Chine : vers le pouvoir absolu de Xi Jinping ? – France24 – Vidéo (39′)
En circonscription au Maroc (1/3) – Tanger (22 au 23 octobre 2021)
Deux ans après ma précédente venue, j’ai pu constater lors de mon 13ème déplacement au Maroc que le bouillonnement des idées et des énergies n’a pas été altéré par la crise que nous traversons.
J’ai eu le plaisir de retrouver Philippe Truquet (à l’image), nouveau consul général, qui m’avait déjà remarquablement reçu lorsqu’il était en poste en Côte d’Ivoire.
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A Tanger, j’ai également été accueilli par Anna-Gael Rio, conseillère des Français de l’étranger, élue lors du renouvellement de mai 2021.
Je lui adresse toute ma gratitude pour le temps qu’elle a consacré à l’organisation de mon passage dans cette ville, ainsi qu’à animer les échanges.
Anna-Gael m’a permis de faire un tour d’horizon complet sur les préoccupations de notre communauté.
Communauté française
Philippe Truquet, consul général, a réuni les trois conseillers des Français de l’étranger pour la circonscription de Tanger : Myriam Bennani, présidente ; Anna-Gael Rio et Ismaël Garti, en présence de Carole Gosserez, consul-adjointe pour nous permettre de détailler l’activité du consulat, juste avant la réunion du conseil consulaire pour les bourses scolaires.
Nous avons évoqué évidemment les conséquences du transfert vers Rabat du service des visas qui occupait 6 personnes.
Cette évolution à la baisse des effectifs du consulat de Tanger (qui ne compte plus que 6 agents) a induit une diminution de l’amplitude des horaires d’ouverture au public et du niveau de réponse aux appels téléphoniques.
L’évolution à la baisse des services du consulat est une source d’inquiétude.
Le déjeuner au restaurant Anna et Paulo, tenu par deux compatriotes, nous a également permis d’aborder la question du passe sanitaire imposé depuis peu aux restaurateurs du Royaume et les restrictions sanitaires en cours pour protéger la population.
Avant de retrouver les représentants de la communauté pour une réception dans l’enceinte du consulat, Philippe Truquet m’a proposé de visiter les locaux, désormais largement inutilisés, pour discuter des options qui lui sont offertes par cette majestueuse emprise au sol qui pourrait accueillir des activités économiques et culturelles, autour de ses activités consulaires. +d’images
Constatant un manque de lien social au sein de la communauté française de Tanger, les membres de la Liste pour l’élection des Conseillers Consulaires conduite par Anna-Gael Rio, associés à d’autres personnes, ont créé le Collectif Tanger : une dynamique de citoyens pour se retrouver, échanger, s’entraider face à des problématiques communes et agir si nécessaire.
L’idée est de s’inspirer de la situation à Rabat ou Casablanca où des associations (telles que Rabat Accueil ou Français du monde) assurent remarquablement la cohésion de nos concitoyens.
Pour répondre aux attentes immédiates des Français de Tanger, les “Rendez-vous du Collectif” ont été lancés. Le premier aura lieu jeudi 04 novembre sur le thème “Qu’est-ce qui de passe avec le passe ?”, une opportunité pour les entrepreneurs d’échanger autour de cette nouvelle règle difficilement applicable en 48h.
Accueil à la Galerie Delacroix par Olivier Galan, directeur des Instituts français de Tanger et Tétouan, qui m’a présenté le programme de la 3ème édition du « Parcours des Arts de Tanger » qui s’est déroulé du 1er au 31 octobre 2021.
Cette initiative partagée par tous les acteurs culturels locaux fédère des lieux d’exposition et valorise les arts visuels. J’ai pu visiter trois galeries (Delacroix, Dar d’Art et Drissi) parmi les 12 que propose le Parcours.
Nous nous sommes rendus ensuite à l’Institut français pour une réunion durant laquelle Olivier Galan m’a présenté les orientations stratégiques de l’IFT.
L’IFT est installé sur trois sites. Il comprend le bâtiment central visité qui regroupe l’administration, 11 salles de cours de langue et la médiathèque. Puis, nous avons la galerie Delacroix destinée aux expositions et enfin l’espace Beckett doté d’une salle de 180 places, mais actuellement hors service, car le directeur estime avec raison qu’elle ne présente pas toutes les garanties de sécurité pour accueillir du public.
L’espace libéré récemment au sein du consulat, suite au transfert du service des visas, permet d’envisager d’y externaliser certaines activités. +d’images
Entrepreneuriat
Afin de me permettre de renouer avec la communauté d’affaires de Tanger, Anna-Gael Rio, conseillère des Français de l’étranger, m’a organisé deux rencontres en format restreint.
D’abord, un petit déjeuner dans le célèbre hôtel El Minzah qui s’est tenu avec Denis Marsault, chef d’entreprise (Myopla) ; Cedric Lecolier, chef de centre (Colas Afrique) ; Idriss Bernoussi, président (AMTRI Maroc) et associé gérant (Cap Med Logistics) ; Thomas Clément (Architexture) ; Olivier Autefage, gérant-fondateur (Mafali) et Kouds Bernossi (Vaillant), associée chez Moore Bernossi.
Parmi les principales préoccupations, j’ai relevé les conséquences négatives des restrictions de visas pour nos entreprises.
Un entrepreneur de Tanger qui crée 150 emplois sur Bordeaux se trouve ralenti, car il ne peut dépêcher 3 cadres sur place afin de démarrer son nouveau site.
Nous avons clôturé mon déplacement à Tanger par un déjeuner avec des acteurs du Collectif Tanger, dont certains membres de la Liste pour l’élection des Conseillers Consulaires, ainsi que quelques compatriotes que j’avais rencontrés lors de mes 4 premiers passages à Tanger.
Philippe Truquet, consul général, nous a fait l’amitié de se joindre à nous.
Nous avons évoqué la perception de l’image de la France au Maroc, les initiatives à prendre pour conforter la francophonie… et bien sûr l’absence de reconnaissance du vaccin Sinopharm par la France.
Le service France Consulaire sera étendu au monde entier en 2023
Le 4 novembre, lors de son audition devant notre commission des Affaires étrangères et de la Défense, j’ai interrogé François Delattre, secrétaire général du MEAE, sur le nouveau service “France consulaire”.
Une audition qui s’est tenue dans le cadre du budget 2022 de l’Action extérieure de l’État.
➡ Verbatim de mon intervention
Monsieur le Secrétaire Général,
Je souhaite saluer les orientations budgétaires que vous avez présentées.
En tant que résident français au Royaume-Uni, je vous confirme, comme l’a fait ma collègue Joëlle Garriaud-Maylam que l’équipe du consulat à Londres a été irréprochable pour accompagner nos compatriotes confrontés aux changements liés au Brexit.
Ma question porte sur le dispositif “France consulaire”.
Cette plateforme téléphonique centralisée doit permettre de faciliter les démarches consulaires pour nos concitoyens à l’étranger, en soulageant les standards des consulats qui peinent à répondre.
C’est une belle initiative qui est très attendue.
Lancée le mois dernier, elle sera étendue progressivement à l’Union européenne d’ici à fin 2022.
Son budget est de 500K euros annuels.Je reviens du Maroc. L’ambassade a fait évaluer le coût d’un service externalisé pour une réponse téléphonique mutualisée pour les 6 consulats généraux auprès des centres d’appels du Maroc. Ils n’ont pas la capacité budgétaire pour assurer ce service.
En conséquence, le niveau de réponse au téléphone n’est pas satisfaisant ni du côté de l’administration, ni des utilisateurs.
Quand est-ce que le service France consulaire sera ouvert aux autres continents que l’UE ?
Quel est le budget prévu pour assurer ce service au niveau mondial en régime de croisière ?
➡ En réponse, le secrétaire général nous a apporté les précisions suivantes :
▫️Le service France consulaire a reçu 1500 appels depuis la mise en service à la mi-octobre.
▫️Il enregistre 98,5% de taux d’appels décrochés.
▫️Ce service sera étendu au monde entier en 2023.
▫️Le secrétaire général assure qu’un centre d’appel externalisé ne serait pas en capacité de répondre à toutes les questions qui lui seraient posées.
▫️Le budget pour France consulaire est de 920.000 euros en 2022 et bénéficiera d’un abondement de 520.000 euros pour le porter à un total de 1.440.000 euros.
Émirats Arabes Unis – Visite de l’ambassadrice
Heureux d’avoir fait la connaissance de Mme Hend Al Otaiba, nouvelle ambassadrice des Émirats Arabes Unis en France, lors de sa première visite au Sénat, ce 3 novembre.
Je l’ai accueillie en qualité de président du groupe d’amitié France-Pays du Golfe, accompagné de ma collègue Joëlle Garriaud-Maylam, présidente déléguée pour les Emirats Arabes Unis.
Parlant couramment le français et ayant fréquenté une école française aux Émirats arabes unis pendant de nombreuses années, Mme Al Otaiba a obtenu sa maîtrise à la Sorbonne de Paris Abu Dhabi et au Collège de défense nationale des Émirats Arabes Unis.
Nos échanges ont été riches et variés sur divers thèmes bilatéraux. Nous avons également évoqué la perspective d’un déplacement de notre groupe d’amitié sénatorial aux Émirats Arabes Unis en 2022.
Je lui souhaite un plein succès dans sa mission diplomatique.
INFOLETTRE n°152 – 2 nov. 2021 – Édito : Taïwan n’est pas seul // ACTUALITÉ > France Consulaire : ma question à JY Le Drian // FRANCE-TAIWAN (6-10 oct.) > CR du déplacement de la délégation sénatoriale / Revue de presse (Le Figaro, RTI, Le Point, Public Sénat) / Ma question sur Taïwan à Florence Parly // FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER > Fiscalité > “Gérer mes biens immobiliers” : nouveau service en ligne – Mobilité > QE : quel avenir pour la ligne Eurostar ? // AFFAIRES ÉTRANGÈRES > Notre monde universitaire, cible d’influences étrangères (rapport du Sénat) / Notre monde universitaire, cible d’influences étrangères (rapport du Sénat) / Crise des sous-marins : la France doit-elle quitter l’OTAN ? // CYBERSÉCURITÉ > PLF 2022-Cyberattaques : Audition du SGDSN + Audition de la DG Gendarmerie nationale // ÉCONOMIE > Le plan Indépendants intègre mes deux propositions // DIPLOMATIE PARLEMENTAIRE > Madagascar / Qatar.
Lire : l’INFOLETTRE n°152 – 2 novembre 2021
Edito de l’InfoLettre n°152
Taïwan n’est pas seul
Il y a tout juste un an, j’écrivais dans mon éditorial “Unis” : “La Chine de Xi-Ji Ping développe un monde néo-totalitaire qui va au-delà de l’imagination d’Orwell. Mettre à jour son appareil de répression interne et le développement de sa force militaire ; enrayer sa stratégie expansionniste et la mise en place de ses structures de désinformation externe constituent une priorité”.
Un an plus tard, trois rapports d’information ont été publiés en ce sens. Deux relevant du Sénat et un troisième émanant de l’Irsem Les opérations d’influence chinoises, un moment machiavélien (au sens où le Parti-État est “plus sûr d’être craint que d’être aimé”).
Ce document fait froid dans le dos, par exemple lorsqu’il présente Taïwan et Hong-Kong comme un terrain d’expérimentations pour des méthodes qui pourraient s’étendre à la planète entière…
Du reste, quel pays ne subit pas aujourd’hui la stratégie d’influence chinoise ? Le rapport de mon collègue André Gattolin (Mieux protéger notre patrimoine scientifique et nos libertés académiques) vient démontrer que le “Sharp Power” (subversion, intimidation, pressions) s’insinue dans des secteurs qui n’y étaient pas préparés, comme la recherche et l’enseignement supérieur.
Une évolution qui semble caractériser “un nouvel ordre mondial devant lequel s’effacent les règles de la diplomatie traditionnelle telles qu’héritées du XIXème siècle”, résume le rapport.
Comme je l’ai fait remarquer au chef d’état-major des armées, la dernière déclaration de guerre remonte à 1982 entre le Royaume-Uni et l’Argentine pour le conflit des Malouines. Désormais, à quel moment, considérons-nous qu’un pays fait la guerre à un autre ?
Depuis le début de l’année, Taiwan compte plus de 600 incursions d’avions chinois dans la zone d’identification de défense aérienne de son territoire et des milliers de cyberattaques au quotidien.
“Considérant que l’Union européenne et Taïwan sont des partenaires partageant les mêmes valeurs de liberté, de démocratie, de droits de l’homme et d’état de droit”, le 21 octobre 2021, le Parlement européen a émis 36 recommandations, dont la première consiste à travailler en étroite collaboration avec les États membres afin d’intensifier les relations politiques entre l’Union et Taïwan.
En proposant de modifier le nom du Bureau européen de représentation économique et commerciale à Taïwan en “Bureau de l’Union européenne à Taïwan” afin de refléter le large éventail de nos liens, le Parlement européen fait un nouveau pas en avant significatif, à l’image de la Lituanie qui a approuvé la création d’un bureau de représentation taïwanais.
Le 26 octobre, c’est Antony Blinken, Secrétaire d’Etat américain, qui appelait à une participation accrue de Taiwan aux travaux des Nations Unies.
La fraicheur de la démocratie taïwanaise, sa liberté d’expression, la force tranquille de la présidente Tsai Ing-wen qui incarne la résilience d’un peuple de 24 millions d’habitants séduisent.
Lors de notre conférence de presse à Taipei, j’ai déclaré que Taiwan est le contre-exemple de la thèse véhiculée par les régimes autoritaires qui considèrent que la démocratie n’est pas le meilleur système pour le développement humain.
Dans l’affrontement idéologique qui oppose la vision totalitaire de son puissant voisin chinois aux démocraties, j’ai rappelé que Taïwan n’était pas seule.
Les déclarations de soutien à Taïwan qui viennent de tous côtés ces derniers jours, telles que celles de l’Union européenne, des États-Unis, du Japon ou de l’Australie le démontrent. Cette union est salutaire pour l’île, car comme le veut un proverbe chinois, “une baguette est facile à casser, dix baguettes sont dures comme fer”. Découvrir l’InfoLettre n°152
Qatar – Mécénat – Château de Versailles
L’allée des Paons du jardins de Versailles va être reconfigurée à l’aide de plantations d’ormes. Une démarche rendue possible grâce à la générosité de l’État du Qatar.
Le 27 octobre, j’ai eu le plaisir d’être convié à la signature d’une convention pluriannuelle de mécénat entre Son Excellence Sheikh Ali Bin Jassim Al -Thani, ambassadeur de l’État du Qatar en France et l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, représenté sa présidente, Catherine Pégard.
La présidente s’est associée aux équipes du château pour se déclarée “honorée d’engager un compagnonnage, un partenariat qui durera plusieurs années”.
A ce titre, j’ai remercié les autorités qataries, et salué l’aboutissement des efforts entrepris par Catherine Pégard et Laurent Salomé, directeur du musée national des châteaux de Versailles et Trianon, en faveur de la préservation de notre patrimoine. +d’images
Notre monde universitaire, cible d’influences étrangères (rapport du Sénat – 29/09/2021)
Que des puissances étrangères, Chine en tête, s’intéressent de près à nos savoirs et savoir-faire ne devrait plus étonner. Pourtant le rapport de mon collègue André Gattolin intitulé Mieux protéger notre patrimoine scientifique et nos libertés académiques a secoué les consciences et interpellé les médias.
Ce rapport, rendu public le 29 septembre, est le fruit du travail de la mission d’information “sur les influences étatiques extra-européennes dans le monde universitaire et académique français et leurs incidences”, dont j’étais membre.
Suite à l’organisation d’une trentaine d’auditions, il en ressort que le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur français n’est désormais plus à l’abri des stratégies d’influence venant d’États étrangers. La mission nous alerte sur deux types de menace : captation de données scientifiques sensibles et “le façonnage” de l’image ou de la réputation d’un État.
Spontanément ouverts au partage des connaissances, il s’avère que nos chercheurs ne font pas toujours preuve de la vigilance nécessaire. C’est moins le cas dans les pays anglo-saxons (Australie, Royaume-Uni, Canada, États-Unis) qui ont, depuis plusieurs années, pris conscience des vulnérabilités de leur secteur universitaire.
Nous en avons eu l’évidence lors de l’audition de Mme Gillian Bird, ambassadrice d’Australie en France, le 21 juillet dernier, qui a évoqué des “campagnes de sensibilisation” et des “lignes directrices” à propos des visites et des échanges de chercheurs ou d’étudiants. Concernant ma question sur l’approche de l’Australie vis-à-vis des télécoms, notamment Huawei, la réponse Mme Bird fut sans détour : “le gouvernement australien a pris la décision de bannir Huawei sur la 5G pour protéger nos intérêts nationaux”. L’ambassadrice a précisé que son pays a été le premier à le faire, nonobstant les mesures de rétorsion de la Chine (Australie – Audition de Gillian Bird, ambassadrice).
Déjà 6 centres de R&D Huawei ont été déployés en France. En parallèle, 17 Instituts Confucius se sont implantés en France depuis 2005, majoritairement positionnés dans des villes de taille moyenne qui possèdent une université. Ce maillage territorial en conservant une certaine discrétion “ne doit rien au hasard”, note le rapport de mon collègue André Gattolin.
La mission d’information a identifié cinq objectifs majeurs pour lesquels elle formule 26 propositions (*) qui visent à diffuser une culture de la responsabilité auprès des personnels de la recherche qui doivent être sensibilisés et formés très en amont.
Mieux protéger notre patrimoine scientifique et nos libertés académiques
Rapport d’information n° 873 (2020-2021) de M. André Gattolin, fait au nom de la MI Influences étatiques extra-européennes, déposé le 29 septembre 2021
Disponible au format PDF
Synthèse du rapport
(*) Exemples :
-Proposition 17. Créer un régime de transparence sur l’origine des financements extra-européens des projets (colloques, contrats doctoraux, chaires…) menés par les établissements d’enseignement supérieur et de recherche et les think-tanks.
-Proposition 18. Faire valoir au niveau national des exigences de réciprocité dans les échanges universitaires avec les pays extra européens.
La France peut-elle contribuer au réveil européen dans un XXIe siècle chinois ? (rapport du Sénat – 22/09/2021)
Comment dépasser le « mantra d’une Chine aux trois visages » : partenaire, concurrent et rival systémique pour définir des politiques cohérentes, interroge le rapport d’information du Sénat, intitulé La France peut-elle contribuer au réveil européen dans un XXIe siècle chinois ?
Les cinq auteurs Pascal Allizard, Gisèle Jourda, Édouard Courtial, André Gattolin et Jean-Noël Guérini ont auditionné une cinquantaine de personnes avant de présenter leurs conclusions à notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, le 22 octobre dernier.
À quelques semaines de la présidence française de l’Union européenne, ce rapport souligne le rôle déterminant que notre pays peut jouer pour renforcer de l’autonomie stratégique de l’Union européenne tout en maintenant le dialogue avec la Chine.
Un dialogue pour progresser avec elle dans l’enjeu essentiel qu’est la protection de l’environnement ; un dialogue exigeant en termes de défense des droits de l’homme qui vise à la mise en place d’une mission d’évaluation de la situation au Xinjiang ; un dialogue commercial ambitieux ne négligeant aucun point sensible comme l’ouverture du marché chinois, la transparence des marchés publics ou la protection de la propriété intellectuelle.
Le rapport remarquable de mes collègues est sorti concomitamment avec celui de l’Irsem (Institut de recherche stratégique de l’École militaire) nommé Les opérations d’influence chinoises, un moment machiavélien (*).
L’Irsem définit le sharp power comme le recours à la subversion, l’intimidation, et les pressions qui se combinent afin de promouvoir l’autocensure. Aussi, afin de situer la frontière entre l’influence acceptable et l’ingérence inacceptable, on peut se poser la question de la réciprocité. Le parti communiste chinois tolérerait-il que nous fassions en Chine ce qu’il fait chez nous ? C’est précisément parce que nous ne définissons pas de limite que la Chine se croit tout permis.
Le rapport du Sénat doit nous aider à fixer des barrières et des garde-fous au travers de 14 recommandations pour guider la politique française et européenne vis-vis de la Chine.
La France peut-elle contribuer au réveil européen dans un XXIe siècle chinois ?
Rapport d’information n° 846 (2020-2021) de Pascal Allizard, Gisèle Jourda, Édouard Courtial, André Gattolin et Jean-Noël Guérini, fait au nom la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, déposé le 22 septembre 2021
Disponible au format PDF
Synthèse du rapport
(*) Extrait : C’est un « moment machiavélien » au sens où le Parti-État semble désormais estimer que, comme l’écrivait Machiavel dans Le Prince, « il est plus sûr d’être craint que d’être aimé ». Ce qui correspond à une « russianisation » des opérations d’influence chinoises.
Réponse à ma QE : quel avenir pour la ligne Eurostar ?
Par une question écrite, j’avais attiré l’attention du ministre chargé des Transports sur les risques qui pèsent sur l’avenir de la ligne à grande vitesse Eurostar.
La réponse m’est parvenue un an plus tard… Question posée le 22/10/2020, réponse obtenue le 21/10/2021 !
LIRE : Ma question n° 18385 (publiée le 22/10/2020) & la réponse de M. le ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, chargé des transports (publiée le 21/10/2021)
France consulaire : ma question à Jean-Yves Le Drian & sa réponse (vidéo 3’20)
Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a été auditionné le 20 octobre par notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2022.
Verbatim de mon intervention :
Monsieur le Ministre,
Je veux vous remercier pour les moyens que vous avez obtenus pour votre ministère ;
vous remercier pour vos efforts en faveur de nos compatriotes à l’étranger qui font l’originalité de la France par rapport aux autres pays comme vous l’avez souligné et saluer tous les personnels du ministère qui concourent aux services qui leur sont apportés.Ma question porte comme l’an dernier sur le dispositif “France consulaire” que vous avez évoqué.
. Cette plateforme téléphonique centralisée devrait permettre de faciliter les démarches consulaires pour nos concitoyens à l’étranger en soulageant les standards des consulats qui peinent souvent à répondre.
. L’amélioration de la réponse téléphonique des consulats est un sujet critique qui n’est pas nouveau. Aussi je vous suis reconnaissant d’avoir initié ce projet que je réclamais déjà il y a plus de 10 ans à l’AFE.
. Doté de 500.000 euros par an, il doit être mis à la disposition des Français de l’étranger 24h/24, 7j/7 à terme.
. L’an dernier, je vous avais déjà interrogé sur ce projet qui avait, à l’époque, pris une année de retard. Vous m’aviez répondu qu’il serait déployé en 2021.
. Le service France consulaire a été introduit la semaine dernière. Ouf !Je souhaite partager plusieurs observations :
– Premièrement : le déploiement est en retard par rapport aux prévisions.
Seulement 5 pays peuvent bénéficier de ce dispositif, ce qui apparait un peu modeste en termes de nombre d’inscrits : Slovénie 503 inscrits ; Croatie : 768 inscrits…
Il faudra attendre fin 2022 (!) pour qu’il soit généralisé dans l’UE.
Aucune date n’est donnée pour la généralisation dans le monde.
– Deuxièmement, l’accueil téléphonique est assez limité puisqu’il est assuré de 9h à 17h du lundi au vendredi.
– Troisièmement, le dispositif ne semble pas vraiment centralisé, puisqu’à ce jour, nous avons 5 numéros de téléphone, 5 formulaires de contacts pour 5 pays différents, avec une liste de questions différentes.Mes questions sont simples :
– Avec 500.000 euros par an, je m’interroge si ce budget est suffisant pour financer la création d’un centre d’appel destiné aux FDE qui, de fait, apparemment n’est rien de plus qu’une petite foire aux questions, un numéro de téléphone et un formulaire de contact ?
– Pourrions-nous disposer d’un cahier des charges de ce service, France consulaire, pour comprendre les objectifs en termes de réponses apportées aux usagers afin d’évaluer sa pertinence ?
Koweit – Sami Alsulaiman, ambassadeur du Koweït en France
Le 21 octobre 2021, en ma qualité de président du groupe d’amitié France-Pays du Golfe, j’ai reçu au Sénat Sami Alsulaiman, ambassadeur du Koweït en France, accompagné de Hoda Alkhodor, attachée diplomatique.
L’ambassadeur a d’abord souligné les excellentes relations diplomatiques liant son pays à la France, et remercié celle-ci pour son engagement en faveur de la libération de son pays lors de son invasion par l’Irak au début des années 1990.
Puis il a abordé la gestion par le Koweït de la crise de la Covid-19, mentionnant sa participation au programme COVAX et son soutien à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la lutte contre la pandémie.
Sami Alsulaiman a ensuite évoqué les nombreux accords de coopération conclus entre la France et le Koweït, que ce soit dans le domaine sanitaire ou militaire, en appelant à leur développement.
Indiquant que la langue française était parlée dans son pays et promue dans ses établissements scolaires, et précisant que le Koweït accueillait de nombreuses institutions françaises, il a rappelé sa candidature à la Francophonie.
Soulignant l’attachement de son pays aux libertés politique, religieuse et de la presse, l’ambassadeur a ensuite évoqué les principaux dossiers diplomatiques de la région du Golfe (Iran, Yémen, Irak, Syrie, Liban…), dans lesquels le Koweït s’attache à jouer un rôle de médiateur.
Turquie – Droits de l’Homme – Délégation de parlementaires turcs
Le 20 octobre, une délégation du groupe d’amitié France-Turquie, présidé par mon collègue Jean-Claude Requier et dont je suis membre, a été reçue par l’ambassadeur de Turquie en France, Ali Onaner, à l’occasion d’une visite d’une délégation de parlementaires turcs à Paris.
Étaient présents les sénateurs Loïc Hervé, Jean-Yves Leconte et Pascal Allizard.
La délégation de parlementaires turcs émanait de la sous-commission d’enquête et de recherche sur le racisme et l’islamophobie émergents dans les pays européens qui dépend de la Commission d’enquête sur les droits de l’homme de la Grande Assemblée Nationale de Turquie. Elle était ainsi composée de :
. Hakan ÇAVUŞOĞLU, Député de la ville de Bursa, Président de la sous-commission, AK Parti
. Mahmut Atilla KAYA, Député de la ville d’İzmir, AK Parti
. Mahmut TANAL, Député de la ville d’İstanbul, CHP
. Mehmet Bülent KARATAŞ, Député de la ville d’İstanbul, MHP
. Ahmet YILDIZ, Expert Législatif
. Rıza Furkan ÇÖZME, Expert Législatif
. Kenan ARPACIOĞLU, Expert Législatif
Je suis intervenu pour rappeler le profond attachement de la France à la liberté religieuse. Ce fut l’opportunité d’évoquer les persécutions envers la communauté ouighoure en Chine en raison de ses croyances religieuses.
J’ai ajouté que les persécutions touchaient toutes les confessions en Chine, en témoigne le cas du pasteur Wang Yi.
J’ai proposé à la délégation turque de signer une tribune conjointe entre nos deux délégations pour réclamer à la Chine le respect de la liberté religieuse pour toutes les confessions. Le président de la délégation, Hakan Çavusoglu, m’a répondu qu’il partageait mon point de vue et qu’il approuvait la démarche proposée.
Taïwan – “La France confirme le passage d’un navire militaire dans le détroit de Taïwan” (RTI – Radio Taiwan International)
La rédaction de RTI revient sur la question que j’ai posée à Florence Parly, ministre des Armées, lors de son audition au Sénat le 12 octobre au sujet de la sécurité dans le détroit de Taiwan >>>
Article RTI :
C’est dans le cadre d’une audition au Sénat que la ministre des Armées Florence Parly a confirmé la présence d’un bâtiment de la Marine française dans le détroit de Taïwan.
En réponse à une question du sénateur Olivier Cadic sur la position de la France face à l’escalade des tensions dans la région indopacifique et en particulier entre Taïwan et la Chine, la ministre des Armées a indiqué que la France ne restait pas inactive ni en recul : « Nous manifestons, y compris avec les moyens de la Marine nationale, notre attachement au droit international et à la liberté de circulation. C’est traduit par la présence de bâtiments de la Marine nationale comme le Dupuy-de-Lôme dans le détroit de Formose » a déclaré Florence Parly.
Les manœuvres du navire de renseignement électromagnétique Dupuy-de-Lôme de 3600 tonnes dans le détroit de Taïwan ont été confirmées, sans toutefois préciser de date. Le navire qui était en mission dans le Pacifique au mois de mai a été vu la dernière fois dans les eaux du Japon le 1er octobre.
Cette audition au Sénat fait suite à la visite d’une délégation sénatoriale à Taïwan du 6 au 10 octobre dernier, conduite par le Sénateur et ancien ministre de la Défense Alain Richard, à laquelle a pris part Olivier Cadic, auteur de la question adressée à la ministre Florence Parly.
Source RTI : La France confirme le passage d’un navire militaire dans le détroit de Taïwan (14.10.2021)
PLF 2022 – Cyberattaques – Audition SGDSN
Ce mercredi 13 octobre 2021, la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées auditionné Stéphane Bouillon, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) dans le cadre des travaux préparatoires à l’examen du projet de loi de finances pour 2022.
En ma qualité de rapporteur pour avis pour les crédits budgétaires du SGDSN, j’ai interrogé Stéphane Bouillon sur la mise en place du plan de relance cyber.
J’ai également demandé si nous serions prêts à faire face à une cyberattaque majeure d’ordre systémique de nature à paralyser le pays.
Enfin, j’ai mentionné l’expérience taïwanaise de lutte contre les “fake-news” qui se propagent très rapidement dans l’espace numérique. Nous devrions nous en inspirer dans le cadre de notre structure de lutte contre la désinformation en ligne, “Viginom”.
Voir l’audition dans son intégralité et la réponse de Stéphane Bouillon à ma question >>> (12:02:02) LIEN
PLF 2022 – Cyberattaques – Audition de la DGGN (Gendarmerie nationale)
Ce 13 octobre, la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a auditionné le général Christian Rodriguez, directeur général de la Gendarmerie nationale, dans le cadre des travaux préparatoires à l’examen du projet de loi de finances pour 2022.
J’ai demandé au général quel numéro de téléphone pourrions-nous proposer aux victimes de cyberattaques lorsque ces derniers ne peuvent plus avoir accès au site cybermalveillance.gouv.fr ?
De plus, j’ai suggéré l’idée de créer un “Top 10 des cyberattaques” chaque mois afin de sensibiliser le public à ces dangers.
Voir l’audition dans son intégralité et la réponse du général à ma question > (14:39:35) LIEN
Madagascar – Réception d’une délégation de sénateurs malgaches
À l’initiative du conseiller des Français de l’étranger Jean-Hervé Fraslin, j’ai eu l’honneur de recevoir ce 12 octobre au Sénat une délégation de trois sénateurs malgaches pour leur premier déplacement en France depuis leur prise de fonction il y a 8 mois :
Eddie Fernand, questeur du Sénat ;
Mino Avizara Seramila, sénateur ;
Donat Tang Manasoa, sénateur.
Cette rencontre leur a permis d’évoquer le plan stratégique du Sénat malgache, renouvelé en janvier 2021 pour 5 ans.
J’ai salué la force de leur engagement au service de leur pays et du fonctionnement de leurs institutions démocratiques.
Taïwan – Ma question sur Taïwan à Florence Parly & sa réponse (vidéo 2’55)
Florence Parly, ministre des Armées, a été auditionnée le 12 octobre par notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, présidée par Christian Cambon.
➡ Verbatim de mon intervention :
L’ancien Premier ministre australien Tony Abbott a condamné sévèrement la décision du Premier ministre Scott Morrisson. Il révèle les failles et les conséquences négatives de la décision d’annulation pour l’Australie.
Tony Abott, qui a signé ce contrat avec la France, conforte en tous points votre démonstration. Il me paraît important et utile de vous apporter notre soutien et d’exprimer notre solidarité, plutôt que de nous opposer les uns les autres sur ce dossier, ce qui réjouirait des puissances étrangères qui ne nous veulent pas que du bien.
Un point important d’après les Australiens est la dimension stratégique de la décision.
Les intimidations de la Chine dans la zone indopacifique perturbent la sécurité régionale. Les menaces se font de plus en plus précises.
J’étais à Taiwan la semaine dernière.Taiwan expérimente non seulement une augmentation des incursions aériennes chinoises, mais également des dizaines de milliers d’attaques quotidiennement contre leurs forces armées et les infrastructures.
Taiwan est contraint d’élever ses capacités militaires.
Une alliance démocratique est nécessaire pour contrecarrer la vision expansionniste de la Chine. L’annonce de l’AUKUS a donc été perçue positivement par les Taïwanais.
Les parlementaires taïwanais ont exprimé le souhait d’un soutien de notre part en matière de défense pour assurer la sécurité dans le détroit de Taiwan, à l’image de ce que nous faisons avec d’autres pays de la région.
Pour notre part, nous avons souvent exprimé notre désir de préserver le statu quo dans le détroit de Taiwan. Allons-nous envoyer des signes aux Taïwanais pour contribuer à la défense de cet espace comme un espace de droit, pour reprendre vos propos ?
➡ Réponses clés de Florence Parly :
– “Une escalade est possible avec des conséquences dramatiques”.
– “Nous manifestons avec les moyens de la Marine nationale notre attachement au droit international et à la liberté de circulation, ce qui s’est traduit par la présence de bâtiments de la Marine nationale comme le “Dupuy-de-Lôme” dans le détroit de Formose et je n’ai pas besoin de vous renvoyer à l’action du Sénat lui-même”.
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(*) Dupuy-de-Lôme : navire collecteur de renseignements de la Marine nationale française travaillant au profit de la direction du Renseignement militaire (DRM) et de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE)
Taïwan – « Taïwan n’est pas seul », insiste le sénateur Olivier Cadic, de retour d’une visite officielle (Public Sénat)
Par Guillaume Jacquot, Public Sénat, article publié le 12 oct. 2021 >
Quatre membres du groupe d’amitié France-Taïwan du Sénat se sont rendus sur l’île du 6 au 10 octobre. Le déplacement intervient dans un contexte de tensions avec la Chine, qui voit depuis plusieurs mois d’un très mauvais œil cette initiative.
Ce n’est pas la première fois qu’un groupe de parlementaires français était reçu à Taïwan. La visite de quatre sénateurs français du 6 au 10 octobre sur l’île qui se présente comme la « République de Chine », est loin d’être passé inaperçue. Le regain de tensions depuis plusieurs mois avec Pékin, qui défend le concept d’une seule Chine et plaide pour une réunification, n’y est pas étranger. En mars, l’ambassade de la République populaire de Chine à Paris avait fait pression sur le groupe d’échanges et d’études Sénat-Taïwan, désapprouvant cette prise de contact officielle (relire notre article).
Qu’importe, la délégation conduite par le sénateur (LREM) Alain Richard, ancien ministre de la Défense sous Lionel Jospin, a décidé de maintenir le déplacement, déjà reporté pour cause de crise sanitaire, et s’est envolée le 5 octobre pour quatre jours de rencontres, placées sous le signe de la coopération et de développement mutuel. Max Brisson (LR), Olivier Cadic (Union centriste) Else Joseph (LR) l’accompagnaient.
« Le message, c’est que Taïwan n’est pas seul et que toutes les démocraties s’intéressent au sort de Taïwan », résume Olivier Cadic, l’un des sénateurs représentant les Français établis hors de France. Officiellement, comme la très grande majorité des Etats à l’ONU, la France ne reconnaît que la République populaire de Chine. De par sa situation et son histoire, l’île de Taïwan a pourtant quelques particularités. Le Sénat l’a rappelé en mai, en adoptant une résolution demandant au gouvernement de favoriser la participation de l’île à plusieurs organisations internationales (relire notre article) comme l’OMS.
« L’agression est permanente »
La délégation sénatoriale a été accueillie par plusieurs représentants officiels de Taïwan, au plus niveau, la présidente Tsai Ing-wen en tête. « Je me réjouis de vous rencontrer et de travailler ensemble pour renforcer les liens entre Taïwan et la France », a-t-elle notamment déclaré. Cette figure du Parti démocratique progressiste (PDP), qui rejette le principe de l’unité d’une seule et même Chine, a été réélue pour un nouveau mandat en janvier 2020. Son arrivée au pouvoir a distendu les liens avec Pékin, qui refuse toute idée d’indépendance de ce territoire.
Dès le 4 octobre, un évènement a planté le décor géopolitique. Taïwan a fait état d’une incursion record de 56 avions chinois dans sa zone de défense aérienne, portant à 600 le nombre observé depuis le début de l’année. « C’est une partie du problème. Il y a aussi des milliers de cyberattaques au quotidien. L’agression est permanente, c’est ce qu’on a constaté en allant sur place », commente Olivier Cadic.
Pékin s’est montrée irritée par un mot prononcé durant le séjour des Français. Après avoir reçu une médaille d’honneur des mains de la présidente Tsai Ing-wen, le sénateur Alain Richard a salué l’action du bureau de représentation de Taïwan à Paris, qui fait « un très bon travail dans la représentation de votre pays ». « Pays », le mot n’est pas passé auprès des autorités chinoises. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères l’a fait savoir le lendemain, au cours d’une conférence de presse. « Appeler Taïwan un pays, qui viole outrageusement le consensus de la communauté internationale, France comprise », a réagi Zhao Lijian, condamnant fermement la déclaration. Le porte-parole a par ailleurs accusé le sénateur d’avoir agi « par intérêt personnel afin de compromettre les relations entre la Chine et la France ». Lors d’une conférence de presse, Alain Richard assure avoir simplement employé une « expression géographique » et non politique.
La précédente visite de sénateurs à Taïwan remontait à 2018.
Source Public Sénat : “Taïwan n’est pas seul”, insiste le sénateur Olivier Cadic, de retour d’une visite officielle (12/12/2021)
Qatar – Interview au journal Al-Sharq
Quelques jours avant mon déplacement à Taïwan, le journal Al-Sharq m’a proposé un entretien qu’il publie en Une, ce matin.
C’est en qualité de président du groupe d’amitié France-Pays du Golfe que j’ai répondu aux questions de Mme Hajer Skah, correspondante à Paris du journal qatari Al-Sharq, au sujet des élections législatives au Qatar, ainsi que le rapatriement des français d’Afghanistan.
Traduction de l’article ➡
Instruments privilégiés de la coopération bilatérale entre les parlements, les groupes d’amitié interparlementaires sont devenus des acteurs de premier ordre de la diplomatie parlementaire. Réunissant 44 membres, le groupe d’amitié France-Pays du Golfe est présidé par le Sénateur Olivier Cadic depuis 2020.
1️- La région des pays du golfe vit plusieurs transformations, que pensez-vous des élections au sein du Conseil Consultatif au Qatar le 2 octobre, un fait unique et historique ?
Ces élections, qui permettront de renouveler 30 des 45 membres du Conseil consultatif qatari, sont effectivement un évènement historique pour l’histoire politique et institutionnelle du Qatar, car il s’agit des premières élections législatives de l’histoire du pays, les députés étant jusqu’à présent nommés par l’émir.
Cela constitue un signal majeur d’ouverture et de modernité pour le Qatar. Il conforte les évolutions démocratiques extrêmement positives que connaît le pays, seule monarchie du Golfe à s’être dotée d’un parlement principalement élu doté de réels pouvoirs, tels que la possibilité de bloquer les lois ou de soumettre des questions aux ministres.
Ce processus va permettre d’ouvrir ce conseil à la diversité, à la réflexion et à la multitude des opinions, afin d’accompagner le changement futur du pays vers notamment d’autres voies de développement que la valorisation des seuls hydrocarbures.
On peut remarquer avec satisfaction que 28 des 284 candidats sont des femmes. Dans un pays où les femmes sont plus nombreuses que leurs homologues masculins dans l’enseignement supérieur et sont activement représentées à de hautes fonctions, elles joueront un rôle important dans cette étape historique vers l’engagement civique de l’ensemble de leurs concitoyens.
2️- Quelles sont les dernières dates marquantes dans l’agenda amical et les perspectives de coopération entre les parlementaires des deux pays ?
L’entretien du groupe d’amitié avec Son Excellence Sheikh Ali Bin Jassim Al-Thani, Ambassadeur du Qatar en France, début juillet 2020, avait permis d’évoquer plusieurs sujets qui mériteraient d’être approfondis dans une optique interparlementaire :
Le processus d’ouverture du Qatar mené par l’Emir Tamim bin Hamad Al Thani qui, depuis son accession au pouvoir en 2013, poursuit le mouvement de transformation engagé par son père, l’Emir Hamad, conciliant développement du pays et respect des traditions ;
La situation économique du pays, marquée par la transition vers l’après-pétrole, et les riches relations économiques croisées entre la France et le Qatar ;
Les difficultés liées à l’épidémie de Covid-19, qui a donné lieu à un important programme d’aide étatique aux entreprises et aux particuliers au Qatar, mais aussi au rapatriement par la compagnie nationale Qatar Airways de nombreux ressortissants français à travers le monde, à des conditions tarifaires raisonnables, au tout début de l’épidémie ;
La coopération militaire franco-qatarie, initiée puis formalisée lors de la signature de deux accords de défense en 1994 et 1998, qui s’est renforcée lors de l’intervention militaire conjointe de 2011 en Libye et s’est poursuivie avec la participation du Qatar aux frappes aériennes de la coalition internationale en Syrie ;
Les autres grands sujets d’actualité régionale et internationale telles que les relations israélo-palestiniennes, la guerre en Syrie et en Lybie, les relations avec la nouvelle administration américaine ou encore les rapports entre la Turquie et l’Union européenne ;
Les nombreux échanges universitaires et culturels entre la France et le Qatar, qui a intégré en 2012 l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et introduit le français dans ses programmes éducatifs ;
Et bien sûr l’organisation et les nombreuses retombées positives attendues de la coupe du monde de football, que le Qatar accueillera en 2022.
L’entretien, le 17 juin dernier, du groupe d’amitié avec Hassan Al Thawadi, secrétaire général du Comité suprême pour les projets d’héritage du Qatar, en présence de Ali bin Jasem Al Thani, ambassadeur de l’État du Qatar en France, avait par ailleurs permis d’évoquer l’organisation de la coupe du monde de football 2022 au Qatar, un événement historique puisqu’il s’agira de la première coupe du monde organisée dans un État du Moyen-Orient.
3️- Que pensez-vous du pont aérien effectué par le Qatar pour l’évacuation d’Afghanistan des ressortissants de différents pays dont la France ?
Il convient de saluer l’intervention très positive du Qatar pour faciliter ces évacuations, aux côtés d’ailleurs des Émirats arabes unis.
Ainsi, plus des deux tiers des 120 000 Afghans et étrangers qui ont fui l’Afghanistan sur des vols d’évacuation ont atterri au Qatar et aux Émirats arabes unis avant de se rendre vers leur destination finale.
Une cinquantaine de Français ont pu bénéficier d’un vol de Qatar Airways pour rejoindre le Qatar le 10 septembre, avant d’être rapatriés à Paris sur un vol affrété par le ministère français des Affaires étrangères. Ce dernier a d’ailleurs remercié les autorités qataries pour leur « aide déterminante ».
L’aérodrome de Kaboul, qui avait été saccagé fin août, est proche de pouvoir rouvrir aux vols commerciaux, grâce en particulier aux efforts du Qatar qui doivent être salués.
4️- Le comité responsable de l’organisation de la coupe du monde au Qatar en 2022 a récemment appelé les qataris à inviter chez eux pour les loger des supporters de foot lors la coupe du monde, qu’en pensez-vous ?
Je n’ai pas d’éléments d’information particuliers à ce sujet, mais cela semble une excellente initiative permettant à la fois de développer l’offre d’hébergement qatarie en vue de la coupe du monde, mais aussi de favoriser les échanges entre la population qatarie et les touristes venant du monde entier, dont la France.</font>
Bilan de mandat 2014-2021 – “le monde pour circonscription”
Le livret Bilan de mandat 2014-2021 – “Le monde pour circonscription” constitue une synthèse de mes actions.
En sept ans, j’ai effectué 404 déplacements dans 98 pays avec une priorité d’action par pays. Sénateur entrepreneur, je fonctionne en mode projets pour atteindre un objectif parmi 4 champs d’intervention.
Les projets accomplis ont été inspirés, soutenus ou conduits par les élus consulaires, les diplomates et de nombreuses personnes engagées dans le réseau économique, éducatif et culturel. Cela s’est traduit par des créations d’écoles, de chambres de commerce ou bien d’Alliances françaises, et tant d’autres accomplissements.
L’entrepreneur, que je suis, sait que tout résultat est l’œuvre d’un travail collectif. Je remercie tous ceux qui ont contribué à donner un résultat concret à mon action.
Sommaire : AU SÉNAT / UN MONDE DE PROJETS (1. Action Consulaire 2. Enseignement et culture 3. Diplomatie parlementaire 4. Diplomatie économique) / RELAIS DES ÉLUS CONSULAIRE / AFE / SEMAINE DES AMBASSADEURS / CONGRÈS DE VERSAILLES / DEVOIR DE MÉMOIRE / PARCOURS.

















