(g à d) Mathieu Coquant, Jean-Michel Raynaud, OC, Marlis Thomas et Pascal Capdevielle
Fête Nationale
Une communauté française engagée au service du partenariat franco-marocain
Mon 21ème déplacement au Maroc a été marqué par deux temps forts avec notre communauté française à Casablanca.
J’ai tout d’abord participé à une réunion autour de Jean-Michel Raynaud, récemment élu président du conseil consulaire de Casablanca et président de l’UFE Casablanca.
Félicitations à lui pour cette nouvelle responsabilité, qui témoigne de la confiance que lui accordent les élus de la circonscription. Son engagement de longue date au service de nos compatriotes constitue un atout précieux pour la communauté française de Casablanca.
Nos échanges, auxquels participaient Marlis Thomas et Mathieu Coquant (délégué consulaire), membres du conseil d’administration de la CFCIM et parents d’élèves, ainsi que Pascal Capdevielle, conseiller des Français de l’étranger pour Fès, ont porté sur plusieurs sujets majeurs : les interrogations suscitées par la réforme de l’AEFE, les limites de l’offre de la Caisse des Français de l’Étranger face aux solutions proposées localement, ainsi que les enjeux de mobilité et les complémentarités à développer entre UFE Go Business, service de l’UFE destiné aux TPE et indépendants, et le réseau de la CFCIM.
Comme l’an dernier, j’ai ensuite eu le plaisir de participer, le 16 juillet, à la célébration de notre fête nationale dans les jardins du consulat général de France à Casablanca, à l’invitation de Aymeric Chuzeville, consul général de France, en présence de Philippe Lalliot, ambassadeur de France au Maroc. Succédant récemment à Christophe Lecourtier, devenu directeur général de l’AFD, l’ambassadeur a partagé sa vision d’un Maroc en pleine transformation. Il a notamment évoqué le dynamisme de Casablanca et les ambitions du Royaume, illustrées par la construction du futur stade de plus de 110 000 places, destiné à accueillir la Coupe du monde 2030.
J’ai également retrouvé Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, qui avait prolongé son déplacement au Maroc avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, afin de témoigner de son soutien à notre communauté.
Cette réception a été l’occasion d’échanger avec de nombreux compatriotes et partenaires engagés pour le développement de la relation franco-marocaine, parmi lesquels mon collègue député des Français de l’étranger, Karim Ben cheikh, les conseillers des Français de l’étranger, Jean-Michel Raynaud (Pdt du conseil) et M’jid El Guerrab ; Gilles Abensour, président des CCEF Maroc, Sébastien Le Bonté, président de la CFCIM, les membres de son bureau, ainsi que Gilles D’Agescy, ancien président du conseil consulaire.
J’ai également poursuivi mes échanges avec plusieurs acteurs économiques, notamment Mehdi Sahel, directeur général d’Alstom Maroc. Son témoignage illustre le formidable développement industriel français dans le Royaume : en quatre ans, les effectifs d’Alstom sont passés de 500 à 1 500 collaborateurs. L’entreprise accompagne désormais l’extension de la LGV jusqu’à Marrakech grâce à la commande de 18 nouveaux TGV. Depuis 2020, Alstom a également investi près de 200 millions de dirhams dans son site industriel de Fès, que j’ai eu l’occasion de visiter à deux reprises.
Cette journée a une nouvelle fois illustré la vitalité de notre communauté française à Casablanca. Grâce à l’engagement de ses élus, de ses entrepreneurs, de ses responsables associatifs et de ses entreprises, elle constitue l’un des principaux artisans du partenariat d’exception qui unit la France et le Maroc. +d’images
Diplomatie économique
Chambre française de Commerce et d’Industrie (CFCIM)
CFCIM : le premier réseau économique français à l’étranger au service du partenariat franco-marocain
Ma visite au Maroc, du 16 juillet, m’a offert deux occasions de rencontrer les responsables de la Chambre française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM) : lors d’un échange à son siège à Casablanca, puis à l’occasion de la célébration de notre fête nationale au consulat général de France.
Au siège de la Chambre, j’ai échangé avec Jean-Charles Damblin, directeur général, et Pascal Capdevielle, vice-président en charge de la coordination régionale, sur les perspectives de développement des échanges économiques entre la France et le Maroc.
Créée en 1913, la CFCIM est aujourd’hui un acteur incontournable de cette relation. Elle fédère plus de 4 000 entreprises adhérentes et anime une communauté de plus de 20 000 membres.
Acteur engagé dans la dynamique de régionalisation du Royaume, elle s’appuie sur un réseau de 10 délégations régionales : Agadir, Dakhla, Fès, Guelmim, Laâyoune, Marrakech, Meknès, Oujda, Rabat et Tanger. Cette présence sur l’ensemble des principaux pôles économiques permet d’accompagner les entrepreneurs, les investisseurs et les entreprises à chaque étape de leur développement, de favoriser les rencontres d’affaires, de soutenir la formation et de renforcer l’intégration dans les écosystèmes locaux.
(g à d) Benoît Vaillant, Thibault Chatal, Sébastien Le Bonté, OC, Pascal Capdevielle, Thierry Poitout et Yann Lebeau
À l’occasion de la réception organisée par le consulat général de France à Casablanca pour la fête nationale, j’ai retrouvé Sébastien Le Bonté, président de la CFCIM, ainsi que plusieurs membres de son conseil d’administration : Benoît Vaillant, Yann Lebeau, Pascal Capdevielle, Thibault Chatal et Thierry Poitout.
Cette rencontre fut l’occasion de rappeler une réalité remarquable : la France est le premier investisseur étranger au Maroc, le premier employeur étranger et la CFCIM constitue la première chambre de commerce bilatérale française au monde. Comme l’a souligné Sébastien Le Bonté, la CFCIM traduit les priorités économiques de nos deux pays en projets concrets au service des entreprises.
J’ai également retenu l’illustration donnée par Yann Lebeau : 70 % du pain consommé au Maroc est fabriqué à partir de blé français, un exemple concret de l’intensité des échanges entre nos deux pays.
Lors de sa visite d’État au Maroc en 2024, le Président de la République Emmanuel Macron avait salué le travail de la CFCIM en déclarant : « Soyez-en remerciés parce que vous êtes les artisans de tout cela. » Je m’associe pleinement à cet hommage.
Les entrepreneurs sont le ciment de la relation franco-marocaine. La CFCIM leur offre depuis plus d’un siècle un cadre unique pour développer des projets communs et renforcer les liens entre nos deux pays. +d’images
Le média marocain Le1 revient sur l’audition de Christophe Lecourtier au Sénat et souligne plusieurs propositions que je défends depuis plusieurs mois pour réorienter l’action de l’Agence française de développement (AFD).
Extrait :
Sous la direction de Christophe Lecourtier, l’Agence française de développement prépare un recentrage stratégique destiné à mieux articuler solidarité internationale, intérêts économiques et influence diplomatique. Le sénateur centriste Olivier Cadic revendique une part dans cette évolution, après avoir plaidé à plusieurs reprises pour la priorité au « mieux-disant », une meilleure coordination avec Team France Export et davantage de retombées pour les entreprises françaises.
L’Agence française de développement amorce une évolution de sa doctrine. Longtemps principalement présentée comme l’un des instruments de la solidarité internationale française, l’AFD est désormais appelée à assumer plus clairement sa contribution aux intérêts économiques et stratégiques de la France.
Cette orientation a été mise en avant par le sénateur UDI Olivier Cadic après l’audition, le 8 juillet, de Christophe Lecourtier devant la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat. Trois mois après sa prise de fonctions à la tête du groupe AFD, le directeur général y a présenté les grandes lignes de sa feuille de route et du recentrage stratégique de l’Agence.
Au cœur de cette nouvelle doctrine figure le principe d’un « dividende pour la France ». Il doit permettre aux financements accordés par l’AFD de produire davantage de retombées pour les entreprises françaises, tout en maintenant les objectifs de développement poursuivis dans les pays bénéficiaires.
Sortir de la logique du prix le plus bas
La principale évolution concerne les modalités d’attribution des marchés financés par l’AFD. Selon Olivier Cadic, l’Agence entend désormais privilégier le « mieux-disant », fondé sur la qualité globale de l’offre, plutôt que le « moins-disant », centré sur le prix le plus bas.
Olivier Cadic défendait cette inflexion depuis plusieurs mois. Le 8 avril, lors de l’audition de Christophe Lecourtier dans le cadre de sa nomination, il l’avait interrogé sur la place des entreprises françaises dans les projets financés par l’Agence. Il était revenu sur le sujet le 26 mai, au cours du débat sénatorial consacré à l’aide publique au développement.
Le sénateur centriste estime que la prépondérance du critère financier peut favoriser des offres moins coûteuses sans nécessairement valoriser la qualité, l’innovation, la durabilité ou les intérêts stratégiques de la France.
Son argumentaire : les entreprises françaises participeraient à près de 60 % des appels d’offres internationaux de l’AFD et enregistreraient un taux de succès de 70 %. Elles ne remporteraient pourtant qu’environ 42 % de l’ensemble des marchés financés par l’Agence.
Olivier Cadic a donc demandé à Christophe Lecourtier quelles mesures permettraient de porter à 60 % la part des marchés remportés par les entreprises françaises.
Voici une évolution majeure que j’appelais de mes vœux : les appels d’offres de l’AFD feront désormais primer le mieux-disant sur la logique du prix le plus bas.
Le 8 avril dernier, lors de l’audition de Christophe Lecourtier par notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, dans le cadre de sa nomination à la tête de l’Agence française de développement (AFD), je l’avais interrogé sur la place des entreprises françaises dans les projets financés par l’Agence (compte-rendu).
Si nos entreprises participent à près de 60 % des appels d’offres internationaux de l’AFD, avec un taux de succès de 70 %, elles ne remportent finalement qu’environ 42 % des marchés financés.
Le 26 mai, lors du débat consacré à l’aide publique au développement, j’avais également dénoncé les limites d’un système où le moins-disant financier demeure le principal critère d’attribution des marchés, au détriment de la qualité et de nos intérêts stratégiques (compte-rendu).
Trois mois après sa prise de fonctions, Christophe Lecourtier est revenu présenter sa feuille de route devant notre commission. J’ai eu la satisfaction de constater que ma préoccupation avait été entendue. Évoquant le nouveau « dividende pour la France », il a d’ailleurs rappelé, non sans humour, que « le sénateur Cadic est un peu complice de ce chapitre-là et pas le seul ».
Ainsi, le directeur général a annoncé une évolution majeure, déjà approuvée par le conseil d’administration de l’Agence : le prix ne sera plus le seul critère d’attribution des marchés. Comme il l’a souligné, « quand le seul critère est le prix, on voit bien qui gagne, notamment en Afrique ». Il est désormais acté que les appels d’offres seront également évalués au regard de critères de qualité, de durabilité et d’impact environnemental et social.
Je me réjouis de cette avancée. Une aide publique au développement performante doit répondre aux besoins des pays partenaires, mais aussi valoriser le savoir-faire de nos entreprises et ainsi contribuer à défendre les intérêts stratégiques de la France.
Vidéo (1’28) : Intervention de Christophe Lecourtier, directeur général du groupe AFD
La nuit du 31 mai fut longue, tant pour les candidats qui attendaient les résultats que pour celles et ceux qui ont assuré l’organisation du scrutin aux quatre coins du monde. Dans 130 circonscriptions, d’Ankara à Rabat, de Tokyo à Rio, nos compatriotes ont renouvelé leurs représentants.
J’adresse mes plus sincères félicitations à l’ensemble des conseillères et conseillers des Français de l’étranger élus, ainsi qu’aux déléguées et délégués consulaires. Je veux également saluer tous les candidats qui ont choisi de s’engager au service de l’intérêt général. Une campagne électorale exige du temps, de l’énergie et des convictions ; cet engagement mérite le respect.
Au-delà des résultats, ce scrutin rappelle que la démocratie des Français de l’étranger repose avant tout sur des élus de terrain, au contact quotidien de nos communautés. Cette élection ouvre également un nouveau cycle institutionnel. Les 27 et 28 juin prochains, les conseillers des Français de l’étranger éliront à leur tour les membres de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Le travail ne fait que commencer.
Le niveau de participation doit toutefois nous interpeller. Avec 234 463 votants sur près de 1,67 million d’inscrits, la participation s’établit à 13,98 %. Parmi les difficultés relevées, la question de l’utilisation des SMS dans le cadre du vote par internet a de nouveau posé problème à certains électeurs. Avant le scrutin, j’avais d’ailleurs interrogé au Sénat Mme Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, afin d’alerter sur les problèmes liés à ce dispositif. Les difficultés rencontrées montrent qu’une réflexion devra être poursuivie afin d’améliorer les modalités du vote par internet.
Le renforcement de la participation demeure l’un des grands défis de notre démocratie à l’étranger. Nul doute que la prochaine Assemblée des Français de l’étranger aura à cœur de travailler à son amélioration afin que davantage de nos compatriotes prennent part aux choix qui les concernent.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
A LA UNE . Venezuela – María Corina Machado – Prix Nobel de la Paix . Palais de l’Élysée – Mauritanie – Dîner d’état
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . QAG – Réformes attendues par les Français de l’étranger . Échanges avec le Secrétaire général du MEAE sur quelques dossiers sensibles . Accès bancaire aux Français de l’étranger : une priorité non résolue . Aide publique au développement : L’AFD doit-elle aider les entreprises françaises… ou leurs concurrents chinois ?
ENSEIGNEMENT FRANÇAIS A L’ÉTRANGER . ANEFE – AG UFE Monde . ANEFE – France Éducation Internationale . ANEFE – Réforme AEFE
EN CIRCONSCRIPTION
> ROYAUME-UNI – Londres (11-14 mars & 13 avril 2026)
> TUNISIE – Tunis (26-29 mars 2026)
> ALLEMAGNE – Hambourg (16-17 avril 2026)
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Actualisation de la LPM – Audition de Catherine Vautrin . Christophe Lecourtier nouveau DG de l’AFD
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . Taïwan : rencontre avec la ministre Hsu Chia-Ching . Médicaments falsifiés en Afrique : vers la souveraineté sanitaire . Rwanda – Commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi . IPAC : parlementaires de 30 pays s’expriment sur l’avenir de Taïwan . L’élargissement européen face au défi de l’opinion . Forum Investir en Afrique – Table ronde Baromètre du CIAN . Liban : Pierre Anhoury au cœur de l’urgence sanitaire
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA . “Lecornu débranche l’Anssi, accusée de ne pas avoir sécurisé des sites sensibles de l’État” (Le Canard enchâîné, 13/05/2026) . Cybersécurité : sensibiliser face à une menace devenue systémique . Rencontres Défense & Cyber : faire de la souveraineté numérique une réalité stratégique . France Médias Monde : en première ligne de la guerre informationnelle . “L’encadrement du renseignement en sources ouvertes en approche à l’Assemblée nationale” (Intelligence Online, 16/04/2026) . “Cyberattaques : la fragilité des administrations” (Les Petites Affiches, 04/05/2026) . “Services de renseignement contre vie privée : le chiffrement paralyse l’Assemblée” (TradingView & Upday, 05/05/2026) . Cybersurveillance : Le pire contre-attaque !
MÉDIAS . “Situation au Liban et dans le Golfe” (Cairo News – 10/05/2026 – Vidéo 8’38) . Prix du carburant, Total, Loi programmation militaire : débat avec Éric Coquerel (LCP / Public Sénat – 10 avril 2026) . Olivier Cadic : “Dans le futur, nous serons fiers des décisions prises par la France, aujourd’hui” (RFI – 01/04/2026)
Ce 26 mai, le Sénat a débattu des “enjeux et perspectives de l’aide publique au développement (APD)”, dans un contexte marqué par la baisse des crédits budgétaires et la montée des rivalités géopolitiques.
Au nom du groupe Union centriste, j’ai plaidé pour une approche plus stratégique de notre politique de développement, conciliant solidarité, souveraineté des pays aidés et défense de nos intérêts économiques.
J’ai notamment alerté la ministre Éléonore Caroit sur les dérives du système actuel des appels d’offres internationaux de l’AFD, encore trop dominé par la logique du moins-disant, qui fragilise nos entreprises et favorise parfois des dépendances technologiques préoccupantes, notamment vis-à-vis de la Chine.
A ce titre, j’ai appelé à associer les conseillers du commerce extérieur de la France et les chambres de commerce françaises à l’international à l’élaboration des appels d’offres.
VERBATIM de mon intervention
Madame la Présidente, madame la Ministre, mes chers collègues.
Je me souviens du vote de 2021 sur la loi de programmation relative à l’aide publique au développement. Ce soir-là, il régnait dans cet hémicycle une atmosphère presque comparable à celle de la Nuit du 4 août. Tout semblait possible pour notre politique du développement. Les ambitions étaient à la hauteur des enjeux et nous avions voté presque unanimement l’objectif de porter notre aide publique au développement à 0,7 % du revenu national brut.
Cinq ans plus tard, la réalité est plus rude. Les crédits ont fondu d’un tiers. La baisse atteint encore 16 % en 2026. L’échéance des 0,7 % fixée d’abord à 2025 a glissé à 2030 et chacun sait qu’elle glissera probablement encore.
Le principe de réalité budgétaire s’impose à tous. Dans ce contexte, l’Agence française de développement doit s’adapter, revoir ses priorités, rechercher davantage de financements européens, faire plus avec moins, mais surtout faire mieux. Et faire mieux commence par une exigence simple : avoir les entreprises françaises avec l’AFD et non contre l’AFD.
Aujourd’hui, les entreprises françaises ne remportent que 42 % des marchés financés par l’AFD. Madame la Ministre, considérez-vous ce résultat comme satisfaisant ? Sinon, quel objectif vous fixez-vous ?
Le système des appels d’offres reste encore trop dominé par la logique du moins-disant, le prix le plus bas et rien d’autre. C’est une impasse. Nous devons privilégier le mieux-disant en intégrant davantage de critères de qualité, de durabilité, de RSE, de maintenance, de sécurité, de souveraineté technologique.
C’est pourquoi je propose que nos conseillers du commerce extérieur de la France et nos chambres de commerce françaises à l’international puissent être davantage associées à la définition des critères qualitatifs des appels d’offres. Madame la Ministre, que pensez-vous de cette proposition ?
Car la politique du moins-disant a aujourd’hui un champion : la stratégie chinoise. Des entreprises chinoises remportent des marchés avec des offres à moins 50 %, parfois moins 60 % des prix du marché. Puis, elles prennent volontairement du retard. Elles réclament des avenants pour avancer et les coûts explosent une fois la concurrence éliminée. Ce n’est pas seulement une stratégie commerciale, c’est une stratégie de conquête. Nos entreprises quittent ces marchés et lorsqu’elles les quittent, elles n’y reviennent plus. Nous voyons même apparaître des infrastructures financées avec des fonds européens ou français, mais conçues sans adaptation suffisante aux réalités locales. Je pense à ce pont construit trop bas sur une voie rapide africaine, empêchant les camions de circuler normalement dessous.
Madame la Ministre, ma question touche désormais directement à la souveraineté des pays que nous aidons. Dans près de quatre projets sur dix, les entreprises françaises ne peuvent même pas concourir parce que les équipements retenus ne correspondent ni à leurs standards ni à leurs technologies.
Allons-nous continuer à financer, avec de l’argent public français et européen, des équipements stratégiques, panneaux solaires, éoliennes, systèmes électroniques de contrôle, qui peuvent être pilotés à distance et placer des pays entiers dans une dépendance technologique critique vis-à-vis de Pékin ?
Car derrière les infrastructures, il y a désormais les logiciels, les capteurs, les systèmes de contrôle, les mises à jour à distance. Et demain, si Pékin décide, qui peut garantir que l’approvisionnement électrique de certains pays ne pourra pas être perturbé, ralenti, voire bloqué ? Le sujet n’est plus commercial, il est stratégique, il est géopolitique.
L’aide publique au développement doit être un outil de solidarité, mais aussi un outil de souveraineté et de liberté pour les pays que nous accompagnons. Elle ne peut pas devenir le cheval de Troie de dépendance technologique qui priverait demain ces États de leur autonomie. Je vous remercie.
REPONSE de Mme Eléonore CAROIT, ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger : LIEN
MA REPLIQUE
Merci beaucoup, madame la Présidente.
Oui, 80% de 60%, ça fait 42% exactement.
Merci de rappeler le rôle des conseillers du commerce extérieur, des chambres de commerce françaises à l’international. C’est pour cela que je pense qu’il faut absolument qu’elles soient associées à la rédaction des appels d’offres pour justement qu’on prenne bien en compte toutes les problématiques et non pas simplement le prix, le moins-disant.
On a vraiment besoin de réconcilier nos entreprises avec l’Agence française du développement.
Je veux encourager et saluer l’arrivée de Christophe Lecourtier à la direction de l’AFD qui donne toutes les garanties de compréhension de ces problématiques. Et donc, je veux saluer cette arrivée et l’encourager à réussir ce que nous, et nos entreprises attendent depuis longtemps. Merci.
Dans le prolongement de notre échange du 10 octobre (lire), j’ai reçu au Sénat Juan Cepeda, chef de projet chez Expertise France (groupe AFD), accompagné du professeur Xavier Jouven, pour faire le point sur la lutte contre le fléau des médicaments falsifiés et de mauvaise qualité en Afrique, objectif prioritaire de mon action pour l’Afrique.
Dans le cadre du projet Medisafe, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, les négociations avancent très positivement. La finalisation de deux contrats (Afrique de l’Ouest et de l’Est), couvrant 13 pays pour un montant de 9 M€, est imminente.
À terme, l’objectif est de renforcer l’accès à des médicaments et vaccins sûrs qui soient produits sur le continent africain. Juan Cepeda s’apprête à rejoindre Nairobi pour quatre ans afin de structurer un écosystème régional.
Un sujet que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer avec Christophe Lecourtier, nouveau président de l’Agence française de développement, particulièrement attentif à ces enjeux.
Pour sa part, le Pr Xavier Jouven (Institut de Santé Globale Paris Cité) a rappelé que l’Afrique connaît une transition épidémiologique majeure : les MNT, maladies non transmissibles (hypertension, diabète, cancers) sont désormais les premières causes de mortalité, loin devant les maladies infectieuses (sida, tuberculose, paludisme). Pourtant, elles ne reçoivent que 5 % des financements internationaux.
Face à ce déséquilibre, il propose de faire des MNT une opportunité de leadership pour la France, avec un soutien à la création d’un réseau d’instituts panafricains dédiés.
J’ai eu le plaisir de participer à la présentation du « baromètre du CIAN », lors du forum Investir en Afrique, ce 9 avril, aux côtés de Sandrine Sorieul, directrice générale du Conseil français des Investisseurs en Afrique (CIAN), et d’Olivier Baccuzat, rédacteur en chef adjoint de L’Opinion.
L’occasion d’évoquer la dynamique économique à l’œuvre sur le continent africain, en rappelant que les entreprises françaises s’inscrivent majoritairement dans une logique d’investissement de long terme, contribuant durablement au développement local.
J’ai également souligné l’émergence d’une intelligence collective entre acteurs publics et privés, portée par des défis communs avec l’Europe, notamment dans le numérique et l’innovation.
À ce titre, j’ai particulièrement insisté sur un enjeu stratégique : la coopération en matière de santé et de médicaments en Afrique, en lien avec le développement de l’Agence africaine du médicament.
En qualité d’administrateur de l’AFD, j’appelle à une large mobilisation pour lutter contre le fléau des médicaments contrefaits, en apportant une réponse coordonnée entre acteurs publics, industriels et partenaires africains.
Ce 8 avril, notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a auditionné Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc, proposé par le Président de la République au poste de directeur général de l’Agence française de développement (AFD).
Membre du conseil d’administration de l’AFD, j’ai interrogé l’ambassadeur pour lui permettre de compléter son propos et je l’ai assuré du soutien du groupe Union centriste à sa désignation.
Vote de la commission au Sénat : 23 voix pour, 8 voix contre et 2 bulletins blancs ou nuls.
Je vous connais bien pour vous avoir vu agir à Ubifrance, apprécié votre engagement en Australie, avant de vous retrouver à la direction de Business France pour animer la Team France Export, puis à Rabat, où vous avez su relever le défi.
Vous y avez démontré, avec humilité et constance, votre capacité d’engagement dans un pays qui est aujourd’hui le premier bénéficiaire des actions de l’AFD, comme l’a rappelé le président Cambon.
Je souhaite saluer votre esprit collaboratif, qui constitue l’une de vos marques de fabrique.
Votre volonté d’inscrire pleinement l’AFD dans le cadre des attentes exprimées par le Parlement est également rassurante.
Je me réjouis à la perspective de travailler à vos côtés au conseil d’administration de l’AFD, et je ne ferai pas mystère du soutien de notre groupe Union centriste à votre candidature.
Vous avez par ailleurs adressé un signal fort concernant la réévaluation de la position de l’AFD vis-à-vis de la Chine, que nous attendions depuis longtemps.
J’en viens à plusieurs questions :
S’agissant de l’impact de l’AFD en matière de soutien aux entreprises françaises : les entreprises françaises participent à environ 60 % des appels d’offres internationaux avec un taux de succès de 70 %, soit in fine environ 42 % des marchés financés par l’AFD.
Considérez-vous ce résultat comme satisfaisant ?
Et quels objectifs vous fixez-vous pour l’améliorer ?
Par ailleurs, vous avez évoqué des priorités sectorielles. Allons-nous continuer à financer des équipements tels que des éoliennes ou des panneaux solaires d’origine chinoise ?
Concernant la santé en Afrique : une Agence africaine du médicament a été créée par l’Union africaine, dont le siège est à Kigali. Son efficacité dépendra du renforcement, voire de la création, d’agences nationales.
L’AFD pourrait-elle s’engager dans ce chantier structurant pour le continent ?
Enfin, dans le domaine de l’éducation : pourriez-vous envisager de soutenir le développement des écoles francophones ?
Dans le prolongement de notre entretien du 13 octobre 2025, j’ai échangé le 19 mars avec Anne Grillo, directrice générale de la mondialisation au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger.
Nos discussions ont notamment porté sur l’AFD, ainsi que sur la nécessité de mieux répondre aux attaques politiques, parfois infondées, dont son action fait l’objet.
Nous avons également abordé le modèle économique de l’AEFE.
Sur ce point, j’ai réaffirmé avec constance la nécessité d’engager une réforme structurelle en profondeur. Le modèle actuel a atteint ses limites et ne permet plus de garantir durablement le développement du réseau.
Je défends depuis 15 ans un cadre fondé sur le « juste coût / juste prix », condition indispensable pour assurer la soutenabilité du système, accompagner son expansion et préserver l’équité entre les familles.
En tant que président de l’ANEFE, j’ai également alerté sur les dérives préoccupantes observées dans la gestion actuelle du réseau.
Les décisions prises par l’AEFE, notamment à la suite de son conseil d’administration de décembre 2025, font peser des risques réels sur l’équilibre financier de nombreux établissements, en particulier ceux ayant contracté des emprunts immobiliers garantis par l’État via l’ANEFE.
Cette situation fragilise à la fois le développement du réseau et la confiance de ses acteurs. Elle appelle des corrections rapides.
Dans ce contexte, j’ai rappelé que l’ANEFE n’hésitera pas à contester par voie de droit toute décision unilatérale qui viendrait créer des charges nouvelles susceptibles de mettre en difficulté financière l’un de ses adhérents, et de l’amener à faire défaut dans le remboursement du prêt immobilier garanti par l’état.
Le 18 mars 2025, il y a tout juste un an, j’avais par ailleurs reçu au Sénat, à sa demande, le directeur de la diplomatie culturelle, éducative, universitaire et scientifique, afin d’échanger sur ces enjeux. J’avais alors transmis à la DGM une note détaillant les préconisations que je porte depuis 15 ans pour réformer en profondeur ce modèle.
Dans la perspective de ma prochaine audition devant la mission d’information du Sénat sur l’enseignement français à l’étranger, j’ai indiqué à Anne Grillo que je rendrai ensuite cette note publique.
La directrice s’est étonnée que la mission confiée à la sénatrice Cazebonne n’ait pas encore auditionné l’ANEFE. Elle m’a assuré qu’elle encouragerait également l’AEFE à nous associer pleinement à ses concertations, notamment sur l’évolution des contrats de partenariat.
Je remercie Anne Grillo pour la qualité de son écoute et son engagement.
J’ai revu Jean-Jacques Santini, le 26 février, au Sénat dans le prolongement de la réunion régionale Eurasie des Conseillers du Commerce Extérieur de la France à Istanbul.
Vice-président engagé au sein des CCEF, et conseiller exécutif du Président et de la Direction générale de BNP Paribas, il suit de près les enjeux qui s’articulent entre politique de développement et contribution à notre influence économique.
Nos échanges ont permis de souligner la nécessité de contribuer à mieux mobiliser les financements de l’AFD au bénéfice de l’expertise française, afin que notre politique de développement contribue davantage au soutien concret de nos entreprises à l’étranger, dans un contexte de concurrence accrue.
Une véritable complicité nous lie au sein du conseil d’administration de l’AFD, au service d’une évolution de l’Agence toujours plus attentive à nos entrepreneurs.
Je remercie Jean-Jacques d’être toujours attentif à me permettre de bénéficier de son éclairage sur l’environnement économique de la France, nos défis et nos opportunités.
Il est à mes yeux un des grands Sherpas de la diplomatie économique de la France.
Premier déplacement en Mauritanie, qui m’a permis de découvrir un pays à potentiel immense et des partenaires engagés.
Je remercie tout particulièrement Emmanuel Besnier, ambassadeur de France, ainsi que Christophe Jourdan, président des CCEF, pour leur appui déterminant.
Diplomatie parlementaire
Ministre de la Défense – Collège de Défense du G5 Sahel
J’ai eu l’honneur d’être reçu par le ministre de la Défense, des Affaires des retraités et des Enfants de Martyrs, Hanana Sidi, aux côtés d’Emmanuel Besnier, ambassadeur de France en Mauritanie.
Je le remercie chaleureusement pour la qualité de cet échange, qui a permis de réaffirmer notre volonté commune de renforcer la coopération de défense dans un contexte régional exigeant.
Je tiens également à remercier les hôtes qui m’ont accueilli au Collège de défense du G5 Sahel, institution stratégique fondée en 2018 et déjà au service de la formation de plus de 300 officiers. Une séquence utile au service de la stabilité collective. +d’images
Président de l’Assemblée nationale
Très honoré d’avoir été reçu par Mohamed Bemba Meguett, président de l’Assemblée de Mauritanie.
Séduit par son sens pédagogique, il explique avec clarté les défis du pays et les solutions mises en œuvre.
Par l’éducation, la Mauritanie a réussi à contrer le narratif des islamistes. Il affirme avec conviction que son pays ne sera jamais une base arrière pour des terroristes.
Nous avons également échangé sur la stabilité régionale et le rôle clé du développement, porté par une volonté politique forte.
Ont assisté à la rencontre le député Abou El Mawahi Ould Mohamed El Houssein, et M. Mohamed Yahya Ould Haye, chargé de mission à l’Assemblée nationale. Était également présent le premier conseiller de l’ambassade de France, Samuel Jacquenet. +d’images
Chargé de mission auprès du Premier ministre
J’ai eu l’honneur d’être reçu par Mohamed Lemine Raghani, chargé de mission auprès du Premier ministre, dont le parcours ministériel et l’expérience gouvernementale donnent un éclairage stratégique précieux aux orientations de la Primature.
Le rendez-vous a été obtenu grâce à Christophe Jourdan, président des CCEF Mauritanie, en présence d’Emmanuel Besnier, ambassadeur de France, et de Luc Bouabie, conseiller économique.
L’échange a confirmé l’ampleur du potentiel mauritanien — gaz, minerais, or, uranium, hydrogène vert, pêche, agriculture, infrastructures — et la sous-représentation des acteurs français malgré leurs avantages comparatifs.
J’ai proposé la création d’une Agence mauritanienne du médicament afin de contribuer activement à l’édification de l’Agence africaine du médicament, idée accueillie avec intérêt par l’ancien ministre de la Santé.
Je remercie notre hôte pour la qualité et la densité des échanges. +d’images
Directeur de la Sûreté nationale
Rencontre avec Mohamed Elmin, directeur général de la Sûreté nationale de Mauritanie, pour échanger sur l’action efficace du pays face à la menace jihadiste et aux flux migratoires.
La Mauritanie n’a connu aucun incident sécuritaire majeur ces dix dernières années.
Elle fait face à des pressions migratoires croissantes (Mali, Sahel, Pakistan, Somalie), avec près de 300 000 réfugiés au camp de M’Bera et 111 réseaux de passeurs démantelés à fin septembre 2025.
La Mauritanie démontre que vigilance, coopération internationale et action déterminée sont clés pour protéger la sécurité nationale et soutenir la stabilité régionale.
Délégation de l’Union européenne
Réunion organisée par notre ambassadeur avec ses collègues Joaquin Tasso Vilallonga (UE), Dr Florian Reindel (Allemagne) et Pablo Barbara Gomez (Espagne) pour faire le point sur l’action européenne en Mauritanie.
Au programme : soutien de Frontex contre l’immigration illégale depuis la Mauritanie vers les Canaries (seuls 4 bateaux passés en 2025), lutte contre la pêche illégale et programmes d’infrastructures financés par l’UE via Global Gateway.
J’ai apprécié la volonté de mes interlocuteurs d’aboutir à une coopération internationale efficace, générant des résultats concrets pour la sécurité et le développement du pays.
Coopération
AFD – Centre national de Transfusion sanguine (CNTS)
Heureux d’avoir effectué mon premier déplacement en Mauritanie, aux côtés d’Emmanuel Besnier, ambassadeur de France, pour visiter le Centre national de Transfusion sanguine (CNTS) et le chantier de son futur siège, un projet stratégique soutenu par l’AFD – Agence française de développement, dirigé à Nouakchott par Ignace Monkam-Daverat.
Accueillis par le Dr Khadidjetou Ba, directrice du CNTS, et Mohamed Mahmoud Khattry, président de la cellule de suivi des travaux, nous avons pu mesurer l’importance de cette infrastructure pour la santé publique.
Le CNTS couvre aujourd’hui 35 % des besoins nationaux en sang, mais ambitionne d’atteindre 100 % d’ici 2030, en s’appuyant sur 5 centres régionaux et 14 banques de sang.
Le nouveau centre, dont l’ouverture est prévue le 23 mars 2026, permettra :
. de tripler la capacité de collecte,
. de doubler la surface du laboratoire,
. et de digitaliser la gestion des activités transfusionnelles.
Avec un budget de 1,3M€, ce projet incarne l’engagement de la France aux côtés de la Mauritanie pour renforcer ses infrastructures sanitaires et soutenir une coopération durable fondée sur la solidarité et l’innovation. +d’images
AFD
Visite au siège de l’Agence française de Développement (AFD) en Mauritanie, en compagnie d’Emmanuel Besnier, ambassadeur, pour échanger avec Ignace Monkam-Daverat, directeur ; Sébastien Demay, directeur adjoint ; Domitille Lubineau, chargée de mission, sur les principaux axes d’intervention de la France en matière de coopération et de développement durable.
L’AFD agit en priorité pour soutenir les territoires et les collectivités locales, en accompagnant leurs projets de développement et de gouvernance. Elle œuvre également à créer des opportunités pour la jeunesse, à travers l’éducation, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat, afin de favoriser l’emploi et l’inclusion économique.
Enfin, l’agence joue un rôle essentiel dans le financement d’infrastructures prioritaires et durables, adaptées aux défis du changement climatique, qu’il s’agisse d’accès à l’eau, d’énergie, de santé ou de mobilité.
Cette visite a permis de réaffirmer la solidarité et le partenariat étroit entre la France et la Mauritanie, au service d’un développement équitable et résilient. +d’images
Communauté française
Consulat
Dès mon arrivée à Nouakchott, l’ambassadeur Emmanuel Besnier a organisé une rencontre avec des représentants de notre communauté, en présence de Boubou Sylla, conseiller des Français de l’étranger.
Lors de la soirée d’accueil, j’ai rencontré Corinne Donveau, présidente de Nouakchott Accueil, et son équipe, dont le travail pour l’intégration des nouveaux arrivants et les initiatives sociales contribuent concrètement au renforcement des liens bilatéraux.
Au fil du séjour, j’ai eu la chance d’échanger avec de nombreux compatriotes qui m’ont fait découvrir ce pays et son dynamisme. Parmi ceux-ci, j’ai eu un entretien passionnant avec Christian Norgard, entrepreneur expérimenté et fin connaisseur de la région, à l’initiative de Christophe Jourdan, président des CCEF Mauritanie.
Un passage par le consulat m’a permis de rencontrer l’équipe et de faire un point sur l’activité. Dès 2025, les demandes de visas devraient dépasser le niveau de 2019.
Plusieurs sujets sensibles ont été évoqués, notamment :
• la protection des femmes face aux violences intrafamiliales, avec des cas de retenues de documents ou de pressions au mariage lors de retours au pays ;
• la lutte quotidienne contre les fraudes sociales et documentaires, enjeu important pour la crédibilité de nos dispositifs et la justice entre bénéficiaires.
Merci à l’équipe du consulat pour son engagement, et à tous les compatriotes rencontrés pour leur bienveillance et leurs encouragements. +d’images
Enseignement
Lycée Théodore Monod
J’ai eu le plaisir de visiter le Lycée français Théodore Monod de Nouakchott, en compagnie de Hugo Bechtel et du proviseur Laurent Casanas, que je tiens à saluer, avec son équipe, pour les améliorations remarquables réalisées afin de moderniser l’établissement.
Depuis 2012, le lycée a doublé son nombre d’élèves, passant de 700 à 1 400. Nous avons échangé sur les projets à venir, notamment la rénovation du primaire et des espaces sportifs. Cette visite a permis de mesurer la vitalité, le dynamisme et l’excellence de ce modèle éducatif phare en Mauritanie.
Nous avons également rendu hommage à Théodore Monod, dont l’établissement porte fièrement le nom, lui qui a toujours porté un regard attentif sur ce pays qu’il affectionnait tant.
Enfin, le nombre de candidats libres au baccalauréat a été quintuplé en quatre ans, atteignant 900. Un signal fort qui nous encourage à poursuivre nos efforts pour accroître nos capacités d’accueil. +d’images
Les Marsupios
À la suite de mes retrouvailles avec Joël Pichot, ancien élu AFE de Mauritanie avec lequel j’ai siégé de 2006 à 2014, j’ai visité l’école Les Marsupios.
Fondée il y a 20 ans par l’épouse de Denis Pichot — qui en assure aujourd’hui la direction — l’école accueille 400 élèves en maternelle et primaire dans un cadre francophone.
À l’issue de cette visite, Denis a décidé de rejoindre l’Association nationale des écoles françaises à l’étranger (Anefe). Cette adhésion vient renforcer un acteur engagé depuis deux décennies au service de la francophonie.
Félicitations à lui, à son épouse et à toute l’équipe. +d’images
Diplomatie économique
Port Conteneurs – CMA-CGM Meridiam
Merci à Christophe Jourdan, directeur général CMA-CGM en Mauritanie et président de la section locale des CCEF, qui a inspiré mon premier déplacement en Mauritanie pour découvrir les multiples opportunités économiques offertes par ce pays.
Présent en Mauritanie depuis 2014, CMA CGM couvre Nouakchott et Nouadhibou avec des escales hebdomadaires vers tous les continents, et étend progressivement ses services, notamment vers la Gambie et la Guinée-Bissau, afin de dynamiser les flux export du pays.
À l’invitation de Christophe Jourdan, j’ai visité le terminal CMA CGM de Nouakchott avec Emmanuel Besnier, ambassadeur de France en Mauritanie, et Luc Bouabie, conseiller économique, observant in situ les gains d’efficacité logistique et l’intégration accrue du pays aux chaînes mondiales.
Christophe a attiré mon attention sur la présence de pélicans dans le bassin d’amarrage, preuve de la qualité des eaux. +d’images
Terminal à conteneurs Nouakchott (TCN) – Meridiam
Dans le prolongement de ma visite du terminal utilisé par CMA-CGM, je me suis rendu chez TCN, co-entreprise entre Meridiam et Africa Finance Corporation, premier PPP de Mauritanie avec 336MUSD d’investissement sur 30 ans.
Accueilli par Sidaty Bedredine, directeur général, et accompagné des autorités du Port autonome de Nouakchott, notre délégation a pu visiter le terminal et découvrir ses équipes performantes. TCN modernise 22 ha et un quai mixte de 570 m, visant un port efficace et un rôle stratégique régional.
Lors de la réunion, j’ai exprimé ma fierté d’observer l’approche long terme de Meridiam, fidèle à la tradition des entreprises françaises de créer de la valeur localement ; et ma gratitude envers les autorités du Port autonome de Nouakchott – PANPA pour m’avoir accompagné lors des deux visites sur site. +d’images
Razel-Bec
En compagnie de l’ambassadeur de France Emmanuel Besnier et de Luc Bouabie, conseiller économique, nous avons rencontré Grégoire Saix, directeur général pour l’Afrique de l’Ouest de Razel-Bec (groupe Fayat).
Les échanges ont porté sur le projet d’eau et d’assainissement de Nouakchott, destiné à renforcer l’approvisionnement en eau potable de la capitale. Ce chantier structurant vise à augmenter la capacité de distribution de 150 000 à 225 000 m³ par jour, soit une hausse de 50%, et à moderniser le réseau afin de réduire les pertes liées à l’évaporation, actuellement estimées à près de 50%.
Avec plus de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 21 000 collaborateurs, le groupe Fayat, via Razel-Bec, acteur présent en Afrique depuis 1948, contribue activement à des projets d’infrastructure soutenus par l’AFD dans le cadre de l’aide publique au développement. +d’images
Grands Moulins de Mauritanie
Lors de ma visite des Grands Moulins de Mauritanie (GMM), fondés en 1999 par l’entrepreneur français Eric-Bastien Ballouhey, j’ai découvert l’histoire et le rôle stratégique de cette entreprise pour la Mauritanie.
Créée pour répondre au besoin local en farine, elle s’est rapidement développée en une plateforme agroalimentaire majeure, capable d’ensacher 1000 tonnes par heure.
Aujourd’hui, GMM produit de la farine, des pâtes alimentaires et de l’aliment pour le bétail.
L’entreprise est également active dans le négoce et la logistique, contribuant directement à la sécurité alimentaire du pays.
Cette visite m’a permis d’apprécier l’engagement de GMM pour le développement économique et industriel local. +d’images
Boulangerie Paul
Ce 27 septembre, j’ai eu le plaisir, aux côtés de l’ambassadeur, de visiter la principale boulangerie Paul de Nouakchott, accueilli chaleureusement par Stéphanie Colleau, directrice du développement de la marque en Mauritanie.
Ouverte le 27 février 2022, cette première adresse, rapidement devenue une référence, s’est récemment enrichie d’un second site sur la route de l’aéroport.
Paul Nouakchott, c’est bien plus qu’une boulangerie : un restaurant sur trois niveaux, ouvert jusqu’à une heure du matin, où l’on retrouve tout le savoir-faire français dans une ambiance conviviale et moderne. L’équipe a même réalisé un record mondial au sein du réseau Paul : 5300 croissants vendus en une seule journée ! Une performance qui témoigne du dynamisme et de l’engouement des clients mauritaniens pour la marque.
Présente dans plus de 50 pays, Paul incarne l’art de vivre à la française, entre tradition, qualité et gourmandise. Son implantation réussie à Nouakchott illustre la vitalité du secteur privé mauritanien et l’attrait croissant des enseignes internationales pour ce marché prometteur.
Félicitations à Stéphanie Colleau et à toute son équipe pour cette belle réussite ! +d’images
Le Colibri
J’ai eu le plaisir de découvrir Le Colibri, le restaurant créé par Sabine Chediac, une entrepreneure au parcours inspirant.
Après plusieurs années d’expérience entre la Mauritanie et l’international, Sabine a choisi de partager sa passion pour la gastronomie à travers une cuisine inventive et conviviale.
Le Colibri est à son image : élégant, chaleureux et ouvert sur le monde. Une belle réussite qui illustre le dynamisme et la créativité entrepreneuriale à Nouakchott.
Bravo à Sabine pour cette aventure culinaire remarquable ! +d’images
Culture
Institut français
En compagnie du COCAC Bernard Rubi et du directeur Hugo Bechtel, j’ai visité l’Institut français de Mauritanie (IFM), créé en 1965 sous le nom de Centre culturel français Antoine de Saint-Exupéry.
Seul centre culturel actif du pays, l’IFM est un lieu d’échanges, de formation et de diffusion artistique. Il abrite la seule salle de cinéma de Mauritanie (250 places), des espaces scéniques, une salle de danse, des studios d’artistes et une médiathèque de 15 000 ouvrages, dont un fonds “Mauritanie” unique.
Avec 300 événements par an et 25 000 visiteurs, l’IFM demeure un pilier du rayonnement culturel et francophone en Mauritanie. +d’images
Fondation Vergnol
Moment privilégié : Thierry Vergnol m’a ouvert les portes de sa fondation et partagé une collection remarquable de photographies, cartes postales et albums sur l’artisanat mauritanien.
Je lui suis vivement reconnaissant pour cet accès rare à une mémoire matérielle du pays.
Né d’un père électricien et d’une mère secrétaire d’ambassade, il a grandi à Nouakchott avant d’être naturalisé mauritanien en 2016 — incarnation d’une histoire vécue et adoptée.
Consultant indépendant depuis plus de 25 ans en relations interculturelles, il dirige aujourd’hui une fondation dédiée au patrimoine mauritanien (www.mauritanie.org). +d’images
C’est une réalité tragique : les médicaments contrefaits font d’innombrables victimes en Afrique, chaque année.
Face à ce fléau sanitaire et économique, une de mes priorités est de soutenir la montée en puissance de l’Agence africaine du médicament (AMA), créée par l’Union africaine en 2019 et dont le siège est établi au Rwanda.
La France agit en ce sens au travers de sa Stratégie française en santé mondiale 2023-2027.
Il s’agit d’une opportunité historique. L’AMA doit devenir pleinement opérationnelle et constituer le sommet d’une pyramide d’autorités nationales et régionales de régulation, afin de bâtir un rempart efficace contre les produits médicaux falsifiés.
J’ai eu le plaisir d’accueillir au Sénat, le 10 octobre, Juan Cepeda, chef de projet chez Expertise France (groupe AFD), accompagné d’Antoine Peigney, directeur du département Santé, venus me présenter les avancées en cours.
En effet, de retour à Paris, Juan reprend la direction du programme MEDISAFE, consacré à la lutte contre les médicaments falsifiés et de qualité inférieure. Cette nouvelle phase du programme, financée par l’Union européenne dans le cadre de NDICI – Global Europe, s’étend désormais à 13 pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est.
Je salue l’excellent travail conduit par Expertise France, agence publique de coopération technique internationale, pour sensibiliser l’ensemble des acteurs concernés — pharmaciens, magistrats, forces de l’ordre et société civile — à la gravité de ce trafic mortifère.
En avril dernier à Kigali, en compagnie de Juan, j’avais rencontré Émile Bienvenu, directeur général de la Rwanda Food & Drug Authority et membre du conseil d’administration de l’AMA, qui m’a présenté les progrès remarquables accomplis par son pays, pionnier d’une politique de tolérance zéro contre les médicaments contrefaits (compte rendu).
L’Afrique avance. La France restera à ses côtés pour protéger des millions de vies grâce à des traitements sûrs, certifiés et accessibles.
Le 15 septembre, j’ai eu l’immense privilège, en tant que membre du conseil d’administration de l’AFD, d’assister à la remise des insignes de la Légion d’honneur à Rémy Rioux, directeur général de l’AFD, par Manuel Valls, ministre d’État, ministre des Outre-mer.
Aux côtés de Thani Mohamed-Soilihi, ministre de la Francophonie, Éléonore Caroit, députée des Français d’Amérique latine, ainsi que de Sophie Sidos, présidente des CCEF, et Jean-Jacques Santini, membre du CA, nous avons écouté un discours empreint de reconnaissance envers celles et ceux qui lui ont accordé leur confiance, à commencer par le président de la République, Emmanuel Macron.
Puisant dans ses racines d’historien, Rémy Rioux éclaire ses décisions au service du développement.
De nombreuses autres personnalités étaient également présentes parmi lesquelles : Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, Anne Grillo, directrice générale de la mondialisation, Anne-Marie Descôtes, secrétaire générale du Quai d’Orsay, Mathias Fekl, ancien ministre des Français de l’étranger, ainsi que plusieurs ambassadeurs.
Un grand bravo à Rémy Rioux pour cette distinction méritée. +d’images
Première séquence de mon 7ème déplacement au Liban, un entretien de cadrage en compagnie d’Hervé Magro, ambassadeur de France au Liban.
La crise politique a trouvé une issue avec l’élection du président de la République, Joseph Aoun, que j’avais rencontré lors de mes deux derniers passages à Beyrouth en janvier 2023 et juillet 2024 (lien).
Les premières semaines du gouvernement libanais dirigé par Nawaf Salam, investi le 8 février 2025, ont été marquées par une volonté affichée de réformes et de reconstruction.
Le président de la République Emmanuel Macron a réaffirmé l’engagement de la France à soutenir le Liban dans ses efforts de réforme et de stabilisation.
L’affirmation de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, en particulier face à des groupes armés non étatiques, demeure un enjeu majeur pour la stabilité du pays. La mise en œuvre de réformes économiques structurelles paraît essentielle pour restaurer la confiance des citoyens et des bailleurs internationaux.
Toute ma gratitude à Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, de s’être autant investie pour organiser et m’accompagner à nouveau durant ce séjour, afin de poursuivre le travail que nous avions engagé ensemble, lors de mes deux précédents déplacements.
Associations des victimes de l’explosion du port de Beyrouth
Fil conducteur de mon action au Liban en compagnie de Nadia Chaaya, notre soutien aux familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth, plus grande explosion non nucléaire de l’histoire. On a déploré plus de 200 décès, dont trois Français, des milliers de blessés, des centaines de milliers de personnes déplacées.
Dans le prolongement de l’hommage aux victimes, que nous avions rendu ensemble sur le lieu de la tragédie en juillet dernier (compte-rendu), j’avais transmis une lettre des associations et de Nadia, en mains propres à Emmanuel Macron dans l’avion présidentiel, alors que nous étions en vol pour Riyad.
En retrouvant les familles, ce dimanche 27 avril 2025, je leur ai remis une lettre de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, témoignage de son indéfectible soutien à leur démarche pour obtenir justice.
Après une interruption de deux ans, due à des interférences politiques, le juge d’instruction Tarek Bitar a repris l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en janvier 2025.
Le président Joseph Aoun, et le Premier ministre Nawaf Salam, ont exprimé leur engagement à garantir l’indépendance de la justice et à ne pas entraver l’enquête. Ils ont promis qu’aucune immunité ne serait accordée aux personnes impliquées dans cette tragédie.
De son côté, le ministre de la Justice libanais, Adel Nassar (à l’image), a entrepris plusieurs réformes majeures pour restaurer la confiance dans le système judiciaire du pays. Pour la première fois, des personnalités politiques de haut niveau ont été entendues dans le cadre de l’enquête.
Les victimes et leurs familles, toujours aussi déterminées à réclamer justice, m’ont déclaré retrouver espoir avec ces avancées.
Les sourires timides esquissés sur leurs visages lors de cette rencontre, ont constitué une belle marque de confiance et décuplé notre détermination pour continuer à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que justice leur soit rendue. +d’images
Communauté française
Consulat
Lors de ce déplacement, trois séquences ont été consacrées au suivi des attentes de nos compatriotes établis au pays du Cèdre.
• Une visite du consulat avec Eric Amblard à la rencontre de l’équipe ;
• Une réunion avec les conseillers des Français de l’étranger (g à d) Lucas Lamah, Ghassan Ayoub, Ziad Nassour, Olivier Cadic, Rola Assi, présidente du conseil consulaire, Denise Revers-Hadad, Nadia Chaaya.
• Une réunion du conseil de Sécurité à la Résidence de France.
Les Français du Liban représentent 1% des Français de l’étranger, mais 20% du budget social.
Les questions relatives à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) occupent une part importante du travail des agents concernés.
Compte tenu du travail qui s’ajoute sur le consulat lié au nouvel afflux de réfugiés (1200 demandes d’asiles enregistrées pour les seuls mois de mars et avril 2025), le renfort d’un agent consulaire est demandé.
La décision du CA de la CFE de déclassement du Liban a eu pour effet de limiter à 70% le remboursement des prestations en hôpitaux conventionnés et de 50% pour les non conventionnés est dénoncée par les élus. Un élu pénalisé m’a déclaré que la CFE n’est plus compétitive par rapport au privé. +d’images
Diplomatie parlementaire
Ministre de l’Intérieur
La sécurité de nos compatriotes est notre première préoccupation avec Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale.
Nous avons été reçus par Ahmad Hajjar, ministre de l’Intérieur du Liban, au lendemain d’une frappe israélienne sur Beyrouth, sur un bâtiment situé à 4 kilomètres de la Résidence des Pins, où je me trouvais.
Ancien général de brigade de l’armée libanaise, le ministre apporte une solide expérience en matière de sécurité intérieure, de lutte contre le terrorisme et de coordination entre les forces armées et les services de renseignement.
Peu après sa nomination en février 2025, le ministre libanais de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a demandé le retrait de toutes les affiches et banderoles de félicitations érigées en son honneur dans diverses villes du pays. En mettant l’accent sur le travail plutôt que sur les honneurs personnels, Ahmad Hajjar a affirmé sa volonté de se concentrer sur les défis sécuritaires et institutionnels du pays.
J’ai salué son humilité et l’ai remercié pour sa volonté de réforme et de restauration de la confiance entre l’État et les citoyens. +d’images
Ministre des Affaires étrangères
Entretien avec Joe Raggi, ministre des Affaires étrangères du Liban, en compagnie de Nadia Chaaya, depuis le ministère qui m’a permis d’avoir une vue d’ensemble sur le Sérail.
Les propos du ministre reflètent la volonté du Liban de renforcer sa souveraineté, de stabiliser la région et de s’engager activement dans la diplomatie internationale.
J’ai apprécié sa lucidité et sa fermeté, quand il a affirmé que la capacité du Liban à recevoir une aide internationale dépendait du désarmement du Hezbollah.
En effet, lors de mes échanges avec ses collègues situés dans les six pays du Golfe, si le sentiment général exprimé sur le nouveau gouvernement libanais est positif et nourrit l’espoir, les interrogations sur le futur du Liban et les doutes qui en découlent, confortent l’analyse de Joe Raggi lors de mes échanges avec ses collègues situés dans les six pays du Golfe. +d’images
Ministre de la justice – Députés – Rassemblement des dirigeants et chefs d’entreprise libanais (RDCL) – FMI
Très heureux de constater, avec Nadia Chaaya, les formidables progrès enregistrés depuis l’élection du président Joseph Aoun.
Merci à Carole et Nicolas Boukather, président du Rassemblement des Dirigeants et Chefs d’entreprise libanais (RDCL), pour avoir réuni des participants passionnants au cours d’un dîner privilégié pour évoquer la situation économique et sécuritaire. Ravi d’avoir pu suivre en direct certains échanges qui permettent d’appréhender les défis qui restent à surmonter dans les prochains mois pour le Liban.
Le Fonds monétaire international (FMI) a établi plusieurs attentes clés pour le Liban en 2025, conditionnant toute assistance financière à la mise en œuvre de réformes structurelles profondes. Le FMI insiste sur la nécessité de réformer en profondeur le système bancaire libanais, en particulier la Banque du Liban (BDL). Cela inclut la résolution des pertes accumulées, la protection des petits déposants et la mise en place d’une stratégie claire pour la restitution des dépôts.
La réforme du secret bancaire au Liban, adoptée quatre jours plus tôt par le Parlement libanais, constitue une avancée significative vers la transparence financière et la lutte contre la corruption.
Cette soirée m’a permis de saluer les efforts du ministre libanais de la Justice, Adel Nassar, qui ont rendu l’espoir aux familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth. Le ministre travaillait alors à son projet de loi visant à garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire qui devait être soumis au conseil des ministres la semaine suivante.
Le général Antoine Mansour, conseiller militaire et de sécurité du président Joseph Aoun, m’a permis d’appréhender la détermination du gouvernement afin que l’État dispose à terme du monopole sur les armes, pour garantir la souveraineté du pays.
Ces discussions ont parfaitement complété les informations recueillies lors de mes échanges dans les jours précédents avec des représentants des Forces libanaises, Dr. Ghada Ayoub, députée, Joe Gebeily, et Samy Gemayel, chef du parti Kataeb.
Merci à chacun pour avoir partagé leur regard sur l’évolution du Liban.
Ministère de la Santé publique – Marche contre le cancer
“Chaque pas fait la différence”
Pierre Anhoury, conseiller Expertise France, auprès de Son Excellence Dr Rayan Nasr El-Din, ministre de la Santé publique du Liban, m’a proposé de me joindre à la marche annuelle pour la sensibilisation au cancer du colon.
La prévention constitue une étape fondamentale dans cette lutte. Le cancer est un véritable fléau au pays du cèdre, où la population compte 70% de fumeurs. Le tabac coûte moins d’un dollar par paquet et les enfants commencent à fumer à 12 ans. Le pays enregistre une flambée de cancers du poumon et de la vessie. Au Liban, le cancer de la vessie arrive en 3eme position chez les femmes, alors qu’il ne pointe qu’au 12eme rang dans le monde.
Cette marche m’a permis d’échanger avec le ministre sur la situation politique et de le féliciter de poursuivre la mise en œuvre du plan cancer initié par son prédécesseur.
Parmi les participants également rencontrés, Dr Abdel-Nasser Abu Bakr, représentant de l’OMS au Liban ; Dr Arafat Tfayli, Pdt du Comité national du Cancer ; et Léa Moukanas, Pdte de l’association française Aida qu’elle a lancé à l’âge de 15 ans pour faire entrer la société civile dans l’hôpital. Après avoir mobilisé 85.000 jeunes pour l’action bénévole dans l’Hexagone, Léa lançait une branche de son association à Beyrouth.
Merci à Pierre de m’avoir sollicité pour soutenir toutes ces personnes engagées pour prévenir, traiter et guérir ce cancer du colon. +d’images
Patriarche d’Antioche et de l’Orient / Tripoli – Balamand
Rencontre privilégiée avec Sa Béatitude John X, Patriarche orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient, pour évoquer la situation en Syrie.
Le Patriarche m’a alerté sur les tensions auxquelles la communauté chrétienne de Syrie est soumise. Cette communauté doit être pleinement intégrée et ne pas se sentir menacée.
Le Patriarche est revenu sur sa rencontre récente à Damas avec Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Il a réitéré son appel pour que la France poursuive ses efforts en faveur de la paix et s’engage pour obtenir, du nouveau pouvoir, la garantie de respect de toutes les minorités établies en Syrie.
Merci au Dr Fadi Comair, professeur et membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, auteur du livre « Les chrétiens d’Orient, le Liban et les maronites », un destin de coexistence, d’avoir favorisé cette rencontre, et au président Elias Warrack de l’avoir initié. +d’images
Coopération
Agence française de développement (AFD)
Le conflit entre le Hezbollah et Israël a particulièrement fragilisé le Liban. Il a fait plus de 4000 victimes, plus de 16.000 blessés, 1,2 millions de déplacés et près de 100.000 logements détruits ou endommagés.
Neuf mois après mon précédent à Beyrouth (compte-rendu), je suis retourné dans les bureaux de l’AFD, accueilli par Anne Isambert, directrice adjointe, pour évaluer les actions récentes mises en œuvre par l’Agence dans ce contexte.
6,15 millions d’euros ont été engagés pour des réadaptations : Santé (1,7) ; Éducation (0,9) ; Eau (0,6) ; développement urbain (0,25) ; gouvernance (1,2) ; Agriculture (1,5).
Sur les 1,7 millions d’euros engagés pour la santé, 1 million a été consacré à l’hôpital Rafic Hariri, premier hôpital public du pays. +d’images
1ère journée mondiale de l’Eau de Balamand – Tripoli – Université de Balamand – Ministre de l’Énergie et de l’Eau
Très heureux d’avoir retrouvé Dr Fadi Comair, à son invitation, dans l’amphithéâtre de l’université de Balamand, située près de Tripoli au nord du Liban, afin de participer à l’ouverture de cette première journée mondiale de l’Eau, en qualité de Keynote speaker.
Je suis intervenu en présence de Joe Saddi, ministre de l’Énergie et de l’Eau du Liban ; du Dr Elias Warrack, président de l’université de Balamand et de prestigieux experts du monde de l’eau.
Dans son propos introductif, Fadi Comair, ancien directeur du ministère de l’Énergie et de l’Eau du Liban, a rappelé notre collaboration pour la création d’un centre aux métiers de l’eau (CIFME) au Liban, en 2015 (compte-rendu).
L’Eau constitue un enjeu stratégique pour la région.
Le dialogue entre les pays riverains aboutissant à des accords durables sur le partage équitable et l’utilisation raisonnable de la ressource, est considéré comme le seul moyen viable pour la résolution des conflits aux niveaux des bassins transfrontaliers.
Lors de mon discours, j’ai retracé une décennie d’actions dans le secteur de l’eau pour prolonger l’élan impulsé par l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, qui a été l’initiateur du projet régional de CIFME, labellisé par l’Union pour la Méditerranée. Puis, en qualité de membre du conseil d’administration de l’Agence française du développement (AFD), j’ai mis en avant l’action de l’agence pour accompagner le Liban, où le secteur de l’eau fait face à des défis techniques, institutionnels et commerciaux. + d’images
Propos tirés de mon discours : “L’AFD intervient depuis 1999, en appui à la rénovation des infrastructures et à la gouvernance, avec pour lignes directrices la gestion durable de la ressource et la promotion d’un service de qualité pour tous.
Sur fonds européens, l’AFD a soutenu la révision de la stratégie nationale et l’élaboration du plan de redressement du secteur.
Elle accompagne en outre le ministère et les établissements régionaux des eaux dans la mise en œuvre des réformes requises. lire la suite
UNHCR – Réfugiés syriens
Entretien avec Ivo Freijsen, représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Liban.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) intervient activement au Liban pour soutenir non seulement les réfugiés, mais aussi les communautés hôtes libanaises, particulièrement touchées par les crises économiques et humanitaires récentes.
La fin du régime Assad a suscité un espoir de retour chez de nombreux réfugiés syriens. Entre le 8 décembre 2024 et la mi-avril 2025, 142.955 réfugiés syriens sont retournés dans leur pays, auxquels s’ajoutent 97.021 syriens sortis des fichiers, comme présumés rentrés.
Malgré ces retours, de nombreux réfugiés hésitent à rentrer en Syrie. Seuls 24% des réfugiés syriens du Liban envisagent de rentrer dans les 12 mois.
Paradoxalement, malgré la chute du régime, de nouveaux réfugiés continuent d’arriver au Liban. Sur la période 8 décembre 2024 et la mi-avril 2025, 103.825 nouveaux réfugiés syriens ont été enregistrés.
L’UNHCR prévoit de faciliter le retour volontaire de 1,5 million de réfugiés syriens depuis les pays d’accueil, notamment le Liban, la Turquie et la Jordanie, au cours de l’année 2025 (437 226 retours enregistrés : au 17 avril 2025).
Pour atteindre ces objectifs, l’UNHCR a lancé un plan opérationnel nécessitant un financement de 575 millions de dollars pour ses programmes en Syrie en 2025. En janvier 2025, l’administration Trump a suspendu la majorité de l’aide étrangère pour une période de 90 jours via l’Executive Order 14169, affectant directement les financements de l’UNHCR. À ce jour, seuls 71 millions de dollars ont été engagés, mettant en péril la capacité de l’agence à soutenir les retours prévus.
Lors de mon premier déplacement à Beyrouth, en février 2015, j’avais déclaré aux médias : “Si nous avions accueilli autant de réfugiés syriens que le Liban au prorata de sa population, la France compterait 24 millions d’habitants de plus.”
Dix ans plus tard, avec environ 1,5 million de réfugiés syriens présents sur son territoire, le Liban accueille toujours l’une des plus fortes proportions de réfugiés par habitant au monde (25,4% de sa population). +d’images
Diplomatie économique
Chambre de commerce et d’industrie France-Liban
Merci à Maxence Duault, président de la Chambre de commerce et d’industrie France-Liban (CCIFL) d’avoir animé à mes côtés une réunion dans les locaux de l’ESA Business School.
À l’issue de mon déplacement dans les 6 pays du Golfe, nous sommes revenus sur les opportunités économiques offertes par une région en fort développement et les défis auxquels elle est confrontée.
J’ai également eu l’opportunité de revenir sur les textes européens adoptés en matière de cybersécurité et d’intelligence artificielle.
Très heureux d’avoir pu débattre de ces sujets et des priorités en matière de représentation des Français à l’étranger. +d’images
Devoir de mémoire
Byblos – Musée des Orphelins du Génocide arménien “aram bezikian”
Le musée des Orphelins du Génocide Arménien « Aram Bezikian » est un lieu de mémoire situé à Byblos (Jbeil), au Liban, dédié à la commémoration du génocide arménien de 1915 et à l’histoire des orphelins qui en ont survécu.
Inauguré en 2015 à l’occasion du centenaire du génocide, le musée se trouve dans l’ancien orphelinat arménien connu sous le nom de « Bird’s Nest ». Cet orphelinat, fondé en 1922 par la missionnaire danoise Maria Jacobsen, a accueilli des milliers d’enfants arméniens ayant survécu aux massacres perpétrés par l’Empire ottoman. Le musée a été financé par la famille Bezikian en hommage à Aram Bezikian, lui-même orphelin du génocide.
J’ai été profondément ému par ce musée. Ce témoignage permet de réaliser l’horreur subie par ces enfants et de saluer l’humanité de ceux qui les ont recueillis.
J’ai découvert ce lieu de mémoire grâce à Pierre Anhoury, qui a grandi auprès de Jija Mesropian, une de ces orphelines. Pierre a enregistré ses souvenirs lors d’un entretien intitulé “1915, j’avais 6 ans en Arménie”(vidéo).
Bouleversant. + d’images
Médias
MTV Liban
“Avec ce président et ce nouveau gouvernement, l’espoir existe”
À la faveur de cette nouvelle visite au Liban, Marianne Zouein, m’a interviewé pour MTV lors du journal de 19.45, le 27/04/25 (lien).
VERBATIM
Comment voyez-vous la situation au Liban ?
Il y a une grande attente évidemment sur les réformes économiques, mais on sait qu’il y a beaucoup de défis pour le gouvernement. Le Hezbollah a failli entraîner tout le Liban dans la guerre. Aujourd’hui, la question est qu’il y a eu un accord qui a été passé. Ce qu’il faut c’est que ça se concrétise. Il faut aussi un changement dans le fonctionnement politique, c’était les accords de Taëf.
Vous venez de visiter les six pays du Golfe, alors quelles opportunités pourraient-ils offrir au Liban et y-a-t-il des conditions ?
Ce que j’ai ressenti c’est qu’il y avait une inquiétude très forte que la fenêtre qui était ouverte puisse se refermer. Avec ce président, avec ce nouveau gouvernement, l’espoir existe. On peut le faire. Cependant, si le Hezbollah reste armé, qu’est-ce qui aura réellement changé ? Qu’est-ce qui vous prouve que si vous mettez de l’argent sur le Liban, dans trois mois, dans six mois, neuf mois, cela ne recommence pas ? Et donc à nouveau des destructions. La chance ne passe qu’une fois. Et donc, il faut savoir la saisir. Évidemment, il faut que ça vienne du Hezbollah, il faut qu’ils aient cette sagesse de couper le cordon.
Comment cette intention peut-elle devenir des actions concrètes ? Y-a-t-il un calendrier bien clair ?
On voit que les choses vont aller très vite. L’année prochaine, il y aura de nouvelles élections au Liban et donc dans quelques mois la campagne va redémarrer. Est-ce qu’on peut imaginer que cette campagne se fera avec un Hezbollah toujours armé ? Non. Évidemment. Il faut que ça aille très vite.
Vous avez toujours soutenu le besoin impératif pour la justice, pour les familles des victimes du port, alors quels changements voyez-vous aujourd’hui ?
J’ai vu des sourires sur des visages qui voulaient dire qu’il y avait un espoir, que la justice s’était remise en route, qu’il y avait un nouveau ministre de la Justice dont les premières décisions avaient entraîné de la confiance, qu’un juge recommençait son action.
Mon troisième déplacement au Rwanda s’est conclu par un déjeuner avec deux personnalités que j’apprécie énormément pour la lucidité de leurs analyses et leur humanité.
Notre ambassadeur Antoine Anfré a déjà fait preuve de la plus grande clairvoyance, il y a plus de 30 ans, concernant la tragédie qui allait aboutir au génocide des Tutsis, quand tant d’autres fourvoyaient alors notre pays.
Mes échanges réguliers avec André Twahirwa, doyen du Sénat rwandais, m’ont permis de conserver une vraie proximité avec le Rwanda.
Beaucoup de fausses nouvelles et d’analyses erronées sur la région des Grands Lacs sont propagées sur les ondes et les réseaux sociaux en Europe. Les opinions peuvent être abusées partout et les effets sont alors parfois dévastateurs.
Je forme le vœu que les erreurs d’analyses observées dans le passé ne se reproduisent pas et que la paix soit instaurée dans l’Est de la RDC, à l’image de ce que nous observons au Rwanda depuis 31 ans.
Diplomatie parlementaire
Président de la République, Paul Kagame
Très honoré d’avoir eu le privilège de rencontrer, Paul Kagame, Président de la République du Rwanda, en compagnie d’Olivier Nduhungirehe, ministre des Affaires étrangères et d’Antoine Anfré, ambassadeur de France au Rwanda.
Le Président m’a remercié d’avoir fait le déplacement jusqu’à Kigali pour le Sommet sur l’IA. Il m’a demandé de transmettre ses amicales salutations au Président de la République Emmanuel Macron.
Olivier Nduhungirehe, ministre des Affaires étrangères, a eu des mots bienveillants à mon égard en me présentant au Président, soulignant que je me suis déjà rendu quatre fois au Rwanda. La première remontant à 1989. Le Président a mis en exergue ma connaissance et ma compréhension de la région et m’a remercié d’être un ami du Rwanda. Il a regretté l’ignorance et les analyses biaisées de tous ceux qui, à l’étranger, critiquent le Rwanda sans le connaître.
Ma visite s’inscrivait dans le prolongement de la visite historique du Président Emmanuel Macron les 27 et 28 mai 2021.
J’ai déclaré que le succès du Sommet mondial sur l’IA sur l’Afrique démontre, une fois de plus, l’excellence du leadership et de la vision du président Kagame et du Rwanda. Le président Kagame a permis à son pays de se relever du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda et de bâtir un avenir fondé sur la réconciliation et l’unité.
Je suis fier de cette rencontre et d’avoir pu échanger avec une personnalité qui marquera l’histoire de ce continent ! +d’images
Ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe
Entretien avec le ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, en présence d’Antoine Anfré, ambassadeur de France au Rwanda.
Le ministre rwandais a commencé par remercier tous ceux qui, en France, avait œuvré au report du « concert de la honte », une véritable provocation prévue à Paris le 7 avril, date marquant la 31ᵉ commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda.
Le ministre a souligné les simplifications et la vision caricaturale du Rwanda et de la crise en RDC émanant de personnalités politiques françaises, en pointant en particulier celles situées aux extrêmes.
Force est de constater que, 31 ans après le génocide, les FDLR (*), milice fondée par d’anciens génocidaires, est toujours là, soutenue par le gouvernement congolais et intégrée dans les forces armées de la République du Congo (FARDC).
La récente arrestation à Goma, du général des FDLR, Ezéchiel Gakwerere, en uniforme FARDC, le démontre. Le M23 l’a remis aux autorités rwandaises.
Le ministre a détaillé toutes les menaces que la RDC fait peser sur le Rwanda qui justifient que des mesures défensives soient prises en amont.
Le ministre rwandais m’est apparu confiant sur une issue politique au conflit dans un proche avenir, grâce au processus conjoint EAC-SADC, associant l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe, et à la médiation du Qatar.
Je forme le vœu pour qu’une nouvelle lecture plus équilibrée de la situation dans les grands lacs s’impose.
Merci au ministre d’avoir pris le temps de m’accorder un entretien approfondi très éclairant.
(*) FDLR, Forces démocratiques de libération du Rwanda. Les FDLR sont l’un des plus importants groupes armés étrangers opérant sur le territoire de la RDC. Formé en 2000, le groupe a commis de graves violations du droit international, ciblant notamment les femmes et les enfants dans les conflits armés, notamment des meurtres et des mutilations, des violences sexuelles et des déplacements forcés (source ONU). +d’images
Evénement
Sommet international sur l’Intelligence Artificielle (IA) en Afrique – Ouverture
Retour au Rwanda pour participer au Sommet africain sur l’Intelligence Artificielle, à l’invitation de Paula Ingabire, ministre de l’Information et des Communications, de la Technologie et de l’Innovation du Rwanda.
Ce Sommet, placé sous l’égide du World Economic Forum, qui a réuni plus de 2000 délégués venus de 97 pays, a été ouvert par le président du Rwanda, Paul Kagame.
Le président togolais Faure Gnassingbé, le nouveau président de la Commission de l’Union africaine, Mohamed Ali Youssouf, et le Prime Cabinet Secretary kényan, Musalia Mudavadi, ont participé à la cérémonie d’ouverture.
J’étais accompagné par Antoine Anfré, ambassadeur de France au Rwanda, et de nombreux Français du Rwanda, dont Sophie Tchatchoua (Canal+), présidente du comité CCEF.
Je remercie les organisateurs pour les marques d’attention et d’intérêt qu’ils m’ont témoigné.
70% population Afrique à moins de 30 ans et 38% des africains sont connectés à internet.
Tous les défis en matière d’énergie, de formation, d’infrastructure et de connectivité ont été abordés avec beaucoup de clairvoyance.
Le Sommet a débouché sur l’adoption d’une Déclaration Africaine sur l’Intelligence Artificielle. Un vrai succès ! +d’images
Sommet international sur l’Intelligence Artificielle (IA) en Afrique – Intervention
Intervenant dans le cadre d’une table ronde intitulée « Données : un impératif stratégique pour l’adoption, l’équité et la souveraineté », j’ai présenté la loi sur l’Intelligence Artificielle de l’UE (IA Act) et souligné la convergence d’intérêts entre l’Europe et l’Afrique face aux appétits américains, d’une part, et chinois, d’autre part.
J’ai eu le privilège d’intervenir en compagnie de David Kanamugire, CEO, National Cyber Security Authority, Rwanda ; Tariq Khokhar, Chief Data Scientist, Wellcome Trust ; Annick Sakho, Director Government Affairs – Africa, Oracle ; Lacina Koné, CEO, Smart Africa ; Isobel Acquah, Executive Director, Certa Foundation. +d’images
DISCOURS préparé pour mon intervention :
« Je souhaite remercier la ministre Paula Ingabire qui m’a invité à Paris à venir participer au Global AI Summit.
C’est toujours un plaisir de retrouver Kigali où je suis venu pour la première fois en 1989.
Nous sommes tous réunis ici pour le Sommet sur l’Intelligence Artificielle, dont le succès démontre une nouvelle fois l’excellence du leadership et de la vision du président Kagame et du Rwanda.
Mais je suis venu à Kigali pour davantage encore.
Je suis ici pour le Rwanda et les Rwandais, je m’inscris dans le prolongement de la visite historique du Président Emmanuel Macron les 27 et 28 mai 2021.
Beaucoup de fausses nouvelles et d’analyses erronées sur la région des Grands Lacs sont propagées sur les ondes et les réseaux sociaux en Europe.
Les opinions peuvent être abusées partout et les effets peuvent alors être dévastateurs.
Je crois que l’IA peut aider les populations à faire la part entre le vrai et le faux, si tant est qu’elles aient encore envie d’avoir un sens critique »… Lire la suite
VIDÉO de la table ronde
Diplomatie économique
Conseillers du commerce extérieur (CCEF)
À la faveur d’un petit-déjeuner à la Résidence organisé par l’ambassadeur, j’ai eu le plaisir de retrouver les représentants la section locale des CCEF, présidée par Sophie Tchatchoua (Canal+).
La communauté d’affaires a réaffirmé que la sécurité juridique et l’absence de corruption observées au Rwanda, constituent de véritables atouts qui justifient que les entreprises internationales y installent un siège régional. Les transferts financiers y sont plus aisés.
Kigali est vu comme un hub et le Rwanda comme un îlot de stabilité.
Le Qatar ne s’y est pas trompé et a investi pour y construire un nouvel aéroport.
Merci aux CCEF pour leurs précieux enseignements qui me permettent de mieux comprendre les enjeux économiques portés par ce pays.
Inzovu Mall – Groupe Duval
Avec 1,4 millions de visiteurs pour les congrès en 2024, le Rwanda est le deuxième pays du continent africain en tourisme d’affaires, derrière l’Afrique du Sud.
Le groupe Duval est le plus grand investisseur français au Rwanda (+/- USD100M) dans l’immobilier, l’assurance et la micro finance. Par une ses filiales Ugolf, il fait la gestion du Golf de Kigali.
J’ai visité le chantier d’Inzovu Mall qui devrait être inauguré au quatrième trimestre de 2025. Cette opération immobilière d’envergure du groupe Duval de 27000 m², est située au cœur du quartier de Kimihurura, un quartier d’affaires et commercial proche du centre de convention international à Kigali.
Il comprend :
• Un centre commercial et de loisirs qui accueillera près de 40 enseignes dont Super U, La Foir’Fouille, l’opticien Alain Afflelou, un restaurant gastronomique, un Food -Court de 800 m², un centre de fitness, un espace de loisirs de 3200 m² et une grande roue de 60 mètres de haut sur le parking extérieur.
Il prévoit également :
• Une résidence de tourisme 4 étoiles de 95 chambres (Inzovu Hôtel by Odalys)
• Un centre d’affaires (Wojo et AB Center)
• Un bâtiment de bureaux sur 9 étages
Très heureux d’observer que les entreprises françaises se mobilisent pour accompagner le Rwanda dans son développement. +d’images
Vatel – Nyurah
Très belle découverte durant mon séjour à Kigali, le restaurant Nyurah, centre d’excellence culinaire de Vatel.
Vatel enseigne l’art de recevoir à la française, une référence pour le reste du monde.
Le restaurant offre un menu en constante évolution de haute cuisine africaine, combinant les meilleurs ingrédients de saison du Rwanda avec des recettes innovantes de tout le continent.
Les chefs et le personnel m’ont épaté par la qualité de leur prestation.
Membre du Conseil d’administration de l’AFD, j’ai tenu à consacrer l’essentiel de ma première journée au Rwanda à des échanges avec les directeur-pays : Arthur Germond (AFD) et Nathalie Menut (Expertise France).
Le Bureau Pays d’Expertise France au Rwanda a ouvert le 1er janvier 2025 avec pour objectif de renforcer les partenariats avec nos interlocuteurs rwandais, en assurant un pilotage rapproché collaboratif des projets sur le terrain.
Première séquence, la visite d’un projet, financé par l’AFD, de construction de résidence universitaire sur le campus du College of Kigali en compagnie de :
– Sylvie Mucyo, Vice Chancellor – Rwanda Polytechnic
– Ephrem Musonera, Deputy Vice Chancellor for Academic, Research and Institutional Advancement – Rwanda Polytechnic
– Jean-Pierre Nkuranga, Deputy Vice Chancellor for Administration & Finance – Rwanda Polytechnic
– Charles Gakomeye, Corporate services division manager at Kigali college
– Marie Chantal Ngabire, Director of students affairs at Kigali college
Le campus accueille 3000 étudiants et loge 375 d’entre eux dans des conditions sommaires, suite à un incendie qui a réduit l’espace réservé à cet effet.
Le projet prévoit 1417 logements, où chaque chambre pourrait accueillir 4 étudiants. +d’images
Expertise France (AFD) – Agence africaine du médicament (AMA)
Accompagné par Arthur Germond (AFD), Nathalie Menut et Juan Cepeda (Expertise France), j’ai rencontré le professeur Émile Bienvenu, directeur général de la Rwanda Food & Drug Authority, et membre du conseil d’administration de l’Agence africaine du médicament (AMA) dont le siège est à Kigali.
Le professeur m’a présenté les progrès de l’AMA dont le conseil d’administration est nommé et désormais fonctionnel, puisqu’il s’est réuni six fois. Prochaine étape, la nomination du directeur général qui sera nommé d’ici à juin 2025. Sa première tâche sera de recruter le service technique.
En trois ans, le Rwanda a fait des efforts remarquables pour atteindre le niveau de maturité 3 en matière de santé, et rejoindre ainsi le club des 8 pays africains parvenus à ce stade : Rwanda, Ghana, Sénégal, Égypte, Tanzanie, Afrique du Sud, Nigeria et Zimbabwe. Seuls 18 pays ont atteint le niveau 4 dans le monde. Aucun pays africain n’en fait partie.
Le Rwanda a adopté une politique de tolérance zéro contre les médicaments contrefaits qui font des ravages sur ce continent. Pour le crime organisé, il est 25 fois plus rentable de faire des médicaments falsifiés que de la cocaïne !
Je suis sincèrement reconnaissant pour l’intéressante discussion sur la lutte contre les médicaments falsifiés et de qualité inférieure en Afrique.
En RDC, 70 bébés sont morts à cause d’un sirop falsifié.
En Côte d’Ivoire, des conteneurs de préservatifs ont été saisis. Le lubrifiant avait été remplacé par du produit lave-vaisselle.
Ce fléau tue, chaque jour, des innocents dans le monde entier sous ses différentes formes (marché noir, ventes non autorisées dans des pharmacies légalement constituées, ventes en ligne, etc.)
Un travail immense attend l’AMA.
Très heureux d’avoir eu l’opportunité de découvrir l’excellent travail conduit par Expertise France pour le compte de l’UE dans le cadre du projet Medisafe P66 destiné à sensibiliser tous les secteurs impliqués dans cette lutte (pharmaceutique, juridique, application de la loi et société civile). +d’images
Culture
Institut français
Retour au Centre culturel francophone / Institut français du Rwanda, où j’ai été accueilli par Lee Fou Messica, directrice déléguée.
Inauguré par le Président de la République le 28 mai 2021, j’ai visité le centre culturel par trois fois depuis cette date. Celui-ci n’a jamais cessé de progresser depuis cette date, comme en témoignent les modulaires installés quelques jours plus tôt pour accueillir les examens du DELF.
5600 examens s’y sont déroulés en 2024. Le jour même, 106 candidats s’y sont présentés.
Les superbes aménagements réalisés au profit des jeunes ont servi de cadre à la photo de groupe qui nous a réunis. +d’images
Ravi d’avoir revu, Abdul Rahman Yassin Mohammed, représentant officiel du Somaliland en France, qui est venu m’apporter au Sénat l’invitation de son ministre des Affaires étrangères, Abdirahman Daher Aden, à me rendre à nouveau dans son pays.
Mon déplacement au Somaliland, début juillet 2023, à Hargeisa et Berbera & Laas Geel, a constitué un temps fort de mon mandat.
Depuis, un nouveau Président de la République, Abdirahman Mohamed Abdillahi, a pris ses fonctions en décembre dernier, une alternance qui souligne que le Somaliland est une démocratie indépendante, mais toujours non reconnue par les Nations unies depuis la proclamation de son indépendance en 1991.
En matière de coopération, j’ai appris que l’ami de la France François Wu, vice-ministre des Affaires étrangères de Taïwan, avait été convié à l’investiture du nouveau président, au grand dam de Pékin.
« Nos relations avec Taïwan se renforcent. Cette coopération devient une relation stratégique dans le domaine de la santé, la formation, l’agriculture (production de fruits et légumes), l’extraction du pétrole et même la cybersécurité. Taiwan un partenaire fiable », résume Abdul Rahman Yassin Mohammed.
Quant à la France, le Somaliland travaille sur un projet de centrale électrique, tandis que l’Agence française de développement (AFD) a mis en place un programme de sauvetage du patrimoine somalilandais.
Je vous souhaite une belle année nouvelle, souriante de santé, environnée d’affection et propice à vos ambitions.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Discours du Président Macron aux ambassadrices et ambassadeurs . La communauté française : atout maître de notre diplomatie, estime Jean-Noël Barrot
ACTUALITÉS . Liban – Joseph Aoun, élu président ! . États-Unis – Los Angeles
EN CIRCONSCRIPTION
> ARABIE SAOUDITE – Riyad (2-3 déc. 2024) : Visite d’État du Président de la République
> INDE – New-Delhi (27-29 nov. 2024)
> GRÈCE – Thessalonique (30 nov.-1 déc. 2024)
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Pérou – Rencontre avec le Premier ministre
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ . Cybersécurité – Lancement officiel du 17Cyber ! . Bruxelles – Déplacement de la Commission spéciale Cybersécurité . Commission spéciale Cybersécurité : Auditions ANSSI, MEDEF & CPME . Conférence RésiFrance : une certaine idée de la cyber-résilience
MÉDIAS . “Le trafic de stupéfiants, un marché en plein essor ?” (TV5 Monde – 05 déc. 2024 – Vidéo) . “USA : Trump a-t-il déjà pris le pouvoir ?” (Public Sénat – 17 déc. 2024 – Vidéo 11’08)
En montant dans l’avion pour accompagner le président de la République dans sa visite d’État au Royaume d’Arabie saoudite, nous ne savons pas si nous aurons toujours un gouvernement à notre retour.
Des parlementaires d’opinions opposées envisagent désormais de voter ensemble une motion de censure pour renverser le gouvernement.
Une victoire par chaos budgétaire en somme.
Ce serait alors un retour au budget 2024, qui aggraverait encore notre déficit budgétaire et nos difficultés.
À titre d’exemple, les 3,3 milliards de hausse pour notre défense prévus dans la loi de programmation militaire seraient reportés, alors même que la guerre menace à nos portes.
Le 20 janvier prochain, Donald Trump retrouvera son bureau à la Maison Blanche.
Pour affronter la bataille commerciale mondiale qui se profile, le chantre du “America First” se réjouirait de trouver face à lui, une Europe divisée et une France absente faute de gouvernement.
Renverser le gouvernement sans offrir de solution alternative relève du délire d’entrave.
Cela affaiblirait considérablement la France à l’international.
Difficile de comprendre ceux qui veulent nous entraîner sur ce chemin.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . PLF 2025 – Les indemnités de résidence à l’étranger demeureront non-imposables . Institut français (IF) – Conseil d’administration . MEAE – Budget 2025 – Statistiques des activités chronophages pour les consulats
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Agence française de développement (budget 2025) . Taïwan – Visite officielle du Yuan législatif . Équateur – GIA – Entrepreneurs . Qatar – Ambassadeur . Sri Lanka – Ambassadrice . Nouvelle-Zélande – Vice Premier ministre . Inde – Ambassadeur . Canada / Taïwan – Motion sur la résolution 2758 de l’ONU adoptée à l’unanimité . Hong Kong – Déclaration de L’IPAC sur la condamnation de 45 militants pour la démocratie . Hong Kong – Appel à libérer Jimmy Lai par des parlementaires de 24 pays
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ . Résilience/Cybersécurité/NIS2 – Une commission spéciale pour transposer 3 directives européennes . Cyber – Matignon – Résilience/Cybersécurité . Cybersécurité et ingérences étrangères (SGDSN, ANSSI et VIGINUM) – Le dôme cyber a tenu en 2024 ! (Budget 2025) . Cyber – Gendarmerie – Cyber & IA (Budget 2025)
MÉDIAS . “Narcotrafic : La France en voie de mexicanisation ?” (Public Sénat – 04 nov. 2024 – Vidéo 12’50) . « Mexicanisation » ou « Marseillisation » ? (Le Temps – Suisse – 08 nov. 2024)
Ce 6 novembre, notre commission des Affaires étrangères et de la Défense a auditionné Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement, dont je suis membre du conseil d’administration.
J’ai d’abord interrogé le directeur sur la situation au Liban et la façon de mesurer l’impact des actions de l’AFD auprès des populations. Dans un second temps, j’ai évoqué le risque réputationnel de financer des projets qui sont exécutés par des entreprises qui contreviennent aux droits humains, ce qui a provoqué le rejet d’un projet de financement lors du dernier CA, du fait d’un constructeur chinois.
Dans sa réponse, le directeur a évoqué un outil qui lui permet de suivre en temps réel les impacts obtenus et escomptés, projet par projet, pays par pays.
Par ailleurs, tout en affirmant qu’il aspire à « doctrine claire », Rémy Rioux estime qu’il dispose déjà des règles et des sauvegardes pour satisfaire au respect des droits humains. Concernant la Chine, il a précisé que sur la période 2019-2023 seulement 4% des marchés financés par l’AFD ont été emportés par des entreprises chinoises. Selon le directeur, le sujet important est celui de la réciprocité, puisque les financements de nos homologues chinois devraient être accessibles aux entreprises françaises, ce qui n’est arrivé qu’une fois au Sénégal.
VERBATIM de mon intervention
Je suis ravi de participer au conseil d’administration pour représenter notre Maison, mais également de pouvoir constater les résultats du travail de vos équipes lorsque je suis en circonscription. Je pense spécialement à notre regretté ambassadeur Jean-François Pactet au Sri Lanka avec qui j’ai inauguré une laiterie, je pense aussi à l’inauguration du parcours touristique à Antananarivo, où les gens criaient Vive la France. Ce parcours est un grand souvenir pour moi.
Je voudrais vous parler du Liban, puisque là aussi l’AFD fait beaucoup de choses, tente d’accompagner le pays pour faire face à ses chocs à répétition. Depuis 1999, l’AFD a mobilisé 1,5 milliards d’euros pour le Liban et 362 millions d’euros depuis 2019.
Lors des échanges sur place avec les spécialistes, il m’a été suggéré d’obtenir une analyse indépendante sur l’impact de notre action et d’évaluer comment la population libanaise la perçoit.
Avez-vous une procédure ou une mesure qui puisse permettre de mesurer l’impact des actions de l’AFD sur ces populations et qui pourrait être, aussi, une manière de mettre en valeur le travail de vos équipes ?
Ensuite, lors du conseil d’administration du 17 octobre dernier, il s’est passé quelque chose d’inhabituel, puisque vous aviez dit, monsieur le directeur, que c’était une première depuis trois ans !
Au cours de ce conseil d’administration, nous avons débattu en particulier d’un projet de financement d’un parc éolien en Égypte qui était attribué à un constructeur chinois. Les autorités de tutelle avaient exprimé leurs réserves et le risque réputationnel de faire appel à une société susceptible d’utiliser le « travail forcé ». Le respect des droits humains l’a donc emporté sur l’environnement, puisqu’on mettait bien en valeur l’intérêt du projet proposé au niveau environnement.
Le projet a été rejeté par le conseil. Vous avez alors exprimé le souhait auprès des autorités de tutelle qu’une doctrine puisse être établie concernant ces sociétés en particulier, pour éviter ces situations tout comme d’avoir des dossiers sur lesquels vos équipes travaillent qui seront finalement rejetés au niveau du conseil administration.
Votre demande m’est apparue légitime, opportune et je voulais donc savoir si quelque chose avait été engagé dans ce domaine ?
Depuis mon entrée au conseil d’administration de l’AFD, nous avions convenu avec Rémy Rioux, directeur général de l’AFD, de faire un point pour me permettre de lui remonter les commentaires recueillis sur le terrain, même s’ils s’avèrent parfois critiques des choix de l’Agence.
Meilleure prise en compte des priorités des ambassadeurs par l’AFD, nécessité d’améliorer la visibilité des projets soutenus par l’AFD… Rémy Rioux a pris acte de ces attentes et m’a confié qu’il souhaiterait également un système plus optimisé où l’AFD ne serait pas cantonnée aux aides déliées.
Pour autant, j’ai partagé le témoignage de satisfaction de plusieurs ministres étrangers, dont le pays bénéficie du soutien de l’AFD.
À chacun de mes déplacements, les bureaux locaux de l’AFD me rendent compte de leurs actions. Ils m’offrent parfois la possibilité, à la faveur de visites sur le terrain, de mettre en valeur le produit de leurs efforts.
1 – Nous avons évoqué ma priorité pour l’Afrique. Je souhaiterais que l’AFD contribue à la mise en route de l’Agence africaine du médicament (AMA).
Décidée par l’Union africaine, l’AMA sera le sommet d’une pyramide qui reposera sur des agences de médicaments nationales et régionales. L’AFD pourrait épauler l’Union européenne pour accélérer sa mise en route.
Il ne faut pas seulement avoir une vision “top-down” mais également “bottom-up” en élevant le niveau des agences nationales.
Il y a 4 niveaux de maturité évalués par l’OMS.
Seuls 5 pays atteignent le niveau 3 en Afrique : Afrique du Sud ; Égypte ; Ghana ; Nigéria et Tanzanie.
Contribuer à élever le niveau d’agences nationales du médicament en Afrique pourrait être un objectif pertinent pour l’AFD, selon les pays.
J’espère que cette idée proposée au directeur de l’AFD pourra prospérer.
2 – Dans un second temps, nous avons parlé de l’Association nationale des écoles françaises à l’étranger (ANEFE) qui s’est ouverte aux écoles non homologuées pour accompagner leurs besoins de financement pour se développer.
L’ANEFE peut appuyer les écoles étrangères enseignant en français, qu’elles suivent un programme français ou local. Nous avons convenu de faire bénéficier de l’expertise de l’ANEFE pour trouver les projets sérieux susceptibles d’être soutenus par l’AFD pour les écoles publiques et par Proparco pour les écoles privées.