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Médias – “Ukraine, Levant, mer de Chine : penser l’engrenage mondial” (Tribune)

Ukraine, Levant, mer de Chine : penser l’engrenage mondial

Olivier Cadic, Sénateur des Français établis hors de France et Président du groupe France-Pays du Golfe au Sénat.

Article publié dans l’infolettre UDI du 6 mars 2026

Le monde est entré dans une phase d’engrenage stratégique. Les crises que nous observons ne sont plus isolées : elles se répondent, s’alimentent et peuvent, à tout moment, changer d’échelle.

Cette dynamique s’est accélérée avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Depuis, la logique de confrontation entre puissances s’est installée durablement dans les relations internationales.

Au Moyen-Orient, après s’être confronté aux proxys de l’Iran depuis le 7 octobre 2023, Hamas, Hezbollah, Houthis, Israël, soutenu par les États-Unis, se retrouve désormais engagé dans une confrontation plus directe avec le régime des mollahs, qui a fait de la destruction de l’État hébreu, l’un des fondements idéologiques de son projet.

À la suite des frappes engagées contre l’Iran samedi dernier, plusieurs trajectoires peuvent être envisagées.

La première serait une rupture brutale du régime sous la pression militaire et populaire, hypothèse qui demeure peu probable à ce stade.

Une seconde verrait les États-Unis réduire progressivement leur implication, laissant Israël en première ligne.

Une troisième passerait par une reprise diplomatique, aux conditions d’un régime iranien plus accommodant et d’un geste stratégique majeur de Washington, tel qu’un allègement substantiel des sanctions.

Mais le scénario aujourd’hui le plus crédible reste celui d’un enlisement durable du conflit, avec des conséquences potentiellement lourdes pour toute la région, et pour l’économie mondiale si le détroit d’Ormuz ou les grands hubs aériens du Golfe venaient à être durablement perturbés.

Le prochain point de friction pourrait se situer au Liban, où la fragilité de l’État demeure préoccupante.

Au pays du Cèdre, où je me suis rendu il y a deux semaines en compagnie de Nadia Chaaya, présidente du groupe Les Indépendants à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), j’ai pu mesurer l’inquiétude profonde d’une partie de la population. Beaucoup redoutent davantage encore un affrontement interne contre le Hezbollah, qui raviverait le spectre d’une nouvelle guerre civile, qu’une intervention terrestre israélienne.

L’avenir de cette milice, qui fait le malheur du Liban, dépendra largement des évolutions du pouvoir à Téhéran et de la personnalité du prochain Guide suprême.

Mais l’engrenage dépasse largement le Moyen-Orient.

Les tensions persistent dans l’arc Inde–Pakistan–Afghanistan, tandis que la mer de Chine méridionale et Taïwan demeurent des lignes de fracture majeures entre les États-Unis et la Chine.

Parallèlement, la Russie pourrait exploiter toute diversion stratégique américaine pour renforcer ses positions en Arctique, dans la Baltique ou aux marges orientales de l’Europe.

Dans ce contexte, la naïveté n’est plus permise pour la France et l’Europe. Anticiper ces enchaînements de crises et se donner les moyens diplomatiques et militaires de dissuader toute agression n’est pas céder au fatalisme : c’est assumer la responsabilité première d’un État, préserver la paix.

Sénat – Guerre au Moyen-Orient : quels scénarios pour la suite ? – Vidéo Q/R (9’40)

Ce 4 mars, notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a invité Pierre Razoux, directeur académique de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES), pour évoquer la guerre au Moyen-Orient.

Après avoir exprimé ma solidarité envers les Français établis dans les pays du Golfe, au Liban et en Israël, en rappelant que leur sécurité demeure prioritaire, j’ai alerté sur la dynamique d’escalade géopolitique à l’œuvre depuis l’invasion de l’Ukraine. J’ai notamment interrogé notre invité sur l’avenir politique du Hezbollah au Liban et sur le risque d’un embrasement élargi, y compris en mer de Chine méridionale autour de Taïwan.

Merci à Pierre Razoux qui a décrit clairement de nombreux scénarios d’escalade.

Voir la VIDÉO de l’intégralité de l’audition sur le site du Sénat

VERBATIM de mon intervention

Merci pour vos propos. En qualité de président du groupe d’amitié avec les pays du Golfe, du GCC, vous comprendrez que je tiens d’abord à dire combien nos pensées vont vers nos compatriotes, leurs familles, leurs employés et l’ensemble de notre communauté vivant dans les pays du Golfe, mais bien sûr du Liban et en Israël.

Leur sécurité est et doit demeurer une priorité absolue.

J’ai pris note de vos scénarios qui sont circonscrits, et c’est logique vu le titre, aux conséquences de l’attaque de la semaine dernière. Mais je sais que vous avez pris de la hauteur aussi puisque vous avez mentionné à un moment la rivalité entre les États-Unis et la Chine.

Nous vivons en fait un engrenage réel qui a commencé il y a quatre ans avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et donc, en réalité, nous vivons une escalade depuis ce temps-là et je voudrais évaluer avec vous les scénarios d’escalade auxquels nous sommes confrontés puisque, peut-être, nous pensons que ce conflit que nous voyons actuellement n’est effectivement qu’un des engrenages que nous risquons de vivre dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.

Parmi les escalades que nous observons déjà, et pour rester dans l’environnement direct, le Liban, où j’étais il y a deux semaines, qui se trouve entraîné dans un conflit par le Hezbollah malgré lui, malgré la volonté de son gouvernement et de la population.

Comment expliquez-vous les implications politiques et sociales de l’intervention de ce groupe armé pour la souveraineté libanaise ? Des élections sont prévues en mai prochain auxquelles le Hezbollah devait participer. Pensez-vous que le Hezbollah puisse encore rester un acteur politique au Liban et participer à ces élections alors qu’ils n’ont pas désarmé ?

Quelles seraient, selon vous, les conséquences d’une offensive terrestre israélienne au Liban ? Quel impact cela a-t-il sur la sécurité des communautés civiles libanaises, bien sûr, de tous nos compatriotes qui y vivent, y compris des minorités ?

Et pour finir, puisque vous avez mentionné la question États-Unis-Chine et que dans les scénarios d’escalade avec la Chine, nous observons aujourd’hui de plus en plus de multiples incidents en mer de Chine méridionale du fait de la marine de Pékin et un discours de plus en plus offensif de Pékin vers Taïwan. Ne pensez-vous pas qu’actuellement, nous risquons un scénario d’engrenage aussi à cet endroit ? Merci.

Sénat – Transition démocratique au Venezuela & Menace des cartels latino-américains – Vidéo Q/R (9’45)

Ce 4 février, notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a auditionné Gaspard Estrada, politologue à l’unité du Sud Global à la London School of Economics.

Je me suis étonné auprès de M. Estrada du silence des démocraties européennes face à la transition démocratique engagée au Venezuela et alerté sur l’extension du crime organisé en Amérique latine, nourri notamment par les précurseurs chimiques chinois, et des répercussions directes jusqu’en Europe.

VERBATIM de mon intervention

Merci de vos propos. Vous avez mentionné la rivalité stratégique entre la Chine et les États-Unis en Amérique latine. Elle se démontre aussi par l’arrivée des précurseurs chimiques chinois qui arrivent par les ports. Vous avez parlé de Shanghaï, mais la cocaïne se compose aussi des précurseurs chimiques chinois qui envahissent donc l’Amérique latine. C’est un des sujets qui va m’amener à vous parler du développement du crime organisé et donc des cartels, qui sont considérés désormais comme des organisations terroristes aux États-Unis et qui, à mon avis, c’est un peu le game changer, parce qu’on parle de trafic de drogue, mais on aurait pu parler de l’Orénoque et donc de ce que font les militaires vénézuéliens aux sources donc de l’Orénoque pour faciliter le trafic de métaux précieux.

Mais on aurait pu parler aussi du trafic d’êtres humains, de tout ce qui se passe sur cette zone. Vous avez justement rappelé la présence de l’ENL et puis, justement, la proximité entre la Colombie et le Venezuela dans ce domaine. Donc, je pense que c’est effectivement une raison qui nous amène à nous préoccuper de ce qui se passe aussi en Colombie.

Mais il y a quand même une transition démocratique qui est en route au Venezuela. On n’en parle pas, mais il faut quand même rappeler qu’Edmundo González Urrutia a été élu avec 70% des voix. On fait comme si ce scrutin n’avait pas existé. C’est quand même un peu surprenant, puisqu’en réalité le devenir de ce pays est pour l’instant imbriqué dans des réseaux d’influence et d’ingérence : l’Iran, la Russie, la Chine, Cuba au Venezuela. C’est un vrai sujet, mais aussi les acteurs tels que le Hezbollah, aussi présents.

J’aimerais savoir ce que vous pensez de ce qui se passe et de l’impact avec l’Iran, les groupes paramilitaires, les organisations criminelles. Aujourd’hui, ce qui est un peu étonnant, et j’aimerais avoir votre opinion là-dessus, c’est qu’on réagit beaucoup pour le Groenland, on réagit beaucoup avec ce qui se passe en Iran, mais personne ne s’inquiète de la transition démocratique au Venezuela, au niveau de l’Europe, au niveau de la France, alors qu’on est à une heure de là-bas.

Personne n’est vocal sur le sujet pour pousser vers cette transition démocratique. Il y a eu un vote, il faut le faire respecter. Qu’est-ce qui fait que les démocraties n’ont pas la force de faire respecter les votes démocratiques d’un peuple comme le Venezuela, les Vénézuéliens ? Cela m’interroge. Et puis aussi, comment réagir face au développement des cartels, puisque nous sommes maintenant nous-mêmes affectés par leur développement ici, sur le territoire européen. Merci.

Réponses de Gaspard Estrada :
. Sur le narcotrafic, il estime que la réponse ne peut être que transnationale, en renforçant nos coopérations en matière d’entraide judiciaire et policière, et en s’attaquant aux circuits financiers des organisations criminelles afin de casser leur modèle économique.
. Saluant l’annonce d’une amnistie pour les prisonniers politiques, Gaspard Estrada considère toutefois que l’enjeu central reste l’absence d’un calendrier électoral clair et de garanties sur les conditions du scrutin, point sur lequel la France devrait désormais exercer une pression prioritaire.

Médias – “Cybersécurité : l’heure est à l’action” – (Entreprendre à l’international – Janv-Fév 2026)

Entretien conduit par Sandrine Weisz et Olivier Nifle pour le compte de la revue des CCE Entreprendre à l’international.

Lire l’article Cybersécurité : l’heure est à l’action (Entreprendre à l’international)

J’ai répondu aux questions suivantes :
. Les attaques de cybersécurité désignent un spectre large…
. Vous dites qu’on voit la paille dans l’œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien…
. Quels sont les pays particulièrement actifs dans le domaine de la cybercriminalité ?
. La cybersécurité est-elle un enjeu européen ? Jusqu’où se fier à nos voisins ?
. Que conseillez-vous aux entreprises au regard de ces menaces ?
. 50 % des PME victimes d’une cyberattaque feraient faillite dans les 12 mois suivants. Comment réagir ?
. Est-ce que l’Europe en fait assez en matière de cybersécurité ?
. Une solidarité internationale totale est-elle vraiment envisageable ?

IPAC – Déclaration sur la condamnation de Jimmy Lai

La condamnation de Jimmy Lai est une injustice tragique.

Il doit bénéficier d’une aide humanitaire.

J’ai cosigné la Déclaration de l’IPAC ainsi que 85 responsables politiques, répartis dans 31 pays.

DÉCLARATION DE L’IPAC SUR LA CONDAMNATION DE JIMMY LAI – 09/02/2026

L’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC) condamne avec la plus grande fermeté la condamnation inhumaine et politiquement motivée de Jimmy Lai, à l’issue d’un procès devenu le symbole du démantèlement des libertés à Hong Kong.

Ce moment ne s’est pas produit isolément. Il a été rendu possible par l’échec persistant de la communauté internationale à faire respecter la Déclaration conjointe sino-britannique, traité international juridiquement contraignant enregistré auprès des Nations unies. Alors que Pékin démantelait l’autonomie de Hong Kong, la liberté de la presse et l’État de droit, les gouvernements ont pris la parole, mais n’ont pas agi.

Le prononcé d’une peine de vingt ans de prison à un éditeur de 78 ans pour l’expression pacifique d’opinions politiques ne relève pas de la justice. Il s’agit d’une punition pour la dissidence, rendue possible par l’impunité.

L’IPAC appelle les gouvernements démocratiques à répondre en conséquence par une pression diplomatique coordonnée et par des mesures de responsabilité.

La persécution de Jimmy Lai constitue une preuve irréfutable que le système judiciaire de Hong Kong répond aux injonctions de Pékin et ne doit bénéficier d’aucun statut distinct de celui de la Chine. La réaction des gouvernements face à cette injustice constituera un test, non seulement de leur engagement en faveur des droits fondamentaux et des valeurs démocratiques, mais aussi de leur volonté de faire en sorte que les violations graves des traités internationaux entraînent des conséquences.

Nous exprimons notre profonde solidarité avec la famille de Jimmy Lai et réaffirmons l’engagement de notre réseau à œuvrer pour sa libération, ainsi que pour celle des nombreux prisonniers politiques détenus à Hong Kong.

Lire la déclaration originale (anglais)

Liste des signataires

Médias – “Les enjeux nationaux et internationaux vus par un sénateur des Français établis hors de France” (Radio Orient – 1er février 2026 – Podcast 16’30)

J’ai répondu aux questions de François-Xavier de Calonne dans son émission Pluriel (Radio Orient), au sujet des foyers de tension sur la scène internationale et des rivalités stratégiques entre grandes puissances.

ÉCOUTER le Podcast de l’entretien « Les enjeux nationaux et internationaux vus par un sénateur des Français établis hors de France »

Radio Orient :

L’entretien revient sur la répression sanglante du soulèvement populaire en Iran et sur les marges de manœuvre de l’Europe pour soutenir la population iranienne, dans un contexte marqué par le retrait et l’ambiguïté de la position américaine. Il analyse également la stratégie régionale de Téhéran, à travers la mobilisation de ses relais à Gaza, au Liban, en Syrie et en mer Rouge, et les risques d’escalade militaire que cela implique.

Enfin, l’échange interroge la place de l’Europe prise en étau entre la rivalité structurante des États-Unis et de la Chine, et pose une question devenue centrale : l’Union européenne peut-elle encore se permettre de différer la construction d’une véritable Europe de la défense ?

VERBATIM de l’entretien

Médias – Olivier Cadic : “Nous vivons une lutte pour le leadership mondial” (LePetitJournal.com – 15 janv. 2026)

LePetitJournal.com : Guerres hybrides, retour de “la force brute à l’étranger”, Europe sommée de se réveiller : Olivier Cadic, sénateur des Français de l’étranger, dresse le bilan à l’aube de 2026. Depuis l’église protestante française de Soho, à Londres, il a livré des vœux pour une année qu’il juge décisive. Fort de son regard au cœur du Sénat, il n’a pas hésité à évoquer l’état réel du pays, les urgences qui s’imposent au gouvernement et les actions à promouvoir au Royaume-Uni.

Lire l’article de Ewan Petris Nous vivons une lutte pour le leadership mondial que je remercie d’avoir sollicité mon point de vue sur ces enjeux : Un monde entré “dans l’ère du rapport de force” ; Retour en France, où “la démocratie sous tension” ; Le nœud du système : le budget ; Brexit : dix ans après, le temps des questionnements.

Palais de l’Élysée – Discours 2026 aux ambassadrices et aux ambassadeurs

Ce 8 janvier 2026, j’ai eu l’honneur d’être invité au palais de l’Élysée pour assister au discours du Président de la République devant les ambassadrices et ambassadeurs de France.

Ce moment a été l’occasion de retrouver de nombreux diplomates avec lesquels j’ai travaillé au cours de mon mandat, d’échanger sur les situations internationales actuelles et de mesurer, une nouvelle fois, la richesse de notre réseau diplomatique.

J’ai également pu échanger avec le Président de la République, notamment sur la situation au Venezuela, un sujet qui reste au cœur de fortes préoccupations régionales et internationales.

Notes issues du discours :
•⁠ ⁠Constat général
– Le monde entre dans une phase de dérèglement profond : affaiblissement du multilatéralisme, retour de la loi du plus fort, montée des logiques de blocs.
– Les États-Unis se recentrent sur leurs intérêts, la Chine accentue son agressivité économique, la Russie poursuit sa stratégie de déstabilisation.
•⁠ ⁠Refus de deux impasses
– Refus de la vassalisation (s’aligner passivement sur les puissances dominantes).
– Refus de l’impuissance morale (se contenter de dénoncer sans agir).
– Choix assumé : une France et une Europe puissances, lucides et actrices.
•⁠ ⁠Priorité absolue : sécurité et défense
– Soutien total et durable à l’Ukraine, sans capitulation ni sacrifice des intérêts européens.
– La « coalition des volontaires » marque une révolution stratégique européenne.
– Affirmation d’une Europe de la défense crédible, autonome et opérationnelle.
•⁠ ⁠Défense des intérêts économiques européens
– Double choc : agressivité commerciale chinoise et barrières tarifaires américaines.
– Nécessité d’une Europe qui protège : préférence européenne, clauses de sauvegarde, lutte contre la concurrence déloyale.
– Simplification, compétitivité et investissement massif dans l’innovation (IA, quantique, spatial, transition verte).
•⁠ ⁠Partenariats stratégiques renforcés
– Indo-Pacifique : Inde, Australie, Indonésie comme piliers d’une “troisième voie”.
– Méditerranée et Moyen-Orient : regain d’influence, reconnaissance de l’État de Palestine, crédibilité retrouvée.
– Afrique : partenariat d’égal à égal, fin des schémas anciens, priorité à l’économie, aux jeunesses et aux diasporas.
•⁠ ⁠Influence et bataille des récits
– Lutte renforcée contre la désinformation.
– Affirmation sans complexe des actions et intérêts français.
•⁠ ⁠Multilatéralisme efficace
– Défense active de la coopération internationale (climat, biodiversité, santé, IA).
– G7 2026 en France : réduire les déséquilibres mondiaux et éviter la fragmentation entre G7 et BRICS.
•⁠ ⁠Message final
– Refus du défaitisme.
– Accélération de l’agenda français et européen.
– Une diplomatie fondée sur la constance, la crédibilité et l’action. +d’images

Brexit, Hong Kong, quel bilan ? Audition de Sylvie Bermann – Vidéo Q/R (8’26)

Ce 7 janvier, notre commission des Affaires étrangères et de la Défense a invité Sylvie Bermann, à s’exprimer sur la stratégie diplomatique de la France.

Notre ancienne ambassadrice de France en Chine, au Royaume-Uni et en Russie nous a apporté un éclairage riche et argumenté sur une pluralité de sujets.

j’ai souhaité recueillir ses conclusions, avec le recul du temps, sur deux événements marquants pour notre diplomatie et les relations internationales : le Brexit et la rétrocession de Hong Kong.

VERBATIM de mon intervention

Merci Madame l’ambassadeur pour vos propos. Nous étions tous deux au Royaume-Uni lors du référendum sur le Brexit en 2016. Dix ans après, les sondages montrent une évolution significative de l’opinion britannique avec une majorité de citoyens estimant, aujourd’hui, que la sortie de l’Union européenne a été une erreur.

Comment analysez-vous ce retournement ?

Le président cherche à renforcer nos liens bilatéraux avec le Royaume-Uni, notamment sur des angles comme la défense, l’énergie ou l’innovation.

Tout en préservant la cohésion européenne, quelles seraient vos suggestions pour accroître ce rapprochement ?

Puisque vous avez été ambassadeur à la fois à Londres et Pékin, je voudrais évoquer Hong Kong. La situation de Jimmy Lai, citoyen britannique de 78 ans emprisonné depuis cinq ans à Hong Kong et qui risque aujourd’hui la prison à vie pour son engagement pro-démocratie, illustre les tensions persistantes autour de la rétrocession en 1997 et de l’application du principe « un pays, deux systèmes ».

Comment évaluez-vous l’évolution de la position européenne face à la Chine, entre défense des droits de ses ressortissants et impératifs économiques ?

La rétrocession initialement présentée comme un modèle de transition pacifique a-t-elle, selon vous, révélé des limites structurelles, notamment en matière de libertés fondamentales ? Quel rôle l’Union européenne et la France en particulier pourraient-elles jouer pour soutenir les valeurs démocratiques à Hong Kong ?

Je vous remercie.

Conférence de l’EFTA : la liberté d’expression de Taiwan menacée par la liberté d’oppression de Pékin

À l’invitation de Sandy Hsueh, présidente de la Fédération européenne des associations taïwanaises (EFTA), j’ai participé le 15 novembre à Paris à la Conférence annuelle 2025, consacrée au thème : Taïwan Soft Power : quand la promotion culturelle devient une pratique politique.

J’ai eu le plaisir d’y retrouver Ho Pei-chih, ambassadrice de Taipei en France. Cette édition a une nouvelle fois mis en lumière la vitalité de la diaspora taïwanaise en Europe et son rôle essentiel dans la diffusion des valeurs démocratiques que nous partageons avec Taïwan.

Une table ronde a réuni Jhy-wey Shieh, ambassadeur de Taïwan auprès de l’Union européenne, ainsi que notre trio de membres de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC) : Luke de Pulford, fondateur de l’IPAC, André Gattolin et moi-même, co-présidents.

Traduction française :

Merci. Si je fais partie de l’IPAC, c’est grâce à André. Il m’a attiré vers l’IPAC début 2021, et trois ans plus tard, j’ai appris que, grâce à lui, APT31 — les services secrets chinois — avait tenté de pénétrer dans ma boîte mail.

C’était donc un début intéressant. La première fois que nous avons annoncé notre visite à Taïwan en tant que sénateurs, l’ambassadeur de Chine à Paris, a écrit que nous ne devions pas y aller et que, si nous le faisions, nous en subirions les conséquences. En fait, au même moment, le ministère des affaires étrangères chinois avaient décidé que dix membres du Parlement européen et leurs familles n’auraient plus le droit de se rendre en Chine, à Macao ou à Hong Kong. Ils n’avait pas mentionné Taïwan.

Ainsi, comme je l’ai dit au Sénat à l’époque, cela prouve officiellement que le ministre chinois des Affaires étrangères reconnaissait que Taïwan ne relevait pas de la Chine.
C’est une preuve, c’est une réalité, et nous sommes libres d’aller à Taïwan tout comme les Taïwanais sont libres d’inviter qui ils veulent.

En octobre 2021, avec Alain Richard, alors président du groupe d’amitié France-Taiwan, nous étions la première délégation étrangère à visiter l’île, pendant le COVID.
À mon arrivée à Taiwan, on m’a demandé : pourquoi venez-vous ? Et j’ai répondu : « Je suis à Taïwan pour dire au peuple taïwanais : “Vous n’êtes pas seuls.” »

Nous nous battons pour les mêmes valeurs. La question est : dans quel monde voulons-nous vivre ?

Voulons-nous vivre comme les Tibétains au Tibet ? Comme les Ouïghours au Xinjiang ? Comme les amis de Jimmy Lai et la génération des Parapluies à Hong Kong ? Voulons-nous vivre dans un monde d’oppression ou dans un monde de liberté d’expression ? Nous avons répondu à cette question en France de deux manières. D’abord, nous voulions dire — et merci, Luc, de l’avoir rappelé — à travers notre loi de programmation militaire, que la liberté de navigation maritime dans le détroit de Taïwan fait partie de la liberté de circulation pour le monde entier. La France doit œuvrer pour garantir cette liberté. Cela figure désormais dans notre droit.

Deuxièmement, vous pouvez le lire dans notre Revue nationale stratégique, publiée cette année, qui mentionne le détroit de Taïwan et son importance pour la paix mondiale. Nous montrons ainsi que cette question est une priorité absolue pour la France. Et vous le savez — merci, Luc, de l’avoir rappelé — ce que la France a fait, nous avons été le seul pays à le faire. Et c’est la raison pour laquelle je suis allé à Penghu, pour y prononcer un discours et dire aux habitants de cette île qu’ils comptent beaucoup pour nous.

Maintenant, l’avenir — nous allons en parler. Nous voyons des menaces de toutes sortes, des menaces contre cette démocratie posées par le régime de Pékin. Et je veux leur dire : la meilleure défense, c’est la surprise. Cela pourrait être une mauvaise surprise pour eux s’ils tentaient de changer cet état de fait, et nous devons travailler pour que, dans ce cas, nous ayons une bonne surprise : que les gens se lèvent pour défendre la démocratie, pour défendre la liberté d’expression. Et c’est ce que Taïwan représente pour le monde.

Sandy Hsueh : Merci beaucoup. Comme vous l’avez dit, je pense que nous sommes ici aussi parce que nous sommes prêts à nous battre pour la liberté, pour la démocratie. Nous avons vu notre ancienne présidente, Tsai Ing-wen, à Berlin il y a quelques jours, lors de la première Conférence de la liberté de Berlin. Et le discours qu’elle a prononcé montre également que Taïwan restera fort et n’aura pas peur de se détourner de ce à quoi il s’est consacré.

Médias – Focus Taiwan (17 nov. 2025)
Extrait :
Parallèlement, le sénateur français Olivier Cadic a rappelé que la Chine avait annoncé (en 2021) que dix membres du Parlement européen ne seraient plus autorisés à se rendre en Chine, à Hong Kong ou à Macao, « mais ils n’ont pas mentionné Taïwan ».
« C’est la preuve que, officiellement, le ministre chinois des Affaires étrangères a reconnu que Taïwan n’appartenait pas à la Chine », a-t-il déclaré, suscitant les applaudissements de l’auditoire. Lire l’article

Médias – RTI (17 nov. 2025)
Extrait :
Après une projection du documentaire Invisible Nation, qui revient sur la situation politique de Taïwan, les participants ont eu l’occasion de discuter de la résolution 2758 des Nations Unies.
Le sénateur français Olivier Cadic a dénoncé la déformation de la résolution par Pékin, accusant la Chine de chercher à détourner le document pour prétendre sa souveraineté sur Taïwan. Lire l’article

Sénat – Taiwan – Visite du ministre François Wu

À l’invitation de son président Jean-Baptiste Lemoyne, notre groupe d’amitié France-Taïwan a eu le plaisir d’échanger, ce 17 novembre, avec François Wu, vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, lors de sa tournée en Europe.

Une rencontre qui a mis en lumière un paradoxe saisissant : Taïwan, puissance économique incontestable, fait face à un voisin dont les ambitions expansionnistes menacent la stabilité régionale et mondiale.

Les performances économiques de Taïwan sont remarquables :
– Croissance record : +5 % en 2025, après un bond de 8 % en 2024.
– PNB par habitant : désormais supérieur à celui de la Corée du Sud.
– Bourse taïwanaise : 8ᵉ mondiale, devant l’Allemagne.
– Hégémonie technologique : Taïwan produit les deux tiers des semi-conducteurs de la planète, dont 95 % des plus performants et 100 % de ceux dédiés à l’IA.

Foxconn, le géant taïwanais, envisage d’investir 300 millions d’euros en France pour y construire une usine de semi-conducteurs, en partenariat avec Thales et Radiall. Un projet qui illustre l’attractivité de notre pays et le potentiel de coopération industrielle entre nos deux nations.

Cependant, cette réussite économique se heurte à une réalité géopolitique préoccupante. Le régime communiste chinois ne dissimule plus ses visées expansionnistes. Les provocations militaires, les manœuvres d’intimidation et les revendications territoriales sur Taïwan s’intensifient, mettant en péril la paix dans la région.

Comme l’a souligné le Premier ministre japonais Takaichi, une escalade dans le détroit de Taïwan aurait des conséquences dévastatrices à l’échelle mondiale. Les chaînes d’approvisionnement, la sécurité des échanges et l’équilibre stratégique en Asie-Pacifique seraient profondément ébranlés.

Lors de mon intervention, j’ai rappelé une évidence : la sécurité de Taïwan est un enjeu global. Toute atteinte à son intégrité territoriale déclencherait une crise aux répercussions imprévisibles. Pékin doit renoncer à ses velléités hégémoniques et s’engager dans une voie pacifique, respectueuse du droit international.

Taïwan incarne aujourd’hui les valeurs démocratiques face à l’autoritarisme et l’innovation face aux défis globaux.

La France doit se tenir à ses côtés avec détermination.

Procès de Jimmy Lai – Réponse du Président de la République

Je remercie le président Emmanuel Macron d’avoir répondu au courrier que nous lui avons adressé, avec mon collègue André Gattolin, le 31 août dernier (lire le courrier).

En tant que co-présidents de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC), nous avons souhaité attirer son attention sur le sort de Jimmy Lai, incarcéré depuis août 2020 et dont le procès n’a pas encore abouti.

Fondateur du quotidien Apple Daily et défenseur de la liberté de la presse et de la démocratie à Hong Kong, Jimmy Lai, 77 ans, est accusé de « collusion avec des forces étrangères » et de « publications séditieuses » pour avoir incarné le mouvement pro-démocratie hongkongais. Il encourt la réclusion à perpétuité.

Le Président de la République m’informe que « la France est en discussion avec le Royaume-Uni, dont Jimmy Lai est ressortissant, ainsi qu’avec nos partenaires européens, afin de déterminer la meilleure façon de le soutenir ».

Emmanuel Macron a également tenu à réaffirmer « l’engagement constant de la France en faveur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, partout dans le monde ».

Lire la lettre du Président de la République, Emmanuel Macron

Déclaration sur le 26ème anniversaire de la persécution des pratiquants de Falun Gong

Les membres de l’IPAC sont solidaires de Falun Gong et de toutes les autres communautés persécutées par la répression en cours

20 juillet 2025 – “Aujourd’hui, cela fait 26 ans que le gouvernement chinois a rendu illégale la pratique du Falun Gong en Chine, poursuivant une campagne brutale de persécution qui se poursuit à ce jour.

Depuis 1999, les pratiquants de Falun Gong font face à la surveillance, la détention, la torture et la persécution idéologique. Un ensemble croissant de preuves rend maintenant difficile d’éviter la conclusion qu’ils ont été victimes d’un programme de prélèvement forcé d’organes dirigé par l’État.

Dans la Chine de Xi, la persécution des groupes religieux et spirituels ne se limite pas au Falun Gong. Les églises chrétiennes sont démolies, les bouddhistes tibétains font face à l’effacement culturel, et les Ouïghours et d’autres communautés majoritairement musulmanes restent soumis à l’internement et au travail forcé.

L’IPAC réaffirme le droit universel à la liberté de pensée et de religion tel qu’il est inscrit dans le droit international. Personne ne devrait faire face à la persécution pour ses croyances. Nous sommes solidaires avec les pratiquants de Falun Gong et toutes les autres communautés persécutées en République populaire de Chine, qui sont privées de leurs droits en vertu de l’article 18, et nous réitérons notre appel à nos gouvernements pour soutenir et défendre la liberté religieuse dans le monde entier en tenant les autorités chinoises responsables de leurs abus”.

Statement on the 26th Anniversary of the Persecution of Falun Gong Practitioners

Médias – “Le sénateur Olivier Cadic souligne que Taïwan est un symbole de liberté dans le monde” (RTI – 15/07/2025)

Article RTI :

“Olivier Cadic, vice-président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat français, membre de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC) et qui a effectué plusieurs visites à Taïwan, a récemment accordé une interview à l’agence de presse taïwanaise CNA.

Selon Olivier Cadic, la force du Parti communiste chinois est peut-être illusoire, car elle ne repose pas sur le soutien populaire, ne tolère pas la diversité des opinions personnelles et repose sur la peur. Il a déclaré : “Taïwan est beaucoup plus fort qu’il n’y paraît, il faut faire en sorte que la Chine ne cherche pas à entrer par la force à Taïwan car elle aurait trop à perdre, le jeu n’en vaudrait pas la chandelle. C’est tout ce travail de dissuasion que nous devons entreprendre.”

Concernant la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations unies, votée en 1971, Olivier Cadic s’est dit admiratif des Parlements des pays qui avaient voté des textes ces derniers mois, afin de clarifier que la résolution 2758 ne traitait pas de la question de Taïwan. Il considère qu’en France, il faudrait d’abord qu’il y ait un consensus inter-partis avant de soumettre un tel texte au Parlement, ce qui constitue un défi dans un contexte où la scène politique française est très divisée à ce sujet, mentionnant le récent rapport de LFI appelant à la relance de la coopération franco-chinoise. Il a souligné que le Sénat français avait toutefois d’ores et déjà adopté à l’unanimité, en mai 2021, une résolution soutenant la participation de Taïwan aux organisations internationales.

Enfin, Olivier Cadic a assuré Taïwan de son soutien et a déclaré : “Taïwan représente cet élan démocratique qui nous inspire tous”, rappelant que le gouvernement chinois ne pouvait pas empêcher les parlementaires étrangers de se rendre à Taïwan”.

Lire l’article sur le site RTI : Le sénateur Olivier Cadic souligne que Taïwan est un symbole de liberté dans le monde (15.07.2025)

Médias – Olivier Cadic : « Il ne tient qu’à nous d’élever notre effort de défense pour être souverains. C’est l’autonomie stratégique, dont parlait le Président dès 2017 » (Public Sénat – 03/07/2025 – Vidéo 5’15)

Le 1er juillet, Sébastien Lecornu est venu au Sénat pour faire un point sur le budget des armées devant notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées (vidéo).

Dans le prolongement de l’audition du ministre des Armées, j’ai répondu à Quentin Calmet (Public Sénat) sur les questions que suscitent l’objectif de réarmement, en évoquant également Taïwan et nos otages en Iran.

J’ai répondu aux questions suivantes de Quentin Calmet :

> Au sujet des commandes, Sébastien Lecornu a dit : « l’ensemble des retards au premier semestre ont été largement rattrapés ». Est-ce qu’il vous a rassuré cette semaine en audition ?

> Un autre sénateur, Dominique de Legge, a dit « il y a 8 jours, ce n’est pas le discours que nous avons entendu au Bourget, soit c’est nous qui vous racontons des carabistouilles, soit c’est vous qui n’êtes pas dans la bonne vision de ce qui se passe et des choses qui remontent ». Vous faites plutôt confiance au ministre ?

> Le ministre a annoncé que les armées seront épargnées par l’effort budgétaire. C’est une bonne nouvelle ?

> On voit que les États-Unis demandent aux alliés de l’OTAN de passer à 3,5%, voire 5%, leur budget de défense dans le PIB d’ici 2035. La France est à 2%. Est-ce atteignable, est-ce souhaitable ?

> Qu’est-ce que vous répondez à tous les critiques qui ont dit qu’il y a une forme de vassalisation de l’Europe, suite au dernier sommet de l’OTAN. Donald Trump en est reparti victorieux, comme s’il avait pu imposer sa volonté aux pays européens. C’est une mauvaise lecture de la situation ?

> (autonomie stratégique) Même si c’est pour acheter des armes américaines ?

> On voit une inquiétude sur une possible escalade en mer de Chine ces prochains mois autour du sort de Taiwan. Vous avez interrogé spécifiquement le gouvernement sur ces sujets cette semaine. Qu’est-ce que vous avez eu comme réponse ?

> On a appris ces dernières heures que les Français, Cécile Kohler et Jacques Paris, otages en Iran depuis plus de trois ans sont inculpés d’espionnage pour le Mossad, de complot pour renverser le régime et de corruption sur terre. Qu’est-ce que ces chefs d’inculpation vous évoquent-ils ?

Sénat – Audition de Sébastien Lecornu – Shangri-La Dialogue – Vidéo 2’50

Le 1er juillet, Sébastien Lecornu, ministre des Armées, est intervenu devant la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées pour présenter une « mise à jour » de la Loi de programmation militaire (LPM). Il a notamment annoncé une accélération des livraisons de certains équipements et munitions.

J’ai saisi l’opportunité de l’interroger sur le sommet du Shangri-La Dialogue à Singapour, en revenant sur les déclarations de ses homologues et celles de notre Président concernant la menace que la Chine fait peser sur Taïwan.

Voir l’intégralité de l’audition sur le site du Sénat

VERBATIM

Lors du sommet de sécurité Shangri-La à Singapour le 30 mai 2025, le Président de la République a mis en garde contre les répercussions potentielles de l’agression russe en Ukraine sur la situation à Taïwan.

Je le cite : « Si nous considérons que la Russie peut s’emparer d’une partie du territoire ukrainien sans restriction, sans contrainte, sans réaction de l’ordre mondial… que pourrait-il se passer à Taïwan ? »

Le ministre australien de la Défense, a affirmé “ce que nous voyons de la Chine est la plus grande augmentation de la capacité militaire par n’importe quel pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale”.

Le ministre philippin de la Défense a qualifié la Chine d'”absolument irresponsable et téméraire” dans ses actions en mer de Chine méridionale.

Le secrétaire américain à la Défense, a déclaré que Pékin “a fait référence à une date limite de 2027 que le président Xi Jinping aurait donnée pour que l’armée chinoise soit capable d’envahir Taïwan”.

Après votre passage dans l’indopacifique, partagez-vous les déclarations de vos collègues, comment qualifiez-vous la menace ?

Est-ce que le Dialogue de Shangri-La fait émerger la piste d’une action internationale susceptible de dissuader le Parti communiste chinois de rompre le statu quo, afin de ne pas nous retrouver dans la même situation à Taïwan comme nous l’observons en Ukraine ?

Avons-nous actuellement les moyens de contribuer à garantir la liberté de circulation dans le détroit de Taïwan, comme le prévoit la LPM si nécessaire ?

IPAC – Unité transatlantique interparlementaire face à la Chine

En qualité de membre de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC), constituée de parlementaires issus d’une vingtaine de pays, j’ai cosigné une déclaration commune avec deux organisations interparlementaires américaines, afin de marquer notre volonté de travailler ensemble pour contrer l’influence néfaste du régime de Pékin.

Communiqué (traduit en français) :

En tant que membres
. de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC),
. de la Commission spéciale de la Chambre des représentants des États-Unis sur le Parti communiste chinois*,
. de la Commission exécutive du Congrès sur la Chine (CECC)**,
nous réaffirmons notre engagement commun à renforcer la coopération entre les démocraties,

nous réaffirmons notre engagement commun à renforcer la coopération entre les démocraties en réponse aux défis croissants posés par la République populaire de Chine sous la domination du Parti communiste chinois – un régime autoritaire qui cherche à remodeler l’ordre mondial selon ses termes.

Le PCC mène une campagne coordonnée pour saper les institutions démocratiques, faire pression sur les sociétés ouvertes et contraindre les économies par l’ingérence étrangère, l’investissement stratégique et l’agression militaire.

Ses actions dans le détroit de Taïwan, à travers l’Indo-Pacifique et au sein des institutions internationales reflètent un effort délibéré pour réduire les normes qui sous-tendent la stabilité mondiale pendant des décennies.

Face à la montée de l’autoritarisme, la division entre les démocraties n’est pas une option. C’est pourquoi nous nous engageons à approfondir notre coordination à travers l’Atlantique et au-delà – pour protéger nos valeurs communes, renforcer la résilience collective et garantir que le monde libre soit uni dans la défense d’un ordre international pacifique et fondé sur des règles.

C’est un défi générationnel. Mais, ensemble, avec clarté et détermination, nous pouvons y répondre – et transmettre un héritage de liberté et de sécurité aux générations futures.

Liste des signataires

* the U.S. House Select Committee on the Chinese Communist Party
** the Congressional-Executive Commission on China (CECC)

Sénat – Les enjeux de l’Arctique – Vidéo Q/R 3’30

Le 7 mai, notre commission des Affaires étrangères et de la Défense a entendu Hervé Baudu, professeur à l’École nationale supérieure maritime, afin de cerner les enjeux stratégiques du Grand Nord.

En effet, notre commission a lancé une mission d’information sur les enjeux sécuritaire du nord de l’Europe pour mieux documenter l’état des menaces sur le flanc nord de l’Otan. Une zone dans laquelle les appétits de la nouvelle administration américaine font écho aux ambitions russes et chinoises.

Ancien officier de marine, spécialiste des eaux polaires, Hervé Baudu a brossé un état des lieux des enjeux juridiques, économiques et géopolitiques, notamment afin de caractériser son potentiel de conflictualité.

J’ai porté son attention sur les manœuvres de la Chine et l’observation spatiale, sujet sur lequel le professeur s’est montré rassurant pour l’instant.

A noter que les satellites stationnaires qui sont au niveau de l’équateur ne peuvent pas couvrir l’Arctique. Pour ce faire, on utilise des satellites à défilement polaire, centrés sur les pôles, pour les communications et l’observation, notamment les navires.

Voir l’intégralité de l’audition Enjeux stratégiques du Grand Nord sur le site du Sénat

VERBATIM de mon intervention

La Chine avait tenté d’acheter de vastes étendues de terre en Islande en 2011 et, ensuite, un ancien président islandais a créé une fondation que l’on soupçonne être en connexion avec la Chine, c’est Arctic Circle, qui se réunit tous les ans et dont la Chine est le pays non-arctique présent au travers cette fondation. On voit donc bien les approches indirectes de la Chine et une présence qui s’affirme effectivement de façon très adroite, comme vous l’avez souligné.

Ceci étant, il y a peut-être une chose qu’on pourrait mentionner c’est l’observation spatiale sur l’Arctique. C’est un sujet qui peut nous préoccuper. Que pourriez-vous nous dire à ce propos ?

Médias – “Le ministre des Affaires étrangères Lin remercie la France pour son attention à la paix dans le détroit de Taiwan” (Taiwan Info, 14/04/2025)

Taiwan Info reprend les déclarations du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, que j’avais interrogé au Sénat, le 9 avril dernier, suite aux exercices militaires engagés par la Chine autour de l’Ile de Taiwan et la publication d’un communiqué commun des ministres des Affaires étrangères du G7, en réaction (compte-rendu).

Lire l’article Le ministre des Affaires étrangères Lin remercie la France pour son attention à la paix dans le détroit de Taiwan

Extrait :

« La France est opposée à toute modification unilatérale du statu quo dans le détroit de Taiwan, y compris par la force ou la coercition », a déclaré Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, le 9 avril à Paris. Une déclaration saluée à Taipei par le ministre des Affaires étrangères, Lin Chia-lung.

Jean-Noël Barrot était auditionné par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat français, et répondait à une question du sénateur Olivier Cadic.

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Groupe des Sept (G7) se sont récemment exprimés au sujet des exercices militaires à grande échelle menés les 1er et 2 avril par la Chine autour de Taiwan, a rappelé Jean-Noël Barrot. Dans une déclaration commune publiée le 6 avril, le ministre français et ses homologues ont en effet exprimé leur « profonde inquiétude concernant les actions provocatrices de la Chine, plus particulièrement les récents exercices militaires à grande échelle autour de Taiwan (…), qui augmentent les tensions entre les deux rives du détroit et mettent en péril la sécurité et la prospérité mondiales ».

Lorsqu’ils se sont rencontrés au mois de mars à Charlevoix, au Canada, les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont en outre adopté une déclaration sur la sécurité et la prospérité maritimes, en particulier la sécurité maritime dans le détroit de Taiwan et en mer de Chine méridionale, a souligné Jean-Noël Barrot.

Qui plus est, le déploiement en Indo-Pacifique du groupe aéronaval français « a permis de réaffirmer l’attachement de la France au droit international, à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, et à la liberté de navigation », a insisté le chef de la diplomatie française. Lire la suite

Sénat – Taiwan – Audition de Jean-Noël Barrot – Vidéo Q/R 3’40

Le 9 avril, notre ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, est venu faire un point sur la situation géopolitique devant notre commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Les sujets traités furent nombreux. J’ai porté l’attention du ministre sur Taiwan quelques jours après les exercices militaires engagés par la Chine autour de l’Ile, les 1er et 2 avril, d’autant que les ministres des Affaires étrangères du G7 ont publié un communiqué commun en réaction.

Je remercie Jean-Noël Barrot pour ses éclaircissements et informations complémentaires.


Voir l’intégralité de l’audition sur le site du Sénat

VERBATIM de mon intervention

Dans votre discours, monsieur le ministre, vous avez annoncé orienter votre ministère vers les Français de l’étranger et dans votre discours aux ambassadeurs, vous avez commencé par cette démarche. Je peux vous dire que cela a été apprécié, c’est une première et les Français de l’étranger y sont très sensibles.

Je ne reviens pas sur le Rwanda, puisque vous vous êtes éloquemment exprimé dessus. Taïwan est au cœur d’enjeux très importants pour le monde : l’industrie taiwanaise des semi-conducteurs est clé pour le monde entier. Taïwan, c’est aussi une démocratie harcelée, militairement, par son voisin la Chine. Les exercices militaires à grande échelle de la Chine autour de Taïwan, qui ont eu lieu la semaine dernière, on fait l’objet d’un communiqué commun que vous avez publié hier avec vos collègues ministres des Affaires étrangères membres du G7. Alors, je me réjouis qu’il existe encore un sujet où le G7 parle d’une seule voix. Ces actions répétées de la Chine nuisent gravement à la paix, la stabilité, la sécurité du détroit de Taïwan et de la région. Avez-vous échangé avec vos partenaires du G7 sur Taïwan ? Envisagez-vous de prendre des mesures de dissuasion, afin de préserver le statu quo ? Est-ce qu’un ministre français prévoit d’aller à Taïwan un jour pour promouvoir nos intérêts ? Merci.
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Dans sa RÉPONSE, Jean-Noël Barrot, a précisé que les ministres des Affaires étrangères du G7 avaient adopté, outre le communiqué commun, une déclaration sur la sécurité maritime dans le détroit de Taiwan. De plus, le déplacement dans la région du groupement aéronaval a permis de réaffirmer l’attachement de la France au droit international et la liberté de navigation. Enfin, le ministre a annoncé l’initiative de l’UE dans le but de sécuriser une douzaine de ports dans 8 pays de l’indopacifique