J’ai répondu aux questions de François-Xavier de Calonne dans son émission Pluriel (Radio Orient), au sujet des foyers de tension sur la scène internationale et des rivalités stratégiques entre grandes puissances.
ÉCOUTER le Podcast de l’entretien « Les enjeux nationaux et internationaux vus par un sénateur des Français établis hors de France »
Radio Orient :
L’entretien revient sur la répression sanglante du soulèvement populaire en Iran et sur les marges de manœuvre de l’Europe pour soutenir la population iranienne, dans un contexte marqué par le retrait et l’ambiguïté de la position américaine. Il analyse également la stratégie régionale de Téhéran, à travers la mobilisation de ses relais à Gaza, au Liban, en Syrie et en mer Rouge, et les risques d’escalade militaire que cela implique.
Enfin, l’échange interroge la place de l’Europe prise en étau entre la rivalité structurante des États-Unis et de la Chine, et pose une question devenue centrale : l’Union européenne peut-elle encore se permettre de différer la construction d’une véritable Europe de la défense ?
Ce 8 janvier 2026, j’ai eu l’honneur d’être invité au palais de l’Élysée pour assister au discours du Président de la République devant les ambassadrices et ambassadeurs de France.
Ce moment a été l’occasion de retrouver de nombreux diplomates avec lesquels j’ai travaillé au cours de mon mandat, d’échanger sur les situations internationales actuelles et de mesurer, une nouvelle fois, la richesse de notre réseau diplomatique.
J’ai également pu échanger avec le Président de la République, notamment sur la situation au Venezuela, un sujet qui reste au cœur de fortes préoccupations régionales et internationales.
Notes issues du discours :
• Constat général
– Le monde entre dans une phase de dérèglement profond : affaiblissement du multilatéralisme, retour de la loi du plus fort, montée des logiques de blocs.
– Les États-Unis se recentrent sur leurs intérêts, la Chine accentue son agressivité économique, la Russie poursuit sa stratégie de déstabilisation.
• Refus de deux impasses
– Refus de la vassalisation (s’aligner passivement sur les puissances dominantes).
– Refus de l’impuissance morale (se contenter de dénoncer sans agir).
– Choix assumé : une France et une Europe puissances, lucides et actrices.
• Priorité absolue : sécurité et défense
– Soutien total et durable à l’Ukraine, sans capitulation ni sacrifice des intérêts européens.
– La « coalition des volontaires » marque une révolution stratégique européenne.
– Affirmation d’une Europe de la défense crédible, autonome et opérationnelle.
• Défense des intérêts économiques européens
– Double choc : agressivité commerciale chinoise et barrières tarifaires américaines.
– Nécessité d’une Europe qui protège : préférence européenne, clauses de sauvegarde, lutte contre la concurrence déloyale.
– Simplification, compétitivité et investissement massif dans l’innovation (IA, quantique, spatial, transition verte). • Partenariats stratégiques renforcés
– Indo-Pacifique : Inde, Australie, Indonésie comme piliers d’une “troisième voie”.
– Méditerranée et Moyen-Orient : regain d’influence, reconnaissance de l’État de Palestine, crédibilité retrouvée.
– Afrique : partenariat d’égal à égal, fin des schémas anciens, priorité à l’économie, aux jeunesses et aux diasporas.
• Influence et bataille des récits
– Lutte renforcée contre la désinformation.
– Affirmation sans complexe des actions et intérêts français.
• Multilatéralisme efficace
– Défense active de la coopération internationale (climat, biodiversité, santé, IA).
– G7 2026 en France : réduire les déséquilibres mondiaux et éviter la fragmentation entre G7 et BRICS.
• Message final
– Refus du défaitisme.
– Accélération de l’agenda français et européen.
– Une diplomatie fondée sur la constance, la crédibilité et l’action. +d’images
Le 30 avril, Dimitri Minic, chercheur à l’IFRI, Institut français des relations internationales, a été auditionné par notre Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.
M. Minic est venu nous éclairer sur la vision stratégique russe.
J’ai notamment voulu attirer son attention sur la guerre hybride intense menée par la Russie contre les démocraties et la conscience que pouvait en avoir les Européens.
Je remercie le chercheur à l’IFRI pour ses développements fournis et pertinents.
Ma question va justement rebondir sur la fin de votre propos, puisque depuis l’agression russe en Ukraine, l’invasion en 2014 de la Crimée, nous avons vu se développer une guerre hybride de la Russie contre les Européens. Le niveau des cyberattaques n’a jamais cessé de croître.
Vous avez parlé de la guerre informationnelle pour impacter les élections, mais pas seulement. Viginum a fait des rapports justement sur différentes attaques informationnelles : attaquer notre crédibilité dans l’organisation des Jeux olympiques, par exemple. Mais cela a été, vous l’avez dit, l’action de sabotage de plus en plus développée : des incendies de magasins, comme on le voit se développer dans les États baltes ou en Pologne. On a vu aussi une tentative en France juste avant les Jeux olympiques, puisqu’on a arrêté quelqu’un qui devait lancer une bombe incendiaire sur un entrepôt de bricolage. Aussi, vous l’avez dit : les câbles sous-marins.
Pour vous, est-ce que les Européens sont conscients qu’un conflit est déjà en cours ?
Je voudrais rappeler que la dernière fois qu’un pays a déclaré la guerre à un autre, c’était en 1982, le Royaume-Uni contre l’Argentine. Depuis, il n’y a plus eu de déclaration de guerre.
Donc, est-ce que les Européens sont conscients, puisque le niveau de conscience peut être différent selon l’endroit, qu’un conflit est déjà en cours ?
Pensez-vous que cette guerre hybride s’arrêterait si la Russie prenait le contrôle total de l’Ukraine ?
Pensez-vous que si la capacité de défense de l’Europe était au niveau de sa puissance économique, la Russie changerait de stratégie ?
Et diriez-vous que, depuis 2022, la Russie s’est affaiblie ou renforcée ?
Invité par Oriane Mancini dans son émission “Bonjour chez vous !” sur Public Sénat, nous avons évoqué le discours du chef de l’État sur l’Europe, prononcé à la Sorbonne, ce 25 avril. J’ai répondu aux questions suivantes :
. Nous avons entendu le discours d’Emmanuel Macron à la Sorbonne, est-ce que vous adhérez à sa vision de l’Europe ?
. Emmanuel Macron a parlé d’une initiative commune en matière de défense, qu’elle doit-être cette initiative ? Jusqu’où faut-il aller en matière de défense commune ?
. Le président a vanté le Pacte sur la migration et l’asile qui a été voté il y a quelques jours au Parlement européen, puis il a insisté sur le fait que l’Europe devait retrouver la maîtrise de ses frontières extérieures. Est-ce que ce n’est pas une façon de répondre au Rassemblement national, à quelques semaines des Européennes ?
. Le Pacte sur la migration et l’asile n’est pas suffisant pour vous ?
Par ailleurs, j’ai répondu à la question de Gilles Lalloz sur le dispositif d’indemnisation et d’accompagnement des chômeurs seniors :
. Pour l’exécutif, la proportion des 60-64 ans titulaires d’un poste devra s’élever à 65% à l’horizon 2030, alors qu’elle n’était que de 36 % en 2022. Pensez-vous que cet objectif est réaliste et comment l’atteindre ?
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER & AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Discours du Président de la République – Conférence des Ambassadeurs :
. Une Europe plus unie, plus souveraine, plus démocratique
. Multilatéralisme efficace. Le Président de la République a mis en avant une méthode d’efficacité
. Une « diplomatie de combat »
. Stratégie d’influence et de rayonnement de la France
. Guerre en Ukraine
. Universalité des valeurs
. Rebâtir le partenariat en Afrique
Lorsque Donald Trump a prêté serment, il a déclaré : “America First!”.
Marine Le Pen déclare que le Président des Etats-Unis s’inspire de ses propositions… tout en cherchant à faire oublier qu’elle se nourrit du slogan de son père : “Les Français d’abord!”
Britain First ! Furent les mots prononcés par le meurtrier de la députée britannique Joe Cox opposée au Brexit, Son procès vient de débuter.
Encouragée par les tabloïds qui incitent régulièrement à la haine des autres et de Bruxelles en particulier, Theresa May prépare la sortie du Royaume-Uni de l’U.E. en se précipitant chez Trump. Elle veut également nouer une relation privilégiée avec Erdogan, qui menace l’U.E si elle n’accepte pas la Turquie en son sein.
Les leaders du “Moi d’abord !” ont le vent en poupe. Les incohérences de leurs programmes égoïstes se noient dans le clivage qu’ils nourrissent en opposant les uns aux autres.
Après avoir traversé 54 pays en 28 mois de mandat, je n’en connais pas un seul qui n’ait pas de litige de frontières ou de partage de ressources avec ses voisins.
Les nationalistes d’aujourd’hui sont les bellicistes de demain.
“L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre”, déclarait Robert Schuman le 9 mai 1950. L’U.E trouve ses fondements dans le désir de ne plus vivre de conflits sur son continent. Cette Union européenne a obtenu le Prix Nobel de la Paix !
Le jour même où se déroulait le référendum au Royaume-Uni, j’ai demandé au gouvernement quelle sera la future contribution de la France pour renforcer le projet européen, Brexit ou pas.
Harlem Désir, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, m’a apporté sa réponse.
Question du 23 juin – Sénat
En ce moment même, les Britanniques sont en train de faire un choix décisif pour leur destin, décisif également pour notre destin commun : quitter l’Union européenne ou y rester.
Aujourd’hui, c’est l’Histoire qui se joue sous nos yeux. Et demain, quel que fut leur choix, l’Union européenne ne pourra plus être la même. Chacun doit en avoir conscience. Alors demain, il faudra remettre l’Union Européenne en marche pour éviter de la voir se déliter.
L’Union européenne est la première puissance économique du monde !
On ne peut pas laisser les Britanniques décider seuls du destin de l’Europe.
Historiquement, la France a vocation à donner une nouvelle impulsion.
La France doit incarner un nouveau projet pour fédérer les membres de l’Union qui le souhaitent, un projet pour une Europe plus intégrée et plus audacieuse qui redonne envie et fierté à ses habitants.
Parce qu’ensemble les Européens sont plus forts !
A l’heure où chacun s’interroge. Où est la France ? Cette France qui était, par le passé, la première parmi les nations d’Europe à faire entendre sa voix et partager sa vision.
Monsieur le ministre : quelle que soit l’issue du référendum britannique, quelle sera votre contribution pour renforcer l’Europe ?
Quelle Europe la France souhaite-elle pour demain ?