Le 6 mars, lors de la dernière journée de la 44e session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), Pauline Carmona, directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE), a présenté un vaste point d’étape sur l’activité du réseau consulaire, les réformes engagées et les priorités de l’administration au service de nos compatriotes établis hors de France.
En ouverture, elle a tenu à exprimer sa reconnaissance aux élus des Français de l’étranger pour la qualité du travail mené avec la DFAE et les postes consulaires. Elle a également eu une pensée particulière pour les quelque 400.000 Français présents dans une quinzaine de pays touchés par la crise au Moyen-Orient. Plus de 25.000 d’entre eux se sont signalés auprès du Centre de crise et de soutien (CDCS), où une réunion de crise s’est tenue le soir même avec les parlementaires représentant les Français de l’étranger, en présence des ministres Jean-Noël Barrot et Éléonore Caroit (compte-rendu).
Dans ce contexte tendu, Pauline Carmona a salué le professionnalisme des postes, la mobilisation du CDCS, ainsi que le rôle essentiel des élus dans l’accompagnement, l’écoute et la remontée d’informations de terrain.
La directrice a ensuite détaillé l’intense activité consulaire de l’année 2025.
Le nombre de Français inscrits au registre a poursuivi sa progression pour atteindre 1.787.323 personnes, soit une hausse de 1,7 % en un an. Plus de 504.000 titres d’identité et de voyage ont été délivrés. Les délais moyens de rendez-vous se sont encore améliorés, passant de 16 jours en 2024 à 11 jours en 2025. Elle a aussi souligné le maintien d’un haut niveau de tournées consulaires, avec plus de 800 missions par an, ainsi que la montée en puissance de l’envoi postal sécurisé des passeports.
La modernisation du service public consulaire a constitué l’un des fils directeurs de son intervention. « Moderniser ce n’est pas déshumaniser », rappelle-t-elle d’emblée. France Consulaire couvre désormais 100 % des Français inscrits dans 198 pays, avec des résultats remarquables : 96 % de taux de décroché et 90 % de satisfaction.
La directrice de la DFAE a également mis en avant les avancées du vote par internet, l’essor de l’identité numérique certifiée, la généralisation de la pré-demande en ligne pour les titres d’identité, les progrès du registre d’état civil électronique, ainsi que l’expérimentation du renouvellement à distance des passeports, actuellement en cours au Canada, au Portugal, en Espagne et en Australie.
Sur le volet social, Pauline Carmona a rappelé que 131 millions d’euros avaient été consacrés en 2025 aux aides sociales destinées aux Français de l’étranger, dont plus de 100 millions pour les bourses scolaires, bénéficiant à 18.578 élèves. Elle a insisté sur l’attention portée aux publics les plus fragiles : personnes âgées en perte d’autonomie, élèves en situation de handicap, femmes victimes de violences et compatriotes détenus à l’étranger.
À quelques semaines des élections consulaires, Mme Carmona a enfin salué une méthode fondée sur la co-construction entre administration et élus.
À l’occasion de cette dernière session de la mandature (2021-2026), elle a remercié chaleureusement les conseillers des Français de l’étranger pour cinq années d’engagement bénévole, soulignant combien leur action de terrain demeure indispensable au fonctionnement de notre réseau et à la protection de nos compatriotes. Une déclaration accueillie par un feu nourri d’applaudissements.
VIDÉO JOUR 5 : intégralité des interventions (Vendredi 6 mars 2026 – 44ème AFE)
Face à la dégradation de la situation au Moyen-Orient, une réunion de crise s’est tenue au Quai d’Orsay avec les parlementaires représentant les Français établis hors de France, afin de faire le point sur la sécurité de nos compatriotes et les dispositifs de protection mis en place par le ministère.
À l’initiative de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, et de Philippe Lalliot, directeur du Centre de crise et de soutien (CDCS), une réunion de crise s’est tenue vendredi 6 mars au Quai d’Orsay.
Cette réunion avait pour objectif d’échanger avec les parlementaires représentant les Français établis hors de France sur la situation au Moyen-Orient et sur les actions menées par le ministère pour assurer la sécurité de nos compatriotes.
Ma collègue Olivia Richard, présidente du groupe d’amitié France-Iran, participait également à ces échanges.
Retour de mission au Liban et en Syrie
Président du groupe d’amitié France–Pays du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), je revenais d’une mission au Liban et en Syrie effectuée deux semaines plus tôt avec Nadia Chaaya, élue pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).
Cette mission m’a permis de partager plusieurs informations recueillies sur le terrain.
J’ai notamment relayé les retours de nos conseillers des Français de l’étranger, les échanges avec les représentants de la CCIFI et les conseillers du commerce extérieur de la France, ainsi que des témoignages de personnes déplacées au Liban pour échapper aux bombardements.
Sécurité des Français : une priorité
J’ai également évoqué les plans de crise et les dispositifs de mise en sécurité de nos compatriotes que j’avais pu évaluer à Beyrouth et à Chypre lors d’une mission à l’été 2024.
Alors que l’Iran fait peser une menace grave non seulement sur la stabilité d’Israël mais également sur l’ensemble du Moyen-Orient, la situation demeure particulièrement volatile.
Missiles, roquettes et drones frappent indistinctement, tandis que nos compatriotes présents dans la région vivent dans l’inquiétude.
Dans ce contexte, la sécurité des Français demeure notre priorité absolue.
Des déplacements aériens perturbés
Les espaces aériens ouvrent et ferment selon l’évolution de la situation et les décisions des autorités locales.
De nombreux Français qui prévoyaient de rentrer d’Asie ou d’Océanie via les hubs du Golfe se retrouvent aujourd’hui bloqués, dans une situation qui rappelle celle vécue lors de la crise du Covid.
Informations utiles pour les Français à l’étranger
➡️ Centre de crise et de soutien : En cas d’urgence, il est recommandé de contacter le Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères : 📞 +33 1 43 17 51 00
Je tiens à saluer l’engagement des équipes du ministère ainsi que celui des bénévoles de la Croix-Rouge, mobilisés pour venir en aide à nos compatriotes.
➡️ Fil d’Ariane : Les Français de passage dans la région sont invités à s’inscrire sur le fil d’Ariane afin de recevoir les informations et alertes du ministère : LIEN
Après les faux débats public-privé, place aux fausses concertations.
Un illustre prédécesseur des sénateurs, Georges Clemenceau, disait : « Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. » Il faut mettre un terme à ces méthodes qui consistent à organiser la concertation pour mieux noyer le poisson… et décider de ne rien décider.
Qui se souvient des grandes consultations sur l’enseignement français à l’étranger, il y a moins de trois ans ?
J’avais alors refusé de participer à ce simulacre : Lien
Et j’avais écrit au ministre Olivier Becht pour en expliquer les raisons : Lien
J’y dénonçais une mise en scène destinée à habiller des décisions déjà arrêtées par l’administration, sans remise en cause du modèle.
Nous voilà repartis en 2026 avec les mêmes artifices.
Sous couvert de missions parlementaires, on détourne l’attention des décisions déjà prises, des décisions qui fragilisent le réseau et prolongent une trajectoire engagée depuis vingt ans.
C’est pourquoi j’ai demandé aux ministres Jean-Noël Barrot et Eléonore Caroit, depuis l’hémicycle, deux décisions claires :
– la suspension des décisions du conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) de décembre 2025, qui font porter de nouvelles charges sur les établissements partenaires et conventionnés ;
– l’annulation de l’arrêté d’août 2025 renforçant excessivement les pouvoirs de l’Agence en matière d’homologation. Lien
Continuer à concentrer toujours plus de pouvoirs dans une structure qui n’a pas réglé ses déséquilibres internes n’est pas une solution. C’est une fuite en avant !
En faisant le choix d’impacter lourdement et de fragiliser les sociétés de gestion d’établissements, gérées avec talent, rigueur et dévouement par des volontaires engagés, le réseau risque de s’atrophier en perdant des acteurs qui ne se reconnaissent plus dans ce fonctionnement.
Ignorer ma proposition de suspendre des mesures qui augmentent les frais en désignant des boucs émissaires, c’est refuser de faire de la réduction des coûts une priorité.
Aucun système ne peut rester crédible lorsque l’acteur principal est à la fois compétiteur, régulateur et bénéficiaire des règles qu’il édicte.
La réforme ne sera possible qu’à quatre conditions : neutralité, séparation des rôles, indépendance de l’homologation et modèle économique soutenable.
Car au bout de nos décisions, ce ne sont pas des lignes budgétaires qui paient, ce sont des familles.
Le temps des faux-semblants doit cesser. Il faut réformer sans plus attendre, pas transférer la facture aux familles.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
A LA UNE . Art. 50-1 – Rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales, notamment au Venezuela
HOMMAGE . Robert del Picchia . Renée Blandin
ENSEIGNEMENT FRANÇAIS À L’ÉTRANGER . QAG – AEFE : joueur, arbitre… et maintenant bénéficiaire . Lycées français à l’étranger (Libération) – Assez de faux débats . Lycées français à l’étranger : l’enquête de Libération qui fait débat – (Le courrier des Amériques – 18/02/2026) . Rencontre Mission laïque française (MLF) – ANEFE
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Nadia Chaaya, Chevalier de l’ONM : une exigence d’action et de justice . Australie – Serge Thomann . France–Estonie : Violaine Champetier de Ribes décorée au Sénat . Olivier Cadic : mobilité, sécurité, enseignement, ses priorités pour 2026 (Lesfrancais.press)
.Les chiffres de l’activité consulaire 2025
.Guide des victimes françaises à l’étranger (2026)
EN CIRCONSCRIPTION
> ÉGYPTE – Le Caire / New Giza / Nouvelle Capitale / Nouveau Caire / Obour / Alexandrie (29 déc.-03 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Ashford (Kent) / Gare Eurostar (8 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Bristol, Londres (10-13 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Londres (22-24 janv. 2026)
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Venezuela – Transition démocratique & Menace des cartels latino-américains . Iran – Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix 2003 : une voix de la résistance iranienne en exil . Afrique des Grands Lacs – Communauté de Sant’Edigio
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . La perspective d’un droit nouveau pour l’aide active à mourir se rapproche . IPAC – Déclaration sur la condamnation de Jimmy Lai . Taiwan – Groupe d’amitié – Nouvel An . Suisse – Ambassadrice Tania Cavassini
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA . PLF 2026 – Conférence de presse : Alerte sur un risque majeur pour la sécurité numérique de la France . Retard de NIS 2 : Le dispositif anti-backdoor qui cristallise l’affrontement entre la DGSI et les parlementaires (Usine digitale) . Cybersécurité : l’heure est à l’action – (Entreprendre à l’international) . Le gouvernement fait le jeu des pirates pour écouter aux portes (Le Canard Enchainé) . Cybersécurité : la France accumule les retards, les hackers accumulent les victimes, déplorent des experts (Epoch Times)
MÉDIAS . Olivier Cadic : “On sent que beaucoup de choses ont changé au Liban” (France24/MCD 23/02/2026 – Vidéo 2’45) . Ukraine : les leçons de 4 ans de guerre (Public Sénat, 19/02/2026 – Vidéo 2’15) . Olivier Cadic : “Un futur dans la paix et l’harmonie entre les communautés, c’est le Liban dont on rêve” (Annahar Français, 18/02/2026 – Vidéo 29m) . Olivier Cadic : “L’engagement de la France, c’est de soutenir un Liban souverain et pleinement indépendant” (MTV Liban, 13/02/2026 – Vidéo 2’45) . À quand un vol direct entre San Diego et Paris ? (SoCal FACC – 26/01/2026) . French Response : de la guerre à Gaza au salut nazi d’Elon Musk, comment la diplomatie française a changé de ton sur les réseaux sociaux (BFM Tech – 01/02/2026) . Les enjeux nationaux et internationaux vus par un sénateur des Français établis hors de France (Radio Orient – 1er février 2026 – Podcast 16’30) . Le sénateur français Olivier Cadic appelle à la reconnaissance de la stabilité et de la démocratie du Somaliland (The Horn Tribune – 22/01/2026) . Isolée sur le Mercosur, la France a-t-elle perdu son influence en Europe ? (Public Sénat – 09/01/2026) . Olivier Cadic : “Nous vivons une lutte pour le leadership mondial” (LePetitJournal.com – 15 janv. 2026)
Olivier Cadic ; Ben Coleman, député ; Charles Malissard et Christian Malissard
FULHAM – École Marie d’Orliac
La création des écoles bilingues de Wix et de École Marie d’Orliac a constitué une étape stratégique pour augmenter les places scolaires françaises à Londres.
(compte-rendu de 2011).
Lors de mon déplacement le 22 janvier 2026, j’ai été alerté par Charles Malissard, parent d’élèves, suite à un courrier du Lycée Français Charles de Gaulle annonçant la rupture unilatérale du partenariat avec la Fulham Bilingual School.
Cette décision, brutale et incomprise, a provoqué une vive émotion parmi les familles françaises et britanniques, la direction de Holy Cross Catholic Primary School et les autorités locales du borough de Hammersmith & Fulham Council.
Le lendemain, j’ai alerté la direction de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger sur l’écart manifeste entre cette décision et les objectifs de développement souhaités par le présidence de la République française.
Le soir même, lors d’une réunion publique à Fulham organisée par le député Ben Coleman, les parents m’ont demandé d’intervenir pour suspendre cette rupture, afin d’éviter un préjudice durable pour les élèves et leurs familles.
La semaine suivante, le député Ben Coleman et moi avons sollicité un entretien en visioconférence avec Hélène Duchêne, ambassadrice de France au Royaume-Uni. L’ambassadrice a suspendu la décision pour Marie d’Orliac et Wix, et engagé une recherche de solution négociée à l’horizon septembre 2027.
J’ai salué sa sagesse, mais j’ai également dénoncé l’interruption du fonctionnement du plan École à Londres, depuis l’ambassadeur Jean-Pierre Jouyet en 2019.
J’ai suggéré de le relancer sans délai, dans un esprit véritablement collaboratif, pour éviter que de telles crises ne se reproduisent et retrouver un avenir stable et ambitieux pour l’enseignement français dans la capitale britannique. +d’images
École Bilingue London
Retour à l’École Bilingue, aux côtés d’Amelie Mallet, conseillère des Français de l’étranger, j’ai rencontré les cofondateurs Véronique Ferreira et Franck Laurans afin d’évoquer les conséquences préoccupantes des nouvelles décisions de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger.
Depuis sa création en 2004, cette école indépendante, qui accueille 120 élèves chaque année grâce à une équipe de 21 professionnels engagés, incarne l’excellence du bilinguisme par immersion à Londres. J’ai eu l’honneur de célébrer ses 10ᵉ (compte-rendu) et 20ᵉ (compte-rendu) anniversaires et de constater son évolution remarquable.
Or, les prélèvements imposés par l’AEFE ne cessent d’augmenter : 30 euros par élève en 2012, 1% des frais de scolarité en 2014, et désormais 2% dès 2026, avec une hausse progressive jusqu’à 4%, pour toutes les écoles partenaires, à l’exception des USA qui se voient soumises à une taxe forfaitaire par élève.
Cette ponction, sans véritable contrepartie, fragilise l’équilibre financier de l’établissement et, à terme, les familles. Une telle décision appelle à un dialogue urgent et équitable.
Nous avons également évoqué l’évolution de l’Anefe, et sa volonté d’accompagner toutes les écoles françaises à l’étranger, qu’elles soient homologuées ou pas.
J’ai demandé aux ministres Barrot et Caroit une suspension de la décision. +d’images
Lycée Charles de Gaulle – APL
J’ai eu le plaisir de participer à la traditionnelle Galette des Rois de l’Association des Parents d’Élèves du Lycée Charles de Gaulle, organisée avec la direction du Lycée Français Charles de Gaulle, le jeudi 22 janvier en salle Iselin.
Aux côtés d’Amelie Mallet, nous avons retrouvé Gilles Morellato, conseiller culturel en charge de la coopération éducative, à la faveur de ce moment chaleureux d’échanges et de convivialité avec les familles.
À l’invitation de Maryline Berlin, présidente de l’APL, j’ai adressé un message de soutien au LFCG Families Charity Fund – 2026 Appeal et au Gala Dinner du 12 mars 2026 à l’InterContinental London Park Lane, auquel je participerai comme chaque année depuis 2007.
Je tiens à féliciter chaleureusement tous les bénévoles de l’APL, dont l’engagement exemplaire a permis de lever des centaines de milliers de livres sterling lors des galas, soutenant concrètement les familles et animant la vie de notre communauté scolaire.
BROMLEY – École Tricolore
Retour à l’École Tricolore de Bromley, 12 ans après son premier Noël en 2013 (compte-rendu)
Très heureux d’avoir été invité par Eugénie Mye, présidente de l’École Tricolore, pour remettre les diplômes aux élèves et saluer leurs progrès dans la maîtrise du français. Ceint de mon écharpe tricolore, j’ai félicité chaque lauréat et salué le discours brillant de Julia, qui a expliqué l’intérêt de l’apprentissage offert par cette école FLAM.
Parents et équipe pédagogique avaient organisé un moment festif, ponctué par la traditionnelle galette.
Aujourd’hui, l’école rassemble 190 élèves, de 2 ans au GCSE, accompagnés par 16 enseignants, 12 assistants, dont 6 bénévoles et 2 parents bénévoles. Après le GCSE, les élèves se proposent comme bénévoles pour aider et transmettre leur savoir.
Eugénie lance un appel : l’école recherche des enseignants pour les grandes classes, des bénévoles en quête d’expérience, ainsi que des élèves et parents souhaitant initier leurs enfants à l’écriture et à la pratique du français dans sa forme la plus pure.
Félicitations à toute l’équipe pour son engagement au service de la langue et de la culture françaises au Royaume-Uni ! +d’images
Communauté française
Londres Accueil Ltd
Très heureux d’avoir participé à la première Galette de Londres Accueil, le 22 janvier 2026. Un moment chaleureux et fédérateur qui a permis aux membres, bénévoles et partenaires de se retrouver après les fêtes et d’ouvrir l’année sous le signe du partage.
Je tiens à remercier chaleureusement la présidente, Sabine Cussac, ainsi que les trois directrices qui composent le bureau à ses côtés : Florence Coillot Fusari, Nathalie Pourat et Sophie Vovard. Leur engagement, avec celui des 60 bénévoles mobilisés au service de nos compatriotes, mérite d’être salué.
Un grand bravo également à Isabelle, pâtissière professionnelle et bénévole du club Bake and Relax, pour ses galettes aussi généreuses que délicieuses.
J’ai été très heureux d’échanger avec les représentants des sponsors, notamment Juliette Tang de la banque Transatlantique et ceux du Collège Français Bilingue de Londres (CFBL), partenaires engagés au service de notre communauté. +d’images
Guildhall – The Guild of Freemen of the City of London
Devenir membre de la The Guild of Freemen of the City of London consiste à recevoir la Freedom of the City, distinction séculaire décernée par la City of London Corporation.
Autrefois porteuse de privilèges commerciaux, elle est aujourd’hui un honneur symbolique qui célèbre l’engagement professionnel et le lien avec la City.
J’ai eu le plaisir d’assister à la cérémonie au Guildhall pour accompagner Luc Bardin, président de la section britannique des CCEF, entouré de sa famille et de ses amis proches.
Dans ce lieu chargé d’histoire, le rituel est d’une précision remarquable : serment solennel, lecture des engagements, remise du certificat calligraphié.
Les Britanniques démontrent, une fois encore, leur maîtrise du cérémonial : élégance, respect des traditions et sens du détail.
Toutes mes félicitations à Luc pour cette distinction prestigieuse, qui honore son engagement et son rayonnement international. +d’images
Réaction à l’article de Libération : assez de faux débats.
L’article de Libération qui me cite évite soigneusement la seule question qui vaille : pourquoi l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) est-elle aujourd’hui en difficulté financière ?
J’avais expliqué les causes structurelles à la journaliste. Elles n’apparaissent pas.
À la place, on nous sert une opposition caricaturale entre public et privé, parfaitement alignée sur la ligne défendue par certains syndicats qui défendent avant tout les personnels expatriés.
Ce n’est pas sérieux.
Le vrai problème : un modèle à bout de souffle
Depuis des années, l’AEFE refuse de remettre en cause son modèle de coûts, notamment le maintien de statuts d’expatriés qui n’existent plus dans aucune organisation internationale comparable.
Le monde a changé.
Le réseau, lui, fonctionne encore comme dans les années 1990.
Plutôt que d’engager les réformes nécessaires, l’Agence choisit la solution de facilité :
👉 augmenter les frais de scolarité
👉 faire payer les familles
👉 accuser le développement du privé
C’est commode. Mais c’est faux.
Une centralisation bureaucratique assumée
En 2018, le Président de la République a repris l’objectif de doubler le réseau à l’horizon 2030. J’avais défendu cet objectif, mais dans une logique de libération, de diversification et d’autonomie.
Ce qui a été fait est exactement l’inverse :
toujours plus de centralisation, toujours plus de contrôle, toujours plus de bureaucratie.
Même les missions de l’Association nationale des écoles françaises de l’étranger (ANEFE), qui ne coûtaient rien aux établissements, ont été transférées à l’Agence.
Résultat ?
Des fonctionnaires supplémentaires.
Des coûts supplémentaires.
Des facturations supplémentaires.
Et in fine : des frais supplémentaires pour les parents.
On prétend défendre le service public.
On fabrique en réalité un système administré hors de prix.
Une hypocrisie budgétaire
L’AEFE représente environ 12 % du budget du Quai d’Orsay et près des deux tiers du programme 185.
Et pourtant, certains en réclament toujours plus sans se préoccuper de nos finances publiques.
Cela fait quinze ans que je le dis :
l’État n’a pas les poches assez profondes pour financer à la fois :
• un service public mondial,
• une politique d’influence,
• et une expansion massive du réseau, sans revoir profondément son organisation.
Nous y sommes.
Pendant ce temps, le monde avance
Pendant que nous entretenons nos querelles idéologiques :
• En Égypte, l’enseignement français ne représente plus qu’environ 1 % du marché international.
• Au Liban, l’enseignement privé anglophone est devenu majoritaire (53 % en 2023) sans aucune subvention publique britannique ou américaine.
Nous avons perdu du terrain.
Et nous continuons à débattre comme si le problème venait du “méchant privé”, alors que l’enseignement à l’étranger est un “business”.
La seule question qui compte
La question est simple :
Est-ce aux familles et aux contribuables de financer indéfiniment le coût des statuts d’expatriés
ou faut-il instaurer l’équité des rémunérations et moderniser les statuts pour maîtriser les coûts ?
Tout le reste est un écran de fumée.
Ceux qui déplacent le débat vers une guerre public-privé cherchent à éviter cette question.
J’assume une réforme structurelle
C’est pour cela que j’ai demandé aux ministres Jean-Noël Barrot et Eléonore Caroit :
• la suspension des décisions du conseil d’administration de l’AEFE de décembre 2025 qui fait porter de nouvelles charges sur les écoles partenaires et conventionnées ;
• l’annulation de l’arrêté d’août 2025 renforçant excessivement les pouvoirs de l’Agence en matière d’homologation.
Concentrer toujours plus de pouvoirs dans une structure qui n’a pas réglé ses déséquilibres internes n’est pas une solution. C’est une fuite en avant.
L’enseignement français à l’étranger ne se résume pas à l’AEFE
Le réseau français est plus large que son opérateur public.
Avec l’ANEFE et de nombreux acteurs locaux, nous travaillons à une alternative fondée sur :
• l’initiative locale,
• la responsabilité,
• la transparence des coûts,
• une véritable garantie de qualité pédagogique, et non un simple contrôle administratif.
Le choix est clair
Soit nous modernisons courageusement le système pour garantir le juste coût et le juste prix pour les familles.
Soit nous continuons à augmenter les frais en désignant des boucs émissaires.
Je refuse que l’on sacrifie l’avenir du réseau français à l’étranger pour préserver des équilibres internes devenus intenables.
Le débat mérite mieux que des postures idéologiques.
Il exige des décisions.
Le 4 février, à l’occasion de la séance des questions d’actualité au Gouvernement, j’ai interrogé Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sur la situation des acteurs privés de l’enseignement français à l’étranger, fragilisés par une décision du conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, ainsi que par les dispositions de l’arrêté du 25 août 2025.
VERBATIM de mon intervention :
Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères,
La France affiche l’ambition de doubler le nombre d’élèves dans le réseau d’enseignement français à l’étranger d’ici 2030.
Mais des décisions récentes fragilisent les acteurs privés qui portent cette dynamique.
D’abord, la décision du conseil d’administration de l’AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger, du18 décembre qui révolte les établissements au statut de partenaires.
Alors qu’ils sont autofinancés, ils se voient imposer des contributions financières accrues sans contrepartie.
Ensuite, l’arrêté du 25 août 2025 subordonne l’homologation des écoles françaises à l’étranger par le ministère de l’Éducation nationale à la signature d’un contrat avec l’AEFE, créant un conflit d’intérêts majeur : un opérateur public devient à la fois concurrent, partenaire obligatoire et quasi-autorité de régulation.
C’est comme si on demandait à France Télécom d’être également l’Arcom !
On demande ainsi à l’AEFE d’être joueur et arbitre, ce qui mine la confiance et l’équité du système.
Monsieur le Ministre, pouvez-vous abroger l’arrêté du 25 août 2025 pour restaurer une homologation relevant exclusivement du ministère de l’Éducation nationale ?
Voulez-vous engager une réforme séparant clairement la gestion des établissements par l’AEFE et la mission de développement du réseau des écoles françaises à l’étranger ?
Ma RÉPLIQUE :
Merci monsieur le Ministre,
La situation actuelle de l’AEFE exige des décisions immédiates.
Aucun système ne peut rester crédible lorsque l’acteur principal est à la fois compétiteur, régulateur et bénéficiaire des règles qu’il édicte.
Faire porter aux établissements partenaires le poids d’erreurs de gestion passées tout en les plaçant sous dépendance contractuelle est une double injustice.
La réforme ne pourra être crédible que si un principe clair est acté : neutralité, séparation des rôles et indépendance de l’homologation.
Il ne s’agit pas de venir au secours d’un système totalement dépassé, mais de créer un modèle économique soutenable.
Car n’oublions pas qu’au bout de nos décisions, ce ne sont pas des lignes budgétaires qui paient — ce sont des familles.
Ce 19 janvier, intervention au nom du groupe Union centriste, dans le cadre de la « déclaration du Gouvernement, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, portant sur le rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales, notamment au Venezuela ».
Catherine Vautrin, ministre des Armées et des anciens combattants et Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, se sont exprimés au nom du gouvernement.
J’ai conclu mon propos en disant que ce qui se joue aujourd’hui au Venezuela, en Iran, en Ukraine, à Taïwan, au Groenland et au Somaliland relève d’un même combat : savoir si, au XXIe siècle, les frontières et les souverainetés se décident par la force ou par le droit.
C’est à cette question que la France et l’Europe doivent répondre.
Never blame, never complain* *Ne jamais blâmer, ne jamais se plaindre
Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,
Fruit de mon expérience professionnelle, je me suis toujours imposé une ligne de conduite simple et exigeante face à l’adversité : Never blame, never complain. Ne jamais se réfugier dans la plainte. Ne jamais céder à la tentation de la dénonciation stérile. Toujours préférer l’action à l’indignation confortable.
C’est pourquoi j’ai été sincèrement satisfait d’entendre le président de la République, devant les ambassadeurs, exprimer avec clarté le refus de deux impasses majeures. D’abord, le refus de l’impuissance morale, qui consiste à commenter le monde sans jamais chercher à l’influencer. Ensuite, le refus de la vassalisation, cet alignement passif sur les puissances dominantes qui finit toujours par affaiblir ceux qui s’y soumettent.
Le choix assumé est inverse : agir, pour se donner les moyens d’une France et d’une Europe, puissances lucides et actrices de leur destin. Mais l’autonomie stratégique n’est pas un slogan. Elle suppose des moyens, de la constance et une vision de long terme.
La diplomatie sans armée, c’est une justice sans police. Staline raillait le Vatican en demandant : « Combien de divisions ? » La formule est brutale, mais elle rappelle une vérité simple : la crédibilité internationale repose sur des capacités réelles. La loi de programmation militaire et la surmarche prévue pour 2026 en sont une illustration indispensable.
Pour autant, la diplomatie ne saurait être le parent pauvre de l’effort national. Depuis plusieurs années, je porte au Sénat l’idée d’une programmation pluriannuelle des moyens de la diplomatie, à l’image de ce que nous faisons pour la défense.
Je me réjouis donc que le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ait évoqué la perspective d’une loi d’orientation, à l’issue d’un chantier associant parlementaires et parties prenantes.
C’est une nouvelle innovation de Jean-Noel Barrot, pour adapter notre diplomatie aux bouleversements du monde ; pour garantir que le Quai d’Orsay, première mairie de France, continue d’offrir un service public exemplaire à nos compatriotes ; et enfin, pour fixer des objectifs clairs et une perspective budgétaire aux acteurs du réseaux de la diplomatie d’influence (AEFE, Instituts français…).
À l’aube de cette nouvelle année, je forme pour chacune et chacun d’entre vous des vœux sincères de santé, de réussite et d’engagement. Je vous souhaite une excellente lecture de cette première infolettre de l’année, qui s’inscrit pleinement dans cet esprit : agir, plutôt que se plaindre ; construire, plutôt que commenter.
“Never blame, never complain”.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
HOMMAGE . Drame de Crans-Montana
VOEUX . Très belle année 2026 ! . RÉTROSPECTIVE 2025 – Vidéo 4’10 . XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du Président . XXXIᵉ Conférence aux Ambassadrices et Ambassadeurs – Discours du ministre
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . PLF2026 – PELF : Le Pass enfant langue française : une promesse en suspens, une solution en attente . CA AEFE (18/12/25) – Déclaration ANEFE . AEFE : Soutien à la démarche de la MLF et des écoles partenaires . Rencontre avec le nouveau directeur des impôts des non-résidents . France Volontaires
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Brexit, HongKong : quel bilan ?
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . Rejet Mercosur (1/5) – Motion de rejet . Rejet Mercosur (2/5) – Exception d’irrecevabilité . Rejet Mercosur (3/5) – Suppression de la résolution . Rejet Mercosur (4/5) – Amendement de repli . Rejet Mercosur (5/5) – Explication de vote . QAG – Narco-État vénézuélien, quelles réponses de la France ? . Nicolás Maduro est sous les verrous . Délégation Union européenne – Serbie . Conférence de l’EFTA : la liberté d’expression de Taiwan menacée par la liberté d’oppression de Pékin . Taiwan : La France suit avec préoccupation les exercices militaires chinois . IMEC : Un projet Win–Win–Win ! . Le Somaliland reconnu comme un “État souverain” par Israël . RCA / “Africa Ti l’or”, la bière qui pourrait bien vous mettre en bière (réponse à ma question écrite)
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA . PLF 2026 – Cybersécurité : Mais où sont les stratégies promises ?
SÉNAT – NARCOTRAFIC . Narcotrafic – MILDECA
MÉDIAS . “Cybersécurité de nos hôpitaux, une mission de l’État ?” (ITforBusiness – 24/12/2025) . Budget & Mercosur (Public Sénat – 19/12/2025 – Vidéo 26’) . Olivier Cadic : “Notre responsabilité d’élu, c’est d’ouvrir des portes, pas de construire des murs” (Public Sénat – 15/12/2025 – Vidéo 41’30)
Ce 9 janvier, en compagnie de Valérie Hayer, parlementaire européenne et Bruno Fuchs, député, président commission des Affaires étrangères, j’ai assisté ce vendredi au discours de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, prononcé lors de la Conférence des ambassadrices et ambassadeurs, en présence des ministres Éléonore Caroit et Nicolas Forissier.
Je me réjouis que l’exécutif, par la voix du ministre, reprenne pour la première fois l’idée d’une programmation pluriannuelle des moyens de la diplomatie (*), que je porte depuis plusieurs années au Sénat. C’est une avancée politique majeure pour donner à notre action extérieure la visibilité et la cohérence qu’elle mérite.
Notes issues du discours
• Hommage et solidarité aux victimes françaises de la tragédie de Crans-Montana, et reconnaissance du travail exemplaire des équipes diplomatiques et consulaires mobilisées sur le terrain.
• Un monde en bascule : montée des rivalités de puissance, choc technologique et brutalisation des relations internationales (droit international, commerce, sécurité, information).
• Refus de la résignation et de la loi du plus fort : la France choisit la résistance par ses valeurs et par l’action.
• Trois principes pour résister à la brutalisation du monde :
>Les logiques de domination sont vouées à l’échec → recherche d’un nouvel équilibre mondial (G7).
>Pas de blocs figés (« Sud global » / « Occident collectif ») → défense du multilatéralisme et dialogue avec les émergents.
>Le droit international reste un bien commun → réforme des institutions, notamment du Conseil de sécurité de l’ONU (élargissement à l’Afrique).
• L’Europe au cœur de la réponse : appel à un sursaut européen pour bâtir une puissance démocratique, indépendante et capable de se défendre.
• Soutien total à l’Ukraine et préparation de l’après-guerre : nouvelle architecture de sécurité européenne et renforcement du pilier européen de l’OTAN.
• Relance du moteur franco-allemand, avec une ambition commune en matière numérique, technologique et stratégique.
• Création d’une direction de la souveraineté et de la sécurité économique : protéger nos entreprises, sécuriser les chaînes d’approvisionnement, lutter contre la coercition économique.
• Lutte renforcée contre le terrorisme, le narcotrafic et la criminalité organisée, avec une action internationale coordonnée, notamment en Amérique latine, Afrique du Nord et Balkans.
• Maîtrise des flux migratoires : mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile, coopération renforcée entre diplomates et préfets.
• Diplomatie au service des Français :
• Libération d’otages et de détenus arbitraires.
• Rapatriements en zones de crise.
• Service public consulaire performant (titres d’identité, France Consulaire, protection des personnes vulnérables).
• Réforme et modernisation du Quai d’Orsay : simplification, déconcentration, meilleure prise en compte des agents et de leurs familles, santé mentale, formation renforcée.
• Amplification de la voix de la France face aux ingérences et à la désinformation : renforcement de la diplomatie d’influence et de la riposte informationnelle.
• Mesure de l’impact de l’action diplomatique : indicateurs, transparence, redevabilité démocratique.
• Message final aux diplomates : courage, unité, espérance et engagement au service de la France et de la République. +d’images
(*) “…sur le fondement de ce travail de mesure de notre impact, je souhaite que nous puissions ouvrir un chantier, initier, dans le courant de l’année, un travail de préfiguration, en lien avec les parlementaires et les parties prenantes, préfiguration d’une revue, le Président en a parlé hier, d’une revue de nos priorités, de nos partenariats, de nos méthodes, qui pourrait préfigurer une loi d’orientation qui serait alors soumise au Président de la République et au Premier ministre. Elle pourrait alors nous permettre de cristalliser le principe d’un épaulement diplomatique de notre effort actuel de réarmement. Elle pourrait nous permettre d’adapter notre diplomatie aux grands bouleversements du monde.”
Dans le cadre des débats du projet de loi de finances, j’ai défendu, ce 10 décembre, un amendement concernant l’avenir du dispositif Pass enfant langue française.
Je remercie le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, pour sa réponse détaillée (ci-dessous) et pour la transmission prochaine de l’évaluation, qui permettra d’engager enfin une discussion claire sur les suites à donner au PELF.
VERBATIM – QUESTION – Olivier Cadic
Le Pass enfant langue française, annoncé en 2022 par le président de la République, devait apporter une solution pour 80% des enfants français qui vivent à l’étranger et qui ne sont pas scolarisés dans le réseau AEFE.
Beaucoup d’entre eux ne maîtrisent pas notre langue.
Un premier million d’euros avait été inscrit au PELF 2024, mais l’an dernier, le gouvernement a suspendu ce dispositif dans l’attente d’une évaluation annoncée pour le printemps dernier. Nous sommes en décembre, cette évaluation n’a toujours pas été publiée. Sauriez-vous, monsieur le ministre, quand nous l’aurons ?
Cet amendement, en attendant, propose de redéployer 300.000 euros pour permettre à la DFAE de conduire, via nos consulats, une enquête fiable fondée sur un outil d’évaluation linguistique fourni par un Institut français. Elle permettra enfin de mesurer pays par pays le nombre d’enfants qui ne maîtrisent pas le français et de préparer le déploiement effectif du PELF dans un prochain budget.
VERBATIM – RÉPONSE – Jean-Noël Barrot, ministre
Monsieur le Président, monsieur le sénateur, il y a bien eu une expérimentation qui a été conduite, vous l’avez rappelé, entre l’automne 24 et l’été 25, dans quatorze pays pilotes au profit d’agents âgés de six à onze ans. Comme le montre l’évaluation qui a été conduite cet été et qui pourra vous être communiquée, cette expérimentation a donné des résultats positifs, mais contrastés par rapport aux objectifs qui avaient été fixés. Si elle a permis de constater l’existence d’une demande, 203 groupes hebdomadaires mis en place accueillant 1182 enfants, elle a également mis en évidence plusieurs limites en termes de niveau de langue et de disponibilité des familles à prendre en charge la poursuite des cours. Seuls 28% des parents s’y disent disposés. Dans ce contexte et compte tenu du budget nécessaire pour étendre le dispositif à l’ensemble des pays, qui est estimé à minima à trois millions d’euros, le PELF n’a pas été reconduit en 2025, ni à ce stade dans le PLF 2026, il convient d’examiner les suites qui pourraient être données à cette expérimentation à travers une offre locale adaptée, avec une contribution financière modeste de la part des parents, un accompagnement des parents souhaitant poursuivre l’apprentissage du français par leur enfant, selon un autre dispositif, par exemple grâce à une association FLAM ou encore de nouveaux pays ciblés au cas par cas, au titre d’opérations de promotion du français. Et donc, dans l’attente d’une discussion autour de l’évaluation qui a été menée, je vous propose, comme l’a fait la rapporteure, de retirer votre amendement.
Jean-Noël Barrot : Une diplomatie française en mouvement, entre modernité et ambition
Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,
La France, puissance d’équilibre et de dialogue, doit incarner une diplomatie à la hauteur des défis du XXIᵉ siècle. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les crises climatiques et les ingérences étrangères, une diplomatie moderne exige des moyens à la mesure de ses ambitions.
La diplomatie est à la Défense ce que la justice est à l’Intérieur : un pilier indispensable. Depuis son arrivée à la tête du Quai d’Orsay, Jean-Noël Barrot a impulsé une dynamique sans précédent. La stratégie French Response contre la désinformation, la lutte renforcée contre les narco-trafics, ou encore le sommet France-Afrique au Kenya en 2026 illustrent une volonté claire : réinventer notre partenariat avec l’Afrique et renforcer notre influence. Les Assises de la diplomatie parlementaire et de la coopération décentralisée complètent cette vision, en mobilisant tous les acteurs de notre rayonnement.
Ces avancées méritent d’être amplifiées.
Pourtant, un domaine cristallise les tensions : l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Avec 12 % du budget de l’action extérieure et des subventions passées de 200 à 400 millions d’euros en 15 ans, son modèle économique est devenu insoutenable.
Seuls 20 % des élèves scolarisés dans son réseau sont français, et les classes moyennes en sont progressivement exclues. La réforme engagée par Jean-Noël Barrot doit reposer sur trois principes : un juste coût, un juste prix, et une cohérence tarifaire internationale.
L’enjeu ? Réorienter les subventions vers les bourses et les outils garantissant l’accès à la langue et à la culture pour tous les enfants français.
Nos compatriotes de l’étranger, souvent sous-estimés, forment un réseau d’influence unique. Leur engagement quotidien renforce le rayonnement de la France. Il est temps de les considérer comme des partenaires stratégiques, et non comme des bénéficiaires passifs.
Si l’augmentation symbolique de 0,01 % des crédits (3,45 milliards d’euros) peut sembler modeste, l’ambition portée par Jean-Noël Barrot transcende ces contraintes. Preuve en est : il a été récompensé ce 10 décembre par le prix CEPR du décideur politique de l’année 2025, en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à l’élaboration des politiques publiques.
Sous son impulsion, j’observe que la diplomatie française avance, alliant rigueur budgétaire et vision stratégique. Le cap est tracé : celui d’une France offensive, moderne et solidaire.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
HOMMAGE . Attentats du 13-Novembre 2015
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . PLF2026 – Action Extérieure de l’État – Discussion générale . MEAE – Assises de la diplomatie parlementaire . Budget 2026 – DFAE, AEFE, projets immobiliers . IPAC – Procès de Jimmy Lai – Réponse du Président de la République
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Face aux risques : lancement du guide « Tous responsables » . Enseignement du français : ma question écrite sur l’avenir du dispositif “PELF” . CA de l’AEFE (27/11/25) – Déclaration de l’ANEFE . Accueil des élèves du Collège du Léman – International School . TV5Monde au service du rayonnement culturel francophone
EN CIRCONSCRIPTION
> ÉTATS-UNIS – Floride / Miami (24-27 oct. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Illinois / Chicago (28-29 oct. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Massachusetts / Boston (30 oct. – 01 nov. 2025)
> ÉTATS-UNIS – New York (2-4 nov. 2025)
> PAYS-BAS – Amsterdam (6-7 nov. 2025)
> ROYAUME-UNI – Londres (8-12 Nov. 2025)
> DANEMARK – Copenhague (12 nov. 2025)
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA . Cybersécurité – L’État doit renforcer sa culture qualité . Cybersécurité et ingérences étrangères – SGDSN, ANSSI et VIGINUM . Cybersécurité – Olvid
SÉNAT – BUDGET & IA . PLF2026 – Mon amendement pour supprimer le CEHR . PLF2026 – Mon amendement en faveur d’un “Bouclier fiscaL”
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . Institut français – Lancement de la Saison de l’Ukraine . Taiwan – Visite du ministre François Wu . Taiwan – Un budget de défense exceptionnel . La France au rendez-vous de la nouvelle économie irakienne . Roumanie – Fête nationale . Japon – Hommage à S.E. Makita Shimokawa . Liban – Fête nationale
MÉDIAS . Olivier Cadic : “Les Jeux Olympiques ont réussi puisqu’on les a préparés, la guerre c’est pareil” (Public Sénat – 03/12/2025) . Le Service volontaire sera-t-il utile ? (France24 – 27/11/2025) . “Déploiement d’un service militaire volontaire ?” (Public Sénat – 21/11/2025) . Olivier Cadic : “Flam est ce que la démocratie participative peut faire dans sa plus belle expression” (Françaisdanslemonde.fr – 15 nov. 2025) . “Nouvelle pratique mafieuse à Marseille ?”– Le Temps (Suisse) – 14 nov. 2025) . Olivier Cadic : « “La France, comme tous les autres pays, est victime d’ingérences étrangères extérieures” (Public Sénat – 06/11/2025)
Comment moderniser l’action consulaire, réformer l’AEFE et renforcer l’influence française à l’étranger ?
Dans cette intervention au Sénat, j’aborde sans détour les points forts, les urgences et les réformes nécessaires pour que la France reste une puissance d’équilibre.
Je salue l’engagement de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, pour une diplomatie moderne efficace.
VERBATIM
Monsieur/Madame la Présidente,
Monsieur le Ministre,
Mes chers collègues,
Je souhaite ouvrir cette intervention en saluant votre engagement, Monsieur le Ministre.
Depuis plus d’un an, vous avez pris des initiatives structurantes, indispensables à la souveraineté diplomatique de la France : la stratégie French Response contre les campagnes de désinformation, un plan sans précédent de lutte contre les réseaux de narco-trafiquants, ainsi que deux Assises consacrées à la diplomatie parlementaire et à la coopération décentralisée.
Ces mesures dessinent les contours d’une diplomatie moderne : offensive, lucide, alignée sur les réalités géopolitiques contemporaines.
Il y a deux ans, nous célébrions ici même le réarmement diplomatique voulu par le Président de la République.
Aujourd’hui, avec 3,45 milliards d’euros en autorisations d’engagement, l’augmentation affichée est strictement symbolique : +0,01 %.
Soyons clairs : c’est trop faible pour un pays qui prétend incarner une puissance d’équilibre.
Pourtant, moins de trois ans après le lancement de l’Agenda de transformation du Quai d’Orsay, 85 % des recommandations ont été mises en œuvre.
Cet effort méthodique, rigoureux, commence à produire des résultats visibles.
Il mérite d’être consolidé, certainement pas fragilisé.
La diplomatie est à la Défense ce que la justice est à l’Intérieur : le complément indispensable.
Comment justifier d’augmenter massivement les budgets militaires tout en comprimant ceux dédiés à l’action extérieure, alors même
que la guerre est revenue au cœur du continent européen, que les ingérences se multiplient, et que les crises climatiques, sécuritaires ou énergétiques affectent déjà nos citoyens ?
Pour cette raison, le groupe Union Centriste refusera toute coupe supplémentaire sur cette mission.
Dans un contexte où la manipulation de l’information se professionnalise et où les ingérences étrangères deviennent systémiques, l’audiovisuel extérieur mérite plus que jamais notre soutien.
Notre diplomatie ne peut être seulement institutionnelle : elle doit aussi être stratégique, numérique, proactive.
Je veux saluer l’effort consenti en matière de communication stratégique.
La DPC atteindra près de 16 millions d’euros, permettant notamment de déployer dans nos postes des outils modernes de veille et de réponse informationnelle.
Dans ce combat, France Médias Monde et TV5 Monde jouent un rôle essentiel : promotion de la langue française, pluralisme culturel, lutte contre la désinformation.
Pourtant, comparé à leurs équivalents internationaux, leur financement demeure insuffisant. Il est temps de traiter cet outil comme un pilier d’influence, non comme un poste variable.
Je veux également saluer la décision d’organiser le sommet Africa France de 2026 au Kenya.
Choisir un pays anglophone est un signal politique fort : celui d’une stratégie africaine réorientée vers le partenariat, l’ouverture et la coopération économique.
Je reviens d’ailleurs de Nairobi, où j’ai pu mesurer les enjeux d’Africa France en participant à ma sixième fois cette année régionale des Conseillers du Commerce extérieur de l’année.
Les CCEF, tout comme les représentants des chambres de commerce françaises à l’étranger, représentent une formidable source d’inspiration pour notre action au parlement et en faveur de la diplomatie économique.
Je leur adresse toute ma gratitude pour ce qu’ils font chaque jour, pour la France, et pour nos partenaires dans leur pays d’accueil.
Concernant le programme 151 – Français de l’étranger et affaires consulaires, avec ma collègue Olivia Richard, nous sommes évidemment préoccupés par sa diminution globale, même si nous nous réjouissons de la hausse de 11,5 % des crédits dédiés au service consulaire.
C’est un investissement utile :
• état civil numérique,
• vote par internet,
• dématérialisation du renouvellement des passeports.
Ces avancées ne sont pas symboliques : elles améliorent concrètement et durablement la vie de nos compatriotes établis hors de France.
Je tiens aussi à saluer le leadership de Pauline Carmona, directrice des Français de l’étranger, toute la direction des Français de l’étranger et les consulats : la lutte contre la fraude produit déjà des résultats concrets.
Dans un seul pays : 265 dossiers réexaminés, 160 faux boursiers identifiés.
Preuve qu’une politique exigeante, appuyée sur l’accès aux données bancaires, fonctionne, comme l’a dit ma collègue Nathalie Goulet.
Non, l’ANEFE, que j’ai l’honneur de présider, n’a pas été supprimée, comme je le lis à nouveau sur votre document budgétaire.
À l’occasion du 50ᵉ anniversaire de l’Association nationale des écoles françaises à l’étranger, notre ministre Eléonore Caroit l’a rappelé : l’ANEFE continue d’assumer une responsabilité financière déterminante, avec 230 millions d’euros garantis par l’État pour 35 établissements.
L’association s’est ouverte aux écoles non homologuées, afin que personne ne soit écarté.
Et je constate que pour la seule Tunisie, 7000 jeunes ont passé le baccalauréat en candidat libre cette année.
Et cela nous conduit au sujet central — l’éléphant dans la pièce.
Ou plutôt : le mammouth.
En 2008 déjà, élu des Français du Royaume-Uni, je déclarais :
« Si l’on transforme le réseau AEFE en cause nationale financée sans limite, nous verrons naître un nouveau mammouth. »
Eh bien, nous y sommes.
Le mammouth existe.
Et il a grossi.
L’AEFE représente 12 % du budget total de l’action extérieure de l’État.
Nous sommes passés de 200 à 400 millions d’euros de subventions.
Les subventions accordées aux 68 EGD équivalent de fait à attribuer des bourses à leurs élèves, sans condition de ressources ni condition de nationalité.
Cela avec une opacité sur les rémunérations des agents incompatibles avec l’exigence publique. Les dix premières rémunérations de l’AEFE atteignent en moyenne 23 000 euros par mois.
Ce modèle n’est plus soutenable — ni financièrement, ni socialement, ni stratégiquement.
Je salue donc la décision du gouvernement et les efforts des équipes du ministère pour engager enfin sa réforme.
Elle devra reposer sur trois principes :
✔ un juste coût : transparent, comparable entre établissements ;
✔ un juste prix : lisible et accessible pour les familles ;
✔ une cohérence tarifaire internationale.
Ce n’est pas une réforme technique :
C’est une réforme de survie.
Nous subventionnons un modèle qui scolarise moins d’un enfant français sur cinq à l’étranger.
Plus grave encore : les classes moyennes sont progressivement exclues.
Nous sommes passés de 131 000 élèves français à 121 000 en 10 ans.
Quant au nombre de boursiers, il a baissé d’un tiers en 3 ans, près de 30 000 à un peu plus de 20 000.
Aujourd’hui, l’AEFE reçoit 391 millions d’euros.
Les deux tiers bénéficient à des élèves étrangers.
Ce n’est pas conforme à la mission d’équilibre de l’AEFE.
Transférer la moitié de cette enveloppe vers les bourses permettrait d’en tripler l’effet et de réintégrer les classes moyennes françaises dans notre système.
Enfin, sur les 80 % d’enfants français non scolarisés dans le réseau, je l’ai souvent rappelé, beaucoup ne maîtrisent pas le français.
Pourtant, pour la deuxième année consécutive, les crédits du Pass Éducation Langue Française (PELF) sont suspendus. C’est un non-sens.
Je déposerai donc un amendement visant à mesurer la maîtrise du français par nos enfants, pays par pays. Sans mesure, il n’y aura ni stratégie, ni résultat.
Je veux saluer également le rôle essentiel des Alliances françaises et des associations FLAM, qui peuvent nous permettre un jour d’atteindre l’objectif que tous les enfants français à l’étranger puissent parler français.
Face aux contraintes budgétaires, nous devons mieux coordonner, mieux cibler, mieux mobiliser nos partenaires européens et internationaux.
Pour finir, je veux citer les propos de Nadia Chaaya, présidente du groupe les Indépendants tenus en octobre à l’AFE. Je la cite « Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers au sort de notre pays. Cette période de crise doit nous pousser à nous demander ce que nous pouvons apporter à la France, plutôt que ce que la France peut nous apporter ».
Nos compatriotes de l’étranger représentent un réseau unique d’influence, trop longtemps sous-exploité. Ils sont un atout stratégique et font notre fierté.
Je veux leur rendre hommage.
Pour toutes ces raisons, le groupe Union Centriste votera les crédits proposés pour la mission « Action extérieure de l’État ».
Ce 1er décembre, j’ai eu l’honneur d’assister au lancement de la Saison de l’Ukraine en France, un moment fort placé sous le signe de la solidarité et du dialogue culturel.
De nombreuses personnalités étaient présentes, à commencer par les Premières Dames Brigitte Macron et Olena Zelenska. Cette dernière a prononcé des mots qui ont profondément résonné : « Aujourd’hui nous comprenons que nous ne sommes pas seuls. »
La participation remarquée de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et d’Andrii Sybiha, ministre des Affaires étrangères d’Ukraine, a témoigné de l’importance diplomatique de cet événement.
Andrii Sybiha a rappelé que la France confirme une nouvelle fois son rôle central sur la scène internationale, tandis que Jean-Noël Barrot a souligné que, malgré les 1 800 kilomètres qui nous séparent du front, nous déplorons déjà la perte de 200 artistes et de 16 journalistes, dont 4 Français. Il a appelé à une véritable « contre-attaque culturelle » et dénoncé une nouvelle fois la déportation d’enfants ukrainiens.
Étaient également présents Rachida Dati, Anne Hidalgo, Volodymyr Sheiko, ainsi que Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français, que je félicite pour la réussite exemplaire de ce lancement.
Alors que plus de 2 000 lieux culturels ont été détruits et plus de 200 artistes ont perdu la vie, cette Saison de l’Ukraine ouvre un nouveau dialogue. Le moment le plus émouvant fut la prise de parole de deux écrivains ukrainiens… depuis le front. +d’images
Diplomatie parlementaire et coopération décentralisée : une synergie au service des Français de l’étranger
Les Deuxièmes Assises de la diplomatie parlementaire et de la coopération décentralisée, initiées par Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, se sont tenues au Quai d’Orsay, ce 18 novembre.
Une soirée riche en échanges, qui a confirmé une évidence : l’action extérieure des collectivités et des parlementaires est un levier essentiel pour renforcer l’influence de la France et répondre aux attentes de nos compatriotes à l’étranger.
Dans le discours d’introduction, Éléonore Caroit, ministre de la Francophonie et des Français de l’étranger, et précédemment députée des Français établis en Amérique latine, a parfaitement décrit les enjeux pour nourrir la réflexion.
J’ai eu l’honneur d’intervenir lors de la deuxième table ronde, consacrée à l’articulation entre l’action des collectivités, la diplomatie parlementaire et les priorités du ministère.
Mon intervention s’est appuyée sur une conviction forte : les sénateurs des Français de l’étranger, soutenus par les conseillers des Français de l’étranger, jouent un rôle unique. Ils sont le trait d’union entre les institutions françaises et les réalités locales, tissant des liens précieux avec leurs homologues étrangers pour défendre les intérêts de nos concitoyens où qu’ils vivent.
Pour illustrer ce propos, j’ai remis à Jean-Noël Barrot le compte-rendu de mes 619 déplacements dans 116 pays, un document de 1000 pages qui témoigne de l’ampleur et de la diversité de mon engagement sur le terrain.
La photo de couverture, prise au Koweït en sa compagnie, rappelait symboliquement cette dynamique de coopération et de proximité.
Un moment fort de ces Assises : le discours de clôture du ministre, qui a salué l’engagement des élus locaux et parlementaires.
Jean-Noël Barrot a rappelé une réalité souvent méconnue : “Avec plus de 500 000 actes d’état civil traités chaque année en un temps record pour les Français de l’étranger, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères est de fait la plus grande mairie de France !” Une déclaration qui résonne particulièrement, alors que ces Assises se tenaient en marge du Congrès des Maires de France.
Le ministre a appelé les maires, maires adjoints et parlementaires présents à poursuivre ensemble la construction de services et d’échanges adaptés aux besoins des Français, où qu’ils résident.
Je tiens à saluer l’initiative de Jean-Noël Barrot, qui a su innover en mariant diplomatie parlementaire et coopération décentralisée. Cette approche renforce l’efficacité de notre action diplomatique et offre aux élus locaux et nationaux un cadre pour agir de concert, au service de l’influence de la France et du quotidien de nos compatriotes à l’étranger.
VIDÉO de l’intervention du ministre Jean-Noël Barrot Barrot. +d’images
La France se dote enfin d’un guide national de préparation aux risques majeurs : « Tous responsables – Face aux risques, agissons : bien préparés, bien protégés, tous engagés ».
Un document essentiel que plusieurs médias qualifient déjà de « guide de survie » ou de « kit de survie » face aux crises — qu’il s’agisse d’un accident industriel, d’un cataclysme, d’une cyberattaque, d’une épidémie ou d’un conflit armé.
J’accueille cette annonce du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) avec une grande satisfaction. Elle fait directement écho à mon intervention dans l’hémicycle le 4 mars dernier (vidéo). Ce jour-là, depuis la tribune, j’avais brandi le livret « En cas de crise ou de guerre », distribué à toute la population suédoise en plusieurs langues, un document clair et concret, pensé pour préparer chaque foyer à une situation d’urgence (lire).
À la fin de mon intervention devant le Premier ministre François Bayrou, j’avais remis ce livret à Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, en l’invitant à envisager une démarche similaire pour la France (vidéo).
Quelques mois plus tard, la publication du guide « Tous responsables » représente à mes yeux une avancée majeure. On y retrouve une pédagogie simple et accessible visant à faire de « chaque citoyenne et chaque citoyen un acteur de sa propre sécurité et de celle de la Nation ».
Ce document fournit des réflexes immédiats en cas de crise ; la liste du matériel recommandé à conserver chez soi ; des conseils pratiques pour réagir face aux situations d’urgence.
Sa dernière partie s’inscrit dans la stratégie de résilience voulue par le Président de la République, Emmanuel Macron, parce que la sécurité nationale ne repose pas uniquement sur nos forces armées ou nos institutions : elle dépend aussi de l’implication de chacun d’entre nous. Et comme le rappelle le document, « avoir conscience de la réalité n’est pas céder à l’alarmisme ».
Audition dans le cadre du PLF 2026, avec mon collègue Mickaël Vallet, afin de préparer notre rapport pour avis sur les crédits de l’action n°2 du programme 129 « Coordination du travail gouvernemental » (gestion de crises, cyberdéfense, renseignement), au nom de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.
. . .
« Selon le service de renseignement extérieur russe, l’armée française se préparerait à envoyer des troupes en Ukraine ? FAUX. Cette attaque informationnelle (…) cherche à nourrir les narratifs pro-russes visant à inverser les rôles de défenseur et d’agresseur ».
A la fin de ce message posté sur X par “French Response“, ce 29 octobre, on trouve un lien vers un décrypage de l’attaque informationnelle lancée par le service de renseignement extérieur de la Russie (SVR), la veille.
En effet, “French Response” est le nouveau dispositif de riposte de la diplomatie française contre la désinformation institutionnelle étrangère sur X qui nous a été présenté par Emmanuel Lebrun Damiens, directeur de la communication du MEAE, ce 15 octobre.
L’objectif du compte X du Quai d’Orsay est clair : contrer les attaques fallacieuses et les campagnes de désinformation étrangères visant la France, un outil « adapté à la tonalité directe des échanges internationaux sur les réseaux sociaux », commente Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères.
“French Response” est inspiré du dispositif de protection que j’avais découvert à Taiwan, en octobre 2021, grâce à Audrey Tang, alors ministre du numérique. Contre les “fake news” les Taïwanais procèdent au “fact checking” avec l’objectif de démasquer une fausse nouvelle en moins de 200 mots et de la démentir en moins de deux heures par SMS ; cela en relais avec la société civile et les entreprises. De plus, « notre ministère a produit un vaccin contre la désinformation : l’humour », avait précisé Audrey… (compte-rendu).
À l’invitation de l’ambassadrice Hao Pei-Chih, j’ai eu le plaisir de participer, aux côtés de mes collègues députés et sénateurs, à la célébration de la 114ᵉ fête nationale de Taïwan, organisée à l’ambassade.
Notre délégation sénatoriale, conduite par Rachid Temal, a exprimé sa solidarité avec le peuple taïwanais à la suite du passage du super typhon, tout en rappelant les nombreux liens d’amitié et de coopération qui unissent la France et Taïwan.
L’ambassadrice a notamment mis en lumière le rôle stratégique de l’industrie taïwanaise des semi-conducteurs, qui représente 166 milliards de dollars, soit un quart de la production mondiale, et produit près de 100 % des puces les plus avancées au monde.
Elle a également évoqué le projet de partenariat en France entre Foxconn, Thales et Radiall, destiné à répondre aux besoins du marché européen du packaging avancé de semi-conducteurs — une collaboration prometteuse pour l’innovation technologique et la souveraineté industrielle.
Je lui suis très reconnaissant d’avoir cité mon nom, pour avoir alerté le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, au sujet des manœuvres militaires chinoises autour de Taïwan, et d’avoir évoqué la décoration que j’ai reçue du ministre des Affaires étrangères Lin Chia-Lung, lors de mon dernier déplacement sur l’île (compte-rendu).
J’ai tenu à féliciter madame l’ambassadrice pour le succès de cette réception, marquée par une belle affluence, et me suis réjoui d’y retrouver de nombreux amis engagés dans le renforcement des relations franco-taïwanaises. +d’images
5 ans après l’explosion du port de Beyrouth, qui a fait plus de 200 décès dont 3 français, des milliers de blessés et des centaines de milliers de personnes déplacées, nous pensons aux victimes et à leurs proches.
Nous nous tenons aux côtés de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, indéfectible soutien de tous ceux qui sont engagés pour obtenir vérité, justice et afin que les vestiges de la plus grande explosion non nucléaire de l’Histoire soient préservés.
“La solution à deux Etats est en danger de mort” Discours d’ouverture de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lors de la session plénière de la conférence sur la mise en œuvre de la solution a deux états. Lire le discours
Une diplomatie gaullienne au fil de la paix
Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,
La France, fidèle à sa tradition d’indépendance diplomatique et de recherche du juste équilibre, est aujourd’hui à la manœuvre pour tenter de redonner une perspective politique au conflit israélo-palestinien.
Sous l’impulsion du président Emmanuel Macron, et avec Jean-Noël Barrot en première ligne, la diplomatie française s’emploie à relancer la solution à deux États, en partenariat étroit avec l’Arabie saoudite. Une entreprise ambitieuse, complexe, mais indispensable.
À l’ONU, lors de la conférence coorganisée cette semaine par Paris et Riyad, la France a porté une voix singulière : celle d’un acteur qui refuse la résignation, et qui croit encore au rôle du droit, du dialogue et de la légitimité internationale.
Elle affirme une exigence morale : reconnaître la douleur des victimes israéliennes du 7 octobre, et celle des civils palestiniens de Gaza, frappés par la guerre, la famine et l’exil.
La priorité humanitaire — notamment la libération des otages — et l’exigence sécuritaire — la mise hors d’état de nuire du Hamas — sont clairement posées comme conditions incontournables à toute avancée politique. Mais elles ne sauraient suffire sans une vision d’ensemble.
C’est là que réside l’ambition gaullienne de cette démarche : redonner un horizon stratégique, même dans la tourmente.
Car sans la reconstruction d’une autorité palestinienne crédible, sans reconnaissance claire de l’État palestinien, sans garanties pour la sécurité d’Israël, aucune paix durable n’est envisageable.
Le chemin est étroit. L’absence d’Israël et des États-Unis à la table des discussions montre les résistances. L’unité arabe est fragile, l’Europe parfois hésitante.
Et pourtant, dans ce vide, la France agit. Elle parle aux deux camps, bâtit des ponts, et cherche à faire émerger une solution politique là où le fracas des armes l’a étouffée.
C’est un pari incertain, mais digne. Une diplomatie au fil de la paix, où l’épée a laissé place à la parole — mais sans rien céder sur la volonté d’agir.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Cybersécurité : 17Cyber, le rêve devenu réalité ! . Lucas Hunter est libre ! . Retraités français en Italie : une avancée contre la double imposition . Publication du rapport sur la situation des Français de l’étranger . Participez au Prix du Développement Durable de l’AFE ! . Assises de la protection sociale des Français de l’étranger : votre avis en 5 minutes !
EN CIRCONSCRIPTION
> MAROC – Kenitra, Rabat, Mohammédia (26-29 juin 2025)
> ROYAUME-UNI – – Londres – Visite d’État (8-10 juillet 2025)
> ROYAUME-UNI – Londres – Fête nationale (14 juillet 2025)
> MAROC – Casablanca, Rabat (15-16 juillet 2025)
> MAROC – Tanger (17-18 juillet 2025)
> MAROC – Fès (19-22 juillet 2025)
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . Qatar – Entretien avec M. Khaled Al Hajri . La France renforce ses liens avec Taïwan autour des semi-conducteurs . Déclaration sur le 26ème anniversaire de la persécution des pratiquants de Falun Gong
MÉDIAS . Olivier Cadic : « Il ne tient qu’à nous d’élever notre effort de défense pour être souverains. C’est l’autonomie stratégique, dont parlait le Président dès 2017 » (Public Sénat – 03/07/2025 – Vidéo 5’15) . Le sénateur Olivier Cadic souligne que Taïwan est un symbole de liberté dans le monde (RTI – 15/07/2025)
Ce 600ème déplacement, depuis le début de mon mandat, en compagnie d’Emmanuel Macron au Royaume-Uni, où je réside depuis 1997, constituera un souvenir exceptionnel et inoubliable.
Très honoré d’avoir fait partie de la délégation officielle qui accompagne la visite d’État du Président de la République et Mme Brigitte Macron au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, en compagnie de mes collègues parlementaires Pieyre-Alexandre Anglade, Vincent Caure et Jean-François Rapin.
Très heureux que les journaux aient titré à l’issue de ce déplacement, “Paris-Londres : le grand rapprochement”.
Abbaye de Westminster
Première séquence pour la délégation officielle qui accompagne le président de la République, le cadre de l’Abbaye de Westminster, lieu de couronnement des rois depuis celui de Guillaume le Conquérant en 1066.
L’abbaye a également vu de nombreux mariages et enterrements royaux. C’est le lieu de sépulture d’une partie des rois et reines d’Angleterre et aussi des hommes et des femmes célèbres, dont William Shakespeare ou Isaac Newton.
Le président de la République et Mme Brigitte Macron ont été accueillis par le révérend Marc Birch, Recteur chanoine de l’abbaye.
La séquence s’est ainsi déroulée :
. Recueillement devant le tombeau du soldat inconnu et dépôt de gerbe
. Présentation par le Recteur des membres du corps collégial
. Intermède musical par le coeur de Westminster
. Prière prononcée par le Recteur
. Visite de l’abbaye
. Signature du livre d’or +d’images & vidéo
Palais de Westminster
Étape très attendue, le discours prononcé par le président de la République Emmanuel Macron au Palais de Westminster.
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En 2008, j’avais suivi le discours du président Nicolas Sarkozy, un rang derrière les parlementaires, en qualité de conseiller à l’AFE pour le Royaume-Uni.
Autre perspective cette fois, aux côtés d’Emmanuel Macron, avec les ambassadeurs, face aux parlementaires britanniques (Commons et Lords) réunis en séance conjointe pour la circonstance.
À l’issue de son discours, Emmanuel Macron a été salué par une longue standing ovation des parlementaires.
Résumé des propos du président de la République Emmanuel Macron: 1. Renforcement du multilatéralisme et de l’ordre international
• le Président a souligné l’importance d’une coalition franco-britannique solide pour défendre un monde fondé sur les règles, face aux menaces de la Russie et à la montée de régimes autoritaires.
• Il a insisté sur la nécessité pour l’Europe de réduire sa dépendance économique vis-à-vis des États-Unis et de la Chine, en prônant une plus grande autonomie stratégique. 2. Coopération en matière de défense
• Il a annoncé un engagement à consacrer 3,5 % du PIB à la défense en France, tout en renforçant la coopération militaire entre Paris, Londres et l’Otan.
• Il a rappelé que le Royaume Uni et la France sont les deux seules puissances nucléaires en Europe, représentant ensemble 40 % des dépenses militaires du continent, et qu’ensemble ils peuvent bâtir le pilier européen de la défense. 3. Immigrations illégales
• Il a qualifié les traversées de la Manche de “fardeau partagé”, appelant à des résultats concrets via une coopération franco-britannique “humaine, solidaire et ferme” contre les réseaux de passeurs . 4. Soutien à l’Ukraine
• Emmanuel Macron a réaffirmé l’engagement sans faille à soutenir l’Ukraine dans sa résistance face à l’agression russe.
• Il a également évoqué la mise en place prochaine d’une force de sécurité paneuropéenne, discutée avec le Premier ministre Keir Starmer, pour un futur cessez-le-feu. 5. Paix au Moyen-Orient
• Le président a préconisé un cessez-le-feu urgent à Gaza et plaidé pour une solution à deux États en Israël-Palestine comme voie vers la paix. 6. Relance des échanges culturels et académiques
• Il a encouragé le développement des mobilités étudiants/chercheurs/artistes entre le Royaume Uni et la France, dans le sillage du nouvel accord jeunesse UE Royaume Uni.
Depuis le Brexit, cette mobilité est entravée par les Britanniques.
Pourtant ce passage a été particulièrement applaudi par les parlementaires britanniques. 7. Symbolisme culturel : prêt du Tapis de Bayeux
• En geste symbolique, Emmanuel Macron a annoncé le prêt historique du Tapis de Bayeux au British Museum (septembre 2026 – juillet 2027), en échange de la collection de Sutton Hoo. 8. Faire table rase du Brexit
• Il a qualifié le Brexit de “profondément regrettable” tout en soulignant le retour d’une relation retrouvée, grâce à l’orientation pro européenne du gouvernement de Sir Keir Starmer.
• Emmanuel Macron a appelé à ne “pas laisser la Manche s’élargir davantage” comme frontière entre leurs peuples. +d’images
À Carlton gardens, là où chaque 18 juin, nous célébrons l’Appel qui a marqué l’histoire de France, nous avons assisté au dépôt conjoint de deux gerbes par le président de la République, Emmanuel Macron, et par le Premier ministre, Keir Starmer, au pied de la statue du général de Gaulle.
Ils étaient accompagnés de Mme Brigitte Macron, et Lady Starmer.
David Lammy, secrétaire d’État aux Affaires étrangères du Commonwealth et du Développement, John Healey, ministre de la Défense et Sébastien Lecornu, ministre des Armées, étaient également présents.
À l’issue de la minute de silence, de la sonnerie aux morts, et des hymnes nationaux, le président de la République et le Premier ministre ont rencontré des vétérans, salué les élèves du lycée international Winston Churchill et leur directrice Mireille Rabaté, les représentants d’associations françaises et plusieurs élus des Français de l’étranger, dont Patricia Connell, présidente du conseil consulaire, et Marie-Claire Sparrow. +d’images & vidéo
C’est à l’issue de cette séquence, que le président de la République a pris une photo avec moi pour rendre hommage à Jérôme Notin, et son équipe, qui ont mis en œuvre le “17 cyber” (Lire le billet Cybersécurité : 17Cyber, le rêve devenu réalité !)
Château de Windsor – Dîner d’État
Profondément reconnaissant envers Emmanuel Macron de m’avoir inclus dans la délégation française, en compagnie de mes collègues parlementaires, le sénateur Jean-Francois Rapin, et les députés Pieyre Alexandre Anglade et Vincent Caure.
C’était un véritable honneur de représenter tous les Français établis hors de France d’être présenté à Leurs Majestés le Roi et la Reine au château de Windsor.
Côtoyer, lors du banquet d’État, la famille royale et de nombreuses célébrités du monde des affaires ou des artistes, à l’image des chanteurs Mike Jaeger, Elton John, Mika ou la comédienne Kristin Scott-Thomas, en compagnie du couple présidentiel et de nos ministres Jean-Noël Barrot, Sébastien Lecornu et Rachida Dati, donnait l’impression d’être au cœur d’un spectacle captivant.
Dans son discours, avec beaucoup d’humour et d’autodérision, le roi Charles III a cité le général de Gaulle pour justifier nos différences : “Les Anglais sont les Anglais, ce n’est pas leur faute !”
Dans un aparté humoristique, le roi a évoqué Astérix pour souligner les différences culturelles dans un climat de bon esprit et d’entente moderne entre les deux nations : « …Cette relation est fondée non seulement sur la coopération et la fascination mutuelle, mais aussi sur une compétition amicale et, parfois, oserai-je dire, la confusion. L’indomptable Gaulois, Astérix lui-même, et sans doute bien d’autres de ses compatriotes, ont eu le plus grand mal à comprendre notre chère “tasse de thé avec un nuage de lait” prise exactement à cinq heures de l’après‑midi… tout comme nous trouvons impossible de cuire une baguette aussi bien que vos artisans en France ! »
Le chef français Raymond Blanc était chargé de réaliser l’entrée, une “Assiette de légumes d’été, vinaigrette de tomates crues”, et le dessert, un “Parfait glacé au cassis sur un biscuit imbibé de cassis avec une gelée de fleurs de sureau”.
En hommage au chef français, la famille royale a tweeté sa photo en commentant : “L’entente cordiale in the kitchen”.
Impossible de conclure ce post autrement qu’en reprenant les mots du Président à l’issue de son toast : « Long live the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland. Long live France. Long live Franco British friendship. » +d’images
Mots d’ouverture du dîner d’État offert par Leurs Majestés le Roi Charles III et la Reine Camilla (voir la vidéo).
Château de Windsor – Discours du roi / Astérix
Merci à Nicolas Ribollet de m’avoir envoyé cet extrait du discours au moment où le Roi fait référence à “Astérix et ses compatriotes”, et que le cameraman oriente alors l’image sur moi :
“Bonjour Olivier, Je me suis mis hier soir un peu par hasard à regarder en direct les discours du Roi et du Président au château de Windsor.
Quelle joie de te voir à l’image au moment même où le roi citait l’un de nos plus grands personnages de BD !
Comme Buckingham Palace laisse rarement la place au hasard, je n’imagine pas juste une coïncidence.
En fait, j’y ai vu un très beau clin d’oeil britannique rendant hommage à ta passion et tes activités dans le domaine de la BD.
Amitiés, Nicolas ”
Peut-être que le clin d’œil était alors plutôt un hommage aux Français du Royaume-Uni, dont je fais partie depuis 1997 ?
Verbatim :
“L’indomptable Gaulois, Astérix lui-même, et sans doute bien d’autres de ses compatriotes, ont eu le plus grand mal à comprendre notre chère “tasse de thé avec un nuage de lait” prise exactement à cinq heures de l’après‑midi… tout comme nous trouvons impossible de cuire une baguette aussi bien que vos artisans en France !”
Imperial College
Environ 250 personnes étaient réunies à l’Imperial College pour assister à la première séquence de la seconde journée de la visite d’État.
Le président de la République a participé à une table ronde intitulée : « IA : de la science à la croissance », avec la participation de Demis Hassabis (co-fondateur DeepMind) ; Arthur Mensch (CEO Mistral AI) et en modérateur, Amanda Wolthuizen (Imperial).
Emmanuel Macron a appelé à une alliance stratégique en IA franco britannique, affirmant que “le partenariat… est critique” pour rattraper les États Unis et la Chine, en mutualisant talents, laboratoires et financements.
L’objectif est d’atteindre une masse critique européenne pour concurrencer les puissances technologiques mondiales.
Cette séquence montre une volonté claire du président Macron de faire de l’IA un moteur de croissance européen, porteur de souveraineté technologique, à travers des partenariats structurés entre la France, le Royaume-Uni et leurs écosystèmes universitaires et industriels.
Très heureux d’avoir retrouvé le philosophe Théodore Zeldin à cette occasion. Il était venu en octobre 2011 à Ashford pour participer à une conférence en faveur de la création d’un métro transmanche pour rapprocher la France du Royaume-Uni. +d’images
Clara Chappaz et Éric Lombard
Institut français – Diplomatie économique
À l’occasion de la visite d’État du Président de la République au Royaume-Uni, Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et Clara Chappaz, ministre déléguée en charge de l’Intelligence artificielle et du Numérique ont organisé une réception pour la communauté d’affaires française au Royaume-Uni.
En 2024, 152 projets venus du Royaume-Uni ont permis de créer ou maintenir 4843 emplois.
Le pays est le 3ᵉ investisseur en nombre de projets et le 2ᵉ en emplois générés.
La France enregistre avec le Royaume-Uni son plus important excédent bilatéral en biens, atteignant 10,6Mds€ en 2024, devant tous ses autres partenaires commerciaux. Les exportations françaises ont progressé de 9% depuis 2019, pour atteindre 37,7Mds€.
Dans le domaine du nucléaire civil, EDF annonce un investissement de 1,1 Md£ dans le projet Sizewell C, pour la construction de deux réacteurs EPR au Royaume-Uni.
Très heureux d’avoir retrouvé Pascal Cagni, président de Business France et les membres de la Team France du Royaume-Uni réunis : Henri Baïssas (Business France) ; Pierre Chabrol (conseiller économique à l’ambassade de France) ; Luc Bardin (CCEF), Ralph Crouan (French Tech London), Philippe Chalon (Cercle Outre-Manche) et Sébastien Joly (directeur de la Chambre de commerce franco-britannique). +d’images
Lord-Maire – Guildhall
Le deuxième jour de la visite d’État d’Emmanuel Macron au Royaume-Uni s’est conclu par un banquet d’État à Guildhall, organisé par Alastair King, Lord-Maire de Londres et la City of London Corporation.
Plus de 600 invités ont assisté au banquet, y compris Son Altesse Royale le duc de Gloucester, plusieurs personnalités politiques de haut rang et des chefs d’entreprise du secteur financier et des services professionnels tant au Royaume-Uni qu’en France.
Le hasard du placement m’a offert le privilège d’être face à Julien Clerc, accompagné par son épouse Hélène Gremillon.
Émouvant de retrouver ce lieu où j’avais assisté au banquet d’État, il y a plus de 17 ans en 2008, offert alors au Président Nicolas Sarkozy.
Les temps ont bien changé depuis que le Royaume-Uni est sorti de l’UE.
Le maire de Londres a salué un esprit de coopération renouvelé dans les relations entre le Royaume-Uni et l’UE et appelé à une collaboration plus étroite sur les services financiers.
La cérémonie était à la fois diplomatique et cérémonielle : le chef de l’État a prononcé un discours dans une atmosphère empreinte de solennité et de traditions londoniennes. Emmanuel Macron a notamment critiqué le Brexit d’une manière diplomatique : « Je suis très respectueux de la voix du peuple et du choix de votre pays il y a neuf ans. Mais je dois dire que l’Union européenne était plus forte avec vous, et vous étiez plus forts avec l’Union européenne. »
Après s’être rendu au British Museum, le président a également déclaré qu’après « un projet longuement mûri », la France allait prêter pour la première fois en 900 ans la Tapisserie de Bayeux au British Museum.
Plusieurs ministres français accompagnaient le Président : Sébastien Lecornu (Armées) ; Jean-Noël Barrot (Europe et Affaires étrangères) ; Rachida Dati (Culture) ; Éric Lombard (Économie) ; Benjamin Haddad (Europe) et Clara Chappaz (Numérique) avec laquelle j’ai travaillé sur la transposition de 3 directives européennes (NIS2, DORA, REC) dans le droit français. +d’images