« Il faut confier à l’ANEFE un rôle central dans l’administration et l’animation du réseau, afin de favoriser son développement par les acteurs eux-mêmes et non par une administration centralisée, à coût zéro pour nos finances publiques. »
Déclaration lors de l’AG de l’ANEFE de son président, Olivier Cadic – 25 juin 2026
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Libérer les énergies du réseau : faire de l’ANEFE
le moteur du développement de l’enseignement français à l’étranger
La publication du rapport de la sénatrice Samantha Cazebonne constitue une étape importante dans la réflexion sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger. Plusieurs de ses recommandations rejoignent des constats et propositions que je porte de longue date.
1. Clarifier les rôles pour mettre fin aux conflits d’intérêts
Le rapport souligne que l’AEFE exerce simultanément des fonctions de régulation, de contrôle, d’accompagnement et de gestion d’établissements. Cette concentration des responsabilités nuit à la lisibilité du système et crée des conflits d’intérêts.
Cette analyse rejoint mes interventions répétées appelant à distinguer clairement :
• l’autorité de tutelle ;
• l’opérateur chargé de l’animation du réseau ;
• les organismes chargés de l’évaluation et du contrôle.
La séparation des fonctions apparaît comme une condition indispensable pour garantir l’équité de traitement entre les différents types d’établissements.
2. Mettre en place un modèle économique soutenable
Le rapport constate l’essoufflement du modèle financier actuel, fondé principalement sur les contributions des familles.
Depuis plusieurs années, j’alerte sur :
• l’augmentation continue des frais de scolarité ;
• le risque d’éviction des familles françaises des classes moyennes ;
• la nécessité de mieux maîtriser les coûts de structure.
Le rapport rejoint cette préoccupation en appelant à davantage de transparence financière et à une meilleure identification des coûts réels.
3. Garantir l’égalité entre les établissements du réseau
L’une des questions récurrentes que j’ai soulevées concerne les différences de traitement entre établissements en gestion directe, conventionnés et partenaires.
Le rapport propose de réexaminer le périmètre des EGD et de clarifier les règles applicables à chacun. Cette démarche vise à instaurer davantage d’équité au sein du réseau tout en tenant compte de la diversité des situations locales.
4. Développer le réseau sans alourdir sa structure
L’objectif de croissance du réseau ne pourra être atteint par la seule création de nouveaux EGD.
Le rapport met en avant la nécessité de s’appuyer davantage sur les établissements partenaires et les initiatives locales, une orientation que je défends depuis 20 ans qui considère que l’expansion du réseau doit privilégier la souplesse, l’innovation et la responsabilité locale plutôt que la centralisation.
5. Renforcer la transparence et la place des familles
Le rapport insiste sur la nécessité d’associer davantage les parents aux décisions et d’améliorer l’information qui leur est communiquée.
Cette orientation rejoint les demandes que j’ai formulées à plusieurs reprises en faveur :
• d’une gouvernance plus ouverte ;
• d’une meilleure reddition des comptes ;
• d’un dialogue renforcé avec les représentants des familles.
6. Faire de la qualité pédagogique l’objectif premier
Le rapport rappelle que la finalité du réseau n’est pas la préservation d’une organisation administrative mais la diffusion de l’excellence éducative française.
Cette approche correspond à la vision portée par l’ANEFE inspirée par notre secrétaire général Michel Monsauret : évaluer les dispositifs à l’aune de leur efficacité pédagogique, de leur capacité à servir les familles et de leur contribution au rayonnement de la France.
CONCLUSION
Le rapport de la sénatrice Samantha Cazebonne constitue une contribution importante au débat sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger. Son principal mérite est de mettre en lumière, avec lucidité, les limites du modèle actuel et la nécessité d’engager des réformes structurelles.
Nombre des constats formulés rejoignent les alertes et propositions que j’ai portées depuis plusieurs années, détaillées dans la déclaration de ce jour : clarification des responsabilités pour mettre fin aux conflits d’intérêts, recherche d’un modèle économique soutenable, équité entre établissements EGD-Conventionnés-Partenaires, transparence de gestion et confiance accordée aux acteurs de terrain.
Faire de la qualité pédagogique l’objectif premier correspond à la vision portée par l’ANEFE inspirée par notre secrétaire général Michel Monsauret et le groupe de travail de l’ANEFE 2.0.
Pour autant, certaines questions essentielles demeurent ouvertes.
La première est celle de la soutenabilité à long terme de la subvention publique à l’AEFE dans un contexte de forte dégradation de nos finances publiques.
La seconde concerne la capacité de notre réseau à poursuivre son développement sans accroître continuellement les charges supportées par l’État et les familles.
Je souhaite également rappeler que l’ANEFE a été auditionnée dans le cadre de cette mission. Son expertise historique, forgée par plusieurs décennies d’accompagnement du réseau, demeure précieuse. Pour ma part, je siégeais déjà au CA de l’AEFE en 2009, il y a 17 ans.
À cet égard, je continue de penser que l’ANEFE devrait retrouver un rôle central dans l’instruction des garanties accordées aux projets immobiliers des établissements, mission qu’elle a exercée avec efficacité pendant de nombreuses années.
Le rapport ouvre ainsi une nouvelle phase de réflexion. Pour ma part, je considère qu’il faut désormais aller plus loin et engager un véritable changement de paradigme.
L’objectif que je proposais dès 2017 reste plus que jamais d’actualité : permettre un développement massif du réseau tout en réduisant sa dépendance aux financements publics.
C’est dans cet esprit que je soumettrai au débat public plusieurs orientations :
• confier à l’ANEFE un rôle central dans l’administration et l’animation du réseau, afin de favoriser son développement par les acteurs eux-mêmes et non par une administration centralisée, à coût 0 pour nos finances publiques ;
• transférer progressivement la gestion des EGD à des fondations ou structures autonomes, afin de les sortir du périmètre direct des finances publiques ;
• réorienter prioritairement l’effort financier de l’État vers les bourses scolaires, en réformant leurs modalités d’attribution pour garantir davantage de mixité sociale.
Au fond, la question n’est pas de savoir qui administre le réseau, mais comment assurer sa croissance, sa qualité et son accessibilité pour les décennies à venir.
Notre responsabilité collective est de construire un modèle plus ouvert, plus agile et plus durable, au service des élèves, des familles et du rayonnement de la France dans le monde.












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