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Chili : rencontre avec le ministre des Affaires étrangères

Dans le cadre de son déplacement en Europe, l’ambassadeur du Chili en France Juan Salazar Sparks a invité, ce 02 décembre, plusieurs sénateurs pour échanger avec Andrés Allamand, ministre des Affaires étrangères du Chili.

Durant cette rencontre, j’ai eu l’opportunité d’évoquer quatre sujets avec le ministre :

Les deux premiers sujets concernant directement les Français du Chili m’avaient été soumis par Marie-Christine Haritçalde, conseillère des Français de l’étranger.

1) La reconnaissance mutuelle des permis de conduire

Le ministre des Affaires étrangères Andrés Allamand m’a confirmé qu’il avait parlé de la reconnaissance mutuelle des permis de conduire avec son homologue Jean Yves Le Drian et qu’elle devrait se concrétiser prochainement.
J’ai remercié l’ambassadeur Juan Salazar Sparks, avec lequel j’avais évoqué le sujet la semaine dernière, d’avoir rappelé l’importance de ce sujet comme une priorité de son déplacement. J’avais également contacté vendredi dernier le cabinet du ministre Jean Yves Le Drian qui avait accepté que ce point soit traité.

2) Les casiers judiciaires apostillés

J’ai informé le ministre Andrés Allamand des difficultés que rencontrent plusieurs Français dans leurs démarches pour obtenir la résidence permanente au Chili. Avec les blocages administratifs liés à la pandémie, ils se retrouvent à tout recommencer et certains à payer une amende car leur visa a expiré.
Le retard vient du fait que le gouvernement chilien demande un casier judiciaire apostillé. Il faut l’envoyer à un tribunal à Rennes. Même en temps normal, cette procédure prend beaucoup de temps depuis l’étranger. Avec le coronavirus, tout a été bloqué.
J’ai dit au ministre Andrés Allamand qu’il pourrait aider les Français qui sont en souffrance en acceptant le casier tel quel ou en donnant un délai supplémentaire pour l’avoir apostillé. J’ai également réclamé que les amendes soient suspendues pour tous ceux qui sont en retard compte tenu des circonstances exceptionnelles.

3) Les start-ups

Lors du webinaire organisé par Jean-Marc Besnier, conseiller des Français de l’étranger et président de la section CCEF Chili, il m’est apparu que la chambre de commerce franco-chilienne pouvait compter sur de nombreux talents et un esprit de la gagne revendiqué par ceux qui entreprennent au Chili pour rebondir. J’ai rappelé que j’avais visité la Chilicon Valley lors de mon déplacement à Santiago. Je voulais rendre hommage au fait que le Chili a été le premier pays a initier le concept d’incubateur de start-up. Il y a 4 ans, je recensais près de 50 pays qui avaient adopté un système comparable, dont la France. J’ai suggéré qu’une relation particulière se crée entre le Chili et la France sur des sujets de haute technologie, le Chili ayant le premier incubateur de start-up de l’histoire et la France ayant le plus grand incubateur au monde avec la Station F.

4) La situation au Venezuela

J’ai informé le ministre Andrés Allamand que nous auditionnions Juan Guaido l’après-midi même avec la commission des Affaires étrangères du Sénat. Il m’a demandé de lui transmettre un message personnel à cette occasion :

“Monsieur le Président, Cher Juan,
C’est le ministre et l’ami qui te parle.
Tu es et restera l’autorité légitime du Vénézuela après le 6 décembre.
Le Chili ne va attribuer aucune légitimité à cette future Assemblée qui ne sera pas élue dans des conditions démocratiques.”

Sénat – Audition de Juan Guaido, président par intérim du Venezuela (vidéo 12m)

Le Venezuela fut le premier pays d’Amérique latine visité par le général de Gaulle en 1964. Il avait félicité le pays pour sa stabilité constitutionnelle et démocratique. Le temps ont cruellement changé.

En liaison avec Caracas, notre commission des Affaires étrangères présidée par Christian Cambon a auditionné Juan Guaido, président de l’Assemblée nationale du Venezuela et reconnu par la France comme président de transition en charge de mettre en œuvre un processus électoral démocratique.

En effet, une partie de la communauté internationale, notamment l’Union européenne, n’a pas reconnu la réélection de Nicolas Maduro en 2018, avec 68% des suffrages.

J’ai profité de mon intervention pour délivrer un message de la part du ministre des Affaires étrangères du Chili, Andrés Allamand, rencontré ce midi : le Chili ne va attribuer aucune légitimité à la nouvelle Assemblée nationale qui ne sera pas élue, le 6 décembre prochain, dans des conditions démocratiques.

Il y a un an exactement, j’ai rappelé que le Sénat avait voté à 95%, en faveur d’une résolution, portée par le groupe UC, visant à renforcer les sanctions contre les responsables des violations des droits humains au Venezuela (compte-rendu).

Quelles actions les parlementaires français peuvent-ils mettre en œuvre pour soutenir l’Assemblée nationale vénézuélienne, dernier rempart démocratique du pays, face au coup de force de Maduro, ai-je enfin demandé.

Le président Guaido m’a d’abord remercié de m’être beaucoup occupé des droits de l’Homme avec Christian Cambon au sein de notre commission.

En effet, face à la “violation systématique des droits de l’homme” du régime Maduro, Juan Guaido estime qu’il “n’est pas possible de relativiser quoi que ce soit, puisqu’il s’agit de la dignité d’êtres humains”. Il a cité à l’appui le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unis pour les Droits de l’Homme qui dénonce de très graves violations.

Aujourd’hui, 382 prisonniers politiques sont détenus et torturés, a-t-il rappelé, tandis que la population souffre du marasme économique et fuit le pays. On compte déjà 5,1 millions d’exilés.

“C’est pourquoi il faut refuser ce processus” des élections législatives du 6 décembre, imposé par régime vénézuélien, explique Juan Guaido, concluant que son pays a “besoin de l’accompagnement du monde libre” !