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Adieu à Éric Simon, fureteur de Londres et soldat de la mémoire

C’est avec une immense tristesse que j’apprends la disparition de mon ami Éric Simon.

Pour beaucoup de Français de Londres, Eric était une figure familière, un homme hors du commun, attachant et admiré.

Né à Limoges, tombé amoureux de Londres dès 1965, il avait fini par y poser ses valises en 1974 pour faire de la capitale britannique son terrain d’inspiration.

Conseiller principal d’éducation au lycée Charles de Gaulle pendant quarante ans, élu au Conseil supérieur des Français de l’étranger en 1994, Eric aimait Londres comme peu de personnes peuvent aimer une ville.

Pendant des décennies, il a arpenté ses ruelles, fouillé ses archives, exhumé ses légendes, pour nous offrir des livres qui marquent les esprits : Londres, balades au fil des ombres, Le Fureteur de Londres, ou encore Londres au fil de la France Libre.

Car Eric était avant tout un fureteur. Un conteur. Comme il le disait lui-même : « Je m’intéresse toujours à ce qu’il y a derrière l’histoire » : les anecdotes, les mystères, les destins oubliés… Grâce à ses conférences, ses balades guidées, ses chroniques, il emmenait les Français de Londres sur les traces de Jack l’Éventreur, de Sherlock Holmes, des espions de la guerre, des héros de la France Libre. Nous le suivions, fascinés, parce qu’il avait ce don rare : faire revivre le passé comme s’il l’avait vécu lui-même.

Je me souviens de ce Noël 2013 que l’UFE GB avait organisé à l’Institut français : Eric avait réchauffé les cœurs en nous racontant le Noël 1941 des combattants de la France Libre, lorsque de Gaulle leur avait rendu visite par surprise. Ce soir-là, comme toujours, il avait ce talent de rendre le passé vivant, palpable, émouvant.

Éric Simon était un soldat de la mémoire. Ses héros ordinaires (le Commando Kieffer, ces résistantes comme Christiane Barstow ou Muriel Byck), il avait à cœur de transmettre leur courage, leur abnégation, leur amour de la liberté. « Devoir de mémoire sera notre devoir ! » écrivait-il après les commémorations du Débarquement en 2014, où il avait partagé des moments inoubliables avec les vétérans américains et français. Aujourd’hui, alors que nous pleurons sa disparition, ces mots résonnent avec une force particulière.

J’ai également admiré son engagement militant au service des autres. Son indignation face aux discriminations subies par les personnes handicapées qu’il a portée avec fougue lors des élections consulaires de 2014, lorsqu’il m’a fait l’honneur d’être sur ma liste, reste gravée dans nos mémoires.

Éric Simon était un homme chaleureux, généreux, drôle. Ceux qui l’ont croisé gardent en mémoire son rire, ses histoires interminables et son côté fana de Tintin, de films anciens, de vieilles radios, de Dinky Toys ou encore de vestes en tweed…

Merci, Eric, pour ta foi en la France, pour ton combat en faveur de la dignité, pour avoir été un pont entre la France et l’Angleterre et un témoin infatigable de notre mémoire collective.

À sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont eu la chance de croiser sa route, j’adresse mes pensées les plus émues.

Vidéo : Eric Simon raconte le Noël 1941 des Français de Londres à l’assistance

Disparition de Gérard Michon

J’ai eu la profonde tristesse d’apprendre ce jour le décès de Gérard Michon, conseiller des Français de l’étranger à Los Angeles.

Membre de l’Assemblée des Français de l’étranger jusqu’en 2014, qu’il avait marquée en présidant l’un de ses groupes politiques, Gérard était une personnalité chaleureuse et reconnue de notre communauté.

Je me souviens de sa passion pour les mathématiques et les statistiques.

Il avait su mettre son savoir et son enthousiasme au service des autres.

Avec sa disparition, c’est une grande figure de l’AFE qui s’éteint.

Toutes mes pensées vont à sa famille, à ses proches et ses amis.

Disparition de Jean-Pierre Cantegrit

Jean-Pierre Cantegrit au Sénat, lors de sa décoration dans l’O.N. de la Légion d’honneur par Gérard Larcher, le 13/11/2019

Jean-Pierre Cantegrit s’est éteint à l’âge de 91 ans. Une annonce qui nous remplit de tristesse et fait remonter des souvenirs en cascade avec celui qui a consacré sa vie de parlementaire au service des Français de l’étranger.

Une belle et une longue vie de parlementaire puisque Jean-Pierre détient, certainement pour toujours, le record de longévité de la Vème République au Sénat, où il aura siégé plus de 40 ans, sans discontinuer de 1977 à 2017.

Il était revenu au Sénat le 13 novembre 2019, accompagné de son épouse Hélène, pour recevoir les insignes de chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur des mains de Gérard Larcher. Leur complicité faisait plaisir à voir. Inutile de préciser que Jean-Pierre avait l’oreille et le respect de toute notre classe politique, ayant commencé sa carrière sous Valéry Giscard d’Estaing, en remplacement de Louis Gros, nommé membre du Conseil constitutionnel.

Jean-Pierre Cantegrit ne laissait personne indifférent, c’est le moins que l’on puisse dire. De stature imposante, les yeux perçants, le ton déterminé, il intimidait chacun au premier abord.

Centriste, héritier de cette Vieille France empreinte de culture classique, de retenue et d’élégance, il incarnait ces barons de la politique française qui fascinent.

Bravache dans l’adversité, on l’imaginait dur, coriace, et on avait raison, mais il était aussi incroyablement amical et plein d’humour. Il était « chaleureux à sa façon », me rappelait hier une amie et capable d’éclats de joie dignes d’un petit garçon lorsqu’il apprenait une bonne nouvelle.

Le grand leg politique de Jean-Pierre Cantegrit aura été la création de la Caisse des Français de l’étranger (CFE), dont il a été le président durant 35 années (1985 à 2015), pendant lesquelles cette caisse a toujours été excédentaire et disposait de réserves à son départ, aimait-il rappeler.

De fait, comme je l’avais rappelé à la tribune du Sénat le 18/06/2015 :
“En réponse à l’attente, voilà quelques années, des élus de l’Assemblée des Français de l’étranger, M. Cantegrit a su mettre en œuvre, avec une rare efficacité, un contrôle externe de la caisse.
Peu de caisses de sécurité sociale peuvent se prévaloir de comptes certifiés sans réserve. Il me paraît donc justifié de rendre hommage à l’action de ce conseil d’administration et de son président.”

En effet, pendant 40 ans de mandat, son fil à plomb aura été la protection sociale des Français de l’étranger. Fondée en 1978, d’abord à l’attention des salariés, la CFE offre à tous nos expatriés la même protection sociale qu’en France. Il s’agit d’une formidable réalisation.

À l’Assemblée des Français de l’étranger, Jean-Pierre Cantegrit créa et présida le groupe UDIL (Union des Démocrates, Indépendants et Libéraux), que j’ai rejoint en 2006, en compagnie des conseillers des Français de l’étranger Thierry Consigny (Japon) et Nadine Pripp (Suède).

Il fut également longtemps une figure emblématique de l’UFE (Union des Français de l’étranger) et un fin connaisseur de l’Afrique.

Son décès intervient à quelques jours le lancement des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger, convoquées par Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger. Son ombre planera sur les débats et sa mémoire constituera une source d’inspiration pour tous.

Sa disparition plonge notre institution sénatoriale dans le deuil. Elle affecte profondément les membres du groupe de l’Union Centriste présidé par Hervé Marseille, qui était un de ses amis proches.

Mes pensées émues vont à son épouse Hélène et ses enfants que j’assure de toute ma sympathie. Mes condoléances à sa famille et ses proches.

Belgrade – Hommage

La nouvelle de la tuerie d’élèves en Serbie m’a profondément affecté. Face à l’absurde et la monstruosité, toute pensée rationnelle s’éclipse. L’école ne constitue plus un sanctuaire contre la folie criminelle, on le savait déjà amèrement.

Faut-il que tout soupçon d’humanité ait déserté le cœur et l’esprit de cet assassin de 13 ans qui, lit-on, aurait planifié son crime de longue date. Un crime inexpiable à l’égard de ses camarades, dont une élève de nationalité française, a-t-on appris dans la journée. Quel parent ne peut être confondu de tristesse devant un tel drame ?

L’heure est au recueillement pour les victimes et à notre compassion infinie pour leurs proches. J’assure le peuple serbe et son Président, Aleksandar Vučić, de notre sympathie et de notre solidarité dans cette épreuve.