Accueil      En circonscription      Sénat      Revue de Presse          Parcours      Me Contacter      Mes 31 défis
    

En circonscription en Grèce – Athènes (24-26 oct. 2019)

Dès mon arrivée, Patrick Maisonnave, ambassadeur de France en Grèce, m’a accueilli à l’ambassade pour une réunion de cadrage, pour mon second déplacement à Athènes trente mois après mon premier passage.

Nous nous sommes retrouvés le lendemain à la fin de mes entretiens pour faire le point sur mes impressions tirées de mes visites et rencontres.

Je le remercie pour ses multiples attentions qui m’ont permis d’exercer ma mission dans des conditions idéales.

Politique

Parlement

Rencontres passionnantes avec deux députés de la Nouvelle démocratie, au parlement hellénique en présence de Nikola Guljevatej, deuxième conseiller : Tasos Chatzivassiliou (à droite), secrétaire de la commission de Défense Nationale et des Affaires étrangères, et Theodoros Roussopoulos (à gauche), membre de la commission des Affaires économiques, ancien ministre d’État et porte-parole du gouvernement de 2004 à 2008.

Les deux parlementaires ont avant tout tenu à souligner leurs difficultés du fait de l’attitude agressive de la Turquie qui multiplie les provocations, en pratiquant régulièrement des incursions par bateau ou par avion en territoire grec.

Depuis cet été, le gouvernement turc laisse passer chaque jour 700 à 800 migrants sur des embarcations de fortune, qui ont pris parfois un simple vol pour Istanbul depuis un pays africain.

L’ile de Lesbos qui compte d’ordinaire 20.000 habitants doit gérer la présence de 14.000 migrants. Sur l’ile de Samos, les 7000 habitants doivent cohabiter avec 7000 migrants, soit 1 migrant pour 1 habitant.

Tasos Chatzivassiliou et Theodoros Roussopoulos veulent alerter les parlementaires européens sur cette situation afin que l’Union européenne se donne les moyens d’endiguer ce phénomène dramatique.

Les deux députés sont également revenus sur le projet de permettre aux Grecs de l’étranger d’élire 3 députés pour les représenter au Parlement hellénique, en votant depuis leurs consulats et ambassades.

Nous avons également évoqué le contexte des Balkans occidentaux. Ils regrettent que la France n’ait pas récompensé la Macédoine du Nord pour ses efforts en lui refusant la possibilité d’ouvrir les négociations d’adhésion à l’UE. +d’images

Congrès ALDE

Dans la capitale grecque, j’ai participé au congrès ALDE (Alliance des libéraux démocrates européens) qui constitue l’opportunité de côtoyer des personnalités politiques européennes de premier plan, comme le premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel.

Son charisme et les avancées qu’il a enregistrées pour son pays me convainquent que l’Europe gagnerait à le voir un jour à la tête de l’UE.

J’ai eu le privilège d’échanger avec Judith Pallares Cortés, ministre de la Fonction publique et de la simplification administrative de la Principauté d’Andorre. Ce fût l’occasion d’évoquer la progression des travaux d’aménagement de la route qui mène de France à Andorre et de discuter avec nos amis représentants du Parti libéral d’Andorre.

J’ai retrouvé de nombreux parlementaires européens dont Nicola Beer du FDP ou encore Ilhan Kyuchyuk, membre bulgare du Parlement européen. Ilyan a été réélu parmi les vice-présidents de ALDE en obtenant le plus de voix. J’avais eu le plaisir de participer à conférence ALDE qu’il avait organisée à Sofia en avril 2018 (compte-rendu).

Je remercie David Hartlapp, représentant en France du parti allemand FDP, d’avoir à nouveau représenté l’UDI à mes côtés lors d’un événement ALDE. +d’images

Entrepreuriat

Chambre de commerce

Entretien à la chambre de commerce et d’industrie France-Grèce avec Laurent Thuillier, président, et Catherine Manali, directrice.

Dans le prolongement de ma rencontre avec Laurent à Paris, en juin dernier, mon action prioritaire pour la Grèce est de concrétiser le projet d’événement de la chambre avec l’appui du Sénat. Il s’agit d’une conférence sur le thème « investir en Grèce » qui se tiendra à Paris en début d’année 2020. Le nouveau gouvernement grec y sera représenté par plusieurs ministres pour éclairer les investisseurs sur les réformes engagées favorables aux entreprises.

Créée en 1885, la CCI France-Grèce compte plus de 330 membres. Le retrait envisagé de Business France de Grèce constitue une opportunité pour la chambre d’élargir l’éventail de ses services.

Plus que jamais, cette CCIFG se révèle un catalyseur de la relation bilatérale France-Grèce. +d’images

Diner économique

Réunion d’entrepreneurs et de décideurs économiques à la Résidence de France, présidée par Emmanuelle Boulestreau, chef du service économique, en présence de Nicolas Croizer, Premier conseiller, Anne-Marie Fanouraki, service économique, David Hubert-Delisle, directeur régional de Business France, Thalia Yannopoulos, Business France et de chefs d’entreprises suivants :
– Mme Gisèle Urquia – présidente CCEF – membre du conseil CCIFG – CEO d’ALD
– Mme Maria-Christina Chatzinikolaou– manager Air France – membre du conseil CCIFG
– Mme Catherine Manali – directrice CCIFG
– M. Frédéric Fouilloux – CEO Servier – vice-président des CCEF
– M. Yannick Joussaud – manager Suez – membre Conseil CCIFG
– M. Alexandros Vassilikos – président de l’Association des Hôteliers de Grèce – CCEF
– M. Eric Tourret – DCEO CEPAL SA
– M. Laurent Thuillier – DCEO Groupama Asfalistiki – président de la CCIFG – CCEF

Les progrès accomplis depuis le début de la crise de la dette souveraine sont substantiels. Le budget de l’État est passé d’un déficit de 15,1% du PIB en 2009 à un excédent en 2018 de 1,1% du PIB, pour la troisième année consécutive. Il faudra 3 à 5 ans pour dire que le pays est sorti d’affaires.

La Grèce a besoin d’être soutenue par des partenaires structurés pour se remettre en marche. Voilà pourquoi la France qui a su accompagner la Grèce pendant la crise doit être au rendez-vous pour l’aider à se relancer. L’attentisme serait une erreur stratégique, d’autant que d’autres pays se pressent désormais pour y investir : Etats-Unis, Allemagne, Chine ou Japon.

Plus de 80 ouvrages d’infrastructures sont en cours de réalisation ou en procédure d’appel d’offres, pour un montant global d’environ 20 milliards d’euros. L’accélération des privatisations, au programme du nouveau gouvernement, devrait également permettre des investissements privés supplémentaires.

A noter que la Grèce constitue déjà notre second excédent commercial dans l’UE, après le Royaume-Uni. Le forum de la CCIFG consacré à l’investissement en Grèce, prévu à Paris, arrive donc à point nommé, en souhaitant qu’il constitue un déclic pour nos entreprises. +d’images

Communauté française

Affaires consulaires

Petit-déjeuner à la Résidence, consacré aux affaires consulaires présidé par Céline Pendaries, Consule de France, en présence de Nicolas Pantaleon, agent en charge des Affaires sociales, et des conseillers consulaires Nelly Müller, Basile Delivorias et Françoise Deschamps (également présidente de l’UFE locale).

Après 4 années de relative stabilité, le nombre de nos compatriotes enregistrés connaît une nouvelle baisse qui s’élève à 4,67%. Plus de la moitié (52%) des personnes enregistrées sont des double-nationaux.

Le nombre de touristes français visitant la Grèce a atteint un record de 1.524.000 en 2018, ce qui place la France au 4ème rang derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie. Ceci n’est pas sans conséquences. Plus de 3000 dossiers de Français en difficulté sont traités par la section consulaire d’Athènes, sans compter les innombrables cas solutionnés par de simples échanges téléphoniques.

Nous sommes aussi revenus sur la situation de nos 2700 compatriotes affectés par la faillite de Thomas Cook en septembre.

À Rhodes, l’an dernier, j’ai pu observer le travail inouï d’Aliki Moschis-Gauguet, consule honoraire, confrontée à des situations d’accident, d’hospitalisation ou de décès de compatriotes. Nous avons exprimé toute notre gratitude à nos 17 consuls honoraires, relais précieux et efficaces auprès des autorités locales.

Nous avons également évoqué les conséquences pour l’activité consulaire induite par la GPA, autorisée en Grèce. C’est une activité lucrative pour les cliniques locales qui n’hésitent pas à prospecter les clients en France. L’augmentation constante des demandes de transcription d’actes de naissance d’enfants nés d’une GPA auprès du consulat démontre que l’offre rencontre la demande.

Ce sujet reviendra sûrement dans nos débats au sénat début 2020, lorsque nous aurons à voter le texte autorisant la PMA.

Le taux de chômage qui reste très élevé (17% de la population active) suscite des inquiétudes pour la partie de nos compatriotes dont la situation professionnelle reste fragile.

J’ai particulièrement apprécié la cohésion de notre communauté française qui repose sur l’action combinée des associations, des acteurs de l’enseignement, des consuls honoraires et des élus consulaires. Ces derniers sont formidablement impliqués et jouent un rôle déterminant pour préserver notre dispositif local d’aides sociales.

Je salue enfin la mémoire d’Hervé Leboucher, conseiller consulaire, qui avait participé à un rendez-vous de cette nature lors de mon précédent déplacement (compte-rendu). Sa disparition ne saurait faire oublier l’immense travail qu’il a accompli pour nos compatriotes en Grèce, associé à de nombreux engagements collectifs : AFE, FAPEE ou CCE. Nous avons eu une pensée émue à son égard. +d’images

Enseignement français

École Française d’Athènes (EFA)

Visite de l’école française d’Athènes (EFA), centre de recherche en sciences humaines dont la mission est d’étudier la Grèce dans son contexte balkanique et méditerranéen, de la préhistoire à nos jours.

À cette mission s’ajoute celle de former de jeunes chercheurs en leur offrant l’accès au terrain et aux sources.

L’EFA, c’est un pôle de recherche de 70 collaborateurs, une bibliothèque de plus de 94 000 ouvrages et une dizaine de chantiers de fouilles prestigieux en Grèce, Albanie et à Chypre.

Fondée en 1846, l’EFA essaie toujours se réinventer pour exercer ces missions. En regardant son bâtiment, les initiatives déployées et l’enthousiasme de ses occupants, on se surprend à penser que cette dame de 173 ans n’a pas pris une ride. +d’images

Culture française

Institut français

J’ai saisi l’opportunité de revenir à l’Institut français de Grèce qui abrite la chambre de commerce et d’industrie France-Grèce pour apprécier le résultat des travaux engagés.

J’ai été accueilli par Patrick Comoy, Conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’Institut français de Grèce, Yahia Tnina, secrétaire général, Nikola Guljevatej et Laurent Thuillier.

Les travaux d’étanchéité ont été entièrement pris en charge par la DIL (ministère des Affaires étrangères) pour un montant de 137.000 euros.

Un cycle d’événements culturels sera mis en place en 2020 pour valoriser l’endroit qui bénéficie d’une vue imprenable sur l’Acropole et brasser les publics de l’Institut.

Les équipements de l’auditorium ont été renouvelés : un système de traduction et écouteurs, du matériel de vidéo-projection, des caméras, du matériel audio, un pupitre avec technique…le tout pour un coût total de 50.000 €. C’est aujourd’hui une salle en pointe, au plan technique, à Athènes.

Enfin, la médiathèque compte 1472 personnes inscrites, soit l’équivalent du nombre d’abonnés d’une bibliothèque municipale de taille moyenne.

Les idées se bousculent pour augmenter la fréquentation de l’Institut que le public soit physique ou numérique (offre de médiathèque en ligne), au travers d’événements classiques (présentations littéraires…) ou plus inédits (présentation de jeux vidéo durant le « Novembre Numérique »). Lors de ma visite, j’ai pu voir l’auditorium en pleine activité pour présenter la collection d’un éditeur grec qui vient tout juste de traduire et publier les œuvres de Proust en grec.

Félicitations à toute l’équipe de l’Institut pour leur engagement et leur activité qui s’autofinance désormais à 83%. +d’images

En circonscription en Bulgarie – Sofia (26 au 28 avril 2018)

Mon troisième déplacement en Bulgarie a été placé sous l’angle de l’Union européenne et du commerce extérieur, au travers de nos entrepreneurs implantés localement.

Cette visite m’a permis de faire la connaissance d’Eric Lebédel, ambassadeur de France en Bulgarie. Lors de notre entretien à la Résidence, nous avons évoqué les initiatives de la présidence bulgare de l’Union européenne afin de dynamiser le processus d’adhésion des états des Balkans, candidats à l’adhésion.

Politique

Diplomatie parlementaire

Heureux d’avoir revu Dragomir Stoynev, député et président du groupe d’amitié parlementaire Bulgarie-France, que j’avais rencontré au Sénat à Paris, tandis qu’il conduisait une délégation parlementaire.

Il incarne la ferme volonté de son pays de rejoindre l’euro, ainsi que l’espace Schengen. L’écart entre Sofia (capitale d’un niveau de vie comparable aux autres capitales européennes) et la province reste un challenge à relever. Depuis la chute du mur de Berlin, on estime que le pays a perdu un tiers de sa population qui est partie chercher une vie meilleure à l’ouest.

Alde Party Council

Après le congrès ALDE à Amsterdam (déc. 2017), j’ai conduit à nouveau la délégation UDI composée de (g. à d.) Quentin Delarue, assistant parlementaire de Patricia Lalonde, députée européenne UDI ; Nicolas Bizel, délégué UDI Serbie ; Olivier Cadic ; Nathalie Robcis, conseillère départementale des Ardennes ; David Hartlapp, responsable FDP France ; Benoit Mayrand, conseiller consulaire pour la Roumanie.

Rappelons que l’UDI est membre du parti international ALDE (Alliance des libéraux et démocrates européens). Ce conseil, réuni à Sofia, fut un rendez-vous important pour préparer le congrès de Madrid, en novembre prochain, où nous voterons le ‘Manifesto’, qui sera le projet européen que nous porterons aux élections européennes du printemps 2019. L’équipe qui coordonne la préparation du projet ALDE est conduite par Taavi Roivas, Premier ministre estonien.

Il y a huit Premiers ministres ALDE au Conseil européen et 5 commissaires ALDE qui siègent à la Commission. Ajoutons que le groupe ALDE est le 4ème groupe du parlement européen.

J’ai eu le plaisir de retrouver Ilhan Kyuchyuk, député européen pour la Bulgarie, qui m’avait invité à participer à une conférence sur le Brexit, quinze jours auparavant (compte-rendu).

Celui-ci a animé une table ronde pour débattre de la question de l’élargissement de l’UE aux Balkans.  + d’images

Entrepreneuriat

Entrepreneurs français

Notre ambassadeur, Eric Lebédel, m’a organisé une rencontre avec des chefs d’entreprise et directeurs de filiale de grands groupes installés en Bulgarie pour faire un point sur les opportunités du marché local. Je remercie de leur contribution Stéphane Delahaye (Havas ; Pdt CCI France Bulgarie) ; Christophe Deroo (BNP Paribas) ; Arnaud Leclair (Société Générale) ; Pascal Derache ( ACT Logistics) ; Arnaud Valleteau (Veolia) ; Xavier Fougeras (Total) et Xavier Marcenac (Telus International).

Surfant sur une croissance de 4%, près de 6800 entreprises françaises exportent vers la Bulgarie. Sur place la présence française progresse et s’incarne à travers plus de 200 entreprises, employant près de 16000 personnes.

Le dernier arrivant, en mars 2018, est le groupe aéronautique Latécoère qui a ouvert sa première usine dans le pays, en investissant 15 millions d’euros et en recrutant 200 personnes.

Nos discussions n’ont pas occulté les difficultés, telle que la corruption. Un rapport de la Commission européenne sur l’environnement des affaires en Bulgarie a souligné les dysfonctionnements et retards en matière d’institutions, d’infrastructures ou d’innovations.

CCI France Bulgarie

J’ai participé, pour la deuxième fois, à la remise de l’annuaire de la CCI France-Bulgarie, événement qui se tenait au siège de la Société générale à Sofia, dirigée par Arnaud Leclair.

La soirée s’est déroulée en présence de Lachezar Borisov, vice-ministre de l’Économie ; Dragomir Stoynev, député de Bulgarie et Eric Lebédel, ambassadeur de France en Bulgarie.

Mon discours a salué l’action de Stéphane Delahaye (Havas Bulgarie) en sa qualité de président de la CCI, car le nombre d’adhérents a progressé d’un tiers depuis mon dernier passage en 2016 ! La CCI compte désormais 240 membres (contre 180 en 2016).

Le dynamisme de notre communauté d’affaires a permis de faire progresser les échanges économiques entre nos deux pays de 50% en l’espace de 10 ans. + d’images

Veolia

Visite de la station de traitement d’eau potable, à l’invitation d’Arnaud Valleteau, directeur exécutif de Veolia Bulgarie.

Veolia est en charge de la gestion des eaux de la ville de Sofia et d’une partie du réseau de chauffage urbain de la ville de Varna.

Le groupe emploie 1300 personnes dans le pays, dont 1130 à Sofia, où il investit 20 millions d’euros par an depuis 2010. C’est le plus important investisseur du secteur de l’eau en Bulgarie et le seul acteur privé du pays. + d’images

Telus International

Rencontre avec Xavier Marcenac, vice-président du Board de Telus international, un groupe canadien spécialisé dans les centres d’appels, employant 35.000 personnes, auquel il a revendu sa société.

En Bulgarie, Telus International emploie 3000 salariés. Entre 80 et 100 Français y travaillent. La société analyse 3000 CVs par mois et recrute 150 personnes mensuellement.

Les jeunes aiment la mobilité et certains d’entre-eux, m’a expliqué Xavier, choisissent de passer d’un centre d’appels à l’autre dans le but découvrir plusieurs villes d’Europe. + d’images

« L’étranger »

PME sympathique et seul restaurant français de Sofia, « L’étranger » a été fondé par Olivier Roche, venu tout droit d’Arcachon, et par Mimi sa compagne bulgare. Deux cordons bleus qui font la promotion de la « cuvée Partage », un vin vendu au profit de la fondation Antoine de Saint Exupéry qui œuvre pour l’éducation de la jeunesse dans le monde (www.fasej.org).

Généreuse idée que cette cuvée que j’ai partagée avec Benoît Mayrand, conseiller consulaire en Roumanie, la veille du Alde Party Council. + d’images

HEBDOLETTRE n°102 – Édito : Révolution en direct (Arménie) – Législatives : Samantha Cazebonne (LREM) réélue dans la 5ème circo. des FE – Stafe : le MEAE aide les associations : attention aux délais ! – Conférence ALDE à Sofia : l’idéal européen sort renforcé par le Brexit – UDI : rapport Borloo sur les quartiers prioritaires – Syrie : le ministre Jean-Yves Le Drian devant notre commission Défense – Rapporteur de la convention France-Andorre, adoptée par le Sénat – L’écho des circos / avril 2018 – En circonscription BULGARIE : Sofia / 03 – 04 avril 2018 – En circonscription ARMÉNIE : Erevan & Goris / 12-16 avril 2018 – En circonscription TUNISIE : La Marsa & Tunis / 19-21 avril 2018.

Lire : l’HEBDOLETTRE n°102 – 03 mai 2018Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’HebdoLettre n°102

Révolution en direct

A l’image de Vladimir Poutine, Serge Sarkissian, ancien Président de la République d’Arménie, avait fait modifier la constitution arménienne. Ainsi à la fin de ses deux mandats, il prévoyait de se faire nommer premier ministre pour conserver ses pouvoirs.

Le vendredi 13 avril dernier, j’étais à l’opéra d’Erevan en compagnie de Jonathan Lacôte, notre ambassadeur en Arménie. Nous avons alors observé la foule se masser sur la place pour lancer la protestation contre la perspective de l’élection du Premier ministre par le Parlement, prévue le mardi suivant.

Le lundi 16 avril, tandis que nous étions dans le bureau d’Armen Sarkissian, nouveau Président de la République, nous entendions la foule manifester sous ses fenêtres contre son prédécesseur. Les barrages organisés par les manifestants nous ont contraints à annuler la rencontre qui devait suivre avec le Président du Parlement.

Malgré la tension palpable, nous sentions une atmosphère bon enfant, une jeunesse exaltée et insouciante, une démarche pacifique déterminée à rompre avec un régime qui avait dirigé le pays sans partage pendant des décennies.

Visuel HL101 En décollant d’Erevan, je me suis souvenu que cela avait commencé comme cela en Syrie… pacifiquement. Mais les tyrans ne partagent pas le pouvoir. Assad, lui, n’a pas hésité à tirer sur son peuple. En libérant avec cynisme les islamistes emprisonnés, il a multiplié les acteurs du conflit et provoqué une guerre civile généralisée.

On connait la suite. Un pays ravagé. Des exactions inacceptables. Des centaines de milliers de morts, des millions de personnes déplacées, réfugiées au Liban, en Jordanie, en Turquie ou ailleurs.

Tôt ou tard, Assad devra rendre compte de ses crimes.

Soucieux de préserver la paix civile en Arménie, le Premier ministre Serge Sarkissian a préféré démissionner onze jours après sa nomination.

Il n’est pas fréquent d’assister à une révolution en direct. Je n’oublierai jamais cette ferveur populaire. Une révolution de velours est en cours en Arménie. Fondée sur la non-violence et l’aspiration à la démocratie à l’image des régimes européens, elle a belle allure. Découvrir l’HebdoLettre n°102

En circonscription en Bulgarie – Sofia (03 au 04 avril 2018)

Il y a un peu plus de deux ans, ma première visite à Sofia était associée au lancement de l’UFE-Bulgarie à l’initiative de Benoit Mayrand (lire). Cette fois-ci, le point d’orgue fut ma participation à une conférence organisée par Alde et intitulée :  L’Union européenne à la recherche de sens (à l’image).

Sur deux jours, ce fut l’occasion de faire le point sur nos services consulaires en Bulgarie en rencontrant notre consule, Séverine Le Tutour, puis de prendre la mesure de notre rayonnement pédagogique et culturel en visitant le lycée Victor Hugo, ainsi que l’Institut français.

Politique

Conférence ALDE (Alliance of Liberals and Democrats for Europe)

A l’invitation d’Ilhan Kyuchyuk (au centre de l’image), député européen bulgare et vice-président de Alde, j’ai participé à une conférence sur l’avenir de l’Union européenne et particulièrement à la table ronde « Brexit : défi ou opportunité pour l’UE ? ».

Aux côtés de Dr Julie Smith (Baroness Smith of Newnham et membre de la chambre des Lords) et Melisa Rodriguez (membre du parlement espagnol), je me suis efforcé de démontrer que l’idéal européen sortirait renforcé par le Brexit.

Si le Brexit a représenté une victoire aussi éclatante qu’inespérée pour les certaines puissances qui œuvrent à l’affaiblissement de l’Union, celui-ci vient s’ajouter à tout un lot de crises qui ont provoqué une brusque maturité de l’UE et le réveil de ses idéaux. Lire le compte-rendu.

Communauté française

Ambassade

J’ai eu le loisir de m’entretenir dans le bâtiment de l’ambassade avec Séverine Le Tutour, consule, et Dominique Waag, chargée d’affaires. Nous avons évoqué la situation économique favorable du pays, au moment où la Bulgarie préside le Conseil de l’Union européenne.

Étonnant renversement de l’histoire : on commence à voir arriver des couples français qui ont la trentaine dans le but de trouver à Sofia le travail qu’ils désespèrent de trouver en France. Aujourd’hui 1479 français sont inscrits au consulat. 565 d’entre-eux bénéficient de la double nationalité.

Pays candidat à l’entrée dans l’euro, la Bulgarie est soutenue par la France dans sa démarche.

Enseignement

Lycée français

Ma seconde visite du lycée français Victor Hugo, en compagnie de Fabien Flori, conseiller culturel, et conduite par le proviseur Pascal Moureau. J’ai également rencontré Julie Vidal et Edouard Loigerot, parents d’élèves membres du conseil de gestion, présidé par Philippe Cotinaut.

L’établissement accueille près de 800 élèves, dont 80% sont bulgares. On tombe sous le charme quand ils s’expriment avec tant d’aisance dans la langue de Molière. L’enjeu actuel pour l’école est de trouver un nouveau site pour grandir et devenir propriétaire de son bâtiment.  + d’images

Culture française

Institut français

Visite de l’institut français de Sofia dirigé par Fabien Flori. L’établissement délivre des cours à 2000 élèves chaque année.

J’ai découvert l’exposition photo « Ma Lisa » de Nikola, portant sur un sujet bien particulier : les visiteurs du Louvre en train de faire des selfies devant le portrait de la Joconde ! Une idée singulière mais qui met en valeur notre musée national.

Lors de notre entretien, nous avons eu la visite surprise de Xavier Lapeyre de Cabanes, précédent ambassadeur de France en Bulgarie, venu passer quelques jours de congés.

Désormais en poste à Ouagadougou, nous avons évoqué l’attaque terroriste contre l’ambassade en début d’année.

Francophonie

Mes félicitations à son Exc. Zakia El Midaoui, ambassadrice du Maroc en Bulgarie, qui a pris l’initiative de réunir les ambassadeurs francophones à Sofia pour dynamiser la francophonie.

Conférence ALDE à Sofia – L’idéal européen sort renforcé par le Brexit

Le 4 avril dernier, à l’invitation d’Ilhan Kyuchyuk, membre bulgare du Parlement européen, vice-président de ALDE (Alliance of Liberals and Democrats for Europe), j’ai participé à la conférence intitulée :  L’Union européenne à la recherche de sens.

Participants à la conférence « L’UE à la recherche de sens » – Sofia, le 4 avril 2018

Pour cerner la question, deux tables rondes furent organisées. La première portait sur l’intégration ou la désintégration de l’UE à la lumière des crises. J’ai participé à la seconde, en compagnie de Dr Julie Smith (Baroness Smith of Newnham et membre de la chambre des Lords) et Melisa Rodriguez (membre du parlement espagnol) sur le thème du Brexit : défi ou opportunité pour l’UE ?

Lors de ce débat, modéré par Zinaida Zlatanova, ancienne vice-ministre-présidente et ministre de la Justice bulgare, j’ai saisi l’occasion de dire que, contrairement à ce que certains laissent accroire, le Brexit ne démontre pas que l’UE a échoué. J’ai alors développé les points qui suivent.

Fondée pour garantir la paix sur le continent, l’Europe n’a plus connu d’épisode guerrier depuis 70 ans, à l’exception de la dislocation douloureuse de la Yougoslavie. Paix et prospérité sont liées. La Communauté économique européenne (CEE) a réussi à constituer rien moins que la première puissance commerciale mondiale, tout en facilitant l’essor de ses pays membres.

La jeunesse européenne ne rêve plus d’Amérique, comme la génération précédente. La génération Erasmus s’emballe à l’idée de pouvoir étudier partout dans l’Union et de s’enrichir de ses diverses cultures.

Avec Ilhan Kyuchyuk, membre bulgare du Parlement européen, vice-président de ALDE

Et puis, le Brexit nous est tombé dessus. Il nous impose un tas de défis qui s’étirent en accordéon.

Tout d’abord, il faut reconsidérer le statut des 3 millions d’Européens qui résident au Royaume-Uni et celui du million et demi de Britanniques vivant sur le continent. Pour l’instant, rien n’est formellement réglé et tout est déclaration d’intention.

Ensuite, la question épineuse de l’Irlande. Les bons offices de l’UE ont contribué à mettre fin au conflit qui déchirait l’île, ce qui a rendu europhile une majorité d’Irlandais. A mon arrivée à Londres, au milieu des années 90, l’IRA avait rompu le cessez-le-feu. Je n’oublierai jamais l’état d’un bâtiment dans les Docklands qui avait été soufflé par une bombe. Aujourd’hui, personne ne veut un retour funeste au passé, ni envisager une île coupée en deux par une frontière « en dur ».

Mon troisième point avait trait aux grandes puissances, dont certaines sont prêtes à tout pour contrecarrer la suprématie commerciale de l’UE.

Ces États, souvent grands comme des continents, se sentent concrètement menacés par nos valeurs démocratiques qui heurtent de front leur modèle autoritaire, pour ne pas dire totalitaire. Utilisant les moyens les plus insidieux, ces puissances cherchent à déstabiliser l’Union et ses états membres. Les populistes, nationalistes et sécessionnistes de tout crin font leur jeu et sont donc soutenus en sous-main.

Table ronde sur le thème : « Brexit : défi ou opportunité pour l’UE ? »

Le Brexit a représenté une victoire aussi éclatante qu’inespérée pour les États qui œuvrent à l’affaiblissement de l’Union. Contrairement à ce que pensaient les Euro-sceptiques, la perspective de retrait du Royaume-Uni a paradoxalement renforcé la cohésion entre les autres États de l’UE. Mais la perte serait patente pour l’UE, autant que pour le Royaume-Uni qui serait durablement divisé, si le processus de sortie devait aller à son terme…

Le Brexit vient s’ajouter à tout un lot de crises récentes. Ces tribulations ont apporté à l’Europe une brusque maturité, une compréhension que ses forces et ses fiertés, comme l’humanisme, le pacifisme ou bien l’ouverture économique, pouvaient être perçues comme de la candeur exploitable sans vergogne par des pays tiers.

Certains États nous ont déclaré une véritable cyber-guerre pour saper les fondements de nos démocraties. Ainsi, à coup de fake news, Bruxelles ou le parlement européen sont constamment discrédités dans les médias sociaux.

Heureusement la prise de conscience a eu lieu au sein de l’Union et la volonté de ne pas se laisser faire se raffermit chaque jour.

« Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes », disait Jean Monnet. Soixante-quinze ans plus tard, 512 millions d’habitants sont « unis dans la diversité ». De nombreux Britanniques, dont certains ont voté « Leave », s’empressent désormais de prendre une double nationalité pour conserver leur appartenance à l’UE.

En définitive, le Brexit a réveillé l’Europe !