Après l’Arabie saoudite, seconde étape de notre déplacement avec le groupe d’amitié sénatorial (Lire Riyad & Dammam, Al Khobar)

En compagnie de Rémi Pointereau, président délégué du groupe pour Bahreïn, et de Nathalie Delattre, présidente déléguée pour l’Arabie saoudite, nous avons rejoint le royaume depuis l’Arabie saoudite en empruntant la chaussée du Roi Fahd. Long de 25 kilomètres, ce pont-digue constitue bien davantage qu’un ouvrage d’art : il est un axe vital pour les échanges économiques, les déplacements quotidiens et l’intégration régionale du royaume.

Communauté française

Ambassade

Dans un contexte marqué par les récentes tensions régionales et plusieurs frappes en provenance d’Iran, Bahreïn occupe une place stratégique au cœur du Golfe. Signataire des accords d’Abraham en 2020, le royaume poursuit une politique d’ouverture et de dialogue, tout en veillant à préserver sa sécurité et sa stabilité.

Un dîner de cadrage à la Résidence de France, autour de l’ambassadeur Éric Giraud-Telme, de Marie-Laure Charrier, première conseillère, et d’Alexis Andres, directeur adjoint de la direction Afrique du Nord et Moyen-Orient, nous a permis de faire le point sur la relation franco-bahreïnienne.

Cette visite s’inscrit dans le prolongement de la rencontre entre le Président de la République et le roi Hamad ben Issa Al Khalifa à l’Élysée en février dernier, ainsi que du 4ᵉ Haut Comité bilatéral franco-bahreïnien réuni en juillet 2025 entre les ministres des Affaires étrangères.

Nos échanges ont porté sur les enjeux régionaux ainsi que sur le développement de notre coopération économique, universitaire, scientifique et culturelle. +d’images

Acteurs de la communauté

Une communauté française solidaire dans l’adversité

Dernière étape de notre déplacement à Bahreïn : la rencontre avec notre communauté française, qui compte plus d’un millier de compatriotes.

J’ai tout d’abord eu un entretien avec Rosiane Houngo Monteverde, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger, qui vient d’achever son mandat au service des Français de Bahreïn et du Qatar. Elle a été, tout au long de cette mission, un point d’appui précieux, à la fois comme élue de terrain et comme relais indispensable pour mon action de sénateur des Français de l’étranger, mais aussi dans ma fonction de président du groupe d’amitié. Je tiens à saluer son engagement constant, sa disponibilité et la qualité de son travail au service de nos compatriotes.

Notre délégation sénatoriale a ensuite participé à la réception organisée à la Résidence par Éric Giraud-Telme, ambassadeur de France à Bahreïn. Je le remercie chaleureusement pour son accueil, son soutien et la préparation minutieuse de cette mission du groupe d’amitié, engagée dès l’an dernier, en compagnie de Marie-Laure Charrier, première conseillère.

Dans un contexte régional particulièrement tendu, nous avons souhaité manifester notre soutien aux autorités bahreïnies. Les stigmates des attaques iraniennes demeuraient encore visibles. J’ai tenu à féliciter nos compatriotes pour leur sang-froid et leur sens des responsabilités. Leur solidarité avec le peuple bahreïni a été remarquée et honorée. Notre délégation les a chaleureusement applaudis.

Bahreïn est un pays pionnier dans le Golfe : première école publique pour filles dès 1928, première Alliance française de la région en 1969. Je me réjouis de constater que cette tradition d’ouverture se poursuit aujourd’hui à travers les progrès de l’apprentissage du français, qui renforcent encore les liens entre nos deux pays.

Cette mission nous a permis de mesurer la solidité de l’amitié franco-bahreïnie et la qualité de l’engagement de notre communauté française, qui en est l’un des plus beaux visages. +d’images

Diplomatie parlementaire

Ministre des Affaires étrangères

L’entretien de notre délégation du groupe d’amitié avec le ministre des Affaires étrangères du Royaume de Bahreïn, le Dr Abdullatif Al Zayani, a permis de mieux mesurer la perception, par les États du Golfe, des menaces pesant sur leur sécurité.

Le ministre a dénoncé les capacités de nuisance de l’Iran en indiquant que, entre le 28 février et le 15 juin 2026, selon les autorités bahreïniennes, 85 % des missiles et drones lancés par l’Iran dans la région visaient les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Il a précisé que les cibles visées à Bahrein étaient principalement des infrastructures civiles et non des objectifs militaires.

Pour Manama, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) demeure le principal garant de la stabilité régionale, l’Arabie saoudite constituant un pilier essentiel de cet équilibre.

Le ministre a également insisté sur la nécessité d’élargir les Accords d’Abraham à l’Arabie saoudite, tout en soulignant qu’une telle évolution reste indissociable d’une avancée sur la question palestinienne.

Il a enfin chaleureusement remercié la France pour son soutien à la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations unies, portée par Bahreïn, exprimant la solidarité de la communauté internationale avec les États du Golfe et la Jordanie après les frappes iraniennes.

Cette convergence stratégique s’inscrit dans une diplomatie bahreïnienne marquée par une relation historique avec les États-Unis, dont Manama accueille le quartier général de la Ve flotte, mais aussi par une volonté de renforcer et de diversifier ses partenariats, notamment avec la France.

Cette relation bilatérale a été récemment consolidée par la signature d’un accord de coopération en matière de défense, à l’occasion de la visite à Paris de Sa Majesté le Roi Hamad bin Issa Al Khalifa. +d’images

Ministère de l’Industrie et du Commerce

Un environnement propice aux entreprises

Notre entretien avec Mme Iman Ahmed Al-Dosari, sous-secrétaire d’État au ministère de l’Industrie et du Commerce, en présence de l’ambassadeur Éric Giraud-Telme, a mis en lumière la résilience de l’économie bahreïnienne.

Malgré les fortes perturbations régionales des derniers mois, qui ont affecté les chaînes d’approvisionnement, le pays a su maintenir son activité en adaptant ses circuits logistiques via Djeddah, Amman ou les Émirats arabes unis.

La stratégie 2022-2026 vise à accroître la part de l’industrie dans le PIB, en misant sur l’agroalimentaire, les semi-conducteurs et les énergies renouvelables.

Cette ambition s’accompagne d’une simplification des démarches administratives —  Managing your business with a click — et de la création d’un fonds dédié au financement des PME, afin de renforcer l’attractivité du royaume pour les investisseurs. +d’images

Parlement – Majlis Al Shura (Chambre haute) – Majlis Al Nuwab (Chambre basse)

Petit État insulaire très dépendant de la stabilité des voies maritimes et du bon fonctionnement du CCG, Bahreïn a fait de la sécurité régionale une priorité absolue, comme cela est ressorti avec force des entretiens conduits avec les deux chambres du Parlement.

Reçue par S.E. M. Jamal Fakhro, vice-président du Majlis Al Choura (Chambre Haute), puis par S.E. M. Ahmed bin Salman Al-Musallam, président du Majlis Al Nuwab (Chambre Basse), la délégation a pu mesurer l’attachement de Bahreïn à la relation bilatérale avec la France, mais aussi les attentes de ses interlocuteurs en matière de protection de la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz.

Les responsables parlementaires bahreïniens ont salué la position française sur les dossiers palestinien et iranien, tout en exprimant leurs interrogations sur les modalités concrètes d’une mission militaire multinationale, portée notamment par la France et le Royaume-Uni, destinée à garantir la liberté de navigation dans cette zone stratégique. Ils ont également souligné la cohésion dont le CCG avait fait preuve dans le contexte du conflit avec l’Iran. +d’images

Diplomatie économique

Communauté économique – CCEF

Une présence économique française qui a de l’avenir

Si la relation économique entre la France et Bahreïn reste encore modeste en volume, elle offre un fort potentiel de développement. Près d’une quarantaine d’entreprises françaises sont implantées dans le Royaume, dans les services financiers, l’industrie, l’ingénierie, les infrastructures, l’hôtellerie ou encore l’assurance.

Avec la délégation du groupe d’amitié France–Pays du Golfe, nous avons souhaité mettre en lumière cette présence à travers trois étapes.

1️⃣ Les CCEF : préparer la croissance

Le dîner organisé à la Résidence de France avec les Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) et plusieurs dirigeants d’entreprises a confirmé les nombreuses opportunités offertes par Bahreïn. Les autorités souhaitent renforcer leur coopération avec la France, notamment dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Cet enjeu est majeur : près de 70 % de l’énergie consommée dans les pays du Conseil de coopération du Golfe est consacrée à la climatisation. L’expertise française dans les technologies bas carbone, la gestion de l’énergie et les bâtiments durables constitue un atout pour répondre à ce défi.

Ces échanges ont confirmé que les entreprises françaises disposent d’un véritable savoir-faire pour accompagner la diversification économique engagée par Bahreïn et contribuer au renforcement de notre partenariat bilatéral.

2️⃣ Café Ségo : l’audace entrepreneuriale française

J’ai souhaité faire découvrir à la délégation le Café Ségo, créé par Ségolène Crêtaux, dont le parcours est exemplaire.

Malgré les épreuves de la pandémie, elle a développé son établissement, ouvert deux nouveaux cafés à Manama et démontré sa capacité à s’adapter aux circonstances avec beaucoup de pragmatisme.

Son succès illustre le talent, la créativité et la capacité de rebond des entrepreneurs français à l’étranger.

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3️⃣ Fives : l’excellence industrielle française

Notre visite de Fives Services Gulf, accueillis par son CEO Stephen Augustine, a mis en lumière l’ancrage industriel français à Bahreïn. Partenaire stratégique du producteur d’aluminium Alba, l’entreprise poursuit son développement régional tout en employant une majorité de collaborateurs bahreïnis. J’ai également eu le plaisir de retrouver les quatre jeunes VIE rencontrés l’an dernier, symboles de l’engagement de notre jeunesse à l’international.

Alba (Aluminium Bahrain)

L’un des objectifs de notre délégation était de promouvoir la destination France auprès des grands industriels bahreïniens. La visite d’Aluminium Bahrain (ALBA), fleuron industriel du Royaume, s’inscrivait pleinement dans cette démarche.

Nous avons été chaleureusement accueillis par Ali Al Baqali, CEO d’Alba, entouré de plusieurs membres de son comité de direction. J’ai été particulièrement sensible au fait que trois d’entre eux sont diplômés de l’Essec, illustrant la qualité des liens humains et académiques qui unissent la France et Bahreïn.

Créée il y a 55 ans, Alba emploie 3 200 collaborateurs. Son site de production ultramoderne figure parmi les plus performants au monde et accompagne une ambition assumée : faire d’Alba le premier producteur mondial d’aluminium. À lui seul, ce secteur représente 12 % du PIB de Bahreïn.

Nous avons salué la signature récente d’un protocole d’accord entre Alba et Bpifrance en vue de l’acquisition d’Aluminium Dunkerque, la plus grande fonderie d’aluminium de l’Union européenne, pour une valorisation de 2,2 milliards de dollars. Cette opération constitue un signal fort de confiance dans l’industrie française. Je me réjouis de voir Alba investir en France et contribuer au développement du site de Dunkerque, symbole d’une coopération industrielle appelée à se renforcer entre nos deux pays. +d’images

Al Zayani Investments – Imerys Zayani – Midal Cables

À la rencontre d’un grand capitaine d’industrie

Après notre visite d’Alba, premier producteur d’aluminium du Royaume, notre délégation a poursuivi sa découverte de la filière en visitant deux entreprises du groupe Al Zayani Investments, reçue par son président d’honneur, Khalid Al Zayani, figure emblématique de l’industrie bahreïnienne.

Entrepreneur visionnaire, il a construit un groupe diversifié présent dans l’automobile, la banque, la santé, l’immobilier, l’industrie et les services. Son parcours illustre l’ambition de Bahreïn de développer une économie ouverte, fondée sur l’innovation et les partenariats internationaux.

Notre première étape nous a conduits chez Imerys Al Zayani, coentreprise créée en 2014 entre le groupe français Imerys, leader mondial des minéraux de spécialité, et Zayani Industries. L’usine produit de l’alumine fondue blanche destinée aux abrasifs, aux réfractaires et aux céramiques techniques. J’ai été particulièrement intéressé par les investissements réalisés pour réduire l’empreinte carbone du site grâce à l’énergie solaire et au programme SustainAgility.

Nous avons ensuite visité Midal Cables, créée en 1977 et devenue le deuxième producteur mondial de câbles électriques haute tension, derrière la Chine. Alimentée directement en aluminium liquide par Alba, l’entreprise exporte ses produits sur tous les continents et participe à de grands projets d’infrastructures électriques. Son succès illustre parfaitement la stratégie de Bahreïn : créer davantage de valeur ajoutée en transformant localement l’aluminium produit dans le Royaume.

Ces visites ont également confirmé l’intérêt du groupe Al Zayani pour de futurs investissements en France. Elles témoignent du potentiel de coopération industrielle entre nos deux pays et de notre volonté commune de renforcer ce partenariat d’avenir. +d’images

Enseignement

Lycée français international

Pour la troisième fois, j’ai eu le plaisir de visiter le Lycée français international de Bahreïn, établissement du réseau de la Mission laïque française (MLF), accueilli par son proviseur, Sébastien Gaillard.

Notre délégation du groupe d’amitié France–Pays du Golfe a été particulièrement séduite par l’implication des élèves, qui ont assuré eux-mêmes une grande partie de la visite de leur établissement. Du CDI aux laboratoires, en passant par les classes de CP, de CM2 et la bibliothèque, ils ont présenté avec enthousiasme leur quotidien, leurs projets et les nombreux atouts de leur lycée. Rien n’est plus convaincant que de voir des élèves devenir les premiers ambassadeurs de leur école.

Les échanges avec les enseignants, les parents et les élèves ont illustré la richesse d’un établissement qui favorise l’ouverture sur le monde. Dès la classe de seconde, les élèves peuvent choisir une quatrième langue vivante, une singularité qui témoigne de l’ambition internationale de ce lycée.

Nous avons également découvert le projet artistique « Regards Croisés », qui met en dialogue les cultures française et bahreïnienne à travers les créations des élèves, illustrant parfaitement la vocation de notre enseignement français à l’étranger : transmettre des savoirs tout en créant des passerelles entre les cultures.

Je remercie chaleureusement Sébastien Gaillard, l’ensemble de l’équipe éducative, les parents d’élèves et surtout les élèves pour leur accueil. Leur enthousiasme, leur curiosité et leur fierté d’appartenir à leur établissement constituent la plus belle promotion du Lycée français international de Bahreïn, qui célébrera son 50ᵉ anniversaire à la fin de l’année 2026. Un bel anniversaire en perspective pour un établissement qui, depuis un demi-siècle, contribue au rayonnement de l’enseignement français et au rapprochement entre la France et Bahreïn. +d’images

Culture

Pose de la Première pierre de la nouvelle Alliance française

J’ai eu l’honneur de participer à la cérémonie de pose de la première pierre de la future Alliance française de Bahreïn, aux côtés de Son Excellence le Dr Mohammed bin Mubarak Juma, ministre de l’Éducation, de Hamed Al Mahmeed, directeur du bureau du Premier ministre, de Éric Giraud-Telme, ambassadeur de France à Bahreïn, de Ahmed Al Jawahery, président de l’Alliance française Bahrain, ainsi que des représentants des autorités bahreïnies et des partenaires institutionnels et privés.

À cette occasion, j’ai eu le plaisir de prononcer quelques mots sur la portée de ce projet pour l’avenir de la relation franco-bahreïnienne (mon discours).

Créée en 1969, première Alliance française du Golfe, l’institution ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire. Son futur siège, imaginé par l’architecte franco-libanais Pierre Sfeir (SA Atelier), offrira des salles de cours équipées de tableaux numériques, une médiathèque, un auditorium et des espaces culturels modernes.

Sa capacité d’accueil sera doublée afin d’accompagner le développement de l’enseignement du français et des échanges culturels.

Cette réalisation illustre la qualité de la coopération éducative entre nos deux pays. Depuis 2009, le français est enseigné dans les écoles publiques de Bahreïn, renforçant chaque année les liens entre nos deux peuples.

Je tiens à féliciter chaleureusement Céline Martin, directrice, et toute l’équipe de l’Alliance française de Bahreïn, ainsi que l’ensemble des sponsors, partenaires bahreïniens et français, pour avoir porté ce projet avec détermination jusqu’à sa concrétisation.

Cette nouvelle Alliance constitue bien plus qu’un bâtiment : c’est un investissement dans la jeunesse, la francophonie et le dialogue entre les cultures. Elle consolide durablement la relation d’amitié entre la France et Bahreïn et contribuera, pour les décennies à venir, au rayonnement de notre langue et de notre culture au cœur du Golfe. +d’images