Ce 25 mars, intervention au nom du groupe Union centriste, dans le cadre de la “déclaration du Gouvernement, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, portant sur la situation au Proche et Moyen-Orient”.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, s’est exprimé au nom du gouvernement.
Face à l’escalade au Moyen-Orient, j’ai alerté sur un basculement stratégique majeur, dénoncé le rôle déstabilisateur de l’Iran et appelé la France à une réponse claire pour défendre la souveraineté du Liban face au Hezbollah qui n’est pas un acteur libanais. Au cœur de la crise, nos compatriotes au Moyen-Orient s’organisent et s’entraident. Ils sont une force pour la France qui est pleinement mobilisée à leurs côtés.
Lors de la séance de questions d’actualité au Gouvernement (QAG) du 25 mars, la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences économiques ont dominé les échanges.
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a notamment été interrogé sur la situation au Liban, alors que les bombardements israéliens contre le Hezbollah au sud se poursuivent. À l’issue de la séance, j’ai été invité sur le plateau de Public Sénat pour analyser la situation au Liban, où je m’étais rendu mi-février, et réagir aux propos de Jean-Noël Barrot.
Voir également mon intervention, le soir même, au nom du groupe Union centriste, dans le cadre du débat sur la situation au Proche et Moyen-Orient (article 50-1). VIDÉO
VERBATIM
Tâm Tran Huy – Benjamin Netanyahou affirme qu’Israël est en train d’élargir, je le cite, sa zone tampon au Liban. Olivier Cadic, un dernier mot sur le Liban ?
Olivier Cadic – J’étais au Liban il y a un mois. J’ai rencontré le président Joseph Aoun, qui me disait que, effectivement, l’action de désarmement du Hezbollah était en cours. C’est aussi ce que me disait notre ambassadeur, Hervé Magro. Force est de constater que ce n’est pas le cas, que le Hezbollah est très armé et tout à fait prêt à mener la guerre.
On sait maintenant que ce ne sont pas des Libanais, ce sont les Gardiens de la Révolution qui sont sur le terrain. Actuellement, au nord de la frontière israélienne, au Sud-Liban, ce sont vraiment les Gardiens de la Révolution qui sont au contact avec les forces israéliennes.
Et, encore une fois, ce à quoi nous avons à faire : ce ne sont pas les Libanais qui ont décidé de créer le conflit avec Israël, ce sont bien les Gardiens de la Révolution qui se sont mis à attaquer Israël. C’est cela la situation. Effectivement, Israël est en train de réagir et ce qui gêne beaucoup les Libanais, c’est qu’ils sont confrontés chez eux avec le Hezbollah, qui est à la fois politique, qui siège au niveau du gouvernement, qui siège dans le parlement et qui, en même temps, déclare la guerre à leurs voisins sans simplement en référer ni au gouvernement ni au Parlement. Ils se mettent hors la loi. Le ministre de la Justice libanais a d’ailleurs considéré qu’ils devaient être poursuivis pour sédition. Et l’action de Joe Raggi, le ministre des Affaires étrangères, est véritablement ultra-courageuse de dire que maintenant, cela suffit au nom du Premier ministre et du Président, de dire que l’ambassadeur d’Iran doit être persona non grata. C’est un vrai progrès et je suis ravi que notre ministre l’ait souligné.
En compagnie de Jean-Baptiste Faivre, chargé d’affaires français en Syrie, de Henri d’Aragon, son adjoint, et de Nadia Chaaya, conseillère élue à l’Assemblée des Français de l’étranger pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, et administratrice de l’ANEFE, je me suis rendu une journée à Damas pour évaluer les enjeux pour la France dans la Syrie du nouveau régime.
Après 50 ans de dictature et 11 ans de guerre, la diversité religieuse et culturelle a été profondément fragilisée.
Il était essentiel de rencontrer les communautés locales et de leur montrer que la France reste à leurs côtés. Cette visite m’a permis de constater les effets encore visibles des destructions, d’observer que des chantiers de reconstruction étaient en cours, et de traverser la vieille ville.
L’un des objectifs principaux de ce déplacement était de visiter le lycée Charles de Gaulle de Damas, qui fait partie de l’ANEFE, de mieux comprendre la situation éducative et le rôle des écoles françaises et chrétiennes.
Ces établissements constituent un vecteur important de transmission culturelle et de dialogue, tout en contribuant à la résilience des communautés.
Les échanges avec les acteurs locaux ont été précieux pour apprécier les besoins concrets et orienter l’action de la France dans le soutien aux minorités et à l’éducation francophone.
Je remercie Jean-Baptiste Faivre d’avoir favorisé ce premier déplacement en Syrie et l’équipe qui a assuré notre sécurité. +d’images
Enseignement
Lycée Français Charles de Gaulle de Damas (LFCDG)
Bénéficiaire d’un soutien crucial de l’ANEFE, la visite du LFCDG constituait l’objectif principal de cette première visite en Syrie.
Je remercie Nadine Chaoui, présidente de l’APE, Fadi Achi, trésorier, les membres du conseil d’administration et Bernard Roche, proviseur du Lycée français Charles de Gaulle de Damas (LFCDG) pour la qualité de leur accueil.
Avec 496 élèves en 2025, dont 13% de Français, le LFCDG reste un bastion de la francophonie dans un contexte complexe. Les locaux, impeccablement entretenus, reflètent la détermination de toute une communauté éducative.
. Un soutien crucial de l’ANEFE : membre depuis 2008, le lycée a pu bénéficier d’un emprunt garanti par l’État français pour financer son immobilier. Cependant, de 2012 à 2022, en raison des difficultés liées à la guerre, l’ANEFE s’est substituée à l’école pour assurer le remboursement de l’emprunt, qui a été soldé en 2022. Depuis 2018, de nouveaux engagements ont été pris par l’école pour rembourser l’ANEFE sur une période plus longue.
. Des enjeux financiers à accompagner : la direction m’a alerté sur la volonté de l’AEFE d’augmenter progressivement sa redevance à 4% des frais de scolarité. J’ai entendu cette préoccupation et m’engage à la porter auprès des autorités compétentes, afin de préserver l’équilibre financier de l’établissement.
En tant que président de l’ANEFE, accompagné par Nadia Chaaya, membre du conseil d’administration, cette visite était pour nous l’occasion de faire le point avec le comité de gestion et d’échanger sur leurs projets d’avenir. Nous avons également abordé la situation générale à Damas et en Syrie.
Le LFCDG est un symbole de résilience et de continuité éducative, malgré les épreuves. Je salue le courage de toute l’équipe, qui permet à des centaines d’élèves de poursuivre leur scolarité dans un cadre francophone et exigeant. +d’images
Vidéo réalisée par le LFCDG :
École arménienne catholique Al Nour
J’ai eu le privilège de visiter l’école arménienne catholique Al Nour, qui accueille principalement des enfants arméniens catholiques, mais aussi des élèves d’autres confessions, offrant un espace éducatif ouvert et francophone au cœur de la vieille ville de Damas.
L’accueil qui m’a été réservé par l’équipe pédagogique et les élèves a été chaleureux et profondément humain.
La visite m’a permis de constater la vitalité de l’école malgré les traumatismes du passé. En 2015, une roquette a explosé dans la cour de l’établissement, causant la mort d’un enfant et de nombreux blessés. Dix ans après, les stigmates de cette tragédie restent visibles, mais la communauté continue de transmettre des savoirs et des valeurs aux générations suivantes.
Cette école est un symbole de résilience et de continuité : elle permet de préserver l’identité arménienne et chrétienne dans un contexte toujours fragile, tout en offrant un enseignement de qualité.
Les échanges avec les élèves ont rappelé combien il est important pour la France de soutenir ces initiatives éducatives et de continuer à défendre le pluralisme et la diversité religieuse en Syrie. +d’images
Solidarité
Évêché arménien catholique
Ma visite s’est poursuivie par une rencontre avec Mgr Georges Assadourian, évêque arménien catholique de Damas, véritable « pilier de la résilience » pour les communautés chrétiennes.
Nous avons abordé plusieurs axes essentiels :
• Sécurité des communautés : Mgr Assadourian a partagé son analyse sur la protection des quartiers chrétiens sous le nouveau régime.
• Aide humanitaire : J’ai salué le rôle de l’Église dans la distribution de secours et discuté des besoins urgents en médicaments et en énergie.
• Éducation et Francophonie : Nous avons évoqué la survie des écoles chrétiennes francophones. Sur 70 écoles nationalisées par le Parti Baas dans les années 1960, 50 restent ouvertes aujourd’hui, accueillant 30 000 élèves de toutes confessions. J’ai souligné le soutien constant du Quai d’Orsay à l’Oeuvre d’Orient.
Créer ou rouvrir une école chrétienne, c’est recréer du lien, faire revenir les familles et assurer la transmission culturelle. Nous avons discuté des démarches à engager auprès du nouveau gouvernement syrien pour rouvrir certaines écoles fermées par le régime précédent.
Cet échange a été riche, soulignant le rôle central de l’Église pour la résilience et la protection des minorités en Syrie. +d’images
Face à la dégradation de la situation au Moyen-Orient, une réunion de crise s’est tenue au Quai d’Orsay avec les parlementaires représentant les Français établis hors de France, afin de faire le point sur la sécurité de nos compatriotes et les dispositifs de protection mis en place par le ministère.
À l’initiative de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, et de Philippe Lalliot, directeur du Centre de crise et de soutien (CDCS), une réunion de crise s’est tenue vendredi 6 mars au Quai d’Orsay.
Cette réunion avait pour objectif d’échanger avec les parlementaires représentant les Français établis hors de France sur la situation au Moyen-Orient et sur les actions menées par le ministère pour assurer la sécurité de nos compatriotes.
Ma collègue Olivia Richard, présidente du groupe d’amitié France-Iran, participait également à ces échanges.
Retour de mission au Liban et en Syrie
Président du groupe d’amitié France–Pays du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), je revenais d’une mission au Liban et en Syrie effectuée deux semaines plus tôt avec Nadia Chaaya, élue pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).
Cette mission m’a permis de partager plusieurs informations recueillies sur le terrain.
J’ai notamment relayé les retours de nos conseillers des Français de l’étranger, les échanges avec les représentants de la CCIFI et les conseillers du commerce extérieur de la France, ainsi que des témoignages de personnes déplacées au Liban pour échapper aux bombardements.
Sécurité des Français : une priorité
J’ai également évoqué les plans de crise et les dispositifs de mise en sécurité de nos compatriotes que j’avais pu évaluer à Beyrouth et à Chypre lors d’une mission à l’été 2024.
Alors que l’Iran fait peser une menace grave non seulement sur la stabilité d’Israël mais également sur l’ensemble du Moyen-Orient, la situation demeure particulièrement volatile.
Missiles, roquettes et drones frappent indistinctement, tandis que nos compatriotes présents dans la région vivent dans l’inquiétude.
Dans ce contexte, la sécurité des Français demeure notre priorité absolue.
Des déplacements aériens perturbés
Les espaces aériens ouvrent et ferment selon l’évolution de la situation et les décisions des autorités locales.
De nombreux Français qui prévoyaient de rentrer d’Asie ou d’Océanie via les hubs du Golfe se retrouvent aujourd’hui bloqués, dans une situation qui rappelle celle vécue lors de la crise du Covid.
Informations utiles pour les Français à l’étranger
➡️ Centre de crise et de soutien : En cas d’urgence, il est recommandé de contacter le Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères : 📞 +33 1 43 17 51 00
Je tiens à saluer l’engagement des équipes du ministère ainsi que celui des bénévoles de la Croix-Rouge, mobilisés pour venir en aide à nos compatriotes.
➡️ Fil d’Ariane : Les Français de passage dans la région sont invités à s’inscrire sur le fil d’Ariane afin de recevoir les informations et alertes du ministère : LIEN
Ukraine, Levant, mer de Chine : penser l’engrenage mondial
Olivier Cadic, Sénateur des Français établis hors de France et Président du groupe France-Pays du Golfe au Sénat.
Article publié dans l’infolettre UDI du 6 mars 2026
Le monde est entré dans une phase d’engrenage stratégique. Les crises que nous observons ne sont plus isolées : elles se répondent, s’alimentent et peuvent, à tout moment, changer d’échelle.
Cette dynamique s’est accélérée avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Depuis, la logique de confrontation entre puissances s’est installée durablement dans les relations internationales.
Au Moyen-Orient, après s’être confronté aux proxys de l’Iran depuis le 7 octobre 2023, Hamas, Hezbollah, Houthis, Israël, soutenu par les États-Unis, se retrouve désormais engagé dans une confrontation plus directe avec le régime des mollahs, qui a fait de la destruction de l’État hébreu, l’un des fondements idéologiques de son projet.
À la suite des frappes engagées contre l’Iran samedi dernier, plusieurs trajectoires peuvent être envisagées.
La première serait une rupture brutale du régime sous la pression militaire et populaire, hypothèse qui demeure peu probable à ce stade.
Une seconde verrait les États-Unis réduire progressivement leur implication, laissant Israël en première ligne.
Une troisième passerait par une reprise diplomatique, aux conditions d’un régime iranien plus accommodant et d’un geste stratégique majeur de Washington, tel qu’un allègement substantiel des sanctions.
Mais le scénario aujourd’hui le plus crédible reste celui d’un enlisement durable du conflit, avec des conséquences potentiellement lourdes pour toute la région, et pour l’économie mondiale si le détroit d’Ormuz ou les grands hubs aériens du Golfe venaient à être durablement perturbés.
Le prochain point de friction pourrait se situer au Liban, où la fragilité de l’État demeure préoccupante.
Au pays du Cèdre, où je me suis rendu il y a deux semaines en compagnie de Nadia Chaaya, présidente du groupe Les Indépendants à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), j’ai pu mesurer l’inquiétude profonde d’une partie de la population. Beaucoup redoutent davantage encore un affrontement interne contre le Hezbollah, qui raviverait le spectre d’une nouvelle guerre civile, qu’une intervention terrestre israélienne.
L’avenir de cette milice, qui fait le malheur du Liban, dépendra largement des évolutions du pouvoir à Téhéran et de la personnalité du prochain Guide suprême.
Mais l’engrenage dépasse largement le Moyen-Orient.
Les tensions persistent dans l’arc Inde–Pakistan–Afghanistan, tandis que la mer de Chine méridionale et Taïwan demeurent des lignes de fracture majeures entre les États-Unis et la Chine.
Parallèlement, la Russie pourrait exploiter toute diversion stratégique américaine pour renforcer ses positions en Arctique, dans la Baltique ou aux marges orientales de l’Europe.
Dans ce contexte, la naïveté n’est plus permise pour la France et l’Europe. Anticiper ces enchaînements de crises et se donner les moyens diplomatiques et militaires de dissuader toute agression n’est pas céder au fatalisme : c’est assumer la responsabilité première d’un État, préserver la paix.
Ce 2 mars, lors de la 44ᵉ session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger, dernière de la mandature, Nadia Chaaya est intervenue en qualité de présidente du groupe Les Indépendants à l’AFE, lors du moment consacré aux groupes politiques.
Conseillère à l’AFE pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, Nadia a exprimé son soutien aux Français et aux élus confrontés aux tensions au Moyen-Orient et salué la réactivité du réseau diplomatique.
Elle a rappelé la nécessité de renforcer le dispositif « triple A » — anticipation, action, assistance — pour mieux protéger nos compatriotes en crise et associer davantage les élus au dispositif d’information et de coordination. Nadia Chaaya a enfin salué, en les citant, l’engagement des membres de son groupe, ainsi que les avancées obtenues au cours de la mandature.
Quelques instants plus tard, Radya Rahal, conseillère à l’AFE pour l’Afrique du nord, a alerté sur la situation des Français victimes de violences intrafamiliales à l’étranger.
Elle a appelé à renforcer les dispositifs de protection et d’accompagnement lorsque l’accès aux mécanismes juridiques et aux structures d’accueil locales est limité.
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VERBATIM
Madame la ministre, Madame la directrice, Madame la présidente, Monsieur le secrétaire général, mes chers collègues.
Madame la ministre, depuis samedi, un embrasement soudain de la situation en Iran, en Israël, dans plusieurs pays du Golfe et aussi au Liban depuis hier, plonge des milliers de nos compatriotes dans une angoisse légitime.
Je tiens à exprimer mon soutien à nos collègues élus français de cette zone, comme à l’ensemble de nos compatriotes qui y sont actuellement soit confinés, soit dans l’expectative.
Rosiane Houngbo Monteverde, qui préside notre commission des Lois, est bloquée à Bahreïn avec ses enfants. Elle est réveillée par le bruit des bombardements. Moi-même, je suis partie à temps du Liban, qui est entré dans le conflit depuis cette nuit.
Il me faut ensuite saluer la réactivité exemplaire de nos ambassades : activation rapide des cellules de crise, communication régulière et mise à disposition de numéros d’urgence. Ces mesures sont essentielles et rassurantes.
Pour autant, ma priorité, et j’ai sans doute lassé vos oreilles à chaque ouverture de session, demeure la mise en place du système triple A pour la sécurité de nos compatriotes : anticipation, action et assistance. Un dispositif devenu fondamental, mais encore incomplet. L’élu doit être un maillon actif de ce dispositif. Il ne peut être informé en même temps que nos compatriotes alors qu’il est en première ligne pour répondre, orienter et apaiser. Sans accéder aux éléments sensibles, il doit disposer d’un canal structuré et officiel. C’est une question d’efficacité collective. Nos travaux ont démontré que l’absence d’harmonisation des pratiques d’un poste à l’autre ne permet pas de créer de bons réflexes qui peuvent sauver des vies.
Mes chers collègues, nous siégeons depuis bientôt cinq ans. Qu’avons-nous accompli ?
Le groupe des Indépendants est fier d’avoir vu sa proposition de charte des bonnes pratiques entre les élus et les postes consulaires aboutir. Elle avait été portée par Laurence Helaili-Chapuis et il reviendra à la prochaine AFE d’évaluer sa mise en œuvre.
Je salue Benoît Mayrand, vice-président de notre groupe et de la commission des Finances, pour sa pugnacité à la sincérisation des programmes budgétaires touchant au quotidien des Français de l’étranger. Radya Rahal, dont chacun connaît l’expertise en matière de règlement intérieur, nous a défendus avec ardeur à la Commission nationale de la protection sociale, sujet ô combien sensible en tant que politique, qu’elle soit remerciée pour ses prises de position éclairantes. Marie-Christine Haritçalde a représenté notre Assemblée à la Commission nationale STAFE. Merci pour son soutien au tissu associatif français à l’étranger qui nous permet de faire société, même à l’étranger.
Les successions internationales sont un sujet fondamental pour nos compatriotes, tant la matière est complexe. Nous avons pu compter sur l’expertise de Richard Ortoli, comme sur celle de la présidente Rosiane Houngbo Monteverde.
Alors que le réseau des écoles françaises à l’étranger est éprouvé, je veux remercier la secrétaire générale de notre groupe, Amelie Mallet, ainsi que Sabri Mêle pour leur engagement pour un enseignement français plus souple et plus inclusif.
Je remercie évidemment Thierry Consigny, qui a représenté notre groupe au bureau, et Minouche Beraud Suberville pour leur implication dans les travaux de la commission Sécurité, qui a permis de donner une voix à nos collègues confrontés à des crises terribles.
Merci enfin à Ahmed Henni pour son engagement au sein de la commission des Affaires sociales. Alors que nous accueillons pour cette dernière session une habituée, Nelly Muller, je tiens à saluer ceux qui ont siégé dans notre groupe, mais qui n’ont pas pu poursuivre leur mandat : Yolande Mateo, ainsi que Nicolas Arnulf.
Être français à l’étranger, c’est faire partie, malgré les kilomètres, d’une communauté de destin. Je remercie mon groupe de m’avoir fait confiance pendant ces cinq années, ainsi que l’ensemble des élus avec qui j’ai travaillé en bonne intelligence et en solidarité.
Après les faux débats public-privé, place aux fausses concertations.
Un illustre prédécesseur des sénateurs, Georges Clemenceau, disait : « Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. » Il faut mettre un terme à ces méthodes qui consistent à organiser la concertation pour mieux noyer le poisson… et décider de ne rien décider.
Qui se souvient des grandes consultations sur l’enseignement français à l’étranger, il y a moins de trois ans ?
J’avais alors refusé de participer à ce simulacre : Lien
Et j’avais écrit au ministre Olivier Becht pour en expliquer les raisons : Lien
J’y dénonçais une mise en scène destinée à habiller des décisions déjà arrêtées par l’administration, sans remise en cause du modèle.
Nous voilà repartis en 2026 avec les mêmes artifices.
Sous couvert de missions parlementaires, on détourne l’attention des décisions déjà prises, des décisions qui fragilisent le réseau et prolongent une trajectoire engagée depuis vingt ans.
C’est pourquoi j’ai demandé aux ministres Jean-Noël Barrot et Eléonore Caroit, depuis l’hémicycle, deux décisions claires :
– la suspension des décisions du conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) de décembre 2025, qui font porter de nouvelles charges sur les établissements partenaires et conventionnés ;
– l’annulation de l’arrêté d’août 2025 renforçant excessivement les pouvoirs de l’Agence en matière d’homologation. Lien
Continuer à concentrer toujours plus de pouvoirs dans une structure qui n’a pas réglé ses déséquilibres internes n’est pas une solution. C’est une fuite en avant !
En faisant le choix d’impacter lourdement et de fragiliser les sociétés de gestion d’établissements, gérées avec talent, rigueur et dévouement par des volontaires engagés, le réseau risque de s’atrophier en perdant des acteurs qui ne se reconnaissent plus dans ce fonctionnement.
Ignorer ma proposition de suspendre des mesures qui augmentent les frais en désignant des boucs émissaires, c’est refuser de faire de la réduction des coûts une priorité.
Aucun système ne peut rester crédible lorsque l’acteur principal est à la fois compétiteur, régulateur et bénéficiaire des règles qu’il édicte.
La réforme ne sera possible qu’à quatre conditions : neutralité, séparation des rôles, indépendance de l’homologation et modèle économique soutenable.
Car au bout de nos décisions, ce ne sont pas des lignes budgétaires qui paient, ce sont des familles.
Le temps des faux-semblants doit cesser. Il faut réformer sans plus attendre, pas transférer la facture aux familles.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
A LA UNE . Art. 50-1 – Rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales, notamment au Venezuela
HOMMAGE . Robert del Picchia . Renée Blandin
ENSEIGNEMENT FRANÇAIS À L’ÉTRANGER . QAG – AEFE : joueur, arbitre… et maintenant bénéficiaire . Lycées français à l’étranger (Libération) – Assez de faux débats . Lycées français à l’étranger : l’enquête de Libération qui fait débat – (Le courrier des Amériques – 18/02/2026) . Rencontre Mission laïque française (MLF) – ANEFE
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Nadia Chaaya, Chevalier de l’ONM : une exigence d’action et de justice . Australie – Serge Thomann . France–Estonie : Violaine Champetier de Ribes décorée au Sénat . Olivier Cadic : mobilité, sécurité, enseignement, ses priorités pour 2026 (Lesfrancais.press)
.Les chiffres de l’activité consulaire 2025
.Guide des victimes françaises à l’étranger (2026)
EN CIRCONSCRIPTION
> ÉGYPTE – Le Caire / New Giza / Nouvelle Capitale / Nouveau Caire / Obour / Alexandrie (29 déc.-03 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Ashford (Kent) / Gare Eurostar (8 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Bristol, Londres (10-13 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Londres (22-24 janv. 2026)
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Venezuela – Transition démocratique & Menace des cartels latino-américains . Iran – Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix 2003 : une voix de la résistance iranienne en exil . Afrique des Grands Lacs – Communauté de Sant’Edigio
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . La perspective d’un droit nouveau pour l’aide active à mourir se rapproche . IPAC – Déclaration sur la condamnation de Jimmy Lai . Taiwan – Groupe d’amitié – Nouvel An . Suisse – Ambassadrice Tania Cavassini
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA . PLF 2026 – Conférence de presse : Alerte sur un risque majeur pour la sécurité numérique de la France . Retard de NIS 2 : Le dispositif anti-backdoor qui cristallise l’affrontement entre la DGSI et les parlementaires (Usine digitale) . Cybersécurité : l’heure est à l’action – (Entreprendre à l’international) . Le gouvernement fait le jeu des pirates pour écouter aux portes (Le Canard Enchainé) . Cybersécurité : la France accumule les retards, les hackers accumulent les victimes, déplorent des experts (Epoch Times)
MÉDIAS . Olivier Cadic : “On sent que beaucoup de choses ont changé au Liban” (France24/MCD 23/02/2026 – Vidéo 2’45) . Ukraine : les leçons de 4 ans de guerre (Public Sénat, 19/02/2026 – Vidéo 2’15) . Olivier Cadic : “Un futur dans la paix et l’harmonie entre les communautés, c’est le Liban dont on rêve” (Annahar Français, 18/02/2026 – Vidéo 29m) . Olivier Cadic : “L’engagement de la France, c’est de soutenir un Liban souverain et pleinement indépendant” (MTV Liban, 13/02/2026 – Vidéo 2’45) . À quand un vol direct entre San Diego et Paris ? (SoCal FACC – 26/01/2026) . French Response : de la guerre à Gaza au salut nazi d’Elon Musk, comment la diplomatie française a changé de ton sur les réseaux sociaux (BFM Tech – 01/02/2026) . Les enjeux nationaux et internationaux vus par un sénateur des Français établis hors de France (Radio Orient – 1er février 2026 – Podcast 16’30) . Le sénateur français Olivier Cadic appelle à la reconnaissance de la stabilité et de la démocratie du Somaliland (The Horn Tribune – 22/01/2026) . Isolée sur le Mercosur, la France a-t-elle perdu son influence en Europe ? (Public Sénat – 09/01/2026) . Olivier Cadic : “Nous vivons une lutte pour le leadership mondial” (LePetitJournal.com – 15 janv. 2026)
Lors de mon déplacement au Liban, en compagnie de Nadia Chaaya, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, j’ai répondu aux questions de France24, en soulignant l’espoir suscité par l’élection du président Joseph Aoun et en constatant que des signaux positifs apparaissent déjà, notamment dans le domaine de la Justice.
Le 12 février, à la Résidence des Pins à Beyrouth, Nadia Chaaya a été élevée au grade de chevalier de l’Ordre national du Mérite par notre ambassadeur Hervé Magro. J’ai assisté à la cérémonie en présence de nombreux acteurs de la communauté française et de personnalités libanaises, parmi lesquelles Bassam Al Mawlawi, ancien ministre de l’Intérieur, et le député Simon Abi Ramia, président du groupe d’amitié parlementaire Liban–France.
Née à Beyrouth, Nadia Chaaya a grandi dans les années de guerre. Ces épreuves ont forgé chez elle un sens aigu de la solidarité et de l’engagement. Après des études en France dans le domaine de la communication, elle mène un parcours entrepreneurial exigeant, d’abord dans le secteur paramédical, puis dans l’immobilier, en Arabie saoudite où elle réside depuis plus de vingt ans.
Élue conseillère consulaire pour la circonscription de Djeddah–Sanaa, brillamment réélue en 2021, elle préside le conseil consulaire et siège à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, où elle conduit le groupe Les Indépendants. Son engagement s’inscrit dans une ligne claire : servir les Français établis hors de France avec efficacité, lucidité et sens des responsabilités. Comme elle l’a affirmé devant l’AFE en octobre dernier : « Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers au sort de notre pays. Cette période de crise doit nous pousser à nous demander ce que nous pouvons apporter à la France, plutôt que ce que la France peut nous apporter. ».
Son courage s’est illustré de manière exemplaire le 11 novembre 2020, lors de l’attentat à la grenade perpétré au cimetière non-musulman de Djeddah. Dans un contexte de danger immédiat, elle a fait preuve d’un sang-froid et d’une présence d’esprit remarquables, regroupant, sécurisant et rassurant nos compatriotes.
Nadia Chaaya se distingue également par sa capacité à transformer l’indignation en action structurée. Engagée aux côtés des familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth, elle œuvre sans relâche pour que la mémoire soit honorée et que justice soit rendue. Elle a par ailleurs fondé l’Union franco-libanaise des déposants spoliés, afin d’accompagner les victimes dans leurs démarches et d’engager des procédures contre les banques libanaises devant les juridictions françaises.
Cette distinction vient saluer un parcours d’engagement, de résilience et de fidélité à la France, au service de nos compatriotes et du lien franco-libanais.
À l’occasion du 82ᵉ anniversaire de l’Indépendance du Liban, j’ai eu l’honneur d’assister à la réception organisée, ce 19 nvovembre, par M. Rabih Chaer, ambassadeur du Liban en France, et Mme Stéphanie Marcha Chaer, ainsi que par Mme Hind Darwich, ambassadrice et Déléguée Permanente du Liban auprès de l’UNESCO.
À cette occasion, M. Rabih Chaer a rappelé avec force : « Alors que le Liban célèbre sa Fête nationale ici à Paris, je réitère notre engagement à œuvrer pour une paix durable et juste pour le Liban et pour la région. » Un message clair, porteur d’espoir, dans un contexte régional particulièrement sensible.
Mme Hind Darwich a également mis en lumière la résilience du peuple libanais et l’importance de la culture et de l’éducation comme vecteurs de coopération internationale.
Cette célébration fut aussi un moment d’échanges institutionnels précieux : plusieurs collègues sénateurs étaient présents, réaffirmant la solidité de l’amitié franco-libanaise et l’engagement du Parlement français aux côtés du Liban.
Cet événement marqué par la convivialité m’a permis de rappeler à l’ambassadeur l’importance du lien créé par Nadia Chaaya, conseillère des Français de l’étranger pour me permettre de contribuer à approfondir les échanges entre nos deux pays. Honoré d’y avoir participé.
La 43ᵉ session de l’Assemblée des Français de l’Étranger s’est tenue du 13 au 17 octobre dans un contexte de transition politique marqué par l’arrivée d’Éléonore Caroit, nommée ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger.
Forte de son parcours d’élue de l’AFE puis de députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes, Éléonore Caroit incarne une connaissance concrète du terrain, ayant elle-même suivi sa scolarité au lycée français de Saint-Domingue.
Empêchée d’assister lundi à l’ouverture de la session en raison de la passation de pouvoir, elle a tenu à s’adresser dès mercredi aux élus pour leur dire son attachement aux Français de l’étranger, qu’elle considère comme « une force vive de la France ». Elle a affirmé sa volonté de s’atteler sans délai à trois priorités majeures : la réforme de la protection sociale, la pérennisation de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) et la modernisation des services publics destinés à nos compatriotes établis hors de France.
Nommée dimanche, je la remercie de m’avoir l’honneur de sa participation, lundi soir, à la soirée du cinquantenaire de l’ANEFE que je préside (compte-rendu).
Des priorités claires pour les Français de l’étranger
Au terme de cette 43ᵉ session, les commissions de l’Assemblée des Français de l’Étranger ont tracé une feuille de route à la fois ambitieuse et pragmatique, pour répondre aux défis du moment.
Au rang des priorités, les élus ont appelé à réformer en profondeur la protection sociale et à pérenniser la (CFE), tout en garantissant la viabilité financière du réseau éducatif français à l’étranger, porté par l’AEFE et la MLF.
La sécurité, l’accès au droit et la protection des plus vulnérables demeurent au cœur des préoccupations, de même que l’engagement pour accélérer la transition écologique et soutenir l’innovation dans nos communautés.
Repenser la protection sociale des Français de l’étranger
L’une des séquences majeures de cette 43ᵉ session a été la restitution des Assises de la protection sociale, engagées en mars 2025 par la commission des Affaires sociales, du Monde combattant, de l’Emploi et de la Formation. Découvrez les 355 propositions dont 36 prioritaires : LIEN
Après avoir salué « l’exercice démocratique de ces Assises » et s’être réjouie de la présence de notre nouvelle ministre, Eléonore Caroit, à la restitution, Radya Rahal, élue pour l’Afrique du Nord, a souligné avec réalisme : « soyons néanmoins lucides sur un point : aucun chiffrage n’est proposé. Étant donné la période budgétaire que nous entamons (enfin !), il me fallait le souligner. Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Nous en manquons ».
Que retenir de ces travaux ? Outre repenser les aides sociales et moderniser les bourses scolaires, l’avenir de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) a retenu l’attention des élus : malgré son statut d’organisme de Sécurité sociale de droit privé, la CFE accuse un déficit structurel de 18 millions d’euros en 2024. Sans réforme en profondeur, sa pérennité est menacée.
Par ailleurs, dans son avis au gouvernement, l’AFE a également recommandé de créer une allocation spécifique pour les Français de l’étranger en situation de dépendance ou de grand âge, ainsi que d’aligner les critères d’attribution des AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) sur le modèle national.
En assistant à cette restitution, j’ai été sensible aux propos d’Éléonore Caroit, qui a affirmé sa détermination à « porter plusieurs de ces propositions » et à défendre le budget des Français de l’étranger, confirmant avec justesse les propos de Radya Rahal : l’argent est le nerf de la guerre.
AEFE : entre excellence et nécessité de réforme
L’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) affiche un taux de réussite au baccalauréat de 98,3 %. Derrière cette réussite, la situation financière inquiète : 80 % des dépenses sont absorbées par la masse salariale, laissant peu de marge pour l’investissement. En fin d’année, dans les deux mois qui restent, il faut trouver près de 25 millions et l’année prochaine probablement 60 millions pour que l’activité de l’Agence perdure, a alerté le conseiller Alexandre Col.
Face à ce constat, la commission de l’enseignement de l’AFE a adopté à l’unanimité une résolution demandant que les conseillers de l’AFE participent au groupe de travail sur la réforme de l’AEFE.
Lors de la réunion du groupe d’études « Statut, rôle et place des Français établis hors de France », au Sénat le 16 octobre, j’ai rebondi sur ce sujet en rappelant que, depuis quinze ans, j’appelle à un changement de paradigme : passer d’un modèle étatique et coûteux à un modèle souple, entrepreneurial et décentralisé, afin que les acteurs locaux et associatifs disposent d’une plus grande autonomie pour innover et répondre aux besoins des familles à travers le monde.
État civil et nationalité : des exigences renforcées
En séance plénière, Gaëlle Le Pape, sous-directrice de l’État civil et de la Nationalité, a présenté les nouvelles instructions adressées aux postes consulaires à la suite de récentes décisions du Conseil d’État. Objectif : rendre les pratiques plus justes et plus humaines, notamment pour les usagers confrontés à un refus de certificat de nationalité française (CNF).
Par ailleurs, deux évolutions importantes entreront en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026 pour les demandes de naturalisation : le niveau de langue exigé passera du B1 au B2, à l’écrit comme à l’oral ; un examen civique sera instauré pour les naturalisations par décret.
Modernisation du réseau consulaire : des avancées concrètes
Efficace, à l’écoute et proche des réalités du terrain, Pauline Carmona, directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire, a présenté les progrès réalisés et les perspectives du réseau consulaire au service de nos compatriotes.
Parmi les avancées majeures : la pré-demande en ligne de titres d’identité et de voyage, désormais pleinement opérationnelle, et l’expérimentation du renouvellement à distance des passeports, menée au Canada et au Portugal, qui a rencontré un taux de satisfaction de 80 %. L’envoi des titres sécurisés sera étendu à tout le réseau dès les prochains mois.
Mme Carmona a insisté sur la protection sociale et la prévention des violences : 461 situations ont été recensées en 2022, ce qui a conduit à la mise en place d’un guide pratique destiné à mieux former les agents et élus à l’accompagnement des personnes en détresse.
Les Indépendants : conviction et force d’initiative
Comme l’a souligné Nadia Chaaya, présidente du groupe des Indépendants, cette 43ᵉ session de l’Assemblée des Français de l’Étranger s’est ouverte dans un contexte politique et budgétaire particulièrement incertain.
Pour Nadia Chaaya, ces difficultés doivent être une incitation à la mobilisation collective : « Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers au sort de notre pays. Cette période de crise doit nous pousser à nous demander ce que nous pouvons apporter à la France, plutôt que ce que la France peut nous apporter ». Je félicite la présidente pour sa conduite éclairée des travaux des Indépendants.
L’instabilité politique a forcément placé les élus dans l’expectative budgétaire. « Notre commission des Finances étudie un budget qui n’existe pas », a rappelé Benoît Mayrand. « On attend aussi le rapport d’évaluation du Pass éducation langue française qui nous a supprimé 1 million de crédits au programme 151 »
Dans ce contexte, la nomination d’Éléonore Caroit au poste de ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, a été accueillie comme un signe d’espoir, parce qu’elle est « issue des rangs de l’AFE », chacun s’en félicite.
Les élus indépendants ont une nouvelle fois confirmé leur rôle moteur au sein de l’Assemblée. Sous l’impulsion de Nadia Chaaya, ils ont défendu avec constance des positions constructives et tournées vers l’action, dans tous les domaines, guidés par une même exigence : servir au mieux les intérêts des Français établis hors de France.
Depuis 2019, des milliers de déposants français et libanais sont privés illégalement de leurs économies au Liban, parfois de toute une vie de travail.
Face à cette injustice, Nadia Chaaya a choisi de ne pas se résigner. Animée par un sens profond de la dignité et du droit, cette Française d’origine libanaise, présidente du conseil consulaire de Djeddah–Sanaa et conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, s’est engagée avec courage et détermination pour défendre les épargnants spoliés.
C’est ainsi qu’elle a fondé l’Union franco-libanaise des déposants spoliés (UFLDS), une association à but non lucratif qui accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches juridiques. Grâce à une équipe de juristes bénévoles, l’UFLDS aide les déposants à déposer plainte contre les banques libanaises devant les tribunaux français. « Et cela fonctionne ! », souligne Nadia, qui invite chacun à vérifier gratuitement son éligibilité sur le site www.uflds.com.
Le 20 octobre dernier, j’ai eu le plaisir de réunir Nadia et les membres de son équipe : Hugo Roche Poggi, secrétaire général de l’UFLDS, Tanguy Valéry, responsable de la communication, et Dany Habel, docteur en droit.
Je remercie également Rodrigue Raad, président de la Diaspora Libanaise Overseas (DLO), et Sami Saikali, son secrétaire général, pour leur participation à ces échanges constructifs.
L’énergie, l’esprit fédérateur et la persévérance de Nadia Chaaya redonnent aujourd’hui espoir à des milliers de familles, quelle que soit leur nationalité, qui pourront retrouver le fruit de leur travail et de leur épargne.
g à d : Dany Wattelbeld, Olivier Cadic, S.E. Fahad Al Ruwaily et Louis-Jean de Nicolay
Ce 16 octobre, le groupe d’amitié interparlementaire France-Pays du Golfe que je préside s’est entretenu avec Fahad Al Ruwaily, ambassadeur d’Arabie saoudite, accompagné de Mmes Reem Alajlan, deuxième secrétaire, et Dr. Nauf Almaiman, conseillère.
Étaient également présents mes collègues Louis-Jean de Nicolay et Dany Wattelbeld.
Lors des échanges entre l’ambassadeur et les sénateurs présents, ont été abordés de nombreux sujets, au premier rang desquels la question palestinienne. Exprimant sa reconnaissance vis-à-vis de la France et de son soutien à la reconnaissance d’un État palestinien, Fahad Al Ruwaily a estimé que la « déclaration de New York » – résolution d’initiative franco-saoudienne visant à relancer la solution à deux États entre Israël et la Palestine, adoptée lors de l’Assemblée générale des Nations Unies le 12 septembre 2025 – avait eu un impact extrêmement positif et servi de support au plan de paix américain pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza.
Ont également été évoqués d’autres enjeux, tant régionaux – s’agissant notamment de la situation politique et sécuritaire au Liban – que propres à l’Arabie saoudite – avancement du plan « Vision 2030 » du Royaume saoudien, réforme du système éducatif et universitaire, évolution de la place des femmes…
Enfin, la perspective d’un éventuel déplacement d’une délégation du groupe d’amitié en Arabie saoudite en 2026, quatre ans après la dernière visite de ce type, et un an après l’accueil d’une délégation de la Shoura saoudienne, a été discutée.
Je remercie Nadia Chaaya, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et présidente du conseil consulaire à Djeddah-Sanaa d’être venue à cette l’occasion pour apporter son témoignage sur la situation des Français installés en Arabie saoudite.
Le 2 juillet, je suis intervenu au nom du groupe Union centriste, à la suite de la déclaration du gouvernement, présentée par le Premier ministre François Bayrou, en application de l’article 50-1 de la Constitution, sur la situation au Proche et Moyen-Orient qui faisait suite au débat du 24 octobre 2023 (compte-rendu).
La séance s’est conclue par les interventions de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, que je remercie de ses réponses à mes questions (vidéo), et de Sébastien Lecornu, ministre des Armées.
Monsieur le Président,
Monsieur le Premier ministre,
Messieurs les Ministres,
Mes Chers Collègues,
Dimanche 22 juin, église Saint-Élie à Damas.
L’assaillant entre dans l’église avec armes et explosifs.
Grégoire, Bashar et Pierre se précipitent sur lui, le plaquent au sol.
Ils ont choisi de mourir pour pouvoir sauver près de 250 personnes à l’intérieur de l’église.
Le groupe Union Centriste présente ses condoléances à Sa Béatitude le patriarche Jean X d’Antioche et aux familles des 22 martyrs victimes de cet acte odieux qui visait directement la communauté chrétienne en Syrie.
Lors de notre rencontre, il y a deux mois au nord du Liban, le patriarche Jean d’Antioche que vous avez rencontré à Damas M. le ministre, m’avait averti des menaces qui pesaient en Syrie sur les Chrétiens d’Orient.
Mon premier message est de relayer à la communauté internationale son appel à ne pas détourner le regard et à œuvrer pour assurer la protection de toutes les communautés religieuses au Moyen-Orient.
Je veux également avoir une pensée pour Cécile Kohler et Jacques Paris qui, depuis plus de trois ans, endurent le martyr et leurs familles sont rongées par l’angoisse. Merci monsieur le Premier ministre de nous avoir rassuré sur leur sort.
Comme l’a déjà fait, la semaine dernière, notre collègue Olivia Richard, président du groupe d’amitié France-Iran, notre groupe appelle à la libération immédiate de nos compatriotes.
Nous n’oublions pas non plus les 50 otages retenus par le Hamas dans des souterrains à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
Nous remercions le gouvernement et l’ensemble des services du Quai d’Orsay dont l’efficacité a permis au cœur de la crise de favoriser le rapatriement de français vivants en Iran et en Israël.
Fin 2020, suite à l’attentat du 11 novembre à Djeddah au cimetière non musulman, j’avais demandé à notre collègue, Jean-Baptiste LEMOYNE, alors Ministre, à ce que le processus de communication de crise soit formalisé et que nos élus fassent l’objet d’une information spécifique.
Encore aujourd’hui, le groupe Les Indépendants à l’Assemblée des français de l’étranger présidé par Nadia CHAAYA demande régulièrement l’intégration des élus dans les systèmes de gestion de crise. Au regard de ce qu’il vient de se passer en Iran et en Israël, il nous apparaît essentiel que les élus des français de l’étranger puissent jouer leur rôle d’interface avec la communauté française et s’en tiennent à une information officielle dont ils doivent disposer.
Depuis la création de la République islamique d’Iran, le régime des mollahs appelle à la destruction de l’état israélien et menace ouvertement les monarchies du Golfe qui aujourd’hui encore, pour certaines d’entre elles, dénoncent des ingérences de Téhéran. Comme vous l’avez dit, Monsieur le Premier ministre, la France a été parmi les premiers pays à reconnaître l’État d’Israël et a toujours manifesté sa solidarité lorsque l’État Hébreu a été attaqué.
Comme nous l’avions dit, les massacres de masse opérés par le Hamas, le 7 octobre, ont été monstrueux et ont entrainé une réponse justifiée d’Israël pour neutraliser cette organisation terroriste.
Nous voulons rappeler avec force le nombre de 42 victimes françaises dans cette attaque qui place la France au premier rang en termes de victimes étrangères. Mais comme nous l’avions également dit, rien ne serait pire que de vouloir confondre le Hamas avec la cause palestinienne et sa légitime revendication à disposer d’un État autonome. La population palestinienne se retrouve l’otage de cette organisation terroriste soutenue par l’Iran.
Le Hamas n’est pas le seul proxy de l’Iran. Suite à l’attaque du 7 octobre, le Hezbollah depuis le Liban et les Houthies depuis le Yémen s’en sont également pris à l’état Hébreu. Comme il l’a fait avec les Pagers trafiqués pour éliminer des membres du Hezbollah au Liban, Israël a choisi l’effet de surprise pour bombarder les infrastructures nucléaires iraniennes.
Dans la nuit du 21 au 22 juin, le président américain Donald TRUMP a mis en œuvre l’opération Midnight Hammer pour neutraliser ces infrastructures qui s’avèrent constituer l’un des plus grands dangers pour la sécurité d’Israël et du Moyen Orient. Déjà, quelques semaines plus tôt, les américains avaient frappé à plusieurs reprises les Houthis au Yémen.
A l’issue de ces frappes, le régime iranien apparaît affaibli et isolé. Reste aujourd’hui la question du désarmement du Hezbollah qui peine à se concrétiser. Cela justifie l’impatience de tous ceux qui appellent au retour à la pleine souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire et au scellement des frontières du pays aussi bien avec Israël qu’avec la Syrie.
Le futur du Liban constitue toujours un sujet de préoccupation. Le nouveau gouvernement libanais nourrit beaucoup d’espoir, sous réserve qu’il parvienne à désarmer le Hezbollah et à se débarrasser de la tutelle iranienne sur ce mouvement.
Le Hezbollah tout comme les Gardiens de la Révolution bénéficient des ressources financières du trafic de Captagon, cette drogue qui contribuait à près de 90% du PIB de la Syrie à la chute du Président ASSAD. Lundi dernier, les douanes libanaises ont annoncé la saisie de 866 kilos de Captagon à la suite d’une opération coordonnée avec les autorités saoudiennes.
L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Thomas Barrack, aurait fixé le 7 juillet comme ultimatum aux autorités libanaises pour prendre une position claire sur la question du monopole de armes. L’État, à travers l’armée libanaise, doit être l’unique détenteur de la force armée.
En cas de tergiversations, le Liban pourrait être laissé seul face à l’escalade.
Ne pensez-vous pas, Monsieur le Premier Ministre, dans ce cas, qu’Israël pourrait reprendre alors les hostilités contre le Hezbollah et la communauté internationale durcir les sanctions ?
L’explosion du port de Beyrouth a été la plus grande explosion non nucléaire de l’Histoire. On a déploré plus de 200 décès dont 3 français, des milliers de blessés et des centaines de milliers de personnes déplacées. En retrouvant les familles des victimes à Beyrouth le 27 avril dernier, je leur ai remis votre lettre, Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, témoignage de votre indéfectible soutien à leur démarche pour obtenir justice. Votre geste les a profondément réconfortés. Le juge d’instruction Tarek BITAR a repris l’enquête. Le Ministre de la Justice libanais, Adel NASSAR a entrepris plusieurs réformes pour restaurer la confiance dans le système judiciaire du pays.
Mais je veux revenir sur le sujet car il y a urgence concernant le port de Beyrouth. En effet, une manœuvre est en cours pour détruire les silos, qui représentent le seul vestige tangible de la catastrophe du 4 août. Ces silos sont un symbole de mémoire collective pour les victimes et pour tout le peuple libanais. Les faire disparaître serait une insulte à leur souffrance. Ils en appellent à votre soutien pour intercéder auprès de leur Gouvernement afin d’empêcher cette décision.
Tout aussi innocentes que les victimes du port de Beyrouth, plus de 50.000 vies perdues à Gaza dont 17.000 enfants tués constituent une véritable honte pour l’Humanité. Le blocage de l’aide humanitaire a transformé Gaza en lieu de mort, avez-vous dit M. le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
Nous partageons votre colère face aux centaines de personnes tuées sur les sites de distribution de nourriture. Aujourd’hui, la France a condamné une frappe israélienne qui a causé la mort de deux employés d’une ONG le 26 juin dernier. La protection des civils et des travailleurs humanitaires doit être garantie en toute circonstance conformément au droit international humanitaire.
Nous soutenons l’appel du gouvernement à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, à la libération des otages, à l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et à une solution politique fondée sur deux États accompagnée des garanties sécuritaires pour Israël et la Palestine.
Lors de mon déplacement dans le Golfe en avril dernier, dans le cadre du groupe d’amitié France – Pays du Golfe, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar, et de nombreux ministres des affaires étrangères du Golfe dont votre homologue du Koweït en votre présence. Tous fondaient leur espoir sur le plan devant être présenté à l’ONU le 18 juin par le prince héritier d’Arabie Saoudite Mohamed Ben Salman et le Président de la République. Cela apparaissait comme la seule solution sérieuse susceptible de ramener la paix au Moyen Orient. La conférence a été reportée suite aux frappes d’Israël sur l’Iran.
Quand pensez-vous, monsieur le Premier Ministre, qu’elle pourra se tenir désormais ?
Lors du sommet de sécurité Shangri-La à Singapour le 30 mai 2025, le Président de la république a mis en garde contre les répercussions potentielles de l’agression russe en Ukraine sur la situation à Taïwan.
Je le cite : « Si nous considérons que la Russie peut s’emparer d’une partie du territoire ukrainien sans restriction, sans contrainte, sans réaction de l’ordre mondial… que pourrait-il se passer à Taïwan ? »
Le Président de la République a en effet de bonnes raisons de s’inquiéter sur la perspective d’une nouvelle escalade.
Le ministre australien de la Défense, a affirmé de son côté “ce que nous voyons de la Chine est la plus grande augmentation de la capacité militaire par n’importe quel pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale”. Son homologue des Philippines a qualifié la Chine d'”absolument irresponsable et téméraire” dans ses actions en mer de Chine méridionale.
Le secrétaire américain à la Défense, a déclaré que Pékin “a fait référence à une date limite de 2027 que le président Xi Jinping aurait donnée pour que l’armée chinoise soit capable d’envahir Taïwan.
Il est urgent de faire émerger une action internationale susceptible de dissuader le Parti communiste chinois de rompre le statu quo. Sans quoi nous pourrions nous retrouver dans deux ans dans une situation avec Taiwan analogue à celle que nous observons en Ukraine et au Moyen Orient.
Vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre, tout est lié. Faisons en sorte d’arrêter les conflits, même avant qu’ils ne débutent.
Première séquence de mon 7ème déplacement au Liban, un entretien de cadrage en compagnie d’Hervé Magro, ambassadeur de France au Liban.
La crise politique a trouvé une issue avec l’élection du président de la République, Joseph Aoun, que j’avais rencontré lors de mes deux derniers passages à Beyrouth en janvier 2023 et juillet 2024 (lien).
Les premières semaines du gouvernement libanais dirigé par Nawaf Salam, investi le 8 février 2025, ont été marquées par une volonté affichée de réformes et de reconstruction.
Le président de la République Emmanuel Macron a réaffirmé l’engagement de la France à soutenir le Liban dans ses efforts de réforme et de stabilisation.
L’affirmation de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, en particulier face à des groupes armés non étatiques, demeure un enjeu majeur pour la stabilité du pays. La mise en œuvre de réformes économiques structurelles paraît essentielle pour restaurer la confiance des citoyens et des bailleurs internationaux.
Toute ma gratitude à Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, de s’être autant investie pour organiser et m’accompagner à nouveau durant ce séjour, afin de poursuivre le travail que nous avions engagé ensemble, lors de mes deux précédents déplacements.
Associations des victimes de l’explosion du port de Beyrouth
Fil conducteur de mon action au Liban en compagnie de Nadia Chaaya, notre soutien aux familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth, plus grande explosion non nucléaire de l’histoire. On a déploré plus de 200 décès, dont trois Français, des milliers de blessés, des centaines de milliers de personnes déplacées.
Dans le prolongement de l’hommage aux victimes, que nous avions rendu ensemble sur le lieu de la tragédie en juillet dernier (compte-rendu), j’avais transmis une lettre des associations et de Nadia, en mains propres à Emmanuel Macron dans l’avion présidentiel, alors que nous étions en vol pour Riyad.
En retrouvant les familles, ce dimanche 27 avril 2025, je leur ai remis une lettre de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, témoignage de son indéfectible soutien à leur démarche pour obtenir justice.
Après une interruption de deux ans, due à des interférences politiques, le juge d’instruction Tarek Bitar a repris l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en janvier 2025.
Le président Joseph Aoun, et le Premier ministre Nawaf Salam, ont exprimé leur engagement à garantir l’indépendance de la justice et à ne pas entraver l’enquête. Ils ont promis qu’aucune immunité ne serait accordée aux personnes impliquées dans cette tragédie.
De son côté, le ministre de la Justice libanais, Adel Nassar (à l’image), a entrepris plusieurs réformes majeures pour restaurer la confiance dans le système judiciaire du pays. Pour la première fois, des personnalités politiques de haut niveau ont été entendues dans le cadre de l’enquête.
Les victimes et leurs familles, toujours aussi déterminées à réclamer justice, m’ont déclaré retrouver espoir avec ces avancées.
Les sourires timides esquissés sur leurs visages lors de cette rencontre, ont constitué une belle marque de confiance et décuplé notre détermination pour continuer à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que justice leur soit rendue. +d’images
Communauté française
Consulat
Lors de ce déplacement, trois séquences ont été consacrées au suivi des attentes de nos compatriotes établis au pays du Cèdre.
• Une visite du consulat avec Eric Amblard à la rencontre de l’équipe ;
• Une réunion avec les conseillers des Français de l’étranger (g à d) Lucas Lamah, Ghassan Ayoub, Ziad Nassour, Olivier Cadic, Rola Assi, présidente du conseil consulaire, Denise Revers-Hadad, Nadia Chaaya.
• Une réunion du conseil de Sécurité à la Résidence de France.
Les Français du Liban représentent 1% des Français de l’étranger, mais 20% du budget social.
Les questions relatives à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) occupent une part importante du travail des agents concernés.
Compte tenu du travail qui s’ajoute sur le consulat lié au nouvel afflux de réfugiés (1200 demandes d’asiles enregistrées pour les seuls mois de mars et avril 2025), le renfort d’un agent consulaire est demandé.
La décision du CA de la CFE de déclassement du Liban a eu pour effet de limiter à 70% le remboursement des prestations en hôpitaux conventionnés et de 50% pour les non conventionnés est dénoncée par les élus. Un élu pénalisé m’a déclaré que la CFE n’est plus compétitive par rapport au privé. +d’images
Diplomatie parlementaire
Ministre de l’Intérieur
La sécurité de nos compatriotes est notre première préoccupation avec Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale.
Nous avons été reçus par Ahmad Hajjar, ministre de l’Intérieur du Liban, au lendemain d’une frappe israélienne sur Beyrouth, sur un bâtiment situé à 4 kilomètres de la Résidence des Pins, où je me trouvais.
Ancien général de brigade de l’armée libanaise, le ministre apporte une solide expérience en matière de sécurité intérieure, de lutte contre le terrorisme et de coordination entre les forces armées et les services de renseignement.
Peu après sa nomination en février 2025, le ministre libanais de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a demandé le retrait de toutes les affiches et banderoles de félicitations érigées en son honneur dans diverses villes du pays. En mettant l’accent sur le travail plutôt que sur les honneurs personnels, Ahmad Hajjar a affirmé sa volonté de se concentrer sur les défis sécuritaires et institutionnels du pays.
J’ai salué son humilité et l’ai remercié pour sa volonté de réforme et de restauration de la confiance entre l’État et les citoyens. +d’images
Ministre des Affaires étrangères
Entretien avec Joe Raggi, ministre des Affaires étrangères du Liban, en compagnie de Nadia Chaaya, depuis le ministère qui m’a permis d’avoir une vue d’ensemble sur le Sérail.
Les propos du ministre reflètent la volonté du Liban de renforcer sa souveraineté, de stabiliser la région et de s’engager activement dans la diplomatie internationale.
J’ai apprécié sa lucidité et sa fermeté, quand il a affirmé que la capacité du Liban à recevoir une aide internationale dépendait du désarmement du Hezbollah.
En effet, lors de mes échanges avec ses collègues situés dans les six pays du Golfe, si le sentiment général exprimé sur le nouveau gouvernement libanais est positif et nourrit l’espoir, les interrogations sur le futur du Liban et les doutes qui en découlent, confortent l’analyse de Joe Raggi lors de mes échanges avec ses collègues situés dans les six pays du Golfe. +d’images
Ministre de la justice – Députés – Rassemblement des dirigeants et chefs d’entreprise libanais (RDCL) – FMI
Très heureux de constater, avec Nadia Chaaya, les formidables progrès enregistrés depuis l’élection du président Joseph Aoun.
Merci à Carole et Nicolas Boukather, président du Rassemblement des Dirigeants et Chefs d’entreprise libanais (RDCL), pour avoir réuni des participants passionnants au cours d’un dîner privilégié pour évoquer la situation économique et sécuritaire. Ravi d’avoir pu suivre en direct certains échanges qui permettent d’appréhender les défis qui restent à surmonter dans les prochains mois pour le Liban.
Le Fonds monétaire international (FMI) a établi plusieurs attentes clés pour le Liban en 2025, conditionnant toute assistance financière à la mise en œuvre de réformes structurelles profondes. Le FMI insiste sur la nécessité de réformer en profondeur le système bancaire libanais, en particulier la Banque du Liban (BDL). Cela inclut la résolution des pertes accumulées, la protection des petits déposants et la mise en place d’une stratégie claire pour la restitution des dépôts.
La réforme du secret bancaire au Liban, adoptée quatre jours plus tôt par le Parlement libanais, constitue une avancée significative vers la transparence financière et la lutte contre la corruption.
Cette soirée m’a permis de saluer les efforts du ministre libanais de la Justice, Adel Nassar, qui ont rendu l’espoir aux familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth. Le ministre travaillait alors à son projet de loi visant à garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire qui devait être soumis au conseil des ministres la semaine suivante.
Le général Antoine Mansour, conseiller militaire et de sécurité du président Joseph Aoun, m’a permis d’appréhender la détermination du gouvernement afin que l’État dispose à terme du monopole sur les armes, pour garantir la souveraineté du pays.
Ces discussions ont parfaitement complété les informations recueillies lors de mes échanges dans les jours précédents avec des représentants des Forces libanaises, Dr. Ghada Ayoub, députée, Joe Gebeily, et Samy Gemayel, chef du parti Kataeb.
Merci à chacun pour avoir partagé leur regard sur l’évolution du Liban.
Ministère de la Santé publique – Marche contre le cancer
“Chaque pas fait la différence”
Pierre Anhoury, conseiller Expertise France, auprès de Son Excellence Dr Rayan Nasr El-Din, ministre de la Santé publique du Liban, m’a proposé de me joindre à la marche annuelle pour la sensibilisation au cancer du colon.
La prévention constitue une étape fondamentale dans cette lutte. Le cancer est un véritable fléau au pays du cèdre, où la population compte 70% de fumeurs. Le tabac coûte moins d’un dollar par paquet et les enfants commencent à fumer à 12 ans. Le pays enregistre une flambée de cancers du poumon et de la vessie. Au Liban, le cancer de la vessie arrive en 3eme position chez les femmes, alors qu’il ne pointe qu’au 12eme rang dans le monde.
Cette marche m’a permis d’échanger avec le ministre sur la situation politique et de le féliciter de poursuivre la mise en œuvre du plan cancer initié par son prédécesseur.
Parmi les participants également rencontrés, Dr Abdel-Nasser Abu Bakr, représentant de l’OMS au Liban ; Dr Arafat Tfayli, Pdt du Comité national du Cancer ; et Léa Moukanas, Pdte de l’association française Aida qu’elle a lancé à l’âge de 15 ans pour faire entrer la société civile dans l’hôpital. Après avoir mobilisé 85.000 jeunes pour l’action bénévole dans l’Hexagone, Léa lançait une branche de son association à Beyrouth.
Merci à Pierre de m’avoir sollicité pour soutenir toutes ces personnes engagées pour prévenir, traiter et guérir ce cancer du colon. +d’images
Patriarche d’Antioche et de l’Orient / Tripoli – Balamand
Rencontre privilégiée avec Sa Béatitude John X, Patriarche orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient, pour évoquer la situation en Syrie.
Le Patriarche m’a alerté sur les tensions auxquelles la communauté chrétienne de Syrie est soumise. Cette communauté doit être pleinement intégrée et ne pas se sentir menacée.
Le Patriarche est revenu sur sa rencontre récente à Damas avec Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Il a réitéré son appel pour que la France poursuive ses efforts en faveur de la paix et s’engage pour obtenir, du nouveau pouvoir, la garantie de respect de toutes les minorités établies en Syrie.
Merci au Dr Fadi Comair, professeur et membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, auteur du livre « Les chrétiens d’Orient, le Liban et les maronites », un destin de coexistence, d’avoir favorisé cette rencontre, et au président Elias Warrack de l’avoir initié. +d’images
Coopération
Agence française de développement (AFD)
Le conflit entre le Hezbollah et Israël a particulièrement fragilisé le Liban. Il a fait plus de 4000 victimes, plus de 16.000 blessés, 1,2 millions de déplacés et près de 100.000 logements détruits ou endommagés.
Neuf mois après mon précédent à Beyrouth (compte-rendu), je suis retourné dans les bureaux de l’AFD, accueilli par Anne Isambert, directrice adjointe, pour évaluer les actions récentes mises en œuvre par l’Agence dans ce contexte.
6,15 millions d’euros ont été engagés pour des réadaptations : Santé (1,7) ; Éducation (0,9) ; Eau (0,6) ; développement urbain (0,25) ; gouvernance (1,2) ; Agriculture (1,5).
Sur les 1,7 millions d’euros engagés pour la santé, 1 million a été consacré à l’hôpital Rafic Hariri, premier hôpital public du pays. +d’images
1ère journée mondiale de l’Eau de Balamand – Tripoli – Université de Balamand – Ministre de l’Énergie et de l’Eau
Très heureux d’avoir retrouvé Dr Fadi Comair, à son invitation, dans l’amphithéâtre de l’université de Balamand, située près de Tripoli au nord du Liban, afin de participer à l’ouverture de cette première journée mondiale de l’Eau, en qualité de Keynote speaker.
Je suis intervenu en présence de Joe Saddi, ministre de l’Énergie et de l’Eau du Liban ; du Dr Elias Warrack, président de l’université de Balamand et de prestigieux experts du monde de l’eau.
Dans son propos introductif, Fadi Comair, ancien directeur du ministère de l’Énergie et de l’Eau du Liban, a rappelé notre collaboration pour la création d’un centre aux métiers de l’eau (CIFME) au Liban, en 2015 (compte-rendu).
L’Eau constitue un enjeu stratégique pour la région.
Le dialogue entre les pays riverains aboutissant à des accords durables sur le partage équitable et l’utilisation raisonnable de la ressource, est considéré comme le seul moyen viable pour la résolution des conflits aux niveaux des bassins transfrontaliers.
Lors de mon discours, j’ai retracé une décennie d’actions dans le secteur de l’eau pour prolonger l’élan impulsé par l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, qui a été l’initiateur du projet régional de CIFME, labellisé par l’Union pour la Méditerranée. Puis, en qualité de membre du conseil d’administration de l’Agence française du développement (AFD), j’ai mis en avant l’action de l’agence pour accompagner le Liban, où le secteur de l’eau fait face à des défis techniques, institutionnels et commerciaux. + d’images
Propos tirés de mon discours : “L’AFD intervient depuis 1999, en appui à la rénovation des infrastructures et à la gouvernance, avec pour lignes directrices la gestion durable de la ressource et la promotion d’un service de qualité pour tous.
Sur fonds européens, l’AFD a soutenu la révision de la stratégie nationale et l’élaboration du plan de redressement du secteur.
Elle accompagne en outre le ministère et les établissements régionaux des eaux dans la mise en œuvre des réformes requises. lire la suite
UNHCR – Réfugiés syriens
Entretien avec Ivo Freijsen, représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Liban.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) intervient activement au Liban pour soutenir non seulement les réfugiés, mais aussi les communautés hôtes libanaises, particulièrement touchées par les crises économiques et humanitaires récentes.
La fin du régime Assad a suscité un espoir de retour chez de nombreux réfugiés syriens. Entre le 8 décembre 2024 et la mi-avril 2025, 142.955 réfugiés syriens sont retournés dans leur pays, auxquels s’ajoutent 97.021 syriens sortis des fichiers, comme présumés rentrés.
Malgré ces retours, de nombreux réfugiés hésitent à rentrer en Syrie. Seuls 24% des réfugiés syriens du Liban envisagent de rentrer dans les 12 mois.
Paradoxalement, malgré la chute du régime, de nouveaux réfugiés continuent d’arriver au Liban. Sur la période 8 décembre 2024 et la mi-avril 2025, 103.825 nouveaux réfugiés syriens ont été enregistrés.
L’UNHCR prévoit de faciliter le retour volontaire de 1,5 million de réfugiés syriens depuis les pays d’accueil, notamment le Liban, la Turquie et la Jordanie, au cours de l’année 2025 (437 226 retours enregistrés : au 17 avril 2025).
Pour atteindre ces objectifs, l’UNHCR a lancé un plan opérationnel nécessitant un financement de 575 millions de dollars pour ses programmes en Syrie en 2025. En janvier 2025, l’administration Trump a suspendu la majorité de l’aide étrangère pour une période de 90 jours via l’Executive Order 14169, affectant directement les financements de l’UNHCR. À ce jour, seuls 71 millions de dollars ont été engagés, mettant en péril la capacité de l’agence à soutenir les retours prévus.
Lors de mon premier déplacement à Beyrouth, en février 2015, j’avais déclaré aux médias : “Si nous avions accueilli autant de réfugiés syriens que le Liban au prorata de sa population, la France compterait 24 millions d’habitants de plus.”
Dix ans plus tard, avec environ 1,5 million de réfugiés syriens présents sur son territoire, le Liban accueille toujours l’une des plus fortes proportions de réfugiés par habitant au monde (25,4% de sa population). +d’images
Diplomatie économique
Chambre de commerce et d’industrie France-Liban
Merci à Maxence Duault, président de la Chambre de commerce et d’industrie France-Liban (CCIFL) d’avoir animé à mes côtés une réunion dans les locaux de l’ESA Business School.
À l’issue de mon déplacement dans les 6 pays du Golfe, nous sommes revenus sur les opportunités économiques offertes par une région en fort développement et les défis auxquels elle est confrontée.
J’ai également eu l’opportunité de revenir sur les textes européens adoptés en matière de cybersécurité et d’intelligence artificielle.
Très heureux d’avoir pu débattre de ces sujets et des priorités en matière de représentation des Français à l’étranger. +d’images
Devoir de mémoire
Byblos – Musée des Orphelins du Génocide arménien “aram bezikian”
Le musée des Orphelins du Génocide Arménien « Aram Bezikian » est un lieu de mémoire situé à Byblos (Jbeil), au Liban, dédié à la commémoration du génocide arménien de 1915 et à l’histoire des orphelins qui en ont survécu.
Inauguré en 2015 à l’occasion du centenaire du génocide, le musée se trouve dans l’ancien orphelinat arménien connu sous le nom de « Bird’s Nest ». Cet orphelinat, fondé en 1922 par la missionnaire danoise Maria Jacobsen, a accueilli des milliers d’enfants arméniens ayant survécu aux massacres perpétrés par l’Empire ottoman. Le musée a été financé par la famille Bezikian en hommage à Aram Bezikian, lui-même orphelin du génocide.
J’ai été profondément ému par ce musée. Ce témoignage permet de réaliser l’horreur subie par ces enfants et de saluer l’humanité de ceux qui les ont recueillis.
J’ai découvert ce lieu de mémoire grâce à Pierre Anhoury, qui a grandi auprès de Jija Mesropian, une de ces orphelines. Pierre a enregistré ses souvenirs lors d’un entretien intitulé “1915, j’avais 6 ans en Arménie”(vidéo).
Bouleversant. + d’images
Médias
MTV Liban
“Avec ce président et ce nouveau gouvernement, l’espoir existe”
À la faveur de cette nouvelle visite au Liban, Marianne Zouein, m’a interviewé pour MTV lors du journal de 19.45, le 27/04/25 (lien).
VERBATIM
Comment voyez-vous la situation au Liban ?
Il y a une grande attente évidemment sur les réformes économiques, mais on sait qu’il y a beaucoup de défis pour le gouvernement. Le Hezbollah a failli entraîner tout le Liban dans la guerre. Aujourd’hui, la question est qu’il y a eu un accord qui a été passé. Ce qu’il faut c’est que ça se concrétise. Il faut aussi un changement dans le fonctionnement politique, c’était les accords de Taëf.
Vous venez de visiter les six pays du Golfe, alors quelles opportunités pourraient-ils offrir au Liban et y-a-t-il des conditions ?
Ce que j’ai ressenti c’est qu’il y avait une inquiétude très forte que la fenêtre qui était ouverte puisse se refermer. Avec ce président, avec ce nouveau gouvernement, l’espoir existe. On peut le faire. Cependant, si le Hezbollah reste armé, qu’est-ce qui aura réellement changé ? Qu’est-ce qui vous prouve que si vous mettez de l’argent sur le Liban, dans trois mois, dans six mois, neuf mois, cela ne recommence pas ? Et donc à nouveau des destructions. La chance ne passe qu’une fois. Et donc, il faut savoir la saisir. Évidemment, il faut que ça vienne du Hezbollah, il faut qu’ils aient cette sagesse de couper le cordon.
Comment cette intention peut-elle devenir des actions concrètes ? Y-a-t-il un calendrier bien clair ?
On voit que les choses vont aller très vite. L’année prochaine, il y aura de nouvelles élections au Liban et donc dans quelques mois la campagne va redémarrer. Est-ce qu’on peut imaginer que cette campagne se fera avec un Hezbollah toujours armé ? Non. Évidemment. Il faut que ça aille très vite.
Vous avez toujours soutenu le besoin impératif pour la justice, pour les familles des victimes du port, alors quels changements voyez-vous aujourd’hui ?
J’ai vu des sourires sur des visages qui voulaient dire qu’il y avait un espoir, que la justice s’était remise en route, qu’il y avait un nouveau ministre de la Justice dont les premières décisions avaient entraîné de la confiance, qu’un juge recommençait son action.
Déroulé de mon activité aux côtés des élus lors de la semaine de 42e session l’Assemblée des Français de l’étranger.
DIMANCHE 9
Réunion des Indépendants
Comme à l’accoutumée avant chaque session, les élus du groupe Indépendants à l’AFE se réunissent au palais du Luxembourg pour préparer la session, autour de leur présidente Nadia Chaaya (Asie centrale et Moyen-Orient). Un moment essentiel pour partager les informations, coordonner les actions ou bien affiner les interventions qui auront lieu dès le lendemain.
LUNDI 10
Intervention du ministre Laurent Saint-Martin
En ouverture des travaux, Laurent Saint-Martin, ministre chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, a d’emblée tissé un lien de complicité en rappelant son propre parcours d’élu de terrain : député durant cinq ans et actuellement conseiller régional d’Île-de-France.
Il a souhaité que cette semaine aboutisse à des livrables concrets sur 3 grandes priorités.
> La sécurité des Français établis hors de France, incluant des mesures renforcées face aux menaces terroristes et aux violences intrafamiliales
> La modernisation de l’action consulaire, dont 7 chantiers principaux pour 2025 qui portent essentiellement sur la numérisation des procédures
> La protection sociale
Au premier jour des travaux, Nadia Chaaya (Asie centrale et Moyen-Orient) de la commission de Sécurité et des Risques sanitaires, a interpellé notre ministre Laurent Saint-Martin sur le rôle et la place des élus dans le dispositif de sécurité des Français dans le monde. « Il n’existe pas de plan global, chaque pays a ses pratiques » dit-elle, en réclamant un cadre réglementaire.
Le ministre n’a pas tergiversé en postulant qu’il faut que les élus soient pleinement associés aux comités de sécurité. Il a aussi invité les conseillers à lui remonter toutes « les bonnes pratiques » qu’ils ont pu identifier, par exemple « la meilleure façon de vous associer aux exercices annuels de gestion de crise que tous les postes doivent exercer au moins une fois par an ».
Par ailleurs, Nadia a prôné un « guichet unique » pour accompagner les Français de retour au pays. « Un vrai sujet de simplification que j’accueille très favorablement », a répondu le ministre.
Questions des indépendants / Stafe
En l’absence de Marie-Christine Haritçalde(Amérique latine et Caraïbes) retenue aux obsèques de Jean-Pierre Cantegrit, Richard Ortoli (États-Unis) lui a prêté sa voix pour réclamer un décret sur l’organisation du Stafe, Soutien du tissu associatif français à l’étranger, notamment pour fixer les critères de sélection et les prérogatives des élus. Dans une réponse à ma question écrite, le MEAE annonçait un décret de clarification en mars 2024. En octobre dernier, Benoit Mayrand (Europe centrale et orientale y compris la Russie) relançait le sujet. Mars 2025, toujours rien.
Cependant, Il a été proposé aux élus lors de la commission nationale du 8 mars dernier, d’expérimenter un nouveau dispositif visant à opérer « une déconcentration du processus de sélection des dossiers » en transférant l’instruction et la vérification à l’échelon local, soit au niveau des postes. De ce fait, la commission nationale n’aurait qu’un rôle de contrôle a posteriori, a signifié la directrice de la DFAE, Pauline Carmona, précisant que le dispositif sera entériné par décret en juin, après la « recherche d’un consensus », auquel elle est très attachée. Même son de cloche de la part du ministre Saint-Martin lui aussi favorable à la déconcentration afin que les décisions se prennent « au niveau local, au plus proche du terrain ».
Lancement des Assises protection sociale
En octobre 2023, avec ma collègue Olivia Richard et plusieurs autres parlementaires des Français de l’étranger, nous avions cosigné une tribune appelant à l’organisation d’Assises de la protection sociale des Françaises et Français de l’étranger.
Ces Assises ont vu le jour lors la 42e session de l’AFE, lancées officiellement par Laurent Saint-Martin, Pauline Carmona, directrice de la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE) et Isabelle Frej, présidente de la CFE et son directeur, Éric Pavy.
C’est à la demande du gouvernement que l’AFE organisera, de mars à octobre 2025, une réflexion participative dans le but de produire des recommandations pour améliorer les dispositifs existants (voir le site).
Ces Assises s’articuleront autour de trois thématiques principales :
• Les bourses scolaires (AEFE et accompagnement des élèves en situation de handicap)
• Les aides sociales directes et le soutien aux Organismes Locaux d’Entraide et de Solidarité (OLES)
• L’avenir de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE).
Lors de cette séquence, Radya Rahal (Afrique du nord) est intervenue dans les débats pour pointer le manque de transparence de l’autorité de tutelle de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) dans l’information qu’elle donne au conseil d’administration de cette Caisse.
Hommage
Jean-Pierre Cantegrit s’est éteint à l’âge de 91 ans. Il aura défendu opiniâtrement les intérêts des Français de l’étranger au Sénat de 1977 à 2017. Son grand leg politique aura été la création de la Caisse des Français de l’étranger, dont il a été le président durant 35 années. Lire l’hommage.
J’ai quitté les travaux de l’AFE, le 10 mars, pour assister à ses obsèques, accompagné des anciens élus AFE du groupe UDIL : Marie-Christine Haritçalde (Amérique latine et Caraïbes), Thierry Consigny (Asie et Océanie), Nadine Pripp (Suède) et Madeleine Ben-Naceur (Tunisie).
Cette 42e session de l’AFE fut aussi endeuillée par la disparition tragique de Dimitri Weiler, conseiller du commerce extérieur, membre actif de la communauté française du Chili. Merci à notre ministre d’avoir proposé sa nomination à l’Ordre national du Mérite à titre posthume. Lire l’hommage.
La cybersécurité au service des Français de l’étranger
J’ai participé à deux auditions successives, ce 10 mars, à l’invitation de la commission de Sécurité et des Risques sanitaires de l’AFE.
1. Audition Cybermenaces Aux côtés de ma collègue Hélène Conway-Mouret, nous avons livré un panorama international des cybermenaces, ingérences étrangères et campagnes de désinformation, en présentant les travaux parlementaires en cours pour hausser le niveau de cybersécurité de nos citoyens et de nos organisations. Compte-rendu 2. Audition 17 Cyber : vers un dépôt de plainte en ligne Très heureux que la commission ait décidé de m’auditionner en compagnie de Jérôme Notin, directeur général du GIP ACYMA, qui est venu faire la démonstration du dispositif 17cyber.gouv.fr, lancé le 17 décembre 2024 et dont je le remercie de m’en attribuer la paternité dès qu’il en a l’occasion. Compte-rendu
Cocktail au Quai d’Orsay
Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, a convié les élus de l’AFE et les parlementaires représentant les Français de l’étranger pour un moment d’échange privilégié.
Une soirée de détente bienvenue après cette première journée extrêmement dense, mais néanmoins stimulante pour l’esprit à cause du croisement des opinions et des expériences de la part des élus de terrain.
MERCREDI 12
Soirée « vino-diplomatie »
Vino-diplomatie, l’expression a fait florès, ce 12 mars, auprès d’un parterre d’élus des Français de l’étranger que j’ai réunis au Sénat pour découvrir l’initiative de Vincent Sicet, conseiller des Français de l’étranger pour le Pérou, qui a créé, à Lima, la première Commanderie des vins de Bordeaux d’Amérique du Sud, en novembre dernier. Laurent Saint-Martin, ministre délégué en charge du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, qui m’a fait l’honneur de sa présence. Compte-rendu
JEUDI 13
Palmes de l’enseignement français à l’étranger
La première édition des Palmes de l’enseignement français à l’étranger s’est tenue le 13 mars, sous le haut patronage du Président de la République, dans le Grand amphithéâtre de la Sorbonne. Les élus de l’AFE se sont rendus en nombre à cet événement que nous devons à l’initiative de ma collègue Samantha Cazebonne que je remercie de son invitation.
Les lauréats peuvent être des enseignants, des personnels, des groupes d’élèves et des associations de parents d’élèves. Il était temps de mettre en valeur le travail, les réussites et les innovations de tous ces acteurs du réseau.
Liste des Lauréats : LIEN – Revivre la soirée : LIEN (vidéo)
VENDREDI 14
Violences intra-familiales
Dans la matinée du dernier jour de la session, nous avons assisté à la signature d’une convention tripartite entre le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le ministère chargé de l’Égalité Femmes-Hommes et la plateforme Save You, créée par Priscilla Routier.
Signataire de l’accord, Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a plusieurs fois cité ma collègue Olivia Richard pour sa contribution à l’officialisation d’un dispositif qui garantit la sécurité des familles françaises établies hors de France, victimes de violences conjugales et/ou intrafamiliales. Notons que la plateforme Save You est déjà référencée sur les sites des ambassades et consulats français.
Olivia Richard avait alerté nos autorité sur « le chiffre noir » des victimes de violence à l’étranger au sein de leur environnement familial.
Intervention de la directrice Pauline Carmona
La directrice de la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE), Pauline Carmona a commencé par un point chiffré de l’année écoulée, en abordant le traitement des passeports, la prise de rendez-vous, les tournées consulaires, la politique des visas, la remise de titres.
La directrice a ensuite annoncé ses perspectives de travail pour 2025 qui concernent : la plate-forme France consulaire qui va intégrer des modules d’IA pour améliorer la prise en charge des usagers ; la dématérialisation du processus électoral ; la simplification des formalités administratives, grâce à deux innovations : le paiement par timbre électronique des droits de chancellerie pour passeport et CNI, ainsi que l’accès au système de pré-demande en ligne pour les Français de l’étranger de l’ANTS pour les passeport et CNI ; les pistes de travail pour inciter à s’inscrire au Registre ; le renouvèlement des passeports à distance ; l’expérimentation de la procédure de certification de l’identité numérique ; le vote par internet ; le Registre d’état civil électronique (RECE) délivrant des extraits et copies d’actes ; les dispositifs d’accompagnement et de solidarité ; l’évolution prochaine du Stafe.
Mme Carmona a terminé par un exposé sur la stratégie et la méthode de travail de la DFAE, ainsi que les relations de travail entre l’administration et l’AFE. Vidéo de l’intervention
Cybersécurité
Geneviève Suberville (Amérique latine et Caraïbes) a réalisé un excellent compte-rendu de l’audition « 17Cyber », à laquelle j’ai participé avec Jérôme Notin. La résolution qui vise à permettre aux Français établis hors de France d’accéder au service de plainte en ligne, sans restriction géographique, a été adoptée à l’unanimité par l’AFE. Une résolution qui a reçu l’approbation du ministre Saint-Martin.
Toute mes félicitations à la commission de Sécurité et des Risques sanitaires, présidée par Catya Martin (Asie et Océanie) et, en particulier, à Nadia Chaaya (Asie centrale et Moyen-Orient) pour qui la sécurité est une préoccupation constante, ainsi qu’à Thierry Consigny (Asie et Océanie) qui a été l’artisan de ces auditions. En savoir plus
Dématérialisation
En fin de session, la parole fut donnée aux présidents de groupe. A la tête de la commission des Lois, Rosiane Houngbo Monteverde (Asie centrale et Moyen-Orient) a chaleureusement remercié les organisateurs du déplacement à Nantes (le 11 mars), où la délégation d’élus a observé des avancées en termes de dématérialisation qui avaient été demandées, en leur temps, par l’AFE. L’occasion pour Rosiane d’évoquer la problématique des Cerfa, qu’il est urgent de mettre en adéquation avec les réalités pour ne pas priver certains concitoyens de leurs droits ou prestations.
Conclusion : un nouvel élan
On se souviendra de la 42e session de l’Assemblée des Français de l’étranger comme d’un grand cru. Laurent Saint-Martin et Pauline Carmona ont manifestement apporté une sève nouvelle à ces travaux biannuels. Ils ont le même style projectif, intériorisant leurs objectifs et priorités et se montrant personnellement comptable de chaque avancée ou retard. De leur côté, les élus ressentent nettement qu’ils sont entendus, respectés et surtout légitimés sur le terrain dans toutes les missions qui leur reviennent de droit et de fait. Le duo Carmona/Saint-Martin veut s’adresser à des élus reconnus et confiants, meilleur gage de leur engagement au service de nos communautés.
J’adresse mes plus chaleureuses félicitations à Joseph Aoun, élu président de la République libanaise, ce 9 janvier.
Fort du respect qu’il inspire au Liban et à l’international, il incarne l’espoir pour tout un peuple de retrouver un état souverain, un état de droit et le rétablissement de la situation économique et financière.
J’ai toujours été convaincu que le commandant en chef de l’armée libanaise était le candidat idéal. Si le Liban est encore debout, c’est grâce à lui et son armée multi-confessionnelle.
J’ai été très heureux d’avoir eu l’opportunité de revoir Joseph Aoun à Beyrouth, en juillet dernier, lors d’un entretien privilégié obtenu par Nadia Chaaya, conseillère AFE. Ses propos clairs, précis et concis sur les défis à relever démontraient qu’il avait la stature d’un homme d’État.
Le nouveau président libanais a déclaré, lors de son premier discours au Parlement qui l’a élu (99 voix sur 128 députés), que son élection marquait le début d’une « nouvelle ère » de l’histoire du pays.
Je me joins aux voeux de notre diplomatie, souhaitant que Joseph Aoun devienne le porteur d’avenir pour les Libanais.
Espionnage, hacking, tentative de recrutement, la Chine et la Russie sont les fers de lance d’une guerre hybride menée contre nos intérêts.
Cette vidéo d’une minute réalisée par Public Sénat témoigne de l’ampleur de la menace qui pèse sur les démocraties.
Si les élus sont une cible de choix comme le révèle le reportage, d’autres professions ne sont pas en reste : diplomates, hauts fonctionnaires, journalistes, chercheurs, entrepreneurs…
Ce remarquable travail de Public Sénat est susceptible de contribuer à une prise de conscience collective de cette situation, afin que fidèle à la devise des lumières, chacun aie le courage de se servir de sa propre intelligence pour résister au chant des sirènes et ne pas tomber dans les pièges des régimes autocratiques.
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . PLF 2025 – Audition de Jean-Noël Barrot . Conférence Liban (1/2) – Situation géopolitique & soutien à la population . Conférence Liban (2/2) – Message de Sophie Primas à nos ressortissants . 41e Session de l’AFE – Ouverture / Intervention de Sophie Primas . 41e Session de l’AFE – Intervention du groupe Les Indépendants . L’ANEFE auditionnée par le Sénat et l’AFE . 41e Session de l’AFE – Pauline Carmona clôture les travaux . Une BD qui raconte la Francophonie !
EN CIRCONSCRIPTION
> DANEMARK – Copenhague (26-27 sept. 2024)
> ÉTATS-UNIS (1/3) – Los Angeles (4-6 oct. 2024)
> ÉTATS-UNIS (2/3) – San Diego (7-8 oct. 2024)
> ÉTATS-UNIS (3/3) – San Francisco (9-11 oct. 2024)
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Taïwan – Réception de Tsai Ing-wen, ancienne présidente . Taïwan – A quand la visite d’un ministre français ?
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ . Cyber Task Force : “Comment réussir la transposition NIS2 ?” . Euro-Atlantic Resilience Forum 2024 – Il n’y a pas de canon pour détruire un mensonge . CyberSécurité – Le « 17 Cyber » sur la rampe de lancement
MÉDIAS . Olivier Cadic : “le Hezbollah entraîne les Libanais dans une guerre contre leur gré” (LePetitJournal.com – 29 oct. 2024) . “Russie, Chine : comment ils attaquent nos démocraties” (Public Sénat – 22 oct. 2024) . “CyberTaskForce : face aux cybermenaces pour la sécurité nationale, un projet de loi NIS 2 jugé brouillon” (The Epoch Times – 20 oct. 2024) . « Ingérences étrangères, des élus pris pour cibles » (Public Sénat – 19 oct. 2024) . Olivier Cadic : « Après la mort du chef du Hamas, il faut trouver une issue au conflit » (Public Sénat – 18 oct. 2024)
LePetitJournal.com : « Lors d’un entretien avec lepetitjournal.com, Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France, évoque l’actualité internationale, la crise au Liban et les enjeux des ingérences étrangères. Il attend notamment que “le Liban élise enfin son président, se dote d’un nouveau gouvernement, d’un système transparent et d’une justice indépendante”. Au cours de cet entretien, le Sénateur nous parle aussi des initiatives en faveur des Français de l’étranger, comme la dématérialisation des procédures d’état civil et le développement du service France Consulaire »…
Merci au média LePetitJournal.com qui m’a proposé de faire un tour d’horizon de mes travaux, prises de position et déplacements depuis la rentrée. J’ai ainsi répondu aux questions suivantes de Jean Bodéré :
. Que pensez-vous du gouvernement nommé en septembre 2024 par Michel Barnier ?
. Quel est votre avis sur la nomination de Sophie Primas en tant que ministre déléguée au Commerce Extérieur et aux Français de l’étranger ?
. Lors de la 41ème session de l’AFE, Sophie Primas a dévoilé ses priorités concernant les Français de l’étranger.
– Parmi elles, il y a notamment la dématérialisation des documents d’état civil et de la procédure de renouvellement des passeports sans comparution (en test au Portugal et Canada). Que vont apporter ces projets dans la vie des Français de l’étranger ?
– Il y a aussi une ambition d’étendre le Service France Consulaire. Pouvez-vous nous rappeler quelle est l’utilité de ce service pour les Français de l’étranger ?
. Vous prenez régulièrement la parole sur l’absence de liberté et d’indépendance du Liban et suivez de près la situation de nos ressortissants dans le pays. Comment jugez-vous l’évolution de la situation au Liban et qu’avez-vous à dire aux Français présents au Liban ? Comment les accompagner dans un contexte de conflit ?
. Vous avez débattu et défendu la proposition de loi visant à prévenir les ingérences étrangères en France. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs les enjeux d’un tel texte ?
. Vous avez effectué un déplacement en Lituanie en septembre 2024, à l’heure où la saison de la Lituanie a lieu. Quelles sont les problématiques mais aussi les initiatives qui vous ont marquée ?
. Vous vous caractérisez comme Sénateur entrepreneur. Justement que pensez-vous des réflexions autour d’un statut spécifique pour les entrepreneurs français à l’étranger ?
. Avez-vous un message particulier pour nos lecteurs lepetitjournal.com ?
« Votre sécurité est notre priorité ». Sophie Primas, ministre déléguée chargée du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, a adressé un message vidéo aux Français du Liban, projeté en ouverture de la conférence que j’organisais, ce 15 octobre, en soutien à la population libanaise (vidéo).
Je remercie vivement notre ministre de son attention. Quelque 22.000 ressortissants français sont installés au Pays du Cèdre. Notre ministre a personnellement accueilli certains d’entre-eux à leur arrivée à Roissy. Mais, pour l’instant, une évacuation n’est pas d’actualité, a-t-elle précisé.
Elle a évoqué l’initiative du président de la République d’organiser une conférence le 24 octobre à Paris pour mobiliser la communauté internationale, afin de faire cesser les hostilités et adopter un règlement diplomatique du conflit.