Dans le cadre du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030, j’ai proposé une avancée majeure pour notre doctrine de défense : le principe d’une cyber-dissuasion est désormais inscrit dans la loi grâce à l’un de mes amendements.
Afin de répondre aux cyberattaques d’origine étatique et aux menaces relevant de la guerre hybride, la loi de programme militaire (LPM) affirme désormais le principe d’une cyber-riposte active et proportionnée, fondée sur la capacité de nos armées à conduire des actions de lutte informatique offensive.
Cela traduit une conviction que je partage depuis longtemps avec mon collègue Michaël Vallet : la France doit être capable non seulement de se défendre, mais aussi de dissuader.
Je remercie chaleureusement ma collègue Évelyne Perrot d’avoir défendu cet amendement en mon absence, alors que j’assistais une cérémonie d’inauguration, à l’invitation du Président de la République, ainsi que Cédric Perrin, rapporteur du texte, pour son soutien. Lire l’amendement n°32
Dans le cadre du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030, mon amendement qui complète en ces termes le Rapport annexé : « La France se dote d’une capacité de cyber-dissuasion graduée et attribuable contre les acteurs étatiques conduisant des cyberattaques persistantes contre ses intérêts, ses infrastructures critiques et ses représentants. En cas de guerre hybride menaçant le territoire national, la continuité des activités essentielles à la vie de la Nation et la protection de la population, les armées conduisent les actions de luttes informatiques défensive (LID), offensive (LIO) et d’influence (L2I) en étroite coordination avec le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale. »
La Commission européenne s’apprête à saisir la Cour de justice de l’Union européenne contre la France pour non-respect de ses obligations en matière de cybersécurité.
Avec Philippe Latombe, président de la commission spéciale de l’Assemblée nationale, nous avons souhaité rappeler, dans le communiqué ci-dessous, adressé à la presse, que la protection de nos infrastructures critiques ne peut plus attendre.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Paris, le 10 juin 2026
Comme nous en avons déjà été avertis depuis quelques jours, la Commission européenne s’apprête, juste avant ou juste après l’été, au plus tard avant la fin de l’année, à poursuivre la France et l’Espagne devant la plus haute juridiction européenne, la Cour de justice de l’Union (CJUE), pour ne pas avoir adopté une loi transposant dans leur droit les règles européennes sur la protection des infrastructures critiques contre les cyberattaques.
Pour la France, ce n’est pas faute d’avoir été rappelée à l’ordre parce qu’elle n’a pas respecté
la date limite d’octobre 2024, non seulement par ladite commission, à deux reprises, mais aussi par nous-mêmes qui nous inquiétions à raison des risques encourus par les entités publiques et privées concernées par la réglementation européenne, dans un contexte international très dégradé et menaçant.
Le 10 septembre dernier, la Commission spéciale de l’Assemblée nationale dédiée au projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité avait pourtant voté, à l’unanimité, le texte relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité.
Son examen en hémicycle semblait une formalité qui allait permettre la mise en conformité de notre pays avec la réglementation européenne. Et puis, plus rien ! Ce texte, en dépit de nos alertes répétées, est sans cesse repoussé aux calendes.
Une telle décision de la Commission européenne, rare dans son histoire, devrait de surcroît se concrétiser par une amende pouvant atteindre plusieurs dizaines millions d’euros, une sanction financière dont notre budget national pourrait bien se passer, en ces temps de disette.
Est-il encore besoin de le répéter ?
La finalisation du parcours de ce texte législatif sur la protection
des infrastructures critiques contre les cyberattaques est une urgence absolue.
. Philippe Latombe, Député de la Vendée, Président de la Commission spéciale de l’Assemblée nationale Olivier Cadic, Sénateur des Français établis hors de France, Président de la Commission spéciale du Sénat
La nuit du 31 mai fut longue, tant pour les candidats qui attendaient les résultats que pour celles et ceux qui ont assuré l’organisation du scrutin aux quatre coins du monde. Dans 130 circonscriptions, d’Ankara à Rabat, de Tokyo à Rio, nos compatriotes ont renouvelé leurs représentants.
J’adresse mes plus sincères félicitations à l’ensemble des conseillères et conseillers des Français de l’étranger élus, ainsi qu’aux déléguées et délégués consulaires. Je veux également saluer tous les candidats qui ont choisi de s’engager au service de l’intérêt général. Une campagne électorale exige du temps, de l’énergie et des convictions ; cet engagement mérite le respect.
Au-delà des résultats, ce scrutin rappelle que la démocratie des Français de l’étranger repose avant tout sur des élus de terrain, au contact quotidien de nos communautés. Cette élection ouvre également un nouveau cycle institutionnel. Les 27 et 28 juin prochains, les conseillers des Français de l’étranger éliront à leur tour les membres de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Le travail ne fait que commencer.
Le niveau de participation doit toutefois nous interpeller. Avec 234 463 votants sur près de 1,67 million d’inscrits, la participation s’établit à 13,98 %. Parmi les difficultés relevées, la question de l’utilisation des SMS dans le cadre du vote par internet a de nouveau posé problème à certains électeurs. Avant le scrutin, j’avais d’ailleurs interrogé au Sénat Mme Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, afin d’alerter sur les problèmes liés à ce dispositif. Les difficultés rencontrées montrent qu’une réflexion devra être poursuivie afin d’améliorer les modalités du vote par internet.
Le renforcement de la participation demeure l’un des grands défis de notre démocratie à l’étranger. Nul doute que la prochaine Assemblée des Français de l’étranger aura à cœur de travailler à son amélioration afin que davantage de nos compatriotes prennent part aux choix qui les concernent.
Fidèlement,
Olivier Cadic
Sommaire :
A LA UNE . Venezuela – María Corina Machado – Prix Nobel de la Paix . Palais de l’Élysée – Mauritanie – Dîner d’état
FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER . QAG – Réformes attendues par les Français de l’étranger . Échanges avec le Secrétaire général du MEAE sur quelques dossiers sensibles . Accès bancaire aux Français de l’étranger : une priorité non résolue . Aide publique au développement : L’AFD doit-elle aider les entreprises françaises… ou leurs concurrents chinois ?
ENSEIGNEMENT FRANÇAIS A L’ÉTRANGER . ANEFE – AG UFE Monde . ANEFE – France Éducation Internationale . ANEFE – Réforme AEFE
EN CIRCONSCRIPTION
> ROYAUME-UNI – Londres (11-14 mars & 13 avril 2026)
> TUNISIE – Tunis (26-29 mars 2026)
> ALLEMAGNE – Hambourg (16-17 avril 2026)
SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES . Actualisation de la LPM – Audition de Catherine Vautrin . Christophe Lecourtier nouveau DG de l’AFD
SÉNAT – RELATIONS INTERNATIONALES – GROUPES D’AMITIÉ . Taïwan : rencontre avec la ministre Hsu Chia-Ching . Médicaments falsifiés en Afrique : vers la souveraineté sanitaire . Rwanda – Commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi . IPAC : parlementaires de 30 pays s’expriment sur l’avenir de Taïwan . L’élargissement européen face au défi de l’opinion . Forum Investir en Afrique – Table ronde Baromètre du CIAN . Liban : Pierre Anhoury au cœur de l’urgence sanitaire
SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ & IA . “Lecornu débranche l’Anssi, accusée de ne pas avoir sécurisé des sites sensibles de l’État” (Le Canard enchâîné, 13/05/2026) . Cybersécurité : sensibiliser face à une menace devenue systémique . Rencontres Défense & Cyber : faire de la souveraineté numérique une réalité stratégique . France Médias Monde : en première ligne de la guerre informationnelle . “L’encadrement du renseignement en sources ouvertes en approche à l’Assemblée nationale” (Intelligence Online, 16/04/2026) . “Cyberattaques : la fragilité des administrations” (Les Petites Affiches, 04/05/2026) . “Services de renseignement contre vie privée : le chiffrement paralyse l’Assemblée” (TradingView & Upday, 05/05/2026) . Cybersurveillance : Le pire contre-attaque !
MÉDIAS . “Situation au Liban et dans le Golfe” (Cairo News – 10/05/2026 – Vidéo 8’38) . Prix du carburant, Total, Loi programmation militaire : débat avec Éric Coquerel (LCP / Public Sénat – 10 avril 2026) . Olivier Cadic : “Dans le futur, nous serons fiers des décisions prises par la France, aujourd’hui” (RFI – 01/04/2026)
C’est avec une immense tristesse que j’apprends la disparition de mon ami Éric Simon.
Pour beaucoup de Français de Londres, Eric était une figure familière, un homme hors du commun, attachant et admiré.
Né à Limoges, tombé amoureux de Londres dès 1965, il avait fini par y poser ses valises en 1974 pour faire de la capitale britannique son terrain d’inspiration.
Conseiller principal d’éducation au lycée Charles de Gaulle pendant quarante ans, élu au Conseil supérieur des Français de l’étranger en 1994, Eric aimait Londres comme peu de personnes peuvent aimer une ville.
Pendant des décennies, il a arpenté ses ruelles, fouillé ses archives, exhumé ses légendes, pour nous offrir des livres qui marquent les esprits : Londres, balades au fil des ombres, Le Fureteur de Londres, ou encore Londres au fil de la France Libre.
Car Eric était avant tout un fureteur. Un conteur. Comme il le disait lui-même : « Je m’intéresse toujours à ce qu’il y a derrière l’histoire » : les anecdotes, les mystères, les destins oubliés… Grâce à ses conférences, ses balades guidées, ses chroniques, il emmenait les Français de Londres sur les traces de Jack l’Éventreur, de Sherlock Holmes, des espions de la guerre, des héros de la France Libre. Nous le suivions, fascinés, parce qu’il avait ce don rare : faire revivre le passé comme s’il l’avait vécu lui-même.
Je me souviens de ce Noël 2013 que l’UFE GB avait organisé à l’Institut français : Eric avait réchauffé les cœurs en nous racontant le Noël 1941 des combattants de la France Libre, lorsque de Gaulle leur avait rendu visite par surprise. Ce soir-là, comme toujours, il avait ce talent de rendre le passé vivant, palpable, émouvant.
Éric Simon était un soldat de la mémoire. Ses héros ordinaires (le Commando Kieffer, ces résistantes comme Christiane Barstow ou Muriel Byck), il avait à cœur de transmettre leur courage, leur abnégation, leur amour de la liberté. « Devoir de mémoire sera notre devoir ! » écrivait-il après les commémorations du Débarquement en 2014, où il avait partagé des moments inoubliables avec les vétérans américains et français. Aujourd’hui, alors que nous pleurons sa disparition, ces mots résonnent avec une force particulière.
J’ai également admiré son engagement militant au service des autres. Son indignation face aux discriminations subies par les personnes handicapées qu’il a portée avec fougue lors des élections consulaires de 2014, lorsqu’il m’a fait l’honneur d’être sur ma liste, reste gravée dans nos mémoires.
Éric Simon était un homme chaleureux, généreux, drôle. Ceux qui l’ont croisé gardent en mémoire son rire, ses histoires interminables et son côté fana de Tintin, de films anciens, de vieilles radios, de Dinky Toys ou encore de vestes en tweed…
Merci, Eric, pour ta foi en la France, pour ton combat en faveur de la dignité, pour avoir été un pont entre la France et l’Angleterre et un témoin infatigable de notre mémoire collective.
À sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont eu la chance de croiser sa route, j’adresse mes pensées les plus émues.
Vidéo : Eric Simon raconte le Noël 1941 des Français de Londres à l’assistance
Dans le cadre du Paris Cyber Summit, j’ai eu le plaisir d’accueillir au Sénat, le 1er juin dernier, une réunion consacrée au thème : Balkans : construire la résilience cyber sous menace permanente.
Une cinquantaine de ministres, responsables gouvernementaux, parlementaires et experts internationaux de la cybersécurité m’ont fait l’honneur de participer à ces échanges. Tous étaient réunis à Paris à l’occasion du Paris Cyber Summit, organisé par Sébastien Garnault, fondateur de la Cyber Task Force.
En ouverture de cette rencontre, j’ai rappelé que les Balkans occidentaux ne sont pas à la porte de l’Europe : ils sont au cœur de sa sécurité démocratique. Confrontés quotidiennement aux cyberattaques, aux campagnes de désinformation et aux tentatives d’ingérence, ces pays constituent une véritable ligne de front dont l’expérience est précieuse pour l’ensemble des démocraties européennes.
Face à ces menaces, nous partageons une même exigence : renforcer notre résilience collective, réduire nos dépendances technologiques et développer une capacité crédible de dissuasion dans le cyberespace.
Plusieurs responsables gouvernementaux des Balkans occidentaux nous ont ensuite présenté l’état de la menace dans leurs pays respectifs ainsi que les réponses mises en œuvre pour y faire face : M. Stefan Andonovski, ministre de la Transformation numérique de la Macédoine du Nord ; M. Marash Dukaj, ministre de l’Administration publique du Monténégro ; M. Lulëzon Jagxhiu, ministre de la Numérisation et de l’Administration publique du Kosovo ; ainsi que Mme Enkeljeda Muçaj, vice-ministre des Infrastructures et de l’Énergie de l’Albanie.
Lors de cette journée, j’ai eu le plaisir de revoir M. Phil Stupak, ancien directeur adjoint national pour la cybersécurité à la Maison-Blanche et directeur principal Advocacy à l’ISC.
Cette rencontre a également été l’occasion de retrouver avec mon collègue Philippe Latombe. Nous présidons respectivement, à l’Assemblée nationale et au Sénat, les commissions spéciales chargées d’examiner le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité.
Je remercie l’ensemble des intervenants et des participants pour la qualité des échanges, qui ont contribué au succès de cette rencontre placée sous le signe de la coopération, du partage d’expérience et de la défense de nos démocraties.
MON INTERVENTION (traduite en français) :
Avec Sébastien Garnault, fondateur de la Cyber Task Force et David Lashway, partner at Sidley Austin
Mesdames et Messieurs les ministres, vice-ministres, secrétaires d’État, directeurs,
Mesdames, Messieurs,
Chers partenaires et amis,
Bienvenue à Paris. Bienvenue au Sénat français.
C’est un grand plaisir et un honneur de vous accueillir aujourd’hui dans cette institution afin d’échanger sur des sujets de la plus haute importance : les défis technologiques, la cybersécurité, la résilience démocratique et, plus encore aujourd’hui, les profondes transformations induites par les progrès rapides de l’intelligence artificielle.
Ces questions ne sont plus de simples sujets techniques. Elles touchent à la souveraineté, à la sécurité, à la stabilité démocratique et à la coopération internationale. Elles concernent notre capacité, en tant que démocraties, à protéger nos institutions, nos citoyens, nos infrastructures critiques ainsi que l’intégrité du débat public.
En tant que vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, et rapporteur pour avis du budget de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), je suis profondément convaincu que la cybersécurité est devenue l’une des dimensions essentielles de notre sécurité nationale et collective.
La France est engagée de longue date en faveur de la sécurité internationale et de la stabilité de l’Europe, aux côtés de ses partenaires, que je remercie également pour leur présence aujourd’hui.
Cet engagement est particulièrement fort lorsqu’il s’agit des Balkans occidentaux. Pour la France, les Balkans occidentaux ne constituent pas une région lointaine. Ils font partie intégrante de l’environnement stratégique européen. Leur stabilité, leur résilience et la solidité de leurs institutions démocratiques sont directement liées à la sécurité de l’ensemble du continent européen.
C’est pourquoi la France, comme l’Union européenne, a développé une stratégie claire en faveur des Balkans occidentaux, en soutenant les réformes, la coopération régionale, le renforcement de la résilience, la cybersécurité et la lutte contre la désinformation.
C’est également la raison pour laquelle le Parlement français, et tout particulièrement le Sénat, a soutenu et voté les investissements nécessaires au renforcement de ces efforts…
Ce 26 mai, le Sénat a débattu des “enjeux et perspectives de l’aide publique au développement (APD)”, dans un contexte marqué par la baisse des crédits budgétaires et la montée des rivalités géopolitiques.
Au nom du groupe Union centriste, j’ai plaidé pour une approche plus stratégique de notre politique de développement, conciliant solidarité, souveraineté des pays aidés et défense de nos intérêts économiques.
J’ai notamment alerté la ministre Éléonore Caroit sur les dérives du système actuel des appels d’offres internationaux de l’AFD, encore trop dominé par la logique du moins-disant, qui fragilise nos entreprises et favorise parfois des dépendances technologiques préoccupantes, notamment vis-à-vis de la Chine.
A ce titre, j’ai appelé à associer les conseillers du commerce extérieur de la France et les chambres de commerce françaises à l’international à l’élaboration des appels d’offres.
VERBATIM de mon intervention
Madame la Présidente, madame la Ministre, mes chers collègues.
Je me souviens du vote de 2021 sur la loi de programmation relative à l’aide publique au développement. Ce soir-là, il régnait dans cet hémicycle une atmosphère presque comparable à celle de la Nuit du 4 août. Tout semblait possible pour notre politique du développement. Les ambitions étaient à la hauteur des enjeux et nous avions voté presque unanimement l’objectif de porter notre aide publique au développement à 0,7 % du revenu national brut.
Cinq ans plus tard, la réalité est plus rude. Les crédits ont fondu d’un tiers. La baisse atteint encore 16 % en 2026. L’échéance des 0,7 % fixée d’abord à 2025 a glissé à 2030 et chacun sait qu’elle glissera probablement encore.
Le principe de réalité budgétaire s’impose à tous. Dans ce contexte, l’Agence française de développement doit s’adapter, revoir ses priorités, rechercher davantage de financements européens, faire plus avec moins, mais surtout faire mieux. Et faire mieux commence par une exigence simple : avoir les entreprises françaises avec l’AFD et non contre l’AFD.
Aujourd’hui, les entreprises françaises ne remportent que 42 % des marchés financés par l’AFD. Madame la Ministre, considérez-vous ce résultat comme satisfaisant ? Sinon, quel objectif vous fixez-vous ?
Le système des appels d’offres reste encore trop dominé par la logique du moins-disant, le prix le plus bas et rien d’autre. C’est une impasse. Nous devons privilégier le mieux-disant en intégrant davantage de critères de qualité, de durabilité, de RSE, de maintenance, de sécurité, de souveraineté technologique.
C’est pourquoi je propose que nos conseillers du commerce extérieur de la France et nos chambres de commerce françaises à l’international puissent être davantage associées à la définition des critères qualitatifs des appels d’offres. Madame la Ministre, que pensez-vous de cette proposition ?
Car la politique du moins-disant a aujourd’hui un champion : la stratégie chinoise. Des entreprises chinoises remportent des marchés avec des offres à moins 50 %, parfois moins 60 % des prix du marché. Puis, elles prennent volontairement du retard. Elles réclament des avenants pour avancer et les coûts explosent une fois la concurrence éliminée. Ce n’est pas seulement une stratégie commerciale, c’est une stratégie de conquête. Nos entreprises quittent ces marchés et lorsqu’elles les quittent, elles n’y reviennent plus. Nous voyons même apparaître des infrastructures financées avec des fonds européens ou français, mais conçues sans adaptation suffisante aux réalités locales. Je pense à ce pont construit trop bas sur une voie rapide africaine, empêchant les camions de circuler normalement dessous.
Madame la Ministre, ma question touche désormais directement à la souveraineté des pays que nous aidons. Dans près de quatre projets sur dix, les entreprises françaises ne peuvent même pas concourir parce que les équipements retenus ne correspondent ni à leurs standards ni à leurs technologies.
Allons-nous continuer à financer, avec de l’argent public français et européen, des équipements stratégiques, panneaux solaires, éoliennes, systèmes électroniques de contrôle, qui peuvent être pilotés à distance et placer des pays entiers dans une dépendance technologique critique vis-à-vis de Pékin ?
Car derrière les infrastructures, il y a désormais les logiciels, les capteurs, les systèmes de contrôle, les mises à jour à distance. Et demain, si Pékin décide, qui peut garantir que l’approvisionnement électrique de certains pays ne pourra pas être perturbé, ralenti, voire bloqué ? Le sujet n’est plus commercial, il est stratégique, il est géopolitique.
L’aide publique au développement doit être un outil de solidarité, mais aussi un outil de souveraineté et de liberté pour les pays que nous accompagnons. Elle ne peut pas devenir le cheval de Troie de dépendance technologique qui priverait demain ces États de leur autonomie. Je vous remercie.
REPONSE de Mme Eléonore CAROIT, ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger : LIEN
MA REPLIQUE
Merci beaucoup, madame la Présidente.
Oui, 80% de 60%, ça fait 42% exactement.
Merci de rappeler le rôle des conseillers du commerce extérieur, des chambres de commerce françaises à l’international. C’est pour cela que je pense qu’il faut absolument qu’elles soient associées à la rédaction des appels d’offres pour justement qu’on prenne bien en compte toutes les problématiques et non pas simplement le prix, le moins-disant.
On a vraiment besoin de réconcilier nos entreprises avec l’Agence française du développement.
Je veux encourager et saluer l’arrivée de Christophe Lecourtier à la direction de l’AFD qui donne toutes les garanties de compréhension de ces problématiques. Et donc, je veux saluer cette arrivée et l’encourager à réussir ce que nous, et nos entreprises attendent depuis longtemps. Merci.
Ce 20 mai, à l’occasion de la séance des Questions d’actualité au gouvernement, j’ai interrogé Éléonore Caroit, ministre chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, sur quatre préoccupations majeures de nos compatriotes établis hors de France : la solution de financement de la CFE, les décisions du conseil d’administration de l’AEFE de décembre dernier, la CSG-CRDS des non-résidents hors de l’Union européenne et, enfin, les difficultés liées au vote à distance par internet.
VERBATIM de mon intervention
Madame la Ministre,
J’associe ma collègue Olivia Richard à mes questions. A deux jours de l’ouverture du vote pour les élections des conseillers des Français de l’étranger, beaucoup de Français établis hors de France expriment moins une colère qu’une lassitude.
Lassitude devant les difficultés persistantes de la Caisse des Français de l’Étranger. En tant que députée, vous aviez proposé une solution de financement de la CFE. Depuis votre entrée au Gouvernement, quelles suites concrètes y avez-vous données ?
Lassitude face aux inquiétudes qui pèsent sur l’avenir du réseau AEFE, après des décisions du Conseil d’administration qui conduisent aujourd’hui à faire supporter aux établissements privés vertueux les conséquences des difficultés liées aux établissements à gestion directe.
J’avais demandé ici-même leur suspension, le 4 février dernier, au ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
Vous avez ensuite indiqué aux parlementaires des Français de l’étranger votre désaccord avec ces décisions de l’AEFE. Mais si vous les jugez mauvaises, pourquoi les laisser produire leurs effets néfastes partout dans le monde ?
Il est d’ailleurs difficilement compréhensible qu’à la fin du second quinquennat, le Gouvernement nomme encore une mission chargée de réfléchir à une réforme de l’AEFE tout en renvoyant les arbitrages à après les élections des Français de l’étranger.
Plus surprenant encore lorsque, dans le même temps, la sénatrice chargée de cette mission laisse déjà circuler dans la presse différents scénarios pendant la campagne, sans qu’aucune décision ne soit assumée.
Lassitude encore devant les débats récurrents sur une fiscalité fondée sur la nationalité portée par la gauche, ou devant l’iniquité persistante de la CSG-CRDS pour les non-résidents hors de l’Union européenne, instaurée en 2012. Partagez-vous la position du Gouvernement qui maintient cette CSG-CRDS depuis maintenant neuf ans?
Enfin, Madame la Ministre, Français de l’étranger ont la chance, vous le savez, de pouvoir voter à distance par internet.
Des remontées sont particulièrement préoccupantes : à ce stade, aucun SMS ne semble reçu en Chine.
Il me remonte des problèmes des 4 coins du monde. Quelle procédure concrète et immédiatement accessible le Gouvernement met-il en place pour permettre aux électeurs de récupérer les codes qu’ils n’ont pas reçu ?
Le 8 avril, j’ai reçu au Sénat avec Michel Monsauret, secrétaire général, Henri de Rohan-Cszermak, directeur général de France Éducation International (FEI), opérateur public acteur historique majeur de la promotion de la langue française, de la certification, de la mobilité internationale et de la coopération éducative.
Les échanges ont porté sur la contribution que FEI pourrait apporter dans le champ de l’enseignement français et francophone et sur l’organisation, tous les deux ans, des « Rencontres de l’ANEFE », un forum ouvert à tous les acteurs de l’enseignement français et francophone, y compris hors réseau AEFE.
L’objectif : fédérer les réflexions et construire ensemble l’avenir de cet enseignement, en s’appuyant sur l’expertise de la FEI.
D’après l’article d’Intelligence Online du 13 mai 2026 (“Mission du député Boudié, loi résilience… L’exécutif joue son va-tout sur les “backdoors” des messageries”), l’exécutif semble décidément ne pas vouloir désarmer sur la question du chiffrement.
Malgré l’échec de l’article 8 ter de la loi Narcotrafic à l’Assemblée nationale, le gouvernement cherche désormais, par tous les moyens, à remettre en cause la protection que j’ai fait adopter au Sénat et confirmée par la commission spéciale présidée par Philippe Latombe à l’Assemblée nationale : l’interdiction des “backdoors” dans les messageries chiffrées.
Cette protection, inscrite à l’article 16 bis de la loi Résilience, fixe pourtant une ligne rouge claire : on ne fragilise pas volontairement le chiffrement pour créer des accès de contournement aux communications privées.
La délégation parlementaire au renseignement (DPR), dont l’un de ses membres était déjà à l’origine de l’article 8 ter de la loi Narcotrafic visant à introduire des backdoors dans les messageries chiffrées, vient de rendre un rapport. Elle se fait la complice bienveillante du gouvernement dans cette offensive contre le chiffrement.
Le procédé est révélateur.
L’exécutif n’a manifestement pas renoncé à son objectif : imposer des failles d’accès dans les messageries chiffrées, malgré les alertes répétées des experts en cybersécurité et le rejet déjà exprimé par l’Assemblée nationale.
On ne règle pas un problème en le déplaçant pour en créer un encore plus grand.
Car une backdoor n’est jamais une solution technique neutre : c’est une faille structurelle. Et une faille, une fois ouverte, ne distingue jamais entre les “bons” et les “mauvais” utilisateurs.
Elle affaiblit tout le monde : nos administrations, nos entreprises, nos hôpitaux, nos citoyens — au moment même où les cyberattaques se multiplient.
Derrière ce débat technique, il y a une question simple de souveraineté et de libertés publiques : voulons-nous d’un système numérique robuste et sécurisé, ou d’un système affaibli par conception ?
À force de vouloir tout surveiller, on finit par rendre tout le monde plus vulnérable.
Mes positions ont également été relayées dans deux articles publiés le 5 mai : TradingView (Blocage au Parlement sur l’interception des messageries chiffrées) et Upday (Services de renseignement contre vie privée : le chiffrement paralyse l’Assemblée). Lien
Ce 12 mai, j’ai eu le plaisir de m’entretenir au Sénat avec Mme Hsu Chia-Ching, ministre des Taïwanais de l’étranger, accompagnée de ses collaborateurs Yang Chang-Heng et Antoine Cheng.
Cet échange a été l’occasion de réaffirmer l’attention que la France porte à Taïwan, partenaire démocratique majeur en Asie.
Dans un contexte international marqué par des tensions croissantes, la situation de l’île illustre les défis auxquels sont confrontées les démocraties face à des stratégies de pression de plus en plus sophistiquées.
J’ai interrogé la ministre à propos de la coercition économique exercée par la Chine sur ses voisins en Asie, par le biais de pratiques qui constituent une remise en cause préoccupante des règles du commerce international.
Cet entretien a confirmé l’importance de maintenir un dialogue étroit avec les autorités taïwanaises et de continuer à porter, au Sénat, une voix claire en faveur de la liberté des peuples à disposer d’eux mêmes et de l’état de droit.
L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information est dans le viseur de Matignon après la vague de cyberattaques et les fuites de données qui ont frappé des sites sensibles de l’État. En cause : des contrôles défaillants et un statut bâtard qui plombent l’efficacité de l’organisme.
Trois vols en moyenne par jour ! Les fuites de données s’accentuent, et le plombier Lecornu a un bouc émissaire dans les tuyaux. Cela pourrait déboucher sur le limogeage de Vincent Strubel, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), en poste depuis 2023 et plus menacé que jamais. Les candidats à sa succession activent déjà leurs réseaux.
Au-delà de son patron, toute l’Anssi est sur la sellette. Le piratage de 11,7 millions de comptes de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) par un petit malin de 15 ans a fait déborder le vase. Le 30 avril, le Premier ministre a promis de débloquer 200 millions d’euros pour financer la lutte contre les cyberattaques. Il ne s’est pas contenté d’un chèque, et a sorti de son chapeau une toute nouvelle « autorité numérique de l’Etat », placée sous son commandement, regroupant partiellement la Direction interministérielle du numérique (Dinum) et la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP). Objectif : assurer la « sécurité des infrastructures numériques des ministères »… Lire la suite de l’article de Fanny Ruz-Guindos Lecornu débranche l’Anssi, accusée de ne pas avoir sécurisé des sites sensibles de l’État, sur le site du Canard enchaîné.
La journaliste Fanny Ruz-Guindos, qui suit attentivement ces sujets liés à la cyber, a publié certains de mes propos :
Extrait :
L’Agence pourrait payer son manque de coopération avec ses camarades des autres maisons, eux aussi censés contenir les menaces 2.0. « Les puissances étrangères rêvent qu’on se déchire, et nous ne devons pas leur faire ce cadeau », prévient Olivier Cadic, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées au Sénat. Vite, une agence pour reconnecter les gardes-côtes de l’Internet ?
Les parlementaires en quête de commissions
L’État faillit dans sa lutte contre le piratage, et le Parlement part à l’abordage. Le sénateur centriste Olivier Cadic souhaite ainsi lancer « une commission d’enquête pour établir les responsabilités ». Las, elle devra attendre l’éventuelle réélection de Cadic, en septembre, au Palais du Luxembourg.
En réalité, ma collègue Nathalie Goulet n’a pas attendu le renouvellement du Sénat pour déposer une proposition de résolution “tendant à la création d’une commission d’enquête sur les cyberattaques et les fuites de données portant atteinte à la souveraineté numérique de la France” (en savoir +).
Et elle a bien fait !
Comme de très nombreux collègues de mon groupe Union Centriste, je la soutiens à 200% !
Cette interview m’a offert l’opportunité de rappeler sur la chaîne égyptienne les actions positives de la France au Liban et dans le Golfe persique afin d’atténuer les souffrances du peuple libanais et parvenir à la désescalade.
Deux articles de presse publiés le 5 mai — “Blocage au Parlement sur l’interception des messageries chiffrées” (TradingView) et “Services de renseignement contre vie privée : le chiffrement paralyse l’Assemblée” (Upday) — mettent en lumière le point de tension qui ralentit aujourd’hui l’adoption du projet de loi « Résilience ». Au cœur du débat : l’article 16 bis, que j’ai porté au Sénat, et qui vise à interdire toute obligation d’affaiblissement du chiffrement.
J’assume pleinement cette position. Le chiffrement n’est pas un obstacle : c’est un pilier de la sécurité numérique. Introduire des « portes dérobées » reviendrait à créer des vulnérabilités exploitables par tous, bien au-delà des seuls services de renseignement.
Je n’ignore pas les impératifs opérationnels de nos services, mais des outils existent déjà, notamment via l’accès ciblé aux terminaux. Ma ligne est constante : protéger efficacement les Français sans compromettre la robustesse de nos systèmes numériques, qui est une condition de notre souveraineté et de la confiance de tous.
Ce 8 avril, j’ai eu le plaisir de retrouver au Sénat le Dr Pierre Anhoury, expert technique international (ETI) d’Expertise France (groupe AFD) et conseiller du ministre libanais de la Santé, venu en France participer au ONE HEALTH SUMMIT.
Habitués à échanger à Beyrouth en présence de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient, nous avons poursuivi un dialogue engagé de longue date, dans un contexte toujours plus préoccupant.
Pierre porte actuellement deux priorités majeures. La première est la gestion d’un financement de la Banque mondiale via le Pandemic Fund pour atteindre les 30 millions de dollars, nécessaires au déploiement du programme ONE HEALTH Liban.
Cette approche intégrée vise à traiter ensemble la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale : pollution atmosphérique liée aux générateurs, risques agroalimentaires aggravés par l’usage de bombes au phosphore, renforcement des contrôles vétérinaires dans le sud du pays, et maintien de capacités de laboratoire en temps de guerre.
La seconde priorité porte sur la coordination de l’aide internationale vers le Liban, avec un dispositif logistique piloté par le Centre de Crise et de sécurité (CDCS) et un acheminement centralisé via un avion cargo de 60 tonnes opéré par CMA CGM.
Le jour même de notre échange, plus de 100 frappes simultanées faisaient 254 morts et plus de 1 100 blessés. Les hôpitaux, appuyés par la Croix-Rouge, restent opérationnels et contribuent à la résilience du Liban.
Pierre plaide pour l’obtention d’un poste de secours mobile (PSM) auprès du CDCS, capable de traiter jusqu’à 500 blessés de guerre. Il sera bientôt livré.
Avec les derniers vols humanitaires de ces derniers jours, la France dépasse largement les 100 tonnes de dons.
Article de Jean-Michel Chevalier, publié par Les Petites Affiches, Provence-Alpes-Côte d’Azur, le 4 mai 2026 :
Cyberattaques : la fragilité des administrations
Alors que des cyberattaques siphonnent les données de millions de Français sur les sites public qui sont pourtant sensibles et se devraient d’’être des bunkers (ANTS, ministère de l’Intérieur, de l’Éducation nationale, DGFIP etc.), le sénateur centriste Olivier Cadic déclare que « la priorité, c’est de responsabiliser les ministres et les fonctionnaires de ces administrations. Qui est responsable lorsqu’il y a une attaque ? Personne ne sait. Les responsabilités sont diluées. La France a une faiblesse au niveau de ses administrations publiques (…) Ces attaques altèrent la confiance des citoyens envers leurs gouvernants ». Il appelle à revoir la chaîne des responsabilités en plaçant à la tête des administrations un unique responsable de la cyberdéfense.
Ce 29 avril, j’ai organisé, en qualité de président de la commission spéciale sur le projet de loi relatif à la Résilience des infrastructures critiques et au Renforcement de la cybersécurité, une audition de Hugues Foulon, Pdg d’Orange Cyberdefense, suivie de la projection d’un documentaire consacré à la cybercriminalité réalisé par la société.
Cette réunion avait un objectif clair : alerter et sensibiliser l’ensemble de mes collègues sénateurs, tous conviés à cette séquence. Car la menace cyber est désormais omniprésente. Les attaques se multiplient, touchant en priorité nos PME, nos collectivités et nos établissements de santé. En 2024, pas moins de 420 000 demandes d’assistance ont été enregistrées par Cybermalveillance.gouv.fr, tandis que le phishing demeure le premier vecteur d’attaque.
J’ai rappelé l’urgence d’agir sur le plan législatif. Plus d’un an après son adoption au Sénat, le projet de loi de transposition des directives européennes NIS2, REC et DORA attend toujours d’être voté l’Assemblée nationale, alors même que la France accuse un retard préoccupant.
Cette audition visait à faire prendre conscience que la cybersécurité n’est plus seulement une affaire d’experts, mais un enjeu collectif. La pédagogie et la prévention sont, à cet égard, essentielles.
DOCUMENTAIRE – Don’t Go to the Police, réalisé par Ludoc, est un documentaire inédit produit par Orange Cyberdefense. Il plonge au cœur de la cybercriminalité mondiale à travers la traque du groupe Lockbit. Entre enquête internationale et témoignages d’experts, il montre comment une simple attaque peut paralyser des centaines de milliers d’entreprises et met en lumière les conséquences économiques, psychologiques et sociétales de cette « pandémie numérique ».
Voir la vidéo Don’t Go to the Police sur Youtube
Le 1er avril, j’ai rencontré Martin Briens, récemment nommé secrétaire général, au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, accompagné de Maxime Duda, pour évoquer plusieurs dossiers concernant nos compatriotes à l’étranger.
Cette rencontre, promise par sa prédécesseure Anne-Marie Descôtes lors de son audition devant notre commission au Sénat (compte-rendu du 12 nov. 2025) avait pour objet principal le projet immobilier relatif à la vente du consulat d’Agadir. J’y ai relayé les préoccupations exprimées par les conseillers des Français de l’étranger, Jean-Claude Rozier et Nadia Fehmi Taghi, ainsi que par notre communauté, face à la cession d’un bien appartenant à l’État au profit d’un transfert sur le site de l’Institut français (compte-rendu du déplacement à Agadir : 22-25 juil. 2025).
Ce projet suscite aujourd’hui une opposition unanime sur le terrain, dans un contexte de manque de transparence et d’incertitudes sur la stratégie d’avenir de l’Institut.
Nous avons également abordé la situation au Liban, à la suite de l’interpellation de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, notamment sur la situation préoccupante des villages chrétiens du sud.
Enfin, j’ai évoqué les écoles françaises en Turquie, après mon déplacement à Istanbul en compagnie de Florence Ogutgen, conseillère des Français de l’étranger. L’élue m’a mobilisé sur la nécessité d’obtenir un accord intergouvernemental pour sécuriser durablement leur avenir.
Mon rôle est de porter ces préoccupations de terrain au plus haut niveau de l’État pour obtenir des réponses claires et des solutions concrètes.
Le 28 avril, lors de l’audition de Catherine Vautrin sur l’actualisation de la LPM, j’ai alerté sur un angle mort : le programme 129 (hors LPM), dont je suis co-rapporteur. J’ai appelé à une mise à niveau cohérente avec l’effort de défense et relayé un message clair du secteur aéronautique : sans engagement fort de l’État et sans vision à cinq ans, nous manquerons la taille critique.
Je remercie Mme la ministre des Armées et des anciens combattants pour la clarté et la précision de sa réponse.
Le programme 129 relatif à la Coordination du travail gouvernemental dont je suis co-rapporteur avec mon collègue Michaël Vallet, n’entre pas budgétairement dans le champ de l’actualisation de la LPM, néanmoins ce sont les crédits du Premier ministre qui financent les fonds spéciaux nécessaire à l’action des services de renseignement, notamment la DGSE.
Or, la cour des comptes vient de signaler une hausse importante des dépenses en fonds spéciaux avec 160 millions d’euros exécutés en 2025, contre 67 M€ de crédits votés. Cela fait plusieurs années, depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, que je signale cette sous-budgétisation par rapport aux 101,2M€ consommés en 2023, puis 114,1M€ en 2024. Ce constat est d’ailleurs confirmé par le rapport annuel de la Délégation parlementaire au renseignement.
Comme tout le monde s’accorde sur le fait que les services de renseignement vont continuer à être fortement sollicités, il conviendrait que le programme 129 soit mis à niveau selon la même logique que les sur-marches prévues par l’actualisation de la LPM.
Pourriez-vous Madame la Ministre peser sur ces arbitrages ?
Enfin, j’ai un message de deux représentants de l’aéronautique rencontrés récemment à partager avec vous :
À une époque rare où le civil et le militaire sont en forte croissance en même temps,
Sans engagement fort de l’Etat on n’aura pas la taille critique, pour faire les investissements nécessaires.
L’état doit retrouver la sensation du risque à 5 ans.
Dans le prolongement de notre échange du 10 octobre (lire), j’ai reçu au Sénat Juan Cepeda, chef de projet chez Expertise France (groupe AFD), accompagné du professeur Xavier Jouven, pour faire le point sur la lutte contre le fléau des médicaments falsifiés et de mauvaise qualité en Afrique, objectif prioritaire de mon action pour l’Afrique.
Dans le cadre du projet Medisafe, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, les négociations avancent très positivement. La finalisation de deux contrats (Afrique de l’Ouest et de l’Est), couvrant 13 pays pour un montant de 9 M€, est imminente.
À terme, l’objectif est de renforcer l’accès à des médicaments et vaccins sûrs qui soient produits sur le continent africain. Juan Cepeda s’apprête à rejoindre Nairobi pour quatre ans afin de structurer un écosystème régional.
Un sujet que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer avec Christophe Lecourtier, nouveau président de l’Agence française de développement, particulièrement attentif à ces enjeux.
Pour sa part, le Pr Xavier Jouven (Institut de Santé Globale Paris Cité) a rappelé que l’Afrique connaît une transition épidémiologique majeure : les MNT, maladies non transmissibles (hypertension, diabète, cancers) sont désormais les premières causes de mortalité, loin devant les maladies infectieuses (sida, tuberculose, paludisme). Pourtant, elles ne reçoivent que 5 % des financements internationaux.
Face à ce déséquilibre, il propose de faire des MNT une opportunité de leadership pour la France, avec un soutien à la création d’un réseau d’instituts panafricains dédiés.
Antoine Anfré, Aude Demoustier, Olivier Cadic, François Nkulikiyimfura
Ce 7 avril, j’ai représenté le groupe d’amitié France-Afrique centrale lors des cérémonies organisées à l’occasion du 32e anniversaire du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda du 7 avril au 17 juillet 1994, au cours duquel plus d’un million de Rwandais ont été exterminés.
J’étais accompagné par Aude Demoustier, conseillère des Français de l’étranger (Rwanda, Kenya, Tanzanie, Ouganda, Burundi, Zambie, Zimbabwe) et Antoine Anfré, ancien ambassadeur de France au Rwanda.
Cette date marque le début de Kwibuka 32, la commémoration annuelle du génocide contre les Tutsi de 1994. « Kwibuka », qui signifie « se souvenir » en kinyarwanda, désigne une période de 100 jours pour honorer la mémoire des victimes, soutenir les survivants et appeler à la paix.
Une première cérémonie a été présidée par François Nkulikiyimfura, ambassadeur du Rwanda en France, au Pavillon d’Armenonville à Paris, en présence de Mme Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie, Mme Åsa Regnér, directrice générale adjointe de l’UNESCO, M. Marcel Kabanda, président d’Ibuka, organisation non gouvernementale œuvrant pour la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda, Mme Emmanuelle Blatmann, directrice Afrique et Océan Indien (DAOI) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Au jardin de la Mémoire (Paris 13e), en présence du maire de Paris, Emmanuel Grégoire
Représentant le gouvernement français, Mme Emmanuelle Blatmann a prononcé un discours dans lequel elle a rappelé que « face aux silences, aux confusions entretenues, aux récits qui déplacent ou amoindrissent la réalité du crime, nous devons opposer la rigueur de l’histoire et la fidélité à la vérité des victimes. » et affirmé que « la France a[vait] engagé depuis plusieurs années un travail nécessaire de lucidité. Ce travail s’est appuyé sur l’ouverture des archives, sur la recherche historique, et sur une volonté claire, affirmée par le Président de la République en 2021, de reconnaitre les responsabilités de la France dans un engrenage qui a abouti au pire et faire toute sa place à l’histoire du génocide des Tutsi dans notre mémoire collective et dans nos programmes scolaires ».
Puis, je me suis rendu au Parc de Choisy, dans le 13e arrondissement de Paris, où une seconde cérémonie s’est tenue en présence de M. Emmanuel Grégoire, maire de Paris, devant le « Jardin de la Mémoire », espace inauguré en 2016 pour se rassembler et rendre hommage collectivement aux victimes du génocide.
Le maire de Paris a, à cette occasion, annoncé qu’un mémorial national en l’honneur des victimes serait prochainement inauguré, quai d’Orsay, dans le 7e arrondissement.
M. Mathias Ott, délégué interministériel à la Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (DILCRAH), a quant à lui souligné que ce meurtre de masse caractérisé avait ceci de particulier qu’il est le premier « génocide de proximité », dans la mesure où la plupart des bourreaux et victimes étaient en effets des voisins.
À l’issue de la cérémonie, nous avons déposé avec M. Antoine Anfré, ancien ambassadeur de France au Rwanda, au nom du groupe d’amitié, une gerbe de fleurs en hommage aux victimes.
Au cours de ces cérémonies, M. Olivier Nsoro et Mme Yvonne Buhikare, rescapés du génocide des Tutsi, ont témoigné de la violence des événements de 1994, mais aussi de la résilience exceptionnelle des survivants.