Ce 17 décembre, j’ai parrainé une réunion au Sénat à l’initiative de la DLO, Diaspora Libanaise Overseas, présidée par mon ami Rodrigue Raad. Son projet est de rallier la diaspora libanaise dans le but d’aider le Liban à récupérer sa souveraineté et reconstruire son économie.

Je remercie ma collègue Christine Lavarde, présidente du groupe d’amitié France-Liban, pour sa brillante intervention en ouverture cet événement.

Il est frappant d’entendre que la diaspora libanaise représente plus de 14 millions de personnes à travers le monde, au regard de 4,5 millions de résidents !

Les divers intervenants ont rappelé que les liens de parenté, de religion ou le rêve de revenir sur le sol natal font que ces Libanais du dehors n’oublient pas leurs racines, même s’ils sont des « immigrants modèles » qui en oublient parfois de transmettre leur identité et leur langue. Forts de leurs compétences et leurs réseaux, ils forment un « bouillon de culture » autant qu’une force pour faire renaitre l’âme du Liban. Les résidents du Pays du cèdre pensent à eux comme à une ultime planche de salut.

Le sentiment d’urgence a prévalu dans tous les propos, face au cortège des calamités : grande pauvreté, hôpitaux qui ferment les uns après les autres, exode massif, ingérence meurtrière de certains pays ou bien encore « casse du siècle » avec le vol des avoirs des déposants…

« Le Liban n’est pas un pays, mais un paysage ; ce n’est pas un état, mais un état d’âme », a résumé un participant.

Pour tenter de maintenir la barque à flot, plusieurs responsables d’associations apolitiques et areligieuses ont successivement témoigné de leurs actions de solidarité pour pallier les besoins de première nécessité, dans un contexte qui ne fait que s’aggraver.

Comment sortir de ce cauchemar ? « Il ne peut y avoir de résurrection du Liban sans le soutien indéfectible de sa diaspora », affirme Rodrigue Raad.

Tout le monde est d’accord ou presque, disons que « 80% des gens sont d’accord sur 80% des choses », précise un conférencier. A cet égard, un autre souligne que le drame libanais s’explique par « l’excellence individuelle et la déchéance collective ». Il faut donc impérativement « mettre les égos de côté », conclut-il.

Sur le plan collectif, une orientation suscite l’adhésion : « la diaspora libanaise est un corps qui doit être démocratiquement légitimé ». Il a ainsi été question d’états généraux.

Le Liban compte beaucoup sur sa diaspora, d’autant que la situation se dramatise. Mais gardons à l’esprit que « le symbole du pays, le cèdre, même blessé et exsangue, ne perd jamais de sa majesté. Il est éternel », a conclu le président Raad.