Le 18 mars, j’ai eu le plaisir d’assister à la remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur à Hélène Roos, à l’Hôtel du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
Décorée par Michèle Ramis, elle a été saluée pour un parcours diplomatique exemplaire au service du rayonnement de la France et de la francophonie. Elle représente aujourd’hui l’Union européenne en Haïti.
Ancienne ambassadrice de France en Bolivie, Hélène Roos m’avait accueilli à La Paz en mai 2024. J’avais alors pu mesurer son engagement et sa fine connaissance des enjeux politiques, économiques et de sécurité du pays, qui m’ont notamment conduit à participer à une opération de lutte contre le narcotrafic aux côtés des autorités locales et de Martine Veille, attachée de sécurité intérieure.
Je l’avais également rencontrée à Bucarest en compagnie de Michel Monsauret, secrétaire général de l’Anefe, où elle dirigeait l’Institut français de Roumanie, engagée avec conviction pour la promotion de notre langue et de notre culture.
Toutes mes félicitations à Hélène Roos pour cette distinction, qui vient récompenser un parcours remarquable au service de notre diplomatie. +d’images
Dans le prolongement de notre entretien du 13 octobre 2025, j’ai échangé le 19 mars avec Anne Grillo, directrice générale de la mondialisation au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger.
Nos discussions ont notamment porté sur l’AFD, ainsi que sur la nécessité de mieux répondre aux attaques politiques, parfois infondées, dont son action fait l’objet.
Nous avons également abordé le modèle économique de l’AEFE.
Sur ce point, j’ai réaffirmé avec constance la nécessité d’engager une réforme structurelle en profondeur. Le modèle actuel a atteint ses limites et ne permet plus de garantir durablement le développement du réseau.
Je défends depuis 15 ans un cadre fondé sur le « juste coût / juste prix », condition indispensable pour assurer la soutenabilité du système, accompagner son expansion et préserver l’équité entre les familles.
En tant que président de l’ANEFE, j’ai également alerté sur les dérives préoccupantes observées dans la gestion actuelle du réseau.
Les décisions prises par l’AEFE, notamment à la suite de son conseil d’administration de décembre 2025, font peser des risques réels sur l’équilibre financier de nombreux établissements, en particulier ceux ayant contracté des emprunts immobiliers garantis par l’État via l’ANEFE.
Cette situation fragilise à la fois le développement du réseau et la confiance de ses acteurs. Elle appelle des corrections rapides.
Dans ce contexte, j’ai rappelé que l’ANEFE n’hésitera pas à contester par voie de droit toute décision unilatérale qui viendrait créer des charges nouvelles susceptibles de mettre en difficulté financière l’un de ses adhérents, et de l’amener à faire défaut dans le remboursement du prêt immobilier garanti par l’état.
Le 18 mars 2025, il y a tout juste un an, j’avais par ailleurs reçu au Sénat, à sa demande, le directeur de la diplomatie culturelle, éducative, universitaire et scientifique, afin d’échanger sur ces enjeux. J’avais alors transmis à la DGM une note détaillant les préconisations que je porte depuis 15 ans pour réformer en profondeur ce modèle.
Dans la perspective de ma prochaine audition devant la mission d’information du Sénat sur l’enseignement français à l’étranger, j’ai indiqué à Anne Grillo que je rendrai ensuite cette note publique.
La directrice s’est étonnée que la mission confiée à la sénatrice Cazebonne n’ait pas encore auditionné l’ANEFE. Elle m’a assuré qu’elle encouragerait également l’AEFE à nous associer pleinement à ses concertations, notamment sur l’évolution des contrats de partenariat.
Je remercie Anne Grillo pour la qualité de son écoute et son engagement.
En ma qualité de président du groupe d’amitié France–Pays du Golfe au Sénat, j’ai eu l’honneur d’être convié à deux réceptions organisées à Paris par les ambassadeurs d’Arabie saoudite et du Koweït, à l’occasion de célébrations nationales importantes.
Le 16 février, Son Excellence Fahad Al Ruwaily m’a accueilli en compagnie de ma collègue Nathalie Delattre, à sa Résidence, pour célébrer la Journée Fondation du Royaume d’Arabie saoudite, moment fort de l’histoire du pays, marquant son unité et son identité.
Une occasion unique de faire une photo souvenir en compagnie des 6 ambassadeurs représentant les pays du GCC (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar).
Le lendemain, Son Excellence Abdullah Al Shaheen m’a convié à une réception organisée à l’Hôtel InterContinental Paris, à l’occasion du 65e anniversaire de la fête nationale du Koweït et du 35e anniversaire de sa libération.
Ces deux événements ont été l’occasion d’échanger avec de nombreux représentants diplomatiques, économiques et institutionnels, et de réaffirmer l’importance des relations entre la France et les pays du Golfe.
Dans un contexte régional marqué par de fortes tensions, ces échanges prennent une dimension particulière et rappellent le rôle essentiel des pays du Golfe pour la stabilité et la sécurité du Moyen-Orient. +d’images
Le 27 février, j’ai eu le plaisir de revoir Benoît Trivulce, directeur général par intérim de Business France, acteur clé de l’internationalisation de notre économie.
Nos échanges ont porté sur l’organisation du réseau public lié à nos services économiques.
Le Trésor couvre 105 pays en s’appuyant sur 500 personnes dont 250 expatriés pour un budget de 75 millions d’euros.
Business France emploie 750 personnes dont seulement 70 expatriés pour un coût de 40 millions d’euros répartis sur les 3 missions : Attractivité, VIE et réseau Export.
Benoît a attiré mon attention sur le fait que Business France avait actuellement cinq tutelles : le Quai d’Orsay, le Trésor, la direction du ministère des Collectivités locales, la direction du Budget et le ministère de l’Agriculture.
Nous avons échangé sur les leviers à renforcer pour accompagner plus efficacement nos entreprises à l’export, dans un contexte géopolitique très tendu.
J’ai eu l’occasion de soutenir Benoît Trivulce et des actions de Business France à plusieurs reprises, à Paris, au Sénat ; au Forum Innovation France-Japon à Tokyo, en septembre dernier ; et à l’occasion de nombreux Grand Prix VIE aux 4 coins du monde.
Nous partageons une même conviction : renforcer l’accompagnement de nos entreprises à l’international est une priorité stratégique.
Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Grande Loge de France (GLDF), est venu me rencontrer au Sénat, ce 26 février, pour un échange approfondi autour des valeurs républicaines et de leur rayonnement à l’international.
J’ai été particulièrement attentif à l’engagement porté par la Grande Loge de France en faveur du vivre-ensemble, de l’humanisme et de la liberté de conscience.
Dans un contexte de tensions et de fragmentation, en France et dans le monde, ces principes constituent des repères essentiels pour préserver la cohésion de nos sociétés. Le Grand Maître appelle un sursaut la liberté des esprits et des âmes face aux coups de boutoir de la radicalité.
Nous avons également évoqué le rôle diplomatique et culturel que joue la GLDF à travers le monde. Grâce à ses loges implantées à l’étranger et à ses obédiences affiliées, elle contribue, de manière souvent discrète mais réelle, au dialogue entre les cultures et à faire vivre nos valeurs républicaines.
J’ai revu Jean-Jacques Santini, le 26 février, au Sénat dans le prolongement de la réunion régionale Eurasie des Conseillers du Commerce Extérieur de la France à Istanbul.
Vice-président engagé au sein des CCEF, et conseiller exécutif du Président et de la Direction générale de BNP Paribas, il suit de près les enjeux qui s’articulent entre politique de développement et contribution à notre influence économique.
Nos échanges ont permis de souligner la nécessité de contribuer à mieux mobiliser les financements de l’AFD au bénéfice de l’expertise française, afin que notre politique de développement contribue davantage au soutien concret de nos entreprises à l’étranger, dans un contexte de concurrence accrue.
Une véritable complicité nous lie au sein du conseil d’administration de l’AFD, au service d’une évolution de l’Agence toujours plus attentive à nos entrepreneurs.
Je remercie Jean-Jacques d’être toujours attentif à me permettre de bénéficier de son éclairage sur l’environnement économique de la France, nos défis et nos opportunités.
Il est à mes yeux un des grands Sherpas de la diplomatie économique de la France.
Ce 24 février, j’ai eu, pour la première fois, un entretien privilégié avec Frédéric Sanchez, président du réseau des Chambres de commerce et d’industrie françaises à l’international et de MEDEF International, aux côtés de Charles Maridor, délégué général de la CCIFI.
Frédéric Sanchez a succédé à Arnaud Vaissié en juin 2025 à la tête du réseau. Présentes dans près de 98 pays, les CCI françaises à l’international jouent un rôle déterminant pour accompagner nos entreprises et faire rayonner notre savoir-faire à l’étranger.
Au fil de mes déplacements, j’ai pu mesurer l’engagement remarquable des Chambres, leur connaissance fine des territoires et leur capacité à créer des passerelles concrètes entre la France et les économies locales.
Nos échanges ont permis d’aborder les priorités du réseau ainsi que les défis à relever dans un environnement économique toujours plus concurrentiel.
J’ai assuré le président de mon plein appui pour poursuivre et amplifier cette dynamique au service de notre influence économique. +d’images
Ce 25 mars, intervention au nom du groupe Union centriste, dans le cadre de la “déclaration du Gouvernement, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, portant sur la situation au Proche et Moyen-Orient”.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, s’est exprimé au nom du gouvernement.
Face à l’escalade au Moyen-Orient, j’ai alerté sur un basculement stratégique majeur, dénoncé le rôle déstabilisateur de l’Iran et appelé la France à une réponse claire pour défendre la souveraineté du Liban face au Hezbollah qui n’est pas un acteur libanais. Au cœur de la crise, nos compatriotes au Moyen-Orient s’organisent et s’entraident. Ils sont une force pour la France qui est pleinement mobilisée à leurs côtés.
Lors de la séance de questions d’actualité au Gouvernement (QAG) du 25 mars, la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences économiques ont dominé les échanges.
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a notamment été interrogé sur la situation au Liban, alors que les bombardements israéliens contre le Hezbollah au sud se poursuivent. À l’issue de la séance, j’ai été invité sur le plateau de Public Sénat pour analyser la situation au Liban, où je m’étais rendu mi-février, et réagir aux propos de Jean-Noël Barrot.
Voir également mon intervention, le soir même, au nom du groupe Union centriste, dans le cadre du débat sur la situation au Proche et Moyen-Orient (article 50-1). VIDÉO
VERBATIM
Tâm Tran Huy – Benjamin Netanyahou affirme qu’Israël est en train d’élargir, je le cite, sa zone tampon au Liban. Olivier Cadic, un dernier mot sur le Liban ?
Olivier Cadic – J’étais au Liban il y a un mois. J’ai rencontré le président Joseph Aoun, qui me disait que, effectivement, l’action de désarmement du Hezbollah était en cours. C’est aussi ce que me disait notre ambassadeur, Hervé Magro. Force est de constater que ce n’est pas le cas, que le Hezbollah est très armé et tout à fait prêt à mener la guerre.
On sait maintenant que ce ne sont pas des Libanais, ce sont les Gardiens de la Révolution qui sont sur le terrain. Actuellement, au nord de la frontière israélienne, au Sud-Liban, ce sont vraiment les Gardiens de la Révolution qui sont au contact avec les forces israéliennes.
Et, encore une fois, ce à quoi nous avons à faire : ce ne sont pas les Libanais qui ont décidé de créer le conflit avec Israël, ce sont bien les Gardiens de la Révolution qui se sont mis à attaquer Israël. C’est cela la situation. Effectivement, Israël est en train de réagir et ce qui gêne beaucoup les Libanais, c’est qu’ils sont confrontés chez eux avec le Hezbollah, qui est à la fois politique, qui siège au niveau du gouvernement, qui siège dans le parlement et qui, en même temps, déclare la guerre à leurs voisins sans simplement en référer ni au gouvernement ni au Parlement. Ils se mettent hors la loi. Le ministre de la Justice libanais a d’ailleurs considéré qu’ils devaient être poursuivis pour sédition. Et l’action de Joe Raggi, le ministre des Affaires étrangères, est véritablement ultra-courageuse de dire que maintenant, cela suffit au nom du Premier ministre et du Président, de dire que l’ambassadeur d’Iran doit être persona non grata. C’est un vrai progrès et je suis ravi que notre ministre l’ait souligné.
Ce 24 mars, l’audition du directeur général de l’ANSSI*, Vincent Strubel, m’a conduit à interroger l’Agence sur la cohérence de ses choix budgétaires et opérationnels : financement public de structures privées via les CSIRT, développement d’outils comme MesServicesCyber concurrençant l’écosystème privé, et risques de doublons avec cybermalveillance.gouv.fr.
Je l’ai également interpellé sur le retard de la France dans la transposition de la directive NIS2, en soulevant cette interrogation critique : cette réglementation constitue-t-elle un véritable levier de sécurité ou une contrainte normative dont l’efficacité reste à démontrer ?
VERBATIM de mon intervention
Merci Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur général de l’ANSSI, merci beaucoup pour ce propos.
L’appel à manifestation d’intérêt AMI_RALEC, lancé le 22 août dernier, posait des exigences explicites : une forte proximité territoriale et la gratuité de l’assistance aux victimes de cyberattaques au titre d’une mission d’intérêt général. Or, dans les faits, plusieurs dispositifs territoriaux reposent largement sur des opérateurs privés, notamment Orange Cyberdéfense, dans le cadre des CSIRT.
Dans ces conditions, comment garantissez-vous que l’argent public ne finance pas indirectement des prestations privées qui s’éloigneraient de l’esprit initial de cet appel à manifestation d’intérêt ? Et plus directement, considérez-vous que les dispositifs retenus sont pleinement conformes aux engagements que vous aviez vous-même fixés ?
S’agissant des CSIRT, quel est leur modèle économique réel ? Quelle est la part exacte de financement public ? Et à terme, ces structures ont-elles vocation à être pérennisées par la subvention ou à évoluer vers un modèle concurrentiel ?
Par ailleurs, l’État finance déjà des dispositifs nationaux, notamment cybermalveillance.gouv.fr. Comment justifiez-vous la coexistence de ces structures avec Cybermalveillance sans qu’il y ait doublon, voire dispersion des moyens publics ? Une évaluation de cette efficacité globale a-t-elle été conduite ?
Dans une interview que vous avez donnée à un grand quotidien, vous précisez que le rôle de l’État est de traiter la menace du haut du spectre avec les attaquants d’autres États. Pourquoi, en ce cas, l’ANSSI développe-t-elle des outils et services comme MesServicesCyber, plutôt destinés aux entreprises, qui font concurrence aux acteurs économiques de l’écosystème ? Quel budget ? Quel montant de sous-traitance ? Combien de ressources humaines et de temps sont consacrés à MesServicesCyber ?
J’en viens au cadre européen, la directive NIS2, directive qui aurait dû être transposée il y a plus de dix-huit mois. Nous assistons également à la multiplication de vols massifs de données. Comment comptez-vous imposer NIS2 aux administrations et collectivités qui ne respectent déjà pas les textes comme le RGS, Référentiel général de sécurité, ou du RGPD, Règlement général sur la protection des données, par exemple. Comment prévoyez-vous de décliner la stratégie nationale de cybersécurité auprès de l’ensemble de la population, au-delà de la seule sphère des ministères et services concernés ?
La France est aujourd’hui en retard, alors même que certains de nos partenaires comme la Belgique ou l’Italie ont déjà transposé NIS2 depuis dix-huit mois. Quelles en sont les conséquences concrètes pour la France en matière de retard pour notre niveau de cybersécurité ? Disposez-vous d’éléments objectifs permettant de comparer la situation française qui n’a pas transposé avec celle des pays qui ont déjà transposé depuis dix-huit mois ?
Enfin, j’aimerais vous entendre sur un point de cohérence. Si ce retard n’a pas d’impact mesurable à ce stade, comment justifier l’ampleur des obligations que cette directive impose aux entreprises françaises ? Autrement dit, sommes-nous face à une exigence réellement structurante en matière de cybersécurité ou à une contrainte normative dont l’efficacité resterait à démontrer ? Merci.
*ANSSI : Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information
Le groupe d’amitié France-Pays du Golfe exprime sa solidarité avec les États du Golfe face aux attaques de l’Iran
Au nom du groupe interparlementaire d’amitié France–Pays du Golfe, Olivier Cadic, président, exprime sa pleine solidarité et son soutien aux autorités et aux populations des pays du Golfe confrontés aux frappes récentes imputées à l’Iran. Il adresse également ses sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes, ainsi que ses pensées aux blessés, en espérant leur prompt rétablissement.
Le groupe d’amitié réaffirme son attachement à la sécurité, à la stabilité et à la souveraineté des États membres du Conseil de coopération du Golfe. Il salue le sang-froid, la résilience et la capacité de maîtrise des dirigeants et des populations des pays du Golfe face à ces menaces.
Malgré les agressions répétées, “les autorités de la région ont démontré leur détermination à assurer la défense de leurs territoires tout en préservant la stabilité économique et la confiance des partenaires internationaux”, a fait observer le président du groupe.
Partenaire historique de nombreux pays de la région, la France entretient avec eux des relations étroites de coopération fondées sur la confiance et le dialogue. Le groupe d’amitié souligne l’importance de poursuivre et de renforcer cette coopération très appréciée par les pays de la région, notamment dans les domaines de la sécurité et de la stabilité régionale.
Réaffirmant sa solidarité avec les États et les peuples du Golfe, le groupe d’amitié appelle l’ensemble des acteurs à la responsabilité et à la retenue afin d’éviter toute escalade supplémentaire, en privilégiant les voies diplomatiques pour préserver la paix et la sécurité dans la région.
Lire le communiqué sur le site du Sénat – 16 mars 2026
Ce 18 février, notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a organisé une table ronde sur les enjeux stratégiques de la mer Noire. À ce titre, nous avons eu le plaisir de recevoir Noémie Rebière et Igor Delanoë, chercheurs associés à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).
Je les ai interrogés sur l’opportunité d’un élargissement stratégique de l’Union européenne à l’Ukraine, à la Turquie et à la Géorgie afin de renforcer la sécurité en mer Noire et de dissuader l’expansionnisme russe. Ils ont apporté leur éclairage en répondant successivement à cette question et en analysant les implications géopolitiques d’un tel élargissement.
VERBATIM de mon intervention
Merci pour votre présentation. J’aimerais parler de l’Union européenne par rapport à cette zone. Nous avons trois pays candidats à l’accession à l’Union européenne qui sont riverains de la mer Noire : l’Ukraine, la Turquie et la Géorgie.
Dans le contexte de tensions accrues, donc, en mer Noire, de l’expansionnisme russe, en quoi une réponse favorable de l’Union européenne à la candidature d’adhésion de l’Ukraine constituerait-elle un levier géostratégique majeur pour la stabilité régionale et la sécurité du continent européen ?
Ne pourrions-nous pas penser qu’au regard des tensions en mer Noire, l’Union européenne devrait considérer la candidature turque avant tout sous un angle géostratégique, malgré les divergences persistantes en matière d’État de droit et de valeurs démocratiques ?
En gros, j’ai envie de vous demander si on faisait adhérer simultanément, dans le même esprit que ce qui s’est passé dans les années quatre-vingt-dix avec les pays d’Europe de l’Est, l’Ukraine, la Turquie, la Géorgie, vous pourriez refaire votre carte, et est-ce que vous ne pensez pas que ce serait un bon moyen de dissuader la Russie de poursuivre ses opérations ? Merci.
ARAB NEWS PARIS: Les frappes récentes de l’Iran contre plusieurs États du Golfe représentent un test majeur pour la stabilité régionale, pour la solidité des alliances et pour la capacité de réaction collective des pays de la région, qui font preuve d’une grande capacité de résilience et de maîtrise.
C’est en tout cas le point exprimé par le sénateur Olivier Cadic, président du groupe sénatorial France-pays du Golfe, qui répondait aux questions de.Arab News en français, et qui estime que cette crise agit « comme un révélateur des équilibres géopolitiques au Moyen-Orient ».
Depuis le début de l’escalade, l’élément qui frappe particulièrement le sénateur c’est la volonté des États visés « de montrer leur capacité de résistance ».
Cette posture a été particulièrement visible du côté des Émirats arabes unis, où les autorités ont projeté « l’image d’un pays capable de se défendre tout en maintenant son sang-froid face à la menace ».
Cette stratégie répond à un double objectif qui consiste d’une part, à démontrer que les infrastructures de défense de ces États sont solides et capables de faire face à des attaques sophistiquées, et d’autre part, rassurer les marchés, les investisseurs et les partenaires internationaux sur la stabilité de la région malgré les tensions.
Car au-delà de la dimension militaire immédiate, ces frappes ont aussi une portée politique, et pour Cadic, elles confirment les ambitions régionales de Téhéran.
Dans cette perspective, il estime que la crise actuelle agit comme un révélateur, car les pays du Golfe se trouvent confrontés simultanément à une même menace et doivent désormais réfléchir à la manière d’y répondre collectivement.
La situation souligne-t-il met également en lumière le rôle particulier de l’Arabie saoudite, qui a engagé depuis plusieurs années une politique de détente avec l’Iran, notamment à travers un accord de rapprochement conclu en 2023 sous médiation chinoise.
« Ce rapprochement visait avant tout à stabiliser la région afin de permettre au royaume de se concentrer sur son développement économique et ses grands projets de transformation ».
Réduire les tensions régionales
Pour Riyad, l’objectif était clair, il s’agissait de réduire les tensions régionales afin de favoriser l’investissement et la croissance, mais la crise actuelle est venue rappeler les limites de la diplomatie face à des rivalités stratégiques profondes.
Dans ce contexte tendu, la question du rôle des partenaires occidentaux, et notamment de la France, se pose avec acuité, Paris indique le sénateur entretient depuis longtemps des relations étroites avec plusieurs pays du Golfe et dispose d’une présence militaire dans la région.
Ainsi la France pourrait contribuer à rassurer ses partenaires en renforçant sa coopération sécuritaire et en soutenant les efforts de défense régionale, « alors que la présence militaire accrue, tente d’envoyer un signal politique important, qui est celui d’un soutien concret face aux menaces extérieures ».
Selon Cadic, la crise actuelle constitue également un test pour le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui rassemble six États de la péninsule arabique.
Créée à l’origine comme une organisation de coopération économique, cette structure pourrait voir son rôle évoluer face aux défis sécuritaires, souligne-t-il à l’image de l’Union européenne, dont l’intégration s’est souvent renforcée à la faveur des crises.
Ainsi le CCG « pourrait sortir de cet épisode avec une coordination politique et militaire accrue », car confrontés à la même menace, « ses membres pourraient être amenés à approfondir leur coopération en matière de défense, de renseignement et de sécurité régionale ». Lire la suite de l’article Le sénateur Cadic: les pays du Golfe font preuve d’une grande résilience et maîtrise face à la crise sur le site Arab News
Le 6 mars, lors de la dernière journée de la 44e session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), Pauline Carmona, directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE), a présenté un vaste point d’étape sur l’activité du réseau consulaire, les réformes engagées et les priorités de l’administration au service de nos compatriotes établis hors de France.
En ouverture, elle a tenu à exprimer sa reconnaissance aux élus des Français de l’étranger pour la qualité du travail mené avec la DFAE et les postes consulaires. Elle a également eu une pensée particulière pour les quelque 400.000 Français présents dans une quinzaine de pays touchés par la crise au Moyen-Orient. Plus de 25.000 d’entre eux se sont signalés auprès du Centre de crise et de soutien (CDCS), où une réunion de crise s’est tenue le soir même avec les parlementaires représentant les Français de l’étranger, en présence des ministres Jean-Noël Barrot et Éléonore Caroit (compte-rendu).
Dans ce contexte tendu, Pauline Carmona a salué le professionnalisme des postes, la mobilisation du CDCS, ainsi que le rôle essentiel des élus dans l’accompagnement, l’écoute et la remontée d’informations de terrain.
La directrice a ensuite détaillé l’intense activité consulaire de l’année 2025.
Le nombre de Français inscrits au registre a poursuivi sa progression pour atteindre 1.787.323 personnes, soit une hausse de 1,7 % en un an. Plus de 504.000 titres d’identité et de voyage ont été délivrés. Les délais moyens de rendez-vous se sont encore améliorés, passant de 16 jours en 2024 à 11 jours en 2025. Elle a aussi souligné le maintien d’un haut niveau de tournées consulaires, avec plus de 800 missions par an, ainsi que la montée en puissance de l’envoi postal sécurisé des passeports.
La modernisation du service public consulaire a constitué l’un des fils directeurs de son intervention. « Moderniser ce n’est pas déshumaniser », rappelle-t-elle d’emblée. France Consulaire couvre désormais 100 % des Français inscrits dans 198 pays, avec des résultats remarquables : 96 % de taux de décroché et 90 % de satisfaction.
La directrice de la DFAE a également mis en avant les avancées du vote par internet, l’essor de l’identité numérique certifiée, la généralisation de la pré-demande en ligne pour les titres d’identité, les progrès du registre d’état civil électronique, ainsi que l’expérimentation du renouvellement à distance des passeports, actuellement en cours au Canada, au Portugal, en Espagne et en Australie.
Sur le volet social, Pauline Carmona a rappelé que 131 millions d’euros avaient été consacrés en 2025 aux aides sociales destinées aux Français de l’étranger, dont plus de 100 millions pour les bourses scolaires, bénéficiant à 18.578 élèves. Elle a insisté sur l’attention portée aux publics les plus fragiles : personnes âgées en perte d’autonomie, élèves en situation de handicap, femmes victimes de violences et compatriotes détenus à l’étranger.
À quelques semaines des élections consulaires, Mme Carmona a enfin salué une méthode fondée sur la co-construction entre administration et élus.
À l’occasion de cette dernière session de la mandature (2021-2026), elle a remercié chaleureusement les conseillers des Français de l’étranger pour cinq années d’engagement bénévole, soulignant combien leur action de terrain demeure indispensable au fonctionnement de notre réseau et à la protection de nos compatriotes. Une déclaration accueillie par un feu nourri d’applaudissements.
VIDÉO JOUR 5 : intégralité des interventions (Vendredi 6 mars 2026 – 44ème AFE)
Face à la dégradation de la situation au Moyen-Orient, une réunion de crise s’est tenue au Quai d’Orsay avec les parlementaires représentant les Français établis hors de France, afin de faire le point sur la sécurité de nos compatriotes et les dispositifs de protection mis en place par le ministère.
À l’initiative de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, et de Philippe Lalliot, directeur du Centre de crise et de soutien (CDCS), une réunion de crise s’est tenue vendredi 6 mars au Quai d’Orsay.
Cette réunion avait pour objectif d’échanger avec les parlementaires représentant les Français établis hors de France sur la situation au Moyen-Orient et sur les actions menées par le ministère pour assurer la sécurité de nos compatriotes.
Ma collègue Olivia Richard, présidente du groupe d’amitié France-Iran, participait également à ces échanges.
Retour de mission au Liban et en Syrie
Président du groupe d’amitié France–Pays du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), je revenais d’une mission au Liban et en Syrie effectuée deux semaines plus tôt avec Nadia Chaaya, élue pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).
Cette mission m’a permis de partager plusieurs informations recueillies sur le terrain.
J’ai notamment relayé les retours de nos conseillers des Français de l’étranger, les échanges avec les représentants de la CCIFI et les conseillers du commerce extérieur de la France, ainsi que des témoignages de personnes déplacées au Liban pour échapper aux bombardements.
Sécurité des Français : une priorité
J’ai également évoqué les plans de crise et les dispositifs de mise en sécurité de nos compatriotes que j’avais pu évaluer à Beyrouth et à Chypre lors d’une mission à l’été 2024.
Alors que l’Iran fait peser une menace grave non seulement sur la stabilité d’Israël mais également sur l’ensemble du Moyen-Orient, la situation demeure particulièrement volatile.
Missiles, roquettes et drones frappent indistinctement, tandis que nos compatriotes présents dans la région vivent dans l’inquiétude.
Dans ce contexte, la sécurité des Français demeure notre priorité absolue.
Des déplacements aériens perturbés
Les espaces aériens ouvrent et ferment selon l’évolution de la situation et les décisions des autorités locales.
De nombreux Français qui prévoyaient de rentrer d’Asie ou d’Océanie via les hubs du Golfe se retrouvent aujourd’hui bloqués, dans une situation qui rappelle celle vécue lors de la crise du Covid.
Informations utiles pour les Français à l’étranger
➡️ Centre de crise et de soutien : En cas d’urgence, il est recommandé de contacter le Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères : 📞 +33 1 43 17 51 00
Je tiens à saluer l’engagement des équipes du ministère ainsi que celui des bénévoles de la Croix-Rouge, mobilisés pour venir en aide à nos compatriotes.
➡️ Fil d’Ariane : Les Français de passage dans la région sont invités à s’inscrire sur le fil d’Ariane afin de recevoir les informations et alertes du ministère : LIEN
Ukraine, Levant, mer de Chine : penser l’engrenage mondial
Olivier Cadic, Sénateur des Français établis hors de France et Président du groupe France-Pays du Golfe au Sénat.
Article publié dans l’infolettre UDI du 6 mars 2026
Le monde est entré dans une phase d’engrenage stratégique. Les crises que nous observons ne sont plus isolées : elles se répondent, s’alimentent et peuvent, à tout moment, changer d’échelle.
Cette dynamique s’est accélérée avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Depuis, la logique de confrontation entre puissances s’est installée durablement dans les relations internationales.
Au Moyen-Orient, après s’être confronté aux proxys de l’Iran depuis le 7 octobre 2023, Hamas, Hezbollah, Houthis, Israël, soutenu par les États-Unis, se retrouve désormais engagé dans une confrontation plus directe avec le régime des mollahs, qui a fait de la destruction de l’État hébreu, l’un des fondements idéologiques de son projet.
À la suite des frappes engagées contre l’Iran samedi dernier, plusieurs trajectoires peuvent être envisagées.
La première serait une rupture brutale du régime sous la pression militaire et populaire, hypothèse qui demeure peu probable à ce stade.
Une seconde verrait les États-Unis réduire progressivement leur implication, laissant Israël en première ligne.
Une troisième passerait par une reprise diplomatique, aux conditions d’un régime iranien plus accommodant et d’un geste stratégique majeur de Washington, tel qu’un allègement substantiel des sanctions.
Mais le scénario aujourd’hui le plus crédible reste celui d’un enlisement durable du conflit, avec des conséquences potentiellement lourdes pour toute la région, et pour l’économie mondiale si le détroit d’Ormuz ou les grands hubs aériens du Golfe venaient à être durablement perturbés.
Le prochain point de friction pourrait se situer au Liban, où la fragilité de l’État demeure préoccupante.
Au pays du Cèdre, où je me suis rendu il y a deux semaines en compagnie de Nadia Chaaya, présidente du groupe Les Indépendants à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), j’ai pu mesurer l’inquiétude profonde d’une partie de la population. Beaucoup redoutent davantage encore un affrontement interne contre le Hezbollah, qui raviverait le spectre d’une nouvelle guerre civile, qu’une intervention terrestre israélienne.
L’avenir de cette milice, qui fait le malheur du Liban, dépendra largement des évolutions du pouvoir à Téhéran et de la personnalité du prochain Guide suprême.
Mais l’engrenage dépasse largement le Moyen-Orient.
Les tensions persistent dans l’arc Inde–Pakistan–Afghanistan, tandis que la mer de Chine méridionale et Taïwan demeurent des lignes de fracture majeures entre les États-Unis et la Chine.
Parallèlement, la Russie pourrait exploiter toute diversion stratégique américaine pour renforcer ses positions en Arctique, dans la Baltique ou aux marges orientales de l’Europe.
Dans ce contexte, la naïveté n’est plus permise pour la France et l’Europe. Anticiper ces enchaînements de crises et se donner les moyens diplomatiques et militaires de dissuader toute agression n’est pas céder au fatalisme : c’est assumer la responsabilité première d’un État, préserver la paix.
Ce 5 mars, dans l’émission “Bonjour chez vous” (Public Sénat), j’ai répondu aux questions d’Oriane Mancini sur le contexte géopolitique au Moyen-Orient
Nous avons également évoqué la technologie de surveillance irakienne, basée sur un puissant logiciel russe de reconnaissance faciale vendu dès 2019 au régime de Téhéran, en présence d’Alexandre Abdelila, journaliste d’investigation à Forbidden Stories.
Public Sénat :
“Le sénateur d’Union centriste Olivier Cadic était l’invité de la matinale Bonjour chez vous, en tant que représentant des Français établis hors de France et vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées pour apporter son regard sur la situation conflictuelle au Moyen-Orient.
Olivier Cadic déclare : « Quand vous avez un pays comme l’Iran qui promet la destruction de votre pays en permanence et qui construit toute sa politique sur le sujet, on peut comprendre qu’au bout de 45 ans maintenant il faut que ça s’arrête »
Le sénateur reste optimiste, il estime « qu’il y a des progrès. Tant le Hamas, que les Houthis, que le Hezbollah ont des capacités largement affaiblies. La question aujourd’hui est de se demander comment affaiblir l’Iran et effectivement de s’en prendre à la tête de la pieuvre. »
Olivier Cadic rappelle que les accords d’Abraham avaient été signés en faveur de la sérénité dans la région, mais que depuis l’attaque du 7 octobre, ces conflits ont provoqué une escalade et un réel retour en arrière.”
J’ai répondu aux questions suivantes d’Oriane Mancini et de Rémi Guyot :
> Emmanuel Macron s’est entretenu hier avec Donald Trump et Benjamin Netanyahou qu’il appelle à préserver l’intégrité du Liban et s’abstenir d’une offensive terrestre, est ce que vous pensez qu’il va être entendu ?
> Vous étiez au Liban il y a quelques jours, est ce que les Libanais se préparaient à ce que le conflit éclate à nouveau et est-ce, malheureusement, le prix à payer pour mettre fin à l’armement du Hezbollah ?
> Cela vous paraissait-il possible, sans intervention militaire de la part d’Israël, le désarmement du Hezbollah ?
> Emmanuel Macron appelle à la désescalade, à une solution diplomatique, vous la pensez possible à ce stade ?
> Le régime ne tombera pas sans une intervention terrestre, selon vous ?
> Le système politique étant décentralisé, ne craignez-vous pas qu’au final rien ne change malgré l’assassinat d’Ali Khamenei ?
> En cas d’élection de Moshtaba Khamenei, est-ce que vous ne craignez pas que la guerre s’embourbe ?
> Est-ce que vous ne craignez pas qu’il y ait des répercussions en France, avec notamment un risque terroriste ?
> Roland Lescure, ministre de l’Économie, reçoit ce matin les distributeurs de carburant. Faut-il s’inquiéter ? Que peut faire le gouvernement ?
Ce 4 mars, notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a invité Pierre Razoux, directeur académique de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES), pour évoquer la guerre au Moyen-Orient.
Après avoir exprimé ma solidarité envers les Français établis dans les pays du Golfe, au Liban et en Israël, en rappelant que leur sécurité demeure prioritaire, j’ai alerté sur la dynamique d’escalade géopolitique à l’œuvre depuis l’invasion de l’Ukraine. J’ai notamment interrogé notre invité sur l’avenir politique du Hezbollah au Liban et sur le risque d’un embrasement élargi, y compris en mer de Chine méridionale autour de Taïwan.
Merci à Pierre Razoux qui a décrit clairement de nombreux scénarios d’escalade.
Voir la VIDÉO de l’intégralité de l’audition sur le site du Sénat
VERBATIM de mon intervention
Merci pour vos propos. En qualité de président du groupe d’amitié avec les pays du Golfe, du GCC, vous comprendrez que je tiens d’abord à dire combien nos pensées vont vers nos compatriotes, leurs familles, leurs employés et l’ensemble de notre communauté vivant dans les pays du Golfe, mais bien sûr du Liban et en Israël.
Leur sécurité est et doit demeurer une priorité absolue.
J’ai pris note de vos scénarios qui sont circonscrits, et c’est logique vu le titre, aux conséquences de l’attaque de la semaine dernière. Mais je sais que vous avez pris de la hauteur aussi puisque vous avez mentionné à un moment la rivalité entre les États-Unis et la Chine.
Nous vivons en fait un engrenage réel qui a commencé il y a quatre ans avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et donc, en réalité, nous vivons une escalade depuis ce temps-là et je voudrais évaluer avec vous les scénarios d’escalade auxquels nous sommes confrontés puisque, peut-être, nous pensons que ce conflit que nous voyons actuellement n’est effectivement qu’un des engrenages que nous risquons de vivre dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.
Parmi les escalades que nous observons déjà, et pour rester dans l’environnement direct, le Liban, où j’étais il y a deux semaines, qui se trouve entraîné dans un conflit par le Hezbollah malgré lui, malgré la volonté de son gouvernement et de la population.
Comment expliquez-vous les implications politiques et sociales de l’intervention de ce groupe armé pour la souveraineté libanaise ? Des élections sont prévues en mai prochain auxquelles le Hezbollah devait participer. Pensez-vous que le Hezbollah puisse encore rester un acteur politique au Liban et participer à ces élections alors qu’ils n’ont pas désarmé ?
Quelles seraient, selon vous, les conséquences d’une offensive terrestre israélienne au Liban ? Quel impact cela a-t-il sur la sécurité des communautés civiles libanaises, bien sûr, de tous nos compatriotes qui y vivent, y compris des minorités ?
Et pour finir, puisque vous avez mentionné la question États-Unis-Chine et que dans les scénarios d’escalade avec la Chine, nous observons aujourd’hui de plus en plus de multiples incidents en mer de Chine méridionale du fait de la marine de Pékin et un discours de plus en plus offensif de Pékin vers Taïwan. Ne pensez-vous pas qu’actuellement, nous risquons un scénario d’engrenage aussi à cet endroit ? Merci.
Ce 2 mars, lors de la 44ᵉ session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger, dernière de la mandature, Nadia Chaaya est intervenue en qualité de présidente du groupe Les Indépendants à l’AFE, lors du moment consacré aux groupes politiques.
Conseillère à l’AFE pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, Nadia a exprimé son soutien aux Français et aux élus confrontés aux tensions au Moyen-Orient et salué la réactivité du réseau diplomatique.
Elle a rappelé la nécessité de renforcer le dispositif « triple A » — anticipation, action, assistance — pour mieux protéger nos compatriotes en crise et associer davantage les élus au dispositif d’information et de coordination. Nadia Chaaya a enfin salué, en les citant, l’engagement des membres de son groupe, ainsi que les avancées obtenues au cours de la mandature.
Quelques instants plus tard, Radya Rahal, conseillère à l’AFE pour l’Afrique du nord, a alerté sur la situation des Français victimes de violences intrafamiliales à l’étranger.
Elle a appelé à renforcer les dispositifs de protection et d’accompagnement lorsque l’accès aux mécanismes juridiques et aux structures d’accueil locales est limité.
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VERBATIM
Madame la ministre, Madame la directrice, Madame la présidente, Monsieur le secrétaire général, mes chers collègues.
Madame la ministre, depuis samedi, un embrasement soudain de la situation en Iran, en Israël, dans plusieurs pays du Golfe et aussi au Liban depuis hier, plonge des milliers de nos compatriotes dans une angoisse légitime.
Je tiens à exprimer mon soutien à nos collègues élus français de cette zone, comme à l’ensemble de nos compatriotes qui y sont actuellement soit confinés, soit dans l’expectative.
Rosiane Houngbo Monteverde, qui préside notre commission des Lois, est bloquée à Bahreïn avec ses enfants. Elle est réveillée par le bruit des bombardements. Moi-même, je suis partie à temps du Liban, qui est entré dans le conflit depuis cette nuit.
Il me faut ensuite saluer la réactivité exemplaire de nos ambassades : activation rapide des cellules de crise, communication régulière et mise à disposition de numéros d’urgence. Ces mesures sont essentielles et rassurantes.
Pour autant, ma priorité, et j’ai sans doute lassé vos oreilles à chaque ouverture de session, demeure la mise en place du système triple A pour la sécurité de nos compatriotes : anticipation, action et assistance. Un dispositif devenu fondamental, mais encore incomplet. L’élu doit être un maillon actif de ce dispositif. Il ne peut être informé en même temps que nos compatriotes alors qu’il est en première ligne pour répondre, orienter et apaiser. Sans accéder aux éléments sensibles, il doit disposer d’un canal structuré et officiel. C’est une question d’efficacité collective. Nos travaux ont démontré que l’absence d’harmonisation des pratiques d’un poste à l’autre ne permet pas de créer de bons réflexes qui peuvent sauver des vies.
Mes chers collègues, nous siégeons depuis bientôt cinq ans. Qu’avons-nous accompli ?
Le groupe des Indépendants est fier d’avoir vu sa proposition de charte des bonnes pratiques entre les élus et les postes consulaires aboutir. Elle avait été portée par Laurence Helaili-Chapuis et il reviendra à la prochaine AFE d’évaluer sa mise en œuvre.
Je salue Benoît Mayrand, vice-président de notre groupe et de la commission des Finances, pour sa pugnacité à la sincérisation des programmes budgétaires touchant au quotidien des Français de l’étranger. Radya Rahal, dont chacun connaît l’expertise en matière de règlement intérieur, nous a défendus avec ardeur à la Commission nationale de la protection sociale, sujet ô combien sensible en tant que politique, qu’elle soit remerciée pour ses prises de position éclairantes. Marie-Christine Haritçalde a représenté notre Assemblée à la Commission nationale STAFE. Merci pour son soutien au tissu associatif français à l’étranger qui nous permet de faire société, même à l’étranger.
Les successions internationales sont un sujet fondamental pour nos compatriotes, tant la matière est complexe. Nous avons pu compter sur l’expertise de Richard Ortoli, comme sur celle de la présidente Rosiane Houngbo Monteverde.
Alors que le réseau des écoles françaises à l’étranger est éprouvé, je veux remercier la secrétaire générale de notre groupe, Amelie Mallet, ainsi que Sabri Mêle pour leur engagement pour un enseignement français plus souple et plus inclusif.
Je remercie évidemment Thierry Consigny, qui a représenté notre groupe au bureau, et Minouche Beraud Suberville pour leur implication dans les travaux de la commission Sécurité, qui a permis de donner une voix à nos collègues confrontés à des crises terribles.
Merci enfin à Ahmed Henni pour son engagement au sein de la commission des Affaires sociales. Alors que nous accueillons pour cette dernière session une habituée, Nelly Muller, je tiens à saluer ceux qui ont siégé dans notre groupe, mais qui n’ont pas pu poursuivre leur mandat : Yolande Mateo, ainsi que Nicolas Arnulf.
Être français à l’étranger, c’est faire partie, malgré les kilomètres, d’une communauté de destin. Je remercie mon groupe de m’avoir fait confiance pendant ces cinq années, ainsi que l’ensemble des élus avec qui j’ai travaillé en bonne intelligence et en solidarité.
En ces heures graves, j’adresse ma solidarité sincère aux pays frappés par les attaques venues d’Iran.
Derrière les tensions, il y a des populations qui vivent dans l’inquiétude et la peur.
Je pense également à nos compatriotes résidents ou de passage au Moyen-Orient.
À chacune et chacun d’entre vous : vous n’êtes pas seuls. La France est mobilisée pour votre sécurité et votre accompagnement.
Je tiens enfin à saluer l’engagement remarquable des équipes du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, pleinement mobilisées pour répondre et assister nos concitoyens.
Vous trouverez ci-dessous les numéros utiles de nos ambassades et consulats, et le lien vers les consignes de sécurité en vigueur.