Six ans après l’explosion du port de Beyrouth, mes pensées les plus sincères vont aux victimes et à leurs familles.
Au fil des années, j’ai eu le privilège de rencontrer nombre d’entre elles. Derrière chaque nom, il y a un visage, une histoire, une vie brisée. Leur dignité dans l’épreuve et leur détermination à obtenir la vérité et la justice inspirent le plus profond respect.
Aucune nation ne peut se reconstruire durablement sans vérité ni sans justice. Puissent les responsables de cette tragédie enfin répondre de leurs actes.
Merci à Nadia Chaaya, conseillère des Français de l’étranger pour le Liban et la Syrie, pour son engagement sans relâche auprès des familles, afin que leur combat ne soit jamais oublié et que la justice passe enfin. +d’images
À l’invitation de Gérard Larcher, président du Sénat, et de Youssef Raggi, ministre libanais des Affaires étrangères et des Émigrés, j’ai participé au Sénat, le 15 juillet, à la Conférence de solidarité avec le Liban : les collectivités territoriales au cœur du partenariat franco-libanais, , en présence de SEM Rabih El Chaer, ambassadeur du Liban en France..
J’ai été ravi de retrouver Youssef Raggi, ainsi que Ahmad Hajjar, ministre de l’Intérieur et des Municipalités, que j’avais rencontrés à Beyrouth en février dernier, aux côtés de Nadia Chaaya, conseillère des Français de l’étranger Liban, Syrie.
En ouvrant cette conférence, Gérard Larcher, qui s’est rendu 37 fois au Liban, a rappelé que son objectif était de « galvaniser les énergies ». Citant Jean-Paul II, il a également rappelé que « le Liban est plus qu’un pays, il est un message ».
Avec le ministre Youssef Raggi
Le discours de Youssef Raggi a porté une vision ambitieuse : reconstruire un Liban gouverné par des institutions fortes, maître de ses décisions et pleinement souverain, notamment à travers le désarmement du Hezbollah (lire le discours).
À l’heure où les équilibres géopolitiques se déplacent, le ministre a souligné que la Méditerranée redevient un centre, conférant à la France et au Liban une responsabilité particulière pour bâtir une région où les institutions prévalent sur les logiques de puissance.
Cette ambition passe par une redéfinition de l’État libanais : restaurer son autorité sur l’ensemble du territoire, mettre fin aux structures échappant à son contrôle, tout en rappelant que l’occupation d’une partie du territoire fragilise durablement les institutions.
Le ministre Ahmad Hajjar
Le ministre Ahmad Hajjar a, pour sa part, rappelé les avancées réalisées, notamment avec la tenue des élections municipales, et réaffirmé la volonté des autorités d’étendre progressivement l’autorité de l’État à l’ensemble du territoire.
La table ronde, animée par Christine Lavarde, présidente du groupe d’amitié France-Liban, a réuni a réuni Renaud Muselier, président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur ; Joseph Maïla, sociologue et professeur d’université ; Zahi Chahine, directeur national de la cellule de gestion des catastrophes du Liban ; et Antoine Chaaya, directeur de Renzo Piano Building Workshop.
Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger et Tanya Saadé Zeenny, présidente de la fondation CMA-CGM ont adressé un message vidéo pour la circonstance.
Les échanges ont illustré l’engagement des collectivités territoriales, des acteurs économiques et de la société civile aux côtés du Liban.
Dans une région en pleine recomposition, cette conférence a rappelé que la solidarité franco-libanaise ne consiste plus seulement à accompagner un pays en crise, mais à soutenir l’émergence d’un État pleinement souverain, capable d’assurer lui-même son avenir.
Ce 8 avril, j’ai eu le plaisir de retrouver au Sénat le Dr Pierre Anhoury, expert technique international (ETI) d’Expertise France (groupe AFD) et conseiller du ministre libanais de la Santé, venu en France participer au ONE HEALTH SUMMIT.
Habitués à échanger à Beyrouth en présence de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient, nous avons poursuivi un dialogue engagé de longue date, dans un contexte toujours plus préoccupant.
Pierre porte actuellement deux priorités majeures. La première est la gestion d’un financement de la Banque mondiale via le Pandemic Fund pour atteindre les 30 millions de dollars, nécessaires au déploiement du programme ONE HEALTH Liban.
Cette approche intégrée vise à traiter ensemble la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale : pollution atmosphérique liée aux générateurs, risques agroalimentaires aggravés par l’usage de bombes au phosphore, renforcement des contrôles vétérinaires dans le sud du pays, et maintien de capacités de laboratoire en temps de guerre.
La seconde priorité porte sur la coordination de l’aide internationale vers le Liban, avec un dispositif logistique piloté par le Centre de Crise et de sécurité (CDCS) et un acheminement centralisé via un avion cargo de 60 tonnes opéré par CMA CGM.
Le jour même de notre échange, plus de 100 frappes simultanées faisaient 254 morts et plus de 1 100 blessés. Les hôpitaux, appuyés par la Croix-Rouge, restent opérationnels et contribuent à la résilience du Liban.
Pierre plaide pour l’obtention d’un poste de secours mobile (PSM) auprès du CDCS, capable de traiter jusqu’à 500 blessés de guerre. Il sera bientôt livré.
Avec les derniers vols humanitaires de ces derniers jours, la France dépasse largement les 100 tonnes de dons.
Le 1er avril, j’ai rencontré Martin Briens, récemment nommé secrétaire général, au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, accompagné de Maxime Duda, pour évoquer plusieurs dossiers concernant nos compatriotes à l’étranger.
Cette rencontre, promise par sa prédécesseure Anne-Marie Descôtes lors de son audition devant notre commission au Sénat (compte-rendu du 12 nov. 2025) avait pour objet principal le projet immobilier relatif à la vente du consulat d’Agadir. J’y ai relayé les préoccupations exprimées par les conseillers des Français de l’étranger, Jean-Claude Rozier et Nadia Fehmi Taghi, ainsi que par notre communauté, face à la cession d’un bien appartenant à l’État au profit d’un transfert sur le site de l’Institut français (compte-rendu du déplacement à Agadir : 22-25 juil. 2025).
Ce projet suscite aujourd’hui une opposition unanime sur le terrain, dans un contexte de manque de transparence et d’incertitudes sur la stratégie d’avenir de l’Institut.
Nous avons également abordé la situation au Liban, à la suite de l’interpellation de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, notamment sur la situation préoccupante des villages chrétiens du sud.
Enfin, j’ai évoqué les écoles françaises en Turquie, après mon déplacement à Istanbul en compagnie de Florence Ogutgen, conseillère des Français de l’étranger. L’élue m’a mobilisé sur la nécessité d’obtenir un accord intergouvernemental pour sécuriser durablement leur avenir.
Mon rôle est de porter ces préoccupations de terrain au plus haut niveau de l’État pour obtenir des réponses claires et des solutions concrètes.
Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée : une certaine idée de la diplomatie française
Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,
Au Moyen-Orient, les lignes bougent, les alliances se font et se défont, et les certitudes d’hier vacillent sous le poids des crises successives. Dans ce tumulte stratégique, une évidence s’impose : la force ne suffit pas à garantir la stabilité, pas plus qu’elle n’assure la fidélité des partenaires.
La France, forte de son histoire et de sa diplomatie, incarne une autre voie. Une voie fondée sur la constance, la parole tenue et le respect des engagements. Cette « bonne renommée », elle ne la doit pas aux déclarations, mais aux actes. Qu’il s’agisse de contribuer à la sécurité des Émirats arabes unis, du Koweït ou encore de Chypre, notre pays a su démontrer qu’il répond présent lorsque ses partenaires en ont besoin.
Cette ligne est aujourd’hui portée au plus haut niveau de l’État. Le Président de la République et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères incarnent une diplomatie française fidèle à une certaine idée de la prévisibilité : celle d’un pays qui ne cède ni aux revirements opportunistes ni aux injonctions du moment, mais qui s’inscrit dans la durée et la cohérence.
Cette fiabilité est un capital stratégique. Dans une région marquée par la défiance, elle distingue la France de puissances dont le soutien peut apparaître conditionnel, soumis à des intérêts immédiats ou à des exigences d’alignement. Être allié ne signifie pas être dépendant : c’est précisément cette nuance qui fonde la crédibilité française.
Mais cette crédibilité engage. Elle nous oblige. Aujourd’hui, la situation au Liban en est l’illustration la plus exigeante.
Face à l’emprise du Hezbollah et au risque d’effondrement durable de l’État libanais, la question n’est pas seulement régionale : elle touche directement à la parole de la France. Car le Liban n’est pas un partenaire parmi d’autres ; il est un pays avec lequel nous entretenons des liens historiques, politiques et humains singuliers.
Dès lors, notre capacité à contribuer à sa stabilité, à soutenir ses institutions et à défendre sa souveraineté est observée avec attention. Elle conditionne, en partie, la confiance que d’autres partenaires placent en nous.
Dans un monde où la puissance s’affiche souvent en démonstration de force, la France rappelle qu’elle se mesure aussi à la fidélité de ses engagements. Car, plus que jamais, une bonne renommée vaut mieux que toutes les ceintures dorées.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
A LA UNE . Art. 50-1 – Situation au Proche et Moyen-Orient
HOMMAGE . Décès de Karine Buisset, UNICEF . Mort de l’adjudant-chef Frion
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Moyen-Orient : réunion de crise au Quai d’Orsay pour la sécurité des Français de l’étranger . Moyen-Orient – Numéros d’urgence . AFE – Sécurité des Français de l’étranger : Nadia Chaaya plaide pour le renforcement du dispositif « triple A » . AFE – Pauline Carmona salue la mobilisation des élus et détaille la modernisation du réseau consulaire . Direction générale de la mondialisation (DGM) – Enseignement français à l’étranger . FIAFE – AG 2026 . Divorces franco-irlandais : mieux protéger le conjoint vulnérable – Question écrite . Des enjeux très concrets pour nos compatriotes d’Irlande . Légion d’honneur : Hélène Roos distinguée au Quai d’Orsay
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Guerre au Moyen-Orient : quels scénarios pour la suite ? . Enjeux stratégiques de la mer Noire
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA . ANSSI : l’argent public au service de quelle stratégie cyber ? . 17Cyber – Les Français de l’étranger oubliés du dispositif ? . Il y a deux ans, l’IPAC apprenait que le groupe de hackers chinois APT31 avait ciblé son réseau . “NIS2 : pourquoi le gros sujet des backdoors bloque la transposition du texte” – (ZDNet) . “La DGSI accusée de bloquer l’adoption d’une loi renforçant la cybersécurité” – (NEXT)
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . Le Sénat facilite l’exercice des médecins formés au Royaume-Uni . GIA France-Pays du Golfe – Communiqué de presse . GIA Pays du Golfe – Arabie Saoudite – Koweït – Fêtes nationales . Liban – Ambassadeur . Chambres de commerce et d’industrie de la France à l’international (CCIFI) – Frédéric Sanchez . Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) – Jean-Jacques Santini . Business France – Directeur général par intérim – Benoît Trivulce . Grand Maître de la Grande Loge de France (GLDF)
MÉDIAS . Olivier Cadic : “Ce ne sont pas les Libanais qui ont décidé de créer le conflit avec Israël, ce sont bien les Gardiens de la Révolution” (Public Sénat – 25 mars 2026 – Vidéo 1’50) . “Ukraine, Levant, mer de Chine : penser l’engrenage mondial” (Tribune – infolettre UDI) . “Le sénateur Cadic : les pays du Golfe font preuve d’une grande résilience et maîtrise face à la crise” (Arab News, 13/03/2026) . Olivier Cadic : “La question c’est d’affaiblir l’Iran et de s’en prendre à la tête de la pieuvre” (Public Sénat – 5 mars 2026 – Vidéo 24m)
Notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a auditionné, le 1er avril 2026, Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde, sur le thème : Quelles priorités pour France Médias Monde en 2026 ?
Dans un monde traversé par les crises, le réarmement conventionnel doit s’accompagner d’un réarmement informationnel afin de faire face aux situations de guerre hybride. France Médias Monde est en première ligne pour lutter contre les stratégies de déstabilisation, qu’il s’agisse de l’influence russe en Afrique, de l’accès à une information indépendante en Russie ou encore du renforcement de sa présence au Proche-Orient, grâce au développement de son hub de Beyrouth.
À ce titre, j’ai salué l’engagement des équipes de France Médias Monde à Beyrouth et le rôle stratégique de ce hub numérique, tout en exprimant mon inquiétude face aux menaces (cyberattaques et pressions) et en interrogeant les conditions d’exercice de la liberté de la presse au Liban, ainsi que les stratégies de désinformation.
VERBATIM de mon intervention
Merci beaucoup pour vos propos, Madame la Présidente.
Pour ma part, je tiens à saluer justement l’engagement remarquable des équipes de France Médias Monde, en particulier celles basées à Beyrouth, que j’ai eu l’occasion, vous l’avez mentionné, de rencontrer mi-février en compagnie de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient, et Maxence Duault, directeur général de l’ESA Liban, qui vous héberge.
Cette rédaction incarne pleinement l’ambition d’une information de proximité, indépendante et en langue arabe au service des publics de la région. Je souhaite saluer leur courage et leur adresser, de la part de notre groupe Union centriste, tout notre soutien. L’ouverture récente de ce hub numérique constitue à cet égard une avancée stratégique majeure pour renforcer les offres de France24 au Moyen-Orient.
Mais cette présence s’exerce dans un contexte préoccupant. Les cyberattaques récentes visant MTV Liban rappellent la vulnérabilité des médias face aux menaces numériques, vous l’avez mentionné. À cela s’ajoutent des pressions et des menaces physiques croissantes à l’encontre des journalistes au Liban, fragilisant l’exercice de la liberté de la presse. Dans ce contexte, l’engagement de France Médias Monde à Beyrouth est essentiel et appelle notre vigilance collective.
Comment France Médias Monde évalue-t-il aujourd’hui l’évolution des conditions d’exercice du journalisme au Liban ?
Vous avez évoqué la guerre de l’information contre les démocraties menées par certaines puissances comme la Russie ou la Chine, avec des budgets considérables, vous l’avez rappelé. Quels sont les principaux modes opératoires de désinformation que vous observez actuellement ? Merci.
Ce 25 mars, intervention au nom du groupe Union centriste, dans le cadre de la “déclaration du Gouvernement, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, portant sur la situation au Proche et Moyen-Orient”.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, s’est exprimé au nom du gouvernement.
Face à l’escalade au Moyen-Orient, j’ai alerté sur un basculement stratégique majeur, dénoncé le rôle déstabilisateur de l’Iran et appelé la France à une réponse claire pour défendre la souveraineté du Liban face au Hezbollah qui n’est pas un acteur libanais. Au cœur de la crise, nos compatriotes au Moyen-Orient s’organisent et s’entraident. Ils sont une force pour la France qui est pleinement mobilisée à leurs côtés.
Lors de la séance de questions d’actualité au Gouvernement (QAG) du 25 mars, la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences économiques ont dominé les échanges.
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a notamment été interrogé sur la situation au Liban, alors que les bombardements israéliens contre le Hezbollah au sud se poursuivent. À l’issue de la séance, j’ai été invité sur le plateau de Public Sénat pour analyser la situation au Liban, où je m’étais rendu mi-février, et réagir aux propos de Jean-Noël Barrot.
Voir également mon intervention, le soir même, au nom du groupe Union centriste, dans le cadre du débat sur la situation au Proche et Moyen-Orient (article 50-1). VIDÉO
VERBATIM
Tâm Tran Huy – Benjamin Netanyahou affirme qu’Israël est en train d’élargir, je le cite, sa zone tampon au Liban. Olivier Cadic, un dernier mot sur le Liban ?
Olivier Cadic – J’étais au Liban il y a un mois. J’ai rencontré le président Joseph Aoun, qui me disait que, effectivement, l’action de désarmement du Hezbollah était en cours. C’est aussi ce que me disait notre ambassadeur, Hervé Magro. Force est de constater que ce n’est pas le cas, que le Hezbollah est très armé et tout à fait prêt à mener la guerre.
On sait maintenant que ce ne sont pas des Libanais, ce sont les Gardiens de la Révolution qui sont sur le terrain. Actuellement, au nord de la frontière israélienne, au Sud-Liban, ce sont vraiment les Gardiens de la Révolution qui sont au contact avec les forces israéliennes.
Et, encore une fois, ce à quoi nous avons à faire : ce ne sont pas les Libanais qui ont décidé de créer le conflit avec Israël, ce sont bien les Gardiens de la Révolution qui se sont mis à attaquer Israël. C’est cela la situation. Effectivement, Israël est en train de réagir et ce qui gêne beaucoup les Libanais, c’est qu’ils sont confrontés chez eux avec le Hezbollah, qui est à la fois politique, qui siège au niveau du gouvernement, qui siège dans le parlement et qui, en même temps, déclare la guerre à leurs voisins sans simplement en référer ni au gouvernement ni au Parlement. Ils se mettent hors la loi. Le ministre de la Justice libanais a d’ailleurs considéré qu’ils devaient être poursuivis pour sédition. Et l’action de Joe Raggi, le ministre des Affaires étrangères, est véritablement ultra-courageuse de dire que maintenant, cela suffit au nom du Premier ministre et du Président, de dire que l’ambassadeur d’Iran doit être persona non grata. C’est un vrai progrès et je suis ravi que notre ministre l’ait souligné.
En compagnie de Jean-Baptiste Faivre, chargé d’affaires français en Syrie, de Henri d’Aragon, son adjoint, et de Nadia Chaaya, conseillère élue à l’Assemblée des Français de l’étranger pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, et administratrice de l’ANEFE, je me suis rendu une journée à Damas pour évaluer les enjeux pour la France dans la Syrie du nouveau régime.
Après 50 ans de dictature et 11 ans de guerre, la diversité religieuse et culturelle a été profondément fragilisée.
Il était essentiel de rencontrer les communautés locales et de leur montrer que la France reste à leurs côtés. Cette visite m’a permis de constater les effets encore visibles des destructions, d’observer que des chantiers de reconstruction étaient en cours, et de traverser la vieille ville.
L’un des objectifs principaux de ce déplacement était de visiter le lycée Charles de Gaulle de Damas, qui fait partie de l’ANEFE, de mieux comprendre la situation éducative et le rôle des écoles françaises et chrétiennes.
Ces établissements constituent un vecteur important de transmission culturelle et de dialogue, tout en contribuant à la résilience des communautés.
Les échanges avec les acteurs locaux ont été précieux pour apprécier les besoins concrets et orienter l’action de la France dans le soutien aux minorités et à l’éducation francophone.
Je remercie Jean-Baptiste Faivre d’avoir favorisé ce premier déplacement en Syrie et l’équipe qui a assuré notre sécurité. +d’images
Enseignement
Lycée Français Charles de Gaulle de Damas (LFCDG)
Bénéficiaire d’un soutien crucial de l’ANEFE, la visite du LFCDG constituait l’objectif principal de cette première visite en Syrie.
Je remercie Nadine Chaoui, présidente de l’APE, Fadi Achi, trésorier, les membres du conseil d’administration et Bernard Roche, proviseur du Lycée français Charles de Gaulle de Damas (LFCDG) pour la qualité de leur accueil.
Avec 496 élèves en 2025, dont 13% de Français, le LFCDG reste un bastion de la francophonie dans un contexte complexe. Les locaux, impeccablement entretenus, reflètent la détermination de toute une communauté éducative.
. Un soutien crucial de l’ANEFE : membre depuis 2008, le lycée a pu bénéficier d’un emprunt garanti par l’État français pour financer son immobilier. Cependant, de 2012 à 2022, en raison des difficultés liées à la guerre, l’ANEFE s’est substituée à l’école pour assurer le remboursement de l’emprunt, qui a été soldé en 2022. Depuis 2018, de nouveaux engagements ont été pris par l’école pour rembourser l’ANEFE sur une période plus longue.
. Des enjeux financiers à accompagner : la direction m’a alerté sur la volonté de l’AEFE d’augmenter progressivement sa redevance à 4% des frais de scolarité. J’ai entendu cette préoccupation et m’engage à la porter auprès des autorités compétentes, afin de préserver l’équilibre financier de l’établissement.
En tant que président de l’ANEFE, accompagné par Nadia Chaaya, membre du conseil d’administration, cette visite était pour nous l’occasion de faire le point avec le comité de gestion et d’échanger sur leurs projets d’avenir. Nous avons également abordé la situation générale à Damas et en Syrie.
Le LFCDG est un symbole de résilience et de continuité éducative, malgré les épreuves. Je salue le courage de toute l’équipe, qui permet à des centaines d’élèves de poursuivre leur scolarité dans un cadre francophone et exigeant. +d’images
Vidéo réalisée par le LFCDG :
École arménienne catholique Al Nour
J’ai eu le privilège de visiter l’école arménienne catholique Al Nour, qui accueille principalement des enfants arméniens catholiques, mais aussi des élèves d’autres confessions, offrant un espace éducatif ouvert et francophone au cœur de la vieille ville de Damas.
L’accueil qui m’a été réservé par l’équipe pédagogique et les élèves a été chaleureux et profondément humain.
La visite m’a permis de constater la vitalité de l’école malgré les traumatismes du passé. En 2015, une roquette a explosé dans la cour de l’établissement, causant la mort d’un enfant et de nombreux blessés. Dix ans après, les stigmates de cette tragédie restent visibles, mais la communauté continue de transmettre des savoirs et des valeurs aux générations suivantes.
Cette école est un symbole de résilience et de continuité : elle permet de préserver l’identité arménienne et chrétienne dans un contexte toujours fragile, tout en offrant un enseignement de qualité.
Les échanges avec les élèves ont rappelé combien il est important pour la France de soutenir ces initiatives éducatives et de continuer à défendre le pluralisme et la diversité religieuse en Syrie. +d’images
Solidarité
Évêché arménien catholique
Ma visite s’est poursuivie par une rencontre avec Mgr Georges Assadourian, évêque arménien catholique de Damas, véritable « pilier de la résilience » pour les communautés chrétiennes.
Nous avons abordé plusieurs axes essentiels :
• Sécurité des communautés : Mgr Assadourian a partagé son analyse sur la protection des quartiers chrétiens sous le nouveau régime.
• Aide humanitaire : J’ai salué le rôle de l’Église dans la distribution de secours et discuté des besoins urgents en médicaments et en énergie.
• Éducation et Francophonie : Nous avons évoqué la survie des écoles chrétiennes francophones. Sur 70 écoles nationalisées par le Parti Baas dans les années 1960, 50 restent ouvertes aujourd’hui, accueillant 30 000 élèves de toutes confessions. J’ai souligné le soutien constant du Quai d’Orsay à l’Oeuvre d’Orient.
Créer ou rouvrir une école chrétienne, c’est recréer du lien, faire revenir les familles et assurer la transmission culturelle. Nous avons discuté des démarches à engager auprès du nouveau gouvernement syrien pour rouvrir certaines écoles fermées par le régime précédent.
Cet échange a été riche, soulignant le rôle central de l’Église pour la résilience et la protection des minorités en Syrie. +d’images
Face à la dégradation de la situation au Moyen-Orient, une réunion de crise s’est tenue au Quai d’Orsay avec les parlementaires représentant les Français établis hors de France, afin de faire le point sur la sécurité de nos compatriotes et les dispositifs de protection mis en place par le ministère.
À l’initiative de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, et de Philippe Lalliot, directeur du Centre de crise et de soutien (CDCS), une réunion de crise s’est tenue vendredi 6 mars au Quai d’Orsay.
Cette réunion avait pour objectif d’échanger avec les parlementaires représentant les Français établis hors de France sur la situation au Moyen-Orient et sur les actions menées par le ministère pour assurer la sécurité de nos compatriotes.
Ma collègue Olivia Richard, présidente du groupe d’amitié France-Iran, participait également à ces échanges.
Retour de mission au Liban et en Syrie
Président du groupe d’amitié France–Pays du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), je revenais d’une mission au Liban et en Syrie effectuée deux semaines plus tôt avec Nadia Chaaya, élue pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).
Cette mission m’a permis de partager plusieurs informations recueillies sur le terrain.
J’ai notamment relayé les retours de nos conseillers des Français de l’étranger, les échanges avec les représentants de la CCIFI et les conseillers du commerce extérieur de la France, ainsi que des témoignages de personnes déplacées au Liban pour échapper aux bombardements.
Sécurité des Français : une priorité
J’ai également évoqué les plans de crise et les dispositifs de mise en sécurité de nos compatriotes que j’avais pu évaluer à Beyrouth et à Chypre lors d’une mission à l’été 2024.
Alors que l’Iran fait peser une menace grave non seulement sur la stabilité d’Israël mais également sur l’ensemble du Moyen-Orient, la situation demeure particulièrement volatile.
Missiles, roquettes et drones frappent indistinctement, tandis que nos compatriotes présents dans la région vivent dans l’inquiétude.
Dans ce contexte, la sécurité des Français demeure notre priorité absolue.
Des déplacements aériens perturbés
Les espaces aériens ouvrent et ferment selon l’évolution de la situation et les décisions des autorités locales.
De nombreux Français qui prévoyaient de rentrer d’Asie ou d’Océanie via les hubs du Golfe se retrouvent aujourd’hui bloqués, dans une situation qui rappelle celle vécue lors de la crise du Covid.
Informations utiles pour les Français à l’étranger
➡️ Centre de crise et de soutien : En cas d’urgence, il est recommandé de contacter le Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères : 📞 +33 1 43 17 51 00
Je tiens à saluer l’engagement des équipes du ministère ainsi que celui des bénévoles de la Croix-Rouge, mobilisés pour venir en aide à nos compatriotes.
➡️ Fil d’Ariane : Les Français de passage dans la région sont invités à s’inscrire sur le fil d’Ariane afin de recevoir les informations et alertes du ministère : LIEN
Ukraine, Levant, mer de Chine : penser l’engrenage mondial
Olivier Cadic, Sénateur des Français établis hors de France et Président du groupe France-Pays du Golfe au Sénat.
Article publié dans l’infolettre UDI du 6 mars 2026
Le monde est entré dans une phase d’engrenage stratégique. Les crises que nous observons ne sont plus isolées : elles se répondent, s’alimentent et peuvent, à tout moment, changer d’échelle.
Cette dynamique s’est accélérée avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Depuis, la logique de confrontation entre puissances s’est installée durablement dans les relations internationales.
Au Moyen-Orient, après s’être confronté aux proxys de l’Iran depuis le 7 octobre 2023, Hamas, Hezbollah, Houthis, Israël, soutenu par les États-Unis, se retrouve désormais engagé dans une confrontation plus directe avec le régime des mollahs, qui a fait de la destruction de l’État hébreu, l’un des fondements idéologiques de son projet.
À la suite des frappes engagées contre l’Iran samedi dernier, plusieurs trajectoires peuvent être envisagées.
La première serait une rupture brutale du régime sous la pression militaire et populaire, hypothèse qui demeure peu probable à ce stade.
Une seconde verrait les États-Unis réduire progressivement leur implication, laissant Israël en première ligne.
Une troisième passerait par une reprise diplomatique, aux conditions d’un régime iranien plus accommodant et d’un geste stratégique majeur de Washington, tel qu’un allègement substantiel des sanctions.
Mais le scénario aujourd’hui le plus crédible reste celui d’un enlisement durable du conflit, avec des conséquences potentiellement lourdes pour toute la région, et pour l’économie mondiale si le détroit d’Ormuz ou les grands hubs aériens du Golfe venaient à être durablement perturbés.
Le prochain point de friction pourrait se situer au Liban, où la fragilité de l’État demeure préoccupante.
Au pays du Cèdre, où je me suis rendu il y a deux semaines en compagnie de Nadia Chaaya, présidente du groupe Les Indépendants à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), j’ai pu mesurer l’inquiétude profonde d’une partie de la population. Beaucoup redoutent davantage encore un affrontement interne contre le Hezbollah, qui raviverait le spectre d’une nouvelle guerre civile, qu’une intervention terrestre israélienne.
L’avenir de cette milice, qui fait le malheur du Liban, dépendra largement des évolutions du pouvoir à Téhéran et de la personnalité du prochain Guide suprême.
Mais l’engrenage dépasse largement le Moyen-Orient.
Les tensions persistent dans l’arc Inde–Pakistan–Afghanistan, tandis que la mer de Chine méridionale et Taïwan demeurent des lignes de fracture majeures entre les États-Unis et la Chine.
Parallèlement, la Russie pourrait exploiter toute diversion stratégique américaine pour renforcer ses positions en Arctique, dans la Baltique ou aux marges orientales de l’Europe.
Dans ce contexte, la naïveté n’est plus permise pour la France et l’Europe. Anticiper ces enchaînements de crises et se donner les moyens diplomatiques et militaires de dissuader toute agression n’est pas céder au fatalisme : c’est assumer la responsabilité première d’un État, préserver la paix.
Ce 2 mars, lors de la 44ᵉ session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger, dernière de la mandature, Nadia Chaaya est intervenue en qualité de présidente du groupe Les Indépendants à l’AFE, lors du moment consacré aux groupes politiques.
Conseillère à l’AFE pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, Nadia a exprimé son soutien aux Français et aux élus confrontés aux tensions au Moyen-Orient et salué la réactivité du réseau diplomatique.
Elle a rappelé la nécessité de renforcer le dispositif « triple A » — anticipation, action, assistance — pour mieux protéger nos compatriotes en crise et associer davantage les élus au dispositif d’information et de coordination. Nadia Chaaya a enfin salué, en les citant, l’engagement des membres de son groupe, ainsi que les avancées obtenues au cours de la mandature.
Quelques instants plus tard, Radya Rahal, conseillère à l’AFE pour l’Afrique du nord, a alerté sur la situation des Français victimes de violences intrafamiliales à l’étranger.
Elle a appelé à renforcer les dispositifs de protection et d’accompagnement lorsque l’accès aux mécanismes juridiques et aux structures d’accueil locales est limité.
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VERBATIM
Madame la ministre, Madame la directrice, Madame la présidente, Monsieur le secrétaire général, mes chers collègues.
Madame la ministre, depuis samedi, un embrasement soudain de la situation en Iran, en Israël, dans plusieurs pays du Golfe et aussi au Liban depuis hier, plonge des milliers de nos compatriotes dans une angoisse légitime.
Je tiens à exprimer mon soutien à nos collègues élus français de cette zone, comme à l’ensemble de nos compatriotes qui y sont actuellement soit confinés, soit dans l’expectative.
Rosiane Houngbo Monteverde, qui préside notre commission des Lois, est bloquée à Bahreïn avec ses enfants. Elle est réveillée par le bruit des bombardements. Moi-même, je suis partie à temps du Liban, qui est entré dans le conflit depuis cette nuit.
Il me faut ensuite saluer la réactivité exemplaire de nos ambassades : activation rapide des cellules de crise, communication régulière et mise à disposition de numéros d’urgence. Ces mesures sont essentielles et rassurantes.
Pour autant, ma priorité, et j’ai sans doute lassé vos oreilles à chaque ouverture de session, demeure la mise en place du système triple A pour la sécurité de nos compatriotes : anticipation, action et assistance. Un dispositif devenu fondamental, mais encore incomplet. L’élu doit être un maillon actif de ce dispositif. Il ne peut être informé en même temps que nos compatriotes alors qu’il est en première ligne pour répondre, orienter et apaiser. Sans accéder aux éléments sensibles, il doit disposer d’un canal structuré et officiel. C’est une question d’efficacité collective. Nos travaux ont démontré que l’absence d’harmonisation des pratiques d’un poste à l’autre ne permet pas de créer de bons réflexes qui peuvent sauver des vies.
Mes chers collègues, nous siégeons depuis bientôt cinq ans. Qu’avons-nous accompli ?
Le groupe des Indépendants est fier d’avoir vu sa proposition de charte des bonnes pratiques entre les élus et les postes consulaires aboutir. Elle avait été portée par Laurence Helaili-Chapuis et il reviendra à la prochaine AFE d’évaluer sa mise en œuvre.
Je salue Benoît Mayrand, vice-président de notre groupe et de la commission des Finances, pour sa pugnacité à la sincérisation des programmes budgétaires touchant au quotidien des Français de l’étranger. Radya Rahal, dont chacun connaît l’expertise en matière de règlement intérieur, nous a défendus avec ardeur à la Commission nationale de la protection sociale, sujet ô combien sensible en tant que politique, qu’elle soit remerciée pour ses prises de position éclairantes. Marie-Christine Haritçalde a représenté notre Assemblée à la Commission nationale STAFE. Merci pour son soutien au tissu associatif français à l’étranger qui nous permet de faire société, même à l’étranger.
Les successions internationales sont un sujet fondamental pour nos compatriotes, tant la matière est complexe. Nous avons pu compter sur l’expertise de Richard Ortoli, comme sur celle de la présidente Rosiane Houngbo Monteverde.
Alors que le réseau des écoles françaises à l’étranger est éprouvé, je veux remercier la secrétaire générale de notre groupe, Amelie Mallet, ainsi que Sabri Mêle pour leur engagement pour un enseignement français plus souple et plus inclusif.
Je remercie évidemment Thierry Consigny, qui a représenté notre groupe au bureau, et Minouche Beraud Suberville pour leur implication dans les travaux de la commission Sécurité, qui a permis de donner une voix à nos collègues confrontés à des crises terribles.
Merci enfin à Ahmed Henni pour son engagement au sein de la commission des Affaires sociales. Alors que nous accueillons pour cette dernière session une habituée, Nelly Muller, je tiens à saluer ceux qui ont siégé dans notre groupe, mais qui n’ont pas pu poursuivre leur mandat : Yolande Mateo, ainsi que Nicolas Arnulf.
Être français à l’étranger, c’est faire partie, malgré les kilomètres, d’une communauté de destin. Je remercie mon groupe de m’avoir fait confiance pendant ces cinq années, ainsi que l’ensemble des élus avec qui j’ai travaillé en bonne intelligence et en solidarité.
Après les faux débats public-privé, place aux fausses concertations.
Un illustre prédécesseur des sénateurs, Georges Clemenceau, disait : « Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. » Il faut mettre un terme à ces méthodes qui consistent à organiser la concertation pour mieux noyer le poisson… et décider de ne rien décider.
Qui se souvient des grandes consultations sur l’enseignement français à l’étranger, il y a moins de trois ans ?
J’avais alors refusé de participer à ce simulacre : Lien
Et j’avais écrit au ministre Olivier Becht pour en expliquer les raisons : Lien
J’y dénonçais une mise en scène destinée à habiller des décisions déjà arrêtées par l’administration, sans remise en cause du modèle.
Nous voilà repartis en 2026 avec les mêmes artifices.
Sous couvert de missions parlementaires, on détourne l’attention des décisions déjà prises, des décisions qui fragilisent le réseau et prolongent une trajectoire engagée depuis vingt ans.
C’est pourquoi j’ai demandé aux ministres Jean-Noël Barrot et Eléonore Caroit, depuis l’hémicycle, deux décisions claires :
– la suspension des décisions du conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) de décembre 2025, qui font porter de nouvelles charges sur les établissements partenaires et conventionnés ;
– l’annulation de l’arrêté d’août 2025 renforçant excessivement les pouvoirs de l’Agence en matière d’homologation. Lien
Continuer à concentrer toujours plus de pouvoirs dans une structure qui n’a pas réglé ses déséquilibres internes n’est pas une solution. C’est une fuite en avant !
En faisant le choix d’impacter lourdement et de fragiliser les sociétés de gestion d’établissements, gérées avec talent, rigueur et dévouement par des volontaires engagés, le réseau risque de s’atrophier en perdant des acteurs qui ne se reconnaissent plus dans ce fonctionnement.
Ignorer ma proposition de suspendre des mesures qui augmentent les frais en désignant des boucs émissaires, c’est refuser de faire de la réduction des coûts une priorité.
Aucun système ne peut rester crédible lorsque l’acteur principal est à la fois compétiteur, régulateur et bénéficiaire des règles qu’il édicte.
La réforme ne sera possible qu’à quatre conditions : neutralité, séparation des rôles, indépendance de l’homologation et modèle économique soutenable.
Car au bout de nos décisions, ce ne sont pas des lignes budgétaires qui paient, ce sont des familles.
Le temps des faux-semblants doit cesser. Il faut réformer sans plus attendre, pas transférer la facture aux familles.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
A LA UNE . Art. 50-1 – Rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales, notamment au Venezuela
HOMMAGE . Robert del Picchia . Renée Blandin
ENSEIGNEMENT FRANÇAIS À L’ÉTRANGER . QAG – AEFE : joueur, arbitre… et maintenant bénéficiaire . Lycées français à l’étranger (Libération) – Assez de faux débats . Lycées français à l’étranger : l’enquête de Libération qui fait débat – (Le courrier des Amériques – 18/02/2026) . Rencontre Mission laïque française (MLF) – ANEFE
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Nadia Chaaya, Chevalier de l’ONM : une exigence d’action et de justice . Australie – Serge Thomann . France–Estonie : Violaine Champetier de Ribes décorée au Sénat . Olivier Cadic : mobilité, sécurité, enseignement, ses priorités pour 2026 (Lesfrancais.press)
.Les chiffres de l’activité consulaire 2025
.Guide des victimes françaises à l’étranger (2026)
EN CIRCONSCRIPTION
> ÉGYPTE – Le Caire / New Giza / Nouvelle Capitale / Nouveau Caire / Obour / Alexandrie (29 déc.-03 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Ashford (Kent) / Gare Eurostar (8 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Bristol, Londres (10-13 janv. 2026)
> ROYAUME-UNI – Londres (22-24 janv. 2026)
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Venezuela – Transition démocratique & Menace des cartels latino-américains . Iran – Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix 2003 : une voix de la résistance iranienne en exil . Afrique des Grands Lacs – Communauté de Sant’Edigio
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . La perspective d’un droit nouveau pour l’aide active à mourir se rapproche . IPAC – Déclaration sur la condamnation de Jimmy Lai . Taiwan – Groupe d’amitié – Nouvel An . Suisse – Ambassadrice Tania Cavassini
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA . PLF 2026 – Conférence de presse : Alerte sur un risque majeur pour la sécurité numérique de la France . Retard de NIS 2 : Le dispositif anti-backdoor qui cristallise l’affrontement entre la DGSI et les parlementaires (Usine digitale) . Cybersécurité : l’heure est à l’action – (Entreprendre à l’international) . Le gouvernement fait le jeu des pirates pour écouter aux portes (Le Canard Enchainé) . Cybersécurité : la France accumule les retards, les hackers accumulent les victimes, déplorent des experts (Epoch Times)
MÉDIAS . Olivier Cadic : “On sent que beaucoup de choses ont changé au Liban” (France24/MCD 23/02/2026 – Vidéo 2’45) . Ukraine : les leçons de 4 ans de guerre (Public Sénat, 19/02/2026 – Vidéo 2’15) . Olivier Cadic : “Un futur dans la paix et l’harmonie entre les communautés, c’est le Liban dont on rêve” (Annahar Français, 18/02/2026 – Vidéo 29m) . Olivier Cadic : “L’engagement de la France, c’est de soutenir un Liban souverain et pleinement indépendant” (MTV Liban, 13/02/2026 – Vidéo 2’45) . À quand un vol direct entre San Diego et Paris ? (SoCal FACC – 26/01/2026) . French Response : de la guerre à Gaza au salut nazi d’Elon Musk, comment la diplomatie française a changé de ton sur les réseaux sociaux (BFM Tech – 01/02/2026) . Les enjeux nationaux et internationaux vus par un sénateur des Français établis hors de France (Radio Orient – 1er février 2026 – Podcast 16’30) . Le sénateur français Olivier Cadic appelle à la reconnaissance de la stabilité et de la démocratie du Somaliland (The Horn Tribune – 22/01/2026) . Isolée sur le Mercosur, la France a-t-elle perdu son influence en Europe ? (Public Sénat – 09/01/2026) . Olivier Cadic : “Nous vivons une lutte pour le leadership mondial” (LePetitJournal.com – 15 janv. 2026)
Lors de mon déplacement au Liban, en compagnie de Nadia Chaaya, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, j’ai répondu aux questions de France24, en soulignant l’espoir suscité par l’élection du président Joseph Aoun et en constatant que des signaux positifs apparaissent déjà, notamment dans le domaine de la Justice.
Le 12 février, à la Résidence des Pins à Beyrouth, Nadia Chaaya a été élevée au grade de chevalier de l’Ordre national du Mérite par notre ambassadeur Hervé Magro. J’ai assisté à la cérémonie en présence de nombreux acteurs de la communauté française et de personnalités libanaises, parmi lesquelles Bassam Al Mawlawi, ancien ministre de l’Intérieur, et le député Simon Abi Ramia, président du groupe d’amitié parlementaire Liban–France.
Née à Beyrouth, Nadia Chaaya a grandi dans les années de guerre. Ces épreuves ont forgé chez elle un sens aigu de la solidarité et de l’engagement. Après des études en France dans le domaine de la communication, elle mène un parcours entrepreneurial exigeant, d’abord dans le secteur paramédical, puis dans l’immobilier, en Arabie saoudite où elle réside depuis plus de vingt ans.
Élue conseillère consulaire pour la circonscription de Djeddah–Sanaa, brillamment réélue en 2021, elle préside le conseil consulaire et siège à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, où elle conduit le groupe Les Indépendants. Son engagement s’inscrit dans une ligne claire : servir les Français établis hors de France avec efficacité, lucidité et sens des responsabilités. Comme elle l’a affirmé devant l’AFE en octobre dernier : « Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers au sort de notre pays. Cette période de crise doit nous pousser à nous demander ce que nous pouvons apporter à la France, plutôt que ce que la France peut nous apporter. ».
Son courage s’est illustré de manière exemplaire le 11 novembre 2020, lors de l’attentat à la grenade perpétré au cimetière non-musulman de Djeddah. Dans un contexte de danger immédiat, elle a fait preuve d’un sang-froid et d’une présence d’esprit remarquables, regroupant, sécurisant et rassurant nos compatriotes.
Nadia Chaaya se distingue également par sa capacité à transformer l’indignation en action structurée. Engagée aux côtés des familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth, elle œuvre sans relâche pour que la mémoire soit honorée et que justice soit rendue. Elle a par ailleurs fondé l’Union franco-libanaise des déposants spoliés, afin d’accompagner les victimes dans leurs démarches et d’engager des procédures contre les banques libanaises devant les juridictions françaises.
Cette distinction vient saluer un parcours d’engagement, de résilience et de fidélité à la France, au service de nos compatriotes et du lien franco-libanais.
À l’occasion du 82ᵉ anniversaire de l’Indépendance du Liban, j’ai eu l’honneur d’assister à la réception organisée, ce 19 nvovembre, par M. Rabih Chaer, ambassadeur du Liban en France, et Mme Stéphanie Marcha Chaer, ainsi que par Mme Hind Darwich, ambassadrice et Déléguée Permanente du Liban auprès de l’UNESCO.
À cette occasion, M. Rabih Chaer a rappelé avec force : « Alors que le Liban célèbre sa Fête nationale ici à Paris, je réitère notre engagement à œuvrer pour une paix durable et juste pour le Liban et pour la région. » Un message clair, porteur d’espoir, dans un contexte régional particulièrement sensible.
Mme Hind Darwich a également mis en lumière la résilience du peuple libanais et l’importance de la culture et de l’éducation comme vecteurs de coopération internationale.
Cette célébration fut aussi un moment d’échanges institutionnels précieux : plusieurs collègues sénateurs étaient présents, réaffirmant la solidité de l’amitié franco-libanaise et l’engagement du Parlement français aux côtés du Liban.
Cet événement marqué par la convivialité m’a permis de rappeler à l’ambassadeur l’importance du lien créé par Nadia Chaaya, conseillère des Français de l’étranger pour me permettre de contribuer à approfondir les échanges entre nos deux pays. Honoré d’y avoir participé.
La 43ᵉ session de l’Assemblée des Français de l’Étranger s’est tenue du 13 au 17 octobre dans un contexte de transition politique marqué par l’arrivée d’Éléonore Caroit, nommée ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger.
Forte de son parcours d’élue de l’AFE puis de députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes, Éléonore Caroit incarne une connaissance concrète du terrain, ayant elle-même suivi sa scolarité au lycée français de Saint-Domingue.
Empêchée d’assister lundi à l’ouverture de la session en raison de la passation de pouvoir, elle a tenu à s’adresser dès mercredi aux élus pour leur dire son attachement aux Français de l’étranger, qu’elle considère comme « une force vive de la France ». Elle a affirmé sa volonté de s’atteler sans délai à trois priorités majeures : la réforme de la protection sociale, la pérennisation de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) et la modernisation des services publics destinés à nos compatriotes établis hors de France.
Nommée dimanche, je la remercie de m’avoir l’honneur de sa participation, lundi soir, à la soirée du cinquantenaire de l’ANEFE que je préside (compte-rendu).
Des priorités claires pour les Français de l’étranger
Au terme de cette 43ᵉ session, les commissions de l’Assemblée des Français de l’Étranger ont tracé une feuille de route à la fois ambitieuse et pragmatique, pour répondre aux défis du moment.
Au rang des priorités, les élus ont appelé à réformer en profondeur la protection sociale et à pérenniser la (CFE), tout en garantissant la viabilité financière du réseau éducatif français à l’étranger, porté par l’AEFE et la MLF.
La sécurité, l’accès au droit et la protection des plus vulnérables demeurent au cœur des préoccupations, de même que l’engagement pour accélérer la transition écologique et soutenir l’innovation dans nos communautés.
Repenser la protection sociale des Français de l’étranger
L’une des séquences majeures de cette 43ᵉ session a été la restitution des Assises de la protection sociale, engagées en mars 2025 par la commission des Affaires sociales, du Monde combattant, de l’Emploi et de la Formation. Découvrez les 355 propositions dont 36 prioritaires : LIEN
Après avoir salué « l’exercice démocratique de ces Assises » et s’être réjouie de la présence de notre nouvelle ministre, Eléonore Caroit, à la restitution, Radya Rahal, élue pour l’Afrique du Nord, a souligné avec réalisme : « soyons néanmoins lucides sur un point : aucun chiffrage n’est proposé. Étant donné la période budgétaire que nous entamons (enfin !), il me fallait le souligner. Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Nous en manquons ».
Que retenir de ces travaux ? Outre repenser les aides sociales et moderniser les bourses scolaires, l’avenir de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) a retenu l’attention des élus : malgré son statut d’organisme de Sécurité sociale de droit privé, la CFE accuse un déficit structurel de 18 millions d’euros en 2024. Sans réforme en profondeur, sa pérennité est menacée.
Par ailleurs, dans son avis au gouvernement, l’AFE a également recommandé de créer une allocation spécifique pour les Français de l’étranger en situation de dépendance ou de grand âge, ainsi que d’aligner les critères d’attribution des AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) sur le modèle national.
En assistant à cette restitution, j’ai été sensible aux propos d’Éléonore Caroit, qui a affirmé sa détermination à « porter plusieurs de ces propositions » et à défendre le budget des Français de l’étranger, confirmant avec justesse les propos de Radya Rahal : l’argent est le nerf de la guerre.
AEFE : entre excellence et nécessité de réforme
L’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) affiche un taux de réussite au baccalauréat de 98,3 %. Derrière cette réussite, la situation financière inquiète : 80 % des dépenses sont absorbées par la masse salariale, laissant peu de marge pour l’investissement. En fin d’année, dans les deux mois qui restent, il faut trouver près de 25 millions et l’année prochaine probablement 60 millions pour que l’activité de l’Agence perdure, a alerté le conseiller Alexandre Col.
Face à ce constat, la commission de l’enseignement de l’AFE a adopté à l’unanimité une résolution demandant que les conseillers de l’AFE participent au groupe de travail sur la réforme de l’AEFE.
Lors de la réunion du groupe d’études « Statut, rôle et place des Français établis hors de France », au Sénat le 16 octobre, j’ai rebondi sur ce sujet en rappelant que, depuis quinze ans, j’appelle à un changement de paradigme : passer d’un modèle étatique et coûteux à un modèle souple, entrepreneurial et décentralisé, afin que les acteurs locaux et associatifs disposent d’une plus grande autonomie pour innover et répondre aux besoins des familles à travers le monde.
État civil et nationalité : des exigences renforcées
En séance plénière, Gaëlle Le Pape, sous-directrice de l’État civil et de la Nationalité, a présenté les nouvelles instructions adressées aux postes consulaires à la suite de récentes décisions du Conseil d’État. Objectif : rendre les pratiques plus justes et plus humaines, notamment pour les usagers confrontés à un refus de certificat de nationalité française (CNF).
Par ailleurs, deux évolutions importantes entreront en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026 pour les demandes de naturalisation : le niveau de langue exigé passera du B1 au B2, à l’écrit comme à l’oral ; un examen civique sera instauré pour les naturalisations par décret.
Modernisation du réseau consulaire : des avancées concrètes
Efficace, à l’écoute et proche des réalités du terrain, Pauline Carmona, directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire, a présenté les progrès réalisés et les perspectives du réseau consulaire au service de nos compatriotes.
Parmi les avancées majeures : la pré-demande en ligne de titres d’identité et de voyage, désormais pleinement opérationnelle, et l’expérimentation du renouvellement à distance des passeports, menée au Canada et au Portugal, qui a rencontré un taux de satisfaction de 80 %. L’envoi des titres sécurisés sera étendu à tout le réseau dès les prochains mois.
Mme Carmona a insisté sur la protection sociale et la prévention des violences : 461 situations ont été recensées en 2022, ce qui a conduit à la mise en place d’un guide pratique destiné à mieux former les agents et élus à l’accompagnement des personnes en détresse.
Les Indépendants : conviction et force d’initiative
Comme l’a souligné Nadia Chaaya, présidente du groupe des Indépendants, cette 43ᵉ session de l’Assemblée des Français de l’Étranger s’est ouverte dans un contexte politique et budgétaire particulièrement incertain.
Pour Nadia Chaaya, ces difficultés doivent être une incitation à la mobilisation collective : « Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers au sort de notre pays. Cette période de crise doit nous pousser à nous demander ce que nous pouvons apporter à la France, plutôt que ce que la France peut nous apporter ». Je félicite la présidente pour sa conduite éclairée des travaux des Indépendants.
L’instabilité politique a forcément placé les élus dans l’expectative budgétaire. « Notre commission des Finances étudie un budget qui n’existe pas », a rappelé Benoît Mayrand. « On attend aussi le rapport d’évaluation du Pass éducation langue française qui nous a supprimé 1 million de crédits au programme 151 »
Dans ce contexte, la nomination d’Éléonore Caroit au poste de ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, a été accueillie comme un signe d’espoir, parce qu’elle est « issue des rangs de l’AFE », chacun s’en félicite.
Les élus indépendants ont une nouvelle fois confirmé leur rôle moteur au sein de l’Assemblée. Sous l’impulsion de Nadia Chaaya, ils ont défendu avec constance des positions constructives et tournées vers l’action, dans tous les domaines, guidés par une même exigence : servir au mieux les intérêts des Français établis hors de France.
Depuis 2019, des milliers de déposants français et libanais sont privés illégalement de leurs économies au Liban, parfois de toute une vie de travail.
Face à cette injustice, Nadia Chaaya a choisi de ne pas se résigner. Animée par un sens profond de la dignité et du droit, cette Française d’origine libanaise, présidente du conseil consulaire de Djeddah–Sanaa et conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, s’est engagée avec courage et détermination pour défendre les épargnants spoliés.
C’est ainsi qu’elle a fondé l’Union franco-libanaise des déposants spoliés (UFLDS), une association à but non lucratif qui accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches juridiques. Grâce à une équipe de juristes bénévoles, l’UFLDS aide les déposants à déposer plainte contre les banques libanaises devant les tribunaux français. « Et cela fonctionne ! », souligne Nadia, qui invite chacun à vérifier gratuitement son éligibilité sur le site www.uflds.com.
Le 20 octobre dernier, j’ai eu le plaisir de réunir Nadia et les membres de son équipe : Hugo Roche Poggi, secrétaire général de l’UFLDS, Tanguy Valéry, responsable de la communication, et Dany Habel, docteur en droit.
Je remercie également Rodrigue Raad, président de la Diaspora Libanaise Overseas (DLO), et Sami Saikali, son secrétaire général, pour leur participation à ces échanges constructifs.
L’énergie, l’esprit fédérateur et la persévérance de Nadia Chaaya redonnent aujourd’hui espoir à des milliers de familles, quelle que soit leur nationalité, qui pourront retrouver le fruit de leur travail et de leur épargne.
g à d : Dany Wattelbeld, Olivier Cadic, S.E. Fahad Al Ruwaily et Louis-Jean de Nicolay
Ce 16 octobre, le groupe d’amitié interparlementaire France-Pays du Golfe que je préside s’est entretenu avec Fahad Al Ruwaily, ambassadeur d’Arabie saoudite, accompagné de Mmes Reem Alajlan, deuxième secrétaire, et Dr. Nauf Almaiman, conseillère.
Étaient également présents mes collègues Louis-Jean de Nicolay et Dany Wattelbeld.
Lors des échanges entre l’ambassadeur et les sénateurs présents, ont été abordés de nombreux sujets, au premier rang desquels la question palestinienne. Exprimant sa reconnaissance vis-à-vis de la France et de son soutien à la reconnaissance d’un État palestinien, Fahad Al Ruwaily a estimé que la « déclaration de New York » – résolution d’initiative franco-saoudienne visant à relancer la solution à deux États entre Israël et la Palestine, adoptée lors de l’Assemblée générale des Nations Unies le 12 septembre 2025 – avait eu un impact extrêmement positif et servi de support au plan de paix américain pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza.
Ont également été évoqués d’autres enjeux, tant régionaux – s’agissant notamment de la situation politique et sécuritaire au Liban – que propres à l’Arabie saoudite – avancement du plan « Vision 2030 » du Royaume saoudien, réforme du système éducatif et universitaire, évolution de la place des femmes…
Enfin, la perspective d’un éventuel déplacement d’une délégation du groupe d’amitié en Arabie saoudite en 2026, quatre ans après la dernière visite de ce type, et un an après l’accueil d’une délégation de la Shoura saoudienne, a été discutée.
Je remercie Nadia Chaaya, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et présidente du conseil consulaire à Djeddah-Sanaa d’être venue à cette l’occasion pour apporter son témoignage sur la situation des Français installés en Arabie saoudite.
Le 2 juillet, je suis intervenu au nom du groupe Union centriste, à la suite de la déclaration du gouvernement, présentée par le Premier ministre François Bayrou, en application de l’article 50-1 de la Constitution, sur la situation au Proche et Moyen-Orient qui faisait suite au débat du 24 octobre 2023 (compte-rendu).
La séance s’est conclue par les interventions de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, que je remercie de ses réponses à mes questions (vidéo), et de Sébastien Lecornu, ministre des Armées.
Monsieur le Président,
Monsieur le Premier ministre,
Messieurs les Ministres,
Mes Chers Collègues,
Dimanche 22 juin, église Saint-Élie à Damas.
L’assaillant entre dans l’église avec armes et explosifs.
Grégoire, Bashar et Pierre se précipitent sur lui, le plaquent au sol.
Ils ont choisi de mourir pour pouvoir sauver près de 250 personnes à l’intérieur de l’église.
Le groupe Union Centriste présente ses condoléances à Sa Béatitude le patriarche Jean X d’Antioche et aux familles des 22 martyrs victimes de cet acte odieux qui visait directement la communauté chrétienne en Syrie.
Lors de notre rencontre, il y a deux mois au nord du Liban, le patriarche Jean d’Antioche que vous avez rencontré à Damas M. le ministre, m’avait averti des menaces qui pesaient en Syrie sur les Chrétiens d’Orient.
Mon premier message est de relayer à la communauté internationale son appel à ne pas détourner le regard et à œuvrer pour assurer la protection de toutes les communautés religieuses au Moyen-Orient.
Je veux également avoir une pensée pour Cécile Kohler et Jacques Paris qui, depuis plus de trois ans, endurent le martyr et leurs familles sont rongées par l’angoisse. Merci monsieur le Premier ministre de nous avoir rassuré sur leur sort.
Comme l’a déjà fait, la semaine dernière, notre collègue Olivia Richard, président du groupe d’amitié France-Iran, notre groupe appelle à la libération immédiate de nos compatriotes.
Nous n’oublions pas non plus les 50 otages retenus par le Hamas dans des souterrains à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
Nous remercions le gouvernement et l’ensemble des services du Quai d’Orsay dont l’efficacité a permis au cœur de la crise de favoriser le rapatriement de français vivants en Iran et en Israël.
Fin 2020, suite à l’attentat du 11 novembre à Djeddah au cimetière non musulman, j’avais demandé à notre collègue, Jean-Baptiste LEMOYNE, alors Ministre, à ce que le processus de communication de crise soit formalisé et que nos élus fassent l’objet d’une information spécifique.
Encore aujourd’hui, le groupe Les Indépendants à l’Assemblée des français de l’étranger présidé par Nadia CHAAYA demande régulièrement l’intégration des élus dans les systèmes de gestion de crise. Au regard de ce qu’il vient de se passer en Iran et en Israël, il nous apparaît essentiel que les élus des français de l’étranger puissent jouer leur rôle d’interface avec la communauté française et s’en tiennent à une information officielle dont ils doivent disposer.
Depuis la création de la République islamique d’Iran, le régime des mollahs appelle à la destruction de l’état israélien et menace ouvertement les monarchies du Golfe qui aujourd’hui encore, pour certaines d’entre elles, dénoncent des ingérences de Téhéran. Comme vous l’avez dit, Monsieur le Premier ministre, la France a été parmi les premiers pays à reconnaître l’État d’Israël et a toujours manifesté sa solidarité lorsque l’État Hébreu a été attaqué.
Comme nous l’avions dit, les massacres de masse opérés par le Hamas, le 7 octobre, ont été monstrueux et ont entrainé une réponse justifiée d’Israël pour neutraliser cette organisation terroriste.
Nous voulons rappeler avec force le nombre de 42 victimes françaises dans cette attaque qui place la France au premier rang en termes de victimes étrangères. Mais comme nous l’avions également dit, rien ne serait pire que de vouloir confondre le Hamas avec la cause palestinienne et sa légitime revendication à disposer d’un État autonome. La population palestinienne se retrouve l’otage de cette organisation terroriste soutenue par l’Iran.
Le Hamas n’est pas le seul proxy de l’Iran. Suite à l’attaque du 7 octobre, le Hezbollah depuis le Liban et les Houthies depuis le Yémen s’en sont également pris à l’état Hébreu. Comme il l’a fait avec les Pagers trafiqués pour éliminer des membres du Hezbollah au Liban, Israël a choisi l’effet de surprise pour bombarder les infrastructures nucléaires iraniennes.
Dans la nuit du 21 au 22 juin, le président américain Donald TRUMP a mis en œuvre l’opération Midnight Hammer pour neutraliser ces infrastructures qui s’avèrent constituer l’un des plus grands dangers pour la sécurité d’Israël et du Moyen Orient. Déjà, quelques semaines plus tôt, les américains avaient frappé à plusieurs reprises les Houthis au Yémen.
A l’issue de ces frappes, le régime iranien apparaît affaibli et isolé. Reste aujourd’hui la question du désarmement du Hezbollah qui peine à se concrétiser. Cela justifie l’impatience de tous ceux qui appellent au retour à la pleine souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire et au scellement des frontières du pays aussi bien avec Israël qu’avec la Syrie.
Le futur du Liban constitue toujours un sujet de préoccupation. Le nouveau gouvernement libanais nourrit beaucoup d’espoir, sous réserve qu’il parvienne à désarmer le Hezbollah et à se débarrasser de la tutelle iranienne sur ce mouvement.
Le Hezbollah tout comme les Gardiens de la Révolution bénéficient des ressources financières du trafic de Captagon, cette drogue qui contribuait à près de 90% du PIB de la Syrie à la chute du Président ASSAD. Lundi dernier, les douanes libanaises ont annoncé la saisie de 866 kilos de Captagon à la suite d’une opération coordonnée avec les autorités saoudiennes.
L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Thomas Barrack, aurait fixé le 7 juillet comme ultimatum aux autorités libanaises pour prendre une position claire sur la question du monopole de armes. L’État, à travers l’armée libanaise, doit être l’unique détenteur de la force armée.
En cas de tergiversations, le Liban pourrait être laissé seul face à l’escalade.
Ne pensez-vous pas, Monsieur le Premier Ministre, dans ce cas, qu’Israël pourrait reprendre alors les hostilités contre le Hezbollah et la communauté internationale durcir les sanctions ?
L’explosion du port de Beyrouth a été la plus grande explosion non nucléaire de l’Histoire. On a déploré plus de 200 décès dont 3 français, des milliers de blessés et des centaines de milliers de personnes déplacées. En retrouvant les familles des victimes à Beyrouth le 27 avril dernier, je leur ai remis votre lettre, Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, témoignage de votre indéfectible soutien à leur démarche pour obtenir justice. Votre geste les a profondément réconfortés. Le juge d’instruction Tarek BITAR a repris l’enquête. Le Ministre de la Justice libanais, Adel NASSAR a entrepris plusieurs réformes pour restaurer la confiance dans le système judiciaire du pays.
Mais je veux revenir sur le sujet car il y a urgence concernant le port de Beyrouth. En effet, une manœuvre est en cours pour détruire les silos, qui représentent le seul vestige tangible de la catastrophe du 4 août. Ces silos sont un symbole de mémoire collective pour les victimes et pour tout le peuple libanais. Les faire disparaître serait une insulte à leur souffrance. Ils en appellent à votre soutien pour intercéder auprès de leur Gouvernement afin d’empêcher cette décision.
Tout aussi innocentes que les victimes du port de Beyrouth, plus de 50.000 vies perdues à Gaza dont 17.000 enfants tués constituent une véritable honte pour l’Humanité. Le blocage de l’aide humanitaire a transformé Gaza en lieu de mort, avez-vous dit M. le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
Nous partageons votre colère face aux centaines de personnes tuées sur les sites de distribution de nourriture. Aujourd’hui, la France a condamné une frappe israélienne qui a causé la mort de deux employés d’une ONG le 26 juin dernier. La protection des civils et des travailleurs humanitaires doit être garantie en toute circonstance conformément au droit international humanitaire.
Nous soutenons l’appel du gouvernement à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, à la libération des otages, à l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et à une solution politique fondée sur deux États accompagnée des garanties sécuritaires pour Israël et la Palestine.
Lors de mon déplacement dans le Golfe en avril dernier, dans le cadre du groupe d’amitié France – Pays du Golfe, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar, et de nombreux ministres des affaires étrangères du Golfe dont votre homologue du Koweït en votre présence. Tous fondaient leur espoir sur le plan devant être présenté à l’ONU le 18 juin par le prince héritier d’Arabie Saoudite Mohamed Ben Salman et le Président de la République. Cela apparaissait comme la seule solution sérieuse susceptible de ramener la paix au Moyen Orient. La conférence a été reportée suite aux frappes d’Israël sur l’Iran.
Quand pensez-vous, monsieur le Premier Ministre, qu’elle pourra se tenir désormais ?
Lors du sommet de sécurité Shangri-La à Singapour le 30 mai 2025, le Président de la république a mis en garde contre les répercussions potentielles de l’agression russe en Ukraine sur la situation à Taïwan.
Je le cite : « Si nous considérons que la Russie peut s’emparer d’une partie du territoire ukrainien sans restriction, sans contrainte, sans réaction de l’ordre mondial… que pourrait-il se passer à Taïwan ? »
Le Président de la République a en effet de bonnes raisons de s’inquiéter sur la perspective d’une nouvelle escalade.
Le ministre australien de la Défense, a affirmé de son côté “ce que nous voyons de la Chine est la plus grande augmentation de la capacité militaire par n’importe quel pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale”. Son homologue des Philippines a qualifié la Chine d'”absolument irresponsable et téméraire” dans ses actions en mer de Chine méridionale.
Le secrétaire américain à la Défense, a déclaré que Pékin “a fait référence à une date limite de 2027 que le président Xi Jinping aurait donnée pour que l’armée chinoise soit capable d’envahir Taïwan.
Il est urgent de faire émerger une action internationale susceptible de dissuader le Parti communiste chinois de rompre le statu quo. Sans quoi nous pourrions nous retrouver dans deux ans dans une situation avec Taiwan analogue à celle que nous observons en Ukraine et au Moyen Orient.
Vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre, tout est lié. Faisons en sorte d’arrêter les conflits, même avant qu’ils ne débutent.