À l’invitation de Gérard Larcher, président du Sénat, et de Youssef Raggi, ministre libanais des Affaires étrangères et des Émigrés, j’ai participé au Sénat, le 15 juillet, à la Conférence de solidarité avec le Liban : les collectivités territoriales au cœur du partenariat franco-libanais, , en présence de SEM Rabih El Chaer, ambassadeur du Liban en France..
J’ai été ravi de retrouver Youssef Raggi, ainsi que Ahmad Hajjar, ministre de l’Intérieur et des Municipalités, que j’avais rencontrés à Beyrouth en février dernier, aux côtés de Nadia Chaaya, conseillère des Français de l’étranger Liban, Syrie.
En ouvrant cette conférence, Gérard Larcher, qui s’est rendu 37 fois au Liban, a rappelé que son objectif était de « galvaniser les énergies ». Citant Jean-Paul II, il a également rappelé que « le Liban est plus qu’un pays, il est un message ».
Avec le ministre Youssef Raggi
Le discours de Youssef Raggi a porté une vision ambitieuse : reconstruire un Liban gouverné par des institutions fortes, maître de ses décisions et pleinement souverain, notamment à travers le désarmement du Hezbollah (lire le discours).
À l’heure où les équilibres géopolitiques se déplacent, le ministre a souligné que la Méditerranée redevient un centre, conférant à la France et au Liban une responsabilité particulière pour bâtir une région où les institutions prévalent sur les logiques de puissance.
Cette ambition passe par une redéfinition de l’État libanais : restaurer son autorité sur l’ensemble du territoire, mettre fin aux structures échappant à son contrôle, tout en rappelant que l’occupation d’une partie du territoire fragilise durablement les institutions.
Le ministre Ahmad Hajjar
Le ministre Ahmad Hajjar a, pour sa part, rappelé les avancées réalisées, notamment avec la tenue des élections municipales, et réaffirmé la volonté des autorités d’étendre progressivement l’autorité de l’État à l’ensemble du territoire.
La table ronde, animée par Christine Lavarde, présidente du groupe d’amitié France-Liban, a réuni a réuni Renaud Muselier, président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur ; Joseph Maïla, sociologue et professeur d’université ; Zahi Chahine, directeur national de la cellule de gestion des catastrophes du Liban ; et Antoine Chaaya, directeur de Renzo Piano Building Workshop.
Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger et Tanya Saadé Zeenny, présidente de la fondation CMA-CGM ont adressé un message vidéo pour la circonstance.
Les échanges ont illustré l’engagement des collectivités territoriales, des acteurs économiques et de la société civile aux côtés du Liban.
Dans une région en pleine recomposition, cette conférence a rappelé que la solidarité franco-libanaise ne consiste plus seulement à accompagner un pays en crise, mais à soutenir l’émergence d’un État pleinement souverain, capable d’assurer lui-même son avenir.
Échange avec les Forces libanaises sur les défis de la souveraineté et de la stabilité régionale
Dans le cadre des travaux du groupe interparlementaire d’amitié France-Liban, présidé par ma collègue Christine Lavarde, j’ai participé, le 7 juillet, à l’audition de Georges Okais, député libanais et membre des Forces libanaises (FL), accompagné de Marwan Harb, délégué pour les affaires étrangères.
J’avais rencontré à Beyrouth, en juillet 2024, Samir Geagea, leader des Forces libanaises, en présence de Nadia Chaaya, conseillère des Français de l’étranger pour le Liban et la Syrie (compte-rendu).
Cette rencontre est intervenue à un moment crucial pour le Liban, confronté à de multiples défis politiques, économiques et sécuritaires, dans un environnement régional particulièrement instable.
Nos échanges ont porté sur la situation intérieure du pays, les perspectives de réformes attendues par les Libanais, ainsi que sur les conditions nécessaires au rétablissement durable de la souveraineté de l’État et de ses institutions.
Nous avons également évoqué les évolutions diplomatiques en cours.
Les Forces libanaises soutiennent une reprise des négociations visant à stabiliser durablement la frontière entre le Liban et Israël, dans le cadre de l’application des résolutions des Nations unies.
Elles défendent également le principe selon lequel le monopole de la force armée doit revenir à l’État libanais, ce qui implique le désarmement du Hezbollah et l’extension de l’autorité de l’armée libanaise sur l’ensemble du territoire. Elles considèrent que ces conditions sont indispensables au rétablissement de la pleine souveraineté du Liban et au retour de la confiance des partenaires internationaux.
J’ai rappelé que le Hezbollah avait engagé le Liban dans une guerre avec Israël sans mandat du gouvernement ni du Parlement. Agissant comme le principal relais de l’influence iranienne au Liban, il a fait prévaloir les intérêts stratégiques de Téhéran sur ceux de l’État libanais, au détriment de la sécurité et de la souveraineté du pays.
Dans ce contexte, j’ai salué la remarquable constance des Forces libanaises. Depuis des décennies, elles défendent une même ligne : un Liban libre, pleinement souverain, où l’État détient seul le monopole de la force, libéré de toutes les milices comme de toute tutelle ou ingérence étrangère. Les évolutions récentes montrent que cette vision, longtemps minoritaire, est aujourd’hui au cœur du débat sur l’avenir du Liban.
Je remercie chaleureusement Georges Okais pour la qualité de cet échange, qui témoigne de la vitalité des liens entre nos deux Parlements et de notre volonté commune d’œuvrer au renforcement de l’amitié franco-libanaise.
Cette interview m’a offert l’opportunité de rappeler sur la chaîne égyptienne les actions positives de la France au Liban et dans le Golfe persique afin d’atténuer les souffrances du peuple libanais et parvenir à la désescalade.
Ce 8 avril, j’ai eu le plaisir de retrouver au Sénat le Dr Pierre Anhoury, expert technique international (ETI) d’Expertise France (groupe AFD) et conseiller du ministre libanais de la Santé, venu en France participer au ONE HEALTH SUMMIT.
Habitués à échanger à Beyrouth en présence de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient, nous avons poursuivi un dialogue engagé de longue date, dans un contexte toujours plus préoccupant.
Pierre porte actuellement deux priorités majeures. La première est la gestion d’un financement de la Banque mondiale via le Pandemic Fund pour atteindre les 30 millions de dollars, nécessaires au déploiement du programme ONE HEALTH Liban.
Cette approche intégrée vise à traiter ensemble la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale : pollution atmosphérique liée aux générateurs, risques agroalimentaires aggravés par l’usage de bombes au phosphore, renforcement des contrôles vétérinaires dans le sud du pays, et maintien de capacités de laboratoire en temps de guerre.
La seconde priorité porte sur la coordination de l’aide internationale vers le Liban, avec un dispositif logistique piloté par le Centre de Crise et de sécurité (CDCS) et un acheminement centralisé via un avion cargo de 60 tonnes opéré par CMA CGM.
Le jour même de notre échange, plus de 100 frappes simultanées faisaient 254 morts et plus de 1 100 blessés. Les hôpitaux, appuyés par la Croix-Rouge, restent opérationnels et contribuent à la résilience du Liban.
Pierre plaide pour l’obtention d’un poste de secours mobile (PSM) auprès du CDCS, capable de traiter jusqu’à 500 blessés de guerre. Il sera bientôt livré.
Avec les derniers vols humanitaires de ces derniers jours, la France dépasse largement les 100 tonnes de dons.
Notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a auditionné, le 1er avril 2026, Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde, sur le thème : Quelles priorités pour France Médias Monde en 2026 ?
Dans un monde traversé par les crises, le réarmement conventionnel doit s’accompagner d’un réarmement informationnel afin de faire face aux situations de guerre hybride. France Médias Monde est en première ligne pour lutter contre les stratégies de déstabilisation, qu’il s’agisse de l’influence russe en Afrique, de l’accès à une information indépendante en Russie ou encore du renforcement de sa présence au Proche-Orient, grâce au développement de son hub de Beyrouth.
À ce titre, j’ai salué l’engagement des équipes de France Médias Monde à Beyrouth et le rôle stratégique de ce hub numérique, tout en exprimant mon inquiétude face aux menaces (cyberattaques et pressions) et en interrogeant les conditions d’exercice de la liberté de la presse au Liban, ainsi que les stratégies de désinformation.
VERBATIM de mon intervention
Merci beaucoup pour vos propos, Madame la Présidente.
Pour ma part, je tiens à saluer justement l’engagement remarquable des équipes de France Médias Monde, en particulier celles basées à Beyrouth, que j’ai eu l’occasion, vous l’avez mentionné, de rencontrer mi-février en compagnie de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient, et Maxence Duault, directeur général de l’ESA Liban, qui vous héberge.
Cette rédaction incarne pleinement l’ambition d’une information de proximité, indépendante et en langue arabe au service des publics de la région. Je souhaite saluer leur courage et leur adresser, de la part de notre groupe Union centriste, tout notre soutien. L’ouverture récente de ce hub numérique constitue à cet égard une avancée stratégique majeure pour renforcer les offres de France24 au Moyen-Orient.
Mais cette présence s’exerce dans un contexte préoccupant. Les cyberattaques récentes visant MTV Liban rappellent la vulnérabilité des médias face aux menaces numériques, vous l’avez mentionné. À cela s’ajoutent des pressions et des menaces physiques croissantes à l’encontre des journalistes au Liban, fragilisant l’exercice de la liberté de la presse. Dans ce contexte, l’engagement de France Médias Monde à Beyrouth est essentiel et appelle notre vigilance collective.
Comment France Médias Monde évalue-t-il aujourd’hui l’évolution des conditions d’exercice du journalisme au Liban ?
Vous avez évoqué la guerre de l’information contre les démocraties menées par certaines puissances comme la Russie ou la Chine, avec des budgets considérables, vous l’avez rappelé. Quels sont les principaux modes opératoires de désinformation que vous observez actuellement ? Merci.
Ce 25 mars, intervention au nom du groupe Union centriste, dans le cadre de la “déclaration du Gouvernement, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, portant sur la situation au Proche et Moyen-Orient”.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, s’est exprimé au nom du gouvernement.
Face à l’escalade au Moyen-Orient, j’ai alerté sur un basculement stratégique majeur, dénoncé le rôle déstabilisateur de l’Iran et appelé la France à une réponse claire pour défendre la souveraineté du Liban face au Hezbollah qui n’est pas un acteur libanais. Au cœur de la crise, nos compatriotes au Moyen-Orient s’organisent et s’entraident. Ils sont une force pour la France qui est pleinement mobilisée à leurs côtés.
Lors de la séance de questions d’actualité au Gouvernement (QAG) du 25 mars, la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences économiques ont dominé les échanges.
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a notamment été interrogé sur la situation au Liban, alors que les bombardements israéliens contre le Hezbollah au sud se poursuivent. À l’issue de la séance, j’ai été invité sur le plateau de Public Sénat pour analyser la situation au Liban, où je m’étais rendu mi-février, et réagir aux propos de Jean-Noël Barrot.
Voir également mon intervention, le soir même, au nom du groupe Union centriste, dans le cadre du débat sur la situation au Proche et Moyen-Orient (article 50-1). VIDÉO
VERBATIM
Tâm Tran Huy – Benjamin Netanyahou affirme qu’Israël est en train d’élargir, je le cite, sa zone tampon au Liban. Olivier Cadic, un dernier mot sur le Liban ?
Olivier Cadic – J’étais au Liban il y a un mois. J’ai rencontré le président Joseph Aoun, qui me disait que, effectivement, l’action de désarmement du Hezbollah était en cours. C’est aussi ce que me disait notre ambassadeur, Hervé Magro. Force est de constater que ce n’est pas le cas, que le Hezbollah est très armé et tout à fait prêt à mener la guerre.
On sait maintenant que ce ne sont pas des Libanais, ce sont les Gardiens de la Révolution qui sont sur le terrain. Actuellement, au nord de la frontière israélienne, au Sud-Liban, ce sont vraiment les Gardiens de la Révolution qui sont au contact avec les forces israéliennes.
Et, encore une fois, ce à quoi nous avons à faire : ce ne sont pas les Libanais qui ont décidé de créer le conflit avec Israël, ce sont bien les Gardiens de la Révolution qui se sont mis à attaquer Israël. C’est cela la situation. Effectivement, Israël est en train de réagir et ce qui gêne beaucoup les Libanais, c’est qu’ils sont confrontés chez eux avec le Hezbollah, qui est à la fois politique, qui siège au niveau du gouvernement, qui siège dans le parlement et qui, en même temps, déclare la guerre à leurs voisins sans simplement en référer ni au gouvernement ni au Parlement. Ils se mettent hors la loi. Le ministre de la Justice libanais a d’ailleurs considéré qu’ils devaient être poursuivis pour sédition. Et l’action de Joe Raggi, le ministre des Affaires étrangères, est véritablement ultra-courageuse de dire que maintenant, cela suffit au nom du Premier ministre et du Président, de dire que l’ambassadeur d’Iran doit être persona non grata. C’est un vrai progrès et je suis ravi que notre ministre l’ait souligné.
Ukraine, Levant, mer de Chine : penser l’engrenage mondial
Olivier Cadic, Sénateur des Français établis hors de France et Président du groupe France-Pays du Golfe au Sénat.
Article publié dans l’infolettre UDI du 6 mars 2026
Le monde est entré dans une phase d’engrenage stratégique. Les crises que nous observons ne sont plus isolées : elles se répondent, s’alimentent et peuvent, à tout moment, changer d’échelle.
Cette dynamique s’est accélérée avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Depuis, la logique de confrontation entre puissances s’est installée durablement dans les relations internationales.
Au Moyen-Orient, après s’être confronté aux proxys de l’Iran depuis le 7 octobre 2023, Hamas, Hezbollah, Houthis, Israël, soutenu par les États-Unis, se retrouve désormais engagé dans une confrontation plus directe avec le régime des mollahs, qui a fait de la destruction de l’État hébreu, l’un des fondements idéologiques de son projet.
À la suite des frappes engagées contre l’Iran samedi dernier, plusieurs trajectoires peuvent être envisagées.
La première serait une rupture brutale du régime sous la pression militaire et populaire, hypothèse qui demeure peu probable à ce stade.
Une seconde verrait les États-Unis réduire progressivement leur implication, laissant Israël en première ligne.
Une troisième passerait par une reprise diplomatique, aux conditions d’un régime iranien plus accommodant et d’un geste stratégique majeur de Washington, tel qu’un allègement substantiel des sanctions.
Mais le scénario aujourd’hui le plus crédible reste celui d’un enlisement durable du conflit, avec des conséquences potentiellement lourdes pour toute la région, et pour l’économie mondiale si le détroit d’Ormuz ou les grands hubs aériens du Golfe venaient à être durablement perturbés.
Le prochain point de friction pourrait se situer au Liban, où la fragilité de l’État demeure préoccupante.
Au pays du Cèdre, où je me suis rendu il y a deux semaines en compagnie de Nadia Chaaya, présidente du groupe Les Indépendants à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), j’ai pu mesurer l’inquiétude profonde d’une partie de la population. Beaucoup redoutent davantage encore un affrontement interne contre le Hezbollah, qui raviverait le spectre d’une nouvelle guerre civile, qu’une intervention terrestre israélienne.
L’avenir de cette milice, qui fait le malheur du Liban, dépendra largement des évolutions du pouvoir à Téhéran et de la personnalité du prochain Guide suprême.
Mais l’engrenage dépasse largement le Moyen-Orient.
Les tensions persistent dans l’arc Inde–Pakistan–Afghanistan, tandis que la mer de Chine méridionale et Taïwan demeurent des lignes de fracture majeures entre les États-Unis et la Chine.
Parallèlement, la Russie pourrait exploiter toute diversion stratégique américaine pour renforcer ses positions en Arctique, dans la Baltique ou aux marges orientales de l’Europe.
Dans ce contexte, la naïveté n’est plus permise pour la France et l’Europe. Anticiper ces enchaînements de crises et se donner les moyens diplomatiques et militaires de dissuader toute agression n’est pas céder au fatalisme : c’est assumer la responsabilité première d’un État, préserver la paix.
Ce 5 mars, dans l’émission “Bonjour chez vous” (Public Sénat), j’ai répondu aux questions d’Oriane Mancini sur le contexte géopolitique au Moyen-Orient
Nous avons également évoqué la technologie de surveillance irakienne, basée sur un puissant logiciel russe de reconnaissance faciale vendu dès 2019 au régime de Téhéran, en présence d’Alexandre Abdelila, journaliste d’investigation à Forbidden Stories.
Public Sénat :
“Le sénateur d’Union centriste Olivier Cadic était l’invité de la matinale Bonjour chez vous, en tant que représentant des Français établis hors de France et vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées pour apporter son regard sur la situation conflictuelle au Moyen-Orient.
Olivier Cadic déclare : « Quand vous avez un pays comme l’Iran qui promet la destruction de votre pays en permanence et qui construit toute sa politique sur le sujet, on peut comprendre qu’au bout de 45 ans maintenant il faut que ça s’arrête »
Le sénateur reste optimiste, il estime « qu’il y a des progrès. Tant le Hamas, que les Houthis, que le Hezbollah ont des capacités largement affaiblies. La question aujourd’hui est de se demander comment affaiblir l’Iran et effectivement de s’en prendre à la tête de la pieuvre. »
Olivier Cadic rappelle que les accords d’Abraham avaient été signés en faveur de la sérénité dans la région, mais que depuis l’attaque du 7 octobre, ces conflits ont provoqué une escalade et un réel retour en arrière.”
J’ai répondu aux questions suivantes d’Oriane Mancini et de Rémi Guyot :
> Emmanuel Macron s’est entretenu hier avec Donald Trump et Benjamin Netanyahou qu’il appelle à préserver l’intégrité du Liban et s’abstenir d’une offensive terrestre, est ce que vous pensez qu’il va être entendu ?
> Vous étiez au Liban il y a quelques jours, est ce que les Libanais se préparaient à ce que le conflit éclate à nouveau et est-ce, malheureusement, le prix à payer pour mettre fin à l’armement du Hezbollah ?
> Cela vous paraissait-il possible, sans intervention militaire de la part d’Israël, le désarmement du Hezbollah ?
> Emmanuel Macron appelle à la désescalade, à une solution diplomatique, vous la pensez possible à ce stade ?
> Le régime ne tombera pas sans une intervention terrestre, selon vous ?
> Le système politique étant décentralisé, ne craignez-vous pas qu’au final rien ne change malgré l’assassinat d’Ali Khamenei ?
> En cas d’élection de Moshtaba Khamenei, est-ce que vous ne craignez pas que la guerre s’embourbe ?
> Est-ce que vous ne craignez pas qu’il y ait des répercussions en France, avec notamment un risque terroriste ?
> Roland Lescure, ministre de l’Économie, reçoit ce matin les distributeurs de carburant. Faut-il s’inquiéter ? Que peut faire le gouvernement ?
Ce 4 mars, notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a invité Pierre Razoux, directeur académique de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES), pour évoquer la guerre au Moyen-Orient.
Après avoir exprimé ma solidarité envers les Français établis dans les pays du Golfe, au Liban et en Israël, en rappelant que leur sécurité demeure prioritaire, j’ai alerté sur la dynamique d’escalade géopolitique à l’œuvre depuis l’invasion de l’Ukraine. J’ai notamment interrogé notre invité sur l’avenir politique du Hezbollah au Liban et sur le risque d’un embrasement élargi, y compris en mer de Chine méridionale autour de Taïwan.
Merci à Pierre Razoux qui a décrit clairement de nombreux scénarios d’escalade.
Voir la VIDÉO de l’intégralité de l’audition sur le site du Sénat
VERBATIM de mon intervention
Merci pour vos propos. En qualité de président du groupe d’amitié avec les pays du Golfe, du GCC, vous comprendrez que je tiens d’abord à dire combien nos pensées vont vers nos compatriotes, leurs familles, leurs employés et l’ensemble de notre communauté vivant dans les pays du Golfe, mais bien sûr du Liban et en Israël.
Leur sécurité est et doit demeurer une priorité absolue.
J’ai pris note de vos scénarios qui sont circonscrits, et c’est logique vu le titre, aux conséquences de l’attaque de la semaine dernière. Mais je sais que vous avez pris de la hauteur aussi puisque vous avez mentionné à un moment la rivalité entre les États-Unis et la Chine.
Nous vivons en fait un engrenage réel qui a commencé il y a quatre ans avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et donc, en réalité, nous vivons une escalade depuis ce temps-là et je voudrais évaluer avec vous les scénarios d’escalade auxquels nous sommes confrontés puisque, peut-être, nous pensons que ce conflit que nous voyons actuellement n’est effectivement qu’un des engrenages que nous risquons de vivre dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.
Parmi les escalades que nous observons déjà, et pour rester dans l’environnement direct, le Liban, où j’étais il y a deux semaines, qui se trouve entraîné dans un conflit par le Hezbollah malgré lui, malgré la volonté de son gouvernement et de la population.
Comment expliquez-vous les implications politiques et sociales de l’intervention de ce groupe armé pour la souveraineté libanaise ? Des élections sont prévues en mai prochain auxquelles le Hezbollah devait participer. Pensez-vous que le Hezbollah puisse encore rester un acteur politique au Liban et participer à ces élections alors qu’ils n’ont pas désarmé ?
Quelles seraient, selon vous, les conséquences d’une offensive terrestre israélienne au Liban ? Quel impact cela a-t-il sur la sécurité des communautés civiles libanaises, bien sûr, de tous nos compatriotes qui y vivent, y compris des minorités ?
Et pour finir, puisque vous avez mentionné la question États-Unis-Chine et que dans les scénarios d’escalade avec la Chine, nous observons aujourd’hui de plus en plus de multiples incidents en mer de Chine méridionale du fait de la marine de Pékin et un discours de plus en plus offensif de Pékin vers Taïwan. Ne pensez-vous pas qu’actuellement, nous risquons un scénario d’engrenage aussi à cet endroit ? Merci.
Lors de mon déplacement au Liban, en compagnie de Nadia Chaaya, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, j’ai répondu aux questions de France24, en soulignant l’espoir suscité par l’élection du président Joseph Aoun et en constatant que des signaux positifs apparaissent déjà, notamment dans le domaine de la Justice.
Lors de mon déplacement au Liban, en compagnie de Nadia Chaaya, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, j’ai eu le plaisir de répondre aux questions de Annahar Français qui est l’édition francophone du quotidien libanais Annahar (« Le Jour »), fondé en 1933 à Beyrouth.
Annahar Français : “Hezbollah, dossier de l’explosion du port de Beyrouth ou minorités en Syrie, dans cet entretien le sénateur Olivier Cadic revient sur les enjeux propres au Liban et à la Syrie. Il explique pourquoi, selon lui, le Hezbollah ne peut être dissocié de sa branche militaire et doit être considéré comme une organisation terroriste. Il met en garde contre le risque d’entrave aux élections si les armes ne sont pas rendues. Enfin, il aborde la situation des minorités en Syrie et les défis auxquels elles font face dans un contexte de guerre et d’instabilité.”
Le 12 février, à la Résidence des Pins à Beyrouth, Nadia Chaaya a été élevée au grade de chevalier de l’Ordre national du Mérite par notre ambassadeur Hervé Magro. J’ai assisté à la cérémonie en présence de nombreux acteurs de la communauté française et de personnalités libanaises, parmi lesquelles Bassam Al Mawlawi, ancien ministre de l’Intérieur, et le député Simon Abi Ramia, président du groupe d’amitié parlementaire Liban–France.
Née à Beyrouth, Nadia Chaaya a grandi dans les années de guerre. Ces épreuves ont forgé chez elle un sens aigu de la solidarité et de l’engagement. Après des études en France dans le domaine de la communication, elle mène un parcours entrepreneurial exigeant, d’abord dans le secteur paramédical, puis dans l’immobilier, en Arabie saoudite où elle réside depuis plus de vingt ans.
Élue conseillère consulaire pour la circonscription de Djeddah–Sanaa, brillamment réélue en 2021, elle préside le conseil consulaire et siège à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, où elle conduit le groupe Les Indépendants. Son engagement s’inscrit dans une ligne claire : servir les Français établis hors de France avec efficacité, lucidité et sens des responsabilités. Comme elle l’a affirmé devant l’AFE en octobre dernier : « Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers au sort de notre pays. Cette période de crise doit nous pousser à nous demander ce que nous pouvons apporter à la France, plutôt que ce que la France peut nous apporter. ».
Son courage s’est illustré de manière exemplaire le 11 novembre 2020, lors de l’attentat à la grenade perpétré au cimetière non-musulman de Djeddah. Dans un contexte de danger immédiat, elle a fait preuve d’un sang-froid et d’une présence d’esprit remarquables, regroupant, sécurisant et rassurant nos compatriotes.
Nadia Chaaya se distingue également par sa capacité à transformer l’indignation en action structurée. Engagée aux côtés des familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth, elle œuvre sans relâche pour que la mémoire soit honorée et que justice soit rendue. Elle a par ailleurs fondé l’Union franco-libanaise des déposants spoliés, afin d’accompagner les victimes dans leurs démarches et d’engager des procédures contre les banques libanaises devant les juridictions françaises.
Cette distinction vient saluer un parcours d’engagement, de résilience et de fidélité à la France, au service de nos compatriotes et du lien franco-libanais.
Jean-Noël Barrot : Une diplomatie française en mouvement, entre modernité et ambition
Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,
La France, puissance d’équilibre et de dialogue, doit incarner une diplomatie à la hauteur des défis du XXIᵉ siècle. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les crises climatiques et les ingérences étrangères, une diplomatie moderne exige des moyens à la mesure de ses ambitions.
La diplomatie est à la Défense ce que la justice est à l’Intérieur : un pilier indispensable. Depuis son arrivée à la tête du Quai d’Orsay, Jean-Noël Barrot a impulsé une dynamique sans précédent. La stratégie French Response contre la désinformation, la lutte renforcée contre les narco-trafics, ou encore le sommet France-Afrique au Kenya en 2026 illustrent une volonté claire : réinventer notre partenariat avec l’Afrique et renforcer notre influence. Les Assises de la diplomatie parlementaire et de la coopération décentralisée complètent cette vision, en mobilisant tous les acteurs de notre rayonnement.
Ces avancées méritent d’être amplifiées.
Pourtant, un domaine cristallise les tensions : l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Avec 12 % du budget de l’action extérieure et des subventions passées de 200 à 400 millions d’euros en 15 ans, son modèle économique est devenu insoutenable.
Seuls 20 % des élèves scolarisés dans son réseau sont français, et les classes moyennes en sont progressivement exclues. La réforme engagée par Jean-Noël Barrot doit reposer sur trois principes : un juste coût, un juste prix, et une cohérence tarifaire internationale.
L’enjeu ? Réorienter les subventions vers les bourses et les outils garantissant l’accès à la langue et à la culture pour tous les enfants français.
Nos compatriotes de l’étranger, souvent sous-estimés, forment un réseau d’influence unique. Leur engagement quotidien renforce le rayonnement de la France. Il est temps de les considérer comme des partenaires stratégiques, et non comme des bénéficiaires passifs.
Si l’augmentation symbolique de 0,01 % des crédits (3,45 milliards d’euros) peut sembler modeste, l’ambition portée par Jean-Noël Barrot transcende ces contraintes. Preuve en est : il a été récompensé ce 10 décembre par le prix CEPR du décideur politique de l’année 2025, en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à l’élaboration des politiques publiques.
Sous son impulsion, j’observe que la diplomatie française avance, alliant rigueur budgétaire et vision stratégique. Le cap est tracé : celui d’une France offensive, moderne et solidaire.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
HOMMAGE . Attentats du 13-Novembre 2015
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . PLF2026 – Action Extérieure de l’État – Discussion générale . MEAE – Assises de la diplomatie parlementaire . Budget 2026 – DFAE, AEFE, projets immobiliers . IPAC – Procès de Jimmy Lai – Réponse du Président de la République
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Face aux risques : lancement du guide « Tous responsables » . Enseignement du français : ma question écrite sur l’avenir du dispositif “PELF” . CA de l’AEFE (27/11/25) – Déclaration de l’ANEFE . Accueil des élèves du Collège du Léman – International School . TV5Monde au service du rayonnement culturel francophone
EN CIRCONSCRIPTION
> ÉTATS-UNIS – Floride / Miami (24-27 oct. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Illinois / Chicago (28-29 oct. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Massachusetts / Boston (30 oct. – 01 nov. 2025)
> ÉTATS-UNIS – New York (2-4 nov. 2025)
> PAYS-BAS – Amsterdam (6-7 nov. 2025)
> ROYAUME-UNI – Londres (8-12 Nov. 2025)
> DANEMARK – Copenhague (12 nov. 2025)
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA . Cybersécurité – L’État doit renforcer sa culture qualité . Cybersécurité et ingérences étrangères – SGDSN, ANSSI et VIGINUM . Cybersécurité – Olvid
SÉNAT – BUDGET & IA . PLF2026 – Mon amendement pour supprimer le CEHR . PLF2026 – Mon amendement en faveur d’un “Bouclier fiscaL”
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . Institut français – Lancement de la Saison de l’Ukraine . Taiwan – Visite du ministre François Wu . Taiwan – Un budget de défense exceptionnel . La France au rendez-vous de la nouvelle économie irakienne . Roumanie – Fête nationale . Japon – Hommage à S.E. Makita Shimokawa . Liban – Fête nationale
MÉDIAS . Olivier Cadic : “Les Jeux Olympiques ont réussi puisqu’on les a préparés, la guerre c’est pareil” (Public Sénat – 03/12/2025) . Le Service volontaire sera-t-il utile ? (France24 – 27/11/2025) . “Déploiement d’un service militaire volontaire ?” (Public Sénat – 21/11/2025) . Olivier Cadic : “Flam est ce que la démocratie participative peut faire dans sa plus belle expression” (Françaisdanslemonde.fr – 15 nov. 2025) . “Nouvelle pratique mafieuse à Marseille ?”– Le Temps (Suisse) – 14 nov. 2025) . Olivier Cadic : « “La France, comme tous les autres pays, est victime d’ingérences étrangères extérieures” (Public Sénat – 06/11/2025)
À l’occasion du 82ᵉ anniversaire de l’Indépendance du Liban, j’ai eu l’honneur d’assister à la réception organisée, ce 19 nvovembre, par M. Rabih Chaer, ambassadeur du Liban en France, et Mme Stéphanie Marcha Chaer, ainsi que par Mme Hind Darwich, ambassadrice et Déléguée Permanente du Liban auprès de l’UNESCO.
À cette occasion, M. Rabih Chaer a rappelé avec force : « Alors que le Liban célèbre sa Fête nationale ici à Paris, je réitère notre engagement à œuvrer pour une paix durable et juste pour le Liban et pour la région. » Un message clair, porteur d’espoir, dans un contexte régional particulièrement sensible.
Mme Hind Darwich a également mis en lumière la résilience du peuple libanais et l’importance de la culture et de l’éducation comme vecteurs de coopération internationale.
Cette célébration fut aussi un moment d’échanges institutionnels précieux : plusieurs collègues sénateurs étaient présents, réaffirmant la solidité de l’amitié franco-libanaise et l’engagement du Parlement français aux côtés du Liban.
Cet événement marqué par la convivialité m’a permis de rappeler à l’ambassadeur l’importance du lien créé par Nadia Chaaya, conseillère des Français de l’étranger pour me permettre de contribuer à approfondir les échanges entre nos deux pays. Honoré d’y avoir participé.
Depuis 2019, des milliers de déposants français et libanais sont privés illégalement de leurs économies au Liban, parfois de toute une vie de travail.
Face à cette injustice, Nadia Chaaya a choisi de ne pas se résigner. Animée par un sens profond de la dignité et du droit, cette Française d’origine libanaise, présidente du conseil consulaire de Djeddah–Sanaa et conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, s’est engagée avec courage et détermination pour défendre les épargnants spoliés.
C’est ainsi qu’elle a fondé l’Union franco-libanaise des déposants spoliés (UFLDS), une association à but non lucratif qui accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches juridiques. Grâce à une équipe de juristes bénévoles, l’UFLDS aide les déposants à déposer plainte contre les banques libanaises devant les tribunaux français. « Et cela fonctionne ! », souligne Nadia, qui invite chacun à vérifier gratuitement son éligibilité sur le site www.uflds.com.
Le 20 octobre dernier, j’ai eu le plaisir de réunir Nadia et les membres de son équipe : Hugo Roche Poggi, secrétaire général de l’UFLDS, Tanguy Valéry, responsable de la communication, et Dany Habel, docteur en droit.
Je remercie également Rodrigue Raad, président de la Diaspora Libanaise Overseas (DLO), et Sami Saikali, son secrétaire général, pour leur participation à ces échanges constructifs.
L’énergie, l’esprit fédérateur et la persévérance de Nadia Chaaya redonnent aujourd’hui espoir à des milliers de familles, quelle que soit leur nationalité, qui pourront retrouver le fruit de leur travail et de leur épargne.
Alors que la République chancelle, menacée de voir son gouvernement renversé pour la seconde fois en moins d’un an ;
Alors que grondent les appels à la rue, aux blocages, à la discorde ;
Alors que l’insulte, le mépris et le dénigrement empoisonnent la parole publique et donnent du pays une image défigurée ;
Alors que des forces obscures, venues du dehors, soufflent sur nos failles pour mieux nous diviser ;
Voici qu’un homme, par son exemple, nous rappelle la hauteur à laquelle doit se tenir une Nation.
Dans la cour d’honneur des Invalides, ce vendredi 5 septembre 2025, j’ai eu l’honneur d’assister à la cérémonie d’« adieu aux armes » du général d’armée Thierry Burkhard. Le président de la République, en lui rendant hommage, a mis en lumière ce que nous risquons d’oublier : les valeurs qui fondent une patrie.
Mais au-delà des valeurs, Thierry Burkhard a incarné une vision. Il a su mettre en œuvre un profond changement stratégique : retirer nos troupes d’Afrique pour les rendre disponibles face à la menace d’une guerre de haute intensité. Sa volonté était claire : gagner la guerre avant la guerre. Et par cette préparation, il nous aura donné la possibilité, demain, de la gagner.
Son exemple éclaire ce que nous devons retenir :
— le sacrifice et l’engagement pour la France, car une vie donnée au devoir n’est jamais perdue ;
— la force morale de la Nation, faite de mémoire et de responsabilité ;
— l’honneur, la discipline et la cohésion, ciment invisible de notre unité ;
— l’altruisme et le dépassement de soi, antidotes à l’individualisme.
Dans un pays troublé par le doute, Thierry Burkhard nous rappelle que la grandeur s’incarne dans le service.
Je forme le vœu que nous sachions nous hisser à cette hauteur, lorsque viendra l’heure, pour bâtir notre budget, de consentir aux efforts qui conditionnent notre avenir.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Hommage à Jean-Louis Mainguy . Liban – Beyrouth – Mémoire . Médias – “Simplifier pour mieux représenter : redonnons toute leur place à tous les élus des Français de l’étranger”
EN CIRCONSCRIPTION
> MAROC – Agadir (22-25 juillet 2025)
> ÉTATS-UNIS – Arkansas / Little Rock (21-23 août 2025)
> ÉTATS-UNIS – Nevada / Las Vegas (23-26 août 2025)
> ÉTATS-UNIS – Californie / Los Angeles, Lebec, Pasadena (26-27 août 2025)
> ÉTATS-UNIS – Californie / Orange County (27 août 2025)
> ÉTATS-UNIS – Californie / San Diego (28-29 août 2025)
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . IPAC – Procès Jimmy Lai – Ma lettre au Président de la République
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . Panama – Ambassade . Maroc – Fête du Trône
5 ans après l’explosion du port de Beyrouth, qui a fait plus de 200 décès dont 3 français, des milliers de blessés et des centaines de milliers de personnes déplacées, nous pensons aux victimes et à leurs proches.
Nous nous tenons aux côtés de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, indéfectible soutien de tous ceux qui sont engagés pour obtenir vérité, justice et afin que les vestiges de la plus grande explosion non nucléaire de l’Histoire soient préservés.
Le 2 juillet, je suis intervenu au nom du groupe Union centriste, à la suite de la déclaration du gouvernement, présentée par le Premier ministre François Bayrou, en application de l’article 50-1 de la Constitution, sur la situation au Proche et Moyen-Orient qui faisait suite au débat du 24 octobre 2023 (compte-rendu).
La séance s’est conclue par les interventions de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, que je remercie de ses réponses à mes questions (vidéo), et de Sébastien Lecornu, ministre des Armées.
Monsieur le Président,
Monsieur le Premier ministre,
Messieurs les Ministres,
Mes Chers Collègues,
Dimanche 22 juin, église Saint-Élie à Damas.
L’assaillant entre dans l’église avec armes et explosifs.
Grégoire, Bashar et Pierre se précipitent sur lui, le plaquent au sol.
Ils ont choisi de mourir pour pouvoir sauver près de 250 personnes à l’intérieur de l’église.
Le groupe Union Centriste présente ses condoléances à Sa Béatitude le patriarche Jean X d’Antioche et aux familles des 22 martyrs victimes de cet acte odieux qui visait directement la communauté chrétienne en Syrie.
Lors de notre rencontre, il y a deux mois au nord du Liban, le patriarche Jean d’Antioche que vous avez rencontré à Damas M. le ministre, m’avait averti des menaces qui pesaient en Syrie sur les Chrétiens d’Orient.
Mon premier message est de relayer à la communauté internationale son appel à ne pas détourner le regard et à œuvrer pour assurer la protection de toutes les communautés religieuses au Moyen-Orient.
Je veux également avoir une pensée pour Cécile Kohler et Jacques Paris qui, depuis plus de trois ans, endurent le martyr et leurs familles sont rongées par l’angoisse. Merci monsieur le Premier ministre de nous avoir rassuré sur leur sort.
Comme l’a déjà fait, la semaine dernière, notre collègue Olivia Richard, président du groupe d’amitié France-Iran, notre groupe appelle à la libération immédiate de nos compatriotes.
Nous n’oublions pas non plus les 50 otages retenus par le Hamas dans des souterrains à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
Nous remercions le gouvernement et l’ensemble des services du Quai d’Orsay dont l’efficacité a permis au cœur de la crise de favoriser le rapatriement de français vivants en Iran et en Israël.
Fin 2020, suite à l’attentat du 11 novembre à Djeddah au cimetière non musulman, j’avais demandé à notre collègue, Jean-Baptiste LEMOYNE, alors Ministre, à ce que le processus de communication de crise soit formalisé et que nos élus fassent l’objet d’une information spécifique.
Encore aujourd’hui, le groupe Les Indépendants à l’Assemblée des français de l’étranger présidé par Nadia CHAAYA demande régulièrement l’intégration des élus dans les systèmes de gestion de crise. Au regard de ce qu’il vient de se passer en Iran et en Israël, il nous apparaît essentiel que les élus des français de l’étranger puissent jouer leur rôle d’interface avec la communauté française et s’en tiennent à une information officielle dont ils doivent disposer.
Depuis la création de la République islamique d’Iran, le régime des mollahs appelle à la destruction de l’état israélien et menace ouvertement les monarchies du Golfe qui aujourd’hui encore, pour certaines d’entre elles, dénoncent des ingérences de Téhéran. Comme vous l’avez dit, Monsieur le Premier ministre, la France a été parmi les premiers pays à reconnaître l’État d’Israël et a toujours manifesté sa solidarité lorsque l’État Hébreu a été attaqué.
Comme nous l’avions dit, les massacres de masse opérés par le Hamas, le 7 octobre, ont été monstrueux et ont entrainé une réponse justifiée d’Israël pour neutraliser cette organisation terroriste.
Nous voulons rappeler avec force le nombre de 42 victimes françaises dans cette attaque qui place la France au premier rang en termes de victimes étrangères. Mais comme nous l’avions également dit, rien ne serait pire que de vouloir confondre le Hamas avec la cause palestinienne et sa légitime revendication à disposer d’un État autonome. La population palestinienne se retrouve l’otage de cette organisation terroriste soutenue par l’Iran.
Le Hamas n’est pas le seul proxy de l’Iran. Suite à l’attaque du 7 octobre, le Hezbollah depuis le Liban et les Houthies depuis le Yémen s’en sont également pris à l’état Hébreu. Comme il l’a fait avec les Pagers trafiqués pour éliminer des membres du Hezbollah au Liban, Israël a choisi l’effet de surprise pour bombarder les infrastructures nucléaires iraniennes.
Dans la nuit du 21 au 22 juin, le président américain Donald TRUMP a mis en œuvre l’opération Midnight Hammer pour neutraliser ces infrastructures qui s’avèrent constituer l’un des plus grands dangers pour la sécurité d’Israël et du Moyen Orient. Déjà, quelques semaines plus tôt, les américains avaient frappé à plusieurs reprises les Houthis au Yémen.
A l’issue de ces frappes, le régime iranien apparaît affaibli et isolé. Reste aujourd’hui la question du désarmement du Hezbollah qui peine à se concrétiser. Cela justifie l’impatience de tous ceux qui appellent au retour à la pleine souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire et au scellement des frontières du pays aussi bien avec Israël qu’avec la Syrie.
Le futur du Liban constitue toujours un sujet de préoccupation. Le nouveau gouvernement libanais nourrit beaucoup d’espoir, sous réserve qu’il parvienne à désarmer le Hezbollah et à se débarrasser de la tutelle iranienne sur ce mouvement.
Le Hezbollah tout comme les Gardiens de la Révolution bénéficient des ressources financières du trafic de Captagon, cette drogue qui contribuait à près de 90% du PIB de la Syrie à la chute du Président ASSAD. Lundi dernier, les douanes libanaises ont annoncé la saisie de 866 kilos de Captagon à la suite d’une opération coordonnée avec les autorités saoudiennes.
L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Thomas Barrack, aurait fixé le 7 juillet comme ultimatum aux autorités libanaises pour prendre une position claire sur la question du monopole de armes. L’État, à travers l’armée libanaise, doit être l’unique détenteur de la force armée.
En cas de tergiversations, le Liban pourrait être laissé seul face à l’escalade.
Ne pensez-vous pas, Monsieur le Premier Ministre, dans ce cas, qu’Israël pourrait reprendre alors les hostilités contre le Hezbollah et la communauté internationale durcir les sanctions ?
L’explosion du port de Beyrouth a été la plus grande explosion non nucléaire de l’Histoire. On a déploré plus de 200 décès dont 3 français, des milliers de blessés et des centaines de milliers de personnes déplacées. En retrouvant les familles des victimes à Beyrouth le 27 avril dernier, je leur ai remis votre lettre, Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, témoignage de votre indéfectible soutien à leur démarche pour obtenir justice. Votre geste les a profondément réconfortés. Le juge d’instruction Tarek BITAR a repris l’enquête. Le Ministre de la Justice libanais, Adel NASSAR a entrepris plusieurs réformes pour restaurer la confiance dans le système judiciaire du pays.
Mais je veux revenir sur le sujet car il y a urgence concernant le port de Beyrouth. En effet, une manœuvre est en cours pour détruire les silos, qui représentent le seul vestige tangible de la catastrophe du 4 août. Ces silos sont un symbole de mémoire collective pour les victimes et pour tout le peuple libanais. Les faire disparaître serait une insulte à leur souffrance. Ils en appellent à votre soutien pour intercéder auprès de leur Gouvernement afin d’empêcher cette décision.
Tout aussi innocentes que les victimes du port de Beyrouth, plus de 50.000 vies perdues à Gaza dont 17.000 enfants tués constituent une véritable honte pour l’Humanité. Le blocage de l’aide humanitaire a transformé Gaza en lieu de mort, avez-vous dit M. le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
Nous partageons votre colère face aux centaines de personnes tuées sur les sites de distribution de nourriture. Aujourd’hui, la France a condamné une frappe israélienne qui a causé la mort de deux employés d’une ONG le 26 juin dernier. La protection des civils et des travailleurs humanitaires doit être garantie en toute circonstance conformément au droit international humanitaire.
Nous soutenons l’appel du gouvernement à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, à la libération des otages, à l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et à une solution politique fondée sur deux États accompagnée des garanties sécuritaires pour Israël et la Palestine.
Lors de mon déplacement dans le Golfe en avril dernier, dans le cadre du groupe d’amitié France – Pays du Golfe, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar, et de nombreux ministres des affaires étrangères du Golfe dont votre homologue du Koweït en votre présence. Tous fondaient leur espoir sur le plan devant être présenté à l’ONU le 18 juin par le prince héritier d’Arabie Saoudite Mohamed Ben Salman et le Président de la République. Cela apparaissait comme la seule solution sérieuse susceptible de ramener la paix au Moyen Orient. La conférence a été reportée suite aux frappes d’Israël sur l’Iran.
Quand pensez-vous, monsieur le Premier Ministre, qu’elle pourra se tenir désormais ?
Lors du sommet de sécurité Shangri-La à Singapour le 30 mai 2025, le Président de la république a mis en garde contre les répercussions potentielles de l’agression russe en Ukraine sur la situation à Taïwan.
Je le cite : « Si nous considérons que la Russie peut s’emparer d’une partie du territoire ukrainien sans restriction, sans contrainte, sans réaction de l’ordre mondial… que pourrait-il se passer à Taïwan ? »
Le Président de la République a en effet de bonnes raisons de s’inquiéter sur la perspective d’une nouvelle escalade.
Le ministre australien de la Défense, a affirmé de son côté “ce que nous voyons de la Chine est la plus grande augmentation de la capacité militaire par n’importe quel pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale”. Son homologue des Philippines a qualifié la Chine d'”absolument irresponsable et téméraire” dans ses actions en mer de Chine méridionale.
Le secrétaire américain à la Défense, a déclaré que Pékin “a fait référence à une date limite de 2027 que le président Xi Jinping aurait donnée pour que l’armée chinoise soit capable d’envahir Taïwan.
Il est urgent de faire émerger une action internationale susceptible de dissuader le Parti communiste chinois de rompre le statu quo. Sans quoi nous pourrions nous retrouver dans deux ans dans une situation avec Taiwan analogue à celle que nous observons en Ukraine et au Moyen Orient.
Vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre, tout est lié. Faisons en sorte d’arrêter les conflits, même avant qu’ils ne débutent.
Comme le poinçonneur des Lilas, chanté par Gainsbourg, qui a disparu des stations de métro, l’agent qui percevait les droits de chancellerie est appelé à d’autres fonctions dans nos consulats.
Depuis le 2 juin, les Français de l’étranger peuvent désormais régler en ligne leur demande de passeport ou de renouvellement de carte d’identité via un timbre électronique (timbres.impots.gouv.fr), avant de se rendre au consulat.
Cette « mesure de modernisation attendue de longue date », saluée par Pauline Carmona, directrice de la DFAE, concrétise l’annonce qui avait été faite par Laurent Saint-Martin, ministre du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, devant l’AFE, conformément aux priorités fixées par Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères devant les ambassadeurs en janvier.
Au-delà du gain de temps lors du passage aux consulats, cela va également permettre de redéployer des postes vers des services à valeur ajoutée pour les Français à l’étranger.
Ainsi à Londres, comme évoqué le 16 mai dernier, avec Samer Melki, consul général, le poste pourra être redéployé au consulat général de France à Édimbourg, après l’installation d’une station de recueil de demandes de titres d’identité et de voyage, prévue à l’automne.
Cela évitera aux Français d’Ecosse et du nord de l’Angleterre de se rendre à Londres pour demander ou renouveler leurs passeports et cartes nationales d’identité.
Félicitations à Samer Melki, Stéphane Pailler, consul général à Édimbourg, et à tous ceux qui leur ont donné le feu vert à Paris pour cette décision, qui est l’aboutissement heureux d’une mesure réclamée depuis 11 ans par Christian Albuisson, président du conseil consulaire à Édimbourg (Voir).
Cela récompense l’engagement opiniâtre de Christian, rejoint par Véronique Miller, conseillère des Français d’Écosse, lors de son élection en 2021, et tous ceux qui leur ont apporté leur soutien.
Ce sera moins de fatigue, moins de jours perdus, moins d’empreinte carbone pour les Français d’Écosse, et moins d’engorgement au consulat à Londres. Bref, que du plus !
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . Français de l’étranger et services publics : audition de Pauline Carmona . En réponse à ma question écrite, le gouvernement confirme l’impossibilité pour un fonctionnaire en disponibilité de se présenter à un concours interne . Ces Alliances françaises qui rayonnent depuis la France . Français de l’étranger : ouverture du paiement par timbre électronique pour les passeports et cartes d’identité . Protection sociale des Français de l’étranger : consultation citoyenne
EN CIRCONSCRIPTION
> BAHREÏN – Manama (20–22 avril 2025)
> KOWEÏT – Koweït City (23-25 avril 2025)
> LIBAN – Beyrouth / Tripoli / Balamand / Byblos (25-29 avril 2025)
> ESPAGNE – Barcelone (05-06 mai 2025)
> ÉGYPTE – Le Caire (8-10 mai 2025)
> MALTE – La Valette / Zebbug (11-12 mai 2025)
> ROYAUME-UNI – Londres (15–16 mai 2025)
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères – Diplomatie parlementaire . Audition sur les enjeux de l’Arctique . Royaume-Uni – Ambassade . Pologne – Fête nationale . Estonie – Délégation parlementaire – Groupe d’amitié . Bahreïn – Accueil de l’Ambassadeur . IPAC – Unité transatlantique interparlementaire face à la Chine Découvrir l’InfoLettre n°246