Le 20 janvier, nous avons débattu d’une proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale, visant à améliorer la protection des lanceurs d’alerte et renforcer le rôle du Défenseur des droits en matière de signalement d’alerte.

Les lanceurs d’alerte jouent désormais un rôle essentiel dans notre démocratie en dénonçant des faits graves contraires à l’intérêt général. Face à des intérêts privés ou étatiques parfois très puissants, ils doivent se sentir protégés compte tenu des risques qu’ils prennent, dans la limite de révélations fausses ou malveillantes bien entendu.

Jeune, j’ai été très marqué par un film américain sorti en 1980, intitulé Brubaker avec Robert Redford dans le rôle principal. Il s’agit d’une adaptation d’un roman autobiographique « Accomplices to the Crime: The Arkansas Prison Scandal » publié en 1969. Un directeur de prison arrivé incognito parmi d’autres détenus à la prison de Wakefield, Henry Brubaker, découvre un monde fait de brimades, de sévices et de corruption de la part des gardiens.

Après quelques jours, il révèle sa véritable identité : il est le nouveau directeur nommé par le gouverneur de l’État pour procéder à d’importantes réformes. Fort de son expérience, il va assainir Wakefield et, se faisant, découvrir que des crimes ont été régulièrement commis contre des prisonniers qui ont été ensuite enterrés clandestinement. Mais en dévoilant la vérité, il sera lâché par les administrateurs et les politiques qui préféreront étouffer le scandale. Il en perdra son emploi.

40 ans après ce film, il est plaisant d’observer que notre société cherche à défendre ouvertement ceux qui suivent leur conscience pour que cessent des mauvaises pratiques ou des infractions. Il est parfois nécessaire de braver certaines interdictions pour faire éclater la vérité, pour faire respecter la loi ou pour la faire évoluer.

Je souhaite saluer toutes celles et ceux qui se sont engagés avec courage dans cette voie.

J’ai voté en faveur du texte, en regrettant certains amendements votés par le Sénat qui ont pour effet de diminuer, parfois, la portée du texte voté unanimement par l’Assemblée nationale.