Ce 30 juin, j’ai eu le plaisir d’accueillir au Sénat une vingtaine de Conseillers du commerce extérieur de la France (CCE) des Hauts-de-Seine, à l’invitation de leur présidente, Isabelle Bailly, pour un petit-déjeuner de travail consacré à trois sujets d’actualité : la cybersécurité, Taïwan et la lutte contre médicaments contrefaits en Afrique.

Cybersécurité : passer d’une posture défensive à une logique de dissuasion

Interrogé notamment par Jérôme Coeuré (Orange), j’ai évoqué les retards de transposition des directives européennes NIS2, DORA et REC, ainsi que les débats relatifs aux « backdoors » dans les messageries chiffrées. Face à l’intensification des cyberattaques, j’ai rappelé ma conviction : la France doit sortir d’une logique exclusivement réactive. En matière de cyberdéfense, la meilleure protection passe aussi par la capacité à surprendre l’adversaire.

J’ai ainsi présenté les deux amendements que mes collègues ont adoptés lors de l’actualisation de la Loi de programmation militaire : le premier inscrit dans notre doctrine le principe d’une cyber-riposte active, graduée et proportionnée ; le second renforce notre souveraineté en limitant les risques de prise de contrôle à distance des véhicules connectés utilisés dans des secteurs sensibles.

Taïwan : un enjeu stratégique mondial

Les questions de Laure Pallez (Mascaret) et d’Isabelle Bailly (SNECI) m’ont conduit à partager mes observations sur Taïwan, où je me rends chaque année.

L’île occupe une place centrale dans les chaînes d’approvisionnement mondiales grâce à son industrie des semi-conducteurs, dominée par TSMC, dont Air Liquide est le premier fournisseur de gaz industriels depuis près de quarante ans.

Au-delà des enjeux économiques, Taïwan se prépare activement à une éventuelle agression. J’ai rappelé que l’avenir de l’île concernait la paix et la stabilité de toute la région. En juin 2023, lors de l’examen du projet de loi de programmation militaire, j’ai fait voter que la France, seul pays européen présent dans l’Indo-Pacifique, contribue à la défense du droit à la circulation maritime dans cette région, notamment en mer de Chine méridionale et dans le détroit de Taïwan.

Afrique : combattre le fléau des faux médicaments

Frédéric Girard (DBV Technologies) et Isabelle Aimonetti (AG Partners Publicis Africa) ont relancé nos échanges sur un combat que je mène depuis plusieurs années : la lutte contre les médicaments falsifiés ou de qualité inférieure en Afrique.

En avril dernier, j’ai de nouveau reçu au Sénat Juan Cepeda (Expertise France – groupe AFD) et le professeur Xavier Jouven afin de faire le point sur les actions engagées.

L’une de mes priorités demeure le soutien à l’Agence africaine du médicament (AMA), créée par l’Union africaine en 2019 et installée à Kigali. Son développement constitue une étape essentielle pour renforcer la régulation pharmaceutique sur le continent.

J’ai également rappelé que ce combat ne pourra être gagné que grâce à une mobilisation coordonnée des États, des entreprises, des organisations internationales et de la société civile. Les réseaux de production et de distribution des médicaments contrefaits, notamment en provenance de Chine et d’Inde, exigent une réponse collective à la hauteur des enjeux.

Je remercie Isabelle Bailly et l’ensemble des participants pour la richesse de nos échanges, qui illustrent une nouvelle fois l’apport précieux des Conseillers du commerce extérieur de la France au débat public.