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Médias – Algérie – “Nous sommes dans la compétition” – (Le Quotidien d’Oran – 5 nov. 2022)


Lors de ma visite à Oran, j’ai répondu aux questions de Houari Saaïdia (Le Quotidien d’Oran) sur divers enjeux dont je me suis aussi entretenu avec les Walis de Tlemcen, Oran et Mostaganem, tels que l’usage et l’enseignement du français, le statut des binationaux, notre coopération bilatérale, les investissements internationaux avec l’émergence d’un pôle automobile à Oran ou encore le potentiel touristique du pays.

ARTICLE >>> 

“En mission à la tête d’une délégation parlementaire française à Oran, le sénateur des Français établis à l’étranger Olivier Cadic s’est prêté à une interview accordée au Quotidien d’Oran. Un exercice qu’il affectionne. Et dans les deux rôles, cet homme aux multiples facettes ayant travaillé un temps dans le monde de la presse et de la communication. L’occasion donc pour faire un petit tour d’horizon des axes et des thématiques autour desquels s’articule ce séjour officiel de la délégation sénatoriale française dans l’Oranie. Une visite pas comme les autres, doit-on dire.

Faisant partie, certes, du menu ordinaire du programme d’activités du Sénat français à l’étranger, cette énième visite en Algérie – qui a dû être décalée dans l’intervalle pour des raisons en relation avec le Covid – intervient aujourd’hui dans un contexte qui «s’y prête» et qui est «beaucoup plus favorable», et ce au lendemain de la visite d’État effectuée par le Président français Emmanuel Macron en Algérie, fin août, et celle du Premier ministre Élisabeth Borne, début octobre. Dans cet entretien, le sénateur des Français établis hors de France fait le point, à grand trait, sur la teneur des discussions à bâtons rompus qu’il a eues avec nombre de ressortissants français à Oran, mais également des députés algériens et autres élus locaux. Quoi de plus normal quand on sait que, pour les Français hors de France, le Sénat est un lieu si central pour qu’on l’appelle parfois la «Maison des Français à l’étranger».

C’est bien connu, les sénateurs sont pour les Français établis hors de France des interlocuteurs essentiels. Olivier Cadic était tout au long de son séjour dans l’Oranie dans ce rôle-là. Mais pas seulement. Il faisait aussi, de temps à autre, la promotion de la France auprès des autorités publiques algériennes. Une campagne de marketing politique qui ne dit pas son nom au profit des grandes entreprises françaises. Notamment, auprès des walis d’Oran et de Tlemcen, deuxième ville qu’il a visitée durant son séjour. Dans ce segment à cheval entre la mission du diplomate politique et du promoteur du savoir-faire entrepreneurial, le sénateur-entrepreneur, comme il aime à se définir, avait fort à faire.

Car aujourd’hui, Oran, en particulier, intéresse plus que jamais les Français. L’émergence d’un pôle d’industrie automobile y est pour beaucoup. Pôle au sein duquel le terrain est déjà balisé pour le constructeur italien Fiat à la faveur de la signature d’un accord-cadre entre le ministère de l’Industrie et le groupe multinational Stellantis. Ceci alors que non loin du même site, l’usine Renault s’apprête à reprendre son activité à brève échéance. Mais il y a bien plus : deux hyper-zones industrielles à Tafraoui et à Bethioua en attente d’aménagement et au moins trois mini-zones d’activités dédiées pour la startup.

Indéniablement, l’entretien qu’a eu le sénateur Olivier avec le wali d’Oran, Saïd Sayoud, aura été l’un des moments forts de la visite. Et peut-être aussi les plus intéressants, sur le plan concret. L’identité linguistique et la langue identitaire -sujet qui lui tient à cœur- , la francophonie, l’usage de la langue française dans les pays francophones, les écoles françaises à l’étranger et plus en particulier l’enseignement de la langue française et le dispositif bilingue (et parfois trilingue) francophone adopté dans les établissements d’enseignement français installés à l’étranger… autant de sujets évoqués par le sénateur Olivier Cadic, qui porte aussi le costume du président de l’Association nationale des écoles françaises à l’étranger. Petite et légère séquence de grincements de dents d’Olivier Cadic au cours de cet entretien, en l’occurrence lorsqu’il a eu à exprimer son désaccord avec son interlocuteur du jour sur certains «griefs» reprochés à l’investissement français en Algérie, et par une translation sous-entendue dans le reste du monde. D’autant qu’il y avait dans l’assertion avancée et le raisonnement développé en face une sorte d’antagonisme implicite «modèle français/modèle chinois» en matière d’investissement à l’étranger.

De quoi apporter de l’eau au moulin du sénateur-entrepreneur, qui n’a pas manqué l’occasion pour déconstruire les «préjugés» et les «idées toutes faites» non sans dire -dans les limites des thèmes et de l’espace proposés par cet entretien, s’entend- tout le mal qu’il pensait du modèle chinois”

ENTRETIEN >>>

Le Quotidien d’Oran : Le nombre de Français en Algérie inscrits sur les registres consulaires tourne autour de 42.000 ressortissants. Cependant, ils sont nombreux à disposer de la nationalité française tout en n’étant pas inscrits sur ces registres. Parmi les inscrits, il y a les expatriés des grandes entreprises françaises, soit des cadres envoyés auprès de leurs filiales en Algérie, soit des cadres démarchés par des entreprises algériennes venus pour étoffer leurs équipes de main-d’œuvre. Monsieur Olivier Cadic, en votre qualité de sénateur des Français établis hors de France, pouvez-vous nous dire quelle est l’approche adoptée par la France pour, dans un premier temps, quantifier pour ainsi dire la catégorie des Français non inscrits et, par la suite, faire en sorte que ceux-ci soient réellement sur un même pied d’égalité que les autres en matière de droits ?

Le sénateur Olivier préfère céder d’abord la parole au Consul général de France à Oran, Alexis Andres, pour enchainer sur le même sujet par la suite

Olivier Cadic : Je l’ai dit hier à table pour les binationaux : vous n’êtes pas 50%-50%, vous êtes deux fois 100%. Quand on est Franco-Algérien, on n’est pas 50% Français et 50% Algérien mais plutôt 100% Français et 100% Algérien. En Algérie, un Franco-Algérien n’a ni plus ni moins de droits qu’un Algérien à ce que je sache. C’est pareil en France, un Franco-Algérien a autant de droits que moi. C’est ce que je m’efforçais à expliquer hier à la personne qui me disait qu’elle se trouvait coincée entre deux chaises, en lui rétorquant qu’elle était plutôt dans une position privilégiée ; elle avait tout loisir de s’assoir sur l’une ou l’autre des deux chaises, à sa guise. Je l’ai souvent dit à la tribune du Sénat : la question de la francophonie, c’est fondamentale. Un Français qui ne parle pas français, c’est pour le moins très compliqué. Parce qu’un Français, c’est celui qui peut choisir le président de la République, son député, ses élus… Comment peut-il faire ce choix s’il ne parle pas la langue de ceux qui se présentent à lui aux élections ? Pour moi, à titre personnel, c’en est un grand enjeu. Depuis le début de mandat, et vous pouvez voir sur la plaquette, cette question-là, j’en ai fait mon cheval de bataille. D’ailleurs, je l’ai dit à Jean-Yves Le Drian : la moitié des Français nés aux Etats-Unis ou en Australie, par exemple, ne savent pas parler français. En Amérique latine, les deux tiers des Français natifs de ce continent ont ce même problème de langue. La situation est bien pire dans d’autres régions du monde. Tenez par exemple, pas si loin d’ici, à Annaba, 80% des ressortissants français ne parlent pas français. La problématique existe un peu partout dans les quatre coins du globe, quoiqu’à des proportions différentes. J’ai dit à Le Drian que mon objectif était de voir tous les Français parler français. Et j’ai demandé à l’époque au même ministre (de l’Europe et des Affaires étrangères, Ndlr) qu’est-ce qu’il en pensait. Est-ce qu’il faut le faire ? Il m’a répondu en me disant : ‘Bien-sûr qu’il faut le faire’. Je lui ai alors répliqué : ‘Ben alors vous attendez quoi ?’. Je m’en souviens, quand je suis parti à Dakar il n’y a pas si longtemps, en juin dernier en fait, j’ai fait toute une tournée en compagnie du conseiller culturel sur le thème de la francophonie. Il s’avère qu’au Sénégal, où le français est la langue officielle, 50% des Français nés dans ce pays ne savent pas parler le français. J’ai alors posé la question au Consul général qui m’a, à titre illustratif, raconté l’histoire d’un jeune de 18 ans, qui ne parlait rien d’autre que le wolof (langue nigéro-congolaise, la plus parlée au Sénégal), qui était venu chercher son passeport français pour prendre l’avion vers Paris. Mais enfin que va-t-il faire à Paris s’il ne parle aucun mot du français ?… Au final, la question centrale est de savoir qu’est-ce que nous allons laisser aux générations suivantes. Il y a manifestement une coupure de lien. Si quelqu’un prétend à un passeport français et qu’il ne parle pas français, que va-t-il faire avec ? S’il prévaut de sa nationalité française pour obtenir un passeport français, alors à quoi cela lui servirait-il s’il n’a absolument aucun lien avec la langue et la culture françaises ? Là est la question ! Et donc on est là pour travailler sur cette appartenance, sur ces valeurs

C’est cela qu’on doit partager tous en tant que Français. Pour moi, le côté francophone est un vrai enjeu. Quand on m’a dit qu’il y avait, ici en Algérie, des universités francophones, mais qu’il y’avait en revanche des difficultés dans la langue française chez bon nombre d’étudiants, cela m’a interpellé et préoccupé au plus haut point. Vous avez des jeunes qui ont du talent, ils pourront être de bons médecins ou de bons architectes dans un proche avenir. Mais il va leur manquer le français à tous les coups

C’est donc une responsabilité partagée aussi bien pour la France que pour l’Algérie. On doit leur donner un outil pour réussir leur vie. Leur procurer une corde à leur arc. C’est fondamental de parler français si l’on veut avoir la nationalité française car, entre autres, c’est ce qui fait que l’on puisse choisir en son âme et conscience ses représentants en France

Le Q.O.: Justement, en parlant de la francophonie, qui désigne au sens large du terme l’ensemble des peuples ou des groupes de locuteurs qui utilisent partiellement ou entièrement la langue française dans leur vie quotidienne ou leurs communications, et plus explicitement de l’usage actuel de la langue française, notamment dans les pays dits francophones, comment avez-vous perçu la décision des pouvoirs publics algériens d’introduire l’anglais dès l’école primaire, à partir de cette année scolaire ?

Olivier Cadic : C’est une décision souveraine

Le Q.O.: Bien évidemment qu’elle l’est. Telle n’est pas la question. Pour dire franchement les choses, en fervent défenseur de la francophonie et -cela va de soi- de la langue française, que vous êtes, et par ailleurs sénateur des Français établis hors de France et aussi président de l’Association nationale des écoles françaises à l’étranger, ne percevriez-vous pas cette décision comme étant un début, on ne peut plus clair, de supplantation du français par l’anglais en Algérie et, par là même, un signe de détachement graduel de ce grand pays francophone de la francophonie et, par effet d’entraînement, de la culture française ?

Olivier Cadic : Franchement et honnêtement, c’est l’avenir qui nous dira si c’est une décision pertinente ou si elle ne l’est pas. En tout cas, pour la mise en œuvre d’une telle décision il faut avoir d’abord et surtout les enseignants (de la langue anglaise). C’est un vrai engagement. Si c’est une visée politique politicienne, l’avenir nous dira si c’était juste ou pas de s’y engager

Là, aujourd’hui, le fait d’avoir des universités francophones et de voir que cela correspond… Vous avez bien des enseignants pour enseigner le français. C’est une question de cohérence. Moi, personnellement, je crois beaucoup à la francophonie en Algérie. Après, c’est vrai que l’anglais est indiscutablement la première langue internationale. Donc, le fait que le gouvernement algérien se préoccupe de faire apprendre l’anglais à ses enfants, dans l’absolu cela me semble pertinent. Mais il faut bien entendu avoir la capacité de mettre en place le corps enseignant. Moi je crois beaucoup à l’enseignement bilingue, voire trilingue

Là, justement, je viens de voir le Lycée international franco-taïwanais (lors de la visite d’une délégation de sénateurs français effectuée au Taïwan début septembre dernier). On y apprend en trois langues : le français, l’anglais et la langue taïwanaise. C’est cela le concept de la double culture franco-taïwanaise. C’en est l’objectif même. Les enfants sont plus forts s’ils apprennent en deux langues simultanément, c’est prouvé aujourd’hui. A Londres, on a voulu créer un deuxième collège en plus du premier annexé au Lycée international français de Charles de Gaulle. Et bien, nous avons ouvert ainsi en 2011 le Collège français bilingue de Londres (CFBL) où on enseigne toutes les matières en deux langues, le français et l’anglais. C’est une première

Les enfants sont donc totalement bilingues. C’est très drôle, je m’en souviens, lors d’une visioconférence à l’occasion du 10ème anniversaire du CFBL, il y avait cet élève de 10 ans, en classe sixième, qui me posait la question de savoir qu’est-ce que j’en pensais à propos de l’enseignement bilingue. Je lui ai répondu : ‘Toi qui as 10 ans, le même âge de l’école bilingue que j’ai voulue, tu me poses la question sur ce que j’en pense’. Et ben je lui ai répondu : ‘La réponse est en toi. C’est toi qui es ma plus belle récompense’. Et c’est ça la magie de la politique de faire les choses concrètes. Alors je dis que s’il y a une politique de faire apprendre l’anglais, pour moi c’est une chose positive. Dans l’idée, c’est ce qu’on fait, nous, au Lycée international franco-taïwanais par exemple… Dans quelques années, vous aurez en Algérie plein de jeunes Algériens qui maîtriseront et l’arabe et le français et l’anglais

Le Q.O.: Il y a eu par le passé un moment d’énorme recul de l’investissement français, pour ne pas dire un quasi-désinvestissement, en Algérie. Entre-temps, l’Algérie s’est tournée vers d’autres partenaires comme l’Italie et la Turquie, sans oublier la Chine. Toutefois, ces derniers temps, et notamment depuis la visite du président français Emmanuel Macron en Algérie fin août dernier, suivie près d’un mois et demi plus tard par celle du Premier ministre Elisabeth Borne, il y a visiblement une volonté partagée pour intensifier la coopération bilatérale, spécialement dans le domaine économique, et ce sur fond d’un «partenariat renouvelé». Néanmoins, vous ne croyez pas Monsieur le sénateur que c’est aux entreprises françaises de démonter maintenant qu’elles veulent et peuvent apporter une valeur ajoutée en Algérie. Notamment à travers le transfert d’expertise et de savoir-faire, la diffusion technologique vers les agents économiques du territoire d’accueil (les employés de la filiale, les employés des fournisseurs locaux de la filiale, etc.), la possibilité de mobilité et d’extension sur d’autres territoires locaux, etc

Olivier Cadic : Je ne fais pas la même lecture ni la même observation. Je suis venu à Alger en 2021 et j’ai visité Sanofi (le plus grand complexe pharmaceutique d’Afrique du groupe français Sanofi) qui fabrique, distribue des médicaments et en exporte une partie vers des pays d’Afrique. Or c’est exactement la stratégie souhaitée par l’Algérie comme cela m’a été clairement expliqué par le wali d’Oran tout à l’heure. Voilà l’industrie automobile qui arrive à Oran et qui veut se relancer sur de bonnes bases. Il y a déjà l’usine Renault et ils sont maintenant en train de discuter avec Fiat et Stellantis en vue de mettre toute la chaîne de valeur automobile. Mais qu’est-ce qu’est en fin de compte l’industrie automobile si ce n’est de l’assemblage ? Ce n’est pas Fiat ou Renault qui font toutes les pièces. C’est une complexité compte tenu du nombre de parties prenantes à l’origine de milliers de composants intégrés dans un seul véhicule et compte tenu du degré de conformité aux normes de qualité les plus élevés requis… Vous me parlez de pays qui récoltent localement les fruits des investissements chinois. Je vous invite à faire le bilan de telles expériences et si cela a apporté réellement quelque chose de positif pour les pays réceptifs. Moi, j’ai assez d’expérience en la matière et je peux vous dire que j’ai confiance en la capacité de la France à partager ses modèles avec ses partenaires. Elle a démontré que ses entreprises ne viennent pas dans les pays pour uniquement transférer des devises mais y laissent des choses bénéfiques et durables. Elles partagent. Certes, il y a des compétiteurs, on n’est pas tout seul. Nous n’avons pas l’arrogance de prétendre que nous sommes les meilleurs.

On est dans la compétition, en espérant que la compétition soit loyale. Mais parfois, on l’a vu dans certains pays, la concurrence est déloyale. C’est d’ailleurs la grande question qui a récemment focalisé les débats lors du rassemblement mondial des conseilleurs du commerce extérieur à Nice et Monaco (évènement organisé du 19 au 21 octobre dernier sous le thème : ‘Le bouleversement du monde, nouvelles clés pour nos entreprises’). Et je l’ai dit d’ailleurs par rapport à certains investissements où on a vu que pour les infrastructures, par exemple, réalisées dans certains pays d’Afrique, ce n’est pas du tout loyal. On met en place une autoroute et on dit en même temps au gouvernement du pays : c’est moi qui l’exploite et c’est moi qui m’occupe de la concession et de tout ce qui va avec, sous condition de m’en assurer le trafic automobile (pour rentabiliser l’investissement). Alors je dis qu’à la sortie, c’est la double peine

Non seulement le pays concerné se retrouve endetté pour l’infrastructure autoroutière mais, en plus, il se voit imposer des dispositifs contraignants pour optimiser le flux automobile sur la desserte sous peine de devoir remettre les crédits ou l’infra en cas de refus de paiement de péage par les usagers. Il n’y a pas si longtemps, j’ai dit lors d’une séance plénière au Sénat que ‘win-win’ pour les Chinois, ça veut dire que je gagne deux fois. La première fois quand ils construisent, la deuxième fois quand ils exploitent. Et moi je dis qu’il n’y a pas de raison que je sois diplomate : je le constate, je le dénonce. En revanche, je suis très fier des réalisations des entreprises françaises aux quatre coins du monde et j’en fais la promotion. Lors de notre entretien, le wali d’Oran m’a longuement parlé du marché de la nouvelle route du port gagné par les Turcs (par le biais du groupe Makyol qui s’est fait confier en 2014 la réalisation d’une méga-infrastructure autoroutière de près de 100 millions d’euros, qui longe le rivage par enrochement sur mer et se fraye un long tunnel en falaise avec plein d’autres ouvrages d’art de haute technicité, ayant pour but principal de contourner vers l’extra-muros le trafic lié au transport routier de marchandises généré par le port commercial d’Oran)

Ben c’est ça, c’est la vie ! S’ils ont eu ce projet, c’est parce qu’ils étaient les meilleurs parmi les postulants. Il n’y a rien à redire là-dessus. Il faut accepter la concurrence, on ne gagne pas à tous les coups. Et si pour l’automobile ce seront les Italiens qui gagneront, tant mieux pour eux, ce sont de vrais compétiteurs et des Européens en plus. Maintenant si Renault revient en force et ramène avec elle des fournisseurs ça sera encore mieux. Si Oran veut effectivement avoir une porte d’entrée, elle aura sa place sur le marché de l’industrie automobile. Et elle se muera en exportatrice vers l’Afrique. Ça ne m’empêchera pas de contribuer à ce dynamisme parce qu’il y a aussi à Oran une communauté française. Il y a dans cette ville des entrepreneurs qui aiment faire des partenariats avec des compagnies françaises. On veut tous travailler ensemble.

Le Q.O.: Le wali d’Oran vous a-t-il soufflé un mot à l’oreille s’agissant de Peugeot ?

Olivier Cadic : Non. Il m’a cité Renault, Fiat et Stellantis. Mais il ne faut pas oublier que ce dernier groupe multinational (fondé en janvier 2021 et issu de la fusion du groupe français PSA Peugeot-Citroën et de Fiat Chrysler Automobiles) exploite et commercialise plusieurs marques, dont Peugeot et Citroën. Le wali m’a dit qu’il aimait les projets, mais qu’il aimait encore davantage les concrétiser. Il reste très prudent. On sent que c’est un homme d’expérience. Il écoute bien ce qu’on lui propose. Il était en discussion avec des responsables (du groupe Stellantis : Ndlr) qui lui ont proposé 4.000 emplois directs et 3.000 emplois indirects. Lui, il est là en tout cas pour concrétiser ce qui va le mieux pour son pays et sa ville. Il a si bien plaidé les atouts dont dispose désormais l’Algérie et, plus en particulier, la ville d’Oran. Personnellement, il m’a convaincu de l’intérêt d’y investir. J’ai pris acte et j’en ferai part à nos entreprises françaises. Et comme me l’avait dit le jour d’avant le wali de Tlemcen, on veut côté algérien faire des investissements avec les Français et il faut qu’il y ait des établissements d’enseignement français à côté. Ça va avec, l’un appelle l’autre. Moi je crois beaucoup au futur d’Oran. C’est une ville qui a prouvé qu’elle avait un business model qui fonctionne

Le Q.O.: En dehors des affaires, votre séjour à Oran ?

Olivier Cadic : Je sors de la maison natale d’Yves Saint-Laurent. J’y étais avec l’architecte et j’ai beaucoup apprécié le travail de restauration qui a été fait. J’en sors avec beaucoup d’émotions. Ce qu’il a recréé et partagé, extraordinaire ! Il a ressuscité l’âme du jeune génie

A mon sens, cette œuvre, il n’y a pas plus beau témoignage positif de ce que va être le futur d’Oran. C’est aussi un symbole positif de la relation entre la France et l’Algérie que le mécène a fait émerger du passé pour en faire un trait d’union avec le futur. Je suis sûr qu’il y aura de plus en plus de touristes de France, d’Europe et d’ailleurs à venir voir cette maison-musée du grand créateur qu’est Yves Saint-Laurent.

Tout à l’heure, j’étais avec le Consul général et il me montrait le gymnase où le mythique champion du monde de la boxe, Marcel Cerdan, présenta sa ceinture devant le public. Là aussi, ce que j’ai vu me donne énormément de confiance pour l’avenir d’Oran. Et si vous voulez une parole de conclusion pour cet entretien, je dirai que je vais repartir avec pleine de confiance pour l’avenir de la relation entre l’Algérie et la France. Car, oui, maintenant, on peut dire qu’on est reparti sur la bonne voie.

L’HEBDO DES INDÉPENDANTS N°192 – 03 nov 2022

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Sommaire :

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER & AFFAIRES ÉTRANGÈRES
. Établissements en gestion directe : vers un comité de gestion local ? C’est le sens de l’amendement présenté par Frédéric PETIT, député, pour distinguer les deux missions de l’AEFE (développement du réseau & scolarisation).
. Inaccessible Ameli
. Groupe de travail sur la réforme du corps diplomatique

LE CLUB DES INDÉPENDANTS
. Ahmed HENNI, président du conseil Consulaire, Mehdi J BELATRECHE, conseiller des Français de l’étranger et Yolande MATEO, conseillère des Français de l’étranger et membre de l’AFE, circonscription d’Oran – Algérie (CR de la visite d’Olivier CADIC en Oranie).

LE BLOG D’OLIVIER CADIC
. Médias : Public Sénat (Ukraine, suite à l’intervention d’Élisabeth BORNE) / MTV (présidentielle au Liban) / LPJ (Anefe, enseignement français, Ukraine, Taïwan, coupe du monde au Qatar)
. Liban. Ghassan AYOUB, président du conseil consulaire au Liban et conseiller élu à l’AFE pour le Moyen-Orient
. Paraguay. Luis Alberto CASTIGLIONI, ministre de l’Industrie et du Commerce du Paraguay
. En circonscription en ALGÉRIE : Tlemcen, Oran, Mostaganem (29 oct. au 01 nov. 2022)
Alexis ANDRES, consul général de France à Oran
Ahmed HENNI, président du conseil consulaire d’Oran
Mehdi BELATRECHE, conseiller des Français d’Oran
Robert MATEO, représentant Yolande MATEO, conseillère à l’AFE et CFE d’Oran

FRANCE
Actualités : Politique & Société

BRÈVES D’AILLEURS

CARNET & NOMINATIONS

Découvrir l’InfoLettre n°192

En circonscription en Algérie (2/3) – Oran (30 oct. & 01 nov. 2022)

Retour à Oran, sept ans après ma première visite. Il faut saluer la promotion de la ville, dont la visibilité sur la scène internationale a été accrue par de grands événements, qu’Alexis Andres, consul général de France à Oran, a qualifié de grandes réussites.

La délégation conduite par notre Président de la République a permis d’encourager le développement de la coopération entre la France et l’Oranie, comme nous l’avons évoqué avec le Wali d’Oran, Said Saayoud.

En plus de ses atouts économiques, comme ses ports maritimes, la ville, qui abrite la maison natale du couturier Yves Saint-Laurent, possède un potentiel touristique considérable.

Diplomatie parlementaire

Wali d’Oran

Rencontre avec le Wali d’Oran, Said Saayoud, en présence du maire d’Oran, et d’une importante délégation de dignitaires locaux.

Un long entretien a permis un échange approfondi et stimulant quant aux différents projets de développement d’Oran qui vient d’accueillir les Jeux méditerranéens et a reçu Emmanuel Macron, Président de la République.

Le Wali a décrit un tourisme dynamique, puisque la ville de 2,5 millions d’habitants a accueilli 18 millions de visiteurs cet été.

Said Saayoud a évoqué la réouverture de l’usine Renault, puis la venue de Stellantis en 2023, saluant la réforme historique de la disposition 49_51, permettant aux investisseurs d’agir désormais seuls en Algérie. Il a passé en revue les divers avantages fiscaux pour favoriser les investissements dans le pays qui n’est pas touché par la crise énergétique, liée à l’invasion russe en Ukraine.

Le Wali s’est félicité du fait que l’Algérie soit une porte vers l’Afrique, avec le développement du trafic maritime qui est naturellement destinée à l’accompagner en raison de ses trois ports. J’ai convenu que les trois ports de la ville d’Oran sont des atouts considérables. Ils vont se révéler d’autant plus lorsque la rocade sera mise en service dans les prochaines semaines. Les camions pourront éviter le passage au travers de la ville pour se rendre au port.

Après avoir chaleureusement remercié le Wali pour son accueil, fait de multiples attentions et de marques de considération, j’ai également exprimé ma gratitude pour sa disponibilité afin de trouver une solution qui permette aux élèves de l’annexe du Liad d’Oran de poursuivre leur scolarité jusqu’à la classe de terminale et pouvoir augmenter la capacité d’accueil.

Comme l’a rappelé Ahmed Henni, président du conseil consulaire, les capacités d’accueil des enfants à Oran sont le corollaire du développement économique.

Diplomatie économique

Développement économique – Tourisme

Afin de me permettre de prendre la mesure du potentiel de la ville concernant le tourisme, le consul général de France à Oran a organisé deux séquences :

> Dîner au restaurant « Villa Saint Tropez », dirigé par un compatriote en présence des conseillers des Français de l’étranger, des personnalités oranaises : journaliste, ancien député actuellement président de la chambre des notaires, architecte, responsable de la chambre de commerce, entrepreneurs.

J’ai été très heureux de rencontrer Abdou Benabbou, Me Benounnane et son épouse, Amal Seddiki, Sarah Belkacem, Rachid Ait Habib, accompagné d’Ahmed et Tema Henni, Mehdi Belatreche, Robert Mateo.

> Visite de la ville en compagnie d’architectes qui ont préparé un circuit Art déco

Le clou a été la découverte de la maison natale du couturier Yves Saint-Laurent, dont la restauration a été financée par un compatriote.

Communauté française

Consulat

Alexis Andres, consul général de France à Oran, nous a présenté les différents services du poste à la délégation.

Le traitement des demandes de visa est décomposé en plusieurs phases, de la quittance et la pré-instruction des dossiers, en passant par l’instruction dont sont chargés les agents titulaires du Quai et la délivrance.

Le flux de demandes suit une hausse progressive, jusqu’à atteindre en moyenne 350 dossiers à traiter par jour.

Différentes étapes de contrôle sont observées, de la vérification des éléments matériels (réservation d’un vol AR, hébergement, antécédents des demandes de visa précédentes, interrogation de la banque de données des pays Shenghen qui permet de savoir si un autre pays a déjà opposé un refus dans les trois mois précédents).

La mise en place de France visa est attendue dans quelques mois. Elle permettra de sécuriser davantage le document par l’instauration d’un QR code, la France étant l’un des derniers pays de l’espace Shenghen à signer encore ses visas.

La répartition des dossiers entre les différents agents chargés de la pré-instruction est délibérément le fruit du hasard.

La dématérialisation de la procédure de demande de visa n’est pas, selon les agents interrogés, une évolution souhaitable dans la perspective de la lutte contre la fraude.
En cas de doute, un visa retour est octroyé. Il impose au demandeur de se manifester auprès du poste à l’échéance du visa. En cas de refus d’un visa, les motifs ne sont pas détaillés. Le consulat général encourage les demandeurs qui souhaitent une prise en compte d’éléments particuliers de faire un recours circonstancié.

Un agent dédié est chargé du traitement des demandes d’état civil comme des demandes de CNF. Un autre est chargé du traitement des demandes des capacités à mariage et des auditions des futurs mariés.

Sur environ 500 demandes, à peine 50 sont refusées. C’est le parquet qui dispose du dernier mot.

J’ai pu constater une ambiance de travail enthousiaste des agents du consulat, dont un nombre important est là depuis sa réouverture depuis 2007.

Résidence

Alexis Andrès, consul général de France à Oran, m’a reçu à la Résidence de France avec les élus des FDE en présence d’Eric Carro, consul adjoint, et de son épouse, de Romain de Tarlé, directeur de l’Institut français et du père Modeste du diocèse d’Oran.

Nous avons eu l’occasion d’évoquer la difficulté d’entretenir les liens avec la communauté française et celle d’encourager la transmission du français en son sein.

Ahmed Henni, président du conseil consulaire et également président de l’UFE, a fait part des difficultés d’animer la vie de la communauté française dans le cadre d’une association.

Mehdi Belatreche, conseiller des Français de l’étranger, a insisté sur la difficulté d’entretenir le sentiment d’appartenance au sein d’une communauté souvent mal à l’aise avec le français. L’action des Instituts pour diffuser la culture française, en dehors même des grandes villes de l’Oranie, a été expliquée et saluée.

Le consul général a souligné ses efforts pour nouer des liens hors les murs du consulat, afin de promouvoir la France partout dans cette grande circonscription consulaire. Il a invité les élus à une collaboration pour leur permettre de jouer leur rôle d’animation de la communauté française.

Enfin, la nécessité de lever les blocages à l’investissement en Algérie, qu’il s’agisse de la mise en oeuvre des réformes du sponsoring, des avantages fiscaux comme des transferts d’argent ont été abordés.

Nous avons pu faire le point sur les entretiens menés jusqu’alors et les avancées qui pourraient être obtenues, notamment en matière de scolarité et d’enseignement du français, en particulier à destination des Français en Oranie.

Enseignement

Lycée International Alexandre Dumas (Liad)

Visite de l’annexe du Liad d’Alger suivi d’une rencontre avec les parents d’élèves du Liad en seconde, en compagnie d’Alexis Andres, consul général de France à Oran, Ahmed Henni, pdt du conseil consulaire d’Oran, Mehdi Belatreche, conseiller des FDE et Robert Mateo, représentant de Yolande Mateo, conseillère des FDE

Lors de ma venue à Oran en 2015, en compagnie de Bernard Emié, ambassadeur de France à cette époque, l’école française d’Oran n’était qu’un projet.

C’est désormais une réalité.

De la primaire à la seconde, le LIAD est l’annexe du Lycée international Alexandre Dumas d’Alger et accueille aujourd’hui 238 élèves à Oran. Il affiche complet.

Accueillis par M. Tandjaoui, coordonnateur du collège, nous avons visité le site en l’absence d’élève pour cause de vacances scolaires.

Saisi par Ahmed Henni de la détresse des familles dont les enfants ne pouvaient plus être scolarisés à Oran après la 3e, j’étais intervenu auprès de l’ambassadeur François Gouyette pour le sensibiliser afin de convaincre l’AEFE d’étendre la scolarité à la classe de seconde.

L’annonce de l’ouverture d’une classe de seconde avait été accueillie par un immense soulagement par les parents d’élèves. L’action concertée de ces derniers, des conseillers des Français de l’étranger et de l’ambassadeur François Gouyette a porté ses fruits.

14 élèves ont ainsi pu bénéficier de l’ouverture d’une classe de seconde lors de la dernière rentrée de septembre, ce qui était mon objectif prioritaire pour la circonscription.

J’ai eu le plaisir de rencontrer l’association des parents d’élèves dont le bureau a été récemment élu, à la faveur de mon passage à l’Institut français d’Oran.

Des femmes remarquables et très engagées ont expliqué leur soulagement lors de l’annonce d’une classe de seconde cette année, les solutions pour scolariser leurs enfants à Alger n’étant pas adaptées. Elles ont pu exprimer leurs inquiétudes quant à l’absence de structure locale pour les classes de première et terminale.

J’ai évoqué avec elles les différentes possibilités, appelant à la définition d’un plan École à Oran, qui réunirait l’ensemble des acteurs concernés y compris les écoles bénéficiant du label France Éducation.

Une revue des différentes alternatives pouvant permettre la scolarisation des élèves jusqu’en classe de Terminale doit être faite afin d’offrir un choix aux parents concernés début 2023 et éventuellement d’attirer des enfants algériens soucieux d’un enseignement francophone de qualité pour préparer leur entrée dans des universités algériennes qui proposent un enseignement francophone.

Il est également nécessaire de concrétiser le développement de l’annexe du Liad afin de contribuer à l’accomplissement de l’objectif du Président de la République de doublement des objectifs d’ici à 2030.

Une extension du site du Liad apparait possible à Oran.

L’expertise du consul général Alexis Andres qui a occupé dans le passé les fonctions de conseiller culturel pour l’Algérie et le soutien indéfectible des élus aux combats des parents d’élèves constituent de formidables ressources.

Je suis reparti confiant dans leur capacité à poursuivre les progrès observés ces dernières années. +d’images

Culture

Institut Français

Accueillis par Romain de Tarlé, directeur, nous avons visité l’Institut Français Oran.

L’espace Campus France, qui permet aux futurs étudiants souhaitant poursuivre leur formation dans l’enseignement supérieur en France, traite plus de 3000 dossiers par an.
Plus de 700 dossiers sont acceptés chaque année.
L’Algérie est le 3ème pays d’origine pour le nombre d’étudiants étrangers dans notre enseignement supérieur.

L’objectif de l’IF est de proposer des ateliers aux demandeurs, dont le niveau de maîtrise du français est inégal, afin de leur permettre de présenter des dossiers de meilleure qualité.

L’activité de l’IF est marquée par un bon dynamisme s’agissant des cours de français, en raison de sa capacité à proposer de nouveaux créneaux. On observe une forte progression de la demande chez les enfants.

La visite de la Médiathèque a été l’occasion de constater l’enthousiasme de ses deux responsables, qui s’efforcent d’offrir un espace de lecture et de travail au grand public.

Cet espace accueille par exemple des rencontres littéraires.

Le stock d’ouvrages a été adapté en 2012 en direction de cette cible et est régulièrement renouvelé. Ainsi, 450 ouvrages ont été acquis au Salon international du Livre d’Alger. Le fond est accessible en ligne via un catalogue numérisé. Avec les apprenants du français qui bénéficient de la gratuité, la Médiathèque peut se prévaloir de 4000 adhérents.

Le dynamisme des Médiathèques est notamment à mettre au crédit d’un réseau bien animé, qui permet aux responsables de bénéficier d’échanges et de formations. +d’images

Sanctuaire Santa Cruz

Visite de Santa Cruz avec Monseigneur Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger.

Il y a plus de 7 ans, je m’étais rendu sur le chantier du sanctuaire de Santa Cruz dont l’état me paraissait si alors délabré que j’imaginais qu’il faudrait plus d’une décennie pour le remettre en état.

Les élus consulaires des Français d’Algérie, Radya Rahal (Alger) et Ahmed Henni (Oran), avaient déposé un dossier pour obtenir une partie de ma réserve parlementaire d’alors pour contribuer à l’effort de restauration.

Si la foi déplace les montagnes, j’ai pu observer qu’elle est également capable de rendre sa majesté à un site restauré dans son esprit initial.

Observée au travers d’un petit trou dans une palissade, j’ai retrouvé une chapelle transfigurée.

Grâce au dessin d’un frère de la communauté chrétienne de Taizé et au talent de deux artistes oranaises, le blanc immaculé de la chapelle s’est animé d’un festival de formes et de couleurs.

« C’est par les couleurs de Santa Cruz que ce lieu embrasse un passé chahuté et ouvre un avenir réconcilié » conclut Mgr Vesco dans l’ouvrage consacré au sanctuaire. +d’images

Devoir de mémoire

Cimetières de Petit Lac & Tamazouët

Ce 1er novembre, je me suis rendu sur le site des cimetières de Petit Lac et Tamazouët, où nous avons été accueillis par Jean Jacques Lion, président du collectif de sauvegarde des cimetières de l’Oranie et par Abdelkader Ouarad, délégué à Oran.

En compagnie d’Alexis Andres, consul général de France à Oran, Ahmed Henni, président du conseil consulaire d’Oran, Mehdi J Belatreche, conseiller des FDE et Robert Mateo, représentant de Yolande Mateo, conseillère des FDE, nous avons déposé une gerbe devant l’un des monuments du souvenir.

Comme de nombreux Français pendant la Toussaint, nous nous sommes recueillis en mémoire de tous les Français morts pour la France et de nos proches.

Nos élus des Français de l’étranger ont tenu à m’emmener devant la tombe du père Thierry Becker, un prêtre polyglotte, disparu l’an dernier, que « tous les Français d’Oran aimaient », m’a confié Ahmed Henni.

Jean-Jacques Lion m’a expliqué les travaux d’aménagement du cimetière chrétien de Tamazouët, dont la surface de 18 hectares a été ramenée à 10 hectares. Pour y parvenir, une opération a rassemblé les restes de plus de 10.000 tombes à Oran dans un ossuaire de regroupement, récemment repeint en blanc.

Un carré de 360 tombes a été rénové grâce au financement conjoint de l’association et de la région Sud Paca.

« Leur dignité sera notre fierté » est la devise de l’association.

Nous nous sommes rendus ensemble au cimetière du Petit lac créé le 9/3/66 pour regrouper toutes les dépouilles des soldats tombés pendant la guerre d’Algérie. 3500 militaires tombés dans les différents conflits reposent dans cet endroit qui suscite l’émotion dès que l’on y pénètre.

Nous avons aussi visité la chapelle rénovée et rouverte depuis le 16 juin 2019 qui abrite une exposition intitulée « l’Algérie et la grande guerre. » +d’images

Algérie – Attentes prioritaires des Français établis en Algérie

À la veille d’une année importante pour la relation entre la France et l’Algérie et marquant le soixantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, Rachid Temal, président, nous a convié à l’assemblée générale du groupe d’amitié France-Algérie, ce 1er décembre.

Après avoir évoqué l’actualité de la relation bilatérale qui avait été commentée la semaine précédente par notre ambassadeur François Gouyette, en poste à Alger, le Président Temal m’a offert l’opportunité de partager lés principaux sujets de préoccupations de nos compatriotes établis en Algérie remontés par nos élus des Français de l’étranger : Radya Rahal (Alger), Ahmed Henni (Oran) et Sabri Mele (Annaba).

Il ressort un problème général lié à la mauvaise voire non application d’accords bilatéraux par l’Algérie.

Le premier d’entre-eux concerne les retraites des Français ayant cotisé au régime de la CASNOS (Caisse des non-salariés) pendant leurs années d’activité en Algérie.

Contrairement aux Français qui ont cotisé au régime général de la CNR (Caisse Nationale des Retraites), les cotisants à la CASNOS (commerçants, artisans, professions libérales) sont exclus du droit au transfert de leur retraite en France lors de leur retour définitif, car exclus de la convention franco-algérienne de sécurité sociale.

Il serait bon de pouvoir réparer cette situation qui pénalise ces compatriotes dont la plupart ont fait toute leur carrière en Algérie et n’ont pas de retraite française.

En matière d’Entraide judiciaire, la commission mixte chargée d’intervenir dans les (enlèvements) déplacements d’enfants ne se réunit plus.

La non application par l’Algérie de la convention concernant le transfert des dividendes crée un phénomène de double imposition.

Le Président Temal a pris ensuite les avis des membres pour déterminer les projets du groupe d’amitié pour 2022 en évoquant l’idée d’un colloque sur l’avenir de la jeunesse des deux pays.

J’ai évoqué mon projet « Visa Tech pour Vivatech » destiné à faciliter la venue des start-upers de la Tech algérienne au salon Vivatech, avec le concours de la chambre de commerce et d’Industrie algéro-française (CCIAF).

Le président Temal a accepté d’envisager une audition de Michel Bisac, président de la CCIAF.

Algérie : relation bilatérale et priorités de notre communauté

Ce 7 décembre, rencontre avec le nouvel Ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed-Antar Daoud, en poste à Paris depuis octobre dernier.

Arrivé tout droit de Libreville où M. Daoud a officié pendant cinq ans comme ambassadeur d’Algérie en République Gabonaise, concomitamment en Guinée équatoriale et auprès de la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC).

Diplômé en sciences de l’Information à Université Paris II Panthéon-Assas, puis à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Paris n’a pas de secrets pour lui.

M. Daoud a commencé sa carrière comme journaliste à la télévision algérienne avant de devenir diplomate.

Avec Mohamed-Antar Daoud pour l’Algérie et François Gouyette pour la France, les deux pays ont pour point commun de disposer de diplomates chevronnés pour consolider la relation bilatérale.

J’ai remercié l’ambassadeur pour sa remarquable intervention à Lyon lors des obsèques de Mgr Henri Teissier, ancien archevêque d’Alger, véritable trait d’union entre catholiques et musulmans. Mohamed-Antar Daoud m’a confié le respect qu’il portait à cette personnalité qui avait fait le choix de rester en Algérie durant la décennie noire.

Nous avons évoqué mon dernier passage à Alger en février dernier (compte-rendu) et ma volonté de soutenir nos échanges économiques bilatéraux au travers de la CCIFA présidée par Michel Bisac.

Je lui ai parlé des start-upers algériens que j’ai rencontré à cette occasion et du projet d’accueillir plusieurs d’entre-eux au Sénat, en sa présence, à la faveur de la prochaine édition de Vivatech.

Je me suis fait ensuite le relais de nos conseillers des Français de l’étranger en Algérie, Radya Rahal (Alger) Sabri Mele (Annaba) Ahmed Henni (Oran) et Yolande Mateo (Oran).

Les élus souhaitaient attirer l’attention de l’ambassadeur sur deux points prioritaires pour notre communauté en Algérie.

1 – Faciliter le retour en Algérie des Français bloqués en France en raison de la pandémie ;

2 – Permettre le transfert des retraites des Français ayant cotisé au régime de la CASNOS (Caisse des non salariés) pendant leurs années d’activité en Algérie ;

L’ambassadeur m’a demandé de lui procurer une note sur ces deux sujets afin de lui permettre d’évaluer ce qu’il pourrait faire pour nous aider.

Je lui suis sincèrement reconnaissant de m’avoir consacré un temps d’échange significatif pour faire connaissance.

J’ai présenté à l’ambassadeur Daoud tous mes voeux de réussite dans sa mission.

Covid 19 & Français de l’étranger : mes questions à Jean-Yves Le Drian (vidéo – 4m)

Notre commission des Affaires étrangères et de la Défense a auditionné, ce 15 avril, Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères pour faire un point de situation internationale.

En vidéo-conférence, je me suis adressé à notre ministre à travers quatre sujets.

1 – L’enseignement français à l’étranger, pour savoir si le plan éducatif prévoyait un abondement des bourses (programme 151) et un complément budgétaire en faveur des écoles (programme 185).
REPONSE : le ministre s’est inquiété de la perte de recettes, notamment des établissements partenaires dont l’avenir pourrait être compromis. Le plan de relance est toujours en cours de discussion et prévoira des aides pour les familles étrangères.

2 – Les propos injurieux et répétés de l’ambassade de Chine en France, concernant notre gestion de la crise sanitaire ou le soutien à Taiwan de parlementaires français.
REPONSE : JY Le Drian a évoqué des “mots et déclinaisons qui n’étaient pas acceptables”. La convocation de l’ambassadeur de Chine a été suivie d’un communiqué du ministère chinois de Affaires étrangères qui fait l’éloge de notre action sanitaire et salue les résultats positifs liés à l’adoption des gestes barrières, rappelant que la Chine est à nos côtés dans ce combat.

3 – La continuité sanitaire envers nos compatriotes malades en attente de rapatriement, dont certains ont besoin de traitements lourds et/ou un approvisionnement en médicaments.
(ex : nous sommes passés de 10 vols quotidiens entre la France et l’Algérie à deux vols hebdomadaires)
REPONSE : aucune

4 – La situation des étudiants, V.I.E et jeunes actifs amenés à rentrer des États-Unis et qui doivent s’acquitter d’un loyer sans pouvoir l’interrompre avant de l’échéance.
REPONSE : le ministre se déclare prêt à regarder ma proposition (mettre en ligne un document consulaire sollicitant leur retour et opposable aux bailleurs américains).

Texte mon intervention – 15/04/2020
Vidéo de l’audition sur le site du Sénat

INFOLETTRE n°131 – Édito : Faute grave // Hommage à Robert Feldmann, conseiller consulaire Tel Aviv // Assurance : rapatriement d’un Français vers Bruxelles // Post-Brexit : audition d’Amélie de Montchalin // Enfants franco-japonais privés de leur parent français // CETA : audition d’Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada // Coronavirus : ma question écrite sur la participation de Taïwan aux travaux de l’OMS // Relations économiques France-Grèce : diner du gouvernement grec au Sénat et forum à Paris // En circonscription en ALGERIE : Alger (9-11 fév. 2020) / SUISSE : Genève (3 fév. 2020) // Débat à la RadioTélévisionSuisse.

Lire : l’INFOLETTRE n°131 – 04 mars 2020Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’InfoLettre n°131

Faute grave

Tout commence lorsqu’un jeune cadre d’entreprise m’adresse ses vœux, tout en me proposant d’abonder une cagnotte internet pour aider au rapatriement de son ami dans le coma à Miami…

Chacun sait qu’une destinée peut basculer en une fraction de seconde. Le 7 décembre, un compatriote, Jean-Emmanuel, entrepreneur à Bruxelles, était fauché par un taxi sur un passage piéton, en pleine nuit à Miami.

Hémorragie cérébrale et fractures multiples, le diagnostic du médecin est critique. Le diagnostic de son assureur est tout aussi sombre : refus de prise en charge des frais d’hospitalisation et du coût de rapatriement.

L’assureur oppose à Jean-Emmanuel, bien que dans le coma, une constatation du rapport de police : il a traversé alors que le feu piéton était au rouge, constitutif d’une faute grave en Floride, comme en Belgique.

La notion de faute grave en la circonstance interpelle. Surtout lorsqu’on la compare au nombre d’accidents de Français, roulant sans casque, en scooter en Asie. L’appréciation de la gravité mériterait une définition précise et contractuelle, au lieu d’être laissée au libre arbitre d’un assureur après un accident.Visuel HL125

Après avoir pris contact avec Anne, compagne de Jean-Emmanuel, puis avec la directrice des Français de l’étranger, et enfin avec l’assureur, ce dernier finira par m’écrire qu’il acceptait de rembourser les frais conformément à la police souscrite.

Celui-ci notifie également la bonne nouvelle à Anne, quelques heures plus tard, mais en ajoutant une petite phrase assassine : “nous nous réservons le droit de procéder au recouvrement des sommes déboursées”. “Je n’accepte pas cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes”, lui renvoie-t-elle.

Voilà qui devrait inciter chacun à jeter un œil sur son contrat d’assurance pour y repérer des clauses approximatives ou toutes relatives, comme “faute grave”, et ainsi se faire préciser ce qui est exactement couvert ou pas. C’était d’ailleurs le thème de conférence choisi par Rosiane Houngbo-Monteverde, conseillère consulaire Qatar et Bahreïn, auprès de la communauté française, ce week-end à Doha. Découvrir l’InfoLettre n°131

Au Sénat – En Bref du 16 au 20 novembre 2015

Attaques terroristes : Congrès de Versailles (16 nov.)

minuteSénateurs, collaborateurs et personnels du Sénat, tous rassemblés autour du président Gérard Larcher pour ‪une minute de silence en hommage aux victimes

 

 

Groupe16novRéunion du groupe UDI-UC avant le départ des sénateurs pour Versailles. Le président François Zocchetto nous informe des discussions du week-end avec le Président de la République en réaction aux évènements tragiques de vendredi soir à Paris.

 

VersaillesTriste page de l’Histoire de France… Le parlement est réuni en congrès à Versailles par le Président de la République pour lui annoncer des mesures d’exception.

 

 

Algérie : rencontre avec Makhlouf Chalal (18 nov.)

MakhloufHL41En charge de la participation de l’Algérie sur les salons et foires en France, Makhlouf Chalal est l’ardent promoteur des produits du terroir algérien. On pense naturellement aux dattes, aux figues, à l’huile d’olive ou au vin. Ces dernières années, ce breuvage a été remis à l’honneur puisque l’Algérie replante des vignes, en se souvenant qu’elle produisait 200 millions de bouteilles en 1962, contre 14 millions aujourd’hui.

Makhlouf Chalal incite les producteurs algériens à sortir de leurs frontières pour se frotter à la concurrence mondiale. Je partage le même souci pour les entrepreneurs français. En nous aidant mutuellement à favoriser les échanges commerciaux dans les deux sens entre nos pays, nous atteindrons nos objectifs respectifs.

GIA France-Afrique de l’Ouest (18 nov.)

GIA Afrique 1Le directeur Afrique exploration-production de Total, Guy Maurice (à gauche de l’image), a été auditionné par le groupe interparlementaire d’amitié France-Afrique de l’Ouest, présidé par Jacques Legendre (à droite de l’image).

En Afrique, Total est leader avec 17% de part de marché et il est présent dans 43 pays. Guy Maurice nous a parlé d’un continent très prometteur où la croissance dynamique est portée par une population jeune : il nait chaque année au Nigeria autant d’enfants que dans toute l’Union européenne !

CAS : ‎Audition de Myriam El Khomri, ministre du Travail et de l’Emploi (18 nov.)

Myriam_ElKhomriDans le cadre du Budget 2016, la commission des Affaires sociales (CAS) a auditionné Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, venue présenter le budget de mon ministère.

J’ai interrogé la ministre au sujet des efforts promis par Pôle Emploi en matière de mobilité professionnelle internationale (lire les débats).

Mme El Khomri m’a répondu que dix agents de l’agence de Strasbourg étaient chargés des relations avec l’organisme homologue allemand, ajoutant qu’un partenariat avait également été engagé avec l’agence pour l’emploi du Maroc. Elle a promis de me communiquer au plus vite le nombre d’agences et de personnes mobilisées autour de l’offre internationale.

Quant à la mobilité géographique, la ministre a mis en place, avec Action Logement, la garantie de loyer pour les demandeurs d’emploi amenés à se déplacer.

CAS : Projet de loi de finances pour 2016 (18 nov.)

CAS18novLa CAS a examiné pour avis le rapport du sénateur Jean-Marie Morisset intitulé « Egalité des territoires et logement – Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables ». M. Morisset a souligné l’insuffisance des moyens budgétés dans le contexte de la crise migratoire qui “oblige à une improvisation continue”. En effet, à rebours du discours politique, les crédits 2016 seront inférieurs aux crédits consommés en 2015…Autrement dit, les camps de migrants qui se développent en Ile-de-France à l’image de Calais, risquent de se multiplier (Lire les débats).

La CAS a également examiné pour avis le rapport de ma collègue Agnès Canayer intitulé « Régimes sociaux et de retraite ». Je lui ai demandé où en était l’unification des régimes de retraite. J’ai noté que les choses évoluaient “doucement” à la SNCF et la RATP, “trop peut-être”, de l’avis de Mme Canayer.

Colloque Hydro-diplomatie : réunion de préparation avec Sophie Auconie (18 nov.)

S_AuconieSophie Auconie est co-présidente du Cercle français de l’eau, ancienne députée européenne, et élue au siège de gouverneure au Conseil mondial de l’eau, plate-forme multilatérale créée en 1996 à l’initiative des organisations internationales et des spécialistes du secteur de l’eau.

Je suis flatté que Sophie intervienne lors du discours d’ouverture du colloque que je préside, le 1er décembre au Sénat, en présence d’Arthur Nazarian, ministre de l’Energie et de l’Eau du Liban : “Hydro-diplomatie et changement climatique pour la paix au Moyen-Orient”.

« Il y aura une vie après le pétrole ; il n’y aura pas de vie après l’eau », aime-t-elle rappeler.

Maroc : rencontre avec la CFCIM (19 nov.)

CfimAu Sénat, avec les représentants de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM). (g. à d.) Jean-Marie Grosbois, président ; Charafa Chebani, directrice du pôle CFCIM-Business France et resp. Etudes et Prospection ; Olivier Cadic ; Philippe Confais, directeur général.

J’ai retrouvé avec plaisir les responsables de la plus importante chambre de commerce française à l’étranger que j’avais rencontrés à Casablanca en février (Maroc – Casablanca ou la douceur du climat… des affaires du 27 février 2015). Ils mettent tout en œuvre pour favoriser le courant d’affaires avec la France, premier partenaire commercial, bailleur de fonds et investisseur. En effet, 750 filiales françaises sont implantées au Maroc, dont 36 sociétés du CAC40 !

Nous avons recherché quelles initiatives pourraient favoriser le développement des ventes des entreprises françaises au Maroc, comme il en a été question début octobre avec les responsables de la CFCIM à Agadir (Déplacement au Maroc – Agadir – 10 & 11 oct. 2015).