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Irlande : vers un référendum pour réformer le droit à l’avortement… en 2018 ?

En Irlande un avortement s’appelle un infanticide, passible de 14 ans de prison. Les médecins peuvent déroger à la loi dans le seul cas où la vie de la femme (pas sa santé) est en danger. Cette pratique très restrictive de l’IVG fait parfois courir des risques à nos jeunes compatriotes. A chacun de mes déplacements, je soutiens les efforts des personnes engagées en faveur d’une amélioration de la législation pour mieux respecter les droits des femmes. Cela constitue mon action prioritaire en Irlande.

Comme il est illégal d’avorter en cas de malformation de l’enfant, les femmes ne sont même pas tenues informées du résultat des échographies, me racontait Laurence Hélaili, conseillère consulaire en Irlande.

Les Irlandaises peuvent disposer de leurs corps, mais à l’étranger seulement et… à condition d’avoir les moyens. On estime qu’elles sont plus de 4000 par an à quitter leur ile pour réaliser une IVG.

(g à d) Annick Billon, sénatrice de la Vendée, Olivier Cadic, Laurence Hélaili, Claire Nevin et Chantal Jouanno, sénatrice de Paris et présidente de délégation aux Droits des femmes du Sénat – 28 octobre 2015

Le 28 octobre 2015, j’avais présenté Claire Nevin auprès de la délégation aux Droits des femmes du Sénat, présidée par Chantal Jouanno. Militante de l’association ROSA, Claire plaçait ses espérances dans les législatives irlandaises de mars 2016 (lire l’article). Le nouveau gouvernement a répondu à l’attente en constituant six mois après sa prise de fonctions une « Assemblée citoyenne » pour plancher sur la délicate question de l’interruption volontaire de grossesse.

Et pour cause, une question si délicate qu’aucun parti politique n’ose l’endosser.

Les représentants du peuple irlandais ont donc préféré s’en remettre au peuple lui-même, en l’occurrence 99 citoyens tirés au sort sur listes électorales. Il serait pourtant abusif de dire que l’esprit de Ponce Pilate plane sur cette expérience de démocratie participative, puisque cette « Assemblée citoyenne » ne décide de rien. Elle n’est que le mécanisme déclencheur d’une longue et (très) précautionneuse procédure (voir encadré).

Suite à mes entretiens du 5 septembre 2016 avec l’Irish Family Planning Association, puis avec le sénateur Neale Richmond (à l’image), je suis revenu à Dublin le 26 mai dernier pour discuter avec ces interlocuteurs des résultats de la concertation. L' »Assemblée citoyenne » venait de se prononcer à 87 % en faveur d’une modification de la constitution irlandaise, préalable à toute réforme du législateur. Une écrasante majorité, donc.

Après cinq week-ends de travail consacrés à l’examen des systèmes de santé européens et l’audition de personnalités issues du monde médical ou académique, l’Assemblée a étonné l’opinion publique par ses prises de position très libérales.

Parmi les plus transgressives : l’ouverture du droit à l’avortement pour des « raisons socio-économiques » (72% des suffrages) ou l’accès à l’avortement « sans restrictions s’agissant des motifs » (64% des votes). Dans les situations de viol, d’anomalie fœtale ou encore de risques réels de suicide, on est proche de l’unanimité. Précisons enfin que, dans tous les cas de figure, les citoyens ont proposé des marqueurs en termes de nombre de semaines de grossesse.

La balle est revenue, pour un temps, dans le camp des élus (encadré ci-dessous). En dépit de ce signal fort et clair émanant de la société civile, l’ensemble de classe politique irlandaise souhaite que ce débat de société ne soit pas politisé.

Neale Richmond anticipe que, même en cas de référendum, les partis politiques s’abstiendront de donner la moindre consigne de vote…

Avortement en Irlande : étapes du processus de démocratie participative
1. Création d’une « Assemblée citoyenne » de 99 membres tirés au sort sur listes électorales (oct. 2016) >>>
2. L’Assemblée citoyenne remet son rapport au Parlement irlandais (juin 2017) >>>
3. Le Parlement réunit une commission spéciale de 20 députés >>>
4. La commission spéciale présente ses recommandations au gouvernement et au parlement (d’ici fin 2017) >>>
5. Le gouvernement irlandais organise, le cas échéant, un référendum (2018 ?) >>>
6. Les électeurs décident par référendum de modifier ou non la constitution >>>
7. Le cas échéant, le législateur a constitutionnellement la possibilité d’assouplir les conditions d’accès à l’IVG.

Brexit Tour n°2 : En circonscription en Irlande – Dublin / 05 septembre 2016

Brexit Tour n°2 : Royaume-Uni & Irlande – 5 au 8 sept 2016
Dublin / Belfast /Aberdeen / Londres
Nous avons organisé, avec Patricia Connell, déléguée consulaire UDI, 4 nouvelles réunions publiques pour faire le point sur les options possibles suite au référendum et évoquer la situation des expatriés : Dublin 5/9 – Belfast 6/9 – Aberdeen 7/9 – Londres 8/9.

Ce « Brexit Tour » n°2 fait suite à la série de rencontres organisées cet été : Edimbourg (30/06) ; Leeds (07/07) ; Bristol (10/07) ; Birmingham (16/07). Voir tous les comptes rendus : Lien

Dublin

intro(g. à d.) Laurence Helaili-Chapuis, conseillère consulaire UDI pour l’Irlande ; Olivier Cadic ; Patricia Connell, déléguée consulaire UDI Londres,

Je remercie chaleureusement notre ambassadeur Jean-Pierre Thebault et l’équipe de l’ambassade pour la qualité et la densité du programme qui nous a été proposé à la faveur de mon déplacement à Dublin, le second depuis le début de mon mandat.

Je salue également l’action de Laurence Helaili-Chapuis en faveur de la communauté française d’Irlande et je lui suis reconnaissant d’avoir animé à mes côtés la réunion publique à l’Alliance française de Dublin.

9.000 Français sont enregistrés en Irlande, un pays qui, après avoir connu sept années d’ajustement budgétaire imposé par le FMI et l’UE, affiche une croissance record de 7,8% pour 2015 (5,2% en 2014).

L’Irlande est aujourd’hui l’un des rares membres de l’UE où l’on ne trouve pas de parti anti-européen !

Brexit & Relations avec l’Irlande du Nord (RU)

e_mccullough_1Réunion avec Elizabeth McCullough, directrice aux services du Premier ministre (Planification stratégique de l’Union européenne) ; Gerald Angley, directeur des Relations britannico-irlandaises au ministère des Affaires étrangères et du Commerce ; Lionel Paradisi-Coulouma, Premier conseiller ; Isabelle Cohen, Première secrétaire à l’ambassade de France.

Il n’y a aucune ambiguïté, les Irlandais sont déterminés à demeurer dans l’Union européenne.

Ils aiment souligner que l’Irlande n’a pas rejoint la CEE « avec » les Britanniques, mais « au même moment ». Une nuance d’importance aux yeux de nos interlocuteurs, tous profondément navrés du vote britannique en faveur d’une sortie de l’UE.

La préoccupation majeure du peuple irlandais concerne ses rapports avec l’Irlande du Nord. Il leur semblerait invraisemblable qu’une frontière s’érige entre les deux voisins. Le Brexit ne doit pas faire renaître des tensions qui furent si longues à apaiser.

C’est pourquoi, certains proposent une réunification de l’île. Un discours inimaginable, il y a quelques mois encore.

Brexit & Communauté française – Réunion publique à l’Alliance française

ambassadeQuels seront les impacts du Brexit dans différents domaines et notamment au regard de l’évolution du réseau scolaire français en Irlande ?

C’est le thème sur lequel nous avons échangé avec l’équipe de l’ambassade de France, dont Lionel Paradisi-Coulouma, Premier conseiller, Isabelle Cohen, Première secrétaire, Pauline Tanchoux-Janin, vice-consule, Gisèle Hivert-Messeca, directrice pays Business France, Frédéric Rauser, COCAC, Nathalie-Zoé Fabert, attachée de coopération pour le français, Stéphane Aymard, attaché de coopération scientifique universitaire, Anne-Sophie Gouix, proviseure du lycée français d’Irlande, et Maxence Salendre, attaché de presse.

Ce fut également l’opportunité de faire un point sur le développement de nos échanges commerciaux avec l’Irlande, l’émergence de la French Tech et la difficulté de trouver un logement à Dublin qui a conduit certaines familles à renoncer de s’y installer et… à faire faux bond au lycée français.

Ce fut enfin l’occasion de remercier l’équipe de l’ambassade pour la qualité et la densité du programme qui nous a été proposé.

Le soir, nous avons invité les Français d’Irlande à l’Alliance française de Dublin pour une réunion publique afin de recueillir leur opinion sur les sujets qui leur paraissaient les plus pertinents. Cela m’a permis de découvrir les travaux d’amélioration concrétisés par l’Alliance française depuis l’an dernier et de témoigner de ma reconnaissance à Philippe Milloux, directeur et délégué général pour l’Irlande, pour son accueil.

Brexit & Ibec, patronat irlandais

ibec1Rencontre avec Mary Rose Burke, Director of Corporate, Strategic and International Affairs, chez Ibec (Irish Business and Employers Confederation), une organisation patronale équivalente au Medef.

Le patronat irlandais n’a pas hésité à faire une campagne active en faveur du maintien des Britanniques dans l’UE, parce que l’enjeu leur semblait capital.

Ses représentants ont constaté que 5 millions de Britanniques environ étaient susceptibles de demander un passeport irlandais ! Leur but est évidemment de préserver leur liberté de circulation.

L’économie irlandaise étant très dépendante du Royaume-Uni, Mary Rose Burke regrette d’être en pleine expectative sur leurs relations bilatérales. Pour l’instant, on ne répond à aucune question, côté britannique.

Il ne faut pas oublier que l’Irlande est aussi un ardent compétiteur de son grand voisin. Le pays verrait d’un très mauvais oeil que l’on accorde des avantages compétitifs aux Britanniques susceptibles de nuire aux entreprises irlandaises.

Il est à noter que l’Ibec fait globalement la promotion de l’Irlande, comme si l’île était unifiée. Cette « vision marketing » rejoint la vision politique de certains leaders d’opinion.

Brexit & parti Fianna Fail

senatrice_ardagh_1Réunion avec la sénatrice Catherine Ardagh du parti Fianna Fail de Dublin South Central et Malcolm Byrne, maire de Gorey (Comté de Wexford).

Porte-parole sur les questions relatives à la protection sociale, la sénatrice m’a confirmé qu’il y avait un consensus politique en Irlande en faveur de l’Europe.

Catherine Ardagh regrette que les autorités britanniques donnent un tel sentiment d’improvisation. C’est un fait : aucune de stratégie de sortie n’avait été prévue.

Et le gouvernement de Theresa May n’est pas sorti de l’auberge : tandis que la Commission européenne a désigné Michel Barnier pour conduire les négociations, appuyé de 600 conseillers pour aborder tous les aspects liés au Brexit, les Britanniques, quant à eux, ont une équipe de 12 personnes !

Brexit & parti Fine Gael

neale-richmond(g. à d.) Patricia Connell, déléguée consulaire UDI ; Neale Richmond, sénateur du Fine Gael (centre-droit), basé à Dublin Rathdown ; Olivier Cadic ; Lionel Paradisi-Coulouma, Premier conseiller à l’ambassade.

Je salue aussi Isabelle Cohen, conseillère à l’ambassade, qui était présente à notre rencontre.

Le sénateur Richmond m’a confirmé le profond attachement de son parti à l’UE. Il pense que le Brexit est une bien mauvaise nouvelle qui risque de scinder l’Irlande en deux, par le biais d’une nouvelle frontière.

Il est également soucieux des conséquences du référendum sur le processus de paix en Irlande. En juillet, les autorités ont constaté une augmentation de 73% des demandes de passeports irlandais et une augmentation de 68% en provenance de l’Irlande du Nord !

Brexit & parti Sinn Féin

sean-crowe-1Seán Crowe est député de la circonscription de Dublin South West et porte-parole du Sinn Féin pour les affaires étrangères, le commerce, l’Union européenne et la diaspora irlandaise. Nous l’avons rencontré accompagné de son conseiller politique Eric Scanlon.

Le député a salué l’action proactive de la France dans le processus de paix en Irlande. Il souhaite aujourd’hui alerter les parlementaires français sur l’impact négatif que pourrait avoir le rétablissement d’une frontière avec la partie britannique de l’île.

Il souligne en outre que le Fonds pour la paix provenant de l’Union européenne arrivera à terme en 2020, ce qui est susceptible d’affecter le développement de l’Irlande du Nord, si le Royaume-Uni sort de l’UE.

Réunion « Avortement en Irlande »

m_taylorL’interruption volontaire de grossesse est un sujet encore tabou au pays du Trèfle. L’an dernier, à Dublin, Claire Nevin, militante Rosa, m’a fait prendre conscience de la nécessité d’informer les Françaises sur la législation restrictive en matière d’avortement en Irlande (Lire : « Ce qu’une Française doit savoir sur l’Irlande – Claire Nevin reçue par la délégation aux Droits des femmes du Sénat » du 11 novembre 2015).

Grâce à notre ambassade, j’ai pu rencontrer Maeve Taylor, directrice en charge de la promotion et de la communication à l’Irish Family Olanning Association, ainsi que Alison Spillane, chargée de projet (droits de l’Homme).

La libéralisation de l’IVG, même de façon très restrictive, continue de diviser l’opinion, y compris au sein du gouvernement. Chacun sait pourtant que plus de 4000 irlandaises se rendent chaque année à l’étranger dans le but d’avorter (177.000 depuis 1971).

En juin dernier, le gouvernement a créé une assemblée de 100 citoyens en charge d’étudier cette brûlante question. Celle-ci devrait débuter ses travaux en octobre.

Au Sénat – En Bref du 01 au 04 février 2016

Séminaire des sénateurs du groupe UDI-UC (1 et 2 fev.)

M_CanavetLes sénateurs centristes se sont réunis à Saint-Cloud pour un séminaire de réflexion. L’objectif était de préparer les grands dossiers législatifs de l’année 2016.

(A l’image) Mon collègue Michel Canevet exprime qu’il faut avoir une ambition pour nos agriculteurs qui, menacés par des prix bas, peinent à vivre du produit de leur travail.

Irlande : rencontre avec Géraldine Byrne-Mason, ambassadeur (3 fev.)

Amb Irlande(g à d) Olivier Cadic ; Françoise Laborde, sénatrice de Haute-Garonne ; Géraldine Byrne-Mason, ambassadeur d’Irlande en France ; Michel Raison, sénateur de la Haute-Saône

Au cours d’un petit déjeuner de travail autour de Géraldine Byrne-Mason, ambassadeur d’Irlande en France, nous avons fait le point sur la situation de l’Irlande qui connaitra des élections législatives dans quelques semaines.

La politique d’ajustement fut une potion amère mais salutaire, puisque les indicateurs de l’économie irlandaise sont revenus au beau fixe : une croissance de 7% en 2015 et un taux de chômage qui est redescendu à 8% (contre 15,2% en 2012). A ce rythme le plein emploi est envisagé pour fin 2017. Le tout avec un déficit de 2,7% du PIB. Cela nous laisse rêveur…

J’ai transmis à l’ambassadeur une note relative à mon déplacement à Dublin (sept. 2015) et à l’audition de Claire Nevin par la délégation aux Droits des femmes du Sénat (oct. 2015). (lire : Ce qu’une Française doit savoir sur l’Irlande).

L’ambassadeur m’a répondu que 90% de la population irlandaise était en faveur d’une évolution de la législation sur l’avortement, notamment sa décriminalisation. Les élections devraient relancer la question. A noter également un projet de référendum en vue d’abroger la loi irlandaise sur le blasphème. Je me réjouis de ces nouvelles.

Santé : audition d’Agnès Buzyn par la CAS (3 fev.)

CASLa commission des Affaires sociales du Sénat a reçu Agnès Buzyn, candidate à la tête de la Haute autorité de santé (HAS). Professeur d’hématologie, elle dirige l’INCA (l’Institut national du cancer) depuis 2011.

La HAS est une autorité publique indépendante, créée en 2004 et destinée à renforcer la qualité notre système de santé, au moyen d’évaluations, de recommandations et de certifications des établissements de santé.

Ce type d’agence est caractérisé par une grande autonomie vis-à-vis des administrations centrales et du pouvoir, tout en exerçant une mission de service public. Cette audition fut l’occasion de rappeler qu’il existe 21 agences sanitaires en France qui emploient 25.250 personnes pour un coût de 3,5 milliards d’euros.

Espagne : rencontre avec Franck Trouilloud, Alliance française de Malaga (3 fev.)

F_Trouilloud-HL49Franck Trouilloud, directeur de l’Alliance française de Malaga, prépare l’inauguration officielle de son nouveau siège éco-responsable dans le cœur historique de la ville, le 17 mars prochain.

Installée depuis 45 ans dans la ville natale de Pablo Picasso, l’Alliance française de Malaga a pu compter avec le soutien d’entreprises sponsors de la Chambre de commerce franco-espagnole. L’institution travaille en lien avec les principaux sites culturels de de la ville.

En mars 2014, je m’étais rendu sur place et j’avais trouvé remarquable que des cours de « français langue maternelle » y soient organisés, chaque samedi matin. Une bonne pratique à essaimer.

Tourisme : rencontre avec Jean-Bernard Falco, AHTOP

JB_Falco-HL49Nous avons discuté avec Jean-Bernard Falco des nouvelles technologies qui rebattent les cartes dans le secteur du tourisme, comme dans tous les métiers.

Il est le président-fondateur de l’AHTOP, une association qui a pour objectif de promouvoir un hébergement touristique de qualité, afin d’aider la France à franchir la barre symbolique des 100 millions de touristes par an en 2020, avant de marcher vers les 130 millions en 2030 !

Depuis juillet dernier, Jean-Bernard Falco est parvenu à rassembler près de 30.000 adhérents du secteur hôtelier traditionnel. Ils s’alarment de la concurrence des plateformes internet d’intermédiation entre particuliers, souvent étrangères et, par nature, moins soumises à contraintes.

Plan Ecole du Royaume-Uni (4 fev.)

Le 4 février, à Londres, je poursuivais mon audit du plan Ecole à l’Ecole bilingue de Battersea en compagnie de Lorène Lemor, conseillère culturelle adjointe de l’ambassade, Mirella Otten, la principale et Frédérique Brisset, chef d’établissement.

Vous trouverez le compte-rendu de ce déplacement dédié au « plan Ecole du Royaume-Uni » dans l’hebdolettre n°49 de février 2016.

HEBDOLETTRE n°39 – Ce qu’une Française doit savoir sur l’Irlande – Déplacement en Suisse : Genève & Lausanne (23 au 24 oct. 2015) – PPL Fin de vie

Lire : l’HEBDOLETTRE n°39 – 12 novembre 2015Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’HebdoLettre n°39

De nos jours, un pays membre de l’Union européenne a refusé l’avortement à une jeune fille de 17 ans qui avait été violée. Refusant de manger, elle a été nourrie sous la contrainte. Devenue suicidaire, elle a été accouchée de force, à 25 semaines par césarienne (pour des raisons pratiques et non médicales). Ce pays, c’est l’Irlande.

Lors de mon déplacement à Dublin, début septembre, Claire Nevin, militante irlandaise en faveur de l’avortement, m’a décrit une situation anachronique et m’a demandé de l’aider.

Visuel HL39Laurence Hélaili, conseillère consulaire à Dublin, m’a confié: « On est en danger du seul fait d’être enceinte ». A titre d’exemple, le corps médical se dispense de prévenir les mères en cas de malformation et ne voit pas l’intérêt des tests de Trisomie 21. Rien ne doit aller à l’encontre du plan de Dieu, apprend-on dès l’école.

Sur les forums, la lecture de témoignages de Françaises paniquées, recherchant désespérément des solutions, après avoir réalisé que l’utilisation d’une pilule abortive était passible de 14 ans de prison, a fini de me déterminer. J’ai décidé de les aider…
Lire la suite et découvrir l’HebdoLettre n°39

 

Ce qu’une Française doit savoir sur l’Irlande – Claire Nevin reçue par la délégation aux Droits des femmes du Sénat

Au pays du trèfle, les femmes n’ont pas le droit de disposer de leur propre corps. C’est évidemment l’affaire des Irlandais, mais la nôtre est d’informer les Françaises des divers dangers d’une grossesse en Irlande.

Dans cette intention, le 28 octobre dernier, j’ai eu l’honneur de présenter Claire Nevin et Laurence Hélaili auprès de la délégation aux Droits des femmes du Sénat, présidée par Chantal Jouanno.

(g à d) Annick Billon, sénatrice de la Vendée, Olivier Cadic, Laurence Hélaili, Claire Nevin et Chantal Jouanno, sénatrice de Paris et présidente de délégation aux Droits des femmes du Sénat – 28 octobre 2015

(g à d) Annick Billon, sénatrice de la Vendée, Olivier Cadic, Laurence Hélaili, Claire Nevin et Chantal Jouanno, sénatrice de Paris et présidente de délégation aux Droits des femmes du Sénat – 28 octobre 2015

J’ai fait la rencontre de Claire Nevin, 23 ans, francophone et représentante de ROSA (Reproductive Rights against Oppression, Sexism and Austerity) à la faveur d’un déplacement à Dublin, en septembre dernier. Titulaire d’un master des droits de l’Homme, elle ne peut admettre que l’avortement sur le sol irlandais soit un crime passible de 14 ans d’enfermement, avec une étiquette d’infanticide (*).

De son côté, Laurence Hélaili, Conseillère consulaire à Dublin, m’a apporté l’éclairage des Françaises qui veulent être maman en Irlande. « On est en danger du seul fait d’être enceinte », résume-t-elle, ayant personnellement vécu la situation.

Pourquoi ? Comment ? « C’est loin de ce que j’imaginais. On a l’impression de se retrouver des dizaines d’années en arrière… », a déclaré ma collègue Annick Billon, lors du point presse qui a suivi l’audition des deux jeunes femmes par la délégation.

Il y a d’abord ce climat de suspicion généralisé à l’égard des femmes, reflet naturel du fort catholicisme ambiant.

Une Française qui fait une fausse couche se rend naturellement à l’hôpital. Une Irlandaise va y réfléchir à deux fois, surtout si on risque de la soupçonner de l’avoir fait exprès… Comme il est illégal d’avorter même en cas de malformation de l’enfant, les femmes ne sont pas tenues informées du résultat des échographies. Laurence a dû se rendre en France pour effectuer un test de Trisomie 21. « Qu’allez-vous faire si le test en positif ? », lui avait-on demandé à Dublin.

Claire Nevin, présidente de ROSA (Reproductive Rights against Oppression, Sexism and Austerity) milite pour le droit à l'avortement en Irlande. Elle regrette le "silence complice" des autres pays de l'Union européenne

Claire Nevin milite au sein de ROSA (Reproductive Rights against Oppression, Sexism and Austerity) pour le droit à l’avortement en Irlande. Elle regrette le « silence complice » des autres pays de l’Union européenne

Dans les hôpitaux, les médecins font l’impossible pour ne pas contrevenir à la loi, comme réimplanter l’embryon dans les cas grossesses extra utérines, jusqu’à en perdre les pédales : maintenir en vie artificielle des semaines durant une femme décédée, car le cœur de son fœtus de 12 semaines battait encore, un de ces cas que nous a racontés Claire.

Seule concession, la pilule du lendemain est disponible dans n’importe quelle pharmacie (sauf si elle est fermée le dimanche) et sans prescription obligatoire du médecin depuis 2011. Mais elle est proposée à un prix élevé regrette Claire.

Chantal Jouanno a voulu savoir si la nouvelle génération n’aspirait pas à davantage d’émancipation. Elle fut surprise de la réponse de Claire : l’avortement est un sujet tabou entre jeunes et, détail piquant, sa meilleure amie demeure totalement incrédule face à son combat : « Claire, you’re not evil ! »

Claire malfaisante ? Non. Mal éduquée, certainement. Ses cours d’éducation sexuelle étaient dispensés par sa professeur de religion, dont le moto était de ne « pas aller contre le projet de Dieu ». Mieux vaut en rire : on diffuse dans les écoles irlandaises une vidéo où l’on voit un fœtus qui chante : « Ne me tue pas, maman ». Bref, « c’est de l’endoctrinement pas de l’information », s’agace Claire.

L’ignorance est mauvaise conseillère. Le taux d’avortement (hors sol) est énorme. Chaque jour une douzaine d’Irlandaises débarque dans un hôpital anglais, soit plus de 4000 par an, sans compter celles qui se font expédier des pilules abortives depuis l’étranger, à leurs risques et périls. Mais les apparences sont sauves et les pro-life américains continuent de considérer l’Irlande comme le dernier bastion de la civilisation.

Laurence Hélaili, conseillère consulaire en Irlande, a parlé d'expérience : "On est en danger du seul fait d'être enceinte"

Laurence Hélaili, conseillère consulaire en Irlande, a parlé d’expérience : « On est en danger du seul fait d’être enceinte »

Pleine d’admiration pour Simone Veil, Claire Nevin s’est montrée ravie de l’accueil reçu au Sénat, venant rompre la « complicité silencieuse » qu’elle ressent à l’étranger. « L’Irlande a besoin de pression extérieure pour changer ses lois, affirme-t-elle. Les autres états membres de l’Union devraient se préoccuper de la situation des droits de l’homme au sein même de leur communauté ».

La militante de ROSA reporte désormais ses espoirs sur les législatives de mars 2016, à l’heure où aucun parti irlandais n’a encore diffusé son programme.

L’Irlande est un pays formidable à bien des égards et toutes les convictions sont respectables. Mais nous avons clairement un problème de santé publique à résoudre. Les questions et les inquiétudes partagées sur les forums en Irlande démontrent la nécessité d’informer les Françaises qui veulent s’installer en Irlande ou bien qui y vivent déjà.

Comment procéder ? Annick Billon a proposé l’idée d’un comparatif, en deux colonnes, sur la page Conseils aux voyageurs sur le site du MAEDI, associé à un mode d’emploi : « je suis dans telle situation, qu’est-ce que je fais ? ».

L’information pourrait aussi provenir des employeurs irlandais qui accueillent des salariés venant d’autres pays européens. Etre obligatoire, peut-être. La campagne de sensibilisation doit forcément également concerner les étudiantes.

Je remercie Chantal Jouanno et Annick Billon pour leur écoute sensible et leurs préconisations. Au moment de nous quitter, Claire m’a remis une lettre à transmettre à Simone Veil. Elle ne savait pas alors que la ministre, qui a porté le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse en France il y a plus de 40 ans, déciderait de lui répondre !

(*) Sauf mise en danger imminente de la vie de la mère

Lire aussi l’article paru dans AuFeminin.com : « La femme de la semaine : Claire Nevin, militante pour le droit à l’avortement en Irlande » du 30 octobre