Le Sénat réaffirme avec force son soutien indéfectible aux forces démocratiques vénézuéliennes

Lorsque Isadora Zubillaga m’a contacté pour m’informer que María Corina Machado, figure emblématique de la résistance démocratique au Venezuela et lauréate du Prix Nobel de la paix 2025, serait à Paris pour rencontrer le président de la République et sollicitait une audience auprès du président du Sénat, j’ai immédiatement compris que cette journée du 14 avril 2026 marquerait profondément mon mandat.

Fidèle à sa vocation de garant des libertés publiques, Gérard Larcher a tenu à lui réserver un accueil à la hauteur de son courage et de son combat exemplaire. María Corina Machado était accompagnée de sa conseillère Isadora Zubillaga, du politologue Pedro Urruchurtu et de l’avocat Antonio Ledezma.

Dans une déclaration empreinte de gravité et de détermination, le président du Sénat a rappelé que cette rencontre s’inscrivait pleinement dans « la continuité du soutien sans faille de la France au peuple vénézuélien ». Il a salué avec force et admiration « le courage exceptionnel de Madame Machado », contrainte de vivre dans la clandestinité pendant seize mois avant de quitter son pays au péril de sa vie pour recevoir son prix à Oslo, quelques semaines avant l’arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis, le 3 janvier 2026.

Il l’a réaffirmé avec une clarté qui ne laisse place à aucune ambiguïté : « Nous ne pouvons en aucun cas reconnaître comme légitime un pouvoir issu de conditions électorales que chacun sait entachées de graves irrégularités », ajoutant que « l’élection présidentielle de juillet 2024 a été confisquée au peuple vénézuélien ». Par ces mots, le Sénat exprime un soutien résolu, constant et sans concession à celles et ceux qui luttent pour le rétablissement de la démocratie.

Cette rencontre a permis, avec mes collègues*, de réaffirmer notre solidarité active avec les forces démocratiques et d’échanger sur les voies concrètes d’une transition pacifique, fondée sur l’organisation d’élections libres, transparentes et incontestables. Plus que jamais, la France doit se tenir aux côtés du peuple vénézuélien dans son aspiration légitime à la liberté et à l’État de droit.

J’ai également évoqué mon déplacement au Venezuela en avril 2015, alors que Leopoldo Lopez était emprisonné, le vote de ma résolution sur la violation des droits humains au Venezuela adoptée à 95,5% en 2019 (lire), ainsi que la réception au Sénat de Juan Guaidó en janvier 2020 (lire). Ces échanges m’ont conduit à interroger María Corina Machado sur le rôle déterminant que pourrait jouer l’attribution du Prix Nobel de la paix pour faire enfin basculer l’histoire et mettre un terme à un régime chaviste qui se maintient par la contrainte et la répression.

Avec une lucidité et une détermination remarquables, María Corina Machado a insisté sur la nécessité d’aller plus loin : « Ce que nous voulons, c’est reconstruire le pays en démantelant en profondeur les structures de corruption ». Son combat dépasse la seule alternance politique : il porte l’ambition d’une refondation démocratique durable.

Elle a également exprimé une conviction forte, que nous partageons pleinement : le retour de la démocratie au Venezuela pourrait constituer un signal d’espoir et un catalyseur de transformations démocratiques dans toute la région, notamment à Cuba et au Nicaragua.

À l’issue de cet entretien, María Corina Machado a accordé une interview à Darius Rocheblin (LCI) depuis le Palais du Luxembourg.

J’ai ensuite eu le plaisir de la retrouver, en compagnie de Hubert de Canson, conseiller diplomatique du président Larcher, pour un déjeuner dans les salons de la présidence du Sénat, moment d’échange privilégié qui a permis d’approfondir encore notre dialogue, avant de lui faire visiter le Palais du Luxembourg.

Dans ce contexte historique, je veux redire avec force que la France, et en particulier le Sénat, demeureront aux côtés du peuple vénézuélien jusqu’au rétablissement plein et entier de la démocratie. Notre soutien est total, constant et indéfectible. +d’images

(*) Loïc Hervé, vice-président du Sénat ; Pascal Allizard, vice-président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense ; Frédéric Buval, sénateur de la Martinique