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En circonscription au Maroc – Casablanca (16-17 juillet 2026)

Communauté française

(g à d) Mathieu Coquant, Jean-Michel Raynaud, OC, Marlis Thomas et Pascal Capdevielle

Fête Nationale

Une communauté française engagée au service du partenariat franco-marocain

Mon 21ème déplacement au Maroc a été marqué par deux temps forts avec notre communauté française à Casablanca.

J’ai tout d’abord participé à une réunion autour de Jean-Michel Raynaud, récemment élu président du conseil consulaire de Casablanca et président de l’UFE Casablanca.

Félicitations à lui pour cette nouvelle responsabilité, qui témoigne de la confiance que lui accordent les élus de la circonscription. Son engagement de longue date au service de nos compatriotes constitue un atout précieux pour la communauté française de Casablanca.

Nos échanges, auxquels participaient Marlis Thomas et Mathieu Coquant (délégué consulaire), membres du conseil d’administration de la CFCIM et parents d’élèves, ainsi que Pascal Capdevielle, conseiller des Français de l’étranger pour Fès, ont porté sur plusieurs sujets majeurs : les interrogations suscitées par la réforme de l’AEFE, les limites de l’offre de la Caisse des Français de l’Étranger face aux solutions proposées localement, ainsi que les enjeux de mobilité et les complémentarités à développer entre UFE Go Business, service de l’UFE destiné aux TPE et indépendants, et le réseau de la CFCIM.

Comme l’an dernier, j’ai ensuite eu le plaisir de participer, le 16 juillet, à la célébration de notre fête nationale dans les jardins du consulat général de France à Casablanca, à l’invitation de Aymeric Chuzeville, consul général de France, en présence de Philippe Lalliot, ambassadeur de France au Maroc. Succédant récemment à Christophe Lecourtier, devenu directeur général de l’AFD, l’ambassadeur a partagé sa vision d’un Maroc en pleine transformation. Il a notamment évoqué le dynamisme de Casablanca et les ambitions du Royaume, illustrées par la construction du futur stade de plus de 110 000 places, destiné à accueillir la Coupe du monde 2030.

J’ai également retrouvé Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, qui avait prolongé son déplacement au Maroc avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, afin de témoigner de son soutien à notre communauté.

Cette réception a été l’occasion d’échanger avec de nombreux compatriotes et partenaires engagés pour le développement de la relation franco-marocaine, parmi lesquels mon collègue député des Français de l’étranger, Karim Ben cheikh, les conseillers des Français de l’étranger, Jean-Michel Raynaud (Pdt du conseil) et M’jid El Guerrab ; Gilles Abensour, président des CCEF Maroc, Sébastien Le Bonté, président de la CFCIM, les membres de son bureau, ainsi que Gilles D’Agescy, ancien président du conseil consulaire.

J’ai également poursuivi mes échanges avec plusieurs acteurs économiques, notamment Mehdi Sahel, directeur général d’Alstom Maroc. Son témoignage illustre le formidable développement industriel français dans le Royaume : en quatre ans, les effectifs d’Alstom sont passés de 500 à 1 500 collaborateurs. L’entreprise accompagne désormais l’extension de la LGV jusqu’à Marrakech grâce à la commande de 18 nouveaux TGV. Depuis 2020, Alstom a également investi près de 200 millions de dirhams dans son site industriel de Fès, que j’ai eu l’occasion de visiter à deux reprises.

Cette journée a une nouvelle fois illustré la vitalité de notre communauté française à Casablanca. Grâce à l’engagement de ses élus, de ses entrepreneurs, de ses responsables associatifs et de ses entreprises, elle constitue l’un des principaux artisans du partenariat d’exception qui unit la France et le Maroc. +d’images

Diplomatie économique

Chambre française de Commerce et d’Industrie (CFCIM)

CFCIM : le premier réseau économique français à l’étranger au service du partenariat franco-marocain

Ma visite au Maroc, du 16 juillet, m’a offert deux occasions de rencontrer les responsables de la Chambre française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM) : lors d’un échange à son siège à Casablanca, puis à l’occasion de la célébration de notre fête nationale au consulat général de France.

Au siège de la Chambre, j’ai échangé avec Jean-Charles Damblin, directeur général, et Pascal Capdevielle, vice-président en charge de la coordination régionale, sur les perspectives de développement des échanges économiques entre la France et le Maroc.

Créée en 1913, la CFCIM est aujourd’hui un acteur incontournable de cette relation. Elle fédère plus de 4 000 entreprises adhérentes et anime une communauté de plus de 20 000 membres.

Acteur engagé dans la dynamique de régionalisation du Royaume, elle s’appuie sur un réseau de 10 délégations régionales : Agadir, Dakhla, Fès, Guelmim, Laâyoune, Marrakech, Meknès, Oujda, Rabat et Tanger. Cette présence sur l’ensemble des principaux pôles économiques permet d’accompagner les entrepreneurs, les investisseurs et les entreprises à chaque étape de leur développement, de favoriser les rencontres d’affaires, de soutenir la formation et de renforcer l’intégration dans les écosystèmes locaux.

(g à d) Benoît Vaillant, Thibault Chatal, Sébastien Le Bonté, OC, Pascal Capdevielle, Thierry Poitout et Yann Lebeau

À l’occasion de la réception organisée par le consulat général de France à Casablanca pour la fête nationale, j’ai retrouvé Sébastien Le Bonté, président de la CFCIM, ainsi que plusieurs membres de son conseil d’administration : Benoît Vaillant, Yann Lebeau, Pascal Capdevielle, Thibault Chatal et Thierry Poitout.

Cette rencontre fut l’occasion de rappeler une réalité remarquable : la France est le premier investisseur étranger au Maroc, le premier employeur étranger et la CFCIM constitue la première chambre de commerce bilatérale française au monde. Comme l’a souligné Sébastien Le Bonté, la CFCIM traduit les priorités économiques de nos deux pays en projets concrets au service des entreprises.

J’ai également retenu l’illustration donnée par Yann Lebeau : 70 % du pain consommé au Maroc est fabriqué à partir de blé français, un exemple concret de l’intensité des échanges entre nos deux pays.

Lors de sa visite d’État au Maroc en 2024, le Président de la République Emmanuel Macron avait salué le travail de la CFCIM en déclarant : « Soyez-en remerciés parce que vous êtes les artisans de tout cela. » Je m’associe pleinement à cet hommage.

Les entrepreneurs sont le ciment de la relation franco-marocaine. La CFCIM leur offre depuis plus d’un siècle un cadre unique pour développer des projets communs et renforcer les liens entre nos deux pays. +d’images

Sénat – Avec Patrick Sabatier (lycée Molière-Rio) – Faire évoluer l’enseignement français à l’étranger avec courage et pragmatisme

Ce 1er juillet, j’ai eu le plaisir de recevoir au Sénat Patrick Sabatier, directeur des relations institutionnelles de L’Oréal, établi à Rio de Janeiro.

Ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie France-Brésil, Patrick Sabatier est également président de la Sociedade Francesa e Brasileira de Ensino (SFBE), association de droit brésilien qui administre le lycée Molière de Rio, établissement conventionné du réseau AEFE.

Notre échange a naturellement porté sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger et sur la réforme indispensable de l’AEFE.

L’Agence doit mieux prendre en compte les réalités économiques auxquelles sont confrontés les établissements conventionnés et partenaires.

Pour Patrick, “Il s’agit de construire avec courage, transparence, prévisibilité et dialogue une réforme ou bonne gestion de l’ensemble des acteurs, optimisation des ressources, vision plus décentralisée ou effort de formation devraient être priorisés!

J’avais eu le plaisir de visiter à nouveau le lycée Molière, aux côtés de Patrick Sabatier, lors de mon déplacement au Brésil, début juin 2025 (compte-rendu). J’avais salué son engagement au service de notre communauté, du rayonnement économique français au Brésil et de la pérennité de cet établissement emblématique.

Cette nouvelle rencontre a permis de poursuivre un dialogue fondé sur une même conviction : l’enseignement français à l’étranger doit évoluer avec courage, transparence et pragmatisme.

Création de la FEPEF : les établissements partenaires s’unissent pour développer l’enseignement français à l’étranger

Lors de l’assemblée générale de l’ANEFE, le 25 juin dernier, Éric Véteau, directeur général du Lycée français de Chicago et administrateur de l’ANEFE, a annoncé la création de la Fédération des Établissements Partenaires de l’Enseignement Français à l’Étranger (FEPEF).

Cette nouvelle fédération rassemble six acteurs majeurs du réseau : la Mission laïque française (MLF), AFSA-Partenaires (Amérique du Nord), Globeducate, la FEDIM (Maroc), l’AFLEC et Odyssey. À eux seuls, ils représentent déjà plus de 130 000 élèves, un chiffre appelé à croître rapidement avec l’arrivée de nombreux autres établissements.

Présidée par Éric Véteau, la FEPEF répond à une nécessité : permettre aux établissements partenaires de parler d’une seule voix afin de mieux défendre leurs intérêts, d’être pleinement associés aux décisions qui les concernent et de promouvoir des principes essentiels, tels que la liberté pédagogique, la confiance et une gouvernance plus équilibrée de l’enseignement français à l’étranger.

Je salue cette démarche de structuration. Un écosystème vivant est un écosystème qui s’organise, qui prend des initiatives et qui fait émerger des propositions pour renforcer l’ensemble du réseau.

Je me réjouis tout particulièrement qu’Éric Véteau, en sa qualité de membre du conseil d’administration de l’ANEFE, puisse partager au sein de notre association la vision et les attentes de cette nouvelle fédération. Son engagement contribuera à renforcer l’expression de l’ANEFE et à nourrir notre réflexion collective sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger.

À l’issue de cette assemblée générale, une réunion en visioconférence avec les représentants des membres fondateurs de la FEPEF, en présence de Michel Monsauret, secrétaire général de l’ANEFE, et de Françoise Hirzel, directrice de l’ANEFE, nous a permis d’échanger sur les premières actions à entreprendre. 

L’objectif est que l’ANEFE puisse accompagner et faciliter l’action de cette nouvelle fédération en faveur du développement de l’enseignement français à l’étranger, dans un esprit de dialogue, de complémentarité et d’intérêt général.

Je souhaite plein succès à l’ensemble des membres fondateurs de la FEPEF. Leur engagement constitue une contribution précieuse pour construire un réseau toujours plus dynamique, innovant et attractif, au service des élèves, des familles et du rayonnement de la France.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Création de la FEPEFFédération des Établissements Partenaires de l’Enseignement Français à l’Étranger

Une nouvelle voix pour l’enseignement français à l’étranger

Les établissements scolaires partenaires(1) de l’enseignement français à l’étranger annoncent la création de la FEPEF. Cette nouvelle fédération(2) est destinée à représenter, fédérer et défendre les intérêts des acteurs qui assument aujourd’hui une part essentielle du développement du réseau français à l’international.

Dans un contexte de transformation profonde de l’éducation mondiale, les établissements partenaires ne veulent plus être de simples contributeurs du réseau : ils souhaitent désormais participer pleinement à sa gouvernance, à ses orientations stratégiques et à son avenir.

La création de la FEPEF répond à une réalité devenue incontournable : les établissements partenaires sont aujourd’hui un moteur de croissance, d’innovation et d’influence pour l’enseignement français à l’étranger.

Ouverture de nouveaux établissements, investissements éducatifs, innovation pédagogique, développement du plurilinguisme, adaptation aux réalités locales : partout dans le monde, les partenaires font vivre et progresser l’enseignement français au service de la réussite des élèves et de l’attractivité du modèle pour les familles et l’ensemble de la communauté éducative.

Les décisions récentes de l’AEFE, notamment les évolutions tarifaires de contribution des partenaires à l’Enseignement Français à l’Étranger (EFE) votées lors de son Conseil d’administration du 18 décembre, ont renforcé la nécessité pour les établissements partenaires de se structurer collectivement afin de porter une parole claire, indépendante et constructive.

Une fédération pour construire, défendre et proposer

La FEPEF portera une ambition simple :

● promouvoir la qualité éducative, l’excellence académique et le rayonnement international de
l’enseignement français ;
● mieux représenter les établissements partenaires auprès des pouvoirs publics à l’échelle
nationale et internationale ;
● défendre un modèle économique soutenable vecteur de croissance et d’emplois ;
● promouvoir une gouvernance plus équilibrée de l’EFE et représentative de toute sa diversité ;
● renforcer les coopérations entre les établissements quel que soit leur statut ;
● développer l’innovation pédagogique et la formation partout dans le monde.

La fédération défendra une vision moderne de l’enseignement français à l’étranger, fondée sur la confiance, la responsabilité, la transparence et la capacité d’innovation des acteurs du réseau.

Nos convictions

Les membres fondateurs de la FEPEF affirment plusieurs principes essentiels :
● pas d’augmentation des contributions des établissements partenaires sans réforme de
fond préalable ;
● transparence financière et lisibilité des contributions demandées ;
● clarification entre les missions de régulation et de gestion de l’AEFE ;
● reconnaissance pleine et entière du rôle stratégique des établissements partenaires ;
● liberté d’innovation pédagogique et de développement ;
● construction d’une véritable stratégie internationale pour l’enseignement français à l’étranger.

Une dynamique ouverte

La FEPEF a vocation à rassembler encore plus largement l’ensemble des établissements partenaires partageant l’ambition collective du développement de l’enseignement français dans le monde.
Parce que l’avenir de l’enseignement français à l’étranger ne pourra se construire sans ses partenaires.

À propos de la FEPEF

La FEPEF – Fédération des Établissements Partenaires de l’Enseignement Français à l’Étranger – représente plus de 130 établissements scolaires partenaires, présents dans plus de 40 pays, qui contribuent au développement du réseau français à l’international et ainsi au rayonnement culturel, linguistique et universitaire francophone dans le monde. La FEPEF fédère des acteurs éducatifs engagés pour une vision moderne et plus représentative dans sa diversité de l’enseignement français à l’étranger.
Ses membres fondateurs :

· Association des Écoles Françaises en Amérique du Nord (groupe des établissements
partenaires de l’AEFE)
· Association Franco Libanaise pour l’éducation et la culture (AFLEC)
· Fédération de l’Éducation Internationale au Maroc (FEDIM)
· International Education Group – Globeducate
· Réseau Mlfmonde – Mission Laïque Française
· Odyssey Education

Contact :
contact@fepef.org

(1) Un établissement partenaire de l’enseignement français à l’étranger est un établissement scolaire homologué par le ministère français de l’Éducation nationale, c’est-à-dire reconnu conforme aux programmes, aux exigences pédagogiques et aux principes de l’enseignement français. Il est partenaire de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger au titre du rôle d’animation, de coordination et d’accompagnement du réseau exercé par cet opérateur public de l’enseignement français à l’étranger.
(2) La FEPEF regroupe aujourd’hui plus de 130 établissements homologués dans le monde

Communiqué de presse en pdf : LIEN

Libérer les énergies du réseau : faire de l’ANEFE le moteur du développement de l’enseignement français à l’étranger

« Il faut confier à l’ANEFE un rôle central dans l’administration et l’animation du réseau, afin de favoriser son développement par les acteurs eux-mêmes et non par une administration centralisée, à coût zéro pour nos finances publiques. »

Déclaration lors de l’AG de l’ANEFE de son président, Olivier Cadic – 25 juin 2026
.

Libérer les énergies du réseau :  faire de l’ANEFE
le moteur du développement de l’enseignement français à l’étranger

La publication du rapport de la sénatrice Samantha Cazebonne constitue une étape importante dans la réflexion sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger. Plusieurs de ses recommandations rejoignent des constats et propositions que je porte de longue date.

1.⁠ ⁠Clarifier les rôles pour mettre fin aux conflits d’intérêts

Le rapport souligne que l’AEFE exerce simultanément des fonctions de régulation, de contrôle, d’accompagnement et de gestion d’établissements. Cette concentration des responsabilités nuit à la lisibilité du système et crée des conflits d’intérêts.

Cette analyse rejoint mes interventions répétées appelant à distinguer clairement :

•⁠ ⁠l’autorité de tutelle ;
•⁠ ⁠l’opérateur chargé de l’animation du réseau ;
•⁠ ⁠les organismes chargés de l’évaluation et du contrôle.

La séparation des fonctions apparaît comme une condition indispensable pour garantir l’équité de traitement entre les différents types d’établissements.

2.⁠ ⁠Mettre en place un modèle économique soutenable

Le rapport constate l’essoufflement du modèle financier actuel, fondé principalement sur les contributions des familles.

Depuis plusieurs années, j’alerte sur :

•⁠ ⁠l’augmentation continue des frais de scolarité ;
•⁠ ⁠le risque d’éviction des familles françaises des classes moyennes ;
•⁠ ⁠la nécessité de mieux maîtriser les coûts de structure.

Le rapport rejoint cette préoccupation en appelant à davantage de transparence financière et à une meilleure identification des coûts réels.

3.⁠ ⁠Garantir l’égalité entre les établissements du réseau

L’une des questions récurrentes que j’ai soulevées concerne les différences de traitement entre établissements en gestion directe, conventionnés et partenaires.

Le rapport propose de réexaminer le périmètre des EGD et de clarifier les règles applicables à chacun. Cette démarche vise à instaurer davantage d’équité au sein du réseau tout en tenant compte de la diversité des situations locales.

4.⁠ ⁠Développer le réseau sans alourdir sa structure

L’objectif de croissance du réseau ne pourra être atteint par la seule création de nouveaux EGD.

Le rapport met en avant la nécessité de s’appuyer davantage sur les établissements partenaires et les initiatives locales, une orientation que je défends depuis 20 ans qui considère que l’expansion du réseau doit privilégier la souplesse, l’innovation et la responsabilité locale plutôt que la centralisation.

5.⁠ ⁠Renforcer la transparence et la place des familles

Le rapport insiste sur la nécessité d’associer davantage les parents aux décisions et d’améliorer l’information qui leur est communiquée.

Cette orientation rejoint les demandes que j’ai formulées à plusieurs reprises en faveur :

•⁠ ⁠d’une gouvernance plus ouverte ;
•⁠ ⁠d’une meilleure reddition des comptes ;
•⁠ ⁠d’un dialogue renforcé avec les représentants des familles.

6.⁠ ⁠Faire de la qualité pédagogique l’objectif premier

Le rapport rappelle que la finalité du réseau n’est pas la préservation d’une organisation administrative mais la diffusion de l’excellence éducative française.

Cette approche correspond à la vision portée par l’ANEFE inspirée par notre secrétaire général Michel Monsauret : évaluer les dispositifs à l’aune de leur efficacité pédagogique, de leur capacité à servir les familles et de leur contribution au rayonnement de la France.

CONCLUSION

Le rapport de la sénatrice Samantha Cazebonne constitue une contribution importante au débat sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger. Son principal mérite est de mettre en lumière, avec lucidité, les limites du modèle actuel et la nécessité d’engager des réformes structurelles.

Nombre des constats formulés rejoignent les alertes et propositions que j’ai portées depuis plusieurs années, détaillées dans la déclaration de ce jour : clarification des responsabilités pour mettre fin aux conflits d’intérêts, recherche d’un modèle économique soutenable, équité entre établissements EGD-Conventionnés-Partenaires, transparence de gestion et confiance accordée aux acteurs de terrain.

Faire de la qualité pédagogique l’objectif premier correspond à la vision portée par l’ANEFE inspirée par notre secrétaire général Michel Monsauret et le groupe de travail de l’ANEFE 2.0.

Pour autant, certaines questions essentielles demeurent ouvertes.
La première est celle de la soutenabilité à long terme de la subvention publique à l’AEFE dans un contexte de forte dégradation de nos finances publiques.
La seconde concerne la capacité de notre réseau à poursuivre son développement sans accroître continuellement les charges supportées par l’État et les familles.

Je souhaite également rappeler que l’ANEFE a été auditionnée dans le cadre de cette mission. Son expertise historique, forgée par plusieurs décennies d’accompagnement du réseau, demeure précieuse. Pour ma part, je siégeais déjà au CA de l’AEFE en 2009, il y a 17 ans.

À cet égard, je continue de penser que l’ANEFE devrait retrouver un rôle central dans l’instruction des garanties accordées aux projets immobiliers des établissements, mission qu’elle a exercée avec efficacité pendant de nombreuses années.

Le rapport ouvre ainsi une nouvelle phase de réflexion. Pour ma part, je considère qu’il faut désormais aller plus loin et engager un véritable changement de paradigme.

L’objectif que je proposais dès 2017 reste plus que jamais d’actualité : permettre un développement massif du réseau tout en réduisant sa dépendance aux financements publics.

C’est dans cet esprit que je soumettrai au débat public plusieurs orientations :
•⁠ ⁠confier à l’ANEFE un rôle central dans l’administration et l’animation du réseau, afin de favoriser son développement par les acteurs eux-mêmes et non par une administration centralisée, à coût 0 pour nos finances publiques ;
•⁠ ⁠transférer progressivement la gestion des EGD à des fondations ou structures autonomes, afin de les sortir du périmètre direct des finances publiques ;
•⁠ ⁠réorienter prioritairement l’effort financier de l’État vers les bourses scolaires, en réformant leurs modalités d’attribution pour garantir davantage de mixité sociale.

Au fond, la question n’est pas de savoir qui administre le réseau, mais comment assurer sa croissance, sa qualité et son accessibilité pour les décennies à venir.

Notre responsabilité collective est de construire un modèle plus ouvert, plus agile et plus durable, au service des élèves, des familles et du rayonnement de la France dans le monde.

Dispositif “PELF” : après l’expérimentation, le renoncement (réponse à ma question écrite)

Adopté dans la loi de finances pour 2024, le Pass enfant langue française (PELF)* constituait une première réponse concrète pour 80 % des enfants français scolarisés hors du réseau de l’AEFE. Ses crédits (1M€) ont disparu dès l’année suivante dans l’attente des conclusions d’une évaluation.

Ce 4 juin, la réponse du ministère des Affaires étrangères et de l’Europe à ma question écrite du 27/11/2025 confirme l’existence d’un besoin réel. Elle montre surtout que l’expérimentation a été trop limitée pour atteindre les objectifs assignés. Plutôt que de tirer les conséquences de ce sous-dimensionnement, le gouvernement choisit aujourd’hui de renoncer à un dispositif national et d’en transférer la charge aux acteurs locaux !

Le PELF est enterré. Je demeure pleinement déterminé à poursuivre mon engagement afin qu’un jour, tous les enfants français parlent français.

Réponse à la question n°06863 (publiée le 04/05/2026) : L’expérimentation du “Pass enfant langue française” (PELF) a été lancée à l’automne 2024 dans 14 pays pilotes. La durée d’expérimentation, initialement prévue à l’année scolaire 2024-2025, a été étendue au second semestre 2025, notamment pour tenir compte des délais effectifs de versement des crédits budgétaires.

Comme le montre l’évaluation, consolidée dans sa version finale en janvier 2026, cette expérimentation a donné des résultats positifs mais contrastés par rapport aux objectifs qui avaient été fixés : si elle a permis de constater l’existence d’une demande (203 groupes hebdomadaires mis en place accueillant 1 182 enfants), elle a également mis en évidence plusieurs limites en termes de niveau de langue (le PELF a été conçu comme un produit d’appel mais ne peut prétendre amener les enfants à un niveau suffisant en soi : il faudrait un volume horaire de cours 16 fois supérieur pour permettre aux enfants de passer d’un niveau débutant à un niveau intermédiaire B1), de satisfaction des parents (seuls 60 % des parents s’estiment satisfaits) et de disponibilité des familles à prendre en charge la poursuite des cours (seuls 28 % des parents s’y disent disposés). Cette évaluation finalisée est présentement transmise au Parlement.

Dans ce contexte, le choix retenu a été celui d’une adaptation du PELF. En fonction de l’intensité et de la viabilité de la demande des familles françaises, appréciée localement, avec le soutien des postes diplomatiques et consulaires, par les Alliances françaises (AF) et Instituts français qui mettent en oeuvre le PELF, celui-ci pourra continuer à être déployé à titre gracieux comme produit d’appel, sur les crédits du poste, et à titre onéreux sur la durée. A titre d’exemple, au Mexique, 61 enfants se sont inscrits au PELF payant auprès des AF mexicaines, qui envisagent pour 2026 la création d’un “Pass ado langue Française” (PALF) pour les publics de 12 à 17 ans, afin d’assurer la continuité du PELF. Par ailleurs, l’expérimentation du PELF a donné lieu, par exemple en Chine et en Thaïlande, à des projets de transformation des classes PELF en associations Français Langue maternelle (FLAM).

Ces perspectives, qui permettent de mieux accompagner les enfants de nos concitoyens à l’étranger, pourront notamment être soutenues dans le cadre du dispositif FLAM mis en oeuvre par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

Lire Question/Réponse sur le site du Sénat

(*) Précédemment nommé : Pass éducation langue française

Édito – La démocratie de proximité à l’échelle du monde

Lire : l’INFOLETTRE n°256 – Avril-Mai 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

La nuit du 31 mai fut longue, tant pour les candidats qui attendaient les résultats que pour celles et ceux qui ont assuré l’organisation du scrutin aux quatre coins du monde. Dans 130 circonscriptions, d’Ankara à Rabat, de Tokyo à Rio, nos compatriotes ont renouvelé leurs représentants.

J’adresse mes plus sincères félicitations à l’ensemble des conseillères et conseillers des Français de l’étranger élus, ainsi qu’aux déléguées et délégués consulaires. Je veux également saluer tous les candidats qui ont choisi de s’engager au service de l’intérêt général. Une campagne électorale exige du temps, de l’énergie et des convictions ; cet engagement mérite le respect.

Au-delà des résultats, ce scrutin rappelle que la démocratie des Français de l’étranger repose avant tout sur des élus de terrain, au contact quotidien de nos communautés. Cette élection ouvre également un nouveau cycle institutionnel. Les 27 et 28 juin prochains, les conseillers des Français de l’étranger éliront à leur tour les membres de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Le travail ne fait que commencer.

Le niveau de participation doit toutefois nous interpeller. Avec 234 463 votants sur près de 1,67 million d’inscrits, la participation s’établit à 13,98 %. Parmi les difficultés relevées, la question de l’utilisation des SMS dans le cadre du vote par internet a de nouveau posé problème à certains électeurs. Avant le scrutin, j’avais d’ailleurs interrogé au Sénat Mme Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, afin d’alerter sur les problèmes liés à ce dispositif. Les difficultés rencontrées montrent qu’une réflexion devra être poursuivie afin d’améliorer les modalités du vote par internet.

Le renforcement de la participation demeure l’un des grands défis de notre démocratie à l’étranger. Nul doute que la prochaine Assemblée des Français de l’étranger aura à cœur de travailler à son amélioration afin que davantage de nos compatriotes prennent part aux choix qui les concernent.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

A LA UNE
. Venezuela – María Corina Machado – Prix Nobel de la Paix
. Palais de l’Élysée – Mauritanie – Dîner d’état

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. QAG – Réformes attendues par les Français de l’étranger
. Échanges avec le Secrétaire général du MEAE sur quelques dossiers sensibles
. Accès bancaire aux Français de l’étranger : une priorité non résolue
. Aide publique au développement : L’AFD doit-elle aider les entreprises françaises… ou leurs concurrents chinois ?

ENSEIGNEMENT FRANÇAIS A L’ÉTRANGER
. ANEFE – AG UFE Monde
. ANEFE – France Éducation Internationale
. ANEFE – Réforme AEFE

EN CIRCONSCRIPTION
> ROYAUME-UNI – Londres (11-14 mars & 13 avril 2026)
> TUNISIE – Tunis (26-29 mars 2026)
> ALLEMAGNE – Hambourg (16-17 avril 2026)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Actualisation de la LPM – Audition de Catherine Vautrin
. Christophe Lecourtier nouveau DG de l’AFD

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Taïwan : rencontre avec la ministre Hsu Chia-Ching
. Médicaments falsifiés en Afrique : vers la souveraineté sanitaire
. Rwanda – Commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi
. IPAC : parlementaires de 30 pays s’expriment sur l’avenir de Taïwan
. L’élargissement européen face au défi de l’opinion
. Forum Investir en Afrique – Table ronde Baromètre du CIAN
. Liban : Pierre Anhoury au cœur de l’urgence sanitaire

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. “Lecornu débranche l’Anssi, accusée de ne pas avoir sécurisé des sites sensibles de l’État” (Le Canard enchâîné, 13/05/2026)
. Cybersécurité : sensibiliser face à une menace devenue systémique
. Rencontres Défense & Cyber : faire de la souveraineté numérique une réalité stratégique
. France Médias Monde : en première ligne de la guerre informationnelle
. “L’encadrement du renseignement en sources ouvertes en approche à l’Assemblée nationale” (Intelligence Online, 16/04/2026)
. “Cyberattaques : la fragilité des administrations” (Les Petites Affiches, 04/05/2026)
. “Services de renseignement contre vie privée : le chiffrement paralyse l’Assemblée” (TradingView & Upday, 05/05/2026)
. Cybersurveillance : Le pire contre-attaque !

MÉDIAS
. “Situation au Liban et dans le Golfe” (Cairo News – 10/05/2026 – Vidéo 8’38)
. Prix du carburant, Total, Loi programmation militaire : débat avec Éric Coquerel (LCP / Public Sénat – 10 avril 2026)
. Olivier Cadic : “Dans le futur, nous serons fiers des décisions prises par la France, aujourd’hui” (RFI – 01/04/2026)

Découvrir l’InfoLettre n°256

QAG – Réformes attendues par les Français de l’étranger – Vidéo Q/R (4’39)

Ce 20 mai, à l’occasion de la séance des Questions d’actualité au gouvernement, j’ai interrogé Éléonore Caroit, ministre chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, sur quatre préoccupations majeures de nos compatriotes établis hors de France : la solution de financement de la CFE, les décisions du conseil d’administration de l’AEFE de décembre dernier, la CSG-CRDS des non-résidents hors de l’Union européenne et, enfin, les difficultés liées au vote à distance par internet.

VERBATIM de mon intervention

Madame la Ministre,

J’associe ma collègue Olivia Richard à mes questions. A deux jours de l’ouverture du vote pour les élections des conseillers des Français de l’étranger, beaucoup de Français établis hors de France expriment moins une colère qu’une lassitude.
Lassitude devant les difficultés persistantes de la Caisse des Français de l’Étranger.
En tant que députée, vous aviez proposé une solution de financement de la CFE. Depuis votre entrée au Gouvernement, quelles suites concrètes y avez-vous données ?

Lassitude face aux inquiétudes qui pèsent sur l’avenir du réseau AEFE, après des décisions du Conseil d’administration qui conduisent aujourd’hui à faire supporter aux établissements privés vertueux les conséquences des difficultés liées aux établissements à gestion directe.
J’avais demandé ici-même leur suspension, le 4 février dernier, au ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
Vous avez ensuite indiqué aux parlementaires des Français de l’étranger votre désaccord avec ces décisions de l’AEFE.
Mais si vous les jugez mauvaises, pourquoi les laisser produire leurs effets néfastes partout dans le monde ?

Il est d’ailleurs difficilement compréhensible qu’à la fin du second quinquennat, le Gouvernement nomme encore une mission chargée de réfléchir à une réforme de l’AEFE tout en renvoyant les arbitrages à après les élections des Français de l’étranger.
Plus surprenant encore lorsque, dans le même temps, la sénatrice chargée de cette mission laisse déjà circuler dans la presse différents scénarios pendant la campagne, sans qu’aucune décision ne soit assumée.
Lassitude encore devant les débats récurrents sur une fiscalité fondée sur la nationalité portée par la gauche, ou devant l’iniquité persistante de la CSG-CRDS pour les non-résidents hors de l’Union européenne, instaurée en 2012.
Partagez-vous la position du Gouvernement qui maintient cette CSG-CRDS depuis maintenant neuf ans?

Enfin, Madame la Ministre, Français de l’étranger ont la chance, vous le savez, de pouvoir voter à distance par internet.
Des remontées sont particulièrement préoccupantes : à ce stade, aucun SMS ne semble reçu en Chine.
Il me remonte des problèmes des 4 coins du monde.
Quelle procédure concrète et immédiatement accessible le Gouvernement met-il en place pour permettre aux électeurs de récupérer les codes qu’ils n’ont pas reçu ?

Enseignement français à l’étranger : pour une réforme fondée sur un modèle soutenable et la clarification des rôles

Dans le cadre de la mission d’information sur l’enseignement français à l’étranger conduite par la sénatrice Samantha Cazebonne, j’ai été auditionné au Sénat, le 30 mars 2026, en tant que président de l’ANEFE, aux côtés de Michel Monsauret, secrétaire général, et de Françoise Hirzel, directrice.

Cette audition a été l’occasion de rappeler le rôle historique de l’ANEFE, créée en 1975 pour accompagner le développement des établissements français à l’étranger, notamment à travers la garantie de l’État pour leurs investissements immobiliers. Depuis la réforme de 2021, qui a transféré cette compétence à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), l’ANEFE a engagé une profonde réorientation.

Alors que 80 % des enfants français à l’étranger ne sont pas scolarisés dans le réseau AEFE, nous pensons qu’il est essentiel de mieux valoriser l’ensemble des établissements et dispositifs qui contribuent à l’enseignement en français à l’étranger, qu’ils soient homologués, labellisés ou partenaires.

Nous avons également souligné la nécessité de renforcer la transparence, d’encourager les démarches d’évaluation externe et de garantir un modèle économique soutenable pour les établissements et les familles. Cela suppose que l’AEFE fasse évoluer ses pratiques en matière d’évaluation et de publication des résultats. Cela implique aussi de contenir la hausse des coûts pour les familles

Face aux défis actuels, la réforme du système doit reposer sur quatre principes : neutralité, séparation des rôles, indépendance de l’homologation et amélioration continue de la qualité. Aujourd’hui, la concentration des fonctions au sein de l’AEFE — à la fois opérateur, régulateur et acteur du réseau — pose question.

C’est ainsi que nous pourrons bâtir un réseau attractif, fidèle à l’ambition portée pour 2030, souvent résumée à un objectif de doublement des effectifs, mais qui doit avant tout reposer sur la soutenabilité et la clarification des rôles.

Édito – Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée : une certaine idée de la diplomatie française

Lire : l’INFOLETTRE n°255 – Mars 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée : une certaine idée de la diplomatie française

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

Au Moyen-Orient, les lignes bougent, les alliances se font et se défont, et les certitudes d’hier vacillent sous le poids des crises successives. Dans ce tumulte stratégique, une évidence s’impose : la force ne suffit pas à garantir la stabilité, pas plus qu’elle n’assure la fidélité des partenaires.

La France, forte de son histoire et de sa diplomatie, incarne une autre voie. Une voie fondée sur la constance, la parole tenue et le respect des engagements. Cette « bonne renommée », elle ne la doit pas aux déclarations, mais aux actes. Qu’il s’agisse de contribuer à la sécurité des Émirats arabes unis, du Koweït ou encore de Chypre, notre pays a su démontrer qu’il répond présent lorsque ses partenaires en ont besoin.

Cette ligne est aujourd’hui portée au plus haut niveau de l’État. Le Président de la République et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères incarnent une diplomatie française fidèle à une certaine idée de la prévisibilité : celle d’un pays qui ne cède ni aux revirements opportunistes ni aux injonctions du moment, mais qui s’inscrit dans la durée et la cohérence.

Cette fiabilité est un capital stratégique. Dans une région marquée par la défiance, elle distingue la France de puissances dont le soutien peut apparaître conditionnel, soumis à des intérêts immédiats ou à des exigences d’alignement. Être allié ne signifie pas être dépendant : c’est précisément cette nuance qui fonde la crédibilité française.

Mais cette crédibilité engage. Elle nous oblige. Aujourd’hui, la situation au Liban en est l’illustration la plus exigeante.

Face à l’emprise du Hezbollah et au risque d’effondrement durable de l’État libanais, la question n’est pas seulement régionale : elle touche directement à la parole de la France. Car le Liban n’est pas un partenaire parmi d’autres ; il est un pays avec lequel nous entretenons des liens historiques, politiques et humains singuliers.

Dès lors, notre capacité à contribuer à sa stabilité, à soutenir ses institutions et à défendre sa souveraineté est observée avec attention. Elle conditionne, en partie, la confiance que d’autres partenaires placent en nous.

Dans un monde où la puissance s’affiche souvent en démonstration de force, la France rappelle qu’elle se mesure aussi à la fidélité de ses engagements. Car, plus que jamais, une bonne renommée vaut mieux que toutes les ceintures dorées.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

A LA UNE
. Art. 50-1 – Situation au Proche et Moyen-Orient

HOMMAGE
. Décès de Karine Buisset, UNICEF
. Mort de l’adjudant-chef Frion

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. Moyen-Orient : réunion de crise au Quai d’Orsay pour la sécurité des Français de l’étranger
. Moyen-Orient – Numéros d’urgence
. AFE – Sécurité des Français de l’étranger : Nadia Chaaya plaide pour le renforcement du dispositif « triple A »
. AFE – Pauline Carmona salue la mobilisation des élus et détaille la modernisation du réseau consulaire
. Direction générale de la mondialisation (DGM) – Enseignement français à l’étranger
. FIAFE – AG 2026
. Divorces franco-irlandais : mieux protéger le conjoint vulnérable – Question écrite
. Des enjeux très concrets pour nos compatriotes d’Irlande
. Légion d’honneur : Hélène Roos distinguée au Quai d’Orsay

EN CIRCONSCRIPTION
> TURQUIE – Istanbul (25-27 janv. 2026)
> SUISSE – Genève (29-30 janv. 2026)
> SYRIE – Damas (11 fév. 2026)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Guerre au Moyen-Orient : quels scénarios pour la suite ?
. Enjeux stratégiques de la mer Noire

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. ANSSI : l’argent public au service de quelle stratégie cyber ?
. 17Cyber – Les Français de l’étranger oubliés du dispositif ?
. Il y a deux ans, l’IPAC apprenait que le groupe de hackers chinois APT31 avait ciblé son réseau
. “NIS2 : pourquoi le gros sujet des backdoors bloque la transposition du texte” – (ZDNet)
. “La DGSI accusée de bloquer l’adoption d’une loi renforçant la cybersécurité” – (NEXT)

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Le Sénat facilite l’exercice des médecins formés au Royaume-Uni
. GIA France-Pays du Golfe – Communiqué de presse
. GIA Pays du Golfe – Arabie Saoudite – Koweït – Fêtes nationales
. Liban – Ambassadeur
. Chambres de commerce et d’industrie de la France à l’international (CCIFI) – Frédéric Sanchez
. Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) – Jean-Jacques Santini
. Business France – Directeur général par intérim – Benoît Trivulce
. Grand Maître de la Grande Loge de France (GLDF)

MÉDIAS
. Olivier Cadic : “Ce ne sont pas les Libanais qui ont décidé de créer le conflit avec Israël, ce sont bien les Gardiens de la Révolution” (Public Sénat – 25 mars 2026 – Vidéo 1’50)
. “Ukraine, Levant, mer de Chine : penser l’engrenage mondial” (Tribune – infolettre UDI)
. “Le sénateur Cadic : les pays du Golfe font preuve d’une grande résilience et maîtrise face à la crise” (Arab News, 13/03/2026)
. Olivier Cadic : “La question c’est d’affaiblir l’Iran et de s’en prendre à la tête de la pieuvre” (Public Sénat – 5 mars 2026 – Vidéo 24m)

Découvrir l’InfoLettre n°255

Édito : Assez de fuite en avant

Lire : l’INFOLETTRE n°254 – Janvier–Février 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Assez de fuite en avant !

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

Après les faux débats public-privé, place aux fausses concertations.

Un illustre prédécesseur des sénateurs, Georges Clemenceau, disait : « Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. » Il faut mettre un terme à ces méthodes qui consistent à organiser la concertation pour mieux noyer le poisson… et décider de ne rien décider.

Qui se souvient des grandes consultations sur l’enseignement français à l’étranger, il y a moins de trois ans ?
J’avais alors refusé de participer à ce simulacre : Lien
Et j’avais écrit au ministre Olivier Becht pour en expliquer les raisons : Lien

J’y dénonçais une mise en scène destinée à habiller des décisions déjà arrêtées par l’administration, sans remise en cause du modèle.

Nous voilà repartis en 2026 avec les mêmes artifices.
Sous couvert de missions parlementaires, on détourne l’attention des décisions déjà prises, des décisions qui fragilisent le réseau et prolongent une trajectoire engagée depuis vingt ans.

C’est pourquoi j’ai demandé aux ministres Jean-Noël Barrot et Eléonore Caroit, depuis l’hémicycle, deux décisions claires :

– la suspension des décisions du conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) de décembre 2025, qui font porter de nouvelles charges sur les établissements partenaires et conventionnés ;
– l’annulation de l’arrêté d’août 2025 renforçant excessivement les pouvoirs de l’Agence en matière d’homologation. Lien

Continuer à concentrer toujours plus de pouvoirs dans une structure qui n’a pas réglé ses déséquilibres internes n’est pas une solution. C’est une fuite en avant !

En faisant le choix d’impacter lourdement et de fragiliser les sociétés de gestion d’établissements, gérées avec talent, rigueur et dévouement par des volontaires engagés, le réseau risque de s’atrophier en perdant des acteurs qui ne se reconnaissent plus dans ce fonctionnement.

Ignorer ma proposition de suspendre des mesures qui augmentent les frais en désignant des boucs émissaires, c’est refuser de faire de la réduction des coûts une priorité.

Aucun système ne peut rester crédible lorsque l’acteur principal est à la fois compétiteur, régulateur et bénéficiaire des règles qu’il édicte.

La réforme ne sera possible qu’à quatre conditions : neutralité, séparation des rôles, indépendance de l’homologation et modèle économique soutenable.
Car au bout de nos décisions, ce ne sont pas des lignes budgétaires qui paient, ce sont des familles.

Le temps des faux-semblants doit cesser. Il faut réformer sans plus attendre, pas transférer la facture aux familles.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

A LA UNE
. Art. 50-1 – Rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales, notamment au Venezuela

HOMMAGE
. Robert del Picchia
. Renée Blandin

ENSEIGNEMENT FRANÇAIS À L’ÉTRANGER
. QAG – AEFE : joueur, arbitre… et maintenant bénéficiaire
. Lycées français à l’étranger (Libération) – Assez de faux débats
. Lycées français à l’étranger : l’enquête de Libération qui fait débat – (Le courrier des Amériques – 18/02/2026)
. Rencontre Mission laïque française (MLF) – ANEFE

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. Nadia Chaaya, Chevalier de l’ONM : une exigence d’action et de justice
. Australie – Serge Thomann
. France–Estonie : Violaine Champetier de Ribes décorée au Sénat
. Olivier Cadic : mobilité, sécurité, enseignement, ses priorités pour 2026 (Lesfrancais.press)
.Les chiffres de l’activité consulaire 2025
.Guide des victimes françaises à l’étranger (2026)

EN CIRCONSCRIPTION
> ÉGYPTE – Le Caire / New Giza / Nouvelle Capitale / Nouveau Caire / Obour / Alexandrie (29 déc.-03 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Ashford (Kent) / Gare Eurostar (8 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Bristol, Londres (10-13 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Londres (22-24 janv. 2026)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Venezuela – Transition démocratique & Menace des cartels latino-américains
. Iran – Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix 2003 : une voix de la résistance iranienne en exil
. Afrique des Grands Lacs – Communauté de Sant’Edigio

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. La perspective d’un droit nouveau pour l’aide active à mourir se rapproche
. IPAC – Déclaration sur la condamnation de Jimmy Lai
. Taiwan – Groupe d’amitié – Nouvel An
. Suisse – Ambassadrice Tania Cavassini

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. PLF 2026 – Conférence de presse : Alerte sur un risque majeur pour la sécurité numérique de la France
. Retard de NIS 2 : Le dispositif anti-backdoor qui cristallise l’affrontement entre la DGSI et les parlementaires (Usine digitale)
. Cybersécurité : l’heure est à l’action – (Entreprendre à l’international)
. Le gouvernement fait le jeu des pirates pour écouter aux portes (Le Canard Enchainé)
. Cybersécurité : la France accumule les retards, les hackers accumulent les victimes, déplorent des experts (Epoch Times)

MÉDIAS
. Olivier Cadic : “On sent que beaucoup de choses ont changé au Liban” (France24/MCD 23/02/2026 – Vidéo 2’45)
. Ukraine : les leçons de 4 ans de guerre (Public Sénat, 19/02/2026 – Vidéo 2’15)
. Olivier Cadic : “Un futur dans la paix et l’harmonie entre les communautés, c’est le Liban dont on rêve” (Annahar Français, 18/02/2026 – Vidéo 29m)
. Olivier Cadic : “L’engagement de la France, c’est de soutenir un Liban souverain et pleinement indépendant” (MTV Liban, 13/02/2026 – Vidéo 2’45)
. À quand un vol direct entre San Diego et Paris ? (SoCal FACC – 26/01/2026)
. French Response : de la guerre à Gaza au salut nazi d’Elon Musk, comment la diplomatie française a changé de ton sur les réseaux sociaux (BFM Tech – 01/02/2026)
. Les enjeux nationaux et internationaux vus par un sénateur des Français établis hors de France (Radio Orient – 1er février 2026 – Podcast 16’30)
. Le sénateur français Olivier Cadic appelle à la reconnaissance de la stabilité et de la démocratie du Somaliland (The Horn Tribune – 22/01/2026)
. Isolée sur le Mercosur, la France a-t-elle perdu son influence en Europe ? (Public Sénat – 09/01/2026)
. Olivier Cadic : “Nous vivons une lutte pour le leadership mondial” (LePetitJournal.com – 15 janv. 2026)

Découvrir l’InfoLettre n°254

Médias – “Lycées français à l’étranger : l’enquête de Libération qui fait débat” – (Le courrier des Amériques – 18/02/2026)

Ma réponse à l’enquête de Libération sur les lycées français à l’étranger (lire), a suscité l’intérêt de la rédaction du Courrier des Amériques.

Comme le résume justement l’article : “Derrière les rapports budgétaires et les statuts administratifs, la réalité reste très concrète : des familles qui comparent les frais de scolarité… parfois avec la même appréhension qu’une facture d’université américaine. Et une question de fond qui, elle, fait consensus : comment préserver l’excellence du modèle français à l’étranger sans le rendre inaccessible à ceux qu’il est censé servir ?”

Lire l’article Lycées français à l’étranger : l’enquête de Libération qui fait débat, publié sur le site Le courrier des Amériques, le 18 février 2026

Extrait :

La riposte d’Olivier Cadic : « assez de faux débats »

Parmi les réactions les plus structurées figure celle du sénateur des Français de l’étranger Olivier Cadic, cité dans l’enquête mais qui conteste vivement son angle.

Dans un communiqué offensif, il dénonce « une opposition caricaturale entre public et privé » et reproche au journal d’éluder, selon lui, la vraie question : les causes structurelles des difficultés financières de l’AEFE.

Pour le sénateur, le problème tient d’abord à « un modèle à bout de souffle », reposant encore largement sur des statuts d’expatriés coûteux. « Le monde a changé, le réseau fonctionne encore comme dans les années 1990 », affirme-t-il, estimant que la hausse des frais facturés aux familles sert trop souvent à compenser l’absence de réformes internes.

Il critique également une centralisation croissante et une bureaucratie qu’il juge inflationniste, tout en rappelant que l’État ne peut financer simultanément expansion du réseau, mission de service public et stratégie d’influence sans modernisation structurelle.

Lire l’article Lycées français à l’étranger : l’enquête de Libération qui fait débat, publié sur le site Le courrier des Amériques, le 18 février 2026

Médias – Libération – Assez de faux débats

Réaction à l’article de Libération : assez de faux débats.

L’article de Libération qui me cite évite soigneusement la seule question qui vaille : pourquoi l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) est-elle aujourd’hui en difficulté financière ?

J’avais expliqué les causes structurelles à la journaliste. Elles n’apparaissent pas.

À la place, on nous sert une opposition caricaturale entre public et privé, parfaitement alignée sur la ligne défendue par certains syndicats qui défendent avant tout les personnels expatriés.

Ce n’est pas sérieux.

Le vrai problème : un modèle à bout de souffle

Depuis des années, l’AEFE refuse de remettre en cause son modèle de coûts, notamment le maintien de statuts d’expatriés qui n’existent plus dans aucune organisation internationale comparable.
Le monde a changé.
Le réseau, lui, fonctionne encore comme dans les années 1990.
Plutôt que d’engager les réformes nécessaires, l’Agence choisit la solution de facilité :
👉 augmenter les frais de scolarité
👉 faire payer les familles
👉 accuser le développement du privé
C’est commode. Mais c’est faux.

Une centralisation bureaucratique assumée

En 2018, le Président de la République a repris l’objectif de doubler le réseau à l’horizon 2030. J’avais défendu cet objectif, mais dans une logique de libération, de diversification et d’autonomie.
Ce qui a été fait est exactement l’inverse :
toujours plus de centralisation, toujours plus de contrôle, toujours plus de bureaucratie.
Même les missions de l’Association nationale des écoles françaises de l’étranger (ANEFE), qui ne coûtaient rien aux établissements, ont été transférées à l’Agence.
Résultat ?
Des fonctionnaires supplémentaires.
Des coûts supplémentaires.
Des facturations supplémentaires.
Et in fine : des frais supplémentaires pour les parents.
On prétend défendre le service public.
On fabrique en réalité un système administré hors de prix.

Une hypocrisie budgétaire

L’AEFE représente environ 12 % du budget du Quai d’Orsay et près des deux tiers du programme 185.
Et pourtant, certains en réclament toujours plus sans se préoccuper de nos finances publiques.
Cela fait quinze ans que je le dis :
l’État n’a pas les poches assez profondes pour financer à la fois :
• un service public mondial,
• une politique d’influence,
• et une expansion massive du réseau, sans revoir profondément son organisation.
Nous y sommes.

Pendant ce temps, le monde avance

Pendant que nous entretenons nos querelles idéologiques :
• En Égypte, l’enseignement français ne représente plus qu’environ 1 % du marché international.
• Au Liban, l’enseignement privé anglophone est devenu majoritaire (53 % en 2023) sans aucune subvention publique britannique ou américaine.
Nous avons perdu du terrain.
Et nous continuons à débattre comme si le problème venait du “méchant privé”, alors que l’enseignement à l’étranger est un “business”.

La seule question qui compte

La question est simple :
Est-ce aux familles et aux contribuables de financer indéfiniment le coût des statuts d’expatriés
ou faut-il instaurer l’équité des rémunérations et moderniser les statuts pour maîtriser les coûts ?
Tout le reste est un écran de fumée.
Ceux qui déplacent le débat vers une guerre public-privé cherchent à éviter cette question.

J’assume une réforme structurelle

C’est pour cela que j’ai demandé aux ministres Jean-Noël Barrot et Eléonore Caroit :
• la suspension des décisions du conseil d’administration de l’AEFE de décembre 2025 qui fait porter de nouvelles charges sur les écoles partenaires et conventionnées ;
• l’annulation de l’arrêté d’août 2025 renforçant excessivement les pouvoirs de l’Agence en matière d’homologation.
Concentrer toujours plus de pouvoirs dans une structure qui n’a pas réglé ses déséquilibres internes n’est pas une solution. C’est une fuite en avant.

L’enseignement français à l’étranger ne se résume pas à l’AEFE

Le réseau français est plus large que son opérateur public.
Avec l’ANEFE et de nombreux acteurs locaux, nous travaillons à une alternative fondée sur :
• l’initiative locale,
• la responsabilité,
• la transparence des coûts,
• une véritable garantie de qualité pédagogique, et non un simple contrôle administratif.

Le choix est clair

Soit nous modernisons courageusement le système pour garantir le juste coût et le juste prix pour les familles.
Soit nous continuons à augmenter les frais en désignant des boucs émissaires.
Je refuse que l’on sacrifie l’avenir du réseau français à l’étranger pour préserver des équilibres internes devenus intenables.
Le débat mérite mieux que des postures idéologiques.
Il exige des décisions.

QAG – AEFE : joueur, arbitre… et maintenant bénéficiaire – Vidéo Q/R 4’40

Le 4 février, à l’occasion de la séance des questions d’actualité au Gouvernement, j’ai interrogé Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sur la situation des acteurs privés de l’enseignement français à l’étranger, fragilisés par une décision du conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, ainsi que par les dispositions de l’arrêté du 25 août 2025.

VERBATIM de mon intervention :

Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères,

La France affiche l’ambition de doubler le nombre d’élèves dans le réseau d’enseignement français à l’étranger d’ici 2030.

Mais des décisions récentes fragilisent les acteurs privés qui portent cette dynamique.

D’abord, la décision du conseil d’administration de l’AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger, du18 décembre qui révolte les établissements au statut de partenaires.

Alors qu’ils sont autofinancés, ils se voient imposer des contributions financières accrues sans contrepartie.

Ensuite, l’arrêté du 25 août 2025 subordonne l’homologation des écoles françaises à l’étranger par le ministère de l’Éducation nationale à la signature d’un contrat avec l’AEFE, créant un conflit d’intérêts majeur : un opérateur public devient à la fois concurrent, partenaire obligatoire et quasi-autorité de régulation.

C’est comme si on demandait à France Télécom d’être également l’Arcom !

On demande ainsi à l’AEFE d’être joueur et arbitre, ce qui mine la confiance et l’équité du système.

Monsieur le Ministre, pouvez-vous abroger l’arrêté du 25 août 2025 pour restaurer une homologation relevant exclusivement du ministère de l’Éducation nationale ?

Voulez-vous engager une réforme séparant clairement la gestion des établissements par l’AEFE et la mission de développement du réseau des écoles françaises à l’étranger ?

Ma RÉPLIQUE :

Merci monsieur le Ministre,

La situation actuelle de l’AEFE exige des décisions immédiates.

Aucun système ne peut rester crédible lorsque l’acteur principal est à la fois compétiteur, régulateur et bénéficiaire des règles qu’il édicte.

Faire porter aux établissements partenaires le poids d’erreurs de gestion passées tout en les plaçant sous dépendance contractuelle est une double injustice.

La réforme ne pourra être crédible que si un principe clair est acté : neutralité, séparation des rôles et indépendance de l’homologation.

Il ne s’agit pas de venir au secours d’un système totalement dépassé, mais de créer un modèle économique soutenable.

Car n’oublions pas qu’au bout de nos décisions, ce ne sont pas des lignes budgétaires qui paient — ce sont des familles.

Edito : Never blame, never complain*

Lire : l’INFOLETTRE n°253 – Décembre 2025 – Janvier 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Never blame, never complain*
*Ne jamais blâmer, ne jamais se plaindre

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

Fruit de mon expérience professionnelle, je me suis toujours imposé une ligne de conduite simple et exigeante face à l’adversité : Never blame, never complain. Ne jamais se réfugier dans la plainte. Ne jamais céder à la tentation de la dénonciation stérile. Toujours préférer l’action à l’indignation confortable.

C’est pourquoi j’ai été sincèrement satisfait d’entendre le président de la République, devant les ambassadeurs, exprimer avec clarté le refus de deux impasses majeures. D’abord, le refus de l’impuissance morale, qui consiste à commenter le monde sans jamais chercher à l’influencer. Ensuite, le refus de la vassalisation, cet alignement passif sur les puissances dominantes qui finit toujours par affaiblir ceux qui s’y soumettent.

Le choix assumé est inverse : agir, pour se donner les moyens d’une France et d’une Europe, puissances lucides et actrices de leur destin. Mais l’autonomie stratégique n’est pas un slogan. Elle suppose des moyens, de la constance et une vision de long terme.

La diplomatie sans armée, c’est une justice sans police. Staline raillait le Vatican en demandant : « Combien de divisions ? » La formule est brutale, mais elle rappelle une vérité simple : la crédibilité internationale repose sur des capacités réelles. La loi de programmation militaire et la surmarche prévue pour 2026 en sont une illustration indispensable.

Pour autant, la diplomatie ne saurait être le parent pauvre de l’effort national. Depuis plusieurs années, je porte au Sénat l’idée d’une programmation pluriannuelle des moyens de la diplomatie, à l’image de ce que nous faisons pour la défense.

Je me réjouis donc que le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ait évoqué la perspective d’une loi d’orientation, à l’issue d’un chantier associant parlementaires et parties prenantes.

C’est une nouvelle innovation de Jean-Noel Barrot, pour adapter notre diplomatie aux bouleversements du monde ; pour garantir que le Quai d’Orsay, première mairie de France, continue d’offrir un service public exemplaire à nos compatriotes ; et enfin, pour fixer des objectifs clairs et une perspective budgétaire aux acteurs du réseaux de la diplomatie d’influence (AEFE, Instituts français…).

À l’aube de cette nouvelle année, je forme pour chacune et chacun d’entre vous des vœux sincères de santé, de réussite et d’engagement. Je vous souhaite une excellente lecture de cette première infolettre de l’année, qui s’inscrit pleinement dans cet esprit : agir, plutôt que se plaindre ; construire, plutôt que commenter.

“Never blame, never complain”.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

HOMMAGE
. Drame de Crans-Montana

VOEUX
. Très belle année 2026 !
. RÉTROSPECTIVE 2025 – Vidéo 4’10
. XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du Président
. XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du ministre

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. PLF2026 – PELF : Le Pass enfant langue française : une promesse en suspens, une solution en attente
. CA AEFE (18/12/25) – Déclaration ANEFE
. AEFE : Soutien à la démarche de la MLF et des écoles partenaires
. Rencontre avec le nouveau directeur des impôts des non-résidents
. France Volontaires

EN CIRCONSCRIPTION
> LUXEMBOURG (13–15 nov. 2025)
> SUISSE – Berne, Genève (20-22 nov. 2025)
> KENYA – Nairobi (4-6 déc. 2025)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Brexit, HongKong : quel bilan ?

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Rejet Mercosur (1/5) – Motion de rejet
. Rejet Mercosur (2/5) – Exception d’irrecevabilité
. Rejet Mercosur (3/5) – Suppression de la résolution
. Rejet Mercosur (4/5) – Amendement de repli
. Rejet Mercosur (5/5) – Explication de vote
. QAG – Narco-État vénézuélien, quelles réponses de la France ?
. Nicolás Maduro est sous les verrous
. Délégation Union européenne – Serbie
. Conférence de l’EFTA : la liberté d’expression de Taiwan menacée par la liberté d’oppression de Pékin
. Taiwan : La France suit avec préoccupation les exercices militaires chinois
. IMEC : Un projet Win–Win–Win !
. Le Somaliland reconnu comme un “État souverain” par Israël
. RCA / “Africa Ti l’or”, la bière qui pourrait bien vous mettre en bière (réponse à ma question écrite)

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. PLF 2026 – Cybersécurité : Mais où sont les stratégies promises ?

SÉNAT – NARCOTRAFIC
. Narcotrafic – MILDECA

MÉDIAS
. “Cybersécurité de nos hôpitaux, une mission de l’État ?” (ITforBusiness – 24/12/2025)
. Budget & Mercosur (Public Sénat – 19/12/2025 – Vidéo 26’)
. Olivier Cadic : “Notre responsabilité d’élu, c’est d’ouvrir des portes, pas de construire des murs” (Public Sénat – 15/12/2025 – Vidéo 41’30)

Découvrir l’InfoLettre n°253

Sénat – CA AEFE 18/12/25 – Déclaration ANEFE

Déclaration liminaire de l’ANEFE (Association nationale pour l’enseignement français à l’étranger) présentée par son secrétaire général, Michel Monsauret  à l’ouverture du conseil d’administration de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), ce 18 décembre 2025 :

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration,

Depuis notre précédent Conseil d’administration, l’ANEFE a poursuivi ses échanges institutionnels. Le président de l’ANEFE a rencontré la Direction générale de la mondialisation le 9 décembre 2025, puis Madame la Ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Français de l’étranger le 17 décembre 2025.

Ces rencontres ont confirmé la gravité des inquiétudes qui pèsent aujourd’hui sur le modèle économique de l’AEFE et, plus largement, sur l’avenir du réseau d’enseignement français à l’étranger.

À la lumière de ces échanges, l’ANEFE souhaite rappeler les trois points fondamentaux que j’ai déjà partagés avec vous lors du précédent Conseil d’administration.

1 / Préserver les établissements et ne pas leur transférer des difficultés qui ne sont pas les leurs

Le budget soumis aujourd’hui repose sur des prélèvements massifs qui fragilisent directement les établissements et les familles.

Nous constatons : 11 millions d’euros dits « exceptionnels » prélevés sur les établissements conventionnés ; 10 millions d’euros supplémentaires, sans justification claire quant aux services rendus ; 21 millions d’euros supportés par les familles des EGD, alors même que le prélèvement de 6 % devait initialement couvrir exclusivement les pensions civiles et l’immobilier.

Dans le même temps, la masse salariale augmente de 15 millions d’euros entre 2025 et 2026, passant de 890 à 905 millions d’euros, alors que 87 postes de détachés disparaissent. Cette contradiction nourrit une incompréhension profonde.

L’ANEFE ne peut accepter que l’AEFE reporte sur les établissements les conséquences de ses propres contraintes budgétaires. Nombre d’entre eux sont engagés dans des emprunts garantis par l’État, dont l’ANEFE assure la gestion. Alourdir leurs charges financières accroît mécaniquement les risques de défaut, exposant l’ANEFE puis, in fine, l’État.

À ce titre, l’ANEFE souhaite disposer d’informations précises sur le nombre de dossiers d’emprunts traités par l’AEFE pour les établissements concernés et sur les montants effectivement accordés.

2 / Appliquer le principe du « juste coût / juste prix »

L’ANEFE réaffirme la nécessité d’une politique fondée sur l’équité, la transparence et la cohérence économique.

Aujourd’hui, les prélèvements imposés aux établissements et aux familles ne permettent pas d’identifier clairement le lien entre le coût réel des services rendus et leur facturation. Cette situation crée des distorsions importantes entre établissements et une perte de visibilité pour les familles.

L’AEFE doit s’engager dans une réforme visant à définir précisément le coût réel de ses missions, appliquer une facturation strictement proportionnée à ces coûts et garantir une visibilité pluriannuelle sur l’évolution des charges.

Sans cette clarification, les hausses de frais de scolarité deviennent insoutenables et affaiblissent durablement l’attractivité du réseau.

3 / Préserver l’ambition stratégique : doubler le nombre d’élèves d’ici 2030

Ce budget compromet directement l’objectif stratégique fixé par le Président de la République : le doublement des effectifs d’élèves à l’horizon 2030.

Comment alors atteindre cet objectif en asphyxiant financièrement les établissements existants, en décourageant les projets d’homologation et en réduisant les capacités d’investissement pédagogique et immobilier ?

Alors que d’autres modèles éducatifs internationaux se développent fortement sans peser sur leurs finances publiques, la France ne peut renoncer à son ambition éducative et culturelle à l’étranger.

Depuis plus de cinquante ans, l’ANEFE accompagne et sécurise le développement du réseau. Elle sera particulièrement vigilante à ce que les choix budgétaires de l’AEFE servent la croissance du réseau et non sa fragilisation.

Les parents d’élèves, pas plus que les contribuables, ne peuvent être appelés à éponger des dépenses non maîtrisées de l’AEFE. La soutenabilité du modèle ne peut reposer indéfiniment sur des hausses de prélèvements qui fragilisent les établissements et pèsent lourdement sur les familles.

Plutôt que de chercher à augmenter les recettes par des contributions toujours plus élevées, l’heure est venue d’ajuster rigoureusement les dépenses au regard des ressources réellement disponibles.

Dans ces conditions, nous déplorons le projet de budget présenté ce jour.

AEFE : Soutien à la démarche de la MLF et des écoles partenaires

L’Association nationale des établissements français à l’étranger (ANEFE), que j’ai l’honneur de présider, soutient pleinement la démarche engagée par la Mission laïque française (MLF), telle qu’exprimée dans sa lettre du 11 décembre 2025 (LIRE) et dont je me fais le relai. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de notre déclaration liminaire du 27/11/2025 (LIRE) à l’occasion du dernier conseil d’administration de l’AEFE, où nous avions déjà alerté sur les déséquilibres structurels qui menacent la pérennité et l’équité de notre réseau éducatif à l’international.

À la veille du Conseil d’administration de l’AEFE prévu le 18 décembre, je rencontrerai Mme Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, afin de réaffirmer notre position : les écoles partenaires ne sauraient se substituer à l’État français pour financer des dépenses de l’AEFE qui ne relèvent pas de leurs missions.

Comme je l’ai déjà exprimé auprès du cabinet de la ministre, il est essentiel que les contributions des établissements partenaires restent proportionnées aux services rendus et non une source de compensation pour des déséquilibres budgétaires qui leur sont étrangers.

Dans ce contexte, je tiens à appuyer solennellement la démarche entreprise par les écoles partenaires et leur appel à une réforme structurelle, fondée sur la concertation et l’équité, condition indispensable pour préserver l’avenir de l’enseignement français à l’étranger et maintenir son excellence.

Olivier Cadic
Président de l’ANEFE
Sénateur représentant les Français établis hors de France
https://www.oliviercadic.com/au-senat/senat-ca-aefe-27-11-25-declaration-anefe/

PLF2026 – PELF : Le Pass enfant langue française : une promesse en suspens, une solution en attente – Vidéo Q/R (3’05)

Dans le cadre des débats du projet de loi de finances, j’ai défendu, ce 10 décembre, un amendement concernant l’avenir du dispositif Pass enfant langue française.

Je remercie le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, pour sa réponse détaillée (ci-dessous) et pour la transmission prochaine de l’évaluation, qui permettra d’engager enfin une discussion claire sur les suites à donner au PELF.

VERBATIM – QUESTION – Olivier Cadic

Le Pass enfant langue française, annoncé en 2022 par le président de la République, devait apporter une solution pour 80% des enfants français qui vivent à l’étranger et qui ne sont pas scolarisés dans le réseau AEFE.

Beaucoup d’entre eux ne maîtrisent pas notre langue.

Un premier million d’euros avait été inscrit au PELF 2024, mais l’an dernier, le gouvernement a suspendu ce dispositif dans l’attente d’une évaluation annoncée pour le printemps dernier. Nous sommes en décembre, cette évaluation n’a toujours pas été publiée. Sauriez-vous, monsieur le ministre, quand nous l’aurons ?

Cet amendement, en attendant, propose de redéployer 300.000 euros pour permettre à la DFAE de conduire, via nos consulats, une enquête fiable fondée sur un outil d’évaluation linguistique fourni par un Institut français. Elle permettra enfin de mesurer pays par pays le nombre d’enfants qui ne maîtrisent pas le français et de préparer le déploiement effectif du PELF dans un prochain budget.

VERBATIM – RÉPONSE – Jean-Noël Barrot, ministre

Monsieur le Président, monsieur le sénateur, il y a bien eu une expérimentation qui a été conduite, vous l’avez rappelé, entre l’automne 24 et l’été 25, dans quatorze pays pilotes au profit d’agents âgés de six à onze ans. Comme le montre l’évaluation qui a été conduite cet été et qui pourra vous être communiquée, cette expérimentation a donné des résultats positifs, mais contrastés par rapport aux objectifs qui avaient été fixés. Si elle a permis de constater l’existence d’une demande, 203 groupes hebdomadaires mis en place accueillant 1182 enfants, elle a également mis en évidence plusieurs limites en termes de niveau de langue et de disponibilité des familles à prendre en charge la poursuite des cours. Seuls 28% des parents s’y disent disposés. Dans ce contexte et compte tenu du budget nécessaire pour étendre le dispositif à l’ensemble des pays, qui est estimé à minima à trois millions d’euros, le PELF n’a pas été reconduit en 2025, ni à ce stade dans le PLF 2026, il convient d’examiner les suites qui pourraient être données à cette expérimentation à travers une offre locale adaptée, avec une contribution financière modeste de la part des parents, un accompagnement des parents souhaitant poursuivre l’apprentissage du français par leur enfant, selon un autre dispositif, par exemple grâce à une association FLAM ou encore de nouveaux pays ciblés au cas par cas, au titre d’opérations de promotion du français. Et donc, dans l’attente d’une discussion autour de l’évaluation qui a été menée, je vous propose, comme l’a fait la rapporteure, de retirer votre amendement.

Edito : Jean-Noël Barrot : Une diplomatie française en mouvement, entre modernité et ambition

Lire : l’INFOLETTRE n°252 – Novembre-Décembre 2025Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Jean-Noël Barrot : Une diplomatie française en mouvement, entre modernité et ambition

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

La France, puissance d’équilibre et de dialogue, doit incarner une diplomatie à la hauteur des défis du XXIᵉ siècle. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les crises climatiques et les ingérences étrangères, une diplomatie moderne exige des moyens à la mesure de ses ambitions.

La diplomatie est à la Défense ce que la justice est à l’Intérieur : un pilier indispensable. Depuis son arrivée à la tête du Quai d’Orsay, Jean-Noël Barrot a impulsé une dynamique sans précédent. La stratégie French Response contre la désinformation, la lutte renforcée contre les narco-trafics, ou encore le sommet France-Afrique au Kenya en 2026 illustrent une volonté claire : réinventer notre partenariat avec l’Afrique et renforcer notre influence. Les Assises de la diplomatie parlementaire et de la coopération décentralisée complètent cette vision, en mobilisant tous les acteurs de notre rayonnement.

Ces avancées méritent d’être amplifiées.

Pourtant, un domaine cristallise les tensions : l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Avec 12 % du budget de l’action extérieure et des subventions passées de 200 à 400 millions d’euros en 15 ans, son modèle économique est devenu insoutenable.

Seuls 20 % des élèves scolarisés dans son réseau sont français, et les classes moyennes en sont progressivement exclues. La réforme engagée par Jean-Noël Barrot doit reposer sur trois principes : un juste coût, un juste prix, et une cohérence tarifaire internationale.

L’enjeu ? Réorienter les subventions vers les bourses et les outils garantissant l’accès à la langue et à la culture pour tous les enfants français.

Nos compatriotes de l’étranger, souvent sous-estimés, forment un réseau d’influence unique. Leur engagement quotidien renforce le rayonnement de la France. Il est temps de les considérer comme des partenaires stratégiques, et non comme des bénéficiaires passifs.

Si l’augmentation symbolique de 0,01 % des crédits (3,45 milliards d’euros) peut sembler modeste, l’ambition portée par Jean-Noël Barrot transcende ces contraintes. Preuve en est : il a été récompensé ce 10 décembre par le prix CEPR du décideur politique de l’année 2025, en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à l’élaboration des politiques publiques.

Sous son impulsion, j’observe que la diplomatie française avance, alliant rigueur budgétaire et vision stratégique. Le cap est tracé : celui d’une France offensive, moderne et solidaire.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

HOMMAGE
. Attentats du 13-Novembre 2015

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. PLF2026 – Action Extérieure de l’État – Discussion générale
. MEAE – Assises de la diplomatie parlementaire
. Budget 2026 – DFAE, AEFE, projets immobiliers
. IPAC – Procès de Jimmy Lai – Réponse du Président de la République

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. Face aux risques : lancement du guide « Tous responsables »
. Enseignement du français : ma question écrite sur l’avenir du dispositif “PELF”
. CA de l’AEFE (27/11/25) – Déclaration de l’ANEFE
. Accueil des élèves du Collège du Léman – International School
. TV5Monde au service du rayonnement culturel francophone

EN CIRCONSCRIPTION
> ÉTATS-UNIS – Floride / Miami (24-27 oct. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Illinois / Chicago (28-29 oct. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Massachusetts / Boston (30 oct. – 01 nov. 2025)
> ÉTATS-UNIS – New York (2-4 nov. 2025)
> PAYS-BAS – Amsterdam (6-7 nov. 2025)
> ROYAUME-UNI – Londres (8-12 Nov. 2025)
> DANEMARK – Copenhague (12 nov. 2025)

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. Cybersécurité – L’État doit renforcer sa culture qualité
. Cybersécurité et ingérences étrangères – SGDSN, ANSSI et VIGINUM
. Cybersécurité – Olvid

SÉNAT – BUDGET & IA
. PLF2026 – Mon amendement pour supprimer le CEHR
. PLF2026 – Mon amendement en faveur d’un “Bouclier fiscaL”

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Institut français – Lancement de la Saison de l’Ukraine
. Taiwan – Visite du ministre François Wu
. Taiwan – Un budget de défense exceptionnel
. La France au rendez-vous de la nouvelle économie irakienne
. Roumanie – Fête nationale
. Japon – Hommage à S.E. Makita Shimokawa
. Liban – Fête nationale

MÉDIAS
. Olivier Cadic : “Les Jeux Olympiques ont réussi puisqu’on les a préparés, la guerre c’est pareil” (Public Sénat – 03/12/2025)
. Le Service volontaire sera-t-il utile ? (France24 – 27/11/2025)
. “Déploiement d’un service militaire volontaire ?” (Public Sénat – 21/11/2025)
. Olivier Cadic : “Flam est ce que la démocratie participative peut faire dans sa plus belle expression” (Françaisdanslemonde.fr – 15 nov. 2025)
. “Nouvelle pratique mafieuse à Marseille ?”– Le Temps (Suisse) – 14 nov. 2025)
. Olivier Cadic : « “La France, comme tous les autres pays, est victime d’ingérences étrangères extérieures” (Public Sénat – 06/11/2025)

Découvrir l’InfoLettre n°252

PLF2026 – Action Extérieure de l’État – Discussion générale (Vidéo 8’15)

Intervention ce 9 décembre, au nom du groupe UC sur le budget de la mission “Action Extérieure de l’État” (programmes 105, 151 et 185).

Pourquoi notre diplomatie mérite mieux qu’une stagnation budgétaire ?

Comment moderniser l’action consulaire, réformer l’AEFE et renforcer l’influence française à l’étranger ?

Dans cette intervention au Sénat, j’aborde sans détour les points forts, les urgences et les réformes nécessaires pour que la France reste une puissance d’équilibre.

Je salue l’engagement de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, pour une diplomatie moderne efficace.

VERBATIM

Monsieur/Madame la Présidente,
Monsieur le Ministre,
Mes chers collègues,

Je souhaite ouvrir cette intervention en saluant votre engagement, Monsieur le Ministre.

Depuis plus d’un an, vous avez pris des initiatives structurantes, indispensables à la souveraineté diplomatique de la France : la stratégie French Response contre les campagnes de désinformation, un plan sans précédent de lutte contre les réseaux de narco-trafiquants, ainsi que deux Assises consacrées à la diplomatie parlementaire et à la coopération décentralisée.

Ces mesures dessinent les contours d’une diplomatie moderne : offensive, lucide, alignée sur les réalités géopolitiques contemporaines.

Il y a deux ans, nous célébrions ici même le réarmement diplomatique voulu par le Président de la République.

Aujourd’hui, avec 3,45 milliards d’euros en autorisations d’engagement, l’augmentation affichée est strictement symbolique : +0,01 %.

Soyons clairs : c’est trop faible pour un pays qui prétend incarner une puissance d’équilibre.

Pourtant, moins de trois ans après le lancement de l’Agenda de transformation du Quai d’Orsay, 85 % des recommandations ont été mises en œuvre.
Cet effort méthodique, rigoureux, commence à produire des résultats visibles.

Il mérite d’être consolidé, certainement pas fragilisé.

La diplomatie est à la Défense ce que la justice est à l’Intérieur : le complément indispensable.

Comment justifier d’augmenter massivement les budgets militaires tout en comprimant ceux dédiés à l’action extérieure, alors même
que la guerre est revenue au cœur du continent européen, que les ingérences se multiplient, et que les crises climatiques, sécuritaires ou énergétiques affectent déjà nos citoyens ?

Pour cette raison, le groupe Union Centriste refusera toute coupe supplémentaire sur cette mission.

Dans un contexte où la manipulation de l’information se professionnalise et où les ingérences étrangères deviennent systémiques, l’audiovisuel extérieur mérite plus que jamais notre soutien.

Notre diplomatie ne peut être seulement institutionnelle : elle doit aussi être stratégique, numérique, proactive.

Je veux saluer l’effort consenti en matière de communication stratégique.

La DPC atteindra près de 16 millions d’euros, permettant notamment de déployer dans nos postes des outils modernes de veille et de réponse informationnelle.

Dans ce combat, France Médias Monde et TV5 Monde jouent un rôle essentiel : promotion de la langue française, pluralisme culturel, lutte contre la désinformation.

Pourtant, comparé à leurs équivalents internationaux, leur financement demeure insuffisant. Il est temps de traiter cet outil comme un pilier d’influence, non comme un poste variable.

Je veux également saluer la décision d’organiser le sommet Africa France de 2026 au Kenya.

Choisir un pays anglophone est un signal politique fort : celui d’une stratégie africaine réorientée vers le partenariat, l’ouverture et la coopération économique.

Je reviens d’ailleurs de Nairobi, où j’ai pu mesurer les enjeux d’Africa France en participant à ma sixième fois cette année régionale des Conseillers du Commerce extérieur de l’année.

Les CCEF, tout comme les représentants des chambres de commerce françaises à l’étranger, représentent une formidable source d’inspiration pour notre action au parlement et en faveur de la diplomatie économique.

Je leur adresse toute ma gratitude pour ce qu’ils font chaque jour, pour la France, et pour nos partenaires dans leur pays d’accueil.

Concernant le programme 151 – Français de l’étranger et affaires consulaires, avec ma collègue Olivia Richard, nous sommes évidemment préoccupés par sa diminution globale, même si nous nous réjouissons de la hausse de 11,5 % des crédits dédiés au service consulaire.

C’est un investissement utile :
• état civil numérique,
• vote par internet,
• dématérialisation du renouvellement des passeports.

Ces avancées ne sont pas symboliques : elles améliorent concrètement et durablement la vie de nos compatriotes établis hors de France.

Je tiens aussi à saluer le leadership de Pauline Carmona, directrice des Français de l’étranger, toute la direction des Français de l’étranger et les consulats : la lutte contre la fraude produit déjà des résultats concrets.
Dans un seul pays : 265 dossiers réexaminés, 160 faux boursiers identifiés.

Preuve qu’une politique exigeante, appuyée sur l’accès aux données bancaires, fonctionne, comme l’a dit ma collègue Nathalie Goulet.

Permettez-moi maintenant d’être parfaitement clair :

Non, l’ANEFE, que j’ai l’honneur de présider, n’a pas été supprimée, comme je le lis à nouveau sur votre document budgétaire.

À l’occasion du 50ᵉ anniversaire de l’Association nationale des écoles françaises à l’étranger, notre ministre Eléonore Caroit l’a rappelé : l’ANEFE continue d’assumer une responsabilité financière déterminante, avec 230 millions d’euros garantis par l’État pour 35 établissements.

L’association s’est ouverte aux écoles non homologuées, afin que personne ne soit écarté.
Et je constate que pour la seule Tunisie, 7000 jeunes ont passé le baccalauréat en candidat libre cette année.

Et cela nous conduit au sujet central — l’éléphant dans la pièce.
Ou plutôt : le mammouth.

En 2008 déjà, élu des Français du Royaume-Uni, je déclarais :
« Si l’on transforme le réseau AEFE en cause nationale financée sans limite, nous verrons naître un nouveau mammouth. »

Eh bien, nous y sommes.
Le mammouth existe.
Et il a grossi.

L’AEFE représente 12 % du budget total de l’action extérieure de l’État.

Nous sommes passés de 200 à 400 millions d’euros de subventions.

Les subventions accordées aux 68 EGD équivalent de fait à attribuer des bourses à leurs élèves, sans condition de ressources ni condition de nationalité.

Cela avec une opacité sur les rémunérations des agents incompatibles avec l’exigence publique. Les dix premières rémunérations de l’AEFE atteignent en moyenne 23 000 euros par mois.

Ce modèle n’est plus soutenable — ni financièrement, ni socialement, ni stratégiquement.

Je salue donc la décision du gouvernement et les efforts des équipes du ministère pour engager enfin sa réforme.

Elle devra reposer sur trois principes :
✔ un juste coût : transparent, comparable entre établissements ;
✔ un juste prix : lisible et accessible pour les familles ;
✔ une cohérence tarifaire internationale.

Ce n’est pas une réforme technique :
C’est une réforme de survie.

Nous subventionnons un modèle qui scolarise moins d’un enfant français sur cinq à l’étranger.

Plus grave encore : les classes moyennes sont progressivement exclues.
Nous sommes passés de 131 000 élèves français à 121 000 en 10 ans.
Quant au nombre de boursiers, il a baissé d’un tiers en 3 ans, près de 30 000 à un peu plus de 20 000.

Aujourd’hui, l’AEFE reçoit 391 millions d’euros.

Les deux tiers bénéficient à des élèves étrangers.

Ce n’est pas conforme à la mission d’équilibre de l’AEFE.

Transférer la moitié de cette enveloppe vers les bourses permettrait d’en tripler l’effet et de réintégrer les classes moyennes françaises dans notre système.

Enfin, sur les 80 % d’enfants français non scolarisés dans le réseau, je l’ai souvent rappelé, beaucoup ne maîtrisent pas le français.

Pourtant, pour la deuxième année consécutive, les crédits du Pass Éducation Langue Française (PELF) sont suspendus. C’est un non-sens.

Je déposerai donc un amendement visant à mesurer la maîtrise du français par nos enfants, pays par pays. Sans mesure, il n’y aura ni stratégie, ni résultat.

Je veux saluer également le rôle essentiel des Alliances françaises et des associations FLAM, qui peuvent nous permettre un jour d’atteindre l’objectif que tous les enfants français à l’étranger puissent parler français.

Face aux contraintes budgétaires, nous devons mieux coordonner, mieux cibler, mieux mobiliser nos partenaires européens et internationaux.

Pour finir, je veux citer les propos de Nadia Chaaya, présidente du groupe les Indépendants tenus en octobre à l’AFE. Je la cite « Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers au sort de notre pays. Cette période de crise doit nous pousser à nous demander ce que nous pouvons apporter à la France, plutôt que ce que la France peut nous apporter ».

Nos compatriotes de l’étranger représentent un réseau unique d’influence, trop longtemps sous-exploité. Ils sont un atout stratégique et font notre fierté.
Je veux leur rendre hommage.

Pour toutes ces raisons, le groupe Union Centriste votera les crédits proposés pour la mission « Action extérieure de l’État ».

Je vous remercie.

Enseignement du français : ma question écrite sur l’avenir du dispositif “PELF”

Il y a deux ans, un dispositif inédit avait été adopté dans le budget de l’état pour permettre aux enfants français scolarisés hors du réseau de l’AEFE d’apprendre leur langue : le français. Ce premier pas, doté d’un petit million d’euros, représentait un début de solution face à un problème épineux auquel je m’attèle depuis le début de mon mandat : garantir à nos jeunes compatriotes l’accès à la maîtrise de notre langue.

L’an dernier pourtant, le PELF, Pass enfant langue française (*), a disparu du budget. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, m’avait alors assuré que la ligne de crédit n’était pas supprimée, mais simplement suspendue, dans l’attente des conclusions d’une évaluation en cours (compte rendu).

Nous sommes toujours dans l’expectative quant à cette évaluation…

Question n°06863 (publiée le 27/11/2025) : M. Olivier Cadic attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur l’évaluation du dispositif « Pass enfant langue française » (PELF).

Annoncé lors de la campagne présidentielle de 2022 et introduit dans la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, le PELF vise à permettre à des enfants français résidant à l’étranger, non scolarisés dans un établissement français, de renouer avec l’apprentissage de la langue française. Ce dispositif s’adresse potentiellement à 80 % des enfants français scolarisés hors du réseau de l’agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et concrétisait l’idée d’un « chèque éducation » qu’il a défendu chaque année lors des débats budgétaires depuis 2014.

Présenté pour la première fois au projet de loi de finances pour 2024, le PELF avait été doté d’un budget d’un million d’euros. Le ministre délégué avait décidé de confier cette mission au centre national d’enseignement à distance (CNED). En réalité, le budget a été utilisé pour offrir gratuitement 20 heures de cours de français à environ 500 enfants, âgés de 6 à 11 ans, inscrits au registre consulaire, non scolarisés dans un établissement d’enseignement français.

Dans sa réponse du 22 avril 2025 à une question écrite relative au même sujet (réponse à la question n° 3536, publiée JO Assemblée nationale du 22/04/2025 page 2907), le ministère indiquait que l’expérimentation du PELF, menée dans 16 pays volontaires, se poursuivrait jusqu’à l’été 2025 et que le ministère procéderait dès le printemps 2025 à l’évaluation du dispositif en vue de décider de son avenir.

Or, malgré cet engagement, aucune conclusion de cette évaluation n’a, à ce jour, été communiquée, alors même que les crédits du PELF ont été suspendus dans l’attente de cette analyse, comme l’a rappelé le ministre lors des débats du projet de loi de finances pour 2025 du 21 janvier 2025.

Dans ce contexte, et compte tenu des enjeux majeurs que représente la maîtrise du français pour nos jeunes compatriotes établis hors de France – en particulier pour l’inclusion citoyenne, l’accès aux services publics et le lien avec la Nation, il souhaite connaître : la date de finalisation de l’évaluation du dispositif PELF ; la date à laquelle cette évaluation sera transmise au Parlement ; les conclusions tirées par le ministère quant à l’avenir du PELF, qu’il s’agisse d’une reconduction, d’une adaptation ou d’une transformation vers un autre dispositif.

Il le remercie de bien vouloir lui apporter ces précisions attendues de longue date par les familles, les acteurs du réseau éducatif à l’étranger et les élus des Français de l’étranger.

Lire ma question écrite (JO Sénat du 27/11/2025 – page 5818)

(*) Précédemment nommé : Pass éducation langue française