Pour affaiblir une démocratie, il suffit parfois de lui faire perdre confiance en elle-même.
Des campagnes chinoises dénoncées en 2020 à la création de Viginum, notre réponse s’organise. Mais que se passe-t-il lorsque des responsables politiques français relaient ces manipulations ?
Au Sénat, j’ai rappelé notre double responsabilité : combattre les ingérences étrangères et refuser de leur servir de relais.
▶️ Mon intervention en 2 minutes 06.
VERBATIM de mon intervention
Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, ce texte visant à lutter contre les ingérences étrangères répond à une menace contre laquelle nous alertions dès 2020. En avril de cette année là, j’avais déposé au mois de juin de cette année-là avec notre ancien collègue Rachel Mazuir, j’avais demandé la création d’une force de réaction cyber contre les campagnes de désinformation étrangères. Pourquoi ? Parce qu’au moment où nos soignants se battaient pour sauver des vies, le site de l’ambassade de Chine diffusait des accusations scandaleuses : les personnels de nos Ehpad auraient déserté leurs établissements, laissant mourir les résidents de faim et de maladie. Mesurez la violence de ces accusations pour les soignants et pour les familles !
Notre rapport décrivait une stratégie visant à occulter les défaillances initiales des autorités chinoises, à promouvoir leur modèle et à dénigrer les démocraties. L’année suivante, le 13 juillet 2021, le Gouvernement créait Viginum, répondant à l’exigence que nous avions formulée. Je veux saluer le travail de ces équipes. Toutefois, détecter et documenter une opération ne suffit pas toujours à en interrompre les effets : il faut aussi pouvoir agir. Le présent texte vient renforcer nos moyens juridiques pour ce faire.
Mes chers collègues, certaines puissances étrangères cherchent à rompre la confiance des citoyens dans notre système démocratique. Elles exploitent nos fractures, discréditent nos institutions et nourrissent la suspicion pour détruire les démocraties de l’intérieur. Des responsables politiques nationaux font parfois leur jeu, par opportunisme, par cynisme ou en relayant sans vérification des accusations qui servent leur camp. Ils contribuent à fragiliser la confiance dont notre démocratie a besoin.
Notre responsabilité est donc double : combattre les opérations étrangères et refuser de leur servir de relais.
Tout l’enjeu résidera dans la bonne application de ce texte : détecter rapidement, établir les faits et agir efficacement, sous le contrôle du juge et dans le respect des libertés. Nous devons veiller à ce que ces dispositions deviennent une protection effective de notre débat public.
Défendre la démocratie exige des moyens, de la vigilance et le sens de la responsabilité politique.











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