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Sénat – France / Irlande : des enjeux très concrets pour nos compatriotes

Ce 25 mars, à l’initiative de mon collègue Pierre Médevielle, président du groupe d’amitié France-Irlande, un déjeuner de travail s’est tenu autour de Niall Burgess, ambassadeur d’Irlande en France.

À cette occasion, j’ai transmis à l’ambassadeur une note rédigée par Laurence Helaili, conseillère consulaire pour l’Irlande, et salué la souplesse et la bienveillance des autorités irlandaises à l’égard de nos compatriotes confrontés à des situations d’urgence, notamment en cas de perte de documents.

J’ai ensuite relayé l’initiative de Laurence visant à obtenir des compagnies aériennes la mise en place de « tarifs d’urgence », afin de faciliter des retours rapides dans des circonstances difficiles.

Enfin, j’ai attiré l’attention de l’ambassadeur sur les divorces franco-irlandais traités en France. Des difficultés d’interprétation du droit irlandais, lorsqu’il est applicable, sont constatées. Certaines juridictions françaises méconnaissent en effet le mécanisme de protection (« proper provision ») du conjoint économiquement vulnérable, conduisant à écarter toute compensation.

Niall Burgess m’a informé de la visite du ministre irlandais de la Justice à Paris deux jours plus tard pour rencontrer son homologue.

Dans le prolongement de cette réunion, j’ai adressé une question écrite à notre garde de Sceaux sur cette problématique (en savoir +).

Des sujets techniques en apparence, mais aux conséquences très concrètes pour les Français établis en Irlande.

NOTE de Laurence Helaili :

Souplesse aux frontières 
Il faut saluer la flexibilité et la compréhension dont font preuve les services irlandais, vis-à-vis de nos compatriotes confrontés à la perte de leurs papiers et devant rentrer chez eux, par avion, en France ou en Irlande.

Négociations avec les compagnies aériennes – Tarifs d’urgence
Avec certains élus en Irlande, nous sommes mobilisés pour obtenir des compagnies aériennes la mise en place de « tarifs d’urgence », c’est-à-dire de conditions tarifaires avantageuses en cas de départ précipité, par exemple à la suite d’un décès ou d’un problème médical, comme cela existe déjà dans d’autres pays. M. l’ambassadeur serait-il prêt à soutenir cette initiative ?

Divorce (1/2) – Rupture de vie commune
Une disposition du droit irlandais qui pose bien des difficultés. Le divorce est possible en Irlande depuis 1996, mais il demeure conditionné à une durée de rupture de vie commune de deux ans — durée qui était auparavant de cinq ans, même dans des situations dramatiques, telles que des cas de violences conjugales ou de maltraitance d’enfants. Pour de nombreuses femmes, irlandaises comme françaises, cela implique de quitter le domicile conjugal avec des moyens limités, dans un contexte où l’accès au logement est particulièrement difficile et coûteux. M. l’ambassadeur estime-t-il qu’une nouvelle évolution législative sur ce point serait aujourd’hui souhaitable ou envisageable ?

Divorce (2/2) – Juridictions françaises
Il convient enfin d’évoquer une situation qui concerne la France. Lorsque le divorce est prononcé en France, c’est le droit irlandais qui s’applique dès lors que l’Irlande est le pays dans lequel les époux ont vécu le plus longtemps. Or, en droit irlandais, le conjoint le plus vulnérable — souvent celui qui a sacrifié sa carrière pour élever les enfants — bénéficie d’une protection particulière, ce que l’on appelle le « proper provision », une prestation révisable, mais souvent accordée à long terme, voire à vie. Cependant, il apparaît que certains tribunaux français interprètent de manière inexacte le régime matrimonial irlandais, en le réduisant à une simple séparation de biens. Cette mauvaise interprétation conduit à pénaliser le conjoint le plus vulnérable, en ne lui accordant aucune prestation compensatoire. Comment pourrait-on améliorer la compréhension et la bonne application du droit irlandais par les juridictions françaises dans ce type de situation ?

Sénat – Groupe d’amitié – Irlande

À l’occasion de la Fête Nationale de l’Irlande, je me suis rendu ce 9 mars à la Résidence de Niall Burgess, ambassadeur d’Irlande, en compagnie de Pierre Medevielle, président du groupe d’amitié France-Irlande, afin d’assister à la réception de la Saint-Patrick.

À la faveur de son passage à Paris, Eamon Ryan, ministre de l’Environnement, du Climat et des Communications et ministre des Transports, a prononcé une allocution en rappelant la conjonction des anniversaires pour l’Irlande :

– 25 ans du « Good Friday Agreement » ;
– 50 ans de l’adhésion à l’Union européenne ;
– 100 ans de l’indépendance.

L’ambassadeur Niall Burgess a salué la présence de Vadym Omelchenko, ambassadeur d’Ukraine en France et manifesté le soutien déterminé de l’Irlande à l’Ukraine.

J’ai confié au ministre que la principale préoccupation de nos compatriotes en Irlande relayée par Laurence Helaili-Chapuis, présidente du conseil consulaire, était l’accès au logement. +d’images

Hommage à l’ambassadeur d’Oman en France

Ce 16 janvier, En qualité de président du groupe d’amitié France-Pays du Golfe, j’ai organisé une soirée d’au revoir pour S.E. Cheikh Ghazi Al Bahr Al Rawas à l’occasion de la fin de ses fonctions d’ambassadeur du Sultanat d’Oman en France. S.E.M. Fahad Al Ruwaily, ambassadeur d’Arabie saoudite, s’est joint à l’hommage, ainsi que Ahmad Almulla, chef de mission adjoint à l’Ambassade des Émirats arabes unis, et Nasser Al Khalifa, conseiller à l’ambassade de Bahreïn.

Étaient également présents mes collègues Hervé Maurey, président délégué pour le Sultanat d’Oman, Nathalie Delattre, présidente déléguée pour l’Arabie saoudite, et Pierre Médevielle, vice-président.

S.E. M. Ghazi Alrawas a remercié chaleureusement les membres du groupe d’amitié pour les excellentes relations entretenues avec celui-ci durant toute la durée de son mandat d’ambassadeur en France.

Ont été par ailleurs abordés divers thèmes, tels que le dynamisme de la région du Golfe et de ses différents pays, l’actualité du Conseil de coopération du golfe (CCG), la situation politique en Israël et au Liban et ses répercussions régionales, les problématiques sécuritaires ainsi que le conflit en Ukraine.

Enfin, ont été évoqués le projet d’une rencontre au Sénat du groupe d’amitié avec des représentants des pays du CCG, ainsi que les modalités d’un déplacement d’une délégation du groupe dans le sultanat d’Oman en 2023.

Irlande : audition de l’ambassadeur de France

Le 30 mars, Vincent Guérend, ambassadeur de France en Irlande, a été auditionné par notre groupe sénatorial d’amitié France-Irlande, présidé par Pierre Médevielle.

Opportunité de faire le point sur divers sujets : la situation sanitaire et les mesures prises en Irlande pour faire face à la pandémie ; la situation politique en Irlande ; les relations bilatérales entre nos deux pays, notamment dans le contexte du Brexit.

Ayant préparé l’audition avec Laurence Helaili, conseillère des Français de l’étranger pour l’Irlande, j’ai transmis à l’ambassadeur son message de gratitude à l’intention de la consule générale et de toute l’équipe du consulat pour avoir été parfaitement à l’écoute de notre communauté afin de l’aider à traverser cette période de crise sanitaire.

Laurence m’avait souligné la disponibilité de ses interlocuteurs qui lui répondent jusqu’à une heure du matin ou durant le week-end, tout en précisant que le consulat a fait de gros efforts pour rester ouvert même en alerte de niveau 5.

J’ai abordé également la manque de clarté de la liste des justificatifs à produire en Irlande pour permettre à nos compatriotes de se rendre à l’aéroport, afin de rentrer en France.

L’ambassadeur m’a répondu qu’il avait exprimé une demande de clarification auprès du gouvernement irlandais, dans le prolongement d’une réunion avec les conseillers des Français de l’étranger.

L’approche irlandaise consiste à ne pas faire de liste de justificatifs pour permettre à leurs officiers de police d’apprécier chaque situation avec pragmatisme.

Le risque d’inscription de la France sur la liste des pays pour lesquels il est imposé une quarantaine dans un hôtel au prix de 2000 euros par semaine et par adulte, est évoqué régulièrement. Vincent Guerend m’a indiqué que la liste des pays sous restrictions était revue par l’Irlande toutes les deux semaines, sans qu’il faille spéculer sur ses décisions.

J’ai terminé par une question sur nos auto-entrepreneurs en Irlande dans le domaine du tourisme et de la restauration, parce qu’ils sont en grande difficulté. Une aide est désormais ouverte via le programme SFAFE pour les associations qui les soutiennent.