Je remercie les 42 responsables de CCI françaises à l’international (*) qui ont répondu à mon invitation à débattre, autour de leur président sortant Arnaud Vaissié, le 24 juin dernier au Sénat.

Une 3ème édition avec des présidents de chambre venus des cinq continents, la veille de leur AG et de la soirée des Trophées CCI FI.

Comme les deux années précédentes, chacun a pu s’exprimer sur les enjeux auxquels est confronté le réseau CCI FI et, à travers lui, ses acteurs qui sont les interlocuteurs privilégiés des entrepreneurs français à l’étranger

Au moment où le nouveau dispositif Team France Export se met en ordre de marche, il était nécessaire rappeler que CCI FI n’était pas un acteur public, à l’instar de Business France, CCI en France et la BPI, mais un acteur privé et indépendant. Juridiquement, aucun lien, mais en pratique, les responsables du réseau CCI FI sont requis pour tous les travaux et écoutés attentivement, pourrait-on résumer de l’expérience personnelle d’Arnaud Vaissié.

Cet esprit d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics est important à cultiver de l’avis d’Arnaud : « si nous sommes devenus incontournables pour le Quai d’Orsay, nous demeurons indépendants des ambassades, sauf de façon opportune mais pas structurellement », a-t-il répondu à un responsable de chambre qui l’interrogeait sur le bien-fondé d’être hébergé au sein d’une ambassade.

Sur ce thème de l’indépendance, l’essor du réseau French Tech a suscité des commentaires tranchés et contradictoires. Si personne ne conteste la valeur du label, marqué générationnellement par un esprit start-up, certains se demandent à quoi sert French Tech, d’autres louent son impact contre le french bashing, quand je m’inquiète qu’il ne constitue un « troisième réseau » français à l’international.

Bravo et merci Arnaud

Ce serait évidemment regrettable à l’heure du rapprochement bien amorcé et de la recherche de synergies entre les organisations vouées à faire réussir la marque France à l’étranger. J’ai ainsi émis l’idée de faire travailler en pool les chambres de commerce bilatérales d’une même région. Lorsque le constructeur grenoblois Poma va inaugurer son téléphérique urbain à Guayaquil (Équateur) en mars 2020, pourquoi ne pas faire créer un mini-salon, vitrine du savoir-faire français, en faisant appel, pour le moins, à nos compatriotes implantés en Colombie et au Pérou, ai-je suggéré ?

Dans les tablettes de l’organisation CCI FI figure, en effet, un projet de plateforme mondiale des membres et donc de mise en relation des communautés d’affaires françaises à l’étranger, localement et sur un plan global.

En cette matière aussi, « il faut trouver la bonne équation », a dit Arnaud à l’heure de passer le flambeau de la présidence des CCI FI, après six années de mandat. Il confie aussi à la nouvelle équipe, conduite par Renaud Bentageat, le soin de « saisir des fonds européens » qui pourraient légitimement aider à financer le réseau.

Cet événement fut l’occasion de rendre hommage au travail accompli par Arnaud. Entrepreneur à succès (International Sos), je l’ai vu consacrer beaucoup de temps et d’énergie au service du commerce extérieur français en qualité de président des CCE au Royaume-Uni, puis de président de la chambre de commerce française en Grande-Bretagne et, enfin, dans son rôle de président du réseau CCI FI.

Après le déjeuner-débat, visite du Sénat… puis réunion en salle Monory.

En prenant un peu de hauteur, chacun sait que la vitalité déployée par nos chambres de commerce en France ou à l’international ne peut compenser certains handicaps structurels de notre pays. Par exemple, notre fragilité à l’export est intimement liée à la hauteur de nos dépenses publiques. « Notre taux de marge est de 9 points inférieur à celui de nos voisins allemands ou espagnols », a rappelé Arnaud.

Assurément, nos autorités ont impulsé un nouvel élan qui a pris corps avec la Team France Export. Je considère sincèrement que tout va dans le bon sens. Toutefois, est-ce que cela sera suffisant pour redresser notre balance commerciale ?

(*) Liste des pays représentés : Algérie, Allemagne, Belgique, Bulgarie, Cambodge, Canada, Chili, Corée du Sud, Croatie, Cuba, EAU, Équateur, États-Unis, Finlande, France, Ghana, Grèce, Inde, Indonésie, Israël, Italie, Kazakhstan, Kenya, Luxembourg, Maroc, Paraguay, Pays-Bas, Pérou, Portugal, RD Congo, République Tchèque, Royaume-Uni, Roumanie, Slovaquie, Suisse, Thaïlande.

Lire aussi :
– 2èmeédition – 25 juin 2018 : Export : les solutions des présidents de CCI françaises à l’international pour booster nos PME
– 1èreédition – 27 juin 2017 : CCI France International, l’art de changer tout en restant soi-même