D’après l’article d’Intelligence Online du 13 mai 2026 (“Mission du député Boudié, loi résilience… L’exécutif joue son va-tout sur les “backdoors” des messageries”), l’exécutif semble décidément ne pas vouloir désarmer sur la question du chiffrement.

Malgré l’échec de l’article 8 ter de la loi Narcotrafic à l’Assemblée nationale, le gouvernement cherche désormais, par tous les moyens, à remettre en cause la protection que j’ai fait adopter au Sénat et confirmée par la commission spéciale présidée par Philippe Latombe à l’Assemblée nationale : l’interdiction des “backdoors” dans les messageries chiffrées.

Cette protection, inscrite à l’article 16 bis de la loi Résilience, fixe pourtant une ligne rouge claire : on ne fragilise pas volontairement le chiffrement pour créer des accès de contournement aux communications privées.

La délégation parlementaire au renseignement (DPR), dont l’un de ses membres était déjà à l’origine de l’article 8 ter de la loi Narcotrafic visant à introduire des backdoors dans les messageries chiffrées, vient de rendre un rapport. Elle se fait la complice bienveillante du gouvernement dans cette offensive contre le chiffrement.

Le procédé est révélateur.

L’exécutif n’a manifestement pas renoncé à son objectif : imposer des failles d’accès dans les messageries chiffrées, malgré les alertes répétées des experts en cybersécurité et le rejet déjà exprimé par l’Assemblée nationale.

On ne règle pas un problème en le déplaçant pour en créer un encore plus grand.

Car une backdoor n’est jamais une solution technique neutre : c’est une faille structurelle. Et une faille, une fois ouverte, ne distingue jamais entre les “bons” et les “mauvais” utilisateurs.

Elle affaiblit tout le monde : nos administrations, nos entreprises, nos hôpitaux, nos citoyens — au moment même où les cyberattaques se multiplient.

Derrière ce débat technique, il y a une question simple de souveraineté et de libertés publiques : voulons-nous d’un système numérique robuste et sécurisé, ou d’un système affaibli par conception ?

À force de vouloir tout surveiller, on finit par rendre tout le monde plus vulnérable.

C’est exactement ce que nous devons éviter.

Lire l’article d’Intelligence Online du 13 mai 2026, “Mission du député Boudié, loi résilience… L’exécutif joue son va-tout sur les “backdoors” des messageries“.

Il fait écho aux interrogations soulevées le même jour par Le Canard enchaîné dans son article “Lecornu débranche l’Anssi, accusée de ne pas avoir sécurisé des sites sensibles de l’État

Mes positions ont également été relayées dans deux articles publiés le 5 mai : TradingView (Blocage au Parlement sur l’interception des messageries chiffrées) et Upday (Services de renseignement contre vie privée : le chiffrement paralyse l’Assemblée). Lien