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PLF 2027 – Cyberattaques : les armées appelées en renfort ? – Vidéo Q/R (3’17)

Administrations, entreprises stratégiques : les cyberattaques se multiplient. Mobilisons-nous toutes les compétences de l’État pour y répondre ?

Ce 27 octobre, j’ai interrogé Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, sur l’appui du ComCyber à l’ANSSI et les moyens prévus pour 2027. La ministre annonce un plan d’action interministériel en préparation.

▶️ Écoutez sa réponse à ma question — 3 minutes 17.


Voir l’intégralité de l’audition sur le site du Sénat

VERBATIM de mon intervention

Madame la Ministre, nous allons pouvoir préciser votre réponse concernant la cyber.

La loi de programmation militaire prévoyait que le ComCyber puisse venir en renfort du SGDSN et de l’ANSSI en cas de crise. L’ANSSI partage d’ailleurs des locaux à Rennes avec les armées.

Cet été, plusieurs administrations civiles ont été victimes de cyberattaques, vous l’avez mentionné. Ces attaques posent une question : face à leur multiplication, mobilisons-nous toutes les compétences dont dispose l’État ?

Le ComCyber a-t-il été sollicité pour venir en appui du SGDSN et de l’ANSSI lors de ces attaques ?

Compte tenu également de l’exposition des entreprises de la BITD aux cyberattaques, est-ce que l’expertise de votre ministère est mise à contribution pour appuyer l’Anssi qui ne semble pas à elle-seule en mesure de sécuriser tous les ministères ?

Quels moyens et quel cadre de coopération prévoyez-vous dans le budget 2027 pour rendre cet appui possible ?

Sénat – Fête nationale de Taïwan

Ce 7 octobre, Clémentine Pei-Chih Hao, ambassadrice de Taïwan en France, avait réuni près de 300 invités pour célébrer la fête nationale taïwanaise.

À cette occasion, mon collègue Jean-Baptiste Lemoyne, président du groupe d’échanges et d’études Sénat–Taïwan, a salué la vitalité des relations parlementaires entre nos deux démocraties. Avec 64 sénateurs membres, ce groupe atteint un record de participation, révélateur de l’intérêt croissant de notre assemblée pour Taïwan.

Les échanges parlementaires se sont encore intensifiés cette année. Le 12 mai, j’ai notamment participé au Sénat à une rencontre avec Han Kuo-yu, président du Yuan législatif, à la tête d’une délégation de parlementaires taïwanais de tous bords. Ce même jour, j’ai également eu le plaisir de m’entretenir avec Hsu Chia-Ching, ministre des Taïwanais de l’étranger, pour évoquer les enjeux démocratiques et les pressions économiques exercées par la Chine dans la région.

La soirée a également permis de mesurer l’extraordinaire dynamisme économique de Taïwan. Dans son discours, l’ambassadrice a rappelé que son économie avait enregistré 14,15 % de croissance au premier semestre 2026, tandis que le PIB par habitant devrait dépasser 45 000 dollars.

Ces résultats témoignent de la puissance industrielle et technologique de Taïwan, devenu un acteur incontournable des semi-conducteurs et de l’intelligence artificielle. La coopération franco-taïwanaise poursuit elle aussi son essor, comme l’illustre le partenariat stratégique conclu cette année entre Foxconn et Bull dans le domaine des infrastructures d’intelligence artificielle.

Une exposition « Taiwan Excellence » mettait en lumière les innovations et le savoir-faire des entreprises taïwanaises, dont ProLogium, engagé dans un important projet industriel en France.

J’ai notamment eu plaisir à revoir Léon Wu, directeur du service économique du Bureau de représentation de Taipei, ainsi que Pascal Cerruti, vice-président de ProLogium, dont le projet d’implantation à Dunkerque illustre les perspectives de coopération industrielle entre nos deux pays.

J’ai également retrouvé Isabelle Bailly, présidente des CCE des Hauts-de-Seine, qui accompagne, dans le cadre de ses activités professionnelles, le développement international des entreprises taïwanaises depuis plus de 35 ans.

Au-delà de ces succès économiques, cette célébration nous rappelle ce qui nous rapproche fondamentalement de Taïwan : notre attachement à la démocratie, à la liberté et à la paix.

Résilience et cybersécurité – Reconduit à la présidence de la commission spéciale

La commission spéciale du Sénat chargée d’examiner le projet de loi relatif « à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité » m’a reconduit ce 27 octobre à sa présidence.

Je serai accompagné des trois rapporteurs désignés : Michel Canevet (UCI), Damien Michallet (LR) et Hugues Saury (LR).

Créée le 12 novembre 2024, elle avait été chargée de conduire l’examen d’un texte particulièrement stratégique, transposant trois directives européennes majeures : REC sur la résilience des entités critiques, NIS2 sur la cybersécurité et DORA sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier.

Ces trois directives auraient dû être transposées avant le 17 octobre 2024, soit au moment du dépôt du projet de loi au Sénat. Nous avons donc commencé nos travaux hors délais, mais ce n’était qu’un début : alors que le Sénat a adopté le projet de loi le 12 mars 2025, celui-ci n’a toujours pas été examiné par l’Assemblée nationale en séance publique !

La commission spéciale de l’Assemblée a pourtant bien adopté un texte le 10 septembre 2025, mais celui-ci n’a toujours pas été inscrit à l’ordre du jour de la séance plénière. L’examen du texte était enfin prévu au début de ce mois d’octobre 2026, mais il a été de nouveau retiré de l’ordre du jour de l’Assemblée en raison de la durée des débats de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants. Un examen courant novembre est désormais évoqué, mais sans aucune certitude à ce stade…

Résultat : nous avons désormais accumulé plus de deux ans de retard dans la transposition de ces directives, ce qui nous vaut une procédure devant la Cour de justice de l’Union européenne, à l’instar de trois autres États retardataires. La Commission a annoncé le 8 juillet dernier qu’elle réclamait l’imposition d’amendes « consistant en une somme forfaitaire et des astreintes journalières jusqu’à la notification de la transposition complète » de la directive NIS 2.

Le plus grave est que ces textes sont indispensables pour élever le niveau de cybersécurité de nos entités critiques, de nos entreprises ou bien encore de nos collectivités territoriales, dans un contexte où les cyberattaques, parfois dopées à l’intelligence artificielle, et les fuites massives de données se multiplient. Pensez aux fuites de données gravissimes qui ont touché l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) et la direction générale des Finances publiques ces derniers mois ou à la cyberattaque qui a frappé les systèmes de réfrigération de centaines de supermarchés en France dans la nuit du 11 au 12 octobre dernier.

Il me paraît primordial que nous maintenions la pression sur le gouvernement afin que ce projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité soit inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale dans les meilleurs délais et que la réunion de la commission mixte paritaire sur ce texte soit convoquée dans la foulée. Il faut absolument aboutir d’ici février 2027.

Merci à mes collègues pour leur confiance. Cette nouvelle étape sera conduite avec la même exigence : renforcer concrètement la résilience de notre pays face à des menaces devenues systémiques.

45e AFE – Les Indépendants à l’AFE : équipe renouvelée, ambition affirmée, détermination intacte

Les Indépendants autour de la ministre Eléonore Caroit : Au 1er rang de g. à dte : Vincent Sicet, Madeleine Ben Naceur ; Sourenah Kalfane ; Eléonore Caroit  ; Céline Pozzobon ; Olivia Richard ; Olivier Cadic ; Pascal Capdevielle ; Radya Rahal ; Nadia Chaaya. Second rang : Axelle Lefebvre ; Nicolas Nouelle ; Corinne Loze ; Dana Gruia-Dufaut ; Anne Vigouroux ; Davina Bessat Daoud ; Mylène Audirac

 

 

Dix élus, dont neuf nouveaux à l’Assemblée des Français de l’étranger : le groupe Les Indépendants aborde cette mandature avec énergie et ambition.

Avec ma collègue Olivia Richard, j’ai eu le plaisir d’assister à l’ouverture de cette 45e session, le 12 octobre, et de rencontrer les nouveaux conseillers d’une Assemblée profondément renouvelée, qui a élu Baptiste Heintz comme président.

Sous la présidence de Céline Pozzobon (Shangaï), entourée de Pascal Capdevielle (Afrique du Nord – Fès), vice-président, et d’Anne Vigouroux (Europe du Nord – Londres), secrétaire générale, le groupe entend faire de son indépendance une force au service de nos compatriotes.

Radya Rahal, une expérience reconnue

L’élection de Radya Rahal (Afrique du Nord – Alger) à la vice-présidence de l’AFE constitue un bel aboutissement pour cette élue qui siège à l’Assemblée depuis 2003. Son expérience sera précieuse pour accompagner cette nouvelle génération de conseillers.

Davina Bessat Daoud (Europe du Sud – Chypre) rejoint également le Bureau de l’AFE, où elle représente Les Indépendants. Vincent Sicet (Amérique latine – Pérou) devient vice-président de la commission de la Sécurité et des Urgences écologiques, tandis que Mylène Audirac (Amérique latine – Mexique) accède à la vice-présidence de la commission de l’Enseignement, de la Formation et des Affaires culturelles.

Avec Nicolas Nouelle (Europe du Nord – Irlande), Corinne Loze (Benelux – Luxembourg) et Madeleine Ben Naceur (Afrique du Nord – Tunisie), les dix membres du groupe seront présents dans les six commissions. Une implantation qui leur permettra de porter les préoccupations des Français de l’étranger dans l’ensemble des travaux.

Des interventions concrètes et exigeantes

Devant la ministre Éléonore Caroit, Céline Pozzobon a affirmé les priorités du groupe : prévention des violences intrafamiliales et sexuelles, accompagnement des victimes, protection de nos compatriotes face aux crises, mobilité internationale des jeunes et reconnaissance du VIE, notamment en Chine. Elle a également défendu une meilleure connaissance des entrepreneurs français établis à l’étranger et placé l’éducation au cœur de son propos, comme un « rempart » face aux défis de nos communautés.

Radya Rahal a interrogé la ministre sur l’évaluation des services consulaires : compter les démarches accomplies ne suffit pas ; encore faut-il mesurer la qualité du service et la satisfaction des usagers. La ministre a partagé cette préoccupation.

Nicolas Nouelle a dénoncé les demandes excessives de certificats de nationalité française lors des premières demandes de passeport. L’administration a rappelé que cette exigence devait répondre à un « doute sérieux », sauf obligation particulière du ministère de l’Intérieur. Il a également souligné les différences de traitement des élus selon les postes consulaires.

Enfin, Davina Bessat Daoud a interpellé Martin Briens, secrétaire général du Quai d’Orsay, sur la réserve diplomatique et sa contribution à l’anticipation et à la gestion des crises.

Un soutien parlementaire pleinement engagé

Dans un contexte budgétaire contraint, alors que se préparent les échéances électorales de 2027 et la poursuite de la modernisation consulaire, ces interventions témoignent d’une volonté commune : partir des réalités locales pour obtenir des réponses utiles.

Avec Olivia Richard, nous sommes très heureux d’apporter tout notre soutien à cette équipe. Les Indépendants pourront compter sur notre engagement pour relayer leurs propositions et donner une suite concrète à leurs travaux.

Dans les 6 commissions

• Sécurité et Urgences écologiques : Vincent Sicet, Pascal Capdevielle
• Enseignement, Formation et Affaires culturelles : Mylène Audirac, Davina Bessat Daoud
• Commerce extérieur, Partenariats internationaux, Francophonie et Médias : Céline Pozzobon
• Affaires sociales, Jeunesse, Protection des personnes, emploi et monde combattant : Nicolas Nouelle, Madeleine Ben Naceur
• Finances, Budget et Fiscalité : Corinne Loze, Anne Vigouroux
• Lois, Règlement et Affaires consulaires : Radya Rahal

Des conseillers des Français de l’étranger indépendants sont également venus assister aux débats. Sur la photo souvenir de constitution du groupe AFE figurent également Nadia Chaaya (Liban), précédente présidente du groupe Les Indépendants, Axelle Lefebvre (Suède), Dana Gruia-Dufaut (Roumanie) et Sourenah Kalfane (Madagascar). Leur présence illustre la cohésion des Indépendants et leur volonté de travailler ensemble au service des Français de l’étranger.

Sénat – Royaume-Uni – Getlink

Transmanche : reconnecter le Kent et le Nord-Pas-de-Calais

Dans le cadre du groupe d’amitié France–Royaume-Uni du Sénat, ce 21 octobre, nous avons échangé avec David Marteau, directeur des Affaires européennes de Getlink, et John Keefe, membre du comité exécutif du groupe, chargé des affaires institutionnelles et publiques.

Concessionnaire du tunnel sous la Manche, Getlink occupe une place stratégique dans les échanges franco-britanniques. Mobilité des personnes, transport de marchandises, interconnexion électrique : ses activités illustrent la profondeur des liens entre nos deux pays.

Nos échanges portaient sur l’avenir de la connectivité ferroviaire transmanche, la fluidité des frontières, la résilience des infrastructures et la décarbonation, ainsi que sur les conditions d’une concurrence équitable avec le transport maritime.

Mon intervention : redonner des perspectives aux gares intermédiaires

J’ai préparé cette intervention avec Anne Vigouroux, conseillère des Français de l’étranger au Royaume-Uni, qui avait pris l’initiative de notre rencontre à Ashford avec les Français du Kent en avril dernier (compte-rendu). Cette démarche prolonge notre mobilisation commune pour leur mobilité.

J’ai défendu la réouverture des gares d’Ebbsfleet, d’Ashford et de Calais-Fréthun pour reconnecter le Kent et le Nord-Pas-de-Calais aux liaisons transmanche. J’ai interrogé Getlink sur le potentiel de voyageurs, les obstacles à lever et les aides envisageables, notamment pour les contrôles frontaliers. J’ai demandé si de nouveaux opérateurs prévoyaient ces dessertes, si Getlink pouvait relayer l’enquête du collectif « Bring Back Euro Trains » et soutenir cette réouverture auprès des gouvernements français et britannique. Ces territoires méritent des perspectives concrètes.

John Keefe m’a promis de relayer l’enquête du collectif « Bring Back Euro Trains », qui a déjà recueilli 20 000 réponses et doit contribuer à mieux mesurer la demande pour ces dessertes.

L’arrivée de deux opérateurs concurrents d’Eurostar devrait permettre de tripler le trafic passagers d’ici 2030. Cette perspective doit aussi bénéficier aux habitants du Kent et du Nord-Pas-de-Calais, en remettant la desserte de leurs gares au cœur des discussions.

PLF 2027 – Cybersécurité (SGDSN, ANSSI et VIGINUM) – Questions sur les failles et responsabilités – Vidéo Q/R (11’55)

Des millions de données personnelles compromises, des administrations attaquées à répétition… et personne pour en répondre.

Ce 21 octobre, notre commission a auditionné Nicolas Roche, secrétaire général du SGDSN, Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI, et Anne-Sophie Dhiver, cheffe adjointe de Viginum.

Depuis dix ans je suis rapporteur des crédits du programme 129, j’ai donc accompagné la montée en puissance de l’ANSSI et salué ses succès. Mais les cyberattaques à répétition contre les administrations révèlent une réalité préoccupante : les règles de sécurité existent (RGS-Référentiel général de sécurité et PSSIE- politique de sécurité des systèmes d’information de l’Etat), mais leur application et leur contrôle restent défaillants.

En fin d’audition Nicolas Roche a défendu le rôle des technocrates : « Nous sommes des fonctionnaires et, j’en profite pour le dire, des technocrates. J’assume le caractère très positif de ce terme. Je pense que l’état a besoin de techniciens et c’est ce que nous sommes pour l’état et dira à l’autorité politique ce que nous estimons être la hiérarchie des priorités que nous devons mettre en œuvre (…) et je suis convaincu que le modèle de cybersécurité qu’on a mis en place depuis maintenant 15 ans et dans lequel l’ANSSI a un rôle central est le bon ».

Les technocrates savent donc dire aux élus ce qu’ils doivent faire. Mais lorsque tout va mal, c’est le politique qui doit en assumer les conséquences. Difficile de comprendre la chaine de responsabilités à l’issue de l’audition et la pertinence de cet exercice qui ne permet pas de réagir aux réponses de l’administration.

Voir l’intégralité de l’audition sur le site du Sénat

VERBATIM de mon intervention

M. le Secrétaire général,

Depuis 10 ans que la commission m’a confié le suivi des crédits du programme 129, j’ai accompagné la montée en puissance de l’ANSSI dans la lutte contre les menaces cyber. J’en ai salué les succès, notamment lors des Jeux olympiques de 2024, mais j’ai aussi soulevé des interrogations sur son articulation avec le GIP Acyma en charge de cybermalveillance, avec les centres de réponse aux crises cyber en régions. Avec mon collègue co-rapporteur Michaël Vallet, avant le renouvellement sénatorial, nous avions alerté sur le fait que le réseau de supervision de l’ANSSI ne couvrait pas tous les ministères.

L’actualité de cet été a éclairé d’une lumière crue les défaillances de l’État dans la protection de ses applications les plus sensibles : entre juin et août, le système d’information de la direction générale des finances publiques a subi trois intrusions successives majeures via une usurpation d’identifiants légitimes (aucune faille logicielle complexe n’a été exploitée). L’attaque a visé 678 000 comptes au total, compromettant les données de particuliers et de professionnels. Cela s’ajoute aux attaques de l’Urssaf en janvier impactant les données de 12 millions de salariés ; au vol et la publication sur le dark web de 2,1 millions de dossiers de ressortissants étrangers détenus par l’Office français de l’immigration et de l’intégration ; et à la compromission de données (passeports, cartes d’identité, cartes grises) dans les systèmes de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés. Sans compter l’an dernier les intrusions dans des systèmes du ministère de l’Intérieur.

Cela pose de nombreuses questions :

– Quelles ont été les responsabilités respectives de l’ANSSI et des ministères concernés dans ces failles de sécurité ? Au-delà des excuses du ministre des Comptes publics sur les défaillances et les responsabilités, après un tel fiasco, comment accepter zéro responsable, zéro démission ?
– Un article du Canard enchaîné a révélé que l’ANSSI elle-même avait été attaquée, début août. Les victimes ont-elles été notifiées et pourquoi n’y a-t-il pas eu de transparence sur cet événement ? Avez-vous porté plainte ? La CNIL a-t-elle été saisie dans les délais ?
– Quels enseignements tirez-vous de ces séquences ? A mon sens, elles ne sont pas liées au retard pris sur la transposition de NIS 2. Ces services de l’État, opérateurs d’importance vitale sont déjà sous le contrôle de l’ANSSI. Le Référentiel général de sécurité et la politique de sécurité des systèmes d’information de l’Etat imposent depuis plus de 10 ans des mesures de sécurité numérique aux administrations centrales. Les fuites récurrentes montrent que ces textes ne sont ni appliqués, ni contrôlés. Monsieur le secrétaire général, il parait inadmissible qu’aucun directeur ne soit sanctionné, tant au niveau des ministères, tant au niveau de l’ANSSI. Avec quelle crédibilité l’Etat peut-il envisager d’imposer de nouvelles règles et des sanctions aux acteurs privés dans le cadre de NIS2 lorsqu’il ne fait pas respecter ses propres règles.

Le 12 octobre le CERT.FR a publié une alerte sur les vulnérabilités des systèmes de régulation du fabricant danois DANFOSS, c’était le lendemain de l’attaque qui a rompu la chaîne du froid de plusieurs dizaines de supermarchés. DANFOSS avait publié ces vulnérabilités dès 2023, puis en mars et août 2025. Une alerte après l’attaque pour des vulnérabilités connues depuis des années, je vous le demande : à quoi sert aujourd’hui le CERT.FR ?

Par ailleurs, l’agence avait lancé un portail « mes-services-cyber » destiné aux entreprises et collectivités qui se positionne en concurrence du 17cyber et de Cybermalveillance dont c’est la mission, pourquoi ?

Enfin, concernant Viginum, j’ai bien noté que le service avait identifié 4 actions d’ingérences étrangères lors de la campagne des municipales. Mais mesurez-vous l’effet de ces ingérences ? Comment expliquez-vous que certains candidats voient leur notoriété démultipliée par Tik Tok ?

Hommage à Maryse Imbault

J’ai appris avec une grande tristesse la disparition de Maryse Imbault, survenue le 19 octobre.

Figure engagée de la communauté française aux Pays-Bas, Maryse avait siégé à deux reprises à l’Assemblée des Français de l’étranger, pour le Benelux, de 2003 à 2006, puis de 2014 à 2015. Elle avait également exercé le mandat de conseillère des Français de l’étranger de 2014 à 2016.

Son engagement s’exprimait aussi dans le monde associatif. Présidente de l’UFE Pays-Bas jusqu’en 2008, dont elle était devenue présidente d’honneur, elle avait également cofondé l’association Français des Pays-Bas, dont elle fut vice-présidente. Maryse était par ailleurs chevalier de l’ordre national du Mérite.

Elle m’a accompagné lors de plusieurs de mes déplacements et je me remémore aujourd’hui nos moments passés ensemble, il y a une dizaine d’années, à La Haye et Amsterdam, comme au Luxembourg.

Maryse était une femme chaleureuse, attentive aux autres, qui incarnait une conception généreuse de l’engagement associatif et du mandat d’élu. Lorsqu’elle avait cédé son siège à l’AFE, fidèle à l’engagement pris de partager le mandat entre colistiers, elle l’avait fait en ces termes : « C’est avec une confiance absolue que je te passe le relais ». Une phrase qui disait beaucoup de son élégance morale et de son sens du collectif.

Je garderai le souvenir de son sourire, de sa bienveillance et de cette énergie tranquille qu’elle mettait au service des autres. J’adresse mes pensées les plus sincères à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont partagé son amitié.

La cérémonie des obsèques aura lieu le lundi 26 octobre à 11h, en l’église Saint-Martin, Dorpsstraat 15, à Doorn.

Charles Maridor, un engagement indéfectible au service des CCI françaises à l’international

Très honoré d’avoir été invité à assister, aux côtés de Frédéric Sanchez, président de CCI France International, à la remise des insignes de chevalier de la Légion d’honneur à Charles Maridor, délégué général de CCI France International.

La présence de directrices, directeurs et présidents de Chambres venus des quatre coins du monde témoignait de l’estime et de la reconnaissance que lui porte tout le réseau.

Les insignes lui ont été remis par Arnaud Vaissié, président-fondateur d’International SOS et ancien président de CCI France International.

Je connais Charles depuis fort longtemps et j’ai pour lui une estime toute particulière. Cette distinction vient saluer plus de trente années d’engagement au service du réseau des CCI françaises à l’international, des entreprises françaises et du rayonnement économique de la France dans le monde.

Son parcours est indissociable de l’histoire récente de ce réseau. Parti au Chili comme stagiaire en 1995, il y devient rapidement directeur commercial puis directeur général de la Chambre. Cette première expérience lui a donné le goût de l’action de terrain, de l’animation de réseau et de l’international.

Depuis son retour à Paris, Charles Maridor a contribué à transformer CCI France International en un réseau puissant, structuré et reconnu : une marque commune, des centres d’affaires LeBooster, des comités sectoriels, une digitalisation avancée, plus de 5 000 actions par an et une communauté présente dans près de cent pays.

Arnaud Vaissié et Charles Maridor

Il a également lancé, en 2018, les Trophées CCI France International, devenus un rendez-vous majeur de l’international, placé chaque année sous le haut patronage du président de la République, pour mettre à l’honneur les réussites des entreprises françaises à l’étranger.

Dans son discours, Charles a résumé son engagement par une formule qui lui va bien : « un engagement indéfectible, au service d’une cause juste ».

Moment particulièrement émouvant lorsqu’il a évoqué la mémoire de Jean Maridor, héros de la France Libre et pilote de chasse, mort au combat à seulement 23 ans, le 3 août 1944, en détruisant un V1 qui menaçait un hôpital britannique. Compagnon de la Libération et commandeur de la Légion d’honneur, son courage reste associé à l’un des actes héroïques de nos Forces aériennes françaises libres.

Une évocation familiale qui donnait une résonance toute particulière à cette cérémonie au moment où Charles recevait à son tour la Légion d’honneur.

Toutes mes félicitations, cher Charles, pour cette distinction qui honore ton parcours et, à travers toi, l’engagement de toutes celles et ceux qui font vivre notre réseau économique français à travers le monde. +d’images

Sénat – Maurice – Charles de Loppinot, conseiller des Français de l’étranger

Très heureux d’avoir revu au Sénat, ce 8 octobre, Charles de Loppinot, conseiller des Français de l’étranger pour Maurice, Rodrigues et les Seychelles.

Installé à Maurice depuis plus de 30 ans, il a été élu en 2021, puis réélu en 2026. Charles est également engagé de longue date au sein de l’UFE, dont il a présidé la section mauricienne, avant de rejoindre le conseil d’administration de l’UFE Monde.

Nos échanges ont porté sur la communauté française, mais aussi sur une initiative qu’il développe autour du patrimoine culturel comme levier de rayonnement et d’influence de la France à l’international.

Sa conviction est simple : la France dispose de savoir-faire reconnus dans la sauvegarde, la restauration, la numérisation et la valorisation du patrimoine, qui peuvent être mis au service de coopérations durables avec nos pays partenaires.

Archives nationales, manuscrits, collections historiques, monuments, sites patrimoniaux, reconstitutions 3D ou réalité virtuelle : ces projets permettent de préserver la mémoire des peuples, tout en créant de l’activité économique, touristique et culturelle.

Charles de Loppinot souhaite mobiliser le réseau des conseillers des Français de l’étranger pour
identifier des besoins et faciliter les mises en relation avec les acteurs français compétents, dans une démarche collective, éthique et ouverte.

Une belle initiative au service de l’influence française par le concret.

Sénat – Canada – Lieutenante-gouverneure de l’Ontario

Francine Watkins, conseillère AFE pour le Canada ; Olivier Cadic ; Édith Dumont, lieutenante-gouverneure de l’Ontario ; Yan Chantrel, pdt GIA France-Canada

J’ai eu le plaisir d’accueillir au Sénat, ce 13 octobre, Son Honneur l’honorable Édith Dumont, lieutenante-gouverneure de l’Ontario depuis novembre 2023. Sa nomination a marqué l’histoire de la province : elle est la première francophone à exercer cette fonction.

Cette rencontre, initiée par Francine Watkins, présidente du conseil consulaire de la 2e circonscription du Canada (regroupant l’Ontario et le Manitoba) et conseillère à l’AFE pour le Canada, s’est tenue en présence de mon collègue Yan Chantrel, président du groupe d’amitié France-Canada, de Guillaume Courty, représentant la sous-direction d’Amérique du Nord du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et des services protocolaires du Sénat.

La francophonie a naturellement dominé nos échanges. L’Ontario se prépare à accueillir, à Ottawa, le Sommet de la Francophonie de 2028, une échéance majeure pour les francophones du Canada et pour la diaspora française.

Édith Dumont y voit l’occasion de créer “beaucoup de beaux moments” pour rallier les Franco-Canadiens et les Français établis au Canada.

Avec fierté, elle nous a confié avoir pris l’habitude de commencer ses allocutions devant des publics anglophones avec au moins une phrase en français. Loin de créer une distance, cette initiative suscite au contraire l’attention : beaucoup comprennent et tous perçoivent le geste. “Cela ouvre des portes“, résume-t-elle.

Avec Édith Dumont dans l’Hémicycle du Sénat, à la place autrefois occupée par Victor Hugo et Georges Clemenceau.

Nos échanges ont aussi porté sur l’attractivité croissante de l’Ontario pour les familles françaises hors Québec. Le droit à l’éducation en français et l’autonomie scolaire francophone expliquent ce phénomène. L’Ontario compte la plus importante communauté francophone du Canada hors Québec, avec environ 1,5 million de locuteurs en français.

Défendre le français au Canada, ce n’est pas opposer une langue à une autre. 

C’est rappeler qu’une langue qui résiste à l’hégémonie linguistique d’une seule protège de fait toutes les autres.

En conclusion de cette rencontre, j’ai eu le plaisir de faire visiter le Sénat à Édith Dumont, qui s’est passionnée pour ce lieu d’histoire, de mémoire républicaine et de travail parlementaire.

Vol direct Paris–San Diego : projet accompli !

C’est un heureux aboutissement : Air France ouvrira, le 3 mai 2027, une liaison directe entre Paris-Charles de Gaulle et San Diego.

Cette annonce couronne plus d’une année d’efforts, de courriers, de rencontres et d’échanges avec les acteurs mobilisés des deux côtés de l’Atlantique

Ce projet prioritaire trouve aujourd’hui son aboutissement : c’est le premier à se concrétiser depuis le début de mon troisième mandat.

Dès mon déplacement à San Diego, en août 2025 (compte-rendu), j’avais fait de cette liaison aérienne directe ma priorité pour la Californie, en soutien à l’action de la South California French-American Chamber of Commerce, dirigée avec dynamisme par Sylvie Almeri.

À l’initiative de Sylvie, j’avais alors participé à une réunion passionnante avec l’équipe du San Diego International Airport, conduite par sa CEO Kimberly Becker, et des représentants du développement économique régional. Son plaidoyer avait brillamment démontré le potentiel d’une ligne directe entre Paris et San Diego : Paris est la deuxième destination européenne pour le trafic transatlantique après Londres, tandis que la France se classe déjà au 6ᵉ rang des pays visiteurs à San Diego.

Un vrai consensus s’était dessiné pour transformer le rêve de Sylvie en réalité.

Ce travail s’est poursuivi dans la durée. Nous avons rencontré les acteurs économiques de San Diego, les représentants de l’aéroport, les partenaires institutionnels, dont Todd Gloria, maire de San Diego, et Scott Peters, membre de la Chambre des représentants pour le comté de San Diego, ainsi que les équipes d’Air France, afin de relayer cette priorité et d’appuyer la mobilisation collective autour de ce dossier.

Avec Sylvie Almeri

L’enjeu était clair : renforcer la connectivité entre Paris et San Diego pour soutenir les échanges économiques, scientifiques, touristiques et humains entre la France et le sud de la Californie. San Diego est un pôle majeur dans les biotechnologies, l’énergie, l’intelligence artificielle, l’aérospatiale, les industries de défense et les blue tech. Cette liaison directe offrira également à San Diego un accès privilégié au hub de Paris-CDG et, au-delà, à l’ensemble du réseau européen et international d’Air France.

Air France proposera trois vols par semaine, les lundis, mercredis et vendredis, opérés en Airbus A350-900.

Je veux saluer chaleureusement Sylvie Almeri pour son énergie, sa ténacité et sa capacité à fédérer. Je remercie également tous les partenaires français et américains qui se sont mobilisés pour faire aboutir ce projet. Cette réussite illustre ce que permet un travail continu, collectif et déterminé.

J’avais promis d’être à bord du vol inaugural. Il aura lieu le lendemain du second tour de l’élection présidentielle française !

Message de Sylvie Almeri (Linkedin)

” C’est une victoire collective.

🙏 Merci à tous ceux qui ont soutenu cette voie, y compris le sénateur Olivier Cadic, EDF, Safran, Qualcomm, …. Et bien sûr, nos partenaires de San Diego County Regional Airport Authority, The City of San Diego, San Diego Regional Economic Development Corporation et San Diego Tourism Authority, et chacun d’entre vous qui avez signé la pétition et partagé.

Un merci très spécial à nos membres. Votre soutien nous donne la force de rendre ce genre d’accomplissement possible pour notre communauté 💪

Maintenant, remplissons ces avions et visons un service quotidien !

Merci Air France pour votre confiance ! Vous ne serez pas déçu ! “

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Sénat – Madagascar – Sourenah Kalfane, conseillère des Français de l’étranger

Avec ma collègue Olivia Richard, nous avons eu le plaisir d’accueillir au Sénat Sourenah Kalfane, qui découvrait le Palais du Luxembourg.

Installée à Majunga (Mahajanga), Sourenah a été élue le 31 mai dernier conseillère des Français de l’étranger pour Madagascar, mais elle n’a pas attendu ce mandat pour se mettre au service de notre communauté.

Pendant dix ans, elle s’est investie dans l’association des parents d’élèves du collège français Françoise Dolto de Majunga, dont elle a assuré la présidence pendant six ans. Une expérience qui lui a donné une connaissance concrète des préoccupations des familles et des enjeux de l’enseignement français à l’étranger.

Mère de trois garçons, qui poursuivent tous leurs études supérieures en France, elle connaît également, à titre personnel, les questions auxquelles sont confrontées les familles françaises établies hors de France lorsque leurs enfants rejoignent l’enseignement supérieur dans l’Hexagone.

Aujourd’hui, elle prolonge cet engagement à travers des permanences gratuites, ouvertes à tous, avec cette conviction que la première qualité d’un élu est d’être accessible.

Sénat – Togo – Éric Fouchard, président de l’UFE Togo

En mai 2023, Éric Fouchard m’accueillait à l’aéroport de Lomé, lors de mon premier déplacement au Togo. Trois ans plus tard, c’était à mon tour de le recevoir au Sénat, ce 30 septembre.

Nos échanges ont permis de prendre le pouls d’une communauté française confrontée à plusieurs sources de préoccupation.

La fermeture de comptes bancaires de Français établis au Togo demeure une difficulté récurrente, aux conséquences parfois lourdes pour nos compatriotes. Éric s’inquiète également de l’avenir du financement de l’AEFE, dans un pays qui compte quatre établissements scolaires homologués, parmi lesquels le Lycée français de Lomé et le lycée international Cours Lumière. Nous avons aussi évoqué les tensions sécuritaires dans le nord du pays et l’apparition, selon ses observations, d’un sentiment antifrançais au Ghana, pays voisin, phénomène nouveau qui appelle à la vigilance.

Face à ces défis, Éric Fouchard, président de l’UFE Togo, défend une conception de l’engagement associatif à laquelle je suis particulièrement attaché : faire passer l’intérêt collectif avant les considérations politiques.

Fraternité, partage, solidarité : ces valeurs ne sont pas de simples mots pour l’UFE. Elles prennent vie dans l’accueil des nouveaux arrivants, l’entraide entre compatriotes, la constitution de réseaux et la défense de leurs préoccupations auprès des institutions françaises et locales.

Avec Éric, nous avons également préparé les grandes lignes de mon prochain déplacement au Togo, qui sera l’occasion de poursuivre ces échanges sur le terrain et de retrouver notre communauté française.

Sénat – Canada – Ronan Le Guern, CFdE Toronto

En 2013, Ronan Le Guern travaillait au consulat général de France à Toronto. Il y faisait la connaissance de Francine Watkins, tout juste élue conseillère des Français de l’étranger. Treize ans plus tard, le voilà élu à ses côtés !

Avec ma collègue Olivia Richard, nous avons eu le plaisir de retrouver Ronan au Sénat, ce 28 septembre, pour évoquer son nouvel engagement au service de nos compatriotes de l’Ontario et du Manitoba.

Ronan figurait sur la liste conduite par Francine Watkins, présidente du conseil consulaire, qui a recueilli 35 % des suffrages lors des élections de mai dernier.

Sa connaissance du fonctionnement de notre réseau consulaire constitue un précieux atout pour exercer cette nouvelle responsabilité. Notre réunion a permis d’échanger sur ses priorités et sur la complémentarité de nos mandats afin d’apporter des réponses concrètes aux attentes des Français établis au Canada.

Sénat – Fondation des Alliances Françaises

Le 1er octobre, j’ai eu le plaisir d’accueillir Marc Cerdan, secrétaire général de la Fondation des Alliances Françaises, pour évoquer le réseau des Alliances Françaises, son développement et les enjeux qui l’accompagnent, notamment dans la perspective du prochain Congrès mondial des Alliances Françaises, prévu à Paris en octobre 2027.

Une rencontre très utile pour poursuivre le dialogue sur l’avenir du réseau et sur la place singulière qu’occupent les Alliances Françaises dans la diffusion de la langue française et le rayonnement de la francophonie. En effet, en données 2025, on compte 813 Alliances réparties dans 138 pays et on dénombre 434 000 apprenants de la langue française.

Médias – Olivier Cadic : “C’est la première fois que je vois le gouvernement faire la grève” (Franceinfo, 01/10/2026)

“C’est un blocage législatif aux conséquences désastreuses. La France n’a toujours pas transposé la directive européenne NIS 2 sur la cybersécurité. En cause : une lutte sourde entre certains parlementaires et les services de renseignement sur l’accès aux messageries chiffrées.”

Géraldine Hallot, de la cellule investigation de Radio France, a réalisé un remarquable point de situation sur le retard pris par la France dans la transposition de la directive européenne NIS 2.

Lire l’article Cybersécurité : l’embarrassant blocage législatif qui empêche la France d’être bien protégée sur le site Franceinfo

Extrait :

Une directive qui aurait dû être appliquée depuis fin 2024

Mais la France, contrairement aux autres pays européens, n’applique pas la directive NIS 2. Elle aurait dû la transposer dans le droit français avant la date limite fixée à octobre 2024. Or le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques, qui lui sert de véhicule législatif, n’est toujours pas adopté.

Il a été voté par les sénateurs en mars 2025, mais pas par les députés. De l’avis de nombreux experts, si NIS 2 était en vigueur, les cyberattaques de ces derniers mois auraient été moins nombreuses et moins spectaculaires. “Il y a urgence“, dit ainsi Jean-Sylvain Chavanne. La Commission européenne a d’ailleurs saisi la Cour de justice de l’UE(Nouvelle fenêtre) et demande des sanctions financières contre la France pour non-transposition de la directive.

La délicate question des “portes dérobées”

Alors pourquoi une telle inertie ? “C’est la première fois que je vois le gouvernement faire la grève“, cingle le sénateur centriste Olivier Cadic. Le prétexte de l’embouteillage parlementaire a longtemps été avancé par l’exécutif pour se justifier. Mais d’après des sources gouvernementales, c’est le très technique article 16 bis du projet de loi qui a bloqué le processus. Ajouté par Olivier Cadic lors de l’examen du texte au Sénat et approuvé en commission à l’Assemblée, il vise à interdire les “portes dérobées”, des accès secrets intégrés volontairement dans les messageries chiffrées, type WhatsApp, Signal ou Telegram, pour permettre à un tiers, comme un service d’enquête ou de renseignement, de lire les conversations.

“J’ai fait cet ajout pour protéger le chiffrement des échanges“, explique Olivier Cadic. “En 2025, on avait vu la volonté du précédent ministre de l’Intérieur [Bruno Retailleau] d’ouvrir une brèche dans le chiffrement dans le cadre de la loi narcotrafic avec l’idée de pouvoir mettre en place des portes dérobées dans les messageries chiffrées.”

Édito – Le devoir d’influence

Lire : l’INFOLETTRE n°257 – Septembre 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Le devoir d’influence

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

Le 27 septembre, les élus des Français de l’étranger m’ont réélu pour un troisième mandat. Pour la première fois, les Indépendants devancent Les Républicains et Renaissance. Ils s’affirment comme une force politique d’avenir chez les Français de l’étranger.

Je remercie très chaleureusement les grands électeurs pour leur confiance, mes colistiers, ma collègue Olivia Richard, ainsi que toutes celles et ceux qui se sont engagés à nos côtés.

Cette confiance renouvelée m’honore et m’oblige. Elle me donne plus d’énergie encore pour agir au service des Français de l’étranger, mais aussi pour rappeler le sens et l’utilité de ce mandat.

À quoi sert un sénateur ?

La question mérite d’être posée, tant le travail parlementaire est trop souvent réduit, dans l’esprit du public, au vote des textes proposés par le gouvernement.

Pourtant, notre responsabilité est plus large. Elle consiste aussi à influencer les politiques publiques, à faire émerger des idées nouvelles, à alerter avant que les difficultés ne deviennent des crises et à inscrire l’action publique dans le temps long.

C’est cette conception du mandat qui guide mon engagement depuis ma première élection.

Trois dossiers développés dans cette lettre illustrent cette conviction : un sénateur est utile lorsqu’il contribue à faire évoluer les doctrines de l’action publique. Car l’influence se construit moins par les effets d’annonce que par la persévérance.

L’enseignement français à l’étranger en est un premier exemple. Depuis plusieurs années, je défends la nécessité de réformer en profondeur la gouvernance de l’AEFE : mettre fin aux conflits d’intérêts, garantir une plus grande transparence, assurer l’équité entre établissements, construire un modèle économique soutenable et redonner toute leur place aux acteurs de terrain. Le récent rapport de la sénatrice Samantha Cazebonne confirme largement ces analyses. Je m’en réjouis, car l’essentiel n’est pas d’avoir raison avant les autres, mais de voir des propositions utiles devenir des décisions au service des familles et du rayonnement de la France.

Autre illustration : l’Agence française de développement, dont je suis membre du conseil d’administration. Lors du débat du 26 mai dernier, j’avais une nouvelle fois dénoncé un système où le moins-disant financier demeurait trop souvent le principal critère d’attribution des marchés, au détriment de la qualité, de notre souveraineté économique et du savoir-faire de nos entreprises. Ce 8 juillet, son directeur général, Christophe Lecourtier, présentait devant notre commission une nouvelle doctrine intégrant un « dividende pour la France », en soulignant avec humour que « le sénateur Cadic est un peu complice de ce chapitre-là ». Cette évolution vers le mieux-disant démontre qu’une idée défendue avec constance peut finir par transformer une politique publique.

Le même travail d’anticipation guide mon engagement sur les questions de défense et de cybersécurité. Dès 2018, j’avais proposé que la manipulation de l’opinion publique par les réseaux sociaux et les médias numériques soit reconnue comme une menace stratégique dans la Loi de programmation militaire. Huit ans plus tard, les ingérences informationnelles sont devenues une réalité quotidienne.

En mai dernier, j’ai souhaité y intégrer un nouveau défi : celui des véhicules connectés. Véritables plateformes numériques embarquées, ils soulèvent désormais des enjeux majeurs de cybersécurité, de protection des données et de souveraineté technologique. Le Royaume-Uni a déjà pris des mesures pour limiter la présence de certains véhicules connectés sur des sites sensibles. Cette vigilance me paraît appelée à s’étendre. Je ne serais pas surpris que, dans quelques années, en cas de conflit militaire majeur, des véhicules conçus dans certains pays fassent l’objet de restrictions beaucoup plus larges pour des raisons de sécurité nationale. Là encore, mieux vaut anticiper que subir.

Ces trois exemples illustrent une même méthode : observer les évolutions du monde, écouter les acteurs de terrain, proposer des solutions concrètes et persévérer jusqu’à ce qu’elles soient entendues.

L’influence n’est jamais acquise. Elle se construit par la crédibilité, la constance et le travail. Elle se mesure lorsque des idées deviennent des politiques publiques.

C’est ainsi que je conçois mon mandat de sénateur des Français établis hors de France : non pas commenter l’actualité, mais contribuer à préparer les décisions de demain, dans l’intérêt de notre pays et de nos compatriotes.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

ÉLECTIONS
. “En politique, beaucoup de gens veulent réinventer la roue, moi, je préfère la faire tourner” (LePetitJournal.com)

HOMMAGE
. Séisme au Venezuela
. Adieu à Éric Simon, fureteur de Londres et soldat de la mémoire
. Rwanda – Inauguration du mémorial en hommage aux victimes du génocide des Tutsi

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. Pierre-André Imbert, secrétaire général de l’Élysée
. Pauline Carmona nommée directrice de cabinet du Quai d’Orsay
. Maud Joseph distinguée de l’Ordre national du Mérite
. Bercy – Accès aux services bancaires des Français établis hors de France

DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE
. L’AFD va privilégier le mieux-disant sur le moins-disant (1/2)
. Quel rôle demain pour l’Agence française de développement ? (2/2)
. Olivier Cadic : « Lecourtier veut une AFD plus stratégique, plus influente et plus rentable pour la France » (Le1, Maroc)
. Réunion annuelle des CCIFI : résilience, innovation et confiance
. AG des CCE, vigies économiques de la France
. Rencontre avec les directeurs généraux des CCIFI
. Aix-en-Provence – Université d’été de l’internationalisation des entreprises – La France doit mieux s’appuyer sur ses réseaux à l’étranger
. Cyber, Taïwan et contrefaçon au menu de la rencontre avec les CCE des Hauts-de-Seine

ENSEIGNEMENT FRANÇAIS À L’ÉTRANGER
. Libérer les énergies du réseau : faire de l’ANEFE le moteur du développement de l’enseignement français à l’étranger
. Création de la FEPEF : les établissements partenaires s’unissent pour développer l’enseignement français à l’étranger
. Avec Patrick Sabatier (lycée Molière-Rio) – Faire évoluer l’enseignement français à l’étranger avec courage et pragmatisme
. Échange avec Alexandre Morois, DG de l’AEFE
. Dispositif “PELF” : après l’expérimentation, le renoncement

EN CIRCONSCRIPTION
> ARABIE SAOUDITE – Riyad (13-14 juin 2026)
> ARABIE SAOUDITE – Dammam, Al Khobar (16 juin 2026)
> BAHREÏN – Manama (17-18 juin 2026)
> ROYAUME-UNI – Dartford, Londres (11 & 14 juillet 2026)
> MAROC – Casablanca (16-17 juillet 2026)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. LPM (1/3) – Vers une doctrine de cyber-dissuasion
. LPM (2/3) – Véhicules connectés : renforcer notre souveraineté technologique
. LPM (3/3) – Protéger nos infrastructures critiques des prises de contrôle à distance
. Avion de combat du futur : “On peut faire seuls !” Éric Trappier (Dassault Aviation)
. “Plaidoyer pour une fiscalité plus juste et plus efficace” par Hervé Marseille et onze sénateurs du groupe Union Centriste (La Tribune)

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. “L’accord Iran–États-Unis peut-il mettre un coup d’arrêt au conflit armé au Moyen-Orient ?” (Radio Orient)
Pays du Golfe
. Condamnation des attaques iraniennes dans le Golfe
. Visite d’État du Sultan d’Oman
. Déjeuner d’adieu à l’ambassadeur d’Arabie saoudite
. Fahad Al Ruwaily, artisan du rapprochement franco-saoudien
. Ambassadeur d’Oman en France
. Ambassadeur du Koweït
. Décès de l’ancien émir du Qatar
Liban
. Conférence de solidarité avec le Liban
. Groupe d’amitié – Forces libanaises
Maroc
. La relation franco-marocaine renforcée par le dialogue parlementaire
Canada
. Fête nationale
Mexique
. Délégation de députés mexicains

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. Matinale du CyberCercle – Loi Résilience : la France en retard, l’Europe en colère !
. Paris Cyber Summit – Renforcer les capacités cyber dans les Balkans
. Cybersécurité : la France menacée d’une condamnation européenne
. “Transposition de la directive NIS 2 : l’examen du texte maintenant espéré pour septembre” (ZDNet)
. “Risques cyber : l’ère de l’industrialisation” (La Tribune de l’Assurance)
. “On ne joue pas avec la cybersécurité” : Bruxelles attaque la France en justice pour son retard sur la directive NIS 2 (La Tribune)
. “La France est trop en retard sur la cybersécurité, l’Europe l’attaque en justice” (Siècle Digital)

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Médias – Olivier Cadic : “En politique, beaucoup de gens veulent réinventer la roue, moi, je préfère la faire tourner” (LePetitJournal.com, 14/09/2026)

Article de Ewan Petris  :
(lire sur le site LePetitJournal.com)

En politique, beaucoup de gens veulent réinventer la roue, moi, je préfère la faire tourner.” Après douze années au Sénat et 654 déplacements dans 117 pays, Olivier Cadic revendique, pour un troisième mandat, une méthode fondée sur les projets concrets et les résultats. Il revient sur son bilan et détaille ses priorités.

Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, Olivier Cadic vise un troisième mandat sous l’étiquette “Libre et indépendant”. Il revendique une méthode fondée sur les projets concrets, la recherche de résultats et une autonomie vis-à-vis des partis. Enseignement français à l’étranger, cybersécurité, services consulaires, soutien aux entreprises et transmission à une nouvelle génération d’élus ; il nous détaille ses priorités et défend une conception de l’indépendance qui, selon lui, doit permettre de “suivre ce que vous dicte votre conscience.

Vous êtes candidat à un troisième mandat de sénateur des Français de l’étranger. Pourquoi vouloir poursuivre ?

Ce troisième mandat doit partir de l’expérience acquise pour produire davantage de résultats. Au fil de mes déplacements, j’ai construit, avec les élus, un réseau de confiance et surtout une méthode : définir une priorité par pays, fixer un objectif concret, mobiliser les bons interlocuteurs et agir jusqu’à la réalisation. Je veux aujourd’hui mettre cette expérience, ces réseaux et les moyens du Sénat au service des élus de notre pays. Ce troisième mandat, je le vois comme celui de la concrétisation, de l’influence et de la transmission. Il s’agit d’abord de terminer ce que nous avons commencé. Mais il s’agit aussi d’accompagner une nouvelle génération d’élus qui sera amenée à prendre le relais.

Je veux pouvoir leur transmettre ce que j’ai appris, les réseaux que j’ai constitués, une méthode de travail, mais aussi une conviction : on peut être libre et indépendant, sans avoir besoin d’une étiquette politique pour agir. Je veux pouvoir dire à cette nouvelle génération : regardez ce que nous avons fait ensemble, regardez ce dont nous sommes capables, et demain, ce sera à vous de poursuivre.

Vous revendiquez justement une approche “entrepreneuriale” de la politique. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Je viens du monde de l’innovation. Dans l’entreprise, on ne vous demande pas de commenter indéfiniment un problème, on vous demande de trouver d’obtenir un résultat. J’applique cette même logique au Sénat. Je me considère comme un sénateur entrepreneur : je travaille avec les élus en “mode projet.”

Quand j’étais élu à l’Assemblée des Français de l’étranger, j’avais lancé le “Plan École” du Royaume-Uni, qui a permis de créer 2.500 places supplémentaires, notamment avec le Collège français bilingue de Londres et le lycée international Winston Churchill. Cette méthode a continué à produire des résultats pendant mon deuxième mandat. Je peux citer, parmi d’autres, la création d’écoles à Taïwan et au Cameroun, la réouverture du consulat général à Melbourne, le retour de services consulaires à Édimbourg, la création de chambres de commerce en Estonie, en Éthiopie et en Ouganda, la convention fiscale avec la Moldavie ou encore le soutien aux victimes de l’explosion du port de Beyrouth.

Et demain, cette approche doit continuer. Nous avons déjà des projets engagés : une nouvelle école française au Pérou et au Nevada, une liaison aérienne directe Paris-San Diego, une Journée défense et citoyenneté à Dublin, le projet autour du Centre Pompidou au Brésil, l’évolution du consulat à Agadir, le rééquilibrage du lycée français d’Haïti, une convention fiscale avec la République dominicaine ou encore la recherche d’un nouveau site pour la Maison de la France au Mexique. En politique, beaucoup de gens veulent réinventer la roue, moi, je préfère la faire tourner.

Parmi les réalisations auxquelles vous êtes particulièrement attaché, vous citez souvent WorldSkills. Pourquoi cette aventure a-t-elle autant compté pour vous ?

Ce sont les “Jeux olympiques des métiers”. On y retrouve de la coiffure, du bâtiment, de la jardinerie, de l’électronique, de la mécatronique et beaucoup d’autres. J’ai été l’ambassadeur parlementaire de la candidature française. En 2019, à Kazan, en Russie, la France a remporté la candidature face au Japon. La ville candidate était Lyon et nous avons obtenu l’organisation de WorldSkills 2024. C’était un réel objectif : obtenir l’organisation de ces championnats.

Cela allait bien au-delà d’un événement international. Faire venir les mondiaux des métiers en France, c’était offrir une scène internationale au prochain Zinedine Zidane du bâtiment, à la Marie-José Pérec de la coiffure, ou au Mbappé de la mécanique. C’est aussi une manière de montrer aux jeunes que la réussite professionnelle ne passe pas par une seule voie. Le bac et l’université constituent un chemin. L’apprentissage et les métiers d’excellence en constituent un autre. En tant que parlementaire, ce qui m’intéresse, c’est d’éveiller la curiosité des jeunes, de leur faire découvrir leurs talents et de les aider à trouver leur propre voie.

Vous avez également fait de la cybersécurité un de vos combats. Comment concilier aujourd’hui sécurité numérique et libertés individuelles ?

Il faut définir la différence entre la liberté et la sécurité. J’ai notamment combattu les dispositions visant à introduire des “backdoors”(portes dérobées). J’ai considéré qu’affaiblir le chiffrement au nom de la sécurité reviendrait à fragiliser simultanément nos citoyens, nos entreprises, nos administrations et nos armées. Une porte dérobée réservée aux “gentils”, cela n’existe pas. Dès qu’une faille est créée, elle peut être découverte et exploitée par des criminels ou des puissances étrangères. C’est pourquoi j’ai fait adopter au Sénat l’article 16 bis* contre les backdoors.

L’intelligence artificielle accélère considérablement les cyberattaques. Nous sommes donc entrés dans une véritable course contre la montre. Il faut renforcer notre résilience et responsabiliser les acteurs. Je souhaite notamment que les entreprises atteignent des standards élevés de résilience. Mais je suis très clair : je ne veux pas d’une surveillance généralisée. Il y a une vie privée et des libertés publiques à protéger. C’est tout le sens de l’article 16 bis contre les backdoors, dont je suis particulièrement fier.

Vous évoquez souvent la nécessité de renforcer la “résilience” des Français de l’étranger. Qu’entendez-vous par là ?

Il faut être capable de mieux préparer les Français de l’étranger aux crises, de préserver leur mobilité et de renforcer leur sécurité numérique. Les crises auxquelles nos compatriotes peuvent être confrontés sont de nature très différente : crises politiques, sécuritaires, sanitaires, cyberattaques…

Nous voulons améliorer la circulation des informations entre les communautés françaises, les élus, les postes diplomatiques et le Centre de crise et de soutien ; tirer les enseignements de chaque crise en intégrant toutes les parties prenantes afin d’améliorer continuellement les procédures ; encourager la diffusion d’outils pratiques de préparation aux situations de crise, comme je l’ai fait à la tribune du sénat en demandant au gouvernement de s’inspirer du guide suédois “en cas de crise ou de guerre”. Ce qu’il a fait ensuite, en publiant “Tous responsables”. Nous avons besoin de ce même document pour les Français de l’étranger.

Vous souhaitez également faire évoluer profondément l’administration consulaire ?

Il faut passer d’une administration numérique à une administration prédictive. Pendant des décennies, nous avons eu une bureaucratie qui demandait au citoyen de venir vers elle. Aujourd’hui, avec la transformation numérique des services consulaires et le centre d’appels téléphonique de France Consulaire, nous sommes passés à une administration davantage orientée vers le service au citoyen : “une administration orientée clients”.

Mais demain, il faut aller beaucoup plus loin : imaginez que votre passeport arrive bientôt à expiration. Plutôt que de devoir penser vous-même à lancer toutes les démarches, l’administration pourrait vous prévenir : “Votre passeport arrive bientôt à échéance. Souhaitez-vous le renouveler ? Cliquez ici.” Le formulaire serait prérempli, votre dossier déjà constitué, vous n’auriez plus qu’à valider et payer. C’est ce changement de logique que permet notamment l’intelligence artificielle, et d’imaginer l’avènement d’une administration prédictive.

Si vous êtes réélu, quelles seront vos principales priorités ?

Je les résumerais autour de cinq priorités, premièrement, mieux préparer les Français de l’étranger aux crises, préserver leur mobilité et renforcer leur sécurité numérique. Deuxièmement, doubler le nombre d’élèves dans l’enseignement français et francophone sans doubler les charges. Avec l’AEFE et l’ANEFE, nous voulons accompagner la création et le développement des écoles, tout en permettant aux 80 % d’enfants français à l’étranger qui ne fréquentent pas le réseau scolaire français d’avoir accès à un parcours de français, notamment grâce aux associations FLAM, aux Alliances françaises et au numérique. Troisièmement, faire gagner nos entreprises partout dans le monde. Il faut renforcer nos réseaux d’affaires et faire de l’Agence française de développement (AFD) un véritable levier pour nos entreprises.

Je souhaite notamment faire passer de 43 % à 60 % la part des appels d’offres remportés par nos entreprises françaises. Quatrièmement, mettre mon expérience et mes réseaux au service des projets concrets des élus : une école, un consulat, une liaison aérienne, une convention fiscale… Enfin, préparer les services publics des prochaines décennies, avec une administration prédictive.

Vous vous présentez sous l’étiquette “Libre et indépendant”. Que signifie concrètement cette indépendance au Sénat ?

Être indépendant revient à accepter qu’on puisse être seul contre tous lorsqu’on estime devoir défendre l’intérêt général. Je ne défends pas “d’abord” les Français de l’étranger, simplement parce que je suis moi-même Français de l’étranger. Ce qui doit nous guider est l’intérêt général. J’en ai fait l’expérience avec l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur où j’ai défendu le projet alors que j’étais très isolé, parce que je considérais qu’il pouvait ouvrir à nos entreprises un marché de 270 millions de consommateurs et créer de nouveaux débouchés pour nos PME, nos viticulteurs et notre industrie. Il faut suivre ce que vous dicte votre conscience et tenir sa position jusqu’à ce que les faits tranchent.

Mais l’indépendance, ce n’est pas avoir raison contre tout le monde par principe, mais plutôt refuser d’avoir tort avec tout le monde par confort. C’est ce qui me donnera la crédibilité si je suis réélu, de retourner au Brésil promouvoir nos entreprises françaises qui sont le premier employeur étranger et dont je connais les attentes. Après douze ans de mandat, mon fil conducteur est simple : résoudre des problèmes et créer de nouveaux chemins.

Médias – “Piratage de données : l’État face à l’urgence du sursaut” (La Tribune Dimanche, 23/08/2026)

La cyberattaque visant près de 700 000 contribuables sur le site de la DGFiP rappelle l’urgence de transposer NIS 2 pour renforcer la sécurité de l’État, mais aussi de préserver l’article 16 bis que j’ai fait adopté : introduire des failles volontaires dans les systèmes de chiffrement, c’est ouvrir une porte que les cybercriminels, comme les services étrangers, sauront exploiter.

Extrait de l’article :

NIS 2 (Net­work and Infor­ma­tion Secu­rity 2) a pour­tant été inté­grée au pro­jet de loi rela­tif à la rési­lience des infra­struc­tures cri­tiques et au ren­for­ce­ment de la cyber­sé­cu­rité, voté au Sénat en 2024, puis en com­mis­sion à l’Assem­blée natio­nale l’année sui­vante avant d’être blo­qué aux portes de l’hémi­cycle. Offi­ciel­le­ment pour des rai­sons d’agenda par­le­men­taire sur­chargé, offi­cieu­se­ment pour une rai­son plus poli­tique qui concerne l’article 16 bis de la loi, qui pré­voit l’inter­dic­tion des « back­doors » (portes d’entrée), ces failles volon­tai­re­ment inté­grées à un sys­tème de chif­fre­ment pour per­mettre à un tiers, sou­vent un ser­vice de ren­sei­gne­ment, d’accé­der aux com­mu­ni­ca­tions mal­gré le cryp­tage.

Selon plu­sieurs sources, la DGSI serait par­ti­cu­liè­re­ment défa­vo­rable à cet amen­de­ment. « Si vous met­tez une faille, vous pen­sez bien que vous n’allez pas être le seul à l’uti­li­ser… Vous met­tez encore une fois tout le monde en insé­cu­rité », explique son auteur, le séna­teur cen­triste Oli­vier Cadic.

Lire l’article du 23/08/2026 de Nelson Getten Piratage de données : l’État face à l’urgence du sursaut sur le site Pressreader

Divorce franco-irlandais : clarification obtenue (réponse à ma question écrite)

Lorsqu’un divorce en France relève du droit irlandais, ce droit prévoit des mesures financières pour protéger le conjoint économiquement désavantagé.

En mars dernier, les élus des Français de l’étranger pour l’Irlande, Laurence Helaili et Nicolas Nouelle, conseillers des Français de l’étranger, m’avaient signalé que certaines juridictions françaises semblaient méconnaître le principe de “proper provision”, en l’assimilant à une simple séparation de biens, au détriment du conjoint le plus vulnérable.

La réponse du ministre de la Justice a le mérite de confirmer très clairement que le droit irlandais ne peut pas être réduit à une séparation de biens à la française. Ainsi, le juge irlandais raisonne en termes de “proper provision” tenant compte de la situation financière actuelle et future des époux, et pouvant aller jusqu’au transfert de droits de propriété d’un époux à l’autre. C’est ce que ma question cherchait à faire établir.

En revanche, la réponse évite largement le problème pratique signalé : celui d’une mauvaise compréhension possible du droit irlandais par certaines juridictions françaises. On me répond, en substance : voici ce que doit faire le juge français, et voici les outils dont il dispose.

RÉPONSE de M. le garde des sceaux, ministre de la justice à ma question n°08292 (publiée le 09/04/2026) :

En droit irlandais, selon les informations obtenues auprès du magistrat de liaison français compétent pour l’Irlande : Il n’existe ni régime matrimonial ni règle fixe sur la division des biens au moment du divorce ; le principe (conformément à l’article 41 3 de la Constitution et de l’article 5 du “Family Law (divorce) Act” 1996) est celui de la “proper division”, soit la provision adéquate et équitable pour les époux et les enfants ; L’assiette à prendre en considération pour calculer cette provision n’est pas définie par la loi, si bien qu’il revient au juge de définir ce qui entre dans le “family pot”… Lire la suite de la réponse.

Lire le texte de la Question