Transmanche : reconnecter le Kent et le Nord-Pas-de-Calais

Dans le cadre du groupe d’amitié France–Royaume-Uni du Sénat, ce 21 octobre, nous avons échangé avec David Marteau, directeur des Affaires européennes de Getlink, et John Keefe, membre du comité exécutif du groupe, chargé des affaires institutionnelles et publiques.

Concessionnaire du tunnel sous la Manche, Getlink occupe une place stratégique dans les échanges franco-britanniques. Mobilité des personnes, transport de marchandises, interconnexion électrique : ses activités illustrent la profondeur des liens entre nos deux pays.

Nos échanges portaient sur l’avenir de la connectivité ferroviaire transmanche, la fluidité des frontières, la résilience des infrastructures et la décarbonation, ainsi que sur les conditions d’une concurrence équitable avec le transport maritime.

Mon intervention : redonner des perspectives aux gares intermédiaires

J’ai préparé cette intervention avec Anne Vigouroux, conseillère des Français de l’étranger au Royaume-Uni, qui avait pris l’initiative de notre rencontre à Ashford avec les Français du Kent en avril dernier (compte-rendu). Cette démarche prolonge notre mobilisation commune pour leur mobilité.

J’ai défendu la réouverture des gares d’Ebbsfleet, d’Ashford et de Calais-Fréthun pour reconnecter le Kent et le Nord-Pas-de-Calais aux liaisons transmanche. J’ai interrogé Getlink sur le potentiel de voyageurs, les obstacles à lever et les aides envisageables, notamment pour les contrôles frontaliers. J’ai demandé si de nouveaux opérateurs prévoyaient ces dessertes, si Getlink pouvait relayer l’enquête du collectif « Bring Back Euro Trains » et soutenir cette réouverture auprès des gouvernements français et britannique. Ces territoires méritent des perspectives concrètes.

John Keefe m’a promis de relayer l’enquête du collectif « Bring Back Euro Trains », qui a déjà recueilli 20 000 réponses et doit contribuer à mieux mesurer la demande pour ces dessertes.

L’arrivée de deux opérateurs concurrents d’Eurostar devrait permettre de tripler le trafic passagers d’ici 2030. Cette perspective doit aussi bénéficier aux habitants du Kent et du Nord-Pas-de-Calais, en remettant la desserte de leurs gares au cœur des discussions.