Merci à Tannya Bricard, conseillère consulaire, pour m’avoir accompagné tout au long de mon déplacement de quatre jours en Équateur. De Guayaquil à Manta, de Monte Viejo à Quito, je peine à recenser le nombre de réunions, visites et rencontres qu’elle a provoquées pour me permettre de réussir ma mission.

J’ai voulu, en premier lieu, faire un point sur la situation de nos compatriotes, trois ans après le tremblement de terre d’avril 2016. A l’époque, je rendais compte périodiquement des rapports et de témoignages que Tannya m’adressait.

Tannya vit à Manta (province de Manabi) au bord de l’océan Pacifique, où notre ambassadeur François Gauthier l’avait rejoint, pour être au plus proche des victimes et soutenir nos compatriotes les plus affectés par la catastrophe. C’est eux qui ont accueilli sur le tarmac les 35 sapeurs-pompiers du Secours civil français, venus avec des équipements de potabilisation d’eau.

MANTA

Communauté française

Ces Français oubliés par la France

Le tremblement de terre de 2016 aura fait plus de 1000 victimes. Il a notamment ravagé la ville de Manta.

Tous nos compatriotes déplorent que la France ne leur offre aucune assistance pour faciliter le redémarrage de leurs activités. Chacun témoigne que seule l’aide de la famille et des amis leur a permis de se relancer, le cas échéant.

On imagine le triste sentiment qu’ils éprouvent, celui de ne pas avoir été pris en compte, comme Thierry, capitaine de pêche thonier, qui nous a accueillis au El rincon de Tere, le restaurant de sa femme. Bien que durement frappé par le séisme, ce restaurant a servi gratuitement 300 à 350 repas par jour aux habitants qui avait tout perdu. Thierry fait observer que le restaurant péruvien situé à proximité a reçu une aide du Pérou pour redémarrer.

Il y aussi le cas de Martine, installée il y a 33 ans dans le pays de son mari, Omar, qu’elle a rencontré à Montpellier. Producteurs de crevettes, leurs bassins et diverses infrastructures s’étalaient sur 100 hectares. Tout a été dévasté. L’organisme CFN qui a recueilli les fonds de l’AFD leur a d’abord fait des promesses, avant de rejeter leur dossier. Ils ont redémarré, mais grâce aux amis et au prêt d’un client contre des prix de crevettes discountés.

Je citerai aussi Christian, marié en France avec une Équatorienne, qui a voulu prendre un nouveau départ en 2003. Ingénieur électronique chez PSA, il décide d’ouvrir un bar restaurant en Équateur. Après le séisme, il ne savait plus où habiter. Un mot encore sur Emilie qui a démarré une usine de purification d’eau, il y a un an, pour palier un problème sanitaire. Cette professeure de français, installée depuis 10 ans à Manta, fut directrice de l’Alliance Française de Porto Viejo.

Si tous ont observé et salué l’intervention de la France, notamment afin d’approvisionner en eau potable les villes de Chone et Porto Viejo, ils aimeraient savoir pourquoi, eux, ne peuvent prétendre aux aides apportées par l’AFD. + d’images

L’histoire de Leinen

Jean-Baptiste Leinen est un jeune boulanger-pâtissier qui s’est lancé à Manta en 2014.

Comme d’autres, il a tout perdu à cause du tremblement de terre. Pendant un an, il n’a pas pu travailler, passant son temps à remplir de la paperasse pour décrocher une aide du CFN ou un prêt bancaire. En vain. C’est grâce à sa famille et ses amis qu’il a pu investir dans du matériel haut de gamme pour refaire du pain et des pâtisseries dans une maison-atelier

Il a désormais ouvert une boutique en ville et un point de vente dans un nouveau centre commercial.

La notoriété de ses macarons sert l’image de marque de la France en Équateur. Jean-Baptiste se lève chaque matin à 3 heures et travaille 7 jours sur 7. Il est heureux de son sort et de pouvoir rembourser ses récents emprunts, comme ceux qu’il a contractés avant le séisme. Je lui souhaite le meilleur. + d’images

Politique

Préfet de la région

J’ai eu le privilège de rencontrer Mariano Zambrano Segovia, préfet de la région Manabi (où se situe Manta) et Mariano Zambrano Vera, député au Parlement équatorien, en compagnie de Tannya Bricard, conseillère consulaire.

Le préfet a remercié la France pour son soutien lors du tremblement de terre (sont intervenus : ambassade de France, Sécurité civile française (rattachée au ministère de l’Intérieur), IRD, Pompiers de l’urgence internationale, SOS Attitude, Interagua/Veolia, Alliance française de Quito et La Condamine pour les collectes de dons…).

On se souvient que notre ambassadeur de l’époque, François Gauthier , avait immédiatement rencontré le maire de Manta et le préfet de Manabi.

Le préfet Zambrano a relaté la difficile épreuve que constitue la reconstruction et souhaité que nous l’aidions à mettre en valeur sa région pour attirer des entreprises françaises. + d’images

SAN VINCENTE

Social

Fondation Futuro

Tannya tenait beaucoup à ce que je vienne jusqu’à San Vincente pour découvrir la ludothèque Nueva Esperanza qui avait bénéficié d’une réserve parlementaire en 2015.

J’ai retrouvé Martine Wallet-Hurtado, rencontrée la veille à Manta. Elle est à l’origine de cette initiative en faisant appel à la générosité de sa ville natale d’Amilly dans le Loiret ! C’est en effet, l’association Amilly-San Vicente qui a acheté le terrain et construit la ludothèque grâce à des bénévoles.

Félicitations à toutes les personnes qui ont concrétisé ce projet pour offrir la possibilité à des enfants de s’évader d’un univers parfois bien difficile. + d’images

PORTO VIEJO

Culture française

Alliance française

J’ai visité l’AF de Porto Viejo, en compagnie de Tannya Bricard. Présidée par Enrique Garcia Loor, un neurochirurgien formé en France, l’Alliance est dirigée par Alba Quiroz et animée par des bénévoles qui éprouvent une passion pour la langue et la culture françaises.

Le président sait combien le plurilinguisme est favorable au développement intellectuel des enfants. Aussi l’AF de Porto Viejo accueille les enfants dès l’âge de 18 mois !

Vingt ans après sa création, le projet de l’AF est désormais est d’acheter un terrain et de construire un bâtiment plus conforme à ses besoins.

La ville de Porto Viejo a été meurtrie par le séisme de 2016.

Sur le mur « Souvenez-vous » de l’Alliance française figure 112 visages des personnes fréquentant l’Alliance qui ont perdu un proche.

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