Alors que le Rafale continue sa montée en cadence, dix ans se sont écoulés depuis le lancement du SCAF, le projet franco-allemand d’avion de combat du futur, miné par des désaccords industriels et politiques.
Comment rebondir ? Comment répondre aux besoins de nos armées en concevant, selon la formule d’Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviation, « le plus petit avion qui fait tout », tout en le rendant « exportable » ? Autant de questions au cœur de son audition devant la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, ce 1er juillet, qui font écho à l’audition du 10/3/2021 (compte-rendu), où j’évoquais la nécessité de disposer d’un plan B pour pallier l’échec du programme de coopération avec les Allemands.
Voir l’intégralité de l’audition Avenir de l’aviation de combat du 01/01/2026 sur le site du Sénat
VERBATIM de mon intervention
Merci monsieur le Président. Merci monsieur le Président pour votre propos liminaire.
Il y a cinq ans, vous étiez ici et j’avais évoqué devant vous justement l’hypothèse d’un plan B au SCAF.
Je m’étais appuyé sur l’histoire, sur le plan B du président Marcel Dassault des années 1980 et son impulsion qui a permis, finalement, la création du Rafale qui fait notre fierté et qui contribue aujourd’hui à notre souveraineté.
Vous aviez alors tracé plusieurs voies qui démontraient déjà que Dassault saurait trouver des solutions pour anticiper les besoins de la France pour les prochaines décennies et conduire éventuellement un nouveau programme.
Les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, c’est un peu toujours la même chose, c’est : qui dirige le projet ? Bonaparte déjà disait que pour conduire une armée, mieux vaut un mauvais général que deux bons.
Alors, au regard de l’expérience de ce que votre société a traversé au début des années 80, on se souvient des allers-retours, des pressions, déjà, on nous disait que la France n’aurait pas d’argent pour pouvoir faire ce programme à l’époque, que cela ne serait qu’un avion français et pas européen…
Ce à quoi le président Dassault avait dit : ce sera un avion mondial. Et on en voit effectivement aujourd’hui le résultat.
Quelle comparaison faites-vous avec les années 80 et ce que nous observons aujourd’hui dans la façon dont, finalement, les choses ne se sont pas faites en termes de coopération.
Est-ce que Dassault, selon vous, peut conduire seul un nouveau programme visionnaire qui nous permettrait d’espérer pouvoir répondre aux besoins de nos successeurs dans trente à cinquante ans ?
Auriez-vous un nom de programme à proposer pour que nos compatriotes commencent à s’approprier cette idée ?











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