévu et toujours en première ligne qu’il faut des procédures d’assurance-qualité exigeantes pour savoir quoi faire immédiatement. Ce qui n’exclut pas une adaptabilité de tous les instants.

Ce 10 juillet 2018 fut un jour d’hommage particulier pour les femmes et les hommes au service de l’urgence humanitaire. Patrice Paoli nous a révélé, à la tribune, que la crise qui avait le plus marqué au CDCS était 13 novembre 2015 : « un moment de fraternité extrêmement intense qui reste gravée dans nos mémoires… cela m’a changé ».

Ce centre est l’honneur et la grandeur du service public, a souligné en substance le secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne, dans son discours de clôture en rappelant le travail réalisé depuis une décennie (2008-2018) avec « humanité et professionnalisme ».

« 10 ans au Centre de crise et de soutien » VIDEO du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères – 10/07/2018 (6:17). Didier Le Bret, Serge Mostura et Patrice Paoli, les trois directeurs successifs du CDCS témoignent.

HEBDOLETTRE n°106 – ÉDITO : Benalla tralala – Mon intervention sur l’accord franco-autrichien relatif aux personnes en situation irrégulière : Vidéo (6:50) – Routes de la soie : peut-on croire au gagnant-gagnant avec la Chine ? – Edouard Philippe confie une mission à Samantha Cazebonne sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger – Groupe de suivi Brexit : le rapport du Sénat pointe un sérieux risque de « no deal » // les propositions du Sénat pour protéger les résidents européens // pourquoi je crois que le Brexit n’aura pas lieu – L’écho des CIRCOS : Juin 2018 + Juillet 2018 – En circonscription au ROYAUME-UNI : Bristol (16 juillet 2018) – En circonscription au PAYS DE GALLES (RU) : Cardiff (15 au 16 juillet 2018) – En circonscription en BELGIQUE : Bruxelles (14 juillet 2018) – En circonscription au ROYAUME-UNI : Londres (12 juillet 2018) – En circonscription en IRLANDE du NORD : Belfast (2-3 juillet 2018) – En circonscription en RÉPUBLIQUE d’Irlande : Dublin + Slane + Cavan (2 juillet 2018) – En circonscription en ITALIE : Rome (04 juin 2018)

Lire : l’HEBDOLETTRE n°106 – 02 août 2018Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’HebdoLettre n°106

Benalla tralala

En 2014, l’un des chauffeurs d’Emmanuel Macron s’est fait retirer son permis de conduire. Voulait-il faire du zèle auprès de son patron, fraichement nommé ministre de l’Économie ? Toujours est-il qu’il fut contrôlé à plus de 200 km/h sur l’autoroute, alors qu’il devait rejoindre le ministre en province. Le chauffeur est reparti à pied, tandis qu’Emmanuel Macron rentra à Paris grâce à une voiture de la Préfecture. Une affaire qui paraissait bien « embarrassante » pour le ministre, raillait alors le Parisien.

Solidaires, les collègues du chauffeur demandèrent au ministre Macron d’intervenir pour mettre un terme à la procédure de suspension de permis. Sa réponse a fusé : « ce chauffeur est un justiciable comme un autre et les consignes sont extrêmement claires : le Code la route doit être respecté ».

Cet excès de vitesse était révélateur de dysfonctionnements que connaissait le service des transports du secrétariat général de Bercy. Un audit sur l’organisation du travail des chauffeurs fut commandité, afin que le cas ne se reproduise plus.

Le comportement d’Emmanuel Macron marquait une nouvelle époque. Il tranchait avec les habitudes de son prédécesseur, Arnaud Montebourg, filmé en train de griller 12 feux rouges en trois minutes par le magazine Auto plus. Ce même ministre avait été pris en flagrant délit d’excès de vitesse en plein reportage, en octobre 2012, juste pour vanter un modèle de voiture « made in France ».

L’affaire Alexandre Benalla, révélée par Le Monde, illustre à son tour des dysfonctionnements au sein des services de l’Élysée. A un moment où l’opposition parlementaire se sentait politiquement anémiée, il était tentant pour elle d’exploiter cette faille qui laissait passer la lumière crue d’un évident manquement.

Deux commissions d’enquête parlementaire, deux motions de censure ! Mais surtout, on aura tout vu et tout entendu !
Visuel HL101
Parmi ceux qui parlent haut et fort, nous avons Marine Le Pen. Gardienne patentée de la morale républicaine, elle s’est exclamée que  » cette affaire Benalla révélait le projet d’une police parallèle qui dépend exclusivement du Président de la République « . Rien que ça ! C’est vrai qu’elle s’y connait en guise d’organisation sécuritaire, puisqu’elle a déclaré son garde du corps en qualité d’assistant parlementaire, ce qui leur vaut d’être mis en examen, tous les deux.

Autre saillie drolatique de la reine héritière du FN : le fonctionnement de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, présidée par LREM, lui donne l’impression d’être en Corée du Nord. Faux. La Corée du Nord est bien mieux disciplinée : personne ne dépose de motion pour censurer Kim Yong Un. On gagne du temps.

Il y a un an, deux tiers des Français ont pensé que la France méritait mieux que Mme Le Pen. Grâce à Emmanuel Macron, l’image de notre pays a été transformée à l’international. On peut même parler d’un véritable engouement, tout récemment conforté par la victoire des Bleus.

Cette image de cohésion retrouvée demeure friable, on l’a vu ces derniers jours, à l’heure où nous avons un besoin vital d’ambition et d’espérance collective.

Je vous souhaite à chacune et chacun un bel été. Découvrir l’HebdoLettre n°106

L’écho des circos / Juillet 2018

Argentine – Chine – Brésil – Égypte – États-Unis – Finlande – Liban – Macédoine – Madagascar – Nouvelle-Zélande et Monde

FINLANDE

Chambre de commerce (5 juillet)

A l’invitation de notre groupe d’amitié, présidé par Jean-François HussonPatrice Dano, président de la CCI franco-finlandaise a fait un point sur l’évolution des relations commerciales entre nos deux pays.
x
x

MONDE

ANEFE (5 juillet)

Entretien au Sénat avec André Ferrand, ancien sénateur des Français de l’étranger et président de l’ANEFE (Association nationale des écoles françaises de l’étranger) pour évoquer sa contribution à l’avenir de l’enseignement français à l’étranger.
x
x

ÉTATS-UNIS

Congressman Pittenger (6 juillet)

Robert Pittenger est membre du Congrès, où il préside le groupe de travail consacré au terrorisme et à la guerre non conventionnelle. J’ai partagé ma vision en matière de cyberdéfense. Il m’a invité à intervenir au Parliamentary Intelligence-Security Forum à Washington, en fin d’année.
x

MONDE

FAPEE : Assemblée Générale (6 juillet)

Participation à l’AG de la fédération des associations de parents d’élèves à l’étranger qui a élu François Normant à sa présidence. Échanges sur la politique éducative dans l’enseignement français à l’étranger (langues, réformes du lycée et du baccalauréat). Table ronde sur l’avenir du réseau de l’enseignement français.

NOUVELLE-ZÉLANDE

Nouvelle ambassadrice de France (10 Juillet)

Présidé par Jean-Marie Vanlerenberghe, le groupe d’amitié France-NZ a reçu la nouvelle ambassadrice de France à Wellington, Sylvaine Carta-Le-Vert, succédant à Florence Jeanblanc-Risler. Opportunité d’exprimer ma gratitude à Mme Carta-Le-Vert pour son action en qualité de consule générale à Londres.

CHINE

UFE Chine (10 juillet)

Venu de Chengdu, j’ai reçu Jean-Pierre Palier, président de l’UFE Chengdu. Nous avons parlé de la communauté française, de l’importance de son expérience au service de l’UFE pour aider nos compatriotes à s’implanter dans une ville en plein essor.
x

MONDE

Mémorial en hommage à nos soldats morts en Opex (10 juillet)

Lors de la réunion du groupe d’études « Sénateurs anciens combattants et de la mémoire combattante », Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, a annoncé la création d’un mémorial aux militaires tombés en opérations extérieures depuis 1963. Ce monument portera près de 600 noms et sera prochainement érigé au parc André Citroën à Paris.

BRÉSIL

Un pays en crise (11 juillet)

Rencontre au Sénat avec Anne-Marie Ballande, conseillère consulaire de Sao Paulo, établie à Curitiba dans le sud du Brésil. La situation des Français vivant au Brésil est délicate entre crise économique et crise politique, mais ils sont devenus très résilients ! Et Anne-Marie est toujours aussi enthousiasmante.
x

ÉGYPTE

Amitié France-Égypte (17 juillet)

Participation au diner organisé pour le groupe d’amitié France-Égypte présidé par Catherine Morin-Desailly avec Ehab Badawy, ambassadeur d’Égypte. Il s’est exprimé sur la situation politique de son pays depuis la réélection du président Abdel Fattah al-Sissi.
x

MACÉDOINE

Pays rebaptisé (18 juillet)

La nouvelle ambassadrice de Macédoine en France, Jadranka Chaushevska Dimov, a été reçue par notre groupe d’amitié France-Balkans occidentaux, présidé par Marta de Cidrac. Un accord a été conclu avec la Grèce pour changer le nom du pays en « République de Macédoine » qui sera soumis à référendum fin septembre. Un préalable pour pouvoir prétendre intégrer l’Union Européenne.

LIBAN

Enseignement français (19 juillet)

Le groupe d’amitié France-Liban a auditionné Jean-Christophe Deberre, directeur général de la Mission laïque française. Échange sur la crise dans les établissements scolaires français au Liban contraints d’accroitre leurs tarifs de 25 à 30% suite à l’adoption d’une loi par le Parlement libanais imposant une augmentation des salaires de 70%.

ARABIE SAOUDITE

Relations commerciales (19 juillet)

Conseiller consulaire, président de l’UFE Al Khobar et aussi conseiller du commerce extérieur de la France, Roland Raad m’apporte toujours un regard précieux sur les réussites et les difficultés de nos entrepreneurs au Moyen-Orient.
x
x

MADAGASCAR

Relations commerciales (25 juillet)

Nous avons assisté à une présentation captivante de Rémi Maréchaux, directeur Afrique et Océanie au MEAE, invité par le GIA France-Madagascar. Les considérations économiques ont aussi laissé place à l’inquiétude face au phénomène galopant de kidnapping dont sont victimes les ressortissants franco-malgaches d’origine indienne.

MONDE

FedEx de nuit (25 juillet)

Visite nocturne du hub de FedEx, situé en bout de pistes à Roissy, qui emploie 2500 personnes. Avec 50 vols quotidiens, 1200 tonnes de fret quotidien, et 400.000 colis traités par jour, le transporteur américain indique qu’il contribue à hauteur de 2,6 milliards d’euros au PIB annuel de la France. Roissy, un autre exemple de la France qui gagne à l’international.

ARGENTINE

Conseiller consulaire (26 juillet)

Rencontre avec le passionné Michel Menini qui vient régulièrement échanger avec les parlementaires représentant les Français établis hors de France. Il évoque la difficulté de travailler à distance avec certaines administrations.

L’écho des circos / Juin 2018

Australie – Botswana – Cambodge – Corée du Nord – Corée du Sud – États-Unis – Irlande – Mozambique – Royaume-Uni – Singapour – Slovaquie – Suède

SUÈDE

Fête nationale (6 juin)

Grand succès pour la réception organisée à Paris par l’ambassadeur de Suède, Veronika Wand-Danielsson, à l’occasion de la fête nationale suédoise (à l’image avec ma collègue Elisabeth Doineau).

.

IRLANDE

Droit à l’avortement (6 juin)

À l’ambassade de Suède pour la fête nationale, heureux d’avoir pu féliciter Patricia O’Brien, ambassadrice d’Irlande en France, pour le résultat du référendum qui ouvre la voix au droit à l’avortement en Irlande.

 

ROYAUME-UNI

70 ans du CEI (8 juin)

Préfacé par le président Macron, un superbe ouvrage illustré «Ouvrir le monde aux jeunes / 1947-2017» retrace toute l’aventure du Centre d’échanges internationaux (CEI), dirigé par Guillaume Dufresne. Fier d’avoir apporté mon témoignage à ce projet.

 

AUSTRALIE

Délégation de parlementaires (12 juin)

Échanges avec Scott Ryan, président du Sénat australien, conduisant une délégation de parlementaires, à l’invitation de mon collègue Marc Daunis, président du groupe d’amitié France-Australie. Scott a succédé à Rod Kemp. J’ai rencontré Rod à Melbourne, puis à Paris. Il est le mari de Danièle Kemp, élue AFE..

 

CORÉE du SUD

Relations avec la Corée du Nord (12 juin)

Au Sénat avec Jong-Moon Choi, ambassadeur de la république de Corée. Notre entretien a porté sur le mur qui sépare les deux Corées, dernier vestige de la guerre froide. Les Coréens sont fatigués par cette séparation qui les use.

 

ROYAUME-UNI

Délégation de francophones (12 juin)

Accueil au Senat d’un groupe de Britanniques francophones, conduit par Marie Blanche Camps, déléguée consulaire Londres. L’occasion de découvrir les acarnes du Sénat, haut lieu de la République et palais historique.

.

ÉTATS-UNIS

AmCham (14 juin)

Présentation de mon rapport sur le cycle de vie de l’entreprise « Pour une France libre d’entreprendre » lors d’une réunion organisée par l’American Chamber of Commerce, à l’invitation de Jérémie Gallon, directeur et de Stéphanie Barreau, présidente.

 

ASIE

Corée du Nord (15 juin)

Entretien avec Thierry Mathou, directeur Asie au MEAE, pour évoquer l’évolution de la relation entre les USA et la Corée du Nord (RPDC). La France pourrait jouer un rôle sur la vérification de la dénucléarisation de la RPDC.

 

SINGAPOUR

Colloque Business France (15 juin)

Table ronde : « L’année de l’innovation France-Singapour : une chance pour l’ASEAN ? ». J’estime que Singapour offre à nos PME innovantes un environnement juridique sécurisant, des partenaires de haut niveau et bon accès au marché chinois.

.

CORÉE du NORD

Audition historique de Kim Yong-Il (19 juin)

Au Sénat, en qualité de président du groupe d’études France/Corée du Nord, j’ai interrogé Kim Yong-Il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée, notamment sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne (compte-rendu et vidéo).

.

ROYAUME-UNI

Délégation UFE Corporate (21 juin)

Avec ma collègue Joëlle Garriaud-Maylam, accueil d’une délégation de l’UFE Corporate conduite par Stéphane Rambosson, conseiller consulaire et Carole Rogers, pdte UFE GB et délégué consulaire. Discussions sur le Brexit et le train de réformes depuis un an.

.

MOZAMBIQUE

Lancement de la CCI (22 juin)

La chambre de commerce France-Mozambique est née ! Avec ma collègue Nassimah Dindar nous avons accueilli son pdt Laurent Thong-Vanh et sa directrice Audrey Gortana-Vallet pour fêter ce qui était ma priorité pour ce pays (compte-rendu).

.

MONDE

Booster nos PME (25 juin)

Autour d’Arnaud Vaissié, pdt de CCI_France International et 19 présidents de CCI dans le monde, j’ai organisé un déjeuner de travail sur le thème « Quelles solutions originales pour favoriser le développement international de nos PME ? » Beaucoup d’idées neuves et de bonnes pratiques partagées ! (compte-rendu)

BOTSWANA

Développement bilatéral (26 juin)

Pierre Voillery, notre ambassadeur au Botswana (2 millions hab.) a été invité au Sénat par le GIA France-Botswana. Le développement économique est l’enjeu majeur : 40% des jeunes sont sans-emploi. Le pays dispose toutefois de finances solides et offre de belles opportunités d’affaires.

CAMBODGE

Diner pour la création d’une AF (26 juin)

Soutien à l’ouverture d’une Alliance française à Siem Reap à l’initiative de l’entrepreneur Arnaud Darc et la relance du chantier de restauration du temple du Mébon à Angkor, conduit par l’EFEO. Merci à mes collègues présents Jacky Deromedi et Vincent Eblé. (compte-rendu)

.

SLOVAQUIE

Relations commerciales (27 juin)

Avec Martina Malakova, pdte de la CCI franco-slovaque. La Slovaquie fait face à une pénurie de main d’œuvre spécialisée (personnel de santé, informaticiens…) et une surchauffe des salaires. Martina a initié un « Industry Innovation Cluster » associant les grands groupes français.

.

ROYAUME-UNI

Audition de l’ambassadeur du RU (27 juin)

J’ai demandé à Edward Llewellyn, ambassadeur du RU en France : Quand disposerons-nous d’une évaluation de l’impact économique du Brexit ? Est-il prêt à consulter de nouveau les Britanniques lorsqu’ils auront pleinement connaissance des conséquences du Brexit ? (compte-rendu)

En circonscription en Irlande du Nord – Belfast (2-3 juillet 2018)

Après plusieurs auditions en République d’Irlande, notre délégation composée de membres de la commission Brexit de l’Assemblée nationale et du groupe de suivi Brexit du Sénat s’est rendue à Belfast.

Pour parvenir à la paix, Républicains et Unionistes ont dû faire des concessions. En 1998, Ils ont choisi un destin différent pour les futures générations que celui dont ils avaient hérité, fait de larmes et de sang.

L’appartenance à l’Union européenne permet aux Irlandais, aux Britanniques et aux binationaux de créer un trait d’union pour outrepasser leurs différences.

Mais au Parlement, nous avons rencontré des Brexiters résolus qui veulent tourner le dos à l’UE en niant toute conséquence négative. Je crains que ces exaltés ne prennent le risque de ramener le chaos en Irlande, en guise de perspective à long terme.

Politique / Brexit

20 ans de paix

Nous avons profité d’une visite guidée des « Peace Lines », ces murs qui séparent les communautés dans certaines parties de Belfast.

A 18h30, certains axes deviennent fermés à la circulation. Ces images de grilles, de murs et de barbelés que l’on croirait appartenir à un temps révolu, perdurent. Elles démontrent que la paix en Ulster demeure fragile et que tout le monde n’est pas encore prêt à vivre ensemble.

Certains Britanniques ont voté Brexit en aspirant à une image mythifiée du Royaume-Uni d’antan… pas sûr que cette perspective suscite l’emballement en Irlande du Nord. + d’images

Parlement

Depuis 500 jours, les Irlandais du Nord n’ont plus de gouvernement…

Notre délégation de députés/sénateurs s’est rendue au Parlement d’Irlande du Nord (Stormont) pour trois entretiens avec des parlementaires représentant les principales sensibilités irlandaises.

+ d’images

Parlement – L’option Backstop

(g. à d.) Rencontre avec Mairtin Muilleoir (Sinn Fein), Colum Eastwood, président du SDLP (Social Democrat Liberal Party, 3ème parti nord-irlandais)

Les partis du Sinn Fein et du SDLP se montrent pragmatiques en défendent la proposition d’un Backstop de l’UE qui permettrait à l’île de constituer une zone économique unique au sein de l’union douanière, pendant un certain temps.

Parlement -L’option hard Brexit

Échanges avec Simon Hamilton (n°2 du DUP, ancien ministre de l’Économie d’Irlande du Nord). Le DUP demeure strictement aligné sur Londres, en justifiant que 75-80% des produits partant de Belfast sont destinés à la Grande Bretagne.

J’ai demandé à Simon Hamilton s’il accepterait qu’un référendum soit organisé pour donner le choix aux Irlandais du Nord entre le rétablissement d’une frontière sur l’ile ou bien le maintien d’une libre circulation des biens et des personnes en appliquant le backstop. Le responsable du DUP refuse cette perspective en arguant que l’Irlande du Nord peut être en dehors de l’Union sans créer de frontières en dur, tout en sachant que cette position est totalement inacceptable pour l’UE…

A ma question de savoir si le DUP respectera les accords du « Vendredi saint » de 1998 qui ont permis de faire la paix sur l’île grâce à l’UE (et avec son soutien financier), Simon Hamilton a fait valoir qu’il appréciait le fait que les débats se fassent désormais dans l’enceinte du Parlement plutôt que par l’épreuve de force dans la rue. Le parlementaire a toutefois rappelé les raisons qui ont amené le DUP à ne pas souscrire aux accords.

Comme tous les partisans de la sortie de l’UE, M. Hamilton fait le pari que les Britanniques verront les effets positifs du Brexit à long terme.

En circonscription en République d’Irlande – Dublin & Slane et Cavan (2 juillet 2018)

Une série d’auditions en Irlande a été organisée conjointement par la commission Brexit de l’Assemblée nationale et par notre groupe de suivi «sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne». Au Sénat, ce groupe de suivi « Brexit » est co-présidé par mes collègues Jean Bizet et Christian Cambon.

Lors de ce déplacement, j’ai eu le plaisir d’être accompagné par trois autres parlementaires représentant les Français établis hors de France : les députés Pieyre-Alexandre Anglade et Alexandre Holroyd et mon collègue Ronan Le Gleut.

Nous avons commencé notre périple par un diner de cadrage de la visite avec Stéphane Crouzat, ambassadeur de France en Irlande.

Politique/Brexit

Gouvernement (Dublin)

Députés et sénateurs français travaillant sur le Brexit ont été invités à un déjeuner de travail dans les locaux du gouvernement, en présence de (g. à d):

. Elizabeth McCullough, directrice des questions européennes chez le Premier ministre,
. Aidan O’Hara, directeur chargé de l’Europe occidentale et du futur de l’Europe au ministère irlandais des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT)
. Ronan Gargan, directeur chargé des relations UE/Royaume-Uni au DFAT

L’impact négatif du Brexit pour la croissance irlandaise est estimé entre -2,8% et -7%. Nous nous sommes rendus compte que plus personne n’est en mesure d’exposer une seule conséquence positive du Brexit ! + d’images

Parlement (Dublin) – Sinn Fein

Tout d’abord, une rencontre avec Mary-Lou McDonald, députée et leader du Sinn Fein, accompagnée par Sean Crowe, député Sinn Fein, président de la commission interparlementaire chargée du suivi de l’Accord du Vendredi saint.

Dans le pays, on sent l’anxiété monter face au chaos prévisible en cas d’absence d’accord (« no deal »). Nous avons évoqué la vaste entreprise de désinformation que fut la campagne menée en faveur de la sortie de l’Union, avant le référendum.

Parlement (Dublin) – Groupe Brexit

Ensuite, débat avec des parlementaires irlandais présidé par Neale Richmond, sénateur, président du groupe de travail sur le Brexit au parlement irlandais et président du groupe d’amitié Irlande-France.

Aujourd’hui 92% des Irlandais sont en faveur de leur appartenance à l’Union européenne ! Surtout, personne ne veut du rétablissement d’une frontière en dur qui couperait l’île en deux…

+ d’images 

Comté de Meath – Slane

De l’autre côté de la frontière, un récent sondage a indiqué que les Nord-Irlandais voteraient « Remain » à 65% aujourd’hui. Ils étaient 56% à vouloir rester dans l’UE, il y a deux ans.

Certaines industries seront très exposées aux conséquences d’un Brexit, par exemple l’agriculture irlandaise qui fait la moitié de ses affaires avec le Royaume-Uni.

Recréer une frontière qui scinderait l’île en deux ne peut être une option respectueuse des accords de paix conclus il y a vingt ans exactement et de la volonté des citoyens. + d’images

Comté de Meath – Secrétaire d’Etat

Rencontre avec Helen McEntee, secrétaire d’État aux Affaires européennes, dans la circonscription où elle a été élue députée.

Réputée proche du Premier ministre, Léo Varadkar, Helen été désignée chef de file du dialogue citoyen irlandais sur le futur de l’Union Européenne.

La Secrétaire d’Etat estime que la solidarité des 27 pays de l’Union a été très forte en faveur de l’Irlande. Comme chaque citoyen, elle craint tout type de retour en arrière vers les années noires de l’Irlande

Comté de Cavan – Elus locaux

Accueillis par la maire de Cavan, ville située à 15 kms de l’Irlande du Nord, notre délégation a rencontré des parlementaires irlandais et des chefs d’entreprises, auprès de qui nous avons pris la mesure de l’impact négatif du Brexit dans une région où le commerce transfrontalier est vital (« Brexit is purely negative for business »).

Aussi, dans ce village on connait le prix de la paix.

Nous avons ensuite eu un entretien avec Brendan Smith, député, président de la commission interparlementaire des Affaires étrangères, du Commerce et de la Défense, élu de cette circonscription frontalière et ancien ministre de l’Agriculture. + d’images

Comté de Cavan – Frontière nord-irlandaise

A la frontière avec l’Irlande du Nord, je me suis souvenu des paroles de Jean Monnet : « There is no future for the people of Europe other than in union ».

Heureux de constater que rien n’entrave la liberté de circulation entre les deux parties de l’Irlande.

Pourvu que ça dure !

En circonscription en Belgique – Bruxelles (14 juillet 2018)

Réception très réussie au palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour notre fête nationale, avec Claude-France Arnould, ambassadeur de France auprès du Royaume de Belgique dans le rôle de maître de cérémonie.

Le Président de la République se rendra en Belgique en novembre prochain, un voyage d’État qui n’était pas arrivé chez notre proche voisin depuis François Mitterrand !

Cette soirée fut une opportunité de retrouver de nombreuses personnes, croisées lors de mes huit précédents déplacements en Belgique, et d’échanger avec Anne Monseux, conseillère consulaire pour la Belgique.

J’ai indiqué à l’ambassadeur que j’envisageais de revenir vers la fin de l’année pour soutenir un projet de création d’une nouvelle école française à Bruxelles, dont l’ouverture est prévue en 2019. + d’images

En circonscription au Royaume-Uni – Londres (12 juillet 2018)

Comme chaque année à l’occasion de notre fête nationale, les acteurs des communautés françaises et britanniques ont été conviés à la Résidence de France à Londres.

Ce fut un 12 juillet pour des raisons de sécurité, le président américain, Donald Trump, étant attendu au même moment par Theresa May.

Notre ambassadeur Jean-Pierre Jouyet a prononcé un discours, en deux langues, particulièrement émouvant, fédérateur et chaleureux, selon l’avis unanime des participants. Je le souligne d’autant que j’ai manqué son allocution, puisque mon Eurostar avait pris des libertés avec son horaire d’arrivée à Londres.

Mais j’ai eu le plaisir d’échanger avec de nombreux interlocuteurs, dont Xavier Bertrand (à l’image avec Thibault Dufresne, directeur du centre Charles Péguy de Londres et Guillaume Dufresne, directeur général du groupe CEI). 

Avec opiniâtreté, patience et discrétion, le président du conseil régional des Hauts-de-France arpente le terrain dans l’idée d’attirer dans sa région les entreprises du Royaume-Uni soucieuses d’une future implantation au sein de l’Union européenne.

Avec Thibault et Guillaume, il fut évidement question de mobilité professionnelle, autre sujet d’importance pour Xavier Bertrand. + d’images

Mon intervention sur l’accord franco-autrichien relatif aux personnes en situation irrégulière – Vidéo (6:50)

Le 26 juillet, je suis intervenu en discussion générale, au nom du groupe UC, sur le projet de loi autorisant l’approbation de l’accord entre la France et l’Autriche.

Cet accord a été signé en 2007, puis actualisé en 2014. Il oblige chaque partie à réadmettre ses propres ressortissants qui se trouveraient en situation irrégulière sur le territoire de l’autre partie. Deuxième cas de figure, l’accord permet à la France et à l’Autriche de réadmettre des ressortissants de pays tiers (hors Schengen), lorsqu’ils ont séjourné ou transité par leur territoire avant de se rendre sur le territoire de l’autre partie.

Dans ce second cas, depuis 2015, la France a saisi l’Autriche d’une quarantaine de demandes de réadmission par an en moyenne, nous a expliqué le ministre Jean-Baptiste Lemoyne.

Cette intervention m’a permis de rappeler le contexte sensible des migrations en soulignant deux idées fortes : d’une part, le refus d’une immigration irréfléchie ; d’autre part, la réaffirmation franche de notre soutien au droit d’asile.

Les solutions ne peuvent l’être qu’à l’échelle de l’Union européenne et l’émergence de gouvernements xénophobes ne doit pas remettre en cause le droit d’asile inspiré par les pères fondateurs de l’Europe.

Voir la VIDEO (6:50)

Infolettre aux Français du Royaume-Uni n°39 – Spécial Brexit -Et si le Brexit n’avait pas lieu ? (édito) – Groupe de suivi Brexit : le rapport du Sénat pointe un sérieux risque de « no deal » / les propositions du Sénat pour protéger les résidents européens / pourquoi je crois que le Brexit n’aura pas lieu – Le mouvement the3million auditionné par le groupe de suivi Brexit du Sénat – Le point sur le statut des Européens par Nicolas Hatton – L’ambassadeur du RU veut prévenir nos inquiétudes – En circonscription à CARDIFF (15 au 16 juillet 2018) – En circonscription à BRISTOL (16 juillet 2018) – Conférence ALDE à Sofia : L’idéal européen sort renforcé par le Brexit – Ma question sur le statut des Européens du Royaume-Uni & réponse de la ministre. (Vidéo) – Londres : Conférence Brexit « Should I stay or should I go » (Vidéos) – « In Limbo », livre témoignages sur le Brexit

Lire : l’INFOLETTRE n°39 – Juillet 2018Logo InfoLettre - Rond75

Edito de l’Infolettre aux Français du Royaume-Uni n°39

Et si le Brexit n’avait pas lieu ?

J’ai le plaisir de vous adresser cette infolettre exclusivement consacrée au Brexit.

Le groupe de « suivi Brexit » du Sénat vient de publier un rapport alarmant intitulé « Brexit : Une course contre la montre », pointant le risque d’un no-deal avec l’UE, fin octobre. Un travail salué par Alexandre Holroyd, député des Français d’Europe du Nord.

Ce rapport interpelle en outre le gouvernement britannique sur le sort des résidents européens, lui demandant notamment de se prononcer sur les 150 questions émanant des associations.

Une démarche inspirée par les membres de « the3million » reçus à ma demande en audition au Sénat. Je souhaite rendre hommage à Anne-Laure Donskoy, Véronique Martin et Sylvie Jacubin. Elles ont témoigné, avec émotion et conviction, des problématiques auxquelles les Européens sont désormais confrontés et qui tournent parfois au drame.

Leurs propos ont fait écho à l’audition de notre ambassadeur à Londres, Jean-Pierre Jouyet, qui a révélé son empathie constante et sans réserve vis à vis de notre communauté.

Visuel HL34 effet2Plus de deux ans après le référendum, la situation reste très confuse. Les négociateurs britanniques et européens nous incitent désormais à nous préparer à l’éventualité d’une sortie sans accord.

Dans cette perspective, je vais demander à notre gouvernement de préparer un plan ambitieux destiné à nos compatriotes qui se verraient contraints de quitter le Royaume-Uni.

Je souhaite qu’ils puissent alors être accueillis dans les meilleures conditions et rebondir au plus vite.

Mais le pire n’est jamais sûr. L’option permettant aux Britanniques de changer d’avis est toujours sur la table. Un récent sondage indique que 66% des nord-irlandais se prononceraient désormais en faveur d’un maintien dans l’UE, contre 56% lors du référendum.

Je reste optimiste, et vous livre ma conviction dans l’article ci-dessous : « pourquoi je crois que le Brexit n’aura pas lieu ». Découvrir l’Infolettre aux Français du Royaume-Uni n°39

Routes de la soie : peut-on croire au gagnant-gagnant avec la Chine ?

L’expression « routes de la soie » frappe notre imaginaire collectif et c’était bien l’intention du président Xi Jinping lorsqu’il a lancé, en 2013, ce projet de relier la Chine à l’Europe et à l’Afrique orientale, en développant des lignes de communication routières, ferroviaires, maritimes et électroniques.

En octobre 2017, la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a constitué un groupe de travail consacré à ces nouvelles routes de la soie. Le 30 mai dernier, notre commission a entendu les conclusions de ce groupe de travail, coprésidé par mes collègues Gisèle Jourda et Pascal Allizard (à l’image).

Leurs observations et recommandations figurent dans un rapport intitulé : Pour la France, les nouvelles routes de la soie : simple label économique ou nouvel ordre mondial ?. La question se pose âprement puisqu’aujourd’hui 80 % des trains arrivés chargés de produits chinois en France en repartent vides…

Il faut reconnaitre à la Chine l’art de la patience et la vertu du travail à long terme. Les routes ne s’achèveront qu’en 2049, pour le centenaire de la fondation de la République populaire de Chine.

Il est légitime que la Chine veuille s’affirmer comme une grande puissance mondiale, mais elle trace son chemin largement à l’écart des règles du jeu occidentales, fondées sur la réciprocité des échanges, la transparence commerciale et la probité juridique. Ne parlons même pas de valeurs démocratiques ou de libertés publiques.

Alors, la France peut-elle s’engager sous sa propre bannière sur les routes de la soie ? Je ne le crois pas. Seule l’Union Européenne a la taille critique pour contrebalancer l’émergence de cette puissance aux aspirations dominatrices.

Je suis intervenu en ces termes :

Extrait du rapport (p.138) M. Olivier Cadic. – Les nouvelles routes de la soie vont faire de la Chine la première puissance mondiale du XXIe siècle. Je ne suis pas sûr que la Chine se soucie d’ailleurs réellement d’obtenir le remboursement de ses prêts. On pourrait presque assimiler ces prêts à de nouvelles formes de « subprime » international : pour rembourser les pays devront céder leurs infrastructures ou une partie de leur territoire. La Chine est un pays indépendant qui assure son indépendance en cherchant à rendre les autres pays dépendants d’elle-même.

Certains investissements sont d’ailleurs remboursés. C’est le cas dans l’Union européenne. L’Europe finance de grands travaux opérés par des entreprises chinoises avec des personnels chinois, je le vois notamment au Monténégro ou en Serbie.

En Nouvelle-Zélande, l’année dernière, 350 diplomates chinois étaient déployés à Wellington. C’est par l’apprentissage du chinois que la Chine étend là son influence. Des enseignants de langue chinois sont mis à disposition des écoles gratuitement.

Les routes « cyber » de la soie et le développement de champions nationaux tels qu’Alibaba posent également des questions. La Chine paraît construire un monde orwellien au service d’une unité chinoise dans un espace clos par une « muraille de Chine cyber ».

Je suis, à titre personnel, très réservé sur la recommandation tendant à ce que la France entre dans ces nouvelles routes de la soie. Le fondement de l’Union européenne est son union commerciale qui en a fait la première puissance commerciale du monde. Et la Chine, vous l’avez évoqué, cherche à diviser l’Union européenne et d’une manière générale les organisations multilatérales, en mettant en place des accords bilatéraux. Je trouve donc compliqué de recommander d’engager un approfondissement de notre relation bilatérale avec la Chine dans le cadre des nouvelles routes de la soie. Nous sommes trop petits pour faire face à cette organisation.

Vous avez évoqué le groupe Quad, sans mentionner le concept de «bouclier de la liberté». Il me semble que ce qui est en jeu c’est un monde orwellien face à un monde démocratique. Le Japon, l’Inde, l’Australie et les États-Unis sont des pays démocratiques qui appliquent les règles de protection commerciale auxquelles nous sommes habitués. Le géant Alibaba attire toute l’industrie cosmétique et on peut se demander quel sera l’avenir des brevets des molécules cosmétiques. Il nous faut avoir une stratégie pour défendre l’Union européenne qui est un espace de droit.

Source : « Pour la France, les nouvelles routes de la soie : simple label économique ou nouvel ordre mondial ? » Rapport d’information fait au nom de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées par le groupe de travail sur les nouvelles routes de la soie par Pascal Allizard, Gisèle Jourda, co-présidents ; Édouard Courtial et Jean-Noël Guérini, sénateurs

Crédit photo : Par Lommes — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=58884083

En circonscription au Royaume-Uni – Bristol (16 juillet 2018)

Dans le prolongement du déplacement de Cardiff, où Nicolas Hattondélégué consulaire pour le R.U. et co-fondateur du mouvement the3million, m’a accompagné, j’ai eu le plaisir d’animer un meeting organisé par son mouvement à Bristol. Mon précédent passage à Bristol remonte au 14 mars 2017, dans le cadre d’une « tournée Brexit » (compte-rendu).

(g à d) Anne-Laure Donskoy, Olivier Cadic, Nicolas Hatton, Véronique David-Martin

Plus d’un an après, rien n’a été réglé, ni clarifié sur le sort des résidents européens. Nous l’avons souligné avec Anne-Laure Donskoy, co-cofondatrice et co-présidente de the3million et Véronique David-Martin, auteure de InLimbo, livre de témoignages sur le Brexit.

Cependant, un grand pas a été accompli en France. En effet, Anne-Laure et Véronique étaient venues témoigner au Sénat, accompagnées de Sylvie Jacubin, le 30 mai dernier, devant notre groupe de suivi Brexit. Grâce à cette audition et à leur talent, les sénateurs ont pris toute la mesure du sort pénible et incertain des trois millions de citoyens européens résidant au Royaume-Uni, angoissés à l’idée de ne pas obtenir un droit à résidence et atterrés par le climat ambiant de xénophobie (Lire le compte-rendu et voir la vidéo du Sénat).

Le 12 juillet, notre groupe de suivi « sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne », présidé par mes collègues Christian Cambon et Jean Bizet, a publié un rapport reprenant les aspirations portées par des associations, telles que the3millions. Ce rapport s’intitule « Brexit : Une course contre la montre ».

C’est ainsi que le Sénat « appelle le gouvernement britannique à répondre aux 150 questions adressées par les associations représentant les citoyens européens sur leur statut » et « juge qu’une définition de leurs droits par la loi, et donc par le Parlement britannique, offrirait davantage de stabilité aux résidents européens » (En savoir plus : Groupe de suivi Brexit (2/3) : les propositions du Sénat pour protéger les résidents européens)

Les derniers jours à Westminster ont prouvé qu’il est difficile de s’en remettre à la bienveillance des responsables politiques britanniques pour garantir les droits des citoyens européens au-delà du 29 mars 2019. Nous devons donc continuer à nous battre et nous mobiliser.

« Légalement, nous sommes toujours dans les limbes », résume Véronique David-Martin.

Et deux ans après le référendum, personne n’a la moindre idée de ce que signifie le Brexit ! Pas étonnant qu’aucun accord entre le RU et l’Union européenne ne se profile à l’horizon (lire : Groupe de suivi Brexit (1/3) : le rapport du Sénat pointe un sérieux risque de « no deal »).

Le Royaume-Uni a tissé des fils de toute nature avec l’Union européenne depuis 1973. Quels sont les fils qu’il faut dénouer ? Faut-il plutôt trancher d’un coup ce nœud gordien ? Personne n’est d’accord outre-Manche et les enjeux défient l’entendement. Si le Brexit devait être susceptible de mener au chaos, celui-ci ne peut pas avoir lieu (lire : Groupe de suivi Brexit (3/3) : Pourquoi je crois que le Brexit n’aura pas lieu).

Aujourd’hui, le Sénat français tire la sonnette d’alarme et interpelle le gouvernement britannique. Pour sa part, Mark Drakeford, membre du gouvernement gallois, a assuré à Nicolas Hatton qu’une législation galloise serait adoptée si nécessaire en cas de Brexit pour permettre aux citoyens européens de conserver leur droit de vote aux élections locales. Ce sont deux beaux exemples de soutien officiel aux actions de « The 3 million ». Gageons qu’il y en aura de plus en plus.

En circonscription au RU – Pays de Galles – Cardiff (15 au 16 juillet 2018)

Je n’oublierai pas le jour où la France a gagné sa deuxième étoile : j’étais à Cardiff, entouré de la communauté française.

Merci à Marie Navarro-Brousseau, consule honoraire, pour l’excellente organisation de ce déplacement, dont ma rencontre avec Mark Drakeford, ministre des Finances. Beaucoup voient en lui le prochain Premier ministre du Pays de Galles.

Sur un plan politique, je retiendrai aussi le principe du « Well being of Future Generations Act » qui sert de ligne directrice pour le travail législatif des Gallois.

Merci à Nicolas Hatton, fondateur de the3million, de m’avoir accompagné lors de tous mes rendez-vous

Politique / Brexit

Ministre des Finances

Rencontre avec Mark Drakeford, ministre des Finances, également en charge du dossier Brexit.

Celui-ci regrette que Theresa May n’ait jamais cherché à trouver un compromis avec l’Union européenne, ni répondu aux quatre invitations du Parlement européen à venir exprimer ses intentions.

Ce membre du Labour observe aussi que la Première ministre n’a pas de majorité au Parlement pour approuver une forme ou une autre de Brexit.

Selon le ministre, la seule alternative serait la tenue de nouvelles élections générales. Et si le Labour l’emportait, Mark pense qu’une demande de prolongation du délai de sortie serait demandée.

J’ai apprécié son souci de prendre en compte les attentes des citoyens européens du Pays de Galles, en cherchant à garantir leur participation aux élections locales après le Brexit.

J’étais accompagné de Marie Brousso-Navarro, consule honoraire de Cardiff et de Nicolas Hatton, responsable du mouvement the3million et délégué consulaire pour le Royaume-Uni. + d’images

Bureau du Premier ministre

Réunion avec Desmond Clifford, directeur du bureau du Premier ministre, pour évoquer le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Alors que le Premier ministre gallois était au même moment à Bruxelles pour rencontrer Michel Barnier, Desmond m’a confié que le Pays de Galles serait en faveur d’un maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière, comprenant un accès complet au marché unique, avec une vision positive de la liberté de circulation.

Du reste, dès septembre, les autorités du Pays de Galles vont ouvrir un bureau à Paris pour approfondir la relation directe entre leur État et la France qui représente 15% de leurs exportations. L’économie galloise dépend davantage de l’UE que du Royaume-Uni !

(à l’image) lors de cet entretien, j’étais également accompagné de Marie et de Nicolas+ d’images

Opinion publique et Brexit

Rencontre avec Roger Scully de l’université de Cardiff, où il est professeur de sciences politiques et de relations internationales.

Nous avons discuté de l’état de l’opinion britannique dans le climat actuel. Le professeur a mis en évidence la perte de confiance de la population liée à la manière dont les négociations du Brexit sont conduites par le gouvernement britannique.

Le pays demeure très divisé, a souligné Roger, et personne n’est aujourd’hui capable de se projeter après une sortie de l’UE.

Cardiff For Europe

Soirée avec l’association Cardiff For Europe qui milite en faveur d’un second référendum sur le maintien ou non dans l’Union européenne.

Tout comme les personnalités officielles précédemment rencontrées, ses militants pensent que le Brexit pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur l’unité du Royaume-Uni.

Chaque mois, ces Européens convaincus rendent hommage à un pays de l’Union. Ils ont bien choisi leur jour pour mettre la France en valeur : celui de la finale de la coupe du monde de football. Leur enthousiasme est bien revigorant ! + d’images

Générations futures

Rencontre avec l’équipe de Sophie Howe qui veille sur la mise en œuvre de la loi de 2015 concernant le bien-être des générations futures.

Chaque loi votée au pays de Galles doit se conformer simultanément à sept objectifs de bien-être, tels qu’ils ont été définis dans le Well being of Future Generations Act.

Ces objectifs d’amélioration représentent une sorte de politique d’assurance qualité sur un plan social, économique, environnemental ou culturel. Ils contraignent ainsi les ministères à adopter une approche à long terme, à collaborer avec les citoyens et les communautés et forcément à prévenir les problèmes. + d’images

Communauté française

Champions du monde !

Du pur bonheur ! Le rêve devenu réalité ! Bravo à notre équipe de France porteuse de talents, de cohésion et d’ambition ! Nous avons tant besoin d’espérance collective.

J’ai vécu ce moment inoubliable en présence de Marie Navarro-Brousseau, consule honoraire, et les Français de Cardiff.

+ d’images

Culture

National Museum

En marge de nos rencontres, notamment auprès du gouvernement gallois, Marie m’a donné l’occasion de visiter le national Museum of Cardiff qui possède une remarquable collection de toiles impressionnistes françaises et de superbes œuvres de Rodin, tel que le buste de Victor Hugo.

+ d’images
.

Médias

BBC Wales

J’ai eu le plaisir d’intervenir sur la BBC pour donner mes impressions suite à la victoire des Bleus en Russie.

Un bonheur que j’ai partagé sans modération au micro du média britannique.

Groupe de suivi Brexit (3/3) : Pourquoi je crois que le Brexit n’aura pas lieu

Le Brexit n’a pas encore eu lieu. C’est une évidence qu’on oublie. Aura-t-il seulement lieu ?

Le pays est profondément divisé. Une majorité d’électeurs (mais plus d’un million de Britanniques vivant en Europe ont été exclus du scrutin) a voté le 23/6/18 pour une sortie du R.U. de l’U.E., à laquelle les Brexiters se sont bien gardés de donner des contours.

Depuis le référendum, les responsables politiques outre-Manche s’écharpent quotidiennement sur l’attitude à tenir vis-à-vis de l’Union européenne. Et pour cause, les deux positions dominantes sont inconciliables parce que le Brexit sera dur ou mou (« Hard » ou « Soft »), mais il ne pourra pas être les deux à la fois.

De son côté, l’Union européenne refuse de céder aux Britanniques seulement ce qui les intéresse, une sorte de marché unique « à la carte ». Face aux lignes rouges des négociateurs de Bruxelles, le risque devient imminent d’un « no deal ».

C’est parce que je n’ai jamais vu la formalisation d’un accord de sortie acceptable pour les 27 de la part des Britanniques que je n’ai jamais cru que le Brexit puisse se concrétiser. Entre le chaos provoqué par une sortie sans accord baptisée « Hard Brexit » et le maintien au sein de l’UE qui a fait le succès du Royaume-Uni, je reste convaincu qu’aucun Premier ministre britannique choisira de précipiter son pays dans une aventure susceptible de désintégrer le Royaume, de réveiller des conflits en Irlande et de mettre en difficulté les millions d’européens vivant dans le pays.

J’ai partagé ma conviction lors des travaux qui ont conduit au rapport du Sénat intitulé « Brexit : Une course contre la montre », paru le 12 juillet 2018.

Ce rapport est l’œuvre de notre groupe de suivi « sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne », coprésidé par Jean Bizet et Christian Cambon.

Extrait du rapport (p.46) M. Olivier Cadic.– Je vous remercie d’avoir engagé ce travail approfondi sur le Brexit. La semaine dernière, nous attendions tous la déclaration de Chequers ; aujourd’hui nous commentons les démissions de David Davis et Boris Johnson. Qu’en sera-t-il demain ? Tout évolue si vite… Depuis le début, je n’ai pas compris ce que « Brexit » voulait dire. Voyez : nous parlons du Brexit depuis vingt-six mois et personne n’a pu le formaliser à ce jour !

C’est pour cela que j’ai toujours pensé que le Royaume-Uni resterait in fine au sein de l’Union européenne.

Le Brexit n’a pas eu lieu.  Quoiqu’on en dise, à l’heure où je parle, le Royaume-Uni est toujours dans l’UE. Depuis près de cinquante ans, le Royaume-Uni contribue à la construction européenne : comment pourrait-il s’en extraire en quelques mois ? Cela reviendrait à ôter un œuf d’une omelette ! Le Royaume-Uni souhaite en réalité un modèle intermédiaire, entre l’accord de libre échange avec le Canada et le statut de la Norvège. Mais, mes chers collègues, entre le Canada et la Norvège, gît le Titanic… qui a été construit à Belfast. Quoi qu’il en soit, le pays nous offre, depuis le référendum, un spectacle pathétique. Pensez que dans une grande banque de la City, un salarié a pour unique charge de suivre le Brexit et avoue lui-même avoir parfois des difficultés à s’acquitter de sa tâche. Je vous sais gré d’avoir reçu l’association The3million et rendu compte de leurs préoccupations. Je me rendrai, lundi, au Parlement gallois pour y rencontrer Mark Drakeford, membre du gouvernement du Pays de Galles pour évaluer les effets d’une sortie sans accord sur ce territoire. Si une solution acceptable n’est pas négociée avec les 27, le risque de chaos est réel en cas de hard Brexit. En réalité, l’intérêt supérieur du Royaume-Uni n’est pas de quitter l’Union européenne. D’ailleurs, Theresa May préserve cette option.  Lors du dernier conseil européen, elle a remis une lettre destinée à permettre à son pays de participer aux élections européennes de 2019 si le Royaume-Uni n’est pas sorti de l’UE à l’échéance prévue. Voilà pourquoi, aujourd’hui plus encore qu’en juin 2016, moi qui vit au Royaume-Uni depuis plus de vingt ans, je reste convaincu que le Brexit n’aura pas lieu.

« BREXIT : UNE COURSE CONTRE LA MONTRE » – 12 juillet 2018
Rapport d’information de MM. Jean Bizet et Christian Cambon, fait au nom du Groupe de suivi sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne
Lien vers le rapport + la synthèse

Groupe de suivi Brexit (2/3) : les propositions du Sénat pour protéger les résidents européens

À la suite du référendum britannique du 23 juin 2016, nous avons mis en place au Sénat un groupe de suivi « sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne » (dit groupe de suivi Brexit).

Une réunion mensuelle nous permet de faire le point sur l’avancement du Brexit et d’inviter des représentants de toutes les parties prenantes afin de nous sensibiliser à tous les aspects du Brexit : humain, social, économique, financier…

« Le Brexit, c’est aussi et surtout un drame humain et même, dans certains cas, une véritable tragédie », s’est exclamée Véronique David-Martin devant notre groupe, le 30 mai dernier.

Auteure de InLimbo, livre de témoignages sur le Brexit, Véronique a été auditionnée en compagnie de Anne-Laure Donskoy, co-cofondatrice du mouvement the3million et Sylvie Jacubin. Toutes les trois n’auraient jamais imaginé que le Royaume-Uni puisse devenir un pays où chaque étranger ressente la menace de tout perdre : sécurité, emploi, retraite, maison et même famille, puisque le fait d’être marié avec un Britannique depuis des décennies ne donne aucune garantie ; un pays où il faut vivre au jour le jour dans une atmosphère toxique de xénophobie (Lire le compte-rendu et voir la vidéo du Sénat).

Notre groupe de suivi Brexit, coprésidé par Jean Bizet et Christian Cambon, a publié, le 12 juillet 2018, un rapport intitulé ‘Brexit : Une course contre la montre‘.

Au-delà des enjeux macro-économiques, le Sénat n’oublie pas les 300.000 Français expatriés au Royaume-Uni, en sachant que 3,6 millions d’Européens sont confrontés à la même situation et partagent cette sourde angoisse de savoir s’ils obtiendront un droit à résidence après le 29 mars 2019, minuit, date de sortie de l’UE.

Le groupe de suivi transmet au plus haut niveau les signaux de détresse de tous ces citoyens de l’UE pour que leurs droits soient préservés. En aucun cas, les Européens installés au Royaume-Uni ne doivent servir de monnaie d’échange dans les négociations et le temps presse !

Sur la question des résidents européens au Royaume-Uni, le groupe de suivi :

– demande qu’un protocole séparé de l’accord de retrait soit établi, afin de garantir que les éléments auxquels les négociateurs sont parvenus seront bien préservés, en cas d’échec des négociations ;
– appelle le gouvernement britannique à répondre aux 150 questions adressées par les associations représentant les citoyens européens sur leur statut, à doter les administrations britanniques de capacités d’enregistrement suffisantes et à lancer une vaste campagne d’information à l’intention des citoyens européens résidant au Royaume-Uni, afin que tous puissent, le moment venu, faire valoir leurs droits ;
– juge qu’une définition de leurs droits par la loi, et donc par le Parlement britannique, offrirait davantage de stabilité aux résidents européens ;
– s’inquiète de l’extinction au bout de 8 ans de la compétence de la Cour de justicede l’Union européenne et du contrôle, à l’issue, par une «autorité indépendante». L’indépendance d’une telle autorité et la réalité de ses moyens sont des points de préoccupation ;
– estime que des clarifications doivent également être apportées aux Britanniques résidant dans l’Union européenne.

« BREXIT : UNE COURSE CONTRE LA MONTRE » – 12 juillet 2018
Rapport d’information de MM. Jean Bizet et Christian Cambon, fait au nom du Groupe de suivi sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne.
Lien vers le rapport + la synthèse