Après Berlin et Hambourg (en juin 2015), nouveau déplacement en Allemagne à Francfort, siège de la Banque centrale européenne et de la Bundesbank, où l’on trouve aussi la deuxième bourse européenne après Londres.

Si près de 120.000 Français vivent en Allemagne (inscrits au Registre), un bon tiers d’entre-eux a choisi de s’installer dans la circonscription de Francfort, ville la plus riche d’Allemagne en PIB par habitant. Pour le clin d’œil, l’étymologie de Francfort remonte à Charlemagne et signifie « le gué des Francs ».

Franck Ristori, consul général adjoint et Fabrice Fourmy, consul adjoint, se sont attachés à m’apporter des réponses concernant notre communauté sur un plan administratif et économique.

Daniel Ollagnier, ancien élu AFE, Jean-Marie Langlet, élu AFE et conseiller consulaire de la circonscription de Francfort, ainsi qu’Emmanuel Beaufils, délégué consulaire UDI Allemagne, m’ont m’accompagné dans mes visites pour me faire profiter de leur expérience.

Politique

12841177_10154152336908816_5809004075567335923_oRencontre avec Nicola Beer, FDP

Nicola Beer, brillante secrétaire générale du parti libéral allemand, le FDP (Freie Demokratische Partei) a partagé avec moi ses espoirs et ses inquiétudes sur la situation en Allemagne, la veille d’élections partielles (Bade-Wurtemberg et Rhénanie-Palatinat, deux Etats-régions voisins de la France, et aussi la Saxe-Anhalt dans l’ex-Allemagne de l’Est).

A dix-huit mois des futures élections législatives allemandes, prévues pour l’automne 2017, ce scrutin faisait office de test national de la politique migratoire d’Angela Merkel. On sait depuis que le nouveau parti d’extrême droite, Alternative pour l’Allemagne (AFD) a fait une entrée en force dans les trois parlements régionaux.

Relations commerciales

Fructueuse réunion avec Franck Ristori, consul général adjoint et Eric Guyot, président de la section Hesse/Rhénanie-Palatinat/Sarre des conseillers du commerce extérieur, au sujet des rapports commerciaux franco-allemands.

On le sait, aux yeux d’un Français l’Allemagne ressemble à une autre planète : un chômage divisé par deux en dix ans, un excédent budgétaire (12Mds€), un excédent commercial monstre (248Mds€), trois fois plus d’apprentis, quatre fois plus PME exportatrices…

Ce qui nous différencie ne doit pas nous séparer pour autant. D’une part, force est de reconnaitre que l’Allemagne n’attire pas les Français. Même les jeunes éligibles au Volontariat international en entreprises (VIE) font la moue, préférant des destinations plus exotiques.

Cependant, toutes les entreprises françaises installées à Francfort sont en phase de développement, souligne Eric Guyot et leur principal souci consiste à trouver de la main d’œuvre qualifiée, notamment des informaticiens. La meilleure façon de s’y implanter consiste à racheter une structure locale.

Cela peut sembler paradoxal, mais l’attractivité de la France passe aussi par la présence française en Allemagne, explique notre conseiller du commerce extérieur. Le potentiel existe. Un indice : il y a plus d’Allemands qui apprennent le français que de Français qui apprennent l’allemand.

Enseignement

HTCLycée français Victor Hugo

(g. à d.) : Emmanuel Beaufils, délégué consulaire UDI Allemagne ; Olivier Cadic ; Pascal Meyer, proviseur ; Vanessa Thirion, directrice des services administratifs et financiers ; Gilles Kleiser, directeur adjoint des services administratifs et financiers / responsable informatique.

Dans un quartier résidentiel et calme du nord-ouest de Francfort se dresse le lycée français Victor Hugo, où j’ai été accueilli son proviseur Pascal Meyer et son équipe.

Outre les élèves français (77% dont 45% de binationaux), l’établissement accueille des élèves allemands (15%) et des élèves francophones d’autres nationalités.

Signe évident de dynamisme le lycée a doublé de taille en 15 ans : en 2000, il comptait 550 élèves, il dépasse largement le millier. Après avoir changé plusieurs fois d’adresse, le lycée inaugurait ses locaux actuels, le 24 avril 2001.

WP_20160311_12_10_45_ProL’installation sur le site de la Gontardstrasse a marqué le début d’une nouvelle ère. Tout a commencé en 1961, lorsque des parents d’élèves réunis en association entreprennent de gérer une « école française » de quelques dizaines d’élèves. C’est seulement 38 ans plus tard, en 1999, que l’association passe le relais à l’AEFE qui exerce depuis une gestion directe.

Depuis, les années se succèdent toujours plus riches en réussite scolaire et en manifestions que l’on récapitule dans « book year » époustouflant : conférences, lectures, rencontres, voyages, visites d’expositions, tournois sportifs et concours en tous genres.

Le contentement est général parmi tous les acteurs de la société civile, comme me l’a exprimé, Marc de la Fouchardière, président des parents d’élèves et membre du bureau UFE Hesse.

Néanmoins, l’augmentation importante des élèves n’est pas sans impact et l’on déplore une surpopulation dans les espaces récréatifs.

Le proviseur travaille sur un projet d’acquisition de deux terrains mitoyens au lycée dans le double but d’élargir l’espace de jeux et de bâtir une salle polyvalente destinée à des activités sportives et culturelles (spectacles), pouvant aussi se transformer en salle d’examen. Le financement pourra s’effectuer sur les fonds de réserve du lycée, sans pénaliser le budget de l’établissement.

WP_20160311_11_14_23_Pro(à l’image) J’ai eu le plaisir de revoir Daniel Ollagnier, avec qui j’ai siégé des années durant au sein de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger. Figure historique du lycée, expert du comité de pilotage, Daniel a beaucoup contribué, ainsi que sa femme Françoise, au développement de l’établissement depuis ses origines.

En hommage à leur travail remarquable, le proviseur Meyer a voulu baptiser de leurs deux noms la salle du conseil du lycée, où se tiennent notamment les conseils de classe.

Une heureuse initiative.

Culture française

12828395_10154152309868816_7154506030990437880_oVisite de Eloquia

(g. à d.) Ulrike Schemann-Bürger, manager language projects ; Jean-Marie Langlet,  conseiller consulaire de la circonscription de Francfort et élu AFE ; Olivier Cadic ; Emmanuel Beaufils, délégué consulaire UDI Allemagne ; Daniel Ollagnier.

Jean-Marie Langlet m’a conduit à visiter une institution qui a une histoire originale : Eloquia fut la réponse privée à la fermeture de l’Institut français de Francfort. Fruit d’une coopération publique-privée, puisque l’ambassade de France a joué tout son rôle, cette société a pérennisé l’enseignement du français à Francfort. Elle emploie 25 professeurs qui parlent notre langue.

Ses services s’étendent aux travaux de traduction ou d’interprétariat, notamment au profit des entreprises locales. Par ailleurs, Eloquia est un centre d’examen pour le DELF et DALF. Ainsi, 100 à 120 personnes y obtiennent leur diplôme chaque année.

Communauté française

Rencontre communauté / associations

Lors de ma rencontre avec les Français de Francfort, deux compatriotes ont particulièrement retenu mon attention par leur implication en faveur de notre communauté.

Christophe Braouet est un banquier installé en Allemagne et membre du conseil universitaire de l’Université franco-allemande (UFA). Unique en son genre, cette institution binationale promeut la coopération en matière d’enseignement et de recherche. L’UFA n’a pas de murs, mais représente un réseau 180 établissements supérieurs répartis entre la France et l’Allemagne, et accueille aux alentours de 5000 étudiants, toutes filières confondues.

Cette université est financée à parts égales par les États allemands et français. Christophe Braouet est très inquiet de la réduction des fonds amorcée par le MAEDI et notre ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Marc Tempez a fondé Perspektiv, un cabinet de conseil en recrutement dédié aux entreprises françaises installées dans les pays germanophones. Il met aujourd’hui son expérience au service d’une association de droit allemand reconnue d’utilité publique, Athena e.V. Celle-ci gère le site www.emploi-allemagne.de qui favorise l’insertion professionnelle des Français résidant en Allemagne et de ceux désirant s’y installer.

Athena assure une véritable mission de service public depuis la fermeture, entre 2005 et 2009, des Comités consulaires pour l’emploi et la formation professionnelle (CCPEFP). Au fil des ans, l’association a vu sa subvention de fonctionnement versée par l’Etat français diminuer, au point d’être en péril. Nos conseillers consulaires réfléchissent à de nouvelles sources de revenus.