Accueil      En circonscription      Sénat      Bilan de mandat      Revue de Presse          Parcours      Contact     
    

IPAC – Déclaration sur la condamnation de Jimmy Lai

La condamnation de Jimmy Lai est une injustice tragique.

Il doit bénéficier d’une aide humanitaire.

J’ai cosigné la Déclaration de l’IPAC ainsi que 85 responsables politiques, répartis dans 31 pays.

DÉCLARATION DE L’IPAC SUR LA CONDAMNATION DE JIMMY LAI – 09/02/2026

L’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC) condamne avec la plus grande fermeté la condamnation inhumaine et politiquement motivée de Jimmy Lai, à l’issue d’un procès devenu le symbole du démantèlement des libertés à Hong Kong.

Ce moment ne s’est pas produit isolément. Il a été rendu possible par l’échec persistant de la communauté internationale à faire respecter la Déclaration conjointe sino-britannique, traité international juridiquement contraignant enregistré auprès des Nations unies. Alors que Pékin démantelait l’autonomie de Hong Kong, la liberté de la presse et l’État de droit, les gouvernements ont pris la parole, mais n’ont pas agi.

Le prononcé d’une peine de vingt ans de prison à un éditeur de 78 ans pour l’expression pacifique d’opinions politiques ne relève pas de la justice. Il s’agit d’une punition pour la dissidence, rendue possible par l’impunité.

L’IPAC appelle les gouvernements démocratiques à répondre en conséquence par une pression diplomatique coordonnée et par des mesures de responsabilité.

La persécution de Jimmy Lai constitue une preuve irréfutable que le système judiciaire de Hong Kong répond aux injonctions de Pékin et ne doit bénéficier d’aucun statut distinct de celui de la Chine. La réaction des gouvernements face à cette injustice constituera un test, non seulement de leur engagement en faveur des droits fondamentaux et des valeurs démocratiques, mais aussi de leur volonté de faire en sorte que les violations graves des traités internationaux entraînent des conséquences.

Nous exprimons notre profonde solidarité avec la famille de Jimmy Lai et réaffirmons l’engagement de notre réseau à œuvrer pour sa libération, ainsi que pour celle des nombreux prisonniers politiques détenus à Hong Kong.

Lire la déclaration originale (anglais)

Liste des signataires

Edito : Never blame, never complain*

Lire : l’INFOLETTRE n°253 – Décembre 2025 – Janvier 2026Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Never blame, never complain*
*Ne jamais blâmer, ne jamais se plaindre

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

Fruit de mon expérience professionnelle, je me suis toujours imposé une ligne de conduite simple et exigeante face à l’adversité : Never blame, never complain. Ne jamais se réfugier dans la plainte. Ne jamais céder à la tentation de la dénonciation stérile. Toujours préférer l’action à l’indignation confortable.

C’est pourquoi j’ai été sincèrement satisfait d’entendre le président de la République, devant les ambassadeurs, exprimer avec clarté le refus de deux impasses majeures. D’abord, le refus de l’impuissance morale, qui consiste à commenter le monde sans jamais chercher à l’influencer. Ensuite, le refus de la vassalisation, cet alignement passif sur les puissances dominantes qui finit toujours par affaiblir ceux qui s’y soumettent.

Le choix assumé est inverse : agir, pour se donner les moyens d’une France et d’une Europe, puissances lucides et actrices de leur destin. Mais l’autonomie stratégique n’est pas un slogan. Elle suppose des moyens, de la constance et une vision de long terme.

La diplomatie sans armée, c’est une justice sans police. Staline raillait le Vatican en demandant : « Combien de divisions ? » La formule est brutale, mais elle rappelle une vérité simple : la crédibilité internationale repose sur des capacités réelles. La loi de programmation militaire et la surmarche prévue pour 2026 en sont une illustration indispensable.

Pour autant, la diplomatie ne saurait être le parent pauvre de l’effort national. Depuis plusieurs années, je porte au Sénat l’idée d’une programmation pluriannuelle des moyens de la diplomatie, à l’image de ce que nous faisons pour la défense.

Je me réjouis donc que le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ait évoqué la perspective d’une loi d’orientation, à l’issue d’un chantier associant parlementaires et parties prenantes.

C’est une nouvelle innovation de Jean-Noel Barrot, pour adapter notre diplomatie aux bouleversements du monde ; pour garantir que le Quai d’Orsay, première mairie de France, continue d’offrir un service public exemplaire à nos compatriotes ; et enfin, pour fixer des objectifs clairs et une perspective budgétaire aux acteurs du réseaux de la diplomatie d’influence (AEFE, Instituts français…).

À l’aube de cette nouvelle année, je forme pour chacune et chacun d’entre vous des vœux sincères de santé, de réussite et d’engagement. Je vous souhaite une excellente lecture de cette première infolettre de l’année, qui s’inscrit pleinement dans cet esprit : agir, plutôt que se plaindre ; construire, plutôt que commenter.

“Never blame, never complain”.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

HOMMAGE
. Drame de Crans-Montana

VOEUX
. Très belle année 2026 !
. RÉTROSPECTIVE 2025 – Vidéo 4’10
. XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du Président
. XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du ministre

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. PLF2026 – PELF : Le Pass enfant langue française : une promesse en suspens, une solution en attente
. CA AEFE (18/12/25) – Déclaration ANEFE
. AEFE : Soutien à la démarche de la MLF et des écoles partenaires
. Rencontre avec le nouveau directeur des impôts des non-résidents
. France Volontaires

EN CIRCONSCRIPTION
> LUXEMBOURG (13–15 nov. 2025)
> SUISSE – Berne, Genève (20-22 nov. 2025)
> KENYA – Nairobi (4-6 déc. 2025)

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Brexit, HongKong : quel bilan ?

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Rejet Mercosur (1/5) – Motion de rejet
. Rejet Mercosur (2/5) – Exception d’irrecevabilité
. Rejet Mercosur (3/5) – Suppression de la résolution
. Rejet Mercosur (4/5) – Amendement de repli
. Rejet Mercosur (5/5) – Explication de vote
. QAG – Narco-État vénézuélien, quelles réponses de la France ?
. Nicolás Maduro est sous les verrous
. Délégation Union européenne – Serbie
. Conférence de l’EFTA : la liberté d’expression de Taiwan menacée par la liberté d’oppression de Pékin
. Taiwan : La France suit avec préoccupation les exercices militaires chinois
. IMEC : Un projet Win–Win–Win !
. Le Somaliland reconnu comme un “État souverain” par Israël
. RCA / “Africa Ti l’or”, la bière qui pourrait bien vous mettre en bière (réponse à ma question écrite)

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. PLF 2026 – Cybersécurité : Mais où sont les stratégies promises ?

SÉNAT – NARCOTRAFIC
. Narcotrafic – MILDECA

MÉDIAS
. “Cybersécurité de nos hôpitaux, une mission de l’État ?” (ITforBusiness – 24/12/2025)
. Budget & Mercosur (Public Sénat – 19/12/2025 – Vidéo 26’)
. Olivier Cadic : “Notre responsabilité d’élu, c’est d’ouvrir des portes, pas de construire des murs” (Public Sénat – 15/12/2025 – Vidéo 41’30)

Découvrir l’InfoLettre n°253

Brexit, Hong Kong, quel bilan ? Audition de Sylvie Bermann – Vidéo Q/R (8’26)

Ce 7 janvier, notre commission des Affaires étrangères et de la Défense a invité Sylvie Bermann, à s’exprimer sur la stratégie diplomatique de la France.

Notre ancienne ambassadrice de France en Chine, au Royaume-Uni et en Russie nous a apporté un éclairage riche et argumenté sur une pluralité de sujets.

j’ai souhaité recueillir ses conclusions, avec le recul du temps, sur deux événements marquants pour notre diplomatie et les relations internationales : le Brexit et la rétrocession de Hong Kong.

VERBATIM de mon intervention

Merci Madame l’ambassadeur pour vos propos. Nous étions tous deux au Royaume-Uni lors du référendum sur le Brexit en 2016. Dix ans après, les sondages montrent une évolution significative de l’opinion britannique avec une majorité de citoyens estimant, aujourd’hui, que la sortie de l’Union européenne a été une erreur.

Comment analysez-vous ce retournement ?

Le président cherche à renforcer nos liens bilatéraux avec le Royaume-Uni, notamment sur des angles comme la défense, l’énergie ou l’innovation.

Tout en préservant la cohésion européenne, quelles seraient vos suggestions pour accroître ce rapprochement ?

Puisque vous avez été ambassadeur à la fois à Londres et Pékin, je voudrais évoquer Hong Kong. La situation de Jimmy Lai, citoyen britannique de 78 ans emprisonné depuis cinq ans à Hong Kong et qui risque aujourd’hui la prison à vie pour son engagement pro-démocratie, illustre les tensions persistantes autour de la rétrocession en 1997 et de l’application du principe « un pays, deux systèmes ».

Comment évaluez-vous l’évolution de la position européenne face à la Chine, entre défense des droits de ses ressortissants et impératifs économiques ?

La rétrocession initialement présentée comme un modèle de transition pacifique a-t-elle, selon vous, révélé des limites structurelles, notamment en matière de libertés fondamentales ? Quel rôle l’Union européenne et la France en particulier pourraient-elles jouer pour soutenir les valeurs démocratiques à Hong Kong ?

Je vous remercie.

IPAC – Procès Jimmy Lai – Lettre au Président de la République

Ce 28 août à Hong-Kong, Jimmy Lai a assisté à la dernière séance des plaidoiries de son procès dit « de sécurité nationale » imposé par Pékin et commencé en décembre 2023.

Âgé de 77 ans, catholique, patron de presse, détenteur de la nationalité britannique et taïwanaise, Jimmy Lai est détenu depuis près de cinq ans. Il est accusé de « collusion avec des forces étrangères » et de « publications séditieuses », pour avoir incarné le mouvement prodémocratie hongkongais. Il encourt la réclusion à perpétuité. La date du verdict n’a pas encore été fixée.

Aux côtés de mon collègue André Gattolin, et en tant que membres de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC), nous avons adressé une lettre au président Emmanuel Macron. Nous sommes convaincus qu’une action concertée et déterminée de la communauté internationale, portée au plus haut niveau, est indispensable pour éviter que Jimmy Lai ne finisse ses jours en prison.

LETTRE au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

En notre qualité de parlementaires membres de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC), nous vous écrivons afin de solliciter votre intervention en faveur de la libération de M. Jimmy Lai, fondateur du journal Apple Daily et défenseur de longue date de la liberté de la presse et de la démocratie à Hong Kong.

M. Lai, aujourd’hui âgé, est séparé de sa famille et placé à l’isolement depuis plus de quatre ans. Il a subi d’immenses épreuves personnelles, notamment la privation de sa liberté religieuse fondamentale, pour la seule raison d’avoir défendu les valeurs démocratiques et les libertés essentielles promises au peuple de Hong Kong

Le Département de la justice de Hong Kong continue de s’appuyer sur des récits fabriqués de toutes pièces, comprenant de fausses accusations concernant l’implication de M. Lai avec notre organisation. L’IPAC a rejeté à maintes reprises et sans équivoque ces allégations, apporté des preuves matérielles pour les réfuter, mais ces éléments ont été ignorés par l’accusation comme par les juges, illustrant à quel point le système judiciaire hongkongais est désormais perverti.

Récemment, les États-Unis, au plus haut niveau, se sont engagés à donner la priorité à la défense de M. Lai. Nous vous exhortons à vous associer à cette démarche, à vous tenir aux côtés d’autres dirigeants mondiaux, et à former une coalition unie en soutien à
M. Lai. Une réponse internationale claire et coordonnée est indispensable pour dénoncer l’injustice dont il est victime et réaffirmer les principes universels de démocratie, de droits humains et de liberté de la presse.

Sans une intervention concertée et déterminée de la communauté internationale au plus haut niveau, Jimmy Lai, homme totalement innocent, sera condamné et mourra en prison. Son sort est déjà scellé, non par la justice, mais par les intérêts politiques de Pékin.

Nous vous prions instamment de vous saisir personnellement de ce dossier et d’agir, en coordination avec les autres dirigeants des pays démocratiques, en faveur de M. Lai.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Olivier Cadic,
Sénateur représentant les Français établis hors de France

André Gattolin,
Ancien Sénateur des Hauts-de-Seine

Coprésidents et membres de l’Alliance interparlementaire sur la Chine

Appel à libérer Jimmy Lai par des parlementaires de 24 pays

Je me suis associé à une centaine de parlementaires, issus de 24 pays, pour demander la libération immédiate et inconditionnelle de l’éditeur de presse et militant pro-démocratie, Jimmy Lai, 77 ans, emprisonné arbitrairement à Hong Kong et victime d’un procès inéquitable.

Le 21 juin 2023, j’avais accueilli au Sénat, Sébastien Lai (à l’image), le fils de Jimmy Lai, ainsi que ses avocats et des membres de l’association Reporters sans frontières (compte-rendu). J’ai revu Sébastien à Taiwan en août dernier (compte-rendu).

Le 20 décembre 2023, deux jours après l’ouverture du procès de Jimmy Lai à Hong Kong, j’avais interpellé notre gouvernement à son sujet, lors d’une séance de QAG (compte-rendu).

DÉCLARATION COMMUNE (traduite de l’anglais) :

19 nov. 2024 – Nous, soussignés, parlementaires et experts en affaires étrangères de vingt-deux pays et du Parlement de l’Union européenne, sommes unis dans notre condamnation de la détention arbitraire et du procès inéquitable de Jimmy Lai, citoyen britannique, militant pacifique pour la démocratie, éditeur et prisonnier d’opinion.

Jimmy Lai est âgé de 77 ans et sa santé se détériore. Il est détenu à l’isolement dans une prison de haute sécurité à Hong Kong depuis près de quatre ans. Cette situation est inhumaine. Il est jugé sur la base d’accusations forgées de toutes pièces concernant la promotion pacifique de la démocratie, son journalisme et sa défense des droits de l’homme. Le procès lui-même est entaché d’iniquité. Il se déroule avec des juges triés sur le volet, des prétendues preuves obtenues sous la torture et fait l’objet de longs retards. Entre-temps, Jimmy Lai, catholique pratiquant, s’est vu refuser la communion pendant près d’un an.

A la veille de la reprise de son procès, nous exigeons de toute urgence la libération immédiate et inconditionnelle de Jimmy Lai. Nous nous joignons au gouvernement britannique, au gouvernement américain, au Parlement canadien, à l’Union européenne, aux cinq rapporteurs spéciaux de l’ONU et aux dirigeants de l’Église catholique pour demander aux autorités chinoises et de Hong Kong de libérer Jimmy Lai, afin qu’il puisse rentrer chez lui au Royaume-Uni, avant qu’il ne soit trop tard.

Ces appels sont soutenus par le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, qui, vendredi 15 novembre, a publié son avis selon lequel Jimmy Lai est détenu de manière illégale et arbitraire et a demandé sa libération immédiate.

Le Groupe de travail a constaté de multiples violations des droits et libertés de M. Lai et a souligné que Jimmy Lai ne devrait pas être jugé du tout.

Nous sommes unis pour défendre les libertés fondamentales et demandons la libération immédiate et inconditionnelle de Jimmy Lai.

LISTE DES 117 SIGNATAIRES et texte original (anglais)

LIRE les conclusions Groupe de travail des Nations Unies

LIRE mon billet “Chine – Hong-Kong – Libérez Jimmy Lai !” du 6 août 2024

Déclaration de L’IPAC sur la condamnation de 45 militants pour la démocratie à Hong Kong (communiqué)

19 nov. 2024 – Nous, Alliance interparlementaire pour la Chine (IPAC), condamnons fermement la condamnation de 45 hommes politiques et militants pro-démocratie à Hong Kong et dénonçons leurs condamnations comme une parodie de justice.

Ces 45 hommes et femmes subissent des persécutions politiques pour avoir organisé des élections primaires démocratiques. C’est une preuve évidente, s’il en fallait davantage, du déclin précipité de l’État de droit à Hong Kong. Aucun système crédible n’accepterait des peines aussi ridiculement sévères pour des personnes qui voulaient simplement voter.

Nous abhorrons la détention arbitraire prolongée de ces personnes courageuses, ainsi que l’abus des procédures judiciaires utilisées par les autorités pour les condamner.

En ce jour tragique, en gardant à l’esprit ceux de Hong Kong qui continuent de prendre position, nous renouvelons notre appel à nos gouvernements pour :

Examiner et réviser leurs relations avec la Hong Kong Special Administration Region pour refléter la situation politique actuelle à Hong Kong, y compris, mais sans s’y limiter, la révision des privilèges dont bénéficient les bureaux économiques et commerciaux de Hong Kong en raison du principe « Un seul pays, Deux systèmes ».
Prendre des mesures décisives afin de demander des comptes aux responsables de l’érosion des libertés fondamentales, notamment en imposant des sanctions ciblées.
Abroger de toute urgence tous les traités d’extradition existants avec Hong Kong et la RPC pour protéger les dissidents à l’étranger.

LISTE DES SIGNATAIRES

Texte original (anglais)

Médias – “Narcotrafic : La France en voie de mexicanisation ?” (Public Sénat – 04 nov. 2024 – Vidéo 12’50)

Animée par Thomas Hugues, j’ai participé à l’émission Sens Commun (Public Sénat) consacrée au narcotrafic en compagnie de Magali Lafourcade, magistrate et secrétaire générale de la CNCDH, et de Driss Aït Youssef, docteur en droit public et spécialiste des questions de sécurité.

Une occasion de mettre les chiffres en perspective, de souligner qu’une vision hexagonale dans la lutte contre narcotrafic était une impasse, et qu’il faut privilégier une politique basée sur des objectifs clairs en valorisant les résultats de nos forces engagées sur le terrain au péril de leur vie face à des criminels prêts à tout.

La dimension internationale du problème doit conduire à miser sur la coopération internationale. Thomas Hugues a mentionné mon récent déplacement en Bolivie, où j’ai assisté à la destruction des laboratoires clandestins dans la jungle. J’ai rappelé que la Chine était aux deux bouts de la chaine de valeur : de la production de précurseurs chimiques pour la cocaïne et les drogues de synthèse jusqu’à la facilitation du blanchiment, comme à Hong Kong où les autorités ne donnent suite à aucune demande d’information.

VP de la commission d’enquête sénatoriale sur « l’impact du narcotrafic en France et les mesures à prendre pour y remédier », j’ai soutenu lors de nos travaux que les pays-producteurs et les pays-consommateurs n’étaient que les deux faces de la même pièce et que se battre contre le narcotrafic devait nous conduire isoler les narco-États (lire).

Mes interventions durant l’émission :

Voir l’émission dans sa totalité sur le site Public Sénat : Narcotrafic : La France en voie de mexicanisation ?

Public Sénat :
« L’hyperviolence des trafiquants de drogue touchent désormais des villes comme Poitiers, Rennes ou Blois… Le constat d’une France submergée par le narcotrafic a été posé par une Commission d’enquête du Sénat en mai dernier. Six mois plus tard, le nouveau Ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, veut responsabiliser les consommateurs « vous… qui fumez des joints, qui prenez des rails de coke, il a le goût des larmes et surtout du sang ». Faut-il sanctionner plus lourdement les consommateurs ou au contraire légaliser le cannabis pour priver les dealers d’une partie de leurs revenus ? Comment sortir de ce que certains appellent la “mexicanisation” de la France ?

CE Narcotrafic – Réponse de Bruno Le Maire sur Hong Kong, trou noir du blanchiment – Vidéo Q/R (2’07)

Ce 26 mars, notre commission d’enquête sénatoriale sur le narcotrafic a auditionné Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique.

J’ai interrogé notre ministre sur le blanchiment d’argent et plus particulièrement sur Hong Kong, porte d’entrée financière vers la Chine que j’ai qualifiée de trou noir du blanchiment.

« Je confirme totalement les propos du sénateur », m’a répondu Bruno Le Maire, en concluant que « Hong Kong, c’est effectivement une autre paire de manches, pour parler simplement ».

Par ailleurs, le ministre s’est félicité du fonctionnement efficace de l’accord de coopération avec les Émiratis pour identifier les avoirs.

VERBATIM de mon intervention

Je voudrais revenir sur la lutte contre le blanchiment. Elle est internationale. Le blanchiment ne fonctionne pas que pour le trafic de drogue, on l’a vu : le terrorisme, le trafic d’êtres humains, la cybercriminalité, l’évasion fiscale, le contournement des sanctions internationales… Cela nous a été dit lors d’auditions : nous sommes face un blanchiment à grande échelle avec des groupes criminels qui fonctionnent à grande échelle, des systèmes de compensation, des systèmes occultes basés sur la confiance, la cryptomonnaie, etc. On a évoqué bien sûr comme place, Dubaï, souvent, par certains, en mettant en avant quand même qu’un travail est en cours : la nomination d’un magistrat de liaison, qu’il y avait de la communication. Par contre, lors de nos auditions concernant Hong Kong, il nous a été dit qu’il n’y avait jamais de réponse des autorités locales sur les demandes pour traquer les trafiquants. Justement, dans ce domaine, j’étais à Washington il y a très peu de temps. J’étais auditionné par le département de Justice et ils sont eux-mêmes dans une situation identique. Donc, ce n’est pas nous qui sommes en situation de faiblesse, apparemment, c’est international. Hong Kong est la porte d’entrée financière vers la Chine. C’est devenu le trou noir du blanchiment. Comment tracez-vous la qualité des fonds qui reviennent de Chine pour s’investir en France ? Avez-vous mis en place des mesures de lutte anti-blanchiment depuis cette origine ?

VERBATIM de la réponse de Bruno Le Maire

S’agissant de Hong Kong et de la coopération internationale, c’est évidemment un des enjeux à venir. Il faut plus de transparence entre les états. Il faut éviter l’opacification. Il y a un certain nombre d’états avec lesquels c’est plus compliqué. L’enjeu d’Hong-Kong est réel. Je confirme totalement les propos du sénateur. La coopération internationale, en règle générale, a fonctionné de manière efficace. Nous avons signé un accord de coopération avec les Émiratis pour identifier les avoirs. Donc, avec les EAU les choses fonctionnent bien. Hong Kong, c’est effectivement une autre paire de manches, pour parler simplement.

Dégradation de la situation à Hong Kong – Procès de Jimmy Lai

Stéphane Séjourné, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a répondu au courrier que j’avais adressé à sa prédécesseur Catherine Colonna, début janvier, pour l’alerter des agissements des autorités de Hong Kong mettant en cause des ressortissants étrangers dans le procès de Jimmy Lai. 

Je remercie le ministre pour la fermeté des positions qu’il affiche au nom de la France.


Courrier de Stéphane Séjourné, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (05/05/2024)

Monsieur le Vice-président, cher Olivier,

J’ai bien pris connaissance de votre courrier du 4 janvier dernier par lequel vous nous faites part de vos préoccupations concernant le procès ouvert contre jimmy Lai par les autorités de Hong Kong.

Nous relayons aux autorités chinoises et hongkongaises, lors de nos échanges avec celles- ci, nos inquiétudes quant aux atteintes à la liberté de la presse et plus généralement à l’Etat de droit à Hong Kong depuis l’instauration de la Loi de sécurité nationale, y compris s’agissant de la situation de Jimmy Lai. Nous demandons également qu’il soit mis fin aux poursuites contre les médias et activistes pro-démocratie à Hong Kong. Notre consulat général à Hong Kong, en lien avec nos partenaires européens, suit de près les procès pour sédition ou au nom de la Loi de sécurité nationale, y compris celui de Monsieur Lai.

Par ailleurs, nous nous opposons fermement à toute application extraterritoriale de la Loi de sécurité nationale. Les pressions exercées à l’encontre d’individus résidant à l’étranger, dont des parlementaires de l’Inter-Parliamentary Alliance on China (IPAC), ne sont pas acceptables. Nous sommes particulièrement vigilants aux risques d’un tel usage contre des citoyens français ou étrangers résidant en France.

La dégradation de la situation à Hong Kong est également évoquée dans les enceintes multilatérales, où la France comme l’Union européenne appellent la Chine à respecter ses engagements sur le statut de Hong Kong, formulés dans la déclaration sino-britannique de 1984 et dans la Loi fondamentale de la Région administrative spéciale.

Lors de l’examen périodique universel de la Chine au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, qui s’est tenu le 23 janvier, la France a recommandé à la Chine de garantir la liberté d’expression et d’association, y compris en ligne, et y compris à Hong Kong.

Je vous remercie enfin de nous avoir transmis la déclaration et les recommandations de l’IPAC, dont nous prenons bonne note.

En vous remerciant pour votre engagement en faveur de la promotion des droits de l’Homme, je vous prie d’agréer, Monsieur le Vice-président, l’expression de ma considération distinguée.

Stéphane SÉJOURNÉ

Lire ma lettre à l’attention de Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (04/01/2024)

Lire aussi Ipac Statement Jimmy-Lai Trial

CE Narcotrafic – Eurojust – Améliorer la coopération pénale – 22/01/2024 – Vidéo Q/R (5’30)

Ce 22 janvier, notre commission d’enquête sénatoriale sur le Narcotrafic a auditionné Baudoin Thouvenot, inspecteur général de la justice, membre national pour la France du bureau de l’Agence de coopération judiciaire de l’Union européenne (Eurojust).

Créée en 2002, l’agence Eurojust vise à faciliter la coopération pénale au niveau des états membres, auxquels s’ajoutent des états tiers, soit 37 membres au total. Il s’agit d’un « petit conseil européen judiciaire », illustre Baudoin Thouvenot.

Ce sont donc les magistrats nationaux qui saisissent Eurojust dans une volonté de coordonner la coopération, par exemple à travers des demandes d’entraide ou des mandats d’arrêt européens qui posent des difficultés.

J’ai interrogé le magistrat français sur notre coopération avec nos collègues brésiliens face aux petites mains du crime, puis sur l’opacité d’Hong Kong en matière d’enquêtes sur le blanchiment.

VERBATIM de mon intervention

Vous avez mentionné la Guyane et le Brésil. Au Brésil, les gens n’ont pas besoin de visa pour venir quelques jours en vacances en France. Il y a 10 jours, il y a eu un assassinat d’une Brésilienne. Deux personnes ont été arrêtées au moment où elles s’apprêtaient à reprendre l’avion pour le Brésil. Elles ont témoigné, l’une 27 ans, disant qu’elle a trois enfants, une mère malade d’un cancer, que la pluie a détruit sa maison et qu’elle a des dettes. Elle demandait évidemment de comprendre sa situation. L’autre a dit : « j’ai une dette envers une personne qui m’a menacé. Je m’excuse ». On voit bien que ce sont les petites mains du crime qui sont envoyées vers la France et qui sont utilisées, instrumentalisées. Quand j’étais au Brésil, nos collègues brésiliens nous ont dit qu’il fallait qu’on travaille sur ces questions main dans la main, puisque cette problématique, je dirais, représente les deux faces d’une même pièce.

Comment est-ce que vous envisagez de travailler avec vos collègues, par exemple brésiliens, sur ces dossiers ? Est-ce que vous ne pensez pas que ces petites mains doivent aussi être protégées, puisque, c’est ce qu’elles expliquent, on menace leur vie.

Par ailleurs, dans une audition précédente, il nous a été dit que toutes les demandes de notre parquet à Hong Kong revenaient sans réponse. C’est le cas pour les affaires de blanchiment. Je voulais savoir si nous étions le seul pays européen dans ce cas.

INFOLETTRE n°229 – 29 décembre 2023

Lire : l’INFOLETTRE n°229 – 29 déc 2023Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Sommaire :

ÉDITO

AU SÉNAT
. Ma question au Gouvernement sur le procès de Jimmy Lai à Hong Kong
. CMP pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration : pourquoi nous nous abstenons
. PLF2024 – Action extérieure de L’État – Discussion générale
. PLF2024 – Publication de mon rapport sur la cybersécurité (programme 129)

EN CIRCONSCRIPTION
> ROYAUME-UNI – Londres (2 & 10 au 12 nov. 2023)
> IRLANDE – Dublin (16-17 nov. 2023)
> BRÉSIL (1/2) – Brasilia (20-23 nov. 2023)
> BRÉSIL (2/2) – São Paulo (23-24 nov. 2023)
> MAROC (1/2) – Casablanca (30 nov. – 1 déc. 2023)
> MAROC (2/2) – Meknès, Fès (2-4 déc. 2023)

INSTITUT FRANÇAIS
. Institut français – Conseil d’administration

DIPLOMATIE PARLEMENTAIRE
. Ambassade du Brésil – Transition énergétique
. Élargissement de l’UE – Bosnie-Herzégovine
. Réception de la co-Présidente de Bosnie-Herzégovine
. Accueil de la vice-Présidente de Bulgarie

NARCOTRAFIC – Commission d’enquête
. Vice-président de la commission d’enquête au Sénat
. Comment faire face à 50 mules par avion ?
. Quelles sont les peines réellement prononcées ? Comment protéger nos enfants ?
. Identité numérique, recrutement des factions en prison…
. Utiliser l’intelligence artificielle pour repérer automatiquement les véhicules des trafiquants
. Présomptions de blanchiment : Hong Kong ne répond plus…

SÉNAT – Accueil de délégations
. Légion d’honneur – Diner-débat au Sénat
. Centenaire de l’ANFB, anciens combattants franco-britanniques

QUESTIONS ÉCRITES
. Compétences des conseils consulaires en matière de visa
. Journées défense et citoyenneté organisées à l’étranger
. Coopération : pourquoi un visa entre la Guyane et le Brésil ?

Découvrir l’InfoLettre n°229

QAG – Ma question sur le cas Jimmy Lai à Hong Kong (Vidéo Q/R 4’11)

Lors de la séance de questions d’actualité du gouvernement, au nom du groupe UC, j’ai interrogé Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’État chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux, sur le procès de Jimmy Lai qui s’est ouvert à Hong Kong, ce lundi.

J’ai invité mes collègues à unir nos appels pour libérer Jimmy Lai, lauréat du prix de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.

Verbatim

Madame la ministre,

Ce lundi, le procès de Jimmy Lai s’est ouvert à Hong Kong.

Jimmy Lai, ce hong-kongais francophile, qui a choisi la France pour s’y marier, est le fondateur du quotidien hong-kongais indépendant Apple Daily, fermé en 2021 pour avoir soutenu les manifestations pro-démocratie.

Âgé de 76 ans, le lauréat du prix de la liberté de la presse, décerné par Reporters Sans Frontières, a déjà passé trois années dans une prison de haute sécurité sur la base d’accusations montées de toutes pièces.

Aujourd’hui accusé de sédition et de « conspiration avec des forces étrangères », il risque la perpétuité en vertu de la loi sur la Sécurité nationale, imposée par Pékin en 2020 pour faire taire la contestation à Hong Kong.

Pékin a décidé de transgresser ses engagements internationaux, pris lors de la rétrocession de Hong Kong.

Xi Jinping, c’est la liberté d’oppression

Jimmy Lai, c’est la liberté d’expression.

Citoyen britannique, il aurait pu quitter Hong Kong.

Malgré les périls imminents, Jimmy Lai n’a jamais fléchi dans son engagement en faveur des droits fondamentaux et de la démocratie.

Alors que s’ouvrait son procès, plusieurs pays appellent publiquement les autorités de Hong Kong à mettre fin aux poursuites intentées contre Jimmy Lai et à le libérer.

Madame la ministre, quelle est la position de la France ?

Ma réplique :

Merci Madame la ministre pour votre engagement.

18e, il y a 20 ans, Hong Kong pointe désormais à la 140e place du Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières.

La Chine, pour sa part, est 179e sur 180 pays évalués.

Avec le poète chinois Liu Xiaobo, mort en 2017, tandis qu’il purgeait une peine pour «subversion du pouvoir de l’État», le Parti communiste chinois est le deuxième régime après les nazis à avoir laissé mourir un prix Nobel de la paix dans ses prisons. Le régime de Xi Jinping est sans état d’âme.

Chers collègues,

Unissons nos appels pour libérer Jimmy Lai et le sauver !

CE Narcotrafic – Présomptions de blanchiment : Hong Kong ne répond plus… Vidéo Q/R (4’45)

Ce 11 décembre, la commission d’enquête sénatoriale pour étudier « l’impact du narcotrafic en France », présidée par Jérôme Durain, s’est réunie sur ce thème : le service d’enquêtes judiciaires des finances : quel bilan ?

A ce titre, nous avons invité Christophe Perruaux, directeur du Service d’enquêtes judiciaires des finances (SEJF).

En réponse à ma question sur certaines places financières, aussi accommodantes avec les flux financiers douteux que peu coopératives au regard de nos investigations, Christophe Perruaux a constaté : « Pour nous cela se traduit par une non-réponse aux questions que l’on pose, cela peut effectivement mettre fin à une enquête après une demande d’entraide ou plus exactement une commission rogatoire. Par exemple, on sait qu’aujourd’hui Hong Kong ne répond plus…»

Verbatim de mon intervention

Dans le complément de ce que vient d’évoquer mon collègue, j’étais à Panama il n’y a pas très longtemps où justement il y a tout un enjeu, puisque c’est un pays de transit des stupéfiants et ils sont donc conscients de la problématique. Les autorités font justement de la lutte contre le crime organisé une priorité.

On avait parlé de dispositions législatives pour connaître les bénéficiaires finaux des entreprises. Je crois qu’il y a une quarantaine de cabinets d’avocats qui gère à peu près 150.000 sociétés. On peut imaginer la problématique pour connaître le bénéficiaire final de chacune des sociétés.

La problématique que je vois est celle des états qui contournent les sanctions économiques, qui utilisent ces réseaux. Cela fait beaucoup d’argent qui passe. Ces systèmes se confondent évidemment avec le trafic de drogue.

Donc, comment appréhendez-vous le sujet ?  J’ai évoqué Panama sans les accuser, mais on pourrait parler d’autres États. Vous avez mentionné Dubaï, on pourrait parler de Singapour ou de Hong Kong. Il y a donc un certain nombre de places financières, dont certains s’accommodent.

Comment donc envisagez-vous les enquêtes dans ces cas-là ? Par rapport à ces pays peu coopératifs où en êtes-vous dans vos enquêtes ? Est-ce que vous arrivez à faire la part des choses ?
Un des vrais sujets qui se pose et qui va se poser de plus en plus, c’est la présence de ce qu’on peut qualifier de narco-États. Des États qui ont pourtant pignon sur rue, qui siègent à l’ONU, qui facilitent le trafic de drogue, y compris sa financiarisation. Est-ce que vous voyez ce phénomène se développer ? Est-ce qu’il y a des États qui vous posent aujourd’hui problème ?

Sénat – Hong Kong – Jimmy Lai – Liberté de la presse

Ce 21 juin, en présence de mes collègues Else Joseph, Joëlle Garriaud-Maylam, Philippe Folliot et Louis-Jean de Nicolay, j’ai eu l’honneur de présider une réunion de travail portant sur le combat héroïque de Jimmy Lai en accueillant son fils, Sébastien Lai, au Sénat, ainsi que les avocats de Jimmy Lai et plusieurs membres de l’association Reporters sans frontières.

À 75 ans, Jimmy Lai, fondateur du quotidien hong-kongais indépendant Apple Daily et lauréat du prix RSF de la liberté de la presse, est détenu à Hong Kong, dans une prison de haute sécurité.

Il a écopé en décembre 2020 de cinq ans et neuf mois de prison pour deux accusations de “fraude” Il a également été condamné à 20 mois de prison pour avoir assisté à quatre manifestations pro-démocratie “non autorisées” en 2019 et 2020. Il risque la perpétuité pour “association avec des forces étrangères”, en vertu de la loi sur la sécurité nationale adoptée par le régime chinois pour faire taire la contestation à Hong Kong.

Jimmy Lai, entrepreneur audacieux et fondateur du prestigieux journal Apple Daily, a consacré sa vie à la défense de la démocratie et de la liberté de la presse.

C’est un francophile, qui a choisi la France pour s’y marier. Il a obtenu la médaille de l’ordre du mérite agricole de la part de la France en reconnaissance de ses chroniques régulières dans son journal sur la gastronomie française.

Citoyen britannique, Jimmy Lai aurait pu quitter Hong Kong.

Malgré les périls imminents et les pressions constantes qui ont jalonné son parcours, il n’a jamais fléchi dans son engagement en faveur des droits fondamentaux et de la démocratie.

Malheureusement, les temps ont sombré dans l’obscurité. Le régime communiste de Pékin a transgressé ses engagements internationaux pris lors de la rétrocession de Hong Kong. Sous le prétexte fallacieux de la loi de circonstance sur la sécurité nationale, Apple Daily fut violemment réduit au silence, tandis que Jimmy Lai fut arrêté et précipité dans les entrailles du système judiciaire.

Le combat mené par Jimmy Lai transcende largement sa propre personne.

Il se dresse telle une icône internationale de la liberté de la presse et de la résistance face à l’oppression.

Nous avons assuré Sebastien Lai de notre solidarité inébranlable et notre détermination sans faille pour demander la libération de Jimmy Lai. +d’images

L’HEBDO DES INDÉPENDANTS N°208 – 16 mars 2023

Lire : l’HEBDO DES INDÉPENDANTS n°208 – 16 mars 2023Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Sommaire :

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER & AFFAIRES ÉTRANGÈRES
. Les États généraux de la diplomatie au rapport (Le dispositif consulaire ; Rénovation des ressources humaines ; Renforcement régalien du pays)
. Élections de trois députés des Français de l’étranger : liste des candidats.
2e circonscription (Amérique latine et Caraïbes)
8e circonscription (Israël, Italie, Grèce, Turquie)
9e circonscription (Maghreb et Afrique de l’Ouest)
Où voter ? Quand voter ? Qui peut voter par Internet ?
. Impôts en France, qui contacter ?

LE CLUB DES INDÉPENDANTS
. Amelie MALLET, conseillère à l’AFE, conseillère des Français du Royaume-Uni « Lycée Charles de Gaulle et rapport de l’Ofsted, les suites »
. Laurence HELAILI-CHAPUIS, conseillère à l’AFE, présidente du conseil consulaire en Irlande. « Défi lecture, en français ! ».
. Serge THOMANN, conseiller des Français en Australie et Papouasie-Nouvelle Guinée. « Cocorico ! depuis Melbourne ».
. Vincent SADEQUE, président du conseil consulaire de Djibouti. « Plaidoyer sur les politiques et projets numériques ».

LE BLOG D’OLIVIER CADIC
. Le Sénat vote la réforme des retraites
. Irlande. Eamon RYAN, ministre irlandais de l’Environnement, du Climat et des Communications
. France-Qatar. Général Jean-François MOREL, responsable des forces françaises du MIOM
. Débat préalable au Conseil européen (Ukraine, Balkans, Géorgie, Indopacifique, Hong Kong)
. Remerciements de Hong Kong Watch
. Article LePetitJournal sur le déplacement au Cambodge

FRANCE
Actualités : Politique & Société

BRÈVES D’AILLEURS

Découvrir l’InfoLettre n°208

Conseil européen (4/4) – Hong Kong – 15/03/2023 (Vidéo 1m)

Ce 15 mars, j’ai rencontré avec les représentants de l’ONG, Hong Kong Watch qui se concentre sur l’évolution des droits de l’homme à Hong Kong et plaide pour le soutien de la communauté internationale.

Lors de mon intervention au nom du groupe UC, ce même jour, dans le débat préalable à la réunion du Conseil européen des 23 et 24 mars 2023, j’ai terminé en alertant le gouvernement sur la situation des militants pro-démocratie à Hong Kong, dont une partie d’anciens parlementaires.

VERBATIM

La loi sur la sécurité nationale de 2020 à Hongkong a porté un coup fatal au cadre « un pays, deux systèmes » mis en place au moment de la rétrocession par le Royaume-Uni de Hongkong à la Chine en 1997.

Le procès de 47 personnes accusées de “subversion” pour avoir organisé une élection primaire non officielle à Hong-kong en 2020 a commencé le mois dernier.
Il vise à écraser la dissidence.

La plupart de ces personnalités pro-démocratie sont détenues depuis deux ans.

Seuls 16 d’entre elles seront jugées alors que 31 personnes ont plaidé coupable et seront condamnées à l’issue du procès.

Pékin s’est affranchie du respect de ses engagements internationaux comme l’a dénoncé l’ONU et anticipé Josep Borrell.

Ce procès le démontre.

Est-ce que l’UE prévoit de prendre position sur ces procès politiques qui nous rappellent les procès staliniens et démontrent que le concept un pays-deux systèmes a disparu ?

Je vous remercie.

Aide d’urgence pour les Français de l’étranger : les parlementaires alertent Jean-Yves Le Drian – Q/R vidéo (4m)

Ce 8 juillet, j’ai saisi l’opportunité d’interroger notre ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur deux points sensibles et urgents.

1 – L’aide sociale d’urgence

J’ai proposé à Jean-Yves Le Drian de rencontrer les parlementaires pour évoquer les critères d’attribution pratiqués par l’Administration concernant l’aide d’urgence de 50M€, annoncée le 30 avril en faveur des Français de l’étranger.

A ce jour, seulement 2700 compatriotes ont bénéficié de ce dispositif pour un montant cumulé de 390.000€, soit moins de 1% de l’enveloppe !

J’ai précisé à notre ministre que le sénateur Robert-Denis del Picchia lui avait également envoyé un courrier, lors de l’audition, pour l’alerter des difficultés de mise en œuvre, suite à une lettre des élus consulaires d’Amérique latine.

Je remercie Jean-Yves Le Drian d’avoir accepté le principe d’un rendez-vous lors de notre discussion, à l’issue de l’audition.

2 – Chine / Hong-Kong

Depuis la mise en application du projet de loi sur sécurité nationale à Hong-Kong et la multiplication des arrestations des défenseurs des droits de l’Homme, quelle va être la réaction de la France ?

“La pandémie du Covid-19 constitue un révélateur” (LePetitJournal – 20 avril 2020)

Entretien réalisé par Damien Bouhours

Plateforme Ariane, AEFE, fonds d’urgence, diplomatie… le sénateur des Français établis hors de France, Olivier Cadic, revient avec nous sur les défis que doivent encore relever la France et ses expatriés suite à cette crise sanitaire sans précédent.

Lire l’article sur lePetitJournal.com, publié le 20 avril 2020, intitulé : Olivier Cadic – “La pandémie du Covid-19 constitue un révélateur”

LPJ – Vous avez proposé que les ressortissants français qui passent plus de 6 mois à l’étranger puissent s’inscrire au service Ariane, pourquoi cette demande ?

Olivier CADIC – La crise révèle que de nombreux Français vivent à l’étranger sans être inscrits auprès nos consulats. Comment les contacter en cas de danger ? Ces oubliés de l’administration constituent la « seconde communauté française » à l’étranger. Ils sont estimés à plus d’un million, si nous faisons la différence entre les statistiques Insee et les statistiques officielles du MEAE.

Il s’agit notamment de jeunes, souvent étudiants. Laurence Helaili, conseillère consulaire en Irlande, m’a démontré que les demandes de justificatif de résidence (bail de location, quittance de loyer, facture d’eau, d’électricité…) pour s’enregistrer constituaient des conditions totalement inadéquates dans un pays où il est très difficile de se loger.

Les conseillers consulaires m’ont confirmé que le système D et la colocation sont souvent la règle chez les jeunes aux faibles ressources à l’étranger, qui déménagent fréquemment. J’ai fait une proposition à notre ministre Jean-Yves Le Drian dans une question écrite (lire) pour assouplir notre dispositif et donner une possibilité d’enregistrement à tous nos expatriés.

“La crise est révélatrice des forces
et faiblesses de notre ministère de
l’Europe et des Affaires étrangères”

LPJ – Que pensez-vous de la gestion de la crise du coronavirus par les autorités françaises à l’étranger ?

OC – Elle est révélatrice des forces et faiblesses de notre ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE). Il faut d’abord saluer le formidable travail des ambassadeurs et des agents de nos postes diplomatiques, du MEAE, ainsi que ceux du Centre de crise et de soutien. Ils réussissent l’impossible avec les moyens du bord, tributaires de l’assentiment des autorités locales et du bon vouloir des compagnies aériennes.

Nous avons pu également mesurer le niveau d’engagement des élus consulaires, conseillers ou délégués, qui démontre une fois encore leur rôle indispensable au service de nos compatriotes en difficulté, qu’ils soient résidents ou de passage à l’étranger.

Jean-Baptiste Lemoyne a fait preuve d’initiative en lançant « SOS un toit » avec le concours de la FIAFE. Je le remercie d’avoir organisé des réunions régulières avec les parlementaires des Français de l’étranger et créé une boucle WhatsApp. Cela a facilité la communication et permis de lui faire remonter directement de nombreuses attentes. J’ai pu pointer dès l’origine plusieurs faiblesses d’organisation, sources de multiples frustrations :

– L’absence d’information quotidienne, aux parlementaires et élus consulaires, sur le nombre de compatriotes bloqués et de liste prévisionnelle des vols pays par pays, nous a empêché de répondre spontanément aux demandes, sans devoir solliciter les postes.
– L’accueil sanitaire inexistant a été observé par toutes les personnes débarquant en France en provenance de l’étranger.
– La procédure « marche à suivre » (inscription Ariane ; appel à l’ambassade ; communication des vols disponibles) a généré un travail trop abondant pour nos ambassades/consulats. Elle a conduit parfois nos compatriotes à acheter des billets de retour à plusieurs reprises, du fait de l’annulation des vols au dernier moment.

Mon expérience d’entrepreneur m’a incité à proposer la création d’un groupe de travail pour analyser les fonctionnements de l’organisation en temps réel afin de gagner en efficacité. Le ministre a préféré s’en tenir au retour d’expérience lorsque la crise sera passée. Dommage.

Même si je regrette les inefficacités liées à la rigidité de l’organisation, je retiens d’abord le rapatriement, d’une ampleur inédite, accompli. J’adresse un satisfecit à nos autorités et une profonde reconnaissance à tous ceux qui m’ont permis de faciliter de nombreux retours, en mentionnant en particulier ceux que j’ai le plus sollicité : Antoine Grassin, ambassadeur de France au Pérou et Vincent Sicet, secrétaire général de l’UFE Pérou.

LPJ – De nombreuses familles et établissements français à l’étranger risquent de se retrouver en difficultés à la prochaine rentrée. Quelles mesures devraient-être prises selon vous ?

OC – Tout d’abord, envisager une remise sur les frais de scolarité, pour les familles qui en ont besoin, et qui pourrait selon les cas, s’appliquer de manière généralisée. Car à l’évidence, l’enseignement à distance ne saurait coûter le même prix que le présentiel.

Ensuite abonder le budget des bourses 2020 de 30 à 50 M€ dans le cadre du PLFR pour l’étendre aux besoins nés des changements de situation début 2020.

Anticiper une somme supplémentaire dans le PLFR pour soutenir les écoles en grande difficulté.

S’appuyer sur l’ANEFE pour refinancer les crédits et mutualiser la dette garantie par l’État pour offrir de nouvelles marges de manœuvre de financement aux écoles.

Le directeur de l’AEFE est un diplomate. Ce poste requiert plutôt un profil de capitaine d’industrie, venant impérativement du privé avec un mandat de 5 ans, renouvelable. Nous avons besoin d’un réducteur des coûts à l’AEFE, qui mette fin aux pratiques de rémunérations opaques et inéquitables concernant une partie du personnel. Cela aurait pour objectif de baisser les frais de scolarité dans les EGD et dans certaines écoles conventionnées. La crise passée, le directeur aurait le temps devant lui pour développer le réseau afin d’atteindre l’objectif de doublement des effectifs d’ici à 2030, comme défini par le Président de la République.

“La solidarité nationale ne saurait
s’arrêter à nos frontières.”

LPJ – Les Français à l’étranger s’inquiètent également du manque de soutien financier pendant cette crise. Le gouvernement doit-il protéger les expatriés qui risquent de faire faillite ou de perdre leurs sources de revenus ?

OC – La solidarité nationale ne saurait s’arrêter à nos frontières. Un fonds de solidarité a été créé par la loi d’urgence du 23 mars 2020 pour faire face à l’épidémie de covid-19. Le lendemain même, je déposais une proposition de loi pour permettre aux Français hors de France d’en être bénéficiaires (PPL).

En décembre dernier, Jean-Louis Mainguy, conseiller consulaire Liban-Syrie, me rapportait que la crise exceptionnelle qui affecte le Liban avait plongé 40 à 50% de la population en dessous du seuil de pauvreté. Il déplorait l’absence d’un fonds permanent de solidarité et d’entraide pour les services sociaux des consulats destiné à nos compatriotes les plus exposés. Il faisait écho à des propos exprimés par de nombreux conseillers consulaires comme Tannya Cerda-Bricard, en Équateur, qui avait été confrontée à un séisme, trois ans plus tôt.

C’est pourquoi dans ma dernière infolettre de 2019, j’ai rappelé que la création de ce fonds constituait un défi à relever en 2020. Ma proposition de loi « relative à la solidarité en faveur des Français établis à l’étranger » concrétise cette idée. Elle est cosignée par des parlementaires appartenant à mon groupe Union Centriste (UC), mais également aux groupes Les Républicains (LR) ; La République en Marche (LREM) ; Les Indépendants et le Rassemblement démocratique et social européen (RDSE). Parmi eux, 3 sénateurs représentant les Français établis hors de France : Robert del Picchia, Damien Regnard et Richard Yung.

Je les remercie car ils montrent que mon approche peut faire consensus. Le gouvernement sera aussi jugé sur sa capacité à répondre à cette urgence sociale pour nos compatriotes à l’étranger.

“Les démocraties européennes ne
doivent pas se montrer naïves”

LPJ – Vous êtes monté au créneau suite aux propos très critiques de l’Ambassade de Chine en France. Pensez-vous que cette crise sanitaire risque de créer de nouvelles tensions géopolitiques ?

OC – La pandémie du Covid-19 constitue un révélateur. La commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a publié cette semaine un rapport qui se veut alarmant. Intitulé : Désinformation, cyberattaques, cybermalveillance : l’autre guerre du covid-19, je l’ai écrit avec mon collègue Rachel Mazuir, en qualité de co-rapporteurs du programme 129 (gestion de crises, cyberdéfense, renseignement).

Il est clair qu’une guerre de la communication a été enclenchée, destinée à réécrire l’histoire et à dénigrer les démocraties pour préparer la reconfiguration du paysage géopolitique de l’après-crise. « La dictature peut s’installer sans bruit » écrivait Orwell. Dans cette bataille des opinions, les démocraties européennes ne doivent pas se montrer naïves. Elles doivent au contraire accroître la défense et la promotion de leurs valeurs en renforçant leur vigilance et en se dotant d’instruments efficaces.

Cependant, comme le démontrent Taiwan et Hong-Kong, les Chinois aiment la démocratie. La Chine continentale vit sous le joug d’un régime communiste totalitaire et criminel.

Vivement qu’elle s’en débarrasse !

HEBDOLETTRE n°127 – EDITO : “Think different” (PLF2020) // Hommage national à nos soldats tombés au Mali // PLF2020 – Action Extérieure de l’État (P105, P151, P185) : Discussion générale + Amdt Flam + Enseignement + Moncton/Olso / PLF2020 – Coordination du travail gouvernemental (P129) : Rapport en commission + séance publique // Notre réseau diplomatique : des économies en guise de stratégie // Public Sénat : Haro sur le Black Friday ? // Jean-Pierre Cantegrit devient chevalier de la Légion d’honneur // Vincent Sadèque (Djibouti) : un modèle d’engagement politique indépendant // La Ville de Paris ravive la mémoire de Pasquale Paoli // En CIRCONSCRIPTION : en Malaisie – Kuala Lumpur (22 & 23 sept. 2019) / en Indonésie – Jakarta (24 & 25 sept. 2019) / en Chine – Hong-Kong (26 & 27 sept. 2019) / en Espagne – Palma de Majorque (14-15 oct. 2019) / en Suisse – Berne / Genève (18-19 oct. 2019) / en Grèce – Athènes (24-26 oct. 2019).

Lire : l’HEBDOLETTRE n°127 – 11 décembre 2019Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’HebdoLettre n°127

“Think different”

Depuis 1995, le budget du Quai d’Orsay est l’objet d’un reflux continu sous la pression de Bercy. Il a fallu toute l’autorité d’un ministre de l’envergure de Jean-Yves Le Drian pour suspendre cette tendance baissière cette année.

Lors des débats budgétaires au Sénat, le ministre a annoncé l’annulation de la fermeture du consulat de Moncton et de l’Institut français de Norvège.

Pour combien de temps ?

Annonces lancinantes des fermetures de postes, plan de diminution des effectifs en attendant le prochain, faiblesse de nos contributions volontaires à l’ONU (nous pointons entre la 15ème et la 20ème place)…, on n’en voit pas la fin. Où est la dynamique ?

Quand donc pourrons-nous voir l’avenir de manière positive dans ce ministère ?

Concernant la politique immobilière, Bercy contraint depuis des années le Quai d’Orsay à vendre les “bijoux de famille” pour financer son train de vie. Ceci a une fin. Et nous y sommes ! Le ministre l’a clairement rappelé. A juste titre !

Lors de mon intervention à la tribune au nom du groupe centriste, j’ai proposé au ministre de donner de l’autonomie à nos chefs de poste. Afin de leur permettre de gérer au mieux localement notre patrimoine sans nécessairement faire appel aux deniers publics, il est nécessaire de réformer la comptabilité publique.

S’agissant du programme 151 qui concerne les consulats et les Français de l’étranger, nous enregistrons de plus en plus d’expatriés ou de personnes de passage, mais de moins en moins de moyens : c’est le fameux effet ciseau.

Là encore, notre réseau consulaire donne l’image d’un repli permanent. À ce rythme, quelle sera la carte consulaire dans dix ans ?

Le budget de ce réseau devrait être envisagé non pas comme une structure de coûts, mais comme une opportunité de gérer des revenus.

Si l’intégralité de la recette des visas finançait le réseau qui la collecte, nous retrouverions une dynamique de développement qui soutiendrait également notre diplomatie économique sans peser sur le contribuable. Phénomène qui pourrait s’amplifier en s’inspirant des bonnes pratiques : les consuls honoraires allemands peuvent effectuer les prises d’empreintes biométriques pour éviter à leurs compatriotes de faire de longs déplacements tout en conservant le produit du service.

Quant à notre diplomatie culturelle, je soutiens sans réserve la dynamique initiée par le Président de la République dans le but de doubler le nombre d’élèves scolarisés dans l’enseignement français à l’étranger à l’horizon 2030.Visuel HL125

Pouvons-nous croire cependant que cet objectif survivra aux deux prochaines élections présidentielles ?

Il y a deux ans, j’avais proposé d’atteindre ce résultat en cinq ans, puis de doubler encore sur les cinq années suivantes afin de quadrupler notre réseau en dix ans. Pour y parvenir, il faut concentrer l’effort public sur le développement plutôt que de financer de la dépense non maîtrisée. À titre d’exemple, j’ai relevé que l’enveloppe des 10 premiers salaires de l’AEFE à l’étranger s’élève à 1,8 million d’euros.

“La folie serait de se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent”, dirait Albert Einstein.

Confrontée à des difficultés financières et une perte d’attrait dans les années 90, la société Apple Computer a réinventé sa stratégie et l’a popularisée par un slogan et un clip intitulé “Think different”.

L’expérience m’a appris qu’une approche disruptive permet de surmonter tous les obstacles.

Pour offrir à notre diplomatie les moyens des ambitions affichées par Emmanuel Macron, il est nécessaire de penser son budget différemment. L’écoute dont a fait preuve Jean-Yves Le Drian durant les débats permet de penser qu’il pourrait relever ce défi. Découvrir l’HebdoLettre n°127

En circonscription en Chine – Hong-Kong (26-27 sept. 2019)

Je suis retourné à Hong Kong deux ans exactement après ma première visite en septembre 2017 (Compte-rendu). Le contexte politique a brutalement changé et il est devenu clivant comme je l’ai observé au Parlement hongkongais.

J’ai répondu avec plaisir à l’invitation de Rebecca Silli, présidente de la Chambre de commerce (FCCIHK) et Marc Guyon, président de l’UFE Hong-Kong et Macao, qui organisaient tous deux leur événement de rentrée.

Mais la priorité avec laquelle je suis reparti concerne l’enseignement français. Je soutiendrai le conseil d’administration du lycée français international Victor Ségalen de Hong-Kong, présidé par Clément Brunet-Moret (à l’image), dans sa démarche courageuse de déconventionnement vis-à-vis de l’AEFE, tout en restant partenaire, afin de gagner de la marge de manoeuvre.

Politique

Parlement – Mouvement pan-démocrate

Premier entretien au parlement de Hong Kong avec Claudia Mo, présidente du groupe pan-démocrate, en présence de Marine Bouyssou, conseillère politique au consulat et de Clément Brunet-Moret, président du board du lycée français international de Hong-Kong.

Mme Mo s’est émue de la situation de Jason Ng, un « corporate lawyer » qui a été contraint de quitter BNP-Paribas après avoir exprimé des positions personnelles anti-gouvernementales sur sa page Facebook privée.

« Ce qui m’inquiète le plus est que la même chose peut se passer pour n’importe qui à Hong-Kong. Et cela ne va pas. » aurait déclaré Jason Ng.

Mme Mo a souligné que cet événement portait une ombre sur l’image de la France pour tous les démocrates.

Nous avons évoqué les discussions au Congrès américain susceptibles d’évaluer chaque année la situation politique à Hong-Kong et d’en tirer des conséquences sur le plan économique.

Auteure en 2015 du livre « Nous voulons une vraie démocratie », Claudia Mo a été réélue au Parlement avec le slogan « Autodétermination ».

Alors correspondante de l’AFP à Hong-Kong, Claudia Mo avait couvert le massacre de la place Tiananmen, un événement qu’elle décrit comme un « tournant décisif ayant cimenté ses principes journalistiques et ses convictions politiques. »

Parlement – Mouvement pro-Pékin

Second entretien au parlement de Hong Kong avec Holden Chow, député pro-establishment, vice-président du DAB (Democratic Alliance for the Betterment and Progress of Hong-Kong), en présence de Marine Bouyssou et de Clément Brunet-Moret

Opposé aux appels à l’indépendance ou à l’autodétermination de Hong-Kong, Holden Chow est un jeune député en charge des relations internationales pour le DAB .

Nous avons évoqué le débat organisé la veille entre Carrie Lam, chef de l’exécutif du territoire semi-autonome et 130 citoyens afin de mettre un terme aux manifestations.

Ne pouvant rien préjuger de l’avenir, Holden Chow exprime son désir de non-violence. Il remarque les pressions exercées sur la police, éreintée par les sollicitations multiples. Si le dialogue peut prendre du temps, il assure que la violence n’est jamais une solution pour régler un différend.

Face à ma préoccupation de voir l’armée débarquer de Chine continentale pour assurer l’ordre, Holden Chow m’a dit qu’à ses yeux il n’y avait aucune chance d’assister à ce type d’opération.

Si les deux parlementaires rencontrés sont aux antipodes l’un de l’autre en termes de vision politique, ils ont quelques points communs, comme leur souhait de voir Hong-Kong demeurer une place internationale de premier rang ou leur considération pour le lycée français international de Hong-Kong.

Holden Chow a assuré au président du board du lycée français qu’il serait heureux de visiter ses locaux et d’appuyer l’obtention du crédit promis par les autorités.

Entrepreneuriat

Chambre de commerce

À l’invitation de Sophie Leconte, directrice de la Chambre de commerce France – Hong-Kong (FCCIHK), j’ai eu le plaisir d’assister à l’Assemblée générale de cette Chambre bilatérale qui compte 900 membres.

Dans son intervention, la présidente Rebecca Silli a rappelé que la FCCIHK était la 5ème Chambre la plus importante par la taille après celles du Maroc, d’Allemagne, du Japon et de Pékin.

Félicitations à Thibaud Sarrazin qui a été élu pour rejoindre le board de la Chambre.

Le dîner annuel qui devait suivre l’AG a été reporté, du fait du débat organisé entre Carrie Lam, chef de l’exécutif du territoire semi-autonome, et 130 citoyens, tout à proximité du restaurant qui avait préféré annuler… la veille de l’événement.

Qu’à cela ne tienne, la FCCIHK a organisé un cocktail dans ses locaux pour prolonger les échanges.

Je remercie Rebecca Silli, Sophie Leconte et toute l’équipe de la FCCIHK pour la chaleur de leur accueil et je salue leur réactivité face à l’imprévu, sans jamais se départir de leur bonne humeur. +d’images

Communauté française

Soirée UFE

Marc Guyon, président de l’UFE Hong-Kong et Macao, m’a invité pour son grand cocktail de rentrée, organisé en partenariat avec la Banque Transatlantique, en présence d’Elsa Rochier, chef de chancellerie.

Dans son discours d’introduction, le président a salué la participation du Club VIE et des Alumni des écoles françaises : HEC, Essec, ESCP Europe, EDHEC, EM Lyon, IAE, Centrale Supélec, Mines ParisTech, Dauphine.

Cette soirée clôturait mon second déplacement à Hong-Kong.

Avec certains participants nous avons évoqué les inquiétudes de notre communauté au regard de la situation politique.

À la veille du rassemblement populaire célébrant le cinquième anniversaire du “Mouvement des parapluies” qui réclamait un véritable suffrage universel à Hong Kong, la tension n’est pas retombée.

Aucun de mes interlocuteurs n’a toutefois exprimé d’inquiétude au sujet de sa situation personnelle à Hong-Kong.

Félicitations à Marc Guyon pour la réussite de cet événement de rentrée qui m’a permis de renouer avec quelques représentants de nos 14.000 compatriotes inscrits à Hong-Kong.

Marc anime remarquablement sa section UFE, dont le dynamisme inspire l’UFE Monde. Bravo à toute l’équipe UFE qui l’accompagne. + d’images

Enseignement français

Lycée Français International Victor Ségalen

Le déconventionnent réussi du CFBL à Londres vis à vis de l’AEFE a inspiré d’autres établissements, à l’image du lycée français international Victor Ségalen de Hong-Kong.

Ma priorité pour ce pays est de soutenir son conseil d’administration pour favoriser la réussite de cette évolution.

Les mois qui ont précédé la décision de sortir de la convention ont révélé une ligne de fracture entre les adeptes d’un recrutement des personnels sous l’égide de l’AEFE et ceux qui préféraient un management plus autonome, afin d’ajuster la politique de l’établissement au plus près des attentes des parents.

Du reste, un vote des parents a révélé leur très large soutien au board, soit l’option du changement de statut et s’en tenant à un partenariat avec l’AEFE, comme le fait la grande majorité des écoles françaises à l’étranger.

À l’invitation de Clément Brunet-Moret, j’ai eu l’opportunité de passer une bonne partie de ma journée au lycée qui accueille près de 3000 élèves répartis sur 4 campus et affiliés à la section française ou la section internationale (préparant l’IB).

Tout d’abord, j’ai eu rendez-vous avec David Tran, proviseur, des représentants des parents et des personnels. Les parents d’élèves ont formulé le souhait que la rentrée de 2020 se déroule aussi bien que celle de 2019.

J’ai aussi eu le plaisir de retrouver François-Xavier Gabet, ancien proviseur du CFBL, Collège français bilingue de Londres. Son expérience réussie au Royaume-Uni a incité le board à lui confier un rôle de conseiller afin de faciliter la transition vers le nouveau statut qui sera effectif à la rentrée de septembre 2020.

Je me suis rendu ensuite sur le site Tseung Kwan O (TKO), inauguré l’an dernier. Ce campus qui accueille 900 élèves a nécessité un investissement de 65 millions d’euros et le soutien des autorités locales qui ont mis le terrain à disposition pour concrétiser ce projet.

J’ai été impressionné par l’effort d’innovation pédagogique déployé dans cette structure. Les 5 classes d’un niveau sont réunies dans un espace ouvert qui permet les échanges entre les enfants qui justifient d’un niveau éducatif jamais atteint.

Lors du déjeuner sur place avec la communauté éducative de TKO, j’ai dit aux enseignants que leur présent était le futur de toutes les écoles françaises à l’étranger.

La question est juste de déterminer à quel horizon y parviendront-elles ? +d’images