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Maroc – La « réunion de concertation consulaire » ou comment travailler autrement sur les bourses scolaires ?

Les élus consulaires du Maroc pourraient inspirer nos communautés françaises dans la gestion des bourses scolaires, véritable sac de nœuds administratif. Sur place, ils se sont rendu compte que les six consulats généraux du pays n’instruisaient pas leurs dossiers de la même manière.

D’où l’idée de créer des réunions de concertation consulaires sur le sujet des bourses. Elles se tiennent alternativement dans l’un des six consulats concernés : Tanger, Fès, Casablanca, Agadir, Rabat et Marrakech.

Fenêtre MarocAutour de la table, on trouve un représentant de chaque consulat et le vice-président de chaque conseil consulaire, soit un élu local.

Le but est mettre les problèmes à plat et les expériences en commun. Quels sont les documents les plus pertinents et les modes de calcul à retenir pour vérifier le train de vie des familles et déjouer les fraudes ? Comment travailler efficacement sans pour autant créer un climat de suspicion général, ni léser des familles qui se trouvent dans des situations sensibles ?

Le travail collaboratif permet de diffuser les bonnes pratiques et d’oser de nouvelles approches par effet d’émulation.

« Ces réunions de concertation ont fait avancer beaucoup de choses, se félicite Pascal Capdevielle, conseiller consulaire du Maroc. Par exemple, les honnêtes gens ne sont plus obligés d’attendre des mois pour obtenir une réponse. »

Maroc – Pascal Capdevielle réclame un lycée français à Fès !

Lors de mon déplacement au Maroc, le conseiller consulaire Pascal Capdevielle a organisé ma visite du groupe scolaire La Fontaine à Fès qui accueille les enfants de la moyenne section (4 ans) jusqu’en troisième.

Une fois en classe de troisième, les élèves appréhendent la suite de leur scolarité. Trois d’entre-eux me l’ont exprimé avec une sincérité touchante, lors de la soirée organisée par Pascal qui réunissait une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles des professeurs, des industriels ou des fonctionnaires.

Soirée de la communauté française à Fès, autour de l’Enseignement. (g. à d.) : Myriam Benkeroum ; Pascal Capdevielle, conseiller consulaire Maroc ; Vincent Cazelle, conseiller consulaire Maroc, Olivier Cadic ; jean Luc Ronceray ; Micheline Vilchez

Soirée de la communauté française à Fès, autour de l’Enseignement. (g. à d.) : Myriam Benkeroum ; Pascal Capdevielle, conseiller consulaire Maroc ; Vincent Cazelle, conseiller consulaire Maroc, Olivier Cadic ; jean Luc Ronceray ; Micheline Vilchez

Quelle est la cause de leur anxiété ? Ils veulent bien aller au lycée, mais ils ne veulent pas aller en internat. Pourtant, pas d’échappatoire possible, puisque le lycée français de Meknès se situe à 45km de Fès. Il est vrai que je les ai trouvés un peu jeunes pour ce mode de scolarité. Lorsque j’ai brièvement raconté à ces enfants l’histoire du plan Ecole de Londres, ils m’ont répondu en cœur : « Faites-le à Fès, monsieur ! »

Les parents d’élèves aussi préféreraient la création d’un lycée français à Fès, quatrième ville du Maroc, comptant 1,5 millions d’habitants. Une préoccupation majeure pour le club UDI de Fès. Sans compter que Fès se développe plus vite que Meknès : il y a 1200 élèves à Meknès, contre 700 dans la ville de Fès.

Les travaux qui vont intervenir, dans les prochains mois, à La Fontaine vont seulement augmenter les capacités, afin de disposer de trois classes par niveau, au lieu de deux, car on approche des 30 élèves par classe en moyenne.

Des travaux qui sont les bienvenus. « L’état du lycée français et son confort d’étude, c’est aussi l’image de la France que l’on véhicule », dit justement Pascal.

Ce projet de rénovation, on l’attend depuis neuf ans. La moitié du financement est désormais provisionnée, soit près de 4M€, ouvrant la voie à la sélection d’un architecte.

L’Institut français voudrait profiter de l’aubaine, en venant s’installer dans l’enceinte de l’école. Vivant essentiellement de ses cours de français, l’Institut veut utiliser les salles de classe aux heures vacantes. Une démarche qui n’emballe pas Pascal à juste titre. Il préfèrerait que l’on se concentre sur le développement du site pour faire face à la demande scolaire.

Le réseau scolaire français est loin de combler la demande au Maroc. Ce pays est pourtant le plus important pays d’implantation de l’AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger, scolarisant 15.000 élèves.

Pour tenir le choc, le système scolaire français est devenu hyper sélectif vis à vis des petits marocains qui doivent passer un test dès la maternelle ! Rien n’y fait, c’est l’engorgement. « Bientôt, à Casablanca, on ne pourra même plus prendre les enfants Français », m’a dit le conseiller consulaire Gilles d’Agescy.

Pascal Capdevielle, conseiller consulaire Maroc ; Olivier Cadic ; Sandrine Tranchet, consule honoraire de Oujda ; Gilles Bourbao, consul général de Fès

Pascal Capdevielle, conseiller consulaire Maroc ; Olivier Cadic ; Sandrine Tranchet, consule honoraire de Oujda ; Gilles Bourbao, consul général de Fès

Que faire ? Charles Fries, notre ambassadeur au Maroc, souhaite développer la coopération éducative avec les écoles publiques Marocainus. L’idée d’un plan Ecole ambitieux pour le Maroc fait son chemin.

Si le réseau français est le plus étendu dans ce pays, d’autres enseignements se développent et la concurrence s’établit. Ainsi, l’American School de Fès progresse d’année en année, offrant une instruction trilingue (anglais, français et arabe) et un diplôme accepté par les universités américaines. L’école assure même le suivi des opérations outre-Atlantique : inscriptions, bourses…

Dans tout le Maroc, les écoles américaines, belges ou bien italiennes se créent en proposant notamment le baccalauréat international. « La pression monte, et nous devons réagir en relançant la dynamique », conclut Pascal Capdevielle.

Il faut un lycée français à Fès ! Des parents d’élèves sont motivés. Et si on laissait fleurir l’initiative privée ?

Tunisie – Bernard Vasseur entreprend le lycée du XXIème

Bernard Vasseur, proviseur du lycée Gustave Flaubert, la Marsa ; Olivier Cadic et Laurent Beugnies, directeur administratif et financier

Bernard Vasseur, proviseur du lycée Gustave Flaubert, la Marsa, Olivier Cadic et Laurent Beugnies, directeur administratif et financier

Un vaste chantier d’amélioration des établissements scolaires français est engagé à Tunis. J’ai pris plus particulièrement la mesure du projet de réhabilitation du campus scolaire de la Marsa. Le proviseur Bernard Vasseur m’a fièrement déployé ses plans et ses modélisations 3D lors de ma visite à Tunis, le mois dernier.

Je connais Bernard depuis des années puisqu’il a été précédemment le proviseur du lycée Charles de Gaulle à Londres. Sous le ciel azur de Tunis, il n’a rien perdu de son enthousiasme communicatif. Il est désormais à la tête de l’Etablissement régional de la Marsa (ERLM), une structure d’enseignement qui comprend 5 écoles primaire, deux collèges et le fameux lycée Gustave Flaubert.

L’ERLM comporte ainsi 8 sites et scolarise 3200 élèves. Après avoir rénové les écoles de Nabeul et de Bizerte, il faut, suite à l’achat d’un terrain à Sousse, entreprendre la construction d’un nouveau collège qui regroupera les écoles maternelle, primaire et secondaire sur un même lieu. Les travaux débuteront en septembre prochain pour deux ans, pour un montant de 8M€.

Ce lycée Gustave Flaubert tient son nom de l’écrivain qui ressuscita Carthage dans notre imaginaire, à travers le roman historique Salammbô. L’âme de la cité antique flotte toujours sur Tunis qui préserve fièrement sa vocation de port international : 40 nationalités se côtoient dans les établissements scolaires français de Tunisie.

Les plans de rénovation du lycée Gustave Flaubert, à l’aspect futuriste

Les plans de rénovation du lycée Gustave Flaubert, à l’aspect futuriste

En septembre débuteront les grands travaux au lycée, pour un montant de 4M€, qui verront, d’ici quatre ans, la rénovation complète du site et l’éclosion d’un pôle scientifique et technique, ainsi que d’un nouvel internat. J’ai profité des commentaires emballés de Bernard, sur plan et sur site. « Nous entrons de plain-pied dans le XXIème siècle », résument ses collaborateurs. L’implication des professeurs en amont a permis de parfaitement cerner les besoins. Par-delà l’aspect fonctionnel, on note que l’esthétique générale et le souci du bien-être n’ont pas été négligés !

Le groupe scolaire de La Marsa accueille déjà 2160 élèves de la maternelle aux classes terminales et obtient de très bons résultats aux examens du baccalauréat, avec un taux de réussite global de 97,30%. Sur place, 122 enseignants s’emploient à former « des citoyens du monde », responsables, solidaires et ouverts à toutes les cultures.

Ecole Georges Brassens : Patrick Flot, conseiller  de Coopération et d'Action culturelle et directeur de l'Institut français en Tunisie ; Réda Galou, directeur de l’école Georges Brassens ; Bernard Lemasle, proviseur du lycée Pierre Mendès France et Olivier Cadic

Ecole Georges Brassens : Patrick Flot, conseiller de Coopération et d’Action culturelle et directeur de l’Institut français en Tunisie ; Réda Galou, directeur de l’école Georges Brassens ; Bernard Lemasle, proviseur du lycée Pierre Mendès France et Olivier Cadic

Il revient à l’élève de créer l’événement. Au vu du succès rencontré, Bernard va reconduire la Quinzaine des arts et de la culture qui avait été initiée en 2014. Autre motif de fierté, un livre qui vient d’être labellisé par la Mission du centenaire 14/18, «Abdallah, tirailleur tunisien en 14/18”, rédigé par six élèves de seconde du lycée Gustave Flaubert, sous la direction de leur professeur d’Histoire-géographie, Pierre-Emmanuel Gillet.

Le vent de rénovation a aussi soufflé sur l’Etablissement régional de Tunis (ERT) qui regroupe le lycée-collège Pierre Mendès France et deux écoles primaires : Robert Desnos et Georges Brassens. J’ai visité cette dernière, chaleureusement accueilli par son directeur Réda Galou. L’ensemble représente 3000 élèves. Depuis 2010, sous la férule du proviseur Bernard Lemasle, les établissements ont bénéficié à tour de rôle de financements pour moderniser leurs infrastructures.

Tunisie – Visite d’un foyer familial unique en son genre, géré par une association d’origine française

A la faveur d’un déplacement à Tunis, j’ai eu le loisir de découvrir un endroit qui respire la sérénité, grâce à Madeleine Ben Naceur, conseillère consulaire. Il s’agit du foyer familial Delarue Langlois, dont Madeleine est la secrétaire générale.

Le jardin du foyer Delarue Langlois

Le jardin du foyer Delarue Langlois

L’histoire de ce foyer remonte à 1944, lorsque M. Delarue, et sa femme, née Langlois, avaient décidé de léguer par testament leur propriété afin qu’il y soit fondée une maison d’accueil pour personnes âgées et esseulées.

Niché dans la banlieue sud de Tunis, à Radès, ce foyer est la seule maison de retraite française, privée, à but non lucratif, plurinationale et non confessionnelle de toute la Tunisie !

Le foyer se flatte d’être une association. « Le profit n’est pas la priorité, mais bien sûr, il faut équilibrer les comptes », souligne Madeleine. Association de droit tunisien mais de gestion française, cette maison de convalescence et de retraite autofinance son fonctionnement.

Ses revenus proviennent de deux sources. En premier lieu, l’encaissement de modestes pensions, récemment revalorisées, versées par les résidents. Certains d’entre eux, Français, sont pris en charge par le consulat de France (allocation de solidarité), tandis que d’autres, de nationalité italienne, sont pris en charge par l’ambassade d’Italie. En second lieu, « nous recevons une subvention de l’Etat français, de 20.000 euros en moyenne, qui doit être exclusivement consacrée à des travaux, m’a précisé la secrétaire générale. Cette année, notre priorité est la sécurité. »

(de g. à d.) : Rencontre avec l’équipe du foyer : Madeleine Berger Ben Naceur, conseillère consulaire et secrétaire générale du comité directeur du Foyer, Marie-Lise Ben Yahmed, vice-présidente du comité, Olivier Cadic, Rita Bannino, présidente du comité, Me Gambard Trebucien, consule générale de France en Tunisie, M. Bouhajeb, directeur du foyer, Ahmed Boubaker, membre du comité (janvier 2015).

(de g. à d.) : Rencontre avec l’équipe du foyer : Madeleine Berger Ben Naceur, conseillère consulaire et secrétaire générale du comité directeur du Foyer, Marie-Lise Ben Yahmed, vice-présidente du comité, Olivier Cadic, Rita Bannino, présidente du comité, Me Gambard Trebucien, consule générale de France en Tunisie, M. Bouhajeb, directeur du foyer, Ahmed Boubaker, membre du comité (Radès – janvier 2015).

Le foyer dispose d’un effectif d’une vingtaine de personnes, encadrée par un directeur, chargé de la gestion au quotidien. Toute la partie relevant de l’administration générale, de la gestion technique ou des rapports officiels avec les diverses autorités et ambassades est assurée à titre strictement bénévole par le comité directeur de l’association, dont la présidente est Rita Bannino.

Cette équipe se mobilise pour permettre à une quarantaine de pensionnaires, en chambres individuelles ou double, de couler leurs derniers jours dans un environnement chaleureux et digne.

Signe des temps, les résidents sont des personnes âgées de plus en plus dépendantes et indigentes. Par ailleurs, la nature des habitats et les mœurs modernes ont rendu impossible la cohabitation d’une génération avec ses ainés. « Triste évolution », pense Madeleine en m’expliquant que des investisseurs ont compris qu’il existait un marché naissant. Depuis 5 ou 6 ans, des centres d’accueil pour personnes âgées apparaissent ici et là. Leur but est clairement lucratif.

Le foyer Delarue Langlois risque de conserver, pour longtemps encore, le « monopole du cœur ».

Algérie / Annaba : les initiatives locales épaulées par l’UFE Annaba

A mon arrivée à Annaba, en janvier dernier, j’ai été accueilli par Franck Simaer, consul général de France, avant de retrouver le soir même les membres du bureau de l’UFE-Annaba et son président, Sabri Mêle, par ailleurs conseiller consulaire et conseiller AFE.

Avec Sabri, nous avons évoqué la question essentielle de l’enseignement français et de la pratique de notre langue à Annaba. Pour résumer la situation, on peut dire que la réouverture d’un lycée à Annaba dépend de l’appréciation souveraine de l’autorité politique. On peut seulement espérer un dénouement positif aux initiatives engagées en ce sens par Bernard Emié, ambassadeur de France à Alger (lire Lire : “Algérie / Alger – Vers un plan Ecole, sous l’impulsion de l’ambassadeur Bernard Emié ?” du 03 février 2015).

Réveiller l’influence française est la cause défendue avec enthousiasme par l’UFE locale. Pour ses membres, chaque projet mérite attention, surtout lorsqu’il est naissant, car on doit souffler avec vigueur sur une brindille qui s’enflamme.

Sabri est représentatif de l’esprit qui anime l’UFE-Annaba. En premier lieu, l’amour de cette ville, dont il faut préserver l’héritage des pierres et de la mémoire. En 2000, Sabri a fondé l’association In Mémoriam pour la sauvegarde et l’entretien des cimetières français pour l’Est de l’Algérie.

Visite de la Maison des petites sœurs des pauvres, en compagnie du consul général, Franck Simaer – Annaba, janvier 2015

Visite de la Maison des petites sœurs des pauvres, en compagnie du consul général, Franck Simaer – Annaba, janvier 2015

Ville chargée d’histoire, Annaba abrite la basilique St Augustin, des ruines romaines et un musée. Moment d’émotion, une pensionnaire âgée de 87 ans, seule résidente française de la Maison des petites sœurs des pauvres semblait m’attendre devant la basilique. Elle m’invita à visiter cet établissement dédié aux personnes âgées afin de leur permettre de vivre de manière paisible et sereine grâce à la générosité des habitants d’Annaba.

Sensible à la culture et attaché au passé, Sabri n’en est pas moins un vibrant militant du développement économique au bénéfice de cette perle de Méditerranée, où se bousculent un million d’habitants et dont la jeunesse transparait.

Les Français sont toujours les bienvenus pour venir y entreprendre. Mais la délivrance d’un visa de travail « relève de l’utopie », soupire notre conseiller consulaire.

En me faisant visiter sa fabrique de meubles, un entrepreneur français, Alain Clément, m’a confirmé l’immensité des perspectives de la région, si les choses étaient plus faciles. « Il y a partout des portillons, où personne ne se bouscule », résume Sabri avec son sens inimitable de la formule.

Les entrepreneurs locaux qui œuvrent en faveur des Français de l’étranger sont aussi accompagnés par l’UFE-Annaba. Lors de son cocktail dinatoire, l’association avait notamment invité Slim Benyagoub, directeur et fondateur d’une école privée, les Glycines, où l’on enseigne le français, entre autres matières. L’école les Glycines est une école privée d’environ 150 élèves, créée en 1999. Le cursus comprend la maternelle, le primaire et le collège.

Slim Benyagoub m’a informé que son école était en attente d’une dérogation de l’AEFE pour permettre aux enfants de nos compatriotes inscrits dans son établissement de bénéficier de bourses scolaires.

Je remercie notre consul général Franck Simaer pour son accueil à la Résidence qui m’a permis de rencontrer Jean Pierre Maqueda, consul adjoint chef du service des Français, Marcel Voleau, consul adjoint chef du service des visas et Zobeida Mecheri, conseillère consulaire. J’ai également pu échanger avec diverses personnalités locales, parmi lesquelles Marie Ménar, présidente d’In Mémoriam, Marie Paule Laib, présidente des Dames de l’Age d’or et le Père Ambroise.

J’ai été flatté de la réception que le consul a donnée en mon honneur en rassemblant la communauté française. Je suis aussi reparti avec ce doux souvenir d’un diner en bord de mer, organisé par Sabri, réunissant les membres de l’UFE.

Les membres du bureau de l'UFE-Annaba entourant Olivier Cadic et leur président Sabri Mêle, conseiller consulaire et conseiller AFE

Les membres du bureau de l’UFE-Annaba entourant Olivier Cadic et leur président Sabri Mêle, conseiller consulaire et conseiller AFE

Algérie / Annaba : Sabri Mêle veut réveiller l’enseignement français

C’est une longue histoire d’amour entre les Français et la ville d’Annaba. L’ancien lycée Pierre et Marie Curie fut le creuset de la culture française pour de nombreuses générations. Sabri Mêle, conseiller consulaire, conseiller AFE et président de l’UFE Annaba, qui m’a accueilli dans sa circonscription, est lui-même un ancien élève du lycée.

Fermé en 1993 durant la décennie noire en Algérie, l’ancien lycée français a laissé un vide dont les conséquences sont patentes : alors que 97% de la communauté française est binationale, il est inquiétant de constater que 70% des Français inscrits au consulat ont des difficultés à s’exprimer en français.

Le professeur Mahfoud Benosmane, directeur de la réputée Ecole préparatoire en sciences économique (EPSE) en arrière-plan, et Olivier Cadic

Le professeur Mahfoud Benosmane, directeur de la réputée Ecole préparatoire en sciences économique (EPSE) et Olivier Cadic

Les bâtiments à l’architecture mauresque qui abritaient le lycée ont retrouvé leur vocation pédagogique. Ils accueillent désormais les étudiants de l’Ecole préparatoire en sciences économiques (EPSE), un établissement sélectif qui prépare aux grandes écoles de commerce et de gestion. « L’Algérie a un besoin croissant de managers de haut niveau », m’a confié son directeur, le professeur Mahfoud Benosmane.

Dans ce pays où la moitié de la population à moins de 20 ans, la formation des cadres économiques est un enjeu crucial. Mais il serait dommage de perdre en route tout l’héritage culturel français.

Le grand rêve, « le rêve urgent », serait d’ouvrir un lycée français à Annaba. « Les expatriés ne veulent pas venir s’ils n’ont pas la possibilité de scolariser les enfants », m’a dit Sabri, en bonne logique. Il a d’ailleurs remarqué que les personnels administratifs mutés à Annaba étaient plutôt en fin de carrière, ce qui sous-entend que leurs enfants sont suffisamment autonomes pour ne pas les accompagner. C’est autant de dynamisme perdu pour la communauté française locale.

J’ai porté un message d’espérance à Sabri en lui faisant part de ma rencontre avec Bernard Emié, ambassadeur de France à Alger, qui projette à mettre en place un plan Ecole. Il envisage ainsi s’inspirer d’une méthode de travail qui a prouvé son efficacité au Royaume-Uni où il était précédemment en poste. Impliquant toutes les parties prenantes, ce plan viserait à élargir l’offre de scolarité à Alger et ouvrir deux lycées français, l’un à Oran, l’autre à Annaba.

Accompagné de Franck Simaer, dynamique consul général de France à Annaba, j’ai visité l’Institut Français, situé au centre-ville. David Queinnec, son directeur, ne ménage pas sa peine pour attiser le rayonnement français à Annaba. Son institut propose notamment des cours de langue française, précieux vecteur d’influence. Sabri m’avait prévenu que les locaux avaient « sérieusement besoin d’un rafraichissement, puisqu’ils n’ont pas été rénovés depuis 1987 ». En effet, David Queinnec attend impatiemment la rénovation prévue en 2016 qui va redonner du cachet à son établissement.

En attendant, le département de langues de l’Institut devrait pouvoir déménager vers un nouveau site dès cette année. Bonne nouvelle pour tous ceux qui sont attachés à l’enseignement du français.

Algérie / Alger : Radya Rahal, l’opiniâtre conseillère consulaire

Lors ma visite à Alger, au début janvier, j’ai revu avec joie Radya Rahal, conseillère consulaire et conseillère à l’AFE. Nous nous sommes entretenus des vives attentes de notre communauté, qu’elle défend avec opiniâtreté.

L’enseignement français est un point pivot du développement de cette communauté. A Alger, il fait bon vivre, mais l’offre scolaire pour les expatriés est trop frugale. On trouve le lycée International Alexandre Dumas, géré par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Cet établissement accueille un millier d’élèves (collège et lycée). Pour les plus jeunes, les parents s’orientent vers l’EPIAD géré par l’AEFE (créé en 2012) avec un effectif d’environ 450 élèves et la Petite Ecole d’Hydra, ouverte à Alger en 2005 par la Mission laïque française. Celle-ci regroupe près de 200 enfants, repartis de la petite section au CM2.

(de g. à d.) Karim Dendene, conseiller consulaire et VP du conseil consulaire, Radya Rahal, conseillère consulaire, Olivier Cadic, Blandine Donot, présidente de l’UFE Alger et Jean-Pierre Montagne, consul général d’Alger - janvier 2015

(de g. à d.) Karim Dendene, conseiller consulaire et VP du conseil consulaire, Radya Rahal, conseillère consulaire, Olivier Cadic, Blandine Donot, présidente de l’UFE Alger et Jean-Pierre Montagne, consul général d’Alger – janvier 2015

Dans ce pays très francophile, le réseau français d’enseignement suscite beaucoup d’engouement, au point que les élèves français ne représentent que 40% des effectifs.

Que faire ? Radya applaudit à l’idée de l’ambassadeur, Bernard Emié, de créer un plan Ecole. Il permettrait de multiplier les places à Alger et, par ailleurs, « il est urgent de rouvrir une école française à Oran et une autre à Annaba pour faciliter la venue de nos compatriotes en famille », insiste la conseillère.

Le besoin est pressant, la volonté est tangible et les moyens peuvent être mobilisés, « mais le plus gros problème est celui du foncier », soupire Radya. Pour bénéficier d’un terrain, il faut obtenir l’aval de l’Administration qui obéit à ses propres critères et travaille selon sa propre temporalité.

Même contrainte pour un particulier expatrié qui voudrait vendre son bien immobilier. Il doit obtenir une autorisation préfectorale (wilayale) qui peut donc lui être refusée. L’attente du sésame peut se compter en années quand nos compatriotes ne sont pas spoliés de leurs biens, chose malheureusement récurrente. Une fois la vente réalisée, le transfert des fonds peut lui aussi réclamer des mois de patience.

En Algérie, les contraintes administratives s’allègent constamment, mais elles découragent encore trop d’investisseurs habitués à plus de facilités, sinon à être courtisés. Alors, il faut une solide motivation pour le petit entrepreneur qui veut s’installer sur place ou rapatrier ses dividendes. La situation est évidemment différente pour les sociétés du CAC40, m’a-t-on expliqué.

Les membres de l’UFE Alger réunis pour la galette des rois, organisée par leur présidente Blandine Donot

Les membres de l’UFE Alger réunis pour la galette des rois, organisée par leur présidente Blandine Donot

Les conseillers consulaires sont conscients que bien des problèmes, comme la vente et l’achat de biens, la création d’écoles, ne peuvent se régler qu’au niveau politique. Ils essaient néanmoins d’imaginer des solutions. J’admire ce mérite si particulier de faire face au système qui peut apparaitre si opaque et déroutant.

Je suis reconnaissant à Jean-Pierre Montagne, consul général d’Alger, dévoué et efficient relais consulaire, de m’avoir permis d’échanger avec nos élus consulaires d’Alger dans le prolongement du conseil de sécurité afin de prendre la mesure des attentes locales.

Accompagné de notre consul général et de Radya, qui a été ma complice au sein de la commission Finances de l’AFE, durant huit ans, j’ai déambulé quelques heures dans les rues d’Alger à la découverte des chemins qui m’ont été si souvent décrits avec nostalgie par ma famille alors que j’étais enfant.

Si les aventures d’Astérix se terminent par un banquet autour d’un sanglier, celles d’Alger se sont achevées autour d’une galette des rois organisée par Blandine Donot, présidente de l’UFE Alger dans un climat de grande convivialité.

Tous sont enthousiastes et optimistes vis-à-vis de l’avenir.

La coopération entre l’Algérie et la France est prometteuse. Le résultat peut être éloquent. On pense à l’ESAA, l’Ecole supérieure algérienne des affaires, dont chacun parle comme d’une fierté locale. « Une école de perfectionnement qui forme aussi des directeurs de grands groupes à notre mode de management », souligne Radya.

Lancement du club UDI-Montréal

Lors de mon déplacement en circonscription au Canada, j’ai eu le plaisir de participer au lancement du club UDI-Montréal, qui sera animé par Arthur de Lembeye.

Ce déplacement a fait l’objet d’un reportage de L’Outarde libérée : “Olivier Cadic en visite à Montréal” (3m20)

Lire aussi : « Rififi à l’UDI Canada, Séverine Boitier quitte le parti, Olivier Cadic reprend la main » – l’Outarde libérée du 23-01-2015

Algérie / Alger – Vers un plan Ecole, sous l’impulsion de l’ambassadeur Bernard Emié ?

Olivier Cadic et Bernard Emié, ambassadeur de France à Alger, 7 janvier 2015

Olivier Cadic et Bernard Emié, ambassadeur de France à Alger, le 8 janvier 2015

Certains épisodes de nos vies ne pourront jamais s’effacer de nos mémoires. Le lendemain du massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, j’assistais au conseil de sécurité conduit par Bernard Emié, ambassadeur de France en Algérie.

Sous le coup de l’émotion, l’esprit rationnel est à la peine. Alors, ce 8 janvier, je regardais avec respect Bernard Emié animer son conseil de sécurité, tour à tour rassurant, rassembleur et intransigeant sur les mesures à prendre. Ambassadeur à Beyrouth, il y a dix ans de cela, l’homme a été rompu aux situations critiques, cela frappe l’observateur.

Je revoyais aussi Bernard Emié dans son rôle de président du comité de pilotage du plan Ecole pour le Royaume-Uni. Tandis qu’il était ambassadeur à Londres, du printemps 2011 jusqu’à l’été 2014, j’ai participé à ses côtés à des dizaines de réunions ou de cérémonies officielles, en qualité d’élu à l’AFE.

Le plan Ecole est notre plus grande fierté commune. Aucun établissement secondaire français n’avait vu le jour à Londres depuis 1917 ! Lorsqu’il quitte ses fonctions, la création du lycée international de Wembley est acquise, succédant à l’ouverture du CFBL, le Collège français bilingue de Londres, deux ans plus tôt (lire : “Bernard Emié pose la première pierre d’un nouveau lycée français à Londres” du 02 juillet 2014).

Réunion d'entrepreneurs à la Résidence des Oliviers à Alger

Réunion d’entrepreneurs à la Résidence des Oliviers à Alger

L’efficacité du plan Ecole repose sur une approche managériale et participative. Nous nous fixons des indicateurs chiffrés et nous impliquons toutes les parties prenantes à l’exécution.

Une approche qui ne peut que séduire le parterre d’entrepreneurs devant lequel nous sommes intervenus à tour de rôle et qui lui a valu une belle ovation.

En Algérie, notre ambassadeur s’est rendu compte qu’il manquait vraisemblablement un plan Ecole…

Un seul établissement secondaire français pour toute l’Algérie ne peut suffire à assurer la continuité du service d’éducation pour les enfants français, dont les parents résident et travaillent en Algérie. D’autant que les relations d’affaires vont bon train entre nos deux pays et que la France peut se flatter de son excédent commercial.

Ecole supérieure algérienne des affaires – Olivier Cadic entre deux diplômés qui viennent de créer l'association des anciens élèves. A leur droite, Mohamed Chami, directeur général de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie et Arnaud de Rincquesen, Associé de Deloitte Algérie

Ecole supérieure algérienne des affaires – Olivier Cadic entre deux diplômés qui viennent de créer une association des anciens élèves. A leur droite, Mohamed Chami, directeur général de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie et Arnaud de Rincquesen, associé de Deloitte Algérie

Le lycée international Alexandre Dumas, appartient au réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et accueille près de 1000 élèves. A noter que les bourses scolaires ont représenté une dépense de 1,2M€ pour 365 enfants, essentiellement scolarisés à Alger.

Comment désormais anticiper les besoins et densifier le réseau d’écoles françaises ?

Bernard Emié a d’ores et déjà lancé une réflexion prospective à 10 ans en imaginant l’ouverture d’un lycée à Oran et d’un autre à Annaba. Les autorités algériennes ont été sollicitées pour envisager de quelle manière on pourrait ouvrir un établissement dans ces deux villes qui comptent beaucoup de Français.

L’Algérie est le troisième pays le plus francophone du monde. Et pour cause, on y dénombre 55.000 professeurs de français! Cet atout nous encourage à la promotion de la langue et de la culture françaises, comme à la coopération éducative bilatérale.

A ce propos, l’occasion m’a été donnée de visiter l’Ecole supérieure algérienne des affaires (ESAA), un établissement d’excellence d’enseignement supérieur de gestion, bel exemple de coopération entre l’Algérie et la France qui fêtera ses 10 ans en Avril prochain. Leurs anciens élèves occupent tous des postes du niveau de directeurs d’activité.

Je salue la vision courageuse de notre ambassadeur à Alger. Je ne doute pas de son succès et de l’empreinte qu’il laissera de son passage en Algérie, à tous égards.

(Je publierai ultérieurement d’autres billets pour relater toutes les étapes de mon déplacement en circonscription dans les pays du Maghreb, en ce début d’année).

Norvège: Claire Ménard et Gérard Pignatel, conseillers rassembleurs de la communauté française

Olivier Cadic entre Gérard Pignatel et Claire Ménard, conseillers consulaires de Norvège

Olivier Cadic entre Gérard Pignatel et Claire Ménard, conseillers consulaires de Norvège

Aimablement invité par Claire Ménard et Gérard Pignatel, conseillers consulaires pour la Norvège et l’Islande, j’ai participé au diner de gala de l’UFEN (Union des Français de l’étranger en Norvège), en présence de notre ambassadeur Jean-Marc Rives, le 17 janvier dernier.

A l’approche de son assemblée générale, l’UFEN organise traditionnellement un repas annuel. Preuve de leur bonne humeur et de leur humour, les membres de l’UFEN ont créé une chorale baptisée Les Trémolos !

Les Trémolos, chorale des membres de l’UFE Norvège, en récital de chansons françaises lors de la soirée de gala du 17 janvier 2015

Les Trémolos, chorale des membres de l’UFE Norvège, en récital de chansons françaises lors de la soirée de gala du 17.01.2015

La centaine de personnes présente à la fête m’a semblé représentative de la communauté française qui m’est toujours apparue l’esprit dégagé et l’air épanoui. Pas de nuages à l’horizon, même si les attentats parisiens ont réveillé la plaie du massacre commis par Breivik en 2011.

Dès lors, assister des Français en difficulté est un travail à la marge pour les conseillers, m’a expliqué Claire Ménard. Ils font quelquefois face aux pépins administratifs rencontrés par tout Français qui s’expatrie, mais rien de notable dans l’ensemble. Il reste du temps pour penser le futur. « On est dans un pays heureux en Norvège !», m’a lancé Gérard Pignatel.

Dans les cartons, il existe, sous l’impulsion des autorités norvégiennes, un projet de délocalisation partielle de la partie collège/lycée du Lycée René Cassin sur un campus international comprenant également le lycée allemand et deux lycées norvégiens dans le respect des identités de chacun. Cette proposition permettrait d’abandonner des locaux devenus étroits pour un ensemble moderne, où les terrains de sport seraient mutualisés et toutes les synergies imaginables entre les trois écoles.

Le projet est suivi avec attention par Claire et Gérard, d’autant qu’ils sont membres du comité de gestion du lycée français. Comité qui s’est prononcé positivement et à l’unanimité en faveur de l’étude de ce projet. « Je pense que ce serait une excellente chose, mais nous en sommes seulement à la phase de définition des besoins, tempère Gérard. L’opération pourrait prendre encore quelques années ».

Jean-Marc Rives, ambassadeur de France en Norvège et Olivier Cadic

Jean-Marc Rives, ambassadeur de France en Norvège et Olivier Cadic

La soirée de l’UFE fut l’occasion pour Jean-Marc Rives de me confier lui-aussi un projet que je trouve pertinent pour renforcer nos échanges commerciaux. Notre ambassadeur souhaite créer un club d’affaires entre la France et la Norvège. Cette initiative viendrait s’ajouter, dans un autre registre, au travail particulièrement actif de la chambre de commerce franco-norvégienne.

L’idée serait d’organiser des rencontres de dirigeants en s’appuyant sur les entreprises françaises déjà implantées en Norvège et sur le NHO, le Medef norvégien.

Dès mon retour, j’ai donc eu le plaisir de créer le contact entre notre ambassadeur et le bureau de Pierre Gattaz, président du Medef. A son initiative, le Medef a déjà développé des relations bilatérales directes avec certains pays.

Françoise Conestabile dynamise l’UFE Portugal qui dépasse 350 membres !

A la douceur de vivre, les Français du Portugal ont voulu ajouter la convivialité, c’est pourquoi leur communauté est vivante et organisée. Tous connaissent Françoise Conestabile qui se charge efficacement de ce travail de ralliement au sein de l’UFE locale.

Françoise Conestabile, présidente de l’UFE Portugal

Françoise Conestabile, Conseillère à l’AFE, conseillère consulaire au Portugal et présidente de l’UFE Portugal

En parallèle, Françoise a poussé son implication jusqu’à se faire élire conseillère consulaire pour le Portugal puis a été également élue à l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, où elle siège à la commission des Finances.

Elle est d’abord attentive au soutien des nouveaux arrivants, notamment pour l’inscription des enfants au lycée français. Puis, Françoise aime réunir nos compatriotes en multipliant les rencontres à Lisbonne et en province dans le cadre de déjeuners réguliers, soirées événementielles ou journées plein-air. Enfin, la présidente de l’UFE Portugal entretient le lien en publiant une lettre d’information et un annuaire des membres.

Ceux qui ont croisé cette femme bienveillante et énergique ne s’étonneront pas que sa section dépasse désormais 350 membres !

Cette performance lui vaudra la visite de Gérard Pélisson, en personne, le 5 février prochain. Le président de l’UFE et fondateur du groupe Accor sera l’invité d’honneur du grand dîner annuel qu’elle organise.

L’anecdote est jolie puisque ce déplacement procède d’un pari ! « Lors d’une AG de l’UFE, il y a deux ans, M. Pélisson avait promis qu’il viendrait nous voir le jour où nous aurions atteint 200 membres !», raconte Françoise.

Je rencontrerai Françoise en mars prochain, lors de la session de l’AFE à Paris. Nous nous accorderons le temps d’évoquer la situation des Français du Portugal, dans le prolongement de ma rencontre avec Laurent Goater, conseiller consulaire du Portugal. (lire : ” La reconfiguration du réseau consulaire affecte les Français du Portugal” du 19 janvier 2015).

Photo : site Français du Portugal

La reconfiguration du réseau consulaire affecte les Français du Portugal

A la faveur d’un passage au Portugal pour le jour de l’An, j’ai eu le plaisir d’être accueilli par Laurent Goater, conseiller consulaire, avant de rencontrer notre ambassadeur Jean-François Blarel à Lisbonne, dans le superbe palais Santos.

Laurent Goater, conseiller consulaire du Portugal

Olivier Cadic et Laurent Goater, conseiller consulaire au Portugal, deux supporters de “Give me five”, parce que la Bretagne a 5 départements

Nous avons passé du temps à évoquer la situation des Français au Portugal et je me suis rendu compte du travail abattu par leurs élus. Mon ami Laurent, entrepreneur comme moi, est un conseiller exemplaire par son attitude altruiste et sa rectitude morale. Il fait partie de ces gens que chacun appelle en pensant qu’il est l’homme de la situation… quelle que soit la problématique.

Auprès de l’ambassadeur Jean-François Blarel, à Lisbonne, j’ai évoqué la fermeture du consulat général de Porto, prévue en avril prochain, ainsi que le transfert de l’Institut français au sein de l’ambassade de France.

La fermeture du consulat et le transfert de l’Institut sont la conséquence de la rationalisation des moyens qui conduit le ministère des Affaires étrangères à redimensionner son réseau diplomatique et consulaire à travers le monde (lire : “Quelles évolutions pour notre réseau consulaire ?” du 22 décembre 2014).

Vouloir travailler de façon plus rationnelle et se montrer économe des fonds publics est une démarche parfaitement louable. Il ne faut cependant pas se montrer économe d’imagination. La nécessité étant la mère de l’invention, on peut parfaitement tirer le rideau ou réduire la voilure d’un poste consulaire, à condition de trouver des solutions alternatives (lire : “Consulat d’Edimbourg : plébiscite pour une solution ’’à l’allemande’’ ” du 21 décembre 2014).

Les Français de Porto devront-ils comme les Français d’Edimbourg prendre le train et poser une journée de congés pour accomplir des formalités à l’époque de la technologie triomphante ? (lire : “Les services de proximité du consulat d’Edimbourg menacés” du 29 novembre 2014).

Palais de Santos à Lisbonne : Olivier Cadic, Jean-François Blare, ambassadeur de France au Portugal et Véronique Cartoux, conseiller consulaire – 2 janvier 2015

Palais de Santos à Lisbonne : Olivier Cadic, Jean-François Blarel, ambassadeur de France au Portugal et Véronique Cartoux, conseiller consulaire à Londres – 2 janvier 2015

J’ai apprécié que Jean-François Blarel partage cet état d’esprit et qu’il propose justement d’augmenter le nombre de consuls honoraires dans le nord du pays. En effet, il observe une recrudescence du nombre d’installations de nos compatriotes dans cette zone. On estime à environ 30.000 le nombre de Français établis au Portugal, dont une forte proportion de binationaux. La moitié de cette population est inscrite sur les registres consulaires et elle se répartie entre deux circonscriptions : Lisbonne (10.037 inscrits au 31 décembre 2013) et Porto (5435 inscrits). (lire : “Autorisons les consuls honoraires à traiter les demandes de passeport ou mon amendement anti-déplacement !” du 01 décembre 2010).

On comprend sur place pourquoi de nombreux Français ont choisi de vivre au Portugal. Le décor naturel à lui seul ferait oublier tous les tourments administratifs… A ce propos, la perspective que nous offre le jardin du palais Santos sur les berges du Tage est inoubliable. Cet espace de verdure ordonné sur deux niveaux, parsemé d’une grande variété d’arbres et de plantes, sert aussi au rayonnement français ! Ce décor de charme peut en effet être mis à disposition des entreprises et organisations professionnelles françaises, ou actives en France, pour des manifestations.

C’est aussi le cas du palais, rebâti peu après la Reconquista espagnole, qui renferme un mobilier d’exception et des œuvres d’art en provenance de tous les continents.

Jean-François Blarel, les conseillers consulaires Laurent Goater, Françoise Conestablile et certainement beaucoup de Français du nord du Portugal seront attentifs aux expérimentations administratives que nous souhaitons mener en Ecosse, comme autant de bonnes pratiques à transposer pour pallier la fermeture du consulat de Porto.

L’Ecole de Bristol va déménager et développer son offre pédagogique

Bonne nouvelle en provenance de Bristol : un contrat de bail, d’une durée de dix ans, a été signé entre l’Ecole française de Bristol et la mairie. L’école va enfin pouvoir déménager ! « La recherche de locaux a duré plus de cinq ans et c’est un grand soulagement dans l’équipe de direction », se réjouit Nicolas Hatton, un des quatre directeurs de l’école.

Les locaux actuels de l’Ecole française de Bristol

Les locaux actuels de l’Ecole française de Bristol

Le transfert s’effectuera pendant les vacances de février pour une réouverture prévue le lundi 23 février. Ces locaux, je me souviens qu’on y pensait déjà lors du 30ème anniversaire. L’équipe déplorait de ne pouvoir ouvrir une seconde classe de maternelle pour faire face au développement de la communauté française de Bristol (lire : “L’école française de Bristol fête ses 30 ans” du 01 août 2010)

« Ces locaux sont exactement ce qui nous recherchions », m’a dit Nicolas. En intégrant le campus de l’école primaire de Fonthill, dans le quartier populaire de Southmead (nord de Bristol), l’école va profiter d’un net regain de superficie et d’un bel espace extérieur.

L’objectif d’améliorer le cadre de travail des enfants de maternelle et de primaire « pour l’étude du français et de sa culture » est atteint. Toutefois, l’école poursuit un second objectif : offrir davantage de services pour répondre aux besoins éducatifs de la population de Bristol et de ses environs.

« Ce contrat de bail de dix ans nous permet de voir les choses à long terme », s’est félicité Nicolas, qui s’estime désormais plus serein pour réfléchir à la création d’un « plan Ecole Bristol », une action décentralisée pour la région de Bristol, à l’image de ce qui a été entrepris à Londres (lire : “En route pour le « plan Ecole pour tous », édition 2014-2020” du 13 juillet 2014).

Londres : bilan d’activité 2014 de vos conseillers consulaires

Déjà six mois de mandat pour vos conseillers consulaires, élus en mai dernier sur la liste d’Union de la droite et du centre : Véronique Cartoux, Sophie Routier et Stéphane Rambosson.

Soucieux de vous tenir informés de leur travail pour le compte de la circonscription de Londres, ils m’ont adressé ce message commun que j’ai le plaisir de publier :

Sophie, Véronique et Stéphane« Chers compatriotes,

Nous profitons de cette tribune pour vous adresser nos meilleurs vœux pour 2015.

Après l’effervescence des élections consulaires du mois de mai, nous sommes heureux d’avoir fait élire trois sénateurs qui représenteront avec pugnacité les intérêts de nos expatriés : Christophe-André Frassa, Jacky Deromedi et Olivier Cadic.

Services consulaires

Le 16 octobre dernier, les conseillers consulaires et conseillers à l’AFE se sont réunis pour un premier conseil consulaire, présidé par notre consul général, Olivier Chambard.

Ce conseil nous a permis de faire la connaissance des neuf consuls honoraires de Grande-Bretagne et d’entendre leurs besoins et leurs inquiétudes, comme l’illustre l’évolution du consulat d’Edimbourg qui pourrait bien obliger les Français d’Ecosse à se rendre jusqu’à Londres pour obtenir leurs passeports !

Notre projet électoral mentionnait un plan Qualité Consulat que nous voulons voir éclore, pour qu’aucun Français ne soit administrativement lésé sur le territoire britannique.

Enseignement

Le 6 novembre, vos conseillers ont activement participé au conseil consulaire dédié à l’enseignement français à l’étranger. Nous avons ainsi délibéré sur la recevabilité et le barème applicable aux demandes de bourses scolaires. Avec les services du consulat, nous avons examiné 138 demandes de bourses (89 dossiers familles) dont 103 ont reçu un avis favorable.

Le 12 décembre, lors de l’AG du plan Ecole, nous avons eu le plaisir d’échanger avec Mireille Rabaté, futur proviseure du lycée international de Wembley qui accueillera ses premiers élèves dès la rentrée prochaine.

Le plan Ecole a déjà permis d’ajouter 1500 places dans notre réseau scolaire depuis 2008. Les efforts insufflés par tous les acteurs du plan ont créé une synergie qui explique l’ouverture, en septembre 2015, d’une école bilingue Jeannine Manuel à Londres, ainsi que d’un nouveau collège à l’initiative de l’EIFA qui avait ouvert une maternelle/primaire il y a deux ans seulement.

Action sociale

Le 25 novembre, un CCPAS (Conseil consulaire pour les affaires sociales) s’est tenu, toujours sous l’impulsion de notre consul, au cours duquel nous avons considéré des propositions d’attribution de subventions à divers Organismes Locaux d’Entraide et de Solidarité, tel que Les Consultations gratuites, le centre Charles Péguy, le Dispensaire français, la Société française de Bienfaisance.

Emploi

Le 25 novembre, au cours du CCPEFFP (Conseil consulaire pour l’emploi et la formation professionnelle), nous avons apporté notre entier soutien au centre Charles Péguy qui permet de trouver un job à près d’un millier de jeunes Français par an. Les besoins de financement du centre sont d’autant plus sensibles que le gouvernement a décidé de cesser de financer les dispositifs de soutien à l’emploi-formation à l’étranger.

Devoir de mémoire

Vos conseillers consulaires et conseillers AFE ont représenté la communauté des Français lors de deux dernières commémorations militaires à Londres : le 18 juin sous la statue du général de Gaulle et le 11 novembre, sous celle du Maréchal Foch.

Chers compatriotes du Royaume-Uni, soyez assurés que nous ne cesserons pas un instant de nous battre au nom de l’intérêt général, à l’heure où les budgets publics affectés aux besoins des expatriés ne font que s’amenuiser.

Sophie, Véronique et Stéphane

L’Ecole Battersea nous a offert un Christmas « Trêve de Noël 1914 »

Lors de l’année écoulée, j’ai participé à de nombreuses manifestations dédiées la Première guerre, celle de l’Ecole de Battersea me laissera un souvenir prégnant. Mirella Otten, la principale et Frédérique Brisset, le chef d’établissement, ont choisi de faire une exposition consacrée à la trêve de Noël en 1914, lueur d’humanité vacillante au milieu du carnage général.

Les plus petits ont fabriqué des tas de poppies en papier rouge ; les plus grands, ceux de la moyenne section au CM2, ont écrit des poèmes, rédigé des lettres aux soldats ou bien de petits messages pour pigeons voyageurs ! L’équipe pédagogique, pour sa part, s’est démenée pour dénicher des objets d’époque avec beaucoup de réussite puisque les lieux ressemblaient à un véritable musée. L’enseignante allemande de l’école est attelée à trouver du matériau « côté germanique ».

Pour rehausser l’ambiance, professeurs et élèves n’ont pas hésité à se vêtir en militaire, en infirmier ou en dames de la Belle époque. « Cent ans, cela parait énorme et pourtant dans beaucoup de familles on se souvient encore d’un grand père ou d’un arrière-grand père qui a participé au conflit », m’a justement dit Frédérique Brisset.

Pour illustrer leur programme d’histoire, les CM2 de l’Ecole de Battersea se rendront prochainement à Ypres en Belgique, haut lieu d’affrontements en 1914. « Il ne faut pas oublier le sacrifice, même si nous sommes sortis de la gravité de l’événement lors de l’exposition », justifie la chef d’établissement.

Au calendrier 2015, une tâche ardue l’attend puisque l’Ecole de Battersea fêtera ses 10 ans !

En effet, après avoir fondé l’Ecole des Petits en 1977, une maternelle bilingue qui accueille 135 Petits à Fulham, Mirella Otten a ouvert, en 2005, l’Ecole de Battersea destinée aux 6-11 ans. Le succès est également au rendez-vous puisque les 255 places de cette école primaire ne peuvent pas répondre à toutes les demandes de scolarisation.

Homologué par l’Education nationale, cet établissement a la particularité d’offrir un enseignement biculturel, auquel j’attache une extrême importance à travers le plan Ecole. Outre la facilité linguistique, « on apprend à être tolérant et à mieux comprendre sa culture en voyant les différences », précisait justement Frédérique Brisset, devant les caméras de TF1, il y a deux ans (lire : “L’enseignement bilingue au Royaume-Uni à l’honneur au journal de TF1” du 26 septembre 2012). La tolérance est toujours un combat, l’actualité nous le rappelle douloureusement.


Adiflor donne à lire en français

Pour faire rayonner la France, il faut des idées lumineuses. Adiflor a réussi ce pari depuis 1985. Le nom de cette association est un bel acronyme, parfaitement explicite : Association pour la Diffusion Internationale Francophone de Livres, Ouvrages et Revues.

Londres, le 23-11-2014 : Roch Miambanzila, délégué consulaire de Londres, Olivier Cadic et Louis Duvernois. Les écoles Flam du Royaume-Uni pourront bénéficier des livres d'Adiflor en 2015

Londres, le 23-11-2014 : Roch Miambanzila, délégué consulaire de Londres, Olivier Cadic et Louis Duvernois. Les écoles Flam du Royaume-Uni pourront bénéficier des livres d’Adiflor en 2015

Son président, Louis Duvernois, dispose d’un bureau à quelques mètres du mien au Sénat et je trouve remarquable qu’il complète son mandat de sénateur représentant les Français de l’étranger par le don de livres neufs en français, à travers le monde.

Comment procède-t-il ? « On redistribue ce qu’on nous donne, ce sont les invendus des éditeurs », dit Louis. Lorsqu’on taquine sa modestie en s’extasiant devant un volume 200.000 livres distribués chaque année, il nous répond que c’est fort peu au regard des 18 millions d’ouvrages, en tous genres, qui partent au pilon dans le même temps.

Louis Duvernois n’a même pas le sentiment d’être novateur puisque « la France a toujours été préoccupée de promouvoir sa langue et la culture qui s’y attache, y compris sous la monarchie. » La prédominance de la culture anglo-saxonne ne l’inquiète pas : « Notre langue est caractérisée par son universalisme et son humanisme. Elle est perçue comme telle dans le monde entier ».

Adiflor ne fait que des heureux, petits et grands, sur tous les continents. Par exemple, l’association a permis de régénérer les bibliothèques pour adulte du réseau des Alliances françaises en Amérique du Sud. Elle vient d’alimenter 80 bibliothèques au Sénégal (lire : “16.000 livres neufs offerts à Dakar par l’association Adiflor” du 04 décembre 2014) et, dès l’an prochain, elle va approvisionner toutes les classes du programme Flam au Royaume-Uni (lire : “Le sénateur Louis Duvernois propose de faire pleuvoir les livres sur le Parapluie Flam de Londres” du 14 décembre 2014).

La Roumanie, pays à l’honneur en 2013

La Roumanie, pays à l’honneur en 2013

La botte secrète d’Adiflor, c’est son partenariat avec la Marine nationale. Jusqu’en 2010, le navire-école Jeanne d’Arc embarquait 10 tonnes de livres, soit 100.000 ouvrages, deux fois par an, dans un tour du monde d’une vingtaine d’escale. Le relais est aujourd’hui assuré par deux bâtiments de projection et de commandement (BPC), le Mistral à Toulon et le Tonnerre à Brest, directement alimentés par l’entrepôt d’Adiflor, situé à Chalons en Champagne, qui stocke et référence 300.000 livres.

Parfois, Adiflor glisse une palette dans l’avion présidentiel ou dans celui du Premier ministre ! « Nous sommes une délégation de service public qui ne porte pas son nom, justifie Louis. L’administration n’a plus les moyens, ni les ressources humaines pour ce travail ».

Louis m’a fait part de son seul regret : il n’a pas assez de bandes dessinées ! « La BD permet l’apprentissage ludique de la lecture. Les gamins des Alliances françaises se précipitent dessus.» Connaissant mon implication professionnelle dans l’édition, Louis m’a mis au défi de l’aider à trouver des éditeurs BD qui pourraient céder gracieusement leurs invendus à Adiflor.

Consulat d’Edimbourg : plébiscite pour une solution « à l’allemande »

J’étais auprès des Français d’Ecosse, le 8 décembre dernier, pour envisager une solution alternative et consensuelle à la transformation annoncée du consulat d’Edimbourg en consulat d’influence (lire : “Edimbourg : Quelles solutions pour le service de chancellerie des Français d’Ecosse ?” du 30 novembre 2014).

Pierre-Alain Coffinier, consul général, nous reçoit à la résidence de France à Édimbourg

Pierre-Alain Coffinier, consul général, nous reçoit à la résidence de France à Édimbourg

Je remercie Pierre-Alain Coffinier, consul général à Edimbourg, d’avoir répondu à ma demande pour organiser une réunion de concertation avec nos consuls honoraires et nos conseillers consulaires, dont Véronique Bévierre et Christian Albuisson qui ont largement mobilisé nos concitoyens d’Ecosse « pour trouver une solution satisfaisante pour tous ».

Leur pétition en ligne, contre le transfert du service de chancellerie (passeport, carte d’identité…) du consulat d’Edimbourg vers celui de Londres, a déjà recueilli 1500 signatures et de nombreux commentaires acerbes.

On peut sortir par le haut de cette problématique en imaginant un dispositif qui préserve la proximité et la qualité de service. Ce fut notre premier point d’accord. Nous avons aussi constaté que les Français étaient prêts à payer à l’acte, plutôt que de déplacer à Londres, sur le principe du « pay as you go ». En conclusion, tout le monde est partant pour tenter l’expérimentation.

Lorsque je dis que tout le monde, c’est aussi en considération de l’avis de la trentaine de compatriotes que j’ai rencontrés en fin de journée, dans le cadre d’une réunion publique que j’organisais pour leur rendre compte de notre réunion de l’après-midi entre élus, consuls honoraires et membres de l’administration. Véronique Bévierre et Christian Albuisson ont salué ce « bel exercice de démocratie participative dans un esprit positif à la recherche de solutions innovantes ».

Véronique Bévierre, Olivier Cadic, Christian Albuisson et Anne-Colette Lequet, ancienne élue d'Édimbourg à l'AFE

Véronique Bévierre, Olivier Cadic, Christian Albuisson et Anne-Colette Lequet, ancienne élue d’Édimbourg à l’AFE

Lorsque notre solution fonctionnera, je suis certain qu’elle fera office de bonne pratique transposable à divers points du réseau consulaire.

Alors, commençons par nous inspirer nous-même de modèles efficaces, au lieu de réinventer la roue. Je remercie Andrew Robinson, notre consul honoraire à Newcastle de nous avoir éclairé sur les pratiques allemandes en matière de réalisation de passeport. Et pour cause, Andrew partage son bureau à la mairie de Newcastle avec un consul honoraire allemand !

On peut décrire le dispositif consulaire allemand par ces quelques points caractéristiques :
Au Royaume-Uni :
– Six endroits équipés d’une machine biométrique pour passeports : Londres, Southampton, Cardiff, Leeds, Newcastle, Edimbourg, Aberdeen
– Les données collectées et documents papier sont envoyés au consulat général d’Allemagne
– 60 euros par passeport, conservés par le consul honoraire
– Passeport livré au domicile des personnes.
A Newcastle :
– Durée moyenne de chaque visite (passeport) : 45 minutes, soit 5 par jour
– Un photographe vient au bureau lors de la journée consulaire allemande pour réaliser des clichés aux normes.

Le système biométrique de passeport est en vigueur depuis bientôt cinq ans à Newcastle, c’est dire si notre ministère de l’intérieur n’est pas à la pointe du progrès !

Visite de l’exceptionnel Samur social de Madrid

En 10 ans d’existence, le Samur social a répondu à 522 000 communications téléphoniques… en 50 langues !

En 10 ans d’existence, le Samur social a répondu à 522 000 communications téléphoniques… en 50 langues !

Que se passe-t-il pour les Français en situation de détresse sociale à l’étranger ? Notre réseau consulaire s’adapte aux particularismes de chaque pays et s’appuie sur les structures locales, comme autant de relais à sa mission d’aide sociale. A Madrid, je remercie notre consule générale Christine Toudic et Sylvie Playout, consule adjointe et chef du service social, de m’avoir fait découvrir le Samur, un organisme qui coopère étroitement avec le consulat français.

Le Samur social est un service municipal qui intervient dans le domaine des urgences sociales. Il accueille ceux qui n’ont nulle part où se réfugier : personnes âgées en détresse, situations d’abandon, violences domestiques, mendicité infantile… et pour l’aide aux personnes sans domicile fixe qui vivent dans les rue de Madrid.…1500 personnes y ont séjourné en 2013, 3 à 4 jours en moyenne.

Le centre pare à l’urgence et s’interdit d’être débordé m’ont expliqué la directrice Rocio de la Hoz Gomez et Dario Perez Madera, chef du Département. Premier enseignement, le Samur a passé un contrat avec une chaine d’hôtels (NH Hoteles). En cas d’incendie d’immeuble en pleine nuit, il peut reloger immédiatement les personnes victimes du drame.

Juan Carlos Arellano Torre, chef d’unité du Samur, a été mon guide passionné et passionnant.

Juan Carlos Arellano Torre, chef d’unité du Samur à Madrid, a été mon guide passionné et passionnant.

La création d’une salle de consommation d’alcool, sous surveillance m’a paru pertinente. Depuis sa mise en place, en 2013, le nombre d’hospitalisations liées à ce phénomène a diminué de trois quart !

Une équipe composée de psychologues, d’assistantes sociales et de juristes intervient une fois que les victimes sont à l’abri. Son rôle est de trouver des solutions d’hébergement, favoriser la réinsertion professionnelle, assurer le suivi psychologique ou la protection juridique.

Le Samur social a célébré ses 10 ans en juin dernier. Au niveau international, le Samur se flatte de sa collaboration avec les consulats, en particulier avec le consulat français de Madrid. Cette coopération est jugée « exemplaire » des deux bords, souligne Christine Toudic qui se félicite de pouvoir faire appel au Samur social le temps de trouver une solution pour des rapatriements. Jeunes ou moins jeunes, à Madrid, les Français en détresse ne sont malheureusement pas des cas isolés.

Samur auto

Le Samur social projette son action dans les rues de Madrid : 10 unités mobiles vont chercher les victimes, tandis que 12 équipes se relaient auprès des populations à risque

Le Samur social fait face à une population cosmopolite : 40% des femmes victimes de violences ne sont pas espagnoles, ainsi que 90% des femmes soumises aux réseaux de prostitution. Le Samur finance aussi, sur fonds municipaux, des médicaments aux étrangers en situation irrégulière qui vivent dans la rue.

Le 1er décembre dernier, je suis sorti impressionné du Samur social de Madrid et par l’engagement de Juan Carlos Arellano Torre, chef d’unité. Notre consule m’a confié que j’étais le premier parlementaire à avoir exprimé le souhait de visiter le centre. Je ne manquerai pas de témoigner du dévouement et de l’efficacité de ces 150 professionnels, notamment auprès de mes collègues de la commission des Affaires sociales.

Le sénateur Louis Duvernois propose de faire pleuvoir les livres sur le Parapluie Flam de Londres

C’est toujours avec le même plaisir que je me suis rendu à la troisième journée pédagogique Parapluie Flam, le dimanche 23 novembre, dans les locaux du lycée français Charles de Gaulle à Londres.

Parapluie Flam est unique en son genre. Fruit de l’objectif 3 du plan Ecole, cette fédération met en réseau une quarantaine de petites écoles Flam du Royaume-Uni en leur permettant de partager entre-elles, tout en leur offrant des conseils, des outils et des partenaires potentiels (lire : “Création d’une fédération des écoles Flam au Royaume-Uni” du 21 juin 2013).

Pour les acteurs du programme Flam (Français langue maternelle), ces dimanches pédagogiques (et pour cause puisque le samedi on fait classe) sont l’opportunité de découvrir le travail de diverses associations susceptibles de créer des synergies.

Les organisateurs profitent aussi des expertises au sein du réseau pour mutualiser leurs connaissances. Yves Letournel, initiateur du projet Parapluie FLAM, a ainsi apporté son éclairage sur l’adaptation de l’enseignement face aux phénomènes de dyslexie et d’autisme.

Pascale Vassie est intervenue au nom du National Resource Center for Supplementary Education (NRCSE), une association qui apprend à apprendre, résumerons-nous, au travers diverses techniques : gestion de classe, choix des ressources, suivi des progrès, planification des leçons.

Comme je l’avais suggéré l’an dernier aux animateurs de Parapluie Flam, l’association Adiflor a été invitée. Représentée par son président Louis Duvernois, mon collègue sénateur a ouvert la possibilité d’offrir des livres neufs en français à toutes les écoles Flam du Royaume-Uni qui le souhaitent (lire aussi : “16.000 livres neufs offerts à Dakar par l’association Adiflor” du 04 décembre 2014). « J’ai rencontré des Français venus de tout le Royaume-Uni, c’est ma première observation !», se réjouissait Louis.

Il a été décidé que Parapluie Flam centraliserait les demandes de livres des associations Flam du Royaume-Uni pour les transmettre à Adiflor. Les ouvrages seront amenés à Londres par la Marine nationale, partenaire de l’association.

Notons enfin qu’en début de matinée, le conseil d’administration présidé par Christian Ravel a été reconduit. Je salue leur admirable travail au service de tous ces parents qui s’investissent en faveur de l’apprentissage de la langue française.

« Je n’ai eu que des échos positifs de la manifestation, à tous points de vue », se félicitait Roch Miambanzila, directeur administratif de Parapluie Flam et délégué consulaire.

Ainsi structuré, le réseau britannique pourrait servir de modèle d’inspiration à d’autres communautés françaises de par le monde. Cela pourrait accélérer l’essor des initiatives Flam, comme nous l’avons défini pendant la campagne sénatoriale (défi n°13).

3ème journée Parapluie Flam en présence du sénateur Louis Duvernois (de gauche à droite) : Sophie Lefèvre, administratrice ; Anne Morgan, vice-présidente ; Morgane Marot, conseillère Consulaire ; Yves Letournel, attaché de coopération pour le français ; Olivier Cadic, sénateur ; Christian Ravel, président ; Shabir Djakiodine, trésorier ; Louis Duvernois, sénateur ; Lucile Cannard, directrice Culturelle ; Roch Miambanzila, directeur administratif

3ème journée Parapluie Flam en présence du sénateur Louis Duvernois, président d’Adiflor (de gauche à droite) : Sophie Lefèvre, consultante administratif ; Anne Morgan, vice-présidente ; Morgane Marot, conseillère Consulaire ; Yves Letournel, attaché de coopération pour le français ; Olivier Cadic, sénateur ; Christian Ravel, président ; Shabir Djakiodine, trésorier ; Louis Duvernois, sénateur ; Lucile Cannard, directrice Culturelle ; Roch Miambanzila, directeur administratif et délégué consulaire

Barcelone : à la rencontre de futurs entrepreneurs

A l’initiative de Pierre-Olivier Bousquet, conseiller consulaire de Barcelone et Président de l’UFE Catalogne, je suis allé à la rencontre d’étudiants, à Barcelone, sur le thème de l’entreprenariat. Clin d’œil de l’histoire, cela se passait juste quelques heures après ma nomination à la délégation aux Entreprises du Sénat.

Conférence-débat sur l’entreprenariat auprès des étudiants de la Toulouse Business School de Barcelone, le 27-11-2014

Conférence-débat sur l’entreprenariat auprès des étudiants de la Toulouse Business School de Barcelone, le 27-11-2014

Accompagné par Delphine Arnau, responsable des relations publiques, j’ai découvert la Toulouse Business School (TBS) qui a voulu donner une dimension internationale à sa pédagogie en implantant un campus à Barcelone.

Cette initiative correspond très exactement à notre cinquième défi du commerce extérieur présenté lors de l’élection sénatoriale. Il consiste à orienter notre système éducatif vers une meilleure maîtrise des langues étrangères et en particulier de l’anglais, tout en généralisant un parcours de formation déjà prodigué dans nos écoles de commerce pour préparer les Français visant l’international à la culture entrepreneuriale et aux différences culturelles.

L’école m’a demandé d’échanger avec les étudiants en anglais.

Just Calm, un produit créé par les étudiants

Just Calm, un produit créé par les étudiants qui prend le contre-pied des boissons énergisantes

Ils se sont montrés particulièrement curieux sur les ressorts qui m’ont conduit à changer de pays et d’orientation professionnelle. Après vingt ans passés dans l’électronique, pourquoi aller dans le monde de la bande dessinée ? Comment peut-on être chef d’entreprise et se lancer dans la politique ?

Mon intervention visait à développer auprès de chacun le goût de l’entreprenariat en leur démontrant que rien n’est impossible, même en démarrant de zéro, si l’on sait s’en donner les moyens. En ayant d’emblée une vision internationale, ces futurs entrepreneurs seront susceptibles de créer de nouveaux canaux qui dynamiseront notre commerce extérieur.

Le slogan de l’école est Think & Create et j’ai été heureux d’en voir le fruit avec Just Calm, la boisson qui rend calme ! Les étudiants ont inventé un concept qui prend le contre-pied des boissons énergisantes, puis ont créé le produit à travers toutes ses étapes, en mariant habilement créativité et esprit d’entreprise.

Je ne peux que les soutenir. Ils appliquent à merveille un fameux slogan que j’ai fait mien pour innover et résoudre les problèmes: “Think different!