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En circonscription au Royaume-Uni – Londres (11-14 mars & 13 avril 2026)

Communauté française

Consulat

Merci à Olivier Guyonvarch, consul général à Londres, pour son analyse des données issues du rapport d’activité 2025.

Le nombre de Français inscrits auprès des consulats de Londres et d’Édimbourg reste globalement stable depuis la pandémie. Avec 141 395 inscrits (Londres : 134 837 ; Édimbourg : 6 558), nous enregistrons une légère hausse de +0,25 %.

Par ailleurs, 262 996 statuts de résidents ont été attribués à des ressortissants français, dont 53,6 % vivent dans le Grand Londres.

Le service social a accompagné 13 femmes victimes de violences conjugales en 2025, contre 7 l’année précédente.

Parmi les évolutions : déploiement en phase pilote de l’identité numérique certifiée (CNIe), ouverture d’un guichet passeports et CNI à Édimbourg, mise en place du timbre fiscal dématérialisé et développement des pré-demandes en ligne.

Très satisfait de l’action de l’équipe du consulat général de France à Londres, qui développe une démarche orientée clients pour renforcer l’accessibilité des services consulaires. +d’images

Enseignement

Gala de charité APL – Lycée français Charles de Gaulle de Londres (12 mars)

J’ai eu le plaisir de participer au dîner de gala de l’APL du Lycée français Charles de Gaulle, organisé à The InterContinental London Park Lane, en présence de Hélène Duchêne, ambassadrice de France au Royaume-Uni, d’Olivier Guyonvarch, consul général, Anissia Morel, conseillère culturelle de l’ambassade de France au Royaume-Uni, et de Gilles Morellato, conseiller de coopération éducative.

Un grand bravo à la présidente de l’APL et à toute son équipe pour la qualité de l’organisation et la réussite de ce beau moment, essentiel pour notre communauté éducative.

Comme l’a rappelé Maryline Berlin, Trustee of the Charity and President of the APL : « Une communauté qui se soutient les uns les autres est une communauté qui ne laisse personne de côté. »

Le LFCG Families Charity Fund est l’organisme de bienfaisance dédié au soutien des élèves du Lycée français Charles de Gaulle et de leurs familles, notamment en cas de difficultés financières, de besoins éducatifs spécifiques ou pour les projets scolaires.

Une belle illustration de la solidarité et de l’engagement de notre communauté éducative. +d’images

110 ans du Lycée français Charles de Gaulle (13 avril)

Dix ans après avoir célébré les 100 ans du Lycée français Charles de Gaulle, j’ai eu le grand plaisir de revenir ce lundi 13 avril pour assister à la cérémonie des 110 ans, aux côtés d’Amélie Mallet, conseillère des Français de l’étranger pour le Royaume-Uni.

Depuis plus d’un siècle, cet établissement incarne l’excellence, la transmission et une véritable ouverture sur le monde. Cet anniversaire fut une occasion précieuse de rendre hommage à son histoire et de célébrer celles et ceux qui la font vivre au quotidien : élèves, enseignants, parents et personnels.

Moment fort de cette célébration : la proviseure, Mme Bellus-Ferreira, a dévoilé une fresque réalisée par Astro. Artiste français reconnu à l’international, il est célèbre pour ses œuvres mêlant abstraction et illusion d’optique, qui transforment les façades en compositions dynamiques et immersives.

Dans son discours, la proviseure a rappelé que le lycée, c’est aujourd’hui une communauté de 5 700 parents d’élèves, accueillant 3 500 élèves, dont 250 passent le baccalauréat chaque année. Avec humour, elle a également annoncé la création d’une capsule temporelle, à ouvrir dans 40 ans pour les 150 ans, contenant notamment le dernier rapport de l’Ofsted et la première déclaration de TVA du lycée.

L’ambassadrice Hélène Duchêne a souligné, non sans malice, qu’elle accueille chaque année les élèves ayant obtenu une mention très bien… et qu’elle aurait sans doute beaucoup moins de monde si elle devait recevoir les bacheliers sans mention.

De nombreuses personnalités ont participé à l’événement : le député Vincent Caure, les conseillers des Français de l’étranger Patricia Connell, Marie-Claire Sparrow et Frédéric Fournier ; Anissia Morel, conseillère culturelle de l’ambassade de France au Royaume-Uni ; Maryline Berlin, présidente de l’APL ; Brigitte Williams, déléguée de la Fondation de la France Libre au Royaume-Uni ; Françoise Richardson, présidente de l’AMOPA ; Marie-José Clayton, présidente de l’Association des membres de l’Ordre national du Mérite pour le Royaume-Uni ; Jihane Schmitt, présidente de Life Lebanon. +d’images

Diplomatie économique

CCEF – Data Center

Ravi d’avoir participé à la conférence franco-britannique sur les Data Centers organisée par les Conseillers du Ccommerce extérieur de la France, en partenariat avec Pinsent Masons et Legrand UK & Ireland.

Un grand merci à Luc Bardin, président des CCEF UK, pour son invitation. Sans doute l’une des meilleures conférences auxquelles j’ai assisté ces derniers mois.

Cet événement a réuni un écosystème complet d’experts (investisseurs, ingénieurs, opérateurs, juristes, acteurs publics…) autour d’un constat clair : l’industrie des data centers est entrée dans une nouvelle ère, accélérée par l’essor de l’IA depuis le lancement de ChatGPT fin 2022.

Quelques chiffres marquants : 650 Md$ d’investissements prévus par les hyperscalers d’ici 2026, soit l’équivalent de ce qui a été dépensé entre 1956 et 1992 pour construire le réseau autoroutier aux USA ; un doublement des capacités d’ici 2030, et une demande énergétique en forte croissance (+15 % par an).

L’accès à l’électricité devient le principal défi, avec des délais de raccordement pouvant atteindre 7 ans en Europe. Les échanges ont également mis en lumière des enjeux structurants : énergie, refroidissement, localisation, souveraineté, réglementation et compétences. La France tire son épingle du jeu grâce à son mix énergétique bas carbone.

Une question centrale demeure : comment répondre à une demande exponentielle tout en respectant les impératifs ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) et de durabilité ?

Félicitations à Luc Bardin, au bureau CCE UK, avec Fabienne Viala, Pascal Stutz, Marc de Thomasson et Diane Mullenex. Ils nous ont offert une perspective unique sur ces enjeux.

Très heureux d’avoir eu l’opportunité de retrouver de nombreux professionnels, parmi lesquels, Vladimir Cordier, une des personnalités marquantes de la “génération Eurostar”. +d’images

Sénat – Médicaments falsifiés en Afrique : vers la souveraineté sanitaire

Dans le prolongement de notre échange du 10 octobre (lire), j’ai reçu au Sénat Juan Cepeda, chef de projet chez Expertise France (groupe AFD), accompagné du professeur Xavier Jouven, pour faire le point sur la lutte contre le fléau des médicaments falsifiés et de mauvaise qualité en Afrique, objectif prioritaire de mon action pour l’Afrique.

Dans le cadre du projet Medisafe, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, les négociations avancent très positivement. La finalisation de deux contrats (Afrique de l’Ouest et de l’Est), couvrant 13 pays pour un montant de 9 M€, est imminente.

À terme, l’objectif est de renforcer l’accès à des médicaments et vaccins sûrs qui soient produits sur le continent africain. Juan Cepeda s’apprête à rejoindre Nairobi pour quatre ans afin de structurer un écosystème régional.

Un sujet que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer avec Christophe Lecourtier, nouveau président de l’Agence française de développement, particulièrement attentif à ces enjeux.

Pour sa part, le Pr Xavier Jouven (Institut de Santé Globale Paris Cité) a rappelé que l’Afrique connaît une transition épidémiologique majeure : les MNT, maladies non transmissibles (hypertension, diabète, cancers) sont désormais les premières causes de mortalité, loin devant les maladies infectieuses (sida, tuberculose, paludisme). Pourtant, elles ne reçoivent que 5 % des financements internationaux.

Face à ce déséquilibre, il propose de faire des MNT une opportunité de leadership pour la France, avec un soutien à la création d’un réseau d’instituts panafricains dédiés.

Sénat – Rwanda – Commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi

Antoine Anfré, Aude Demoustier, Olivier Cadic, François Nkulikiyimfura


Ce 7 avril, j’ai représenté le groupe d’amitié France-Afrique centrale lors des cérémonies organisées à l’occasion du 32e anniversaire du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda du 7 avril au 17 juillet 1994, au cours duquel plus d’un million de Rwandais ont été exterminés.

J’étais accompagné par Aude Demoustier, conseillère des Français de l’étranger (Rwanda, Kenya, Tanzanie, Ouganda, Burundi, Zambie, Zimbabwe) et Antoine Anfré, ancien ambassadeur de France au Rwanda.

Cette date marque le début de Kwibuka 32, la commémoration annuelle du génocide contre les Tutsi de 1994. « Kwibuka », qui signifie « se souvenir » en kinyarwanda, désigne une période de 100 jours pour honorer la mémoire des victimes, soutenir les survivants et appeler à la paix.

Une première cérémonie a été présidée par François Nkulikiyimfura, ambassadeur du Rwanda en France, au Pavillon d’Armenonville à Paris, en présence de Mme Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie, Mme Åsa Regnér, directrice générale adjointe de l’UNESCO, M. Marcel Kabanda, président d’Ibuka, organisation non gouvernementale œuvrant pour la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda, Mme Emmanuelle Blatmann, directrice Afrique et Océan Indien (DAOI) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Au jardin de la Mémoire (Paris 13e), en présence du maire de Paris, Emmanuel Grégoire

Représentant le gouvernement français, Mme Emmanuelle Blatmann a prononcé un discours dans lequel elle a rappelé que « face aux silences, aux confusions entretenues, aux récits qui déplacent ou amoindrissent la réalité du crime, nous devons opposer la rigueur de l’histoire et la fidélité à la vérité des victimes. » et affirmé que « la France a[vait] engagé depuis plusieurs années un travail nécessaire de lucidité. Ce travail s’est appuyé sur l’ouverture des archives, sur la recherche historique, et sur une volonté claire, affirmée par le Président de la République en 2021, de reconnaitre les responsabilités de la France dans un engrenage qui a abouti au pire et faire toute sa place à l’histoire du génocide des Tutsi dans notre mémoire collective et dans nos programmes scolaires ».

Puis, je me suis rendu au Parc de Choisy, dans le 13e arrondissement de Paris, où une seconde cérémonie s’est tenue en présence de M. Emmanuel Grégoire, maire de Paris, devant le « Jardin de la Mémoire », espace inauguré en 2016 pour se rassembler et rendre hommage collectivement aux victimes du génocide.

Le maire de Paris a, à cette occasion, annoncé qu’un mémorial national en l’honneur des victimes serait prochainement inauguré, quai d’Orsay, dans le 7e arrondissement.

M. Mathias Ott, délégué interministériel à la Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (DILCRAH), a quant à lui souligné que ce meurtre de masse caractérisé avait ceci de particulier qu’il est le premier « génocide de proximité », dans la mesure où la plupart des bourreaux et victimes étaient en effets des voisins.

À l’issue de la cérémonie, nous avons déposé avec M. Antoine Anfré, ancien ambassadeur de France au Rwanda, au nom du groupe d’amitié, une gerbe de fleurs en hommage aux victimes.

Au cours de ces cérémonies, M. Olivier Nsoro et Mme Yvonne Buhikare, rescapés du génocide des Tutsi, ont témoigné de la violence des événements de 1994, mais aussi de la résilience exceptionnelle des survivants.

Médias – “L’encadrement du renseignement en sources ouvertes en approche à l’Assemblée nationale” (Intelligence Online, 16/04/2026)

Intelligence Online :

La transcription en droit français de la directive européenne NIS2, sur la cybersécurité, peine à trouver un espace pour être débattue à l’Assemblée nationale. Mais l’attente des députés pourrait prochainement être satisfaite.

L’OSINT, ou renseignement en sources ouvertes, doit faire d’ici à la fin de l’été l’objet de discussions à l’Assemblée nationale française pour poser un cadre juridique à son exercice (IO du 13/04/26). Celles-ci s’inscrivent dans le contexte du projet de loi portant sur la transposition de la directive européenne Network and Information Security 2 (NIS2, IO du 08/11/21) visant à renforcer la cybersécurité au sein de l’Union européenne.

Cette étape marquera la fin d’un long chemin de croix pour les parlementaires qui voient le texte bloqué depuis plusieurs mois au Palais Bourbon en raison d’un agenda surchargé. Plus que l’embouteillage des textes, des députés soupçonnent aussi un blocage de l’exécutif qui rechigne à inscrire le projet de loi à l’ordre du jour à cause d’une disposition anti-backdoors introduite au Sénat par le sénateur centriste Olivier Cadic en mars 2025 (IO du 15/07/25).

(…)

La France fait partie des mauvais élèves de l’Union européenne à n’avoir pas encore transposé la directive NIS2 dans leur droit national, près de quatre ans après l’adoption du texte par les États membres. Elle partage ce statut avec l’Estonie, les Pays-Bas, l’Irlande, l’Espagne et le Luxembourg. Selon les règles européennes, cette procédure aurait dû être réalisée au plus tard le 17 octobre 2024.

Lire l’article L’encadrement du renseignement en sources ouvertes en approche à l’Assemblée nationale, publié sur le site Intelligence Online, le 16 avril 2026

Sénat – Venezuela – María Corina Machado – Prix Nobel de la Paix

Le Sénat réaffirme avec force son soutien indéfectible aux forces démocratiques vénézuéliennes

Lorsque Isadora Zubillaga m’a contacté pour m’informer que María Corina Machado, figure emblématique de la résistance démocratique au Venezuela et lauréate du Prix Nobel de la paix 2025, serait à Paris pour rencontrer le président de la République et sollicitait une audience auprès du président du Sénat, j’ai immédiatement compris que cette journée du 14 avril 2026 marquerait profondément mon mandat.

Fidèle à sa vocation de garant des libertés publiques, Gérard Larcher a tenu à lui réserver un accueil à la hauteur de son courage et de son combat exemplaire. María Corina Machado était accompagnée de sa conseillère Isadora Zubillaga, du politologue Pedro Urruchurtu et de l’avocat Antonio Ledezma.

Dans une déclaration empreinte de gravité et de détermination, le président du Sénat a rappelé que cette rencontre s’inscrivait pleinement dans « la continuité du soutien sans faille de la France au peuple vénézuélien ». Il a salué avec force et admiration « le courage exceptionnel de Madame Machado », contrainte de vivre dans la clandestinité pendant seize mois avant de quitter son pays au péril de sa vie pour recevoir son prix à Oslo, quelques semaines avant l’arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis, le 3 janvier 2026.

Il l’a réaffirmé avec une clarté qui ne laisse place à aucune ambiguïté : « Nous ne pouvons en aucun cas reconnaître comme légitime un pouvoir issu de conditions électorales que chacun sait entachées de graves irrégularités », ajoutant que « l’élection présidentielle de juillet 2024 a été confisquée au peuple vénézuélien ». Par ces mots, le Sénat exprime un soutien résolu, constant et sans concession à celles et ceux qui luttent pour le rétablissement de la démocratie.

Cette rencontre a permis, avec mes collègues*, de réaffirmer notre solidarité active avec les forces démocratiques et d’échanger sur les voies concrètes d’une transition pacifique, fondée sur l’organisation d’élections libres, transparentes et incontestables. Plus que jamais, la France doit se tenir aux côtés du peuple vénézuélien dans son aspiration légitime à la liberté et à l’État de droit.

J’ai également évoqué mon déplacement au Venezuela en avril 2015, alors que Leopoldo Lopez était emprisonné, le vote de ma résolution sur la violation des droits humains au Venezuela adoptée à 95,5% en 2019 (lire), ainsi que la réception au Sénat de Juan Guaidó en janvier 2020 (lire). Ces échanges m’ont conduit à interroger María Corina Machado sur le rôle déterminant que pourrait jouer l’attribution du Prix Nobel de la paix pour faire enfin basculer l’histoire et mettre un terme à un régime chaviste qui se maintient par la contrainte et la répression.

Avec une lucidité et une détermination remarquables, María Corina Machado a insisté sur la nécessité d’aller plus loin : « Ce que nous voulons, c’est reconstruire le pays en démantelant en profondeur les structures de corruption ». Son combat dépasse la seule alternance politique : il porte l’ambition d’une refondation démocratique durable.

Elle a également exprimé une conviction forte, que nous partageons pleinement : le retour de la démocratie au Venezuela pourrait constituer un signal d’espoir et un catalyseur de transformations démocratiques dans toute la région, notamment à Cuba et au Nicaragua.

À l’issue de cet entretien, María Corina Machado a accordé une interview à Darius Rocheblin (LCI) depuis le Palais du Luxembourg.

J’ai ensuite eu le plaisir de la retrouver, en compagnie de Hubert de Canson, conseiller diplomatique du président Larcher, pour un déjeuner dans les salons de la présidence du Sénat, moment d’échange privilégié qui a permis d’approfondir encore notre dialogue, avant de lui faire visiter le Palais du Luxembourg.

Dans ce contexte historique, je veux redire avec force que la France, et en particulier le Sénat, demeureront aux côtés du peuple vénézuélien jusqu’au rétablissement plein et entier de la démocratie. Notre soutien est total, constant et indéfectible. +d’images

(*) Loïc Hervé, vice-président du Sénat ; Pascal Allizard, vice-président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense ; Frédéric Buval, sénateur de la Martinique

Sénat – L’élargissement européen face au défi de l’opinion

Le 16 avril, j’ai accueilli au Sénat Jessica Larsson, cheffe de la Représentation de la Commission européenne à Paris, et Nicolas Bizel, rapporteur politique. Leur mission est essentielle : porter la voix de la Commission dans le débat public.

Nos échanges ont porté sur un enjeu clé pour l’avenir de l’Union : son élargissement, notamment aux Balkans occidentaux. Nous avons évoqué plus particulièrement les perspectives d’adhésion de l’Albanie et du Monténégro.

Si l’élargissement est au cœur du projet européen, il reste un sujet sensible en France. Avant toute décision, un travail de pédagogie est indispensable pour en expliquer les bénéfices et mieux faire connaître les pays concernés, a expliqué Jessica Larsson

Le Monténégro pourrait finaliser ses négociations d’ici 2026, l’Albanie à l’horizon 2027.

Aujourd’hui, une dizaine de pays candidats ou potentiels — notamment dans les Balkans occidentaux, mais aussi l’Ukraine et la Moldavie — aspirent à rejoindre l’UE.

L’UE est un accélérateur pour chaque nouveau membre. Dans un contexte de guerre d’influence, ne les abandonnons pas aux ambitions russes dans la région.

Palais de l’Élysée – Mauritanie – Dîner d’état

Honoré d’avoir été convié par le Président de la République, Emmanuel Macron, au dîner d’État organisé hier soir au Palais de l’Élysée en l’honneur du Président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le Président de la République a souligné les liens politiques, culturels et économiques qui unissent nos deux pays, ainsi que l’importance des enjeux régionaux et internationaux.

Il a également tenu à remercier particulièrement son homologue mauritanien pour son engagement en faveur de la protection et du maintien de l’enseignement en français en Mauritanie, un enjeu majeur pour le rayonnement de notre langue et de notre culture.

Au cours de la soirée, j’ai eu le privilège d’échanger avec Son Excellence Mohamed Yahya Teiss, ambassadeur de Mauritanie en France et son épouse, Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique du Président de la République, ainsi que Bruno Belin, sénateur.

Nos échanges ont notamment porté sur l’action de l’AFD en faveur du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), qui couvre aujourd’hui 35 % des besoins nationaux en sang et vise une autonomie complète à l’horizon 2030.

J’ai également eu le plaisir de retrouver Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Sophie Sidos, présidente des CCEF, et Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français, avec lesquels nous partageons une même exigence d’action publique et d’influence de la France.

Enfin, j’ai retrouvé Emmanuel Besnier, ambassadeur de France en Mauritanie, avec lequel j’avais découvert ce pays en septembre dernier, ainsi que Jules-Armand Aniambossou, envoyé spécial du Président de la République, qui m’avait accueilli lors de son précédent poste en Ouganda.

Une soirée placée sous le signe de la diplomatie, de la francophonie et de l’ambition pour les relations internationales de notre pays. +d’images

Rencontres Défense & Cyber : faire de la souveraineté numérique une réalité stratégique

Ce 9 avril, au ministère des Armées à Balard, j’ai participé à deux tables rondes lors des 4èmes Rencontres Défense & Cyber, organisées par le CyberCercle, en qualité de rapporteur du budget du SGDSN et de président de la commission spéciale au Sénat, chargée d’examiner le projet de loi qui vise la transposition de 3 directives européennes, dont la directive dite “NIS2”.

Une journée de haut niveau, marquée par la qualité des échanges et par une conviction largement partagée : face à la montée des menaces hybrides, la cybersécurité est désormais au cœur de notre souveraineté.

Comme l’a souligné Bénédicte Pilliet, présidente du CyberCercle, il ne s’agit plus d’un sujet technique, mais bien d’un enjeu de puissance, de crédibilité et de résilience nationale.

TR1 – Renforcer la protection et la résilience cyber des entreprises de notre base industrielle de défense

Lors de la première table ronde consacrée à la protection de la BITD, j’ai questionné, en tant qu’entrepreneur, la valeur ajoutée de NIS2. On peut douter que la loi soit le bon outil : elle arrive souvent en retard et génère une bureaucratie coûteuse. Je privilégie des approches fondées sur des référentiels concrets, comme la norme internationale ISO 27001, d’autant que nous n’avons pas le temps d’évaluer l’efficacité des lois précédentes.

J’ai aussi regretté que la France travaille en silo et comparé la situation au modèle américain (CMMC) qui est unifié. Cela étant dit, saluons le travail du ministère des Armées, notamment à travers le référentiel de maturité cyber et les dispositifs d’accompagnement pragmatiques portés par la DGA et le CERT [ED].

Enfin, ce fut l’occasion de réaffirmer un problème central : notre cybersécurité reste trop souvent réactive. L’enjeu est désormais d’anticiper.

TR2 – Favoriser l’émergence d’une filière de sécurité numérique souveraine au service de la Défense

La seconde table ronde m’a permis de rappeler que la souveraineté reposait sur la capacité à se défendre par ses propres moyens, condition essentielle de la liberté. La liberté a un coût mais elle n’a pas de prix.

J’ai alerté sur les risques liés aux “backdoors” : présentées comme des outils essentiels de surveillance, elles peuvent en réalité fragiliser profondément nos systèmes. J’ai également souligné la difficulté, pour nombre de parlementaires, de s’approprier les sujets cyber, souvent perçus comme réservés aux experts.

La France dispose d’un potentiel d’innovation réel, mais ses start-up peinent à accéder à la commande publique, freinées par des logiques d’achat rétives au risque. Or, ce sont les commandes, plus que les subventions, qui permettent aux entreprises de se développer. A cet égard, on observe des différences structurelles avec l’Allemagne, notamment en matière de transmission d’entreprises, favorisant un tissu industriel solide et durable.

Enfin, dans l’attente d’un hypothétique “Buy European Act”, j’ai plaidé pour une modernisation et une meilleure coordination de l’achat public : il faut un véritable pilote dans l’avion “achat public” ! Le marché national étant insuffisant, la souveraineté cyber passe nécessairement par une dynamique européenne.

Voir le programme et les intervenants

Forum Investir en Afrique – Table ronde Baromètre du CIAN – Vidéo 16m

J’ai eu le plaisir de participer à la présentation du « baromètre du CIAN », lors du forum Investir en Afrique, ce 9 avril, aux côtés de Sandrine Sorieul, directrice générale du Conseil français des Investisseurs en Afrique (CIAN), et d’Olivier Baccuzat, rédacteur en chef adjoint de L’Opinion.

L’occasion d’évoquer la dynamique économique à l’œuvre sur le continent africain, en rappelant que les entreprises françaises s’inscrivent majoritairement dans une logique d’investissement de long terme, contribuant durablement au développement local.

J’ai également souligné l’émergence d’une intelligence collective entre acteurs publics et privés, portée par des défis communs avec l’Europe, notamment dans le numérique et l’innovation.

À ce titre, j’ai particulièrement insisté sur un enjeu stratégique : la coopération en matière de santé et de médicaments en Afrique, en lien avec le développement de l’Agence africaine du médicament.

En qualité d’administrateur de l’AFD, j’appelle à une large mobilisation pour lutter contre le fléau des médicaments contrefaits, en apportant une réponse coordonnée entre acteurs publics, industriels et partenaires africains.

Médias – Prix du carburant, Total, Loi programmation militaire : débat avec Éric Coquerel (LCP / Public Sénat – 10 avril 2026 – Vidéo 25’54)

Lors de mon débat avec le député LFI, Éric Coquerel, dans l’émission Parlement Hebdo, nous avons confronté deux visions face aux crises actuelles.
Extraits :
Prix des carburants : Il faut des mesures ciblées”, estime Olivier Cadic. “Plutôt qu’une aide globale, des aides chirurgicales, parce qu’il faut prendre en compte le fait que nous sommes dans une situation budgétaire qui nous met dos au mur”.

Total : “Vous faites fuir les entreprises quand vous les taxez”, fait valoir Olivier Cadic, qui appelle à ne pas “diaboliser une entreprise dont on dit qu’elle fait des superprofits”, estimant que “quand Total se développe, elle entraîne avec elle d’autres entreprises”.

Hausse du budget de la défense : “Si on veut éviter la guerre, il faut la préparer”, considère Olivier Cadic. “Je me satisfais de cet effort. Est-ce qu’il est suffisant ? Je pense que la marche est encore très haute”.

“Vous pensez que les Russes vont envahir la France ?”, lance Eric Coquerel. “Deux semaines avant que les Russes envahissent l’Ukraine, des députés ukrainiens disaient exactement ça : ‘vous ne croyez tout de même pas que la Russie va envahir l’Ukraine'”, répond Olivier Cadic.

Sénat – Christophe Lecourtier nouveau DG de l’AFD – Vidéo Q/R (5’30)

Ce 8 avril, notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a auditionné Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc, proposé par le Président de la République au poste de directeur général de l’Agence française de développement (AFD).

Membre du conseil d’administration de l’AFD, j’ai interrogé l’ambassadeur pour lui permettre de compléter son propos et je l’ai assuré du soutien du groupe Union centriste à sa désignation.

Vote de la commission au Sénat : 23 voix pour, 8 voix contre et 2 bulletins blancs ou nuls.


Voir l’intégralité de l’audition sur le site du Sénat

VERBATIM de mon intervention

Monsieur l’ambassadeur,

Je vous connais bien pour vous avoir vu agir à Ubifrance, apprécié votre engagement en Australie, avant de vous retrouver à la direction de Business France pour animer la Team France Export, puis à Rabat, où vous avez su relever le défi.

Vous y avez démontré, avec humilité et constance, votre capacité d’engagement dans un pays qui est aujourd’hui le premier bénéficiaire des actions de l’AFD, comme l’a rappelé le président Cambon.

Je souhaite saluer votre esprit collaboratif, qui constitue l’une de vos marques de fabrique.

Votre volonté d’inscrire pleinement l’AFD dans le cadre des attentes exprimées par le Parlement est également rassurante.

Je me réjouis à la perspective de travailler à vos côtés au conseil d’administration de l’AFD, et je ne ferai pas mystère du soutien de notre groupe Union centriste à votre candidature.

Vous avez par ailleurs adressé un signal fort concernant la réévaluation de la position de l’AFD vis-à-vis de la Chine, que nous attendions depuis longtemps.

J’en viens à plusieurs questions :

S’agissant de l’impact de l’AFD en matière de soutien aux entreprises françaises : les entreprises françaises participent à environ 60 % des appels d’offres internationaux avec un taux de succès de 70 %, soit in fine environ 42 % des marchés financés par l’AFD.

Considérez-vous ce résultat comme satisfaisant ?
Et quels objectifs vous fixez-vous pour l’améliorer ?

Par ailleurs, vous avez évoqué des priorités sectorielles. Allons-nous continuer à financer des équipements tels que des éoliennes ou des panneaux solaires d’origine chinoise ?

Concernant la santé en Afrique : une Agence africaine du médicament a été créée par l’Union africaine, dont le siège est à Kigali. Son efficacité dépendra du renforcement, voire de la création, d’agences nationales.

L’AFD pourrait-elle s’engager dans ce chantier structurant pour le continent ?

Enfin, dans le domaine de l’éducation : pourriez-vous envisager de soutenir le développement des écoles francophones ?

Je vous remercie.

Édito – Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée : une certaine idée de la diplomatie française

Lire : l’INFOLETTRE n°255 – Mars 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée : une certaine idée de la diplomatie française

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

Au Moyen-Orient, les lignes bougent, les alliances se font et se défont, et les certitudes d’hier vacillent sous le poids des crises successives. Dans ce tumulte stratégique, une évidence s’impose : la force ne suffit pas à garantir la stabilité, pas plus qu’elle n’assure la fidélité des partenaires.

La France, forte de son histoire et de sa diplomatie, incarne une autre voie. Une voie fondée sur la constance, la parole tenue et le respect des engagements. Cette « bonne renommée », elle ne la doit pas aux déclarations, mais aux actes. Qu’il s’agisse de contribuer à la sécurité des Émirats arabes unis, du Koweït ou encore de Chypre, notre pays a su démontrer qu’il répond présent lorsque ses partenaires en ont besoin.

Cette ligne est aujourd’hui portée au plus haut niveau de l’État. Le Président de la République et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères incarnent une diplomatie française fidèle à une certaine idée de la prévisibilité : celle d’un pays qui ne cède ni aux revirements opportunistes ni aux injonctions du moment, mais qui s’inscrit dans la durée et la cohérence.

Cette fiabilité est un capital stratégique. Dans une région marquée par la défiance, elle distingue la France de puissances dont le soutien peut apparaître conditionnel, soumis à des intérêts immédiats ou à des exigences d’alignement. Être allié ne signifie pas être dépendant : c’est précisément cette nuance qui fonde la crédibilité française.

Mais cette crédibilité engage. Elle nous oblige. Aujourd’hui, la situation au Liban en est l’illustration la plus exigeante.

Face à l’emprise du Hezbollah et au risque d’effondrement durable de l’État libanais, la question n’est pas seulement régionale : elle touche directement à la parole de la France. Car le Liban n’est pas un partenaire parmi d’autres ; il est un pays avec lequel nous entretenons des liens historiques, politiques et humains singuliers.

Dès lors, notre capacité à contribuer à sa stabilité, à soutenir ses institutions et à défendre sa souveraineté est observée avec attention. Elle conditionne, en partie, la confiance que d’autres partenaires placent en nous.

Dans un monde où la puissance s’affiche souvent en démonstration de force, la France rappelle qu’elle se mesure aussi à la fidélité de ses engagements. Car, plus que jamais, une bonne renommée vaut mieux que toutes les ceintures dorées.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

A LA UNE
. Art. 50-1 – Situation au Proche et Moyen-Orient

HOMMAGE
. Décès de Karine Buisset, UNICEF
. Mort de l’adjudant-chef Frion

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. Moyen-Orient : réunion de crise au Quai d’Orsay pour la sécurité des Français de l’étranger
. Moyen-Orient – Numéros d’urgence
. AFE – Sécurité des Français de l’étranger : Nadia Chaaya plaide pour le renforcement du dispositif « triple A »
. AFE – Pauline Carmona salue la mobilisation des élus et détaille la modernisation du réseau consulaire
. Direction générale de la mondialisation (DGM) – Enseignement français à l’étranger
. FIAFE – AG 2026
. Divorces franco-irlandais : mieux protéger le conjoint vulnérable – Question écrite
. Des enjeux très concrets pour nos compatriotes d’Irlande
. Légion d’honneur : Hélène Roos distinguée au Quai d’Orsay

EN CIRCONSCRIPTION
> TURQUIE – Istanbul (25-27 janv. 2026)
> SUISSE – Genève (29-30 janv. 2026)
> SYRIE – Damas (11 fév. 2026)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Guerre au Moyen-Orient : quels scénarios pour la suite ?
. Enjeux stratégiques de la mer Noire

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. ANSSI : l’argent public au service de quelle stratégie cyber ?
. 17Cyber – Les Français de l’étranger oubliés du dispositif ?
. Il y a deux ans, l’IPAC apprenait que le groupe de hackers chinois APT31 avait ciblé son réseau
. “NIS2 : pourquoi le gros sujet des backdoors bloque la transposition du texte” – (ZDNet)
. “La DGSI accusée de bloquer l’adoption d’une loi renforçant la cybersécurité” – (NEXT)

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Le Sénat facilite l’exercice des médecins formés au Royaume-Uni
. GIA France-Pays du Golfe – Communiqué de presse
. GIA Pays du Golfe – Arabie Saoudite – Koweït – Fêtes nationales
. Liban – Ambassadeur
. Chambres de commerce et d’industrie de la France à l’international (CCIFI) – Frédéric Sanchez
. Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) – Jean-Jacques Santini
. Business France – Directeur général par intérim – Benoît Trivulce
. Grand Maître de la Grande Loge de France (GLDF)

MÉDIAS
. Olivier Cadic : “Ce ne sont pas les Libanais qui ont décidé de créer le conflit avec Israël, ce sont bien les Gardiens de la Révolution” (Public Sénat – 25 mars 2026 – Vidéo 1’50)
. “Ukraine, Levant, mer de Chine : penser l’engrenage mondial” (Tribune – infolettre UDI)
. “Le sénateur Cadic : les pays du Golfe font preuve d’une grande résilience et maîtrise face à la crise” (Arab News, 13/03/2026)
. Olivier Cadic : “La question c’est d’affaiblir l’Iran et de s’en prendre à la tête de la pieuvre” (Public Sénat – 5 mars 2026 – Vidéo 24m)

Découvrir l’InfoLettre n°255

Sénat – FIAFE – AG 2026

Comme chaque année, j’ai eu le plaisir d’assister au discours de Corinne Levet à l’issue de l’Assemblée générale de la FIAFE.

Un moment fort, marqué par des chiffres impressionnants et surtout par l’engagement remarquable des Français de l’étranger :

👉 130 bénévoles, venus de 68 Accueils à travers le monde 🌍 : un nouveau record pour la FIAFE !

Corinne Levet a rappelé avec justesse l’essence même de cet engagement : « Prendre du temps pour les autres. Recruter des bénévoles est un exploit. »

Je tiens à adresser mes chaleureuses félicitations à Corinne Levet ainsi qu’à l’ensemble des Accueils pour leur engagement exceptionnel au service des Français de l’étranger. Un grand merci également à celles et ceux qui m’ont invité à participer à leurs activités, comme Londres Accueil en début d’année à l’occasion de sa première galette — un moment convivial qui illustre parfaitement l’esprit du réseau.

Au-delà des mots, ces rencontres sont toujours l’occasion d’échanges riches et inspirants. J’ai notamment eu l’opportunité de discuter avec de nombreux animateurs engagés, comme Aurélien Bonnet (à l’image), président de NY Accueil, qui porte une initiative particulièrement concrète avec l’organisation de « job fairs » pour accompagner les conjoints dans leur recherche d’emploi.

Je tiens également à saluer la mobilisation des équipes venues du Moyen-Orient, présentes malgré un contexte difficile, ainsi que la dynamique équipe de Chypre, en première ligne face aux tensions régionales.

Ces échanges illustrent une fois encore la force du réseau FIAFE : créer du lien, partout dans le monde, entre Français. +d’images

👉 Pour aller plus loin, lire : Au coeur de la FIAFE, ​​le pouvoir de créer du lien entre Français de l’étranger, article de Capucine Canonne, publié par le LePetitJournal.com, le 1 avril 2026.

Sénat – Liban – Ambassadeur

Le groupe d’amitié France–Liban, présidé par ma collègue Christine Lagarde, a reçu ce 31 mars Rabih El Chaer, ambassadeur du Liban en France.

Cet échange a permis d’évoquer la situation extrêmement préoccupante du pays, aujourd’hui confronté à une nouvelle phase de violence armée.

Je me suis rendu à Beyrouth du 9 au 14 février dernier, aux côtés de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, où j’ai pu mesurer la détermination du président Joseph Aoun à remettre le Liban sur le chemin de la paix et de la prospérité.

L’ensemble des interlocuteurs rencontrés avaient exprimé une exigence claire : restaurer pleinement la souveraineté de l’État libanais, notamment par le rétablissement du monopole des armes au profit de l’armée.

Lors de son intervention, l’ambassadeur a apporté des éléments précis et éclairants sur les efforts engagés, notamment en matière de désarmement. Je tiens à saluer la qualité de ses échanges, empreints de franchise, de sens des responsabilités et d’un attachement manifeste à la stabilité et à la souveraineté de son pays.

Depuis mon déplacement, la situation s’est malheureusement dégradée : le Hezbollah a rouvert les hostilités avec Israël sans en informer le gouvernement ni le Parlement, et en contradiction avec la volonté du peuple libanais. Cette dynamique fragilise encore davantage les institutions et la stabilité du pays.

Dans ce contexte, le gouvernement libanais a pris des positions fortes, notamment en déclarant illégal le mouvement armé du Hezbollah.

J’ai également interrogé l’ambassadeur sur les conséquences de la décision courageuse du gouvernement de déclarer l’ambassadeur d’Iran persona non grata au Liban.

Face à ces défis majeurs, une question centrale demeure : comment la France peut-elle contribuer concrètement au renforcement des institutions libanaises et au retour d’un État pleinement souverain ?

Sénat – France Médias Monde : en première ligne de la guerre informationnelle – Vidéo Q/R (8’32)

Notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a auditionné, le 1er avril 2026, Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde, sur le thème : Quelles priorités pour France Médias Monde en 2026 ?

Dans un monde traversé par les crises, le réarmement conventionnel doit s’accompagner d’un réarmement informationnel afin de faire face aux situations de guerre hybride. France Médias Monde est en première ligne pour lutter contre les stratégies de déstabilisation, qu’il s’agisse de l’influence russe en Afrique, de l’accès à une information indépendante en Russie ou encore du renforcement de sa présence au Proche-Orient, grâce au développement de son hub de Beyrouth.

À ce titre, j’ai salué l’engagement des équipes de France Médias Monde à Beyrouth et le rôle stratégique de ce hub numérique, tout en exprimant mon inquiétude face aux menaces (cyberattaques et pressions) et en interrogeant les conditions d’exercice de la liberté de la presse au Liban, ainsi que les stratégies de désinformation.

VERBATIM de mon intervention

Merci beaucoup pour vos propos, Madame la Présidente.

Pour ma part, je tiens à saluer justement l’engagement remarquable des équipes de France Médias Monde, en particulier celles basées à Beyrouth, que j’ai eu l’occasion, vous l’avez mentionné, de rencontrer mi-février en compagnie de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient, et Maxence Duault, directeur général de l’ESA Liban, qui vous héberge.

Cette rédaction incarne pleinement l’ambition d’une information de proximité, indépendante et en langue arabe au service des publics de la région. Je souhaite saluer leur courage et leur adresser, de la part de notre groupe Union centriste, tout notre soutien. L’ouverture récente de ce hub numérique constitue à cet égard une avancée stratégique majeure pour renforcer les offres de France24 au Moyen-Orient.

Mais cette présence s’exerce dans un contexte préoccupant. Les cyberattaques récentes visant MTV Liban rappellent la vulnérabilité des médias face aux menaces numériques, vous l’avez mentionné. À cela s’ajoutent des pressions et des menaces physiques croissantes à l’encontre des journalistes au Liban, fragilisant l’exercice de la liberté de la presse. Dans ce contexte, l’engagement de France Médias Monde à Beyrouth est essentiel et appelle notre vigilance collective.

Comment France Médias Monde évalue-t-il aujourd’hui l’évolution des conditions d’exercice du journalisme au Liban ?

Vous avez évoqué la guerre de l’information contre les démocraties menées par certaines puissances comme la Russie ou la Chine, avec des budgets considérables, vous l’avez rappelé. Quels sont les principaux modes opératoires de désinformation que vous observez actuellement ? Merci.

Médias – Olivier Cadic : “Dans le futur, nous serons fiers des décisions prises par la France, aujourd’hui” (RFI – 01/04/2026 – Podcast 8’25)

Invité de Radio France Internationale, j’ai répondu, ce 1er avril, aux questions de Véronique Rigolet sur le contexte d’une escalade militaire autour de l’Iran.

Face aux critiques de Donald Trump et aux tensions avec l’État hébreu, j’ai appelé à garder sang-froid et constance, tout en réaffirmant la ligne française : soutien à la sécurité d’Israël, attachement au droit international, et engagement indéfectible auprès des partenaires régionaux.

Ecouter l’entretien en AUDIO

Verbatim de l’entretien

Véronique Rigolet – Bonjour Olivier Cadic, bienvenue sur RFI.

Olivier Cadic – Merci, bonjour.

Véronique Rigolet – Que vous inspire, on vient de l’entendre, ce sérieux coup de chaud entre la France et l’État hébreu, mais également entre la France et les États-Unis, en pleine guerre contre l’Iran ? Donald Trump fustige Paris qui n’a pas été très aidante alors qu’Israël a laissé entendre que la France ne compte plus parmi ses alliés, entend également mettre fin à ses importations de défense française. Est-ce qu’on est là, Olivier Cadic, dans une crise extrêmement sérieuse avec Israël, pour commencer ?

Olivier Cadic – Je crois qu’avant tout, il faut avoir beaucoup de sang-froid, comprendre qu’effectivement, l’État d’Israël était attaqué et potentiellement est menacé depuis que le régime des mollahs existe. Ils en ont fait, je dirais, le point fort de leur vision stratégique au Moyen-Orient : éliminer l’État d’Israël. Donc, on peut comprendre de la part d’Israël qu’il cherche à se défendre par rapport à cette menace existentielle. Et, en ce sens-là, je pense que la France a toujours été présente aux côtés d’Israël et l’a rappelé en de multiples occasions.

Aujourd’hui, effectivement, l’État d’Israël comme les États-Unis ont décidé de frapper l’Iran sans en avertir justement les alliés dont ils parlent, puisqu’ils nous présentent comme des alliés. Et donc, rappeler qu’effectivement, si on est engagés ensemble dans l’OTAN, ils ont pris cette décision sans en avertir les autres, les autres pays. Donc, on n’a pas eu la possibilité d’exprimer notre position sur le sujet. On voit les conséquences de ces attaques. Aujourd’hui, la France tient son rang. La France est un partenaire fiable qui l’a démontré. Vous l’avez rappelé, le Président de la République a décidé tout de suite d’envoyer le porte-avions Charles de Gaulle et de mettre en place des moyens pour assurer la sécurité de nos ressortissants le cas échéant et aussi de nos alliés.

Véronique Rigolet – Comment expliquer une telle colère aujourd’hui d’Israël ? On connaît la dégradation des relations depuis la reconnaissance de l’État de Palestine par la France. C’était l’été dernier. C’est une situation qui, en plus, ne va pas s’arranger par rapport aux attaques israéliennes contre le Liban. Et alors même qu’Israël dit vouloir occuper une partie du Sud Liban une fois la guerre terminée. Ça reste notre ligne rouge ?

Olivier Cadic – La position de la France par rapport au droit international est connue, établie de longue date et n’a jamais varié. Par rapport à ce qu’il se passe aujourd’hui, la position de la France est invariable…

Véronique Rigolet – Par rapport au Liban, en tout cas, oui.

Olivier Cadic – Par rapport au Liban, la question c’est le Hezbollah. Le Hezbollah, c’est une ingérence étrangère qui vient d’Iran. On voit bien que ce sont les gardiens de la Révolution qui sont maintenant à la manœuvre pour le Hezbollah qui mène un combat direct par rapport à Israël, qui prend en otage la population libanaise en permanence. Encore aujourd’hui, en ce moment, dans les villages chrétiens du Sud Liban qui n’ont pas évacué. On voit que le Hezbollah commence à rentrer dans ces villages pour mener son combat en se servant justement des chrétiens comme de boucliers, de cibles potentielles. On a un vrai sujet avec le Hezbollah. Là, je pense que la ligne de la France est très claire aujourd’hui.

Véronique Rigolet – Tout en condamnant l’intervention israélienne, est-ce qu’il faut que la France, aujourd’hui, renforce encore un peu plus son soutien militaire à l’armée libanaise ?

Olivier Cadic – Complètement. Là, vous touchez un point qui m’est cher. J’étais il y a six semaines au Liban. J’ai rencontré le président Joseph Aoun, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi. Et donc, le besoin, effectivement, c’est de venir soutenir les forces armées libanaises, leur permettre d’avoir les moyens d’assurer la sécurité du pays, les moyens de désarmer le Hezbollah, c’est impératif. C’était un engagement qui avait été pris lors de l’accord de cessez-le-feu. Et donc, il faut absolument donner les moyens. C’est ce que m’avait demandé le président Joseph Aoun : donnez-moi les moyens, je ferai le job. Il avait repris les mots de Churchill. On a absolument besoin de lui donner effectivement les moyens pour que l’armée libanaise puisse jouer son rôle, ramener l’État à la manœuvre. Parce qu’aujourd’hui, le Hezbollah profite en fait de la faiblesse de la force armée libanaise pour mener ses actions offensives vis-à-vis d’Israël.

Véronique Rigolet – On le disait, Donald Trump s’en est pris également très violemment à la France hier sur un mode menaçant. On s’en souviendra, dit le président américain, qui menace par ailleurs à nouveau de se retirer de l’OTAN. Comment vous expliquez une telle animosité du président américain ? On y sent presque de la nervosité. C’est à cause de cette impasse qui perdure dans le détroit d’Ormuz, sa façon à lui, de Donald Trump, de rejeter d’ores et déjà la faute sur les alliés ?

Olivier Cadic – Je pense que là aussi, il faut avoir beaucoup de sang-froid, prendre de la hauteur, comprendre que les positions du président des États-Unis peuvent varier d’un jour à l’autre. Et donc, pour nous, il faut rester sur la ligne qui est une ligne de partenaire fiable par rapport aux pays du Golfe, par rapport au Liban. Pour bien montrer qu’on ne bougera pas de ligne : on sera toujours aux côtés d’Israël quand Israël sera attaqué. Il faut aussi marteler ça. Nous avons aussi une présence française dans tous ces pays. Il y a quand même quatre cent mille Français qui vivent dans cette zone. Nous ne l’oublions pas. Où qu’ils soient, nos compatriotes doivent savoir une chose : c’est que la France ne les lâchera pas. On est avec eux. Et donc, pour tous ces pays, il faut qu’on comprenne qu’il y a une ligne qui est la ligne de la France, qui ne varie jamais, même si les autres peuvent changer d’un jour sur l’autre.

Véronique Rigolet – C’est ce que le président Macron, depuis le Japon où il se trouve en visite officielle, a vanté ce matin : la prévisibilité de la France contre l’imprévisibilité américaine. Parlant justement de cette imprévisibilité, le président américain dit qu’il s’apprête à mettre fin à la guerre dans deux ou trois semaines, mais tout en préparant en parallèle un possible assaut. Si tel devait être le cas est-ce que la France pourrait rester dans la région, sur cette ligne défensive où elle est aujourd’hui, mais avec le Charles de Gaulle, avec cette armada présente dans la région ? C’est un souci ?

Olivier Cadic – La France est à sa place. C’est une puissance qui a une capacité militaire. Regardez dans l’Union européenne, il y a peu de pays qui ont cette capacité. On a besoin de la France. J’étais la semaine dernière avec l’ambassadeur des Émirats arabes unis qui rappelait toute la reconnaissance que les Émirats avaient pour la France, sa position, sa capacité à intervenir en soutien pour pouvoir défendre leur territoire. C’est important que la France reste toujours solide dans sa réponse, qu’on ne se laisse pas entraîner s’il y a des excès.

Moi, je suis très fier, vraiment, de ce que la France fait aujourd’hui, parce que ce n’est pas une position facile, parce que justement nos partenaires, parfois, agissent sans nous prévenir et on doit donc agir en fonction des conséquences. Cette ligne-là est très importante. C’est ce qui fera que dans le futur, nous serons fiers des décisions qui ont été prises aujourd’hui. Toujours se souvenir que l’histoire va nous juger. Si l’Iran menace l’intégrité d’Israël, il est important qu’Israël sache qu’on sera à ses côtés. Et, en tout état de cause, si les conséquences des attaques, des frappes sur l’Iran, c’est que nos partenaires au Moyen-Orient, donc dans le Golfe, sont attaqués, il faut qu’ils sachent qu’on sera là en toutes circonstances pour les aider à se défendre. C’est une position de défense.

Véronique Rigolet – On vous a entendu. Merci Olivier Cadic. Bonne journée.

Sénat – France / Irlande : des enjeux très concrets pour nos compatriotes

Ce 25 mars, à l’initiative de mon collègue Pierre Médevielle, président du groupe d’amitié France-Irlande, un déjeuner de travail s’est tenu autour de Niall Burgess, ambassadeur d’Irlande en France.

À cette occasion, j’ai transmis à l’ambassadeur une note rédigée par Laurence Helaili, conseillère consulaire pour l’Irlande, et salué la souplesse et la bienveillance des autorités irlandaises à l’égard de nos compatriotes confrontés à des situations d’urgence, notamment en cas de perte de documents.

J’ai ensuite relayé l’initiative de Laurence visant à obtenir des compagnies aériennes la mise en place de « tarifs d’urgence », afin de faciliter des retours rapides dans des circonstances difficiles.

Enfin, j’ai attiré l’attention de l’ambassadeur sur les divorces franco-irlandais traités en France. Des difficultés d’interprétation du droit irlandais, lorsqu’il est applicable, sont constatées. Certaines juridictions françaises méconnaissent en effet le mécanisme de protection (« proper provision ») du conjoint économiquement vulnérable, conduisant à écarter toute compensation.

Niall Burgess m’a informé de la visite du ministre irlandais de la Justice à Paris deux jours plus tard pour rencontrer son homologue.

Dans le prolongement de cette réunion, j’ai adressé une question écrite à notre garde de Sceaux sur cette problématique (en savoir +).

Des sujets techniques en apparence, mais aux conséquences très concrètes pour les Français établis en Irlande.

NOTE de Laurence Helaili :

Souplesse aux frontières 
Il faut saluer la flexibilité et la compréhension dont font preuve les services irlandais, vis-à-vis de nos compatriotes confrontés à la perte de leurs papiers et devant rentrer chez eux, par avion, en France ou en Irlande.

Négociations avec les compagnies aériennes – Tarifs d’urgence
Avec certains élus en Irlande, nous sommes mobilisés pour obtenir des compagnies aériennes la mise en place de « tarifs d’urgence », c’est-à-dire de conditions tarifaires avantageuses en cas de départ précipité, par exemple à la suite d’un décès ou d’un problème médical, comme cela existe déjà dans d’autres pays. M. l’ambassadeur serait-il prêt à soutenir cette initiative ?

Divorce (1/2) – Rupture de vie commune
Une disposition du droit irlandais qui pose bien des difficultés. Le divorce est possible en Irlande depuis 1996, mais il demeure conditionné à une durée de rupture de vie commune de deux ans — durée qui était auparavant de cinq ans, même dans des situations dramatiques, telles que des cas de violences conjugales ou de maltraitance d’enfants. Pour de nombreuses femmes, irlandaises comme françaises, cela implique de quitter le domicile conjugal avec des moyens limités, dans un contexte où l’accès au logement est particulièrement difficile et coûteux. M. l’ambassadeur estime-t-il qu’une nouvelle évolution législative sur ce point serait aujourd’hui souhaitable ou envisageable ?

Divorce (2/2) – Juridictions françaises
Il convient enfin d’évoquer une situation qui concerne la France. Lorsque le divorce est prononcé en France, c’est le droit irlandais qui s’applique dès lors que l’Irlande est le pays dans lequel les époux ont vécu le plus longtemps. Or, en droit irlandais, le conjoint le plus vulnérable — souvent celui qui a sacrifié sa carrière pour élever les enfants — bénéficie d’une protection particulière, ce que l’on appelle le « proper provision », une prestation révisable, mais souvent accordée à long terme, voire à vie. Cependant, il apparaît que certains tribunaux français interprètent de manière inexacte le régime matrimonial irlandais, en le réduisant à une simple séparation de biens. Cette mauvaise interprétation conduit à pénaliser le conjoint le plus vulnérable, en ne lui accordant aucune prestation compensatoire. Comment pourrait-on améliorer la compréhension et la bonne application du droit irlandais par les juridictions françaises dans ce type de situation ?

17Cyber – Les Français de l’étranger oubliés du dispositif ?

Ce 5 mars, le ministère de l’Intérieur a répondu à une question écrite que j’avais posée concernant la cybersécurité des Français établis hors de France (lire la Question).

La réponse du gouvernement se contente essentiellement de rappeler le fonctionnement du dispositif 17Cyber : auto-diagnostic, conseils, orientation vers un prestataire ou un téléservice, possibilité de dialoguer avec les forces de sécurité, ainsi que l’intégration possible du module sur d’autres sites.

Elle ne répond toutefois pas à la question centrale que j’avais posée : quelles mesures concrètes le Gouvernement entend-il prendre pour faire de 17Cyber le réflexe des Français victimes de cybermalveillance, notamment de ceux établis à l’étranger ?

La réponse ne mentionne en effet ni les consulats, ni les ambassades, ni même les Français expatriés.

Pourtant, les Français de l’étranger ont besoin d’un point d’entrée clair et identifiable via les consulats. L’intégration du module 17Cyber sur les sites des ambassades et des consulats serait techniquement simple à mettre en œuvre.

De même, une campagne d’information consulaire — via des infolettres ou les réseaux sociaux des postes — permettrait de diffuser efficacement ce réflexe de cybersécurité.

Je regrette donc que la réponse du ministère de l’Intérieur évite le cœur de la question posée.

Réponse n°06475 (05/03/2025) : Lancé le 17 décembre 2024, le dispositif 17Cyber, inscrit dans la LOPMI, est un outil stratégique destiné à informer le plus grand nombre, centraliser les signalements de cyberattaques et à accompagner les victimes de cybermalveillance. Il est ainsi destiné à informer via un module intégré et devenir le portail unique lors de la prise en compte d’une attaque cyber dont un particulier, une collectivité ou un professionnel pourraient être victimes. Ainsi, après un auto-diagnostic, et en fonction de la menace qualifiée, l’usager se voit proposer des conseils, un lien vers un prestataire de service certifié pour une remédiation technique, un lien vers un téléservice ou un tchat avec les forces de sécurité intérieures. Ce guichet unique est également disponible sous la forme d’un module qui vient directement s’intégrer à tous les sites internet et plateformes. Les entreprises, administrations ou collectivités, peuvent intégrer ce module sur les sites et plateformes dont elles ont la responsabilité depuis le site 17Cyber.gouv.fr (partie « Vous disposez d’un site Internet ? »). C’est ce qui a été fait sur le site Ma Sécurité. Le développement technique de ce projet est assuré par le GIP Acyma (groupement d’intérêt public action contre la cybermalveillance). Ce projet est étroitement suivi par l’unité nationale cyber, la sous-direction de l’emploi des forces (gendarmerie nationale) et l’office anti-cybercriminalité (police nationale).

Le Sénat facilite l’exercice des médecins formés au Royaume-Uni

Depuis le Brexit, les diplômes de médecine britanniques ne sont plus automatiquement reconnus en France ni dans l’UE. Les médecins concernés doivent passer par la procédure des praticiens à diplôme hors UE (Padhue), longue et contraignante (examens + parcours pouvant durer jusqu’à 3 ans).

Pour remédier à cette situation, le Sénat a voté le 31 mars 2026 une proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale, permettant aux médecins diplômés au Royaume-Uni* d’exercer en France dans les mêmes conditions que les diplômés européens, à condition d’avoir commencé leurs études avant le 31 décembre 2020 (fin de la période de transition du Brexit). C’est la fin d’une abberation administrative.

VERBATIM de mon intervention

Le Brexit a créé des frontières politiques. Il ne doit pas créer d’absurdités administratives.
Or, c’est exactement ce que nous constatons.
Depuis le 1er janvier 2021, des médecins diplômés au Royaume-Uni — y compris des Français établis à l’étranger ayant commencé leurs études avant le Brexit — sont reclassés comme praticiens à diplôme hors Union européenne. Résultat : une procédure longue, lourde, dissuasive, jusqu’à trois ans.
Trois ans pour des professionnels formés dans des universités reconnues !
Cela n’a pas de sens.
Depuis 10 ans, ce combat face aux injustices, je l’ai vu à travers l’action de l’association the3million, cofondée par Nicolas Hatton, qui se bat pour défendre les droits des Européens du Royaume-Uni pris dans les conséquences du Brexit.
Car derrière ces règles, il y a des parcours de vie.
Dans son ouvrage InLimbo, Véronique David-Martin décrit des « victimes du Brexit », coincées dans un entre-deux juridique — en clair, dans des limbes administratives.
Les praticiens dont nous parlons aujourd’hui en font partie.
Pendant ce temps, nos territoires manquent de médecins. Des services sont sous tension.
Et nous compliquons le retour de professionnels qualifiés, souvent francophones, souvent prêts à s’installer.
Je salue donc ce texte et le travail de la rapporteure, Patricia Demas, qui corrige cette incohérence.
Nous ne réglons pas tout — la question des PADHUE demeure — mais nous mettons fin à une aberration.
Sortir ces professionnels des limbes administratives, c’est améliorer concrètement l’accès aux soins.
Je voterai ce texte.

Résumé des situations actuelles (rectangles blancs) et dans la rédaction
issue de la commission des Affaires sociales du Sénat (rectangles rouges)

(*) Cette situation concerne aussi les ressortissants d’un État membre de l’Union européenne partie à l’accord sur l’Espace économique européen ou de la Suisse ayant commencé leurs études de médecine avant le Brexit au Royaume-Uni.

Divorces franco-irlandais : mieux protéger le conjoint vulnérable – Question écrite

Lorsqu’un divorce en France implique l’application du droit irlandais, celui-ci prévoit des mesures financières destinées à protéger le conjoint économiquement le plus vulnérable.

Toutefois, il apparaît que ce mécanisme de proper provision est parfois mal appréhendé par certaines juridictions françaises, qui tendent à assimiler le régime irlandais à une simple séparation de biens, conduisant ainsi à écarter toute forme de compensation au détriment du conjoint le plus vulnérable.

Une situation qui m’a été signalée par les conseillers des Français de l’étranger pour l’Irlande, Laurence Helaili et Nicolas Nouelle.

J’ai donc adressé une question écrite au Gouvernement sur l’application du droit irlandais par les juridictions françaises en matière de divorce.

Application du droit irlandais du divorce et protection du conjoint vulnérable

Question n°08292 – M. Olivier Cadic attire l’attention de M. le garde des Sceaux, ministre de la Justice, sur les difficultés rencontrées dans le traitement par les juridictions françaises de certaines situations de divorce présentant un lien avec le droit irlandais.
En application des règles françaises de conflit de lois, notamment l’article 309 du Code civil, les juridictions françaises peuvent être amenées à appliquer le droit irlandais au divorce de couples présentant un lien étroit avec l’Irlande.
Il en résulte que, dans certains cas, les juridictions françaises sont amenées à appliquer le droit irlandais.
Or, le droit irlandais prévoit, lors du prononcé du divorce, la possibilité pour le juge d’accorder des mesures financières au bénéfice du conjoint économiquement le plus vulnérable, notamment sous forme de pension alimentaire ou d’ordonnances d’ajustement patrimonial, dans une logique de « proper provision » issue notamment du Family Law Act 1995 et du Family Law (Divorce) Act 1996.
Toutefois, il apparaît, au regard de situations portées à sa connaissance, que certaines juridictions françaises rencontrent des difficultés dans l’appréhension du droit irlandais, pouvant conduire à assimiler le régime applicable à une simple séparation de biens, et, partant, à écarter toute forme de compensation au profit du conjoint le plus vulnérable.
Cette situation est susceptible de créer une rupture d’égalité entre justiciables et de porter atteinte à l’effectivité du droit étranger pourtant désigné comme applicable.
Aussi, il lui demande :
• si le Gouvernement a connaissance de ces difficultés d’interprétation du droit irlandais par les juridictions françaises ;
• si des actions de formation ou de sensibilisation des magistrats au droit international privé et aux droits étrangers pourraient être renforcées ;
• et si une clarification des règles applicables ou des lignes directrices pourraient être envisagées afin de garantir une application fidèle du droit étranger lorsque celui-ci est désigné par les règles de conflit de lois. (publication : 09/04/2026)