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Face aux risques : lancement du guide « Tous responsables »

La France se dote enfin d’un guide national de préparation aux risques majeurs : « Tous responsables – Face aux risques, agissons : bien préparés, bien protégés, tous engagés ».

Un document essentiel que plusieurs médias qualifient déjà de « guide de survie » ou de « kit de survie » face aux crises — qu’il s’agisse d’un accident industriel, d’un cataclysme, d’une cyberattaque, d’une épidémie ou d’un conflit armé.

J’accueille cette annonce du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) avec une grande satisfaction. Elle fait directement écho à mon intervention dans l’hémicycle le 4 mars dernier (vidéo). Ce jour-là, depuis la tribune, j’avais brandi le livret « En cas de crise ou de guerre », distribué à toute la population suédoise en plusieurs langues, un document clair et concret, pensé pour préparer chaque foyer à une situation d’urgence (lire).

À la fin de mon intervention devant le Premier ministre François Bayrou, j’avais remis ce livret à Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, en l’invitant à envisager une démarche similaire pour la France (vidéo).

Quelques mois plus tard, la publication du guide « Tous responsables » représente à mes yeux une avancée majeure. On y retrouve une pédagogie simple et accessible visant à faire de « chaque citoyenne et chaque citoyen un acteur de sa propre sécurité et de celle de la Nation ».

Ce document fournit des réflexes immédiats en cas de crise ; la liste du matériel recommandé à conserver chez soi ; des conseils pratiques pour réagir face aux situations d’urgence.

Sa dernière partie s’inscrit dans la stratégie de résilience voulue par le Président de la République, Emmanuel Macron, parce que la sécurité nationale ne repose pas uniquement sur nos forces armées ou nos institutions : elle dépend aussi de l’implication de chacun d’entre nous. Et comme le rappelle le document, « avoir conscience de la réalité n’est pas céder à l’alarmisme ».

Télécharger le guide “Tous responsables”

Sénat – Accueil des élèves du Collège du Léman – International School

J’ai eu le plaisir d’accueillir au Sénat, ce 12 novembre, Emmanuel Coigny, proviseur du Secondaire au Collège du Léman – International School, accompagné d’une cinquantaine d’élèves.

Il y a un an, Emmanuel m’avait invité à Genève à présenter mon parcours d’entrepreneur puis de sénateur devant près de 150 élèves, de la 3ᵉ à la terminale, particulièrement attentifs (compte-rendu). J’ai donc été ravi de retrouver, à Paris, nombre d’entre eux ! Leurs questions ont confirmé qu’ils n’avaient rien perdu de leur curiosité. Cette visite fut pour eux une occasion privilégiée de découvrir de l’intérieur le fonctionnement de nos institutions.

Le Collège du Léman – International School accueille près de 2 000 élèves âgés de 2 à 18 ans, représentant 130 nationalités !

Accrédité par plusieurs organisations prestigieuses — dont le Council of International Schools (CIS) et la New England Association of Schools and Colleges — cet établissement offre au secondaire un large choix de parcours : baccalauréat français (*), maturité suisse, International Baccalaureate Diploma Programme (IBDP) ou American High School Diploma.

En tant que président de l’Association nationale des écoles françaises à l’étranger (ANEFE), je me réjouis que le Collège du Léman – International School soit devenu la première école non homologuée par l’Éducation nationale à rejoindre notre association, témoignant d’une démarche volontaire d’excellence éducative.

(*) Afin de créer un pont avec l’enseignement français et de valoriser notre baccalauréat, Emmanuel Coigny a fondé le GESBF (Groupement des écoles suisses préparant au baccalauréat français). Cette structure a signé une convention administrative et pédagogique avec le rectorat de Grenoble. Depuis, le GESBF est l’autorité compétente pour inscrire au baccalauréat les élèves de 11 écoles suisses, désormais considérés comme candidats « scolaires » et non plus « libres ».

Sénat – Taiwan – Visite du ministre François Wu

À l’invitation de son président Jean-Baptiste Lemoyne, notre groupe d’amitié France-Taïwan a eu le plaisir d’échanger, ce 17 novembre, avec François Wu, vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, lors de sa tournée en Europe.

Une rencontre qui a mis en lumière un paradoxe saisissant : Taïwan, puissance économique incontestable, fait face à un voisin dont les ambitions expansionnistes menacent la stabilité régionale et mondiale.

Les performances économiques de Taïwan sont remarquables :
– Croissance record : +5 % en 2025, après un bond de 8 % en 2024.
– PNB par habitant : désormais supérieur à celui de la Corée du Sud.
– Bourse taïwanaise : 8ᵉ mondiale, devant l’Allemagne.
– Hégémonie technologique : Taïwan produit les deux tiers des semi-conducteurs de la planète, dont 95 % des plus performants et 100 % de ceux dédiés à l’IA.

Foxconn, le géant taïwanais, envisage d’investir 300 millions d’euros en France pour y construire une usine de semi-conducteurs, en partenariat avec Thales et Radiall. Un projet qui illustre l’attractivité de notre pays et le potentiel de coopération industrielle entre nos deux nations.

Cependant, cette réussite économique se heurte à une réalité géopolitique préoccupante. Le régime communiste chinois ne dissimule plus ses visées expansionnistes. Les provocations militaires, les manœuvres d’intimidation et les revendications territoriales sur Taïwan s’intensifient, mettant en péril la paix dans la région.

Comme l’a souligné le Premier ministre japonais Takaichi, une escalade dans le détroit de Taïwan aurait des conséquences dévastatrices à l’échelle mondiale. Les chaînes d’approvisionnement, la sécurité des échanges et l’équilibre stratégique en Asie-Pacifique seraient profondément ébranlés.

Lors de mon intervention, j’ai rappelé une évidence : la sécurité de Taïwan est un enjeu global. Toute atteinte à son intégrité territoriale déclencherait une crise aux répercussions imprévisibles. Pékin doit renoncer à ses velléités hégémoniques et s’engager dans une voie pacifique, respectueuse du droit international.

Taïwan incarne aujourd’hui les valeurs démocratiques face à l’autoritarisme et l’innovation face aux défis globaux.

La France doit se tenir à ses côtés avec détermination.

Sénat – TV5Monde au service du rayonnement culturel francophone

J’ai eu le plaisir de recevoir au Sénat, ce 17 novembre, Kim Younes, présidente-directrice générale de TV5Monde (à l’image), ainsi que Thomas Derobe, son secrétaire général.

TV5Monde s’appuie sur une charte articulée autour de quatre valeurs fondatrices : la diversité culturelle, la transmission des savoirs, le développement durable et la promotion de la démocratie. Des principes essentiels, à l’heure où la circulation des fausses informations a été multipliée par trois depuis le début de l’année 2025, selon plusieurs études. Plus que jamais, « l’exigence d’une information fiable et de qualité est un enjeu démocratique majeur », rappelle Mme Younes.

Premier réseau média généraliste francophone au monde, TV5Monde relie les francophones et les francophiles sur les cinq continents. Chaîne généraliste, gratuite, proposant divertissement, cinéma, séries et magazines, elle n’est pas un média d’information en continu — et c’est ce qui fait sa singularité.

Sa présence est déterminante dans de nombreuses régions, notamment en Afrique. Mme Younes a rappelé que la République démocratique du Congo, avec ses 100 millions d’habitants, est désormais le premier pays francophone du monde, constituant une audience majeure. A noter également que c’est la seule chaine francophone autorisée en Chine !

La force de TV5Monde réside aussi dans sa gouvernance : un consortium réunissant la France, le Canada, le Québec, Monaco, la Suisse et la Fédération Wallonie-Bruxelles. « C’est presque une ONG », souligne Mme Younes, tant la chaîne porte une voix plurielle et véritablement internationale.

Notre discussion a porté sur les défis budgétaires à relever par la chaine et confirmé la place incontournable de TV5Monde dans la francophonie, à une époque où la fiabilité de l’information et la diversité des points de vue sont devenues essentielles.

Sénat – La France au rendez-vous de la nouvelle économie irakienne

Ce 17 novembre, sur une initiative de Souraya Karam, responsable du Proche et Moyen-Orient au Medef International, j’ai eu l’occasion d’accueillir une délégation irakienne conduite par Adham Al Fakhar, conseiller du Premier ministre pour les investissements internationaux et co-président du Conseil d’affaires France–Irak (IFBC). L’ambassade d’Irak à Paris était représentée lors de la réunion par Thaer Waheeb Hassan, ministre plénipotentiaire.

Ce conseil d’affaires vise à structurer et intensifier nos relations économiques bilatérales. Il est coprésidé, côté français, par Total, représenté lors de cette réunion par Dunia Chalabi. Parmi les entreprises françaises membres figurent également Thalès, Sanofi, Schneider et d’autres acteurs majeurs.

Adham Al Fakhar a porté un message clair : « Nouvelle économie, nouvelle stratégie ». Tous les partis irakiens s’accordent aujourd’hui sur la nécessité de sortir de la dépendance au gaz et au pétrole pour bâtir une économie diversifiée, a-t-il insisté. Le rôle des TPE-PME lui semble déterminant pour donner un véritable « squelette » à cette nouvelle dynamique.

L’Irak se trouve à un tournant de son développement. Après trois décennies marquées par les conflits et les sanctions internationales, le pays se reconstruit progressivement. Le gouvernement irakien a fixé trois priorités stratégiques : la diversification de l’économie, le renforcement du secteur privé et la construction et la réhabilitation d’infrastructures.

Nos échanges ont confirmé que les savoir-faire français sont en mesure de répondre aux attentes des entreprises irakiennes afin de créer des partenariats dans divers secteurs, tels que l’énergie, l’agriculture, l’environnement, les technologies, la banque ou encore la santé.

J’ai rappelé que j’avais organisé au Sénat un colloque sur l’hydro-diplomatie consacré au bassin Tigre & Euphrate qui avait accueilli quatre ministres du Proche-Orient, ainsi que l’ambassadeur et ancien ministre des Ressources hydriques d’Irak (compte-rendu) .

Au terme de cette rencontre particulièrement constructive, j’ai été invité à Bagdad, signe de notre volonté partagée de bâtir un partenariat économique durable entre la France et l’Irak.

Délégation irakienne

▪ M. Adham Al-Fakhar
Conseiller du Premier ministre pour les investissements internationaux et co-Chairman de l’IFBC
▪ M. Thaer Al-Jumali
Ministre plénipotentiaire à l’ambassade d’Irak en France
▪ M. Maithem Al-Asadi,
Président de Kufan Group
▪ Mr. Younis Alrubaie
Vice Chairman de Al Amal Group
▪ Mme Dunia Chalabi
Représentant Irak pour Total Energies
▪ M. Ahmed Dawood Salman
Dar Al-Hikma for consultations and legal services
▪ Mme Zeena Yousif
Board member Ata Company for Agricultural Investments
▪ M. Ali Ghalib
Chairman Al-Ghalib
▪ Mme Zina Al-Khafaji
Chief of Agriculture and Food sector, Iraqi French Business Council

Médias – “Nouvelle pratique mafieuse à Marseille ?”– Le Temps (Suisse) – 14 nov. 2025

Paul Ackermann, journaliste du Temps à Genève, a recueilli mon avis sur l’assassinat du jeune Mehdi Kessaci, petit frère d’Amine Kessaci, connu pour son combat contre le narcobanditisme marseillais et auteur du livre intitulé « Marseille, essuie tes larmes. Vivre et mourir en terre de narcotrafic ».

Extrait de l’article

Quant au sénateur centriste Olivier Cadic, vice-président de la commission d’enquête à l’origine de la loi contre le narcotrafic adoptée en début année, il estime que l’émergence de ce type d’acte serait «un vrai marqueur» : « En Italie, j’ai été très marqué par l’assassinat du juge Falcone tué par la mafia en 1992], cela montre que ces réseaux se sentent assez forts pour vouloir faire la loi.» Et dans ce cadre, il pense que l’État devra se montrer intransigeant, notamment avec l’arrivée des élections municipales : «Quand ils se sentent assez forts pour assassiner les gens qui les gênent, ils peuvent aussi vouloir favoriser ceux qui peuvent les servir. Cela s’est vu dans d’autres pays, des organisations mafieuses qui régentent des quartiers entiers. Il n’y a pas de raison que ça n’arrive pas chez nous.»

Lire l’article «Nouvelle pratique mafieuse à Marseille»? L’assassinat du frère d’un militant fait craindre le pire, publié par Le Temps, le 14/11/2025

Budget 2026 – DFAE, AEFE, projets immobiliers – Vidéo Q/R (5’7)

Notre commission des Affaires étrangères et de la Défense a entendu, ce 12 novembre, Anne-Marie Descôtes, secrétaire générale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, lors d’une discussion portant sur les moyens attribués aux Quai d’Orsay dans le budget 2026.

J’ai tenu à saluer les avancées réalisées par la DFAE et la réflexion engagée sur le modèle économique de l’AEFE, tout en relayant les préoccupations exprimées par Jean-Claude Rozier et Nadia Fehmi Taghi, conseillers des Français de l’étranger, concernant le projet immobilier d’Agadir.

Ce dossier, unanimement contesté par les acteurs locaux, soulève de sérieuses questions de cohérence et de bonne gestion (compte rendu de mon déplacement à Agadir en juillet 2025)

Je remercie Mme Descôtes pour l’ensemble de ses réponses qui m’ont satisfait et, en particulier, d’avoir accepté le principe d’une rencontre pour échanger avec les parlementaires sur les enjeux immobiliers, en rappelant que « ce sont des décisions difficiles » et qu’il faut éviter de se rendre compte après coup que « les choix auraient pu être différents ».



Voir l’intégralité de l’audition Budget 2026 : quels moyens pour le Quai d’Orsay ?
du 12/11/2025 sur le site du Sénat

VERBATIM de mon intervention

Félicitations pour l’engagement du ministère dans la lutte contre le narcotrafic annoncé.

Je voudrais rendre hommage aussi à la directrice des Français de l’étranger (*) pour les progrès spectaculaires constatés depuis qu’elle occupe ce poste et les premiers résultats obtenus par les consulats en matière de lutte contre la fraude.

Félicitations aussi pour cette décision de revoir le modèle économique de l’AEFE. Vous savez que j’appelais de mes vœux, depuis maintenant plus de 10 ans, afin de pouvoir favoriser le développement du réseau en faisant payer le juste prix au juste coût, comme l’a si bien dit la directrice générale de la mondialisation (**).

Là où je serais un peu plus critique, c’est sur les besoins des emprises qui sont nombreux, vous l’avez dit, et beaucoup de sujets sur les procédures pour les nouveaux projets et je vais appuyer la demande de ma collègue concernant justement la situation d’Agadir

Il y aurait d’autres sites qui posent des difficultés. Je vois Barcelone, il y a aussi un projet de remettre le consulat dans les locaux de l’Institut français.

Nous avons eu de fausses bonnes idées en matière d’immobilier. On a pu le voir à l’ONU à New York, la Résidence dans l’ambassade du Cap, on a plusieurs sujets identiques… Des décisions ont été prises, c’est difficile de revenir en arrière, et pour des principes de rationalisation, il y a plusieurs projets de fusion de consulats avec les Instituts français

A Agadir, j’ai constaté, comme ma collègue, que le projet immobilier de vente du consulat, dont nous sommes propriétaires, pour le déplacer sur le site de l’institut français fait l’unanimité contre lui sur le terrain, l’unanimité et je ne trouve personne, même au niveau du consulat sur place, pour justifier ce sujet.

Nous avons de nombreuses solutions alternatives qui permettraient de se révéler plus performantes au niveau des moyens budgétaires.

Quelle est la procédure pour trouver les moyens d’une conciliation quand il y a de fortes résistances au niveau des projets immobiliers ?

Les hypothèses du prix de cession du site d’Agadir sont très contestées. Puis-je vous demander ici, comme l’a fait ma collègue, de recevoir les parlementaires pour analyser ce projet Agadir avant toute décision ?

En vous remerciant.

(*) Pauline Carmona, directrice de la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE)
(**) Anne Grillo, directrice générale de la mondialisation (DGM)

VERBATIM Anne-Marie Descôtes

Je voudrais d’abord remercier le sénateur Cadic pour ses félicitations que je prends avec plaisir, effectivement, et je les transmettrai à Pauline Carmona, qui fait effectivement un excellent travail avec toutes ses équipes de la DFAE, à la fois dans l’amélioration de la qualité du service, la lutte contre la fraude. Et vraiment, merci de souligner que ce travail est visible. Et effectivement, le taux de satisfaction que nous avons en retour montre que nous avons là atteint notre cible. Et je crois que cette agilité et cette capacité à essayer de répondre là où sont les besoins et d’être plus souple dans l’organisation et l’affectation des moyens y est pour beaucoup. Et je sais qu’il y a encore des marges de progression qui seront utilisées. Donc c’est une bonne chose dans ce contexte très contraint.

En ce qui concerne l’AEFE, oui, je crois que la question du juste coût se pose. Il faut la poser sans parti pris. Et depuis toujours, la difficulté de l’AEFE, c’est ce grand écart entre un service qui est rendu aux familles qui peuvent bénéficier de bourses. Mais, bien sûr, plus les frais de scolarité augmentent et plus il est difficile de couvrir avec la subvention de service public les bourses et plus il est difficile de permettre l’accès à certaines familles françaises. Et en même temps, de l’autre côté, nous voulons faire de l’influence. Et là, il n’y a pas de raison objective d’être à un coût très inférieur à nos concurrents, même si on peut avoir des systèmes là aussi de bourses ou d’accueil d’enfants qui n’ont pas les moyens d’accéder à ces écolages, comme c’est déjà le cas. Mais il y a là un grand écart, une difficulté que la réduction de la subvention de service public ne permet pas de traiter. Il faut donc se poser la question de manière maintenant très objective et regarder comment sortir de cette situation si nous voulons préserver cet outil tout à fait essentiel de notre action et de notre influence.

Vous avez cité la situation de Barcelone, sur laquelle je ne suis pas en mesure de vous répondre très précisément. En revanche, je donne bien sûr mon accord pour que nous ayons une discussion, comme sur Agadir, sur la base des éléments d’analyse qu’aura rassemblé la nouvelle directrice de la DIL avec ses équipes dans un contexte qui là aussi évolue. Vous l’avez dit, monsieur le sénateur, on fait parfois de mauvais choix, mais c’est souvent plusieurs années plus tard qu’on s’aperçoit que les choix, parce que le marché immobilier a évolué localement, parce que la relation avec les pays a évolué, la communauté française… Donc, ce sont des décisions difficiles et on ne jette la pierre à personne. Mais effectivement, c’est toujours après coup qu’on s’aperçoit que les choix auraient pu être différents. Et donc, notre volonté n’est évidemment pas d’avoir raison seuls contre tous. Il faut qu’il y ait une acceptation sur place. Et donc, nous allons échanger avec vous sur ces sujets.

Attentats du 13-Novembre 2015

Pensées aux 132 personnes assassinées, aux centaines de blessés, aux policiers, pompiers, soignants et tous ceux dont la vie a basculé le 13 novembre 2015.

Notre mémoire est un hommage, notre solidarité nous unit.

MÉMORIAL aux victimes du 13-Novembre du journal Le Monde

PLF 2026 – Cybersécurité et ingérences étrangères (SGDSN, ANSSI et VIGINUM) – Questions sur la stratégie et la cohérence de l’action publique – Vidéo (6’42)

Alors que les crédits consacrés à la sécurité et la défense, dont je suis le rapporteur avec mon collègue Mickaël Vallet (*) ne devrait pas subir de baisse de crédit (+6%), j’ai néanmoins fait remarquer que les budgets affectés à la cybersécurité par certaines entités privées sont sans commune mesure avec ceux de la nation !

Mon intervention s’est articulée autour de plusieurs axes : la stratégie nationale de cybersécurité et la stratégie de lutte contre les manipulations de l’information ; l’organisation nationale du dispositif cyber français en me référant aux Etats-Unis ; certains choix budgétaires de l’ANSSI ; la transposition de NIS2 ; les recommandations du rapport de la Cour des comptes et les mesures concrètes attendues, comme le filtre « anti-arnaque ».

Notre administration était représentée par MM. Nicolas Roche, secrétaire général du SGDSN, Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale ; Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI, Agence nationale de sécurité des systèmes d’information et Marc-Antoine Brillant, chef du Service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (Viginum), lors de leur audition budgétaire annuelle devant notre commission des Affaires étrangères et de la Défense, ce 4 novembre.

Voir l’intégralité de l’audition Budget 2026 : cybersécurité et ingérences étrangères du 4 novembre 2025 sur le site du Sénat

VERBATIM de mon intervention

Monsieur le Secrétaire général,

Votre rôle est central dans l’élaboration des stratégies nationales de défense et de sécurité de notre pays.

Après l’actualisation de la Revue nationale stratégique que vous étiez venu nous présenter au printemps dernier, comme notre président l’a rappelé, je me réjouis de vous entendre, cette fois en audition publique, sur les crédits de la coordination de la sécurité et de la défense du programme 129 de « coordination du travail gouvernemental ».

Le grand public ne vous connait pas. Pourtant vos services rendent des services essentiels à la population contre les cyberattaques et les ingérences étrangères ;

je pense évidemment à l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) pour la cybersécurité, de l’ensemble des organismes d’intérêts vitaux (infrastructures, énergies, transports, etc.), des hôpitaux, des services publics et au sens large de tout le tissu socio-économique ;

et au service VIGINUM de lutte contre les ingérences numériques étrangères qui dévoile des menaces très concrètes orchestrées depuis l’étranger, que M. le chef de service de Viginum vient d’illustrer parfaitement.

D’après les données budgétaires pour 2026 les crédits de paiement de la coordination de la sécurité et de la défense soient confortés (et même en hausse de 6 % à 431 millions d’euros, contre 406,1 M€ en 2025).

On pourrait s’en réjouir, cependant à titre de comparaison, le budget cyber de la seule banque JP Morgan est de 1 milliard de dollars sur un budget IT de 15 milliards de dollars.

J’ai plusieurs questions sur l’utilisation de nos crédits.

– En premier lieu, à la même époque l’an dernier, il nous avait été annoncé pour 2025 d’abord l’actualisation de la stratégie nationale de cybersécurité, ensuite l’élaboration d’une stratégie de lutte contre les manipulations de l’information.
C’était également une demande de notre excellent collègue Rachid Temal en qualité de rapporteur de la commission d’enquête sur les politiques publiques face aux influences étrangères.

Qu’en est-il des stratégies de cybersécurité et de lutte contre les manipulations de l’information ?

Quand seront-elles publiées et a minima communiquées au Parlement ?

Cette question de la stratégie rejoint un constat que nous avons déjà fait sur l’organisation qui apparaît anarchique et inutilement coûteuse : nous avons des points d’entrée avec une multiplication des interlocuteurs institutionnels face aux cyberattaques : ANSSI, cyber-malveillance, les CERT sectoriels (computer emergency response team), et les CSIRT régionaux (computer security incident response team).

À titre de comparaison, aux Etats-Unis, le bureau local du FBI est le seul point d’entrée. Les USA ont unifié l’ensemble du dispositif pour tracer les cyber-attaquants.
On remplit une plainte et le FBI bloque les transactions de paiement des rançons.

Nous pensions que la création du 17Cyber et que le projet de loi Résilience & Cybersécurité allait conduire l’ANSSI à mettre de l’ordre et de la lisibilité sur le rôle des différents acteurs.

Bien au contraire, nous avons appris au cours de nos auditions préparatoires que l’ANSSI avait lancé pendant l’été 2025 un appel à manifestation d‘intérêt (AMI) pour le renforcement de l’accompagnement local aux enjeux de cybersécurité, doté de quelque 7 millions d’euros.

Ces fonds contribuent au financement des CSIRT, alors même que le directeur de l’Anssi avait pris l’engagement en juillet devant le président Philippe Latombe de la commission spéciale à l’AN, de ne plus les financer.

Par contre pour GIP ACyma : rien.

Pourquoi ce revirement et ce dispositif qui ne figurait pas au PLF 2025 ?

Quels sont les résultats attendus qui justifient cette dépense et l’arrivée de nouveaux intervenants ?

Concernant la mise en œuvre du projet de loi relatif à la résilience des entités critiques et au renforcement de la cybersécurité, le Sénat a rempli sa mission.

Il a adopté dès mars dernier, sous ma présidence, un texte modifié en première lecture, qui attend toujours de passer à l’Assemblée nationale…

L’ANSSI n’a toujours pas indiqué en quoi consisterait NIS2 pour les entreprises françaises.

Ne craignez vous pas de mettre nos entreprises en retard ou en danger en faisant planer l’incertitude, voire en ne leur suggérant pas d’être certifiés ISO 27001, pour s’aligner sur nos voisins belges puisque nous parlons d’une directive européenne ?

Pour nos banques qui officient aux Etats-Unis, les attentes du régulateur américain sont supérieures au règlement européen Dora.

À titre d’exemple, pour le Vulnérability Patch Management, le délai de réponse exigé par la FED est d’une semaine.

Il est de 3 mois chez nous.

Comment justifier cette distorsion qui fait courir un risque de responsabilité important à nos établissements financiers vis à vis des autorités américaines ?

Enfin, la cour des comptes a publié un rapport relatif à “La réponse de l’État aux cybermenaces sur les systèmes d’information civils”, dont plusieurs des 11 recommandations rejoignent nos sujets de préoccupation, notamment la nécessité de mettre en place à court terme un observatoire national de la cybermenace, centralisant à l’échelle nationale les données et analyses utiles.

Les vols de données massives chez France Travail, DGFIP, Santé nous inquiètent et révèlent des échecs cuisants pour nos systèmes qui affectent des dizaines de millions de compatriotes.

Quand disposerons-nous de cet observatoire pour suivre concrètement l’efficacité de notre réponse aux attaques cyber ?

Le filtre « anti-arnaque » qui existe dans de nombreux pays a été voté en France en 2024 dans la loi SREN promulguée depuis 18 mois. Nous déplorons 50 800 dépôt de plainte via la plateforme dédiée aux e-escroqueries en 2024. Quand est-ce que le filtre entrera en vigueur ?

Cela fait déjà beaucoup de questions, principalement dans le domaine cyber, et mon collègue Mickaël Vallet pourra les compléter.

(*) Rapport pour avis sur les crédits de l’action n°2 du programme 129 « Coordination du travail gouvernemental » (gestion de crises, cyberdéfense, renseignement), au nom de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Médias – Olivier Cadic : « La France, comme tous les autres pays, est victime d’ingérences étrangères extérieures » (Public Sénat – 06/11/2025 – Vidéo 25’10)

Invité de l’émission Bonjour chez vous (Public Sénat), ce 6 novembre, j’ai répondu aux questions de Quentin Calmet en premier lieu sur l’actualité : La libération des otages Cécile Kohler et Jacques Paris détenus par l’Iran ; les produits Shein ; les tarifs douaniers des Etats-Unis ; les passants fauchés sur l’ile d’Oléron.

Puis, nous avons abordé la thématique principale de l’émission :
. Municipales : un terrain d’ingérences étrangères ?
Enfin, nous avons successivement évoqué :
. Budget des armées, quelle priorité pour la France
, avec Jefferson Desport, grand reporter à Sud Ouest.
. Le monde associatif, pilier du lien social en France, avec Xavier Antoyé, red-chef du Progrès et Bien public.

J’ai répondu aux questions suivantes :

Ingérences
> Quel est le niveau de la menace, selon vous ? Est-ce que c’est massif ou encore négligeable en France ? Est-ce que nos élections sont menacées à l’heure où l’on se parle ?
> Peut-on préciser la menace : est-ce que les états étrangers veulent favoriser tel ou tel candidat ou plutôt de troubler et polariser le débat public en général ?
> Est-ce que vous pensez que les élections municipales sont directement en danger dès l’année prochaine ?

Budget des armées
> La commission des Affaires étrangères a auditionné Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées, qui se prépare à un possible choc avec la Russie dans les 3-4 ans, car elle nous considère comme faible. Est-ce que vous partagez son analyse sur la perception de la Russie à notre égard ?
> Si le budget n’est pas voté ce sera lourd de conséquences pour les armées au point qu’elles pourraient perdre jusqu’à 6 milliards d’euros. Que dites-vous aux parlementaires ?
> Le chiffre de 6 milliards a été évoqué. Les Français n’ont peut-être pas conscience que la censure aurait des conséquences aussi directes sur l’investissements des armées ?
> Est-ce qu’il y a une possibilité de sortir de l’impasse politique autour de ce budget et qu’on peut aboutir sur un vote sur le projet de loi de finances avant le 31 décembre ?

Associations
> On sait l’importance des associations pour le lien social et, on le voit, leurs difficultés budgétaires ?

Résumé de Public Sénat :

Quels sont les risques d’ingérences étrangères sur les élections en France ? Une question au cœur d’une table ronde ce mercredi au Sénat.

Pour Olivier Cadic, sénateur (Union Centriste) représentant les Français de l’étranger, « en manipulant bien les réseaux sociaux on arrive à avoir des résultats qui ne sont pas ceux qui auraient pu être, si vraiment la démocratie s’était exercée sereinement. La France, comme tous les autres pays, est victime d’ingérences étrangères extérieures. Taïwan est le laboratoire de la Chine. La Roumanie, la Bulgarie et la Serbie sont le laboratoire de la Russie. Et on voit chez nous se développer des choses qui sont testées ailleurs (…). On voit ce que ces puissances étrangères sont capables de faire en soutenant les extrêmes pour polariser le débat ».

Également vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, Olivier Cadic affirme que : « La Russie considère que les démocraties sont faibles. Et c’est justement l’enjeu, de se battre pour continuer à vivre dans un monde démocratique. Nous subissons la désinformation, le sabotage, une guerre hybride, les cyber-attaques, on a affaire à quelqu’un qui est déjà en guerre avec nous. Le problème c’est qu’en démocratie on ne se fait pas élire pour faire la guerre. Il faut faire comprendre qu’il est indispensable qu’on augmente notre budget de défense ».

Procès de Jimmy Lai – Réponse du Président de la République

Je remercie le président Emmanuel Macron d’avoir répondu au courrier que nous lui avons adressé, avec mon collègue André Gattolin, le 31 août dernier (lire le courrier).

En tant que co-présidents de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC), nous avons souhaité attirer son attention sur le sort de Jimmy Lai, incarcéré depuis août 2020 et dont le procès n’a pas encore abouti.

Fondateur du quotidien Apple Daily et défenseur de la liberté de la presse et de la démocratie à Hong Kong, Jimmy Lai, 77 ans, est accusé de « collusion avec des forces étrangères » et de « publications séditieuses » pour avoir incarné le mouvement pro-démocratie hongkongais. Il encourt la réclusion à perpétuité.

Le Président de la République m’informe que « la France est en discussion avec le Royaume-Uni, dont Jimmy Lai est ressortissant, ainsi qu’avec nos partenaires européens, afin de déterminer la meilleure façon de le soutenir ».

Emmanuel Macron a également tenu à réaffirmer « l’engagement constant de la France en faveur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, partout dans le monde ».

Lire la lettre du Président de la République, Emmanuel Macron

INFOLETTRE n°251 – Oct. 2025

Lire : l’INFOLETTRE n°251 – Octobre 2025Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Budget 2026 – Comprendre pour agir

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

Le gouvernement de Sebastien Lecornu a raison d’affirmer : la France a besoin d’un budget crédible.

Sans trajectoire claire, ce sont nos services publics, notre influence et la confiance des investisseurs qui s’affaiblissent.

Mais encore une fois, l’effort souhaité par l’ancien premier ministre François Bayrou est repoussé. Beaucoup au Parlement préfèrent remettre les décisions difficiles à plus tard. Or chacun le sait : différer l’effort, c’est l’alourdir.

En 2025, on nous promettait que la réduction du déficit viendrait des économies.

Résultat : 100 % de l’ajustement structurel, soit 24 milliards d’euros, est venu de hausses d’impôts. En France, on appelle « baisse de dépenses » ce qui… augmente un peu moins vite.

Pour 2026, un effort de 31 milliards d’euros est annoncé par le gouvernement : 17 sur une baisse des dépenses, 14 sur les recettes.

En observant les débats à l’Assemblée nationale, je crains que les seuls engagements des députés se traduisent surtout par toujours solliciter davantage les contribuables.

Dans le même temps, la dette publique atteint des sommets : 3 500 milliards d’euros attendus en 2026, soit 118 % du PIB. Les intérêts de la dette grimperaient à 74 milliards, devenant le premier poste de dépense de l’État.

Grâce à un amendement du sénateur Delahaye, adopté par le Sénat, les 10 plus hautes rémunérations des opérateurs de l’État sont désormais publiques. À l’AEFE, elles atteignent 2,768 millions d’euros au total, soit 276 800 € par personne (voir l’image >)

Cette transparence n’est pas une dénonciation, mais un outil pour alimenter la réflexion sur le “juste coût”, portée notamment par la DGM Anne Grillo.

Redresser nos finances n’est pas une option, c’est une responsabilité.
Cela demande lucidité, équité… et du courage, maintenant, pas demain,

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. Libération de Cécile Kohler et Jacques Paris
. L’ANEFE fête son cinquantenaire !
. 43ᵉ session AFE : entre lucidité et volonté de changement
. Direction générale de la mondialisation (DGM) – Enseignement français à l’étranger
. Spoliation bancaire au Liban : l’espoir renaît grâce à Nadia Chaaya !
. France–Canada : les élus AFE se mobilisent pour renforcer la connectivité aérienne
. 17Cyber – Ma question écrite pour un véritable guichet unique
. Dernier adieu à Jean-Louis Mainguy

EN CIRCONSCRIPTION
> MAURITANIE – Nouakchott (26–29 sept. 2025)
> ROYAUME-UNI – Londres (2–4 oct. 2025)
> SERBIE – Belgrade (6–7 oct. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Géorgie / Atlanta (22–24 oct. 2025)

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA
. Ministère chargé de l’Intelligence artificielle et du Numérique – Cyber Sécurité
. PJL Résilience & Cybersécurité – Présidents des deux commissions spéciales
. PLF 2026 / P129 – “French Response” pour répondre à la désinformation

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. Turquie – Délégation parlementaire
. Conférence devant la Société des membres de la Légion d’honneur

SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ
. Bolivie : Rodrigo Paz Pereira remporte l’élection présidentielle
. Médicaments falsifiés : la France engagée aux côtés de l’Afrique
. GIA Pays du Golfe – Ambassadeur d’Arabie saoudite
. Groupe d’amitié – Taiwan

SÉNAT – MÉDIAS
. “Municipales 2026 : des ingérences étrangères déjà très actives sur de faux sites d’information locale” (Public Sénat – 21/10/2025)

Découvrir l’InfoLettre n°251

La 43ᵉ session AFE, entre lucidité et volonté de changement

La 43ᵉ session de l’Assemblée des Français de l’Étranger s’est tenue du 13 au 17 octobre dans un contexte de transition politique marqué par l’arrivée d’Éléonore Caroit, nommée ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger.

Forte de son parcours d’élue de l’AFE puis de députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes, Éléonore Caroit incarne une connaissance concrète du terrain, ayant elle-même suivi sa scolarité au lycée français de Saint-Domingue.

Empêchée d’assister lundi à l’ouverture de la session en raison de la passation de pouvoir, elle a tenu à s’adresser dès mercredi aux élus pour leur dire son attachement aux Français de l’étranger, qu’elle considère comme « une force vive de la France ». Elle a affirmé sa volonté de s’atteler sans délai à trois priorités majeures : la réforme de la protection sociale, la pérennisation de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) et la modernisation des services publics destinés à nos compatriotes établis hors de France.

Nommée dimanche, je la remercie de m’avoir l’honneur de sa participation, lundi soir, à la soirée du cinquantenaire de l’ANEFE que je préside (compte-rendu).

Des priorités claires pour les Français de l’étranger

Au terme de cette 43ᵉ session, les commissions de l’Assemblée des Français de l’Étranger ont tracé une feuille de route à la fois ambitieuse et pragmatique, pour répondre aux défis du moment.

Au rang des priorités, les élus ont appelé à réformer en profondeur la protection sociale et à pérenniser la (CFE), tout en garantissant la viabilité financière du réseau éducatif français à l’étranger, porté par l’AEFE et la MLF.

La sécurité, l’accès au droit et la protection des plus vulnérables demeurent au cœur des préoccupations, de même que l’engagement pour accélérer la transition écologique et soutenir l’innovation dans nos communautés.

Repenser la protection sociale des Français de l’étranger

L’une des séquences majeures de cette 43ᵉ session a été la restitution des Assises de la protection sociale, engagées en mars 2025 par la commission des Affaires sociales, du Monde combattant, de l’Emploi et de la Formation. Découvrez les 355 propositions dont 36 prioritaires : LIEN

Après avoir salué « l’exercice démocratique de ces Assises » et s’être réjouie de la présence de notre nouvelle ministre, Eléonore Caroit, à la restitution, Radya Rahal, élue pour l’Afrique du Nord, a souligné avec réalisme : « soyons néanmoins lucides sur un point : aucun chiffrage n’est proposé. Étant donné la période budgétaire que nous entamons (enfin !), il me fallait le souligner. Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Nous en manquons ».

Que retenir de ces travaux ? Outre repenser les aides sociales et moderniser les bourses scolaires, l’avenir de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) a retenu l’attention des élus : malgré son statut d’organisme de Sécurité sociale de droit privé, la CFE accuse un déficit structurel de 18 millions d’euros en 2024. Sans réforme en profondeur, sa pérennité est menacée.

Par ailleurs, dans son avis au gouvernement, l’AFE a également recommandé de créer une allocation spécifique pour les Français de l’étranger en situation de dépendance ou de grand âge, ainsi que d’aligner les critères d’attribution des AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) sur le modèle national.

En assistant à cette restitution, j’ai été sensible aux propos d’Éléonore Caroit, qui a affirmé sa détermination à « porter plusieurs de ces propositions » et à défendre le budget des Français de l’étranger, confirmant avec justesse les propos de Radya Rahal : l’argent est le nerf de la guerre.

AEFE : entre excellence et nécessité de réforme

L’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) affiche un taux de réussite au baccalauréat de 98,3 %. Derrière cette réussite, la situation financière inquiète : 80 % des dépenses sont absorbées par la masse salariale, laissant peu de marge pour l’investissement. En fin d’année, dans les deux mois qui restent, il faut trouver près de 25 millions et l’année prochaine probablement 60 millions pour que l’activité de l’Agence perdure, a alerté le conseiller Alexandre Col.

Face à ce constat, la commission de l’enseignement de l’AFE a adopté à l’unanimité une résolution demandant que les conseillers de l’AFE participent au groupe de travail sur la réforme de l’AEFE.

Lors de la réunion du groupe d’études « Statut, rôle et place des Français établis hors de France », au Sénat le 16 octobre, j’ai rebondi sur ce sujet en rappelant que, depuis quinze ans, j’appelle à un changement de paradigme : passer d’un modèle étatique et coûteux à un modèle souple, entrepreneurial et décentralisé, afin que les acteurs locaux et associatifs disposent d’une plus grande autonomie pour innover et répondre aux besoins des familles à travers le monde.

État civil et nationalité : des exigences renforcées

En séance plénière, Gaëlle Le Pape, sous-directrice de l’État civil et de la Nationalité, a présenté les nouvelles instructions adressées aux postes consulaires à la suite de récentes décisions du Conseil d’État. Objectif : rendre les pratiques plus justes et plus humaines, notamment pour les usagers confrontés à un refus de certificat de nationalité française (CNF).

Par ailleurs, deux évolutions importantes entreront en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026 pour les demandes de naturalisation : le niveau de langue exigé passera du B1 au B2, à l’écrit comme à l’oral ; un examen civique sera instauré pour les naturalisations par décret.

Modernisation du réseau consulaire : des avancées concrètes

Efficace, à l’écoute et proche des réalités du terrain, Pauline Carmona, directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire, a présenté les progrès réalisés et les perspectives du réseau consulaire au service de nos compatriotes.

Parmi les avancées majeures : la pré-demande en ligne de titres d’identité et de voyage, désormais pleinement opérationnelle, et l’expérimentation du renouvellement à distance des passeports, menée au Canada et au Portugal, qui a rencontré un taux de satisfaction de 80 %. L’envoi des titres sécurisés sera étendu à tout le réseau dès les prochains mois.

Mme Carmona a insisté sur la protection sociale et la prévention des violences : 461 situations ont été recensées en 2022, ce qui a conduit à la mise en place d’un guide pratique destiné à mieux former les agents et élus à l’accompagnement des personnes en détresse.

Les Indépendants : conviction et force d’initiative

Comme l’a souligné Nadia Chaaya, présidente du groupe des Indépendants, cette 43ᵉ session de l’Assemblée des Français de l’Étranger s’est ouverte dans un contexte politique et budgétaire particulièrement incertain.

Pour Nadia Chaaya, ces difficultés doivent être une incitation à la mobilisation collective : « Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers au sort de notre pays. Cette période de crise doit nous pousser à nous demander ce que nous pouvons apporter à la France, plutôt que ce que la France peut nous apporter ». Je félicite la présidente pour sa conduite éclairée des travaux des Indépendants.

L’instabilité politique a forcément placé les élus dans l’expectative budgétaire. « Notre commission des Finances étudie un budget qui n’existe pas », a rappelé Benoît Mayrand. « On attend aussi le rapport d’évaluation du Pass éducation langue française qui nous a supprimé 1 million de crédits au programme 151 »

Dans ce contexte, la nomination d’Éléonore Caroit au poste de ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, a été accueillie comme un signe d’espoir, parce qu’elle est « issue des rangs de l’AFE », chacun s’en félicite.

Les élus indépendants ont une nouvelle fois confirmé leur rôle moteur au sein de l’Assemblée. Sous l’impulsion de Nadia Chaaya, ils ont défendu avec constance des positions constructives et tournées vers l’action, dans tous les domaines, guidés par une même exigence : servir au mieux les intérêts des Français établis hors de France.

PLF 2026 / P129 – “French Response” pour répondre à la désinformation

Audition dans le cadre du PLF 2026, avec mon collègue Mickaël Vallet, afin de préparer notre rapport pour avis sur les crédits de l’action n°2 du programme 129 « Coordination du travail gouvernemental » (gestion de crises, cyberdéfense, renseignement), au nom de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.

. . .
« Selon le service de renseignement extérieur russe, l’armée française se préparerait à envoyer des troupes en Ukraine ? FAUX. Cette attaque informationnelle (…) cherche à nourrir les narratifs pro-russes visant à inverser les rôles de défenseur et d’agresseur ».

A la fin de ce message posté sur X par “French Response“, ce 29 octobre, on trouve un lien vers un décrypage de l’attaque informationnelle lancée par le service de renseignement extérieur de la Russie (SVR), la veille.

En effet, “French Response” est le nouveau dispositif de riposte de la diplomatie française contre la désinformation institutionnelle étrangère sur X qui nous a été présenté par Emmanuel Lebrun Damiens, directeur de la communication du MEAE, ce 15 octobre.

L’objectif du compte X du Quai d’Orsay est clair : contrer les attaques fallacieuses et les campagnes de désinformation étrangères visant la France, un outil « adapté à la tonalité directe des échanges internationaux sur les réseaux sociaux », commente Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères.

“French Response” est inspiré du dispositif de protection que j’avais découvert à Taiwan, en octobre 2021, grâce à Audrey Tang, alors ministre du numérique. Contre les “fake news” les Taïwanais procèdent au “fact checking” avec l’objectif de démasquer une fausse nouvelle en moins de 200 mots et de la démentir en moins de deux heures par SMS ; cela en relais avec la société civile et les entreprises. De plus, « notre ministère a produit un vaccin contre la désinformation : l’humour », avait précisé Audrey… (compte-rendu).

Sénat – Direction générale de la mondialisation (DGM) – Enseignement français à l’étranger

AEFE : Pour un réseau durable fondé sur le juste coût et le juste prix

Ce 13 octobre, j’ai rencontré Anne Grillo, directrice générale de la mondialisation (DGM), pour discuter de la situation préoccupante de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

Un réseau sous pression financière

Les faiblesses de l’AEFE sont connues depuis longtemps. Malgré son rôle stratégique, l’Agence reste fortement dépendante de l’argent public. Chaque année, plusieurs centaines de millions d’euros servent notamment au financement partiel des 5 121 personnels détachés du ministère de l’Éducation nationale, répartis dans 68 établissements en gestion directe (EGD) et 159 écoles conventionnées.

Cette situation alourdit les frais de scolarité pour les familles et met une pression supplémentaire sur les finances publiques.

Le principe du “juste coût / juste prix”

Lors de notre entretien, j’ai rappelé l’importance d’une réforme : « L’AEFE doit tendre vers le juste coût — une gestion rigoureuse et transparente des moyens publics — et vers le juste prix, pour que les familles ne paient que ce qui correspond réellement au service rendu. »

Cette approche permet de préserver le réseau, tout en garantissant équité et soutenabilité. Elle empêche que des dépenses excessives soient supportées par les contribuables ou les parents.

Une orientation désormais envisagée par la DGM : Mme Grillo a confirmé que cette idée fait désormais partie des pistes de réflexion de la DGM. C’est un signal positif pour un réseau qui a besoin de clarté, transparence et responsabilité.

Un avertissement ancien, aujourd’hui confirmé

En 2008, j’avais déjà alerté dans une tribune publiée par Société Civile :

« Si rien n’est fait, l’AEFE deviendra un mammouth budgétivore. »

Dix-sept ans plus tard, ce constat est malheureusement confirmé : le réseau souffre d’un modèle économique insoutenable. Lire l’article du 11 mars 2008 publié par l’Ifrap

Vers un nouveau cap

Il est désormais urgent de clarifier la feuille de route de l’AEFE autour du juste coût / juste prix.

Cette réforme doit être lucide, équitable et progressive, pour assurer la pérennité du réseau, le bon usage de l’argent public et la justice pour les familles.

Spoliation bancaire au Liban : l’espoir renaît grâce à Nadia Chaaya !

Depuis 2019, des milliers de déposants français et libanais sont privés illégalement de leurs économies au Liban, parfois de toute une vie de travail.

Face à cette injustice, Nadia Chaaya a choisi de ne pas se résigner. Animée par un sens profond de la dignité et du droit, cette Française d’origine libanaise, présidente du conseil consulaire de Djeddah–Sanaa et conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, s’est engagée avec courage et détermination pour défendre les épargnants spoliés.

C’est ainsi qu’elle a fondé l’Union franco-libanaise des déposants spoliés (UFLDS), une association à but non lucratif qui accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches juridiques. Grâce à une équipe de juristes bénévoles, l’UFLDS aide les déposants à déposer plainte contre les banques libanaises devant les tribunaux français. « Et cela fonctionne ! », souligne Nadia, qui invite chacun à vérifier gratuitement son éligibilité sur le site www.uflds.com.

Le 20 octobre dernier, j’ai eu le plaisir de réunir Nadia et les membres de son équipe : Hugo Roche Poggi, secrétaire général de l’UFLDS, Tanguy Valéry, responsable de la communication, et Dany Habel, docteur en droit.

Je remercie également Rodrigue Raad, président de la Diaspora Libanaise Overseas (DLO), et Sami Saikali, son secrétaire général, pour leur participation à ces échanges constructifs.

L’énergie, l’esprit fédérateur et la persévérance de Nadia Chaaya redonnent aujourd’hui espoir à des milliers de familles, quelle que soit leur nationalité, qui pourront retrouver le fruit de leur travail et de leur épargne.

Médicaments falsifiés : la France engagée aux côtés de l’Afrique

OC, Antoine Peigney, Juan Cepeda

C’est une réalité tragique : les médicaments contrefaits font d’innombrables victimes en Afrique, chaque année.

Face à ce fléau sanitaire et économique, une de mes priorités est de soutenir la montée en puissance de l’Agence africaine du médicament (AMA), créée par l’Union africaine en 2019 et dont le siège est établi au Rwanda.

La France agit en ce sens au travers de sa Stratégie française en santé mondiale 2023-2027.

Il s’agit d’une opportunité historique. L’AMA doit devenir pleinement opérationnelle et constituer le sommet d’une pyramide d’autorités nationales et régionales de régulation, afin de bâtir un rempart efficace contre les produits médicaux falsifiés.

J’ai eu le plaisir d’accueillir au Sénat, le 10 octobre, Juan Cepeda, chef de projet chez Expertise France (groupe AFD), accompagné d’Antoine Peigney, directeur du département Santé, venus me présenter les avancées en cours.

En effet, de retour à Paris, Juan reprend la direction du programme MEDISAFE, consacré à la lutte contre les médicaments falsifiés et de qualité inférieure. Cette nouvelle phase du programme, financée par l’Union européenne dans le cadre de NDICI – Global Europe, s’étend désormais à 13 pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est.

Je salue l’excellent travail conduit par Expertise France, agence publique de coopération technique internationale, pour sensibiliser l’ensemble des acteurs concernés — pharmaciens, magistrats, forces de l’ordre et société civile — à la gravité de ce trafic mortifère.

En avril dernier à Kigali, en compagnie de Juan, j’avais rencontré Émile Bienvenu, directeur général de la Rwanda Food & Drug Authority et membre du conseil d’administration de l’AMA, qui m’a présenté les progrès remarquables accomplis par son pays, pionnier d’une politique de tolérance zéro contre les médicaments contrefaits (compte rendu).

L’Afrique avance. La France restera à ses côtés pour protéger des millions de vies grâce à des traitements sûrs, certifiés et accessibles.

France–Canada : les élus AFE se mobilisent pour renforcer la connectivité aérienne

Ce 17 octobre, dans le cadre de la semaine des travaux de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) à Paris, j’ai eu le plaisir d’accueillir au Sénat un déjeuner consacré aux liaisons aériennes France–Canada.

Cette rencontre, organisée par Olivier Dellapina, conseiller des Français de l’étranger (circonscription Vancouver et Calgary) et membre de l’AFE pour le Canada, faisait suite à ma visite à Calgary début septembre (compte-rendu).

À ses côtés, Francine Watkins, présidente du conseil consulaire de Toronto et conseillère à l’AFE pour le Canada, a plaidé, d’une même voix avec Olivier Dellapina, pour l’accroissement du nombre de vols et l’ouverture de nouvelles liaisons dont profiteraient certaines villes canadiennes, afin de renforcer les échanges humains et économiques entre nos deux nations.

Nous avons eu l’honneur de compter parmi nous Stéphane Dion, ambassadeur du Canada auprès de la France et de Monaco, dont la présence a marqué l’intérêt partagé pour un renforcement de la connectivité entre nos deux pays.

Les participants ont également salué la participation de Raphaël Dang, consul général de France à Vancouver, venu spécialement à Paris pour cette rencontre.

Autour de la table figuraient aussi des représentants d’Air France et de la société d’assistance travaillant avec WestJet à l’aéroport de Roissy–Charles-de-Gaulle, compagnie aérienne canadienne opérant des vols directs quotidiens entre Paris et Calgary.

Les chiffres témoignent du dynamisme des échanges : 1,2 million de Canadiens ont visité la France l’an dernier, faisant de notre pays leur deuxième destination internationale après les États-Unis.

Sur le plan économique, nous avons souligné les effets positifs du CETA, accord de libre-échange que je défends de longue date : la croissance du trafic de fret aérien illustre la vitalité des échanges commerciaux franco-canadiens dès qu’on ouvre de nouvelles lignes.

Les échanges ont aussi porté sur les enjeux de l’autorisation de voyage électronique (ETIAS) bientôt opérationnel pour les citoyens canadiens exemptés de visa souhaitant visiter l’espace Schengen. Le sujet sensible des documents de voyage pour les réfugiés a également été abordé.

Enfin, nos discussions ont mis en lumière l’attrait croissant du Canada auprès des voyageurs français, séduits par la diversité culturelle du pays et désireux de le découvrir bien au-delà du seul Québec.

Participants :
. Mme Tamae BARISELLE, Cheffe d’escale CDG – Air France/WestJet
. Mme Cyrielle BON, directrice générale / Destination Canada, office de tourisme du Canada
. M. Gérard CARLIER, Secrétaire du corps consulaire de Calgary (ancien Consul honoraire de France à Calgary)
. M. Raphaël DANG, Consul général de France à Vancouver
. M. Olivier DELLAPINA, Conseiller des Français de l’étranger (1er circo – Vancouver et Calgary) et Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
. M. Romain DEVAUX, Quai d’Orsay
. M. Stéphane DION, ambassadeur du Canada en France
. Mme Suzanne ELLIOT, Agente des services consulaires à l’Ambassade
. M. Francis ISSABHAY, General Manager Operations – Air France/WestJet
. M. Emmanuel MEYER, Sous-directeur Afrique du Nord MEAE
. M. Éric SEVRE, Responsable Contrat Air France – WestJet
. M. François SONATORE, Brigadier-chef de police, aéroport Charles de Gaulle (COE 2EFG – Ministère de l’Intérieur)
. M. Alain THOMAS, Project Manager CDG – Air France
. Mme Francine WATKINS, Conseillère des Français de l’étranger (circonscription Ontario-Manitoba) et Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger

Sénat – Conférence devant la Société des membres de la Légion d’honneur


L’amiral Alain Coldefy et Jacques Deveze m’ont honoré de la médaille de la SMLH

Ce 10 octobre 2025, j’ai eu le plaisir d’être invité par la Société des membres de la Légion d’honneur SMLH – Paris Ve, présidée par Jacques Deveze, à intervenir lors de leur dîner-débat semestriel organisé au Palais du Luxembourg.

Sous la présidence de l’amiral Alain Coldefy, cette rencontre m’a offert l’occasion de partager mon expérience de parlementaire des Français de l’étranger et d’échanger sur les grands défis auxquels la France et l’Europe doivent faire face dans un monde en profonde mutation, marqué par la montée des menaces, la désinformation et le retour des rapports de force.

Intitulée « Le monde tel que je le vois », ma conférence a permis d’aborder les enjeux de sécurité, de liberté d’expression et de souveraineté à la lumière de mon expérience de terrain. Ces thèmes sont au cœur de mon engagement, tant au Sénat que dans mes missions à l’étranger.

Je remercie très sincèrement Jacques et l’ensemble des membres de la SMLH – Paris Ve pour leur accueil chaleureux et la qualité du dialogue que nous avons pu entretenir.

17Cyber – Ma question écrite pour un véritable guichet unique

En mars dernier, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) a adopté à l’unanimité une résolution visant à permettre aux Français établis hors de France d’accéder au service de dépôt de plainte en ligne, et à renforcer la visibilité du dispositif 17Cyber, guichet unique d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance.

Cette résolution faisait suite à l’audition que j’avais menée, aux côtés de Jérôme Notin, directeur général du GIP ACYMA, pour encourager l’extension du champ d’action du 17Cyber et sa pleine intégration dans le réseau consulaire (compte-rendu).

Malheureusement, la réponse du ministère de l’Intérieur à cette initiative s’est révélée insatisfaisante (lire). Elle tend à assimiler le 17Cyber à un portail généraliste, remettant ainsi en cause le principe même d’un guichet unique dédié à la cybermalveillance.

J’ai donc adressé une question écrite au ministre de l’Intérieur, afin de rappeler l’esprit de cette réforme demandée par le Président de la République et d’obtenir des garanties sur la reconnaissance du 17Cyber comme plateforme de référence pour toutes les victimes d’infractions numériques, qu’elles résident en France ou à l’étranger.

Question n° 06475 (23/11/2025) : M. Olivier Cadic appelle l’attention de M. le ministre de l’intérieur au sujet de la réponse apportée par son ministère à la suite de la résolution de la commission n°/03.2025 de la 42e assemblée des Français de l’étranger (10-14 mars 2025) touchant la cybersécurité de nos concitoyens installés à l’étranger.
Certaines réponses du ministère n’apparaissent pas satisfaisantes.
En réponse à la demande d’ajout d’un portail dédié sur les sites des consulats et ambassades redirigeant vers 17Cyber.fr ainsi que la mise en place de campagnes de sensibilisation sur la cybercriminalité auprès des Français de l’étranger, le ministère indique que ce portail existe déjà en faisant référence au site www.masecurite.interieur.gouv.fr/fr qui constitue le portail d’entrée unique vers tous les téléservices du ministère de l’intérieur. Cette affirmation s’oppose au principe même qui a justifié la création du téléservice 17Cyber, pourtant soutenu par le même ministère, et qui doit constituer le guichet unique des victimes de cybermalveillance.
Les typologies et variantes de la cybermalveillance évoluent au même rythme, intense, que celui de l’innovation et des usages numériques. Elles constituent aujourd’hui un enjeu sociétal associé à des risques toujours plus évolutifs dont la dangerosité augmente continuellement. Compte tenu de la spécificité de leur domaine, elles occupent une place à part parmi les problèmes de sécurité de concitoyens. Face au désarroi grandissant qu’elles provoquent, la réponse de l’État doit être claire, lisible, précise et rassurante. Il est donc essentiel de concentrer la communication sur une plateforme unique et spécialisée afin d’éviter d’égarer les victimes vers des sites, toujours plus nombreux, qui proposent des formules diverses, et parfois contestables, de remédiation. C’est particulièrement souhaitable pour les plateformes mises en service par des services officiels.
Il est également indispensable que la réponse de l’État dispose d’une expertise incontestable, ce que propose aujourd’hui le 17Cyber. Ce téléservice, issu de l’expérience acquise depuis 8 ans par l’équipe chargée de cybermalveillance.gouv.fr, concentre un savoir-faire remarquable et sans égal sur plan technique comme ergonomique. Il propose à nos concitoyens, entreprises et collectivités un large éventail de services, toujours mis à jour, de diagnostic et d’assistance.
Il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre afin que le 17Cyber devienne le nouveau réflexe, tel qu’affirmé lors de son lancement, des Français victimes de cyberdélinquance, qu’ils soient basés en France ou à l’étranger.