Accueil      En circonscription      Sénat      Bilan de mandat      Revue de Presse          Parcours      Contact     
    

Présidence de la République : pour un mandat unique

Les institutions de la Vème République sont-elles adaptées à la France d’aujourd’hui ? C’est autour de cette question que j’ai eu le plaisir de revoir Louis Giscard d’Estaing, maire de Chamalières et vice président de l’UDI, dans le cadre d’un forum-débat organisé par le club de réflexion qu’il a fondé, Les-Idées.fr.

Alain Duhamel et Louis Giscard d’Estaing au 17ème Forum-débat organisé par les Les-IDées.fr, le 17 novembre 2014 au siège de l’UDI à Paris

Alain Duhamel et Louis Giscard d’Estaing au 17ème Forum-débat organisé par les Les-IDées.fr, le 17 novembre 2014 au siège de l’UDI à Paris

Nous avons eu le loisir d’entendre les commentaires du journaliste Alain Duhamel, l’un de nos plus fins analystes politiques, sur l’évolution souhaitable de nos institutions. Témoignage de l’intérêt qu’il porte à ce sujet, Jean-Christophe Lagarde, nouveau président de l’UDI a assisté au débat.

Le point de vue que j’ai exprimé se résume à vouloir, avant tout, reconsidérer la fonction présidentielle.

En effet, le président de notre Vème République concentre sur sa personne un pouvoir si étendu qu’il n’a pas d’équivalent dans les autres démocraties occidentales.

En 1958, le général de Gaulle a taillé les institutions à sa mesure. Ses récents successeurs semblent flotter dans son costume de président-monarque-chef des armées.

En incarnant la fonction présidentielle, le général de Gaulle recherchait l’adhésion populaire, ne doutant même pas de son élection dès le premier tour. Désormais, il faut bien reconnaitre que le président de la République n’est plus élu par une majorité en sa faveur, mais par une majorité liguée contre son challenger malheureux. Par conséquent, nos derniers présidents souffrent d’un manque de légitimité chronique.

Suite à l’instauration du quinquennat, le président entre en phase de réélection à mi-mandat, ce qui le conduit à mener une politique de court terme. Aussi, j’ai apporté mon soutien à la proposition de loi, votée ce jour au Sénat, qui vise à instaurer un septennat non renouvelable.

Photo Wikimedia commons

« Un gouvernement sans perspective », fustige le sénateur Hervé Marseille

indecisionTous nos indicateurs économiques sont en berne, et parmi eux : le niveau record de chômage, la consommation de ménages, l’investissement des entreprises ou encore le commerce extérieur. Tous indiquent clairement que la croissance de la France demeurera vague, inexpressive, sans vitalité…

L’action du président Hollande et de son gouvernement a eu pour conséquence la destruction de 100 000 emplois privés en 2013. Actuellement, le taux de marge de nos PME est le plus faible de toute la zone euro. Parce qu’il s’empresse de défaire ce qu’il vient de faire, le Canard Enchaîné vient de baptiser François Hollande, le « Président Zig Zag ».

Ce gouvernement sans idée, sans direction et qui navigue toujours en vent contraire du bon sens, est caractérisé avec justesse par Hervé Marseille, sénateur-maire de Meudon et délégué UDI aux Français établis hors de France dans sa dernière lettre d’information.

Je vous reproduis, ci-après, le texte de son éditorial.

Hervé Marseille Eté 2014Un gouvernement sans perspective

Le Sénat vient de rejeter la loi de finances rectificative, avec l’aide d’une partie de la majorité !

Au moment où notre pays connaît un chiffre record du chômage et une croissance en berne, le gouvernement fait preuve de la plus grande indécision. Par principe, il agit avec précipitation, de façon hasardeuse ou partisane, pour ne produire que des mesures bancales.

Prenons l’exemple de la loi sur logement (ALUR), que j’ai combattue avec mes collègues UDI et UMP. 4 mois après son adoption, le constat est édifiant. Elle a complexifié les dispositifs, freine notamment la construction de logements neufs, dissuade nombre de bailleurs d’investir dans des projets locatifs et bloque de nombreuses collectivités dans la réalisation de leurs équipements. Le secteur, pourvoyeur important d’emplois, est en panne.

Autre bizarrerie, la réforme pénale dont les dispositions, dénoncées par plusieurs syndicats de polices et de magistrats, renforcent l’idée d’impunité en matière de transgression des lois, à l’heure où le sentiment d’insécurité de nos concitoyens ne faiblit pas.

Enfin, le feuilleton de la réforme territoriale. Certes, une réforme s’impose mais la méthode gouvernementale est hautement contestable. Menée tous azimuts, sans concertation et sans études d’impact, elle conduit les collectivités dans le marasme. Par un illogisme « collecticide », il les a même mises à la diète, avant toute réforme (baisse drastique des dotations de l’État, charges supplémentaires…).

Concernant la Métropole du Grand Paris, les élus franciliens ont dû exercer une forte pression sur le gouvernement pour qu’il accepte de dialoguer. Pour autant, il refuse de reporter le calendrier restreint, laissant présager un bâclage. Personne n’ignore le temps et le travail que suppose la création d’une telle entité, pour être efficace !

Puisse la pause estivale éclairer nos gouvernants afin qu’ils prennent enfin les mesures indispensables au redressement du pays… Soyons optimistes !

Bon été à toutes et à tous !

Hervé Marseille

Le Petit Journal.com présente les idées de l’UDI pour les Français de l’étranger

UDI Besoin davenir GrenouilleLes élections des conseillers consulaires approchent.

Hervé Heyraud fondateur du Petit Journal.com, m’a interrogé au sujet des objectifs et du programme de l’UDI (Union des Démocrates et Indépendants), où j’ai la responsabilité d’organiser le réseau UDI à l’étranger, ce qui correspond à un bon million d’électeurs sur les cinq continents.

J’ai le plaisir de vous reproduire, ci-dessous, une part de notre entretien :

PROGRAMME DE L’UDI – 3 questions à Olivier Cadic, conseiller élu à l’AFE

Alors que les élections des conseillers consulaires approchent, Olivier Cadic, conseiller élu à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Royaume-Uni, revient sur les objectifs actuels de l’UDI (Union des Démocrates et Indépendants), le parti de Jean-Louis Borloo.

Quelle est votre structuration à l’UDI ? Vous parlez de « club », de quoi s’agit-il ?

L’UDI a pour ambition de réveiller la politique. Meyer Habib, député, Hervé Marseille, sénateur et moi avons été désignés délégués nationaux UDI aux Français établis hors de France. Notre organisation à l’étranger est fondée sur des clubs-pays en cohérence avec les circonscriptions consulaires pour permettre aux gens de débattre ensemble des idées. La Révolution française a été impulsée par des clubs politiques qui ont préparé les états généraux de 1789. Ils sont à l’origine de l’idée républicaine. Il y a une symbolique qui mérite d’être rappelée et qui est propre à réveiller la politique.  Cela permet d’avoir une organisation très souple autour d’un délégué dans laquelle celui qui agit peut être mis en responsabilité. Il faut accepter que chacun puisse suggérer des solutions en veillant à ce que les jeunes générations soient pleinement impliquées pour apporter des idées neuves. Notre ambition est de présenter un projet de renouveau pour les Français de l’étranger en vue des élections de 2017.

Quelles sont les priorités dans le programme de l’UDI ?

Notre priorité est l’enseignement. Nous voulons augmenter les places dans les établissements français à l’étranger. Aujourd’hui l’enseignement à l’étranger repose sur un système élitiste et la mixité sociale tend à disparaître. Il y a 75 % des enfants français de l’étranger qui n’ont pas accès aux écoles françaises. 15 % des enfants binationaux ne parlent pas le français. L’objectif est d’offrir une solution d’apprentissage en français à 100 % des enfants au lieu de 25 %.

Nous voulons également développer l’enseignement bilingue dans les écoles locales. Les députés des Français de l’étranger ne sont pas un levier pour cela, ils sont des représentants politiques au niveau national. La coopération éducative gérée par l’ambassade montre également ses limites. Il faut s’appuyer sur nos conseillers consulaires pour faire du lobbying auprès des autorités locales.

En dehors de l’éducation, quels sont vos objectifs ?

Nous avons pour objectif de supprimer toute discrimination vis-à-vis des Français de l’étranger et de parvenir à une meilleure gestion des services consulaires. L’UDI souhaite un Etat économe des deniers publics. Or dans plusieurs domaines le système est inefficace et coûte cher. Meyer Habib a alerté sur les démarches à faire pour obtenir un passeport, un véritable calvaire pour certains compatriotes vivant éloignés d’un consulat. Il va falloir regarder attentivement le programme 151 du ministère des Affaires étrangères et européennes (relatif aux Français à l’étranger et affaires consulaires), en faisant la transparence sur la majorité des dépenses correspondant aux rémunérations du personnel consulaire.

Quel est votre regard sur la réforme mise en place l’année dernière (loi relative à la réforme de l’AFE) ? Je vous invite à lire la suite de l’article en suivant ce lien : « Programme de l’UDI – 3 questions à Olivier Cadic, conseiller élu à l’AFE« , paru dans LePetitJournal du 26 mars 2014.

Je remercie l’équipe du site lepetitjournal.com de son intérêt pour notre action, conduite par Jean-Louis Borloo, président de l’UDI.

Lire aussi sur ce blog : : « Le gouvernement va éradiquer la mixité sociale dans les écoles françaises à l’étranger » du 12 mars 2014

L’UDI organise son réseau à l’étranger et lance le club UDI-Royaume-Uni

On ne pouvait rêver plus beau cadeau pour l’UDI, au moment où l’Union des Démocrates et Indépendants souffle sa première bougie : selon un sondage BVA, elle est la formation politique la plus populaire aux yeux des Français, puisque 44% des sondés déclarent en avoir une bonne ou une très bonne opinion, reléguant loin derrière les autres partis ! (voir : Cote de popularité des partis politiques – BVA – 28 oct 2013).

Un an après sa création, l’UDI, présidée par Jean-Louis Borloo, figure à la 1ère place sur la cote de popularité des principaux partis politiques, selon un sondage BVA

Dans le même sondage, c’est logiquement que Jean-Louis Borloo, notre président, se situe au troisième rang des personnalités dont les Français souhaitent qu’elles aient davantage d’influence dans la vie politique – derrière Manuel Valls et Alain Juppé – (voir : Cote d’influence des personnalités – BVA – 28 oct 2013)

Pour la famille de centre-droit qui a privilégié le travail des idées pour mieux s’affranchir des questions de personnes, il s’agit d’un immense satisfecit. Mais il ne doit pas occulter le travail qui reste à accomplir. L’aventure ne fait même que commencer pour les Français de l’étranger. Nous devons organiser un réseau militant UDI à l’étranger pour porter nos idées lors des élections européennes et consulaires du printemps prochain.

Comment s’organiser ? Un comité de pilotage est né.

Yves Jégo, délégué général et vice-président de l’UDI, en a fait l’annonce le 18 octobre dernier : Le réseau des Français de l’étranger est piloté par trois délégués nationaux :
• Meyer Habib, député, qui vous représente au sein des instances nationales
• Olivier Cadic, élu à l’Assemblée des Français de l’étranger, pour organiser le réseau
• Hervé Marseille, président de la Commission Nationale d’Investiture de l’UDI, pour suivre les sujets électoraux

J’ai la responsabilité d’organiser le réseau UDI à l’étranger afin de préparer les élections consulaires du 25 mai 2014 qui se dérouleront dans 130 circonscriptions du monde entier.

Sur le terrain, le réseau va se structurer progressivement en « Clubs UDI », idéalement selon les circonscriptions consulaires.

J’ai le plaisir de vous annoncer que nous lançons le :

Club UDI Royaume-Uni
Lundi 11 novembre à 18h30

à Londres près de St Pancras

Pour participer, merci d’envoyer un mail à : clubroyaumeuni@parti-udi.fr

Je vous invite chaleureusement à nous retrouver et partager un moment privilégié qui représentera je l’espère, un nouvel élan pour chacun.  Je vous encourage à découvrir notre pacte fondateur.

Notre vie quotidienne à l’étranger, avec ses atouts et ses vicissitudes, ne doit pas se départir d’une vision globale : j’ai la conviction que les expatriés doivent aider leurs compatriotes de l’Hexagone à comprendre les enjeux de la mondialisation et la légitimité des réformes nécessaires.

En promettant de réveiller la politique, Jean-Louis Borloo apporte le souffle du renouveau auquel les Français se montrent déjà sensibles. L’UDI a déjà réussi son pari de rassembler la famille des centristes. L’Union est en passe d’offrir une véritable alternative politique aux Français, populaire et non populiste, ouverte à l’autre, écologique, libérée des idéologies et désireuse de bouger la société parce que le monde bouge.

Photo Flickr de Sénat

Jean Arthuis veut réveiller l’Europe

J’ai participé au conseil national de l’UDI, ce samedi, qui a adopté dix décisions d’urgence pour combattre la crise en France. La première vise à relancer la croissance et l’emploi.

«Nous voulons une Europe de la croissance, car c’est l’Europe du plein emploi !», nous a déclaré Jean Arthuis, lors de ce conseil.

« Au moment où l’Europe est consacrée par le prix Nobel pour la paix établie sur le continent, l’Europe est le maillon faible de l’économie mondiale. Paradoxe! » déclare le vice-président de l’UDI en introduction.
A l’heure où les partisans des égoïsmes nationaux font valoir avec force leurs propositions démagogiques, beaucoup s’interrogent sur la destinée de l’Union européenne. Jean Arthuis, en charge du projet européen pour l’UDI, nous a proposé une vision pour l’Europe qui aurait plu à ses pères fondateurs.

Il a d’abord rappelé les principes sur lesquels cette Union a été construite, entrainant la nécessité d’une monnaie commune pour mettre un terme à l’instabilité monétaire qui brisait l’emploi.

Jean Arthuis constate que c’est l’absence de gouvernance de la zone euro qui a provoqué les errements budgétaires des pays membres de l’Union Européenne et les effets dont l’Europe souffre actuellement. Il trace une voie: « le cercle de l’euro devrait être le noyau de cristallisation du fédéralisme ». Seule l’Europe peut tenir tête aux Etats-Unis et à la Chine. L’affaire des panneaux photovoltaïques chinois vient justement de révéler publiquement nos dissensions à l’heure où l’Europe a tant besoin d’une politique commerciale favorisant l’emploi. Et pas seulement, « nous avons besoin d’harmoniser nos fiscalités, plaide-t-il, d’harmoniser notre politique environnementale, nos dispositions sociales et nos prélèvements obligatoires ».

En conclusion et clairement, Jean Arthuis prône une orientation de l’Europe vers une intégration politique pour la zone euro. Un second cercle réunissant les 27 pays de l’Union Européenne.

Je vous suggère de regarder cette vidéo de 4 minutes consacrée à l’intervention de Jean Arthuis, au Conseil national de l’UDI du 15/06/2013 au CNIT La défense :

La politique commerciale de l’Union européenne au cœur de la 3ème Matinale de l’UDI

« Il faut passer du Free Trade au Fair Trade. » Cette formule de Jean Arthuis résume la problématique de la politique commerciale de l’Union européenne, thème de la 3ème matinale de l’UDI à laquelle j’ai participé à Paris, le 25 avril dernier.

Dans un contexte oppressant, lié à une croissance atone et une concurrence mondialisée, nos entreprises européennes doivent conquérir des marchés hors de l’Union. Sauf que nombre de pays émergents ne l’entendent pas de cette oreille.

En appeler au commerce équilibré, au Fair Trade, c’est devoir envisager la question du concept de réciprocité. « Une idée révolutionnaire », n’hésite pas à dire Viviane de Beaufort, professeur de droit européen à l’ESSEC.

Afin de développer les échanges internationaux, les états devraient s’accorder des avantages réciproques. Mais « des entraves toujours nouvelles apparaissent et elles sont de plus en plus sophistiquées », regrette Viviane de Beaufort. Même si les entreprises européennes ont accès de droit aux marchés publics sur d’autres continents, quelques normes locales viendront les écarter de fait, illustre-t-elle.

Quand la bise fut venue…

Comment en sommes-nous arrivés à ce déséquilibre ? Pourquoi l’Union ne se protège-t-elle pas en réaction ? Nous nageons en plein dilemme…

L’Europe a longtemps ouvert ses marchés, notamment publics, dans l’idée que cette démarche « vertueuse » allait créer un effet d’entrainement. C’était du temps où « nous étions puissants » pour s’adonner au Free Trade, justifie la professeure de droit, mais « depuis dix ans la globalisation a changé le contexte. Les émergents veulent, eux aussi, leur place au soleil et pratiquent des règles différentes »…

Le rapport de Mario Monti demandé par le président Barroso (« Une nouvelle stratégie pour le marché unique » – mai 2010) a provoqué une prise de conscience. Faut-il emboiter le pas au Japon, au Canada ou encore aux USA sur la voie du néoprotectionnisme ? En aucun cas, pense chaque adhérent ou sympathisant de l’UDI présent dans l’assistance (lire : « Naissance de l’UDI, sous le signe de l’Europe » du 26 octobre 2012).

Il serait en effet aberrant de restreindre l’entrée à nos marchés, d’autant que nous avons besoin d’acheter de l’énergie et que 30 millions d’emplois sont directement liés à l’exportation. Il ne faut pas pour autant renoncer à les contrôler, préconise Mme de Beaufort, notamment en élaborant de nouveaux instruments communautaires pour redonner à l’Europe une posture plus offensive (règles anti subvention, anti dumping, contrôle des investissements directs étrangers, etc.).

Asseoir de nouvelles règles du jeu, plus équitables, est vital pour les exportations françaises qui dépendent essentiellement de grands contrats portés par nos champions nationaux du type Areva, Bouygues ou Alsthom.

Chacun pour soi et l’Europe pour tous

Pour autant, à l’heure où l’Union devrait resserrer les rangs pour restaurer sa puissance de négociation collective, on assiste à un désengagement alarmant de certains pays qui n’ont plus d’industrie à défendre ou même de l’Allemagne qui redoute des mesures de rétorsion des pays émergents, tel que la Chine !

Cette réaction en ordre dispersé exaspère Jean Arthuis pour qui l’Europe est devenue le « kaléidoscope de nos petites turpitudes nationales » à contretemps d’une mutation qui va finir par nous marginaliser : « la mondialisation c’est l’organisation du monde en grands espaces, l’Europe en est un », ponctue le vice-président de l’UDI.

La capacité d’influence de l’Europe est-elle irrémédiablement en déclin ? Ce sujet n’est plus juridique mais politique, conclut Viviane de Beaufort

Toujours pas de pilote dans l’avion

Olivier de La Roussilhe, membre de la DG Trade à la Commission de Bruxelles, rappelle alors que si l’Union pèse toujours 25% du PNB mondial, l’érosion se profile puisque cette part passerait à 13% en 2030 et 8,6% 2050, selon certaines estimations. « Il faut être plus mordant dans les négociations sur les marchés mondiaux », nous interpelle-t-il, en s’indignant qu’il n’y ait pas de politique industrielle européenne. Pas plus que de gouvernance de la zone euro, nous l’avons vu lors d’une précédente matinale de l’UDI (lire : « Les Matinales « Europe » de l’UDI : un bouquet de propositions pour redonner force et couleur à l’Union européenne » du 23 février 2013).

Jean Arthuis, sénateur : « La mondialisation c’est l’organisation du monde en grands espaces, l’Europe en est un. »

« Il faut un pilotage de l’Europe, abonde Jean Arthuis, à travers une vraie délégation et une souveraineté partagée. »

Débarquant tout juste de Corée par avion, Jean Claude Beaujour, avocat spécialisé en droit international, a eu le mérite de replacer le débat « sur le terrain, où nos entreprises françaises n’arrivent pas à être compétitives… en dépit de tout l’arsenal juridique. »

L’export pour les Nuls

Accompagnant au quotidien les entreprises qui exportent, Jean Claude Beaujour s’insurge évidemment contre les barrières juridiques et techniques et postule que « l’Union doit parler d’une voix en Asie ». Il observe toutefois que les Coréens décrochent aujourd’hui des marchés du seul fait de leur haut niveau de savoir-faire, reléguant les industriels français qui n’ont pas réalisé les investissements nécessaires, ni la formation du personnel dans certains secteurs.

Ainsi, un pétrolier français se fait actuellement construire une plate-forme en Corée pour exploiter du pétrole en Angola. Il y a 2000 emplois à la clé sur 4 ans. Le coût aurait été équivalent en France, mais la compétence fait défaut.

Autrement dit, la politique commerciale de l’Union européenne est une chose, la capacité des entreprises française en est une autre. « Les Indiens ou les Coréens s’implantent dans une région et restent dix ans, tandis que nous, Français, avons une vision à court terme » A l’export, l’amateurisme ne paie pas. On ne peut pas décrocher un gros marché en misant sur un coup de pouce de son ambassadeur ou encore en confiant les négociations à un jeune Volontaire international en entreprise.

Des européennes contre l’Europe ?

Un constat partagé par Jean Arthuis, en partie imputable à ces « boulets aux pieds » que se trainent nos entreprises nationales. Le sénateur rappelle que la France détient le record de la faiblesse des marges au sein des 17 états membres de la zone euro !  « Nos entreprises ont donc du mal à trouver des partenaires en capitaux propres » et fatalement « leur potentiel de production sera fragilisé », déplore-t-il.

Le projet pour la France passe indubitablement par un projet européen vivifié et qui nous aidera à faire sauter nos archaïsmes nationaux. Jean Arthuis prévient que « la démagogie va tourner à plein régime » lors des prochaines élections européennes. L’UDI devra être en mesure de « démontrer les bienfaits » de l’Europe face au scepticisme ambiant et à la tentation du repli national.

Photo Flickr de Niccolò Caranti

Les Matinales « Europe » de l’UDI : un bouquet de propositions pour redonner force et couleur à l’Union européenne

Nous avons fait l’union monétaire avant de faire l’union économique. Tout le dilemme de l’Europe repose dans ce constat qui a pris un tour dramatique depuis la crise de 2008.

Les premières « Matinales Europe » de l’UDI se sont déroulées dans ses locaux parisiens devant un public captivé (21 fev 2013)

Jean Arthuis, vice-président de l’UDI, Union des démocrates et indépendants, en charge du projet Europe, réveille la politique comme le veut le slogan du parti de centre-droit présidé par Jean-Louis Borloo.

Le 21 février dernier, à Paris, chacun a pu entrevoir diverses solutions en assistant aux Matinales « Europe », premier rendez-vous mensuel du groupe Europe de l’UDI organisé par sa secrétaire générale Sylvie Smaniotto, magistrate de la Cour des comptes.

On retiendra de la table ronde, présidée par Jean Arthuis, que l’Europe n’est pas un problème pour l’UDI, mais une solution face à nos insuffisances nationales, voire nos impasses. Un message qu’il faudra rendre audible lors des prochaines élections européennes de juin 2014, tandis que la croissance s’embourbe et que le scepticisme s’envole (lire : « Jean Arthuis veut s’entourer des Français de l’étranger » du 18 décembre 2012).

Les 17 pays (sur 27) qui ont adopté l’euro ont « contracté de nouvelles obligations sans commune mesure » avec ceux qui conservent leur propre monnaie, prévient Jean Arthuis. Les membres de la zone euro sont interdépendants, à leur grand regret parfois lorsqu’il faut sauver financièrement ceux qui ont plombé leur économie.

François-Xavier Priollaud a lancé ensuite la table ronde consacrée à la zone euro, au budget européen et à la fiscalité. En abordant à tour de rôle un thème spécifique, les interlocuteurs ont tous eu à coeur de démontrer qu’il était temps de dépasser nos logiques purement nationales et de s’engager vers une harmonisation de nos politiques budgétaire, fiscale et bancaire, le tout facilité par l’instauration d’un « gouvernement économique » permanent et légitime au sein de la zone euro.

Un président permanent

Pascale Andréani, ambassadeur et représentante permanente de la France à l’OCDE, est consternée par l’absence de « gestion quotidienne » de la zone euro. La faiblesse institutionnelle est telle que les pays ne prennent pas la peine de s’informer, en amont, des mesures économiques prises par leurs partenaires, explique-t-elle. On découvre dans le journal que l’Allemagne a augmenté de 3 points sa TVA.

Pascale Andréani propose la création d’un poste de président permanent, garant d’une concertation continue et approfondie sur les politiques économiques des 17. Loin d’entraver les souverainetés nationales, il faciliterait au contraire la tâche des divers parlements et gouvernements, conclut l’ambassadrice.

Jean Arthuis a cautionné cette idée jusqu’à proposer une fusion des fonctions de président du Conseil et de président de la Commission pour « incarner l’autorité de l’Europe », tout en stigmatisant le « temps partiel » exercé actuellement par Jeroen Dijsselbloem à la tête de l’Eurogroupe, puisqu’il demeure le ministre des Finances des Pays-Bas.

Un budget pluriannuel de 5 ans

Pour sa part, Dominique Riquet, député européen, s’est désolé que le budget européen soit voté dans un cadre pluriannuel de 7 ans, tandis que les élections européennes se déroulent tous les 5 ans, ce qui implique qu’une assemblée nouvellement élue est tenue d’exécuter un budget qu’elle n’a pas voté. Par souci démocratique, il propose que le budget corresponde à la durée d’une législature.

Fédéraliste convaincu, Dominique Riquet, rappelle que le budget de l’Union pèse seulement 1% du PIB de l’Europe (130 milliards par an) contre 28% aux USA ! Une austérité voulue et entretenue, justifie-t-il, puisque le crédo du moment est « moins d’argent pour l’Europe ».

Des ressources fiscales propres à l’Europe

Sébastien Allaire (associé dans un cabinet conseil international) estime que l’Europe doit développer ses propres ressources fiscales, à la condition absolue de ne pas alourdir les contributions de ses citoyens. Il s’agirait donc de diminuer des ressources nationales au profit de l’échelon européen, par un transfert de TVA par exemple.

De nouvelles pistes peuvent être suivies comme la mise en place d’une taxe sur les transactions financières. Jean Arthuis a également évoqué une écotaxe pour les camions de plus de 3,5 tonnes et une taxe carbone aux frontières, lorsque des produits destinés aux consommateurs européens ont été produits dans un environnement moins contraignant que celui de nos industriels.

Tout à son idée de créer des recettes pour alimenter le budget européen, Sébastien Allaire a déploré que la « taxe Google » de 60M€ qui vient d’être obtenue par le gouvernement français n’ait pas pu servir de modèle à une taxe numérique européenne (s’appuyant sur le concept de « travail gratuit » développé par le rapport Collin & Colin) uniquement destinée à financer des projets numériques européens (cybercriminalité, connexions haut débit entre l’Europe et les autres continents…).

Une harmonisation des règles bancaires

A la lumière de la crise apparue en 2008, Thomas Guittet, auditeur général d’une banque européenne, plaide ardemment pour l’harmonisation des règles bancaires. « Aujourd’hui, les banques sont européennes et cela n’a aucun sens de les réguler au niveau national », soupire-t-il. Il est absurde qu’une même banque implantée dans divers pays doive gérer un lot de contraintes régionales. Mais pas aux yeux des « régulateurs nationaux » qui ont chacun leur vision du marché, leur façon de gérer la crise, mais qui s’accordent tous sur un point : ne rien lâcher de leurs prérogatives. A l’arrivée, on ne favorise pas la construction européenne mais on multiplie des règles de supervision qui génèrent des distorsions de concurrence : par exemple, le prix de l’argent prêté varie selon le niveau de capital fixé pour couvrir les risques.

Pour Jean Arthuis aussi, l’Europe a besoin d’une « autorité de contrôle prudentiel et de résolution de problèmes auprès de la BCE, avec transfert des ressources des régulateurs nationaux ». Il ajoute que les secteurs de l’assurance et de la prévoyance, souvent intriqués aux banques, doivent suivre les mêmes règles de prudence.

Un pilotage économique

L’ancien député Patrick Hoguet pense que  la zone euro ne peut plus se dispenser d’un gouvernement économique. Pour soutenir sa proposition, il a égrené toutes les tâches, aujourd’hui plus ou moins en déshérence, dont « cette autorité de pilotage »   pourrait être chargée, au point de devenir la clé de voute des travaux des parlements nationaux.

Ce gouvernement économique aurait dans ses attributions de faire respecter les contraintes du Pacte budgétaire tout en définissant les orientations de la politique économique afin de renforcer la croissance et la compétitivité. Les mesures d’austérité qui affectent certains pays pourraient être reconsidérées à l’aune de cet esprit de relance et de croissance, en leur redonnant un peu d’oxygène.

Ses attributions s’étendraient évidemment au contrôle de la monnaie commune et des taux de change, le plus tôt serait le mieux, car aujourd’hui « Europe n’est pas pilotée », ponctue Jean Arthuis.

Jean Arthuis, vice-président de l’UDI et sénateur de la Mayenne

Une union budgétaire en filigrane

Très attachée au projet européen, l’UDI milite fortement pour une synergie des politiques monétaires, économiques et financières, par le jeu de nouvelles institutions assises sur une légitimité démocratique (lire : « Naissance de l’UDI, sous le signe de l’Europe » du 26 octobre 2012). Il faut rapidement créer l’instrument pour que les gouvernements des états membres « pétrissent ensemble la pâte budgétaire », image Jean Arthuis.

Le sénateur de la Mayenne a néanmoins attiré l’attention des auditeurs sur le Mécanisme européen de Stabilité qu’il analyse comme « une esquisse d’une mutualisation du surendettement ». Autrement dit, ce mécanisme, qui cohabite avec le budget pluriannuel dont il fut question, « préfigure l’union budgétaire » , a-t-il conclu sur une note confiante.

Pour assister aux prochaines matinales de l’UDI ou rejoindre l’UDI au Royaume-Uni, vous pouvez me contacter à udi.ffe@gmail.com.

Le site de l’UDI

Jean Arthuis veut s’entourer des Français de l’étranger

Les Français expatriés venus de 16 pays différents répartis sur 4 continents en furent bien surpris : les sénateurs tenaient séance en ce samedi matin, au Palais du Luxembourg, comme l’attestaient les moniteurs installés dans tous les recoins du bâtiment. Puis, ils ont traversé la cour d’honneur pour se rendre au salon Champetier de Ribes, point de convergence traditionnel des sénateurs UDI – Union Centriste, où Jean Arthuis leur avait donné rendez-vous.

Jean Arthuis et Olivier Cadic ont reçu les Français de l’étranger au Sénat, samedi 15 décembre 2012

Le sénateur de Mayenne et ancien ministre des Finances confiait d’emblée que les débats en cours sur la loi de finance rectificative prenaient un tour intéressant : « Deux tabous de la République vacillent : la baisse des cotisations sociales et la hausse de la TVA ». Une occasion de nous rappeler qu’il existait une arme anti-délocalisation dans notre économie globalisée : la baisse de charges sociales  compensée par une augmentation substantielle de la TVA, considérant que les consommateurs, eux, « ne sont pas pas délocalisables ».

L’assistance acquiesçait, silencieusement, suspendue aux lèvres d’un orateur captivant. J’ai été ravi de voir autant de monde répondre à mon invitation, ce 15 décembre au Sénat. On comptait pas moins de douze conseillers élus des Français hors de France, de la Chine à la Colombie, en passant par la Tunisie, l’Algérie, Madagascar, ou la Cote d’Ivoire. A l’occasion des législatives de juin, certains d’entre-eux ont connu une sévère désillusion, celle de constater que leur travail de terrain ne procurait aucune légitimité dans la course aux désignations officielles. Copinages et parachutages en ont ulcéré quelques-uns au point de prendre le chemin de la dissidence. Ces pratiques « corporatistes ruinent la république », condamne Jean Arthuis avant de ravir l’aréopage des élus en déclarant que les Français de l’étranger devraient être représentés par… des Français de l’étranger (lire aussi : « Les élus des Français de l’étranger débattent avec Jean Arthuis de l’avenir du centre et de la droite » du 12 septembre 2012).

Les futurs élus de l’UDI se le tiendront pour dit. Encore faut-il être convaincu d’intégrer l’Union des démocrates et indépendants, ce tout nouveau parti (lire : « Naissance de l’UDI, sous le signe de l’Europe » du 26 octobre 2012). Une UDI pour défendre quelles valeurs ? Clairement identifié au centre-droit, ce mouvement porte aujourd’hui tous les espoirs de son vice-président, Jean Arthuis, qui rêve enfin de « sortir la politique du théâtre d’ombre qu’elle est devenue ». Alors, il martèle que l’UDI doit privilégier le fond. Concrètement, « sa première mission doit être de faire vivre un débat de société pour que les citoyens soient davantage responsabilisés ». En effet, il devient malsain, pour ne pas dire dangereux, que la classe politique entretienne toujours la fascination du chef et l’idée qu’on peut tout attendre de l’Etat. « Un Etat fort, ce sont des citoyens forts », résume Jean Arthuis.

Cette envie d’établir un lien direct avec le citoyen, de retrouver un sens collectif à l’action, est le propre de tous ces « humanistes de droite qui privilégient la gestion participative et se méfient du centralisme. » Ces « modérés » se distinguent nettement de l’autre grande famille de droite que Jean Arthuis aime appeler « les Bonapartistes »…

Au sein de l’UDI, il est en charge de l’Europe qu’il évoque toujours avec un engouement teinté de froide lucidité. A l’entendre on se dit qu’il est assurément le plus européen de nos acteurs politiques. Selon lui, une vision purement domestique de nos problèmes ne conduit qu’à de vaines gesticulations : « Le jour où nous sommes passés à l’euro, nous avons pris un aller simple vers le partage de souveraineté et une forme de fédéralisme. »

« On ne peut plus attendre, nous sommes condamnés à réussir », avertit Jean Arthuis, entourés des Français expatriés.

La gestion de l’euro scandalise toutefois celui qui en fut l’un des instigateurs. S’il se félicite que la monnaie commune ait désormais éradiqué l’instabilité monétaire et les fameuses dévaluations compétitives, le sénateur fustige tour à tour l’absence de gouvernance de cette « monnaie orpheline d’Etat », la transgression des règles à peine édictées par le pacte de stabilité, la complaisance générale vis à vis de la Grèce ou bien l’aveuglement des agences de notation qui jusqu’en 2009 « pensaient que l’Europe était un état fédéral et la banque centrale était l’équivalent de la FED ». Au résultat, un profond malaise politique, une crispation croissante de l’opinion, une image caricaturale de l’Europe devenue « le kaléidoscope de toutes les faiblesses et démagogies nationales », illustre Jean Arthuis.

Avec Jean-Louis Borloo, tous deux veulent résolument que l’UDI soit un parti européen, ce que le projet politique devra fidèlement reflèter. Deux mois après l’assemblée constituante, qu’avons-nous à vendre précisément ? Aucun guide du parfait militant n’est encore disponible, et c’est tant mieux, nous l’avons vu samedi dernier. Il reste en effet du travail et, soyons honnête, la route sera plus ou moins longue, certainement chaotique. Mais la route sera belle, pense Laurence Helaili, expatriée en Irlande: « C’est excitant de savoir qu’il y aura des débats et que nous allons devoir construire notre propre projet au lieu d’adhérer à un pack idéologique, déjà tout prêt, comme dans les autres partis ».

Pour participer aux réunions UDI au Royaume-Uni et en Irlande ou nous rejoindre, écrivez-moi à udi.ffe@gmail.com

Le modèle «social-étatiste» français se meurt mais ne se rend pas

Juin 1993, il y a bientôt vingt ans. Jean Arthuis rendait public son rapport sénatorial sur les incidences de la délocalisation d’entreprises industrielles et d’emplois à l’étranger.

Face à l’ouverture des marchés, Jean Arthuis préconisait l’idée de la TVA sociale dès 1993.

Au sujet de notre modèle social, il écrivait que la France faisait de l’entreprise « un gisement de ressources fiscales qui obèrent les frais de personnel et pèsent démesurément sur les coûts de production. Au surplus, le droit du travail a multiplié les facteurs de rigidité et d’inadaptation ».

Six mois après l’ouverture des frontières au sein de l’Union européenne, il soulignait que « l’emploi et l’entreprise sont désormais délocalisables. Le citoyen, c’est-à-dire le consommateur ne l’est pas. » Le remède : la TVA sociale.

Septembre 1996, je transfère à Ashford le siège social de ma société d’électronique : la nécessité de réduire mes coûts pour rester compétitif m’imposait de prendre avantage du taux de charges patronales de 10.5% en Angleterre contre 48% en France. Preuve par l’exemple du constat dressé par Jean Arthuis, alors ministre de l’économie. J’alerte en même temps les pouvoirs publics sur les conséquences dramatiques de la pression fiscale reposant sur l’industrie électronique française et je provoque un emballement médiatique.

« Les acteurs économiques, les talents, les capitaux sont-ils condamnés à fuir la France pour rester compétitifs ? », s’insurge Jean Arthuis « Dans les coulisses de Bercy », en 1998.

15 ans plus tard, Louis Gallois rend au premier ministre son rapport sur la compétitivité de l’industrie française. Son constat ressemble à s’y méprendre au livre «La France qui tombe» de Nicolas Baverez, best-seller en… 2003.

Il émet 22 propositions tant de fois émises précédemment. Dans le lot, il préconise une hausse de la TVA pour compenser une baisse des charges sociales, idée chère à Jean Arthuis.

Une fois élu président, Nicolas Sarkozy aura mis 4 ans et 9 mois pour comprendre qu’il fallait le faire. C’est beaucoup mieux que Jacques Chirac qui ne l’a jamais compris. Six mois après son élection, le président Hollande renie les déclarations du candidat Hollande qui jurait que jamais il n’utiliserait la TVA pour diminuer le coût du travail.

Ont-ils le choix ? Non, mais le remède envisagé par le gouvernement socialiste est pathétique. Du genre courage, fuyons. En effet, il n’est question que d’une hausse minime de 0,4% de TVA, ainsi que d’un crédit d’impôt à valoir en 2014 sur des charges sociales payées en 2013 ! On croit rêver. Bon courage aux « pigeons » qui incluront dans leur business plan un tel montage pour le présenter à un investisseur, surtout s’ils doivent garantir que le Premier ministre sera toujours là pour appliquer ce qu’il promet aujourd’hui.

Les cabinets conseils vont bientôt sonner la charge de l’optimisation, en se délectant d’une nouvelle niche fiscale lestée à 20 milliards d’euros ! Les contentieux avec l’Administration commenceront l’année suivante.

«Il a fallu 60 ans pour nous faire adopter ce que Newton avait démontré», disait Voltaire. Voilà 20 ans que Jean Arthuis a exprimé la théorie de la TVA sociale. Combien de temps faudra-t-il attendre pour que nos élites adhèrent à cette recette de bon sens ?

Lire : « Arbitrage du gouvernement pour la compétitivité : l’orientation est bonne mais le compte n’y est pas » du 6 novembre 2012, sur le blog de Jean Arthuis.

Photo Flickr de Sénat

Naissance de l’UDI, sous le signe de l’Europe

Pour le poète René Char, la lucidité est la blessure la plus proche du soleil.

Est-ce pour cela que le congrès fondateur de l’UDI (Union des démocrates et indépendants) a réussi à marier si justement l’analyse la plus crue de l’état de notre société avec l’élan le plus chaleureux de ses participants ?

Seule la lumière froide du réalisme pourra dissiper nos ténèbres où luisent faiblement, çà et là, quelques braséros idéologiques, aussi dérisoires que trompeurs. Alors seulement, nous discernerons les solutions. Parce qu’elles sont là, juste au bout de notre nez, comme l’évidence même.

Jean Arthuis, à la Mutualité, le 21octobre 2012

Par exemple, comment faire face à la « réalité d’une menace de chaos généralisé sur le continent européen » nous interpelle Jean Arthuis. Il clame qu’il faut doter l’Union d’une gouvernance spécifique de la zone euro. Ce n’est pas une option pour favoriser la sortie de crise, mais un impératif : « L’alternative est simple : le fédéralisme ou le chaos ! », a-t-il lancé devant les travées des fondateurs de l’UDI, à la Mutualité, le 21 octobre dernier à Paris.

Lui, le fondateur de l’Alliance centriste, parle désormais au nom d’un nouveau parti, l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI), dont il est le vice-président. « L’UDI est le seul parti engagé sans réserve et unanimement pour une Europe politique, proclamant son option fédérale », résume-t-il d’un trait fougueux (lire aussi : « Les élus des Français de l’étranger débattent avec Jean Arthuis de l’avenir du centre et de la droite » du 12 septembre 2012).

« Nous sommes la famille européenne », entérine Jean-Louis Borloo, président charismatique de ce mouvement naissant. Il lui semble une évidence que tout Etat qui a adopté la monnaie unique a déjà choisi un partage de souveraineté. C’est aussi sous le signe de l’Europe que l’ex-ministre de l’Ecologie a décliné avec gravité ses prétentions environnementales.

Jean-Louis Borloo, président de l’UDI, ambitionne de devenir le premier parti de France

S’il fut abondamment question d’Europe dans le cadre d’un événement national c’est que l’esprit d’ouverture des centristes y conduit naturellement, considérant comme Jean Arthuis que l’Union européenne n’a « sans doute jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui » à condition de la sortir de son statut de « nain politique ». L’ouverture d’esprit s’incarne aussi dans une défiance innée vis-à-vis des corporatismes et des conservatismes. Ainsi, la naissance de l’UDI, soutient Jean-Louis Borloo, est « une bonne nouvelle pour tous ceux qui veulent une France ouverte sur le monde, ouverte sur l’Europe, ouverte à l’autre, pour les libertés, pour l’humanisme, pour la République, le refus du repli sur soi et du sectarisme ».

Le président a donné le ton et trouvé les mots qui ont suscité l’enthousiasme des 3000 participants au congrès, heureux de vivre l’union de la famille centriste, un terrain en friche totale il y a encore quelques mois ! Je m’enorgueillis d’être l’un des membres fondateurs de l’UDI, prolongeant ainsi mon engagement au sein de  l’Alliance centriste de Jean Arthuis où je représente la fédération des Français de l’étranger. A noter que nous étions plusieurs Français établis hors de France, présents à la Mutualité, en provenance du Royaume-Uni, de la Belgique, du Maroc ou de la Tunisie.

Si « l’UDI a vocation à constituer une coalition avec l’UMP »,  nous dit Jean-Louis Borloo, il ambitionne néanmoins d’en faire « le premier parti de France ». Je crois que c’est possible, je crois que c’est souhaitable et je m’y emploierai obstinément.

Pour rejoindre la fédération des Français de l’étranger de l’UDI, informations et inscriptions à udi.ffe@gmail.com.

Lire le discours de Jean Arthuis du 21 octobre 2012, vice-président de l’UDI (fichier pdf)

Le site de l’UDI : www.parti-udi.fr

Je vous invite à découvrir cette courte vidéo « Je suis UDI ! », présentée avant le discours de Jean-Louis Borloo.

Je suis UDI par TV-udi

Du président « bling-bling » au président « dring-dring »…

Axelle Lemaire, fraichement élue députée d’Europe du Nord, aura été bien involontairement le centre d’un couac gouvernemental, dont la presse parisienne a fait ses choux gras.

Invitée du Grand journal de Canal+ pour illustrer les nouveaux visages de l’Assemblée nationale, les responsables de la chaine lui apprennent que François Hollande cherche à la joindre d’urgence. Ils vont se parler hors antenne pendant la diffusion du Zapping.

En effet, le président de la république cherche à la hâte un ministre délégué des Français de l’étranger : il est 19h40 et l’annonce du nouveau gouvernement était prévue avant 19h00. Axelle Lemaire décline l’offre.

Vous pensiez que dans un monde « normal », le choix des membres d’un gouvernement était précédé de mures réflexions, de questionnements poussés sur les aptitudes respectives des candidats pressentis. Moi aussi.

Cette précipitation est aussi drapée de mystère : pour quelles raisons François Hollande a-t-il voulu accoler à son gouvernement une novice en politique ? Ce premier choix a plongé de nombreux élus socialistes dans la perplexité, notamment les sénateurs qui s’étaient copieusement investis dans la campagne présidentielle. Faute de préséance, ingratitude, coup de com’ ? Chacun y allait de son avis, samedi dernier à Paris, lors de la réunion des élus de l’AFE. Un parlementaire socialiste ma confié, devant plusieurs élus de l’opposition, que l’intronisation ministérielle de cette néophyte aurait été « catastrophique » pour le moral des troupes.

Quoi qu’il en soit, on aurait longtemps gaussé sur le caractère agité et improvisateur de Nicolas Sarkozy s’il s’était permis de téléphoner sur un plateau télé pour boucler au finish un casting ministériel en court-circuitant son premier ministre. Le tout pour se prendre un râteau. Dans le cas de François Hollande, tout est « normal ».

Photo Flickr de Brenda Anderson

Plaidoyer pour la création d’un pôle agroalimentaire français au Royaume-Uni

Je connais Frédéric Gayral depuis deux ans. Il fait la promotion des laiteries françaises au Royaume-Uni. Si vous trouvez de plus en plus de fromages de nos terroirs dans les rayons des supermarchés britanniques, Frédéric n’est pas étranger à ce phénomène.

Il estime néanmoins que l’agroalimentaire français n’occupe pas la place qu’il mérite dans les rayons. Notre présence est même dérisoire au regard de la profusion des produits italiens ou espagnols. Frédéric Gayral impute cette carence à notre organisation de soutien à l’export qui a été calibrée pour servir les intérêts des entreprises de grande et de moyenne taille (lire son texte : Pour un pôle agroalimentaire français au Royaume Uni).

Autrement dit, et cela ne vous étonnera pas, les petites exploitations agricoles n’ont ni la structure, ni la culture pour trouver leur chemin dans les méandres procéduraux des structures gouvernementales d’aide à l’export.

D’où l’idée de Frédéric de bâtir un nouveau modèle reposant sur des experts locaux  qui encadreraient des Jeunes en statut VIE (Volontaires international en entreprise) qui seraient chargés de la promotion de structures artisanales françaises, représentant les diverses filières agroalimentaires.

Je soutiens cette approche qui repose sur l’expérience acquise et qui limite les coûts d’intermédiaires.

J’ai présenté ce projet en commission Finances de l’AFE, le 6 mars dernier, à Jean-Paul Bachy, président de la région Champagne-Ardenne et de la commission Affaires internationales de l’ARF.

Selon M. Bachy, la France a mis en place une structure d’aide à l’export, composée de gens forts compétents au travers d’UBI France, mais dont l’ambiguïté et la faiblesse est d’agir aussi comme « un outil destiné à organiser des salons et à tirer de l’argent des PME exportatrices ».

Le président de région ajoute avec dépit que « les banques ne prêtent plus, ni ne prennent de risque. Les régions ne peuvent prendre ce relais. » Par conséquent, « nous avons un tissu trop fragile de PME », juge-t-il.

Jean-Paul Bachy a paru apprécier cette idée de pôle agroalimentaire pour soutenir des secteurs qui ont du mal à percer à l’exportation.

Le texte de Frédéric Gayral : Pour un pôle agroalimentaire français au Royaume Uni (fichier pdf)

Photo Flickr de Teachernz

La coopération franco-britannique se bonifie avec le temps et les événements

Signe tangible de l’intimité entre le Royaume-Uni et la France, David Cameron s’est rendu à Paris pour la huitième fois en deux ans !

Le dernier sommet franco-britannique avait déjà été qualifié d’historique dans les médias puisqu’il avait abouti à la signature d’un traité de coopération nucléaire pour une durée de 50 ans (lire : « Traité de défense commune entre la France et le Royaume-Uni » du 05 novembre 2010). Le 17 février dernier, les participants au nouveau sommet apprenaient officiellement la conclusion de divers contrats, dont l’accord passé entre Areva et le britannique Rolls-Royce concernant « la fabrication de composants pour de nouvelles centrales nucléaires » qui nous rapproche d’avantage de la construction des EPR (Réacteurs pressurisés européens) sur le sol anglais. Je félicite au passage Vincent de Rivaz, président d’EDF Energy pour avoir eu le privilège d’un long entretien privé avec le Premier ministre britannique à cette occasion. Le succès d’EDF Energy doit avoir valeur d’exemple pour le plus grand profit de notre commerce extérieur.

Dans les chiffres, notre coopération économique est au beau fixe, « la France est le premier bénéficiaire des investissements britanniques en Europe et réciproquement », souligne David Cameron. Je rappellerai aussi que 1.600 entreprises françaises sont installées outre-Manche qui emploient 450.000 salariés (lire : « Bernard Emié réunit les consuls honoraires pour évoquer les relations franco-britanniques » du 26 octobre 2011). Cependant, c’est en matière économique que nos divergences affleurent puisque « David Cameron est très attaché au marché unique », tandis que nous, « nous sommes attachés à ce que la zone euro puisse décider plus rapidement », résume habilement Nicolas Sarkozy en conférence de presse.

Les deux chefs de gouvernement travaillent évidemment pour harmoniser leurs positions sur ces questions européennes, en espérant aboutir au même partage de vues que sur les sujets de politique étrangère et de défense. Il est manifeste que la crise libyenne aura agi comme un catalyseur permettant à nos deux nations, qui pèsent ensemble la moitié des dépenses militaires de l’OTAN, d’avoir tenu leur rang et fait respecter leurs valeurs aux yeux du monde. Après avoir salué le leadership du président français au cours des événements qui ont fait tomber Kadhafi, David Cameron a conclu que nous n’avons « jamais eu une coopération aussi étroite depuis la Deuxième Guerre Mondiale » !

Au delà de fabriquer des drones ensemble, comme c’est prévu, cette convergence militaro-diplomatique nous appelle à parler d’une même voix, au nom de la liberté, et de plus en plus fort. Il y a partout des briques chaudes : Iran, Afghanistan ou bien le « scandale syrien » parce que « c’est un scandale qu’un dictateur puisse massacrer son peuple », s’emporte Nicolas Sarkozy devant l’assistance.

Pressions, sanctions, assistance humanitaire, les deux dirigeants avouent que c’est bien « insuffisant » face au drame humain. Jeter l’anathème sur tel ou tel pays paralysant l’action des Nations Unies ne peut occulter le fait que la « révolution syrienne » ne réussira que si elle est « portée de l’intérieur », prévient David Cameron, en appelant l’opposition actuelle en Syrie à faire « l’effort de rassemblement, d’organisation, pour que nous puissions davantage les soutenir ».

Chacun se félicite de la force du lien franco-britannique, mais il ne saurait se départir de la personnalité exceptionnelle de ses deux représentants. « La force d’une relation, c’est lorsque l’on peut avoir des désaccords mais finalement parvenir à travailler ensemble sur tous les sujets sur lesquels nous sommes d’accord », résume à juste titre David Cameron. Pour sa part, le président français a dévoilé qu’il n’était pas nécessaire de discuter longtemps avec son homologue pour saisir son point de vue : «c’est commode de travailler avec un homme courageux, parce que l’on sait où sont ses lignes rouges».

Je souhaite à ce formidable binôme de fonctionner encore longtemps.

Lien vers la conférence de presse en vidéo sur le site de l’Elysée (25m)

Le chef de l’Etat promet un service public d’accompagnement de l’expatriation

Lundi dernier, depuis Madrid, Nicolas Sarkozy a présenté ses voeux à tous les Français vivant à l’étranger, soit près de deux millions et demi de personnes, une communauté « qui n’a jamais été aussi importante », note-t-il, puisqu’elle progresse au rythme de 3% par an pour les motifs les plus divers. Alors, 11 députés ne seront pas de trop pour les représenter, en juin prochain, pourrait résumer les propos du Président sur ces prochaines élections.

Le chef d’Etat a tenu à nous rappeler qu’il nous aime, parce que nous représentons une « force » et une « richesse » pour la France. Ce qu’il aime le plus chez nous, c’est notre capacité d’adaptation. Qui le contredirait ? « A ce titre, par votre capacité d’adaptation, vous êtes une leçon pour l’ensemble de la communauté nationale », juge-t-il.

Selon Nicolas Sarkozy, deux réseaux caractérisent notre volonté de rayonnement international et notre souci des compatriotes expatriés : d’abord, le réseau d’enseignement français qui scolarise 300.000 élèves, dont 110.000 Français, au sein de 485 établissements répartis dans 130 pays ; ensuite, notre réseau consulaire qui est « le deuxième du monde par le nombre de ses implantations. Et le premier par l’étendue de la gamme et de la qualité des services qu’il rend », revendique-t-il. Une réalité à laquelle acquiesce Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français établis hors de France et véritable globe-trotter, qui faisait évidemment partie du déplacement.

La crise fait sérieusement froncer les sourcils du gouvernement pour savoir où réaliser des coupes sombres, mais on conçoit mal de pénaliser les enfants d’expatriés. C’est pourquoi « l’aide à la scolarité a doublé en 5 ans pour atteindre 125 millions d’euros », précise Nicolas Sarkozy. « Malgré la crise, 32.000 élèves français bénéficient d’une aide à la scolarité, ils étaient 22.000 en 2007 (…) En 5 ans, les crédits consacrés aux bourses scolaires ont doublé, 50 millions d’euros en 2007, près de 100 millions d’euros en 2012 », a-t-il continué d’égrener ces chiffres qui sont évidemment à mettre à son crédit politique.

Les voeux 2012, formulés depuis la Résidence de France à Madrid, nous ont réservé une bonne surprise en répondant à une attente maintes fois exprimée par l’Assemblée des Français de l’étranger. Le chef de l’Etat a déclaré vouloir « mettre sur pied un véritable service public d’accompagnement de l’expatriation et de la réinsertion, afin qu’une personne ou une famille puisse aborder ces changements, importants dans une vie, sans subir un traumatisme. »

Nicolas Sarkozy a paru plutôt grave en considérant les crises et les mutations qui secouent les nations, mais il ne s’est jamais départi d’un optimisme de coeur et de raison, en concluant que le monde était, somme toute, « passionnant, parce qu’il faut inventer des idées nouvelles, parce qu’il faut être ouvert sur ce monde, et parce que la France a une opportunité de construire une nouvelle relation avec ce nouveau monde. »

Texte des voeux 2012 à l’ensemble des Français de l’étranger de Nicolas Sarkozy, à Madrid, du 16 janvier 2012 et lien vidéo.

La « ligne rouge » de l’ambassadeur Sir Peter Westmacott ou pourquoi le véto britannique était-il aussi logique que prévisible ?

Il fait gris et il bruine sur l’Europe. Elle doute d’elle-même notre vieille Europe. Elle essaie de conjurer son mauvais sort en multipliant les offrandes sur l’autel de la discipline budgétaire. Les Britanniques n’ont pas voulu suivre.

Aujourd’hui, beaucoup de citoyens européens pensent que le Royaume-Uni va ou doit quitter l’Union européenne. De leur côté, les bookmakers ne donnent pas cher de la peau de l’euro… On parie sur le premier pays qui va en sortir, la Grèce serait donnée à 1,05 contre 1, cela ne paye plus que 5 pences ! On en est là.

Vendredi matin, les médias français paraissaient confondus devant le véto britannique qu’ils analysaient comme une dérobade historique. Londres se drapait dans un superbe isolement, il est vrai que seul contre 26, on peut difficilement faire mieux.

Sir Peter Westmacott, ambassadeur du Royaume Uni en France (29-11-2011)

Aucune surprise du côté de ceux qui avaient eu le privilège d’entendre Sir Peter Westmacott, ambassadeur du Royaume Uni en France, au cercle de l’Union Interalliée, mardi 29 novembre.

Devant les anciens de Harvard, réunis à déjeuner par Pierre Gadonneix, président d’EDF, il a égrené les points de convergence entre nos deux pays, du nucléaire à la stratégie de défense, en passant par la lutte contre l’immigration clandestine. Il fut ensuite question de l’euro.

Dans son français admirable, ourlé d’une pointe d’accent qui fleure bon Oxford, Peter Westmacott a annoncé que les Britanniques avaient tracé une ligne rouge : la taxe sur les transactions financières.

En prévoyant cette taxe, le pacte qui vient d’être conclu par les pays européens menace la compétitivité de la City, première place financière mondiale, devant New York et Tokyo. Le refus de David Cameron de souscrire à cette perspective était donc prévisible car la City pèse 13% du PIB britannique.

Marginalisé à son retour du sommet, le Premier ministre reste confronté au dilemme exprimé par son ambassadeur.

D’une part, ils n’ont pas adopté la monnaie unique, « parce qu’on pensait que ça ne pouvait pas marcher », a énoncé avec flegme Peter Westmacott, alors que d’autre part, « l’intérêt des Britanniques est que la zone euro fonctionne bien puisque 50% de notre commerce se fait avec elle », complète pertinemment l’ambassadeur.

Tout le monde en convient avec lui : « si la zone euro éclate, cela sera très couteux pour tous les pays qui ne sont pas dans la zone », prévient-il. Rappelons en effet que l’euro ne concerne que 17 pays sur les 27 que compte l’Union européenne.

On se souvient que, agacé par une forme d’attentisme d’Angela Merkel, Nicolas Sarkozy avait dit au début de la crise : « La France agit, l’Allemagne réfléchit ». J’ai rappelé à Sir Peter Westmacott, le bon mot qu’il avait fait, il y a deux mois, lors du prix du rayonnement français, organisé par la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam : « Vous les Français vous rayonnez, tandis que nous, les Britanniques, nous réfléchissons. » (lire : « L’ambassade du Royaume-Uni à Paris abrite la remise du 2ème Prix du Rayonnement français » du 14 novembre 2011).

En observant le sourire de Nicolas Sarkozy à la sortie du sommet comparé au visage fermé de David Cameron, cette réflexion s’est révélée prémonitoire.

David Douillet représentera les Français de l’étranger

Le remaniement ministériel nous a réservé une double surprise : la création d’un secrétariat d’Etat aux Français de l’étranger et la nomination de David Douillet à sa tête. Je me réjouis donc doublement de la décision du Président de la République et de son Premier ministre.

En faisant ses premières armes au sein d’un gouvernement, David Douillet aura à coeur de se distinguer en défendant la cause des expatriés. Cette responsabilité était précédemment dévolue à Henri de Raincourt (lire : « Notre ministre s’appelle Henri de Raincourt » du 08 décembre 2010).

David Douillet, nouveau secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger

Au micro d’Europe 1, notre nouveau secrétaire d’Etat s’est déjà engagé à « protéger et écouter » ses compatriotes vivant hors de l’Hexagone, considérant qu’ils sont aussi des ambassadeurs de la France.

Retiré des tatamis depuis 2000, notre légende vivante du judo n’a jamais dissimulé son attirance pour le ministère des Sports, tout en se montrant ouvert à toute opportunité en politique, après s’être essayé tour à tour aux métiers d’entraineur, de commentateur sportif ou encore d’investisseur. L’année 2009 consacre hardiment son goût de l’action publique puisqu’il devient secrétaire national de l’UMP en charge des sports et qu’il est élu député de la 12e circonscription des Yvelines

Double médaillé olympique et quadruple champion du monde, David Douillet demeure un poids lourds imbattable en termes de notoriété publique et internationale, ce qui devrait être un net avantage pour remplir sa nouvelle mission.

Je lui adresse toutes mes félicitations et mes plus vifs encouragements.

Photo Flickr du Medef

Quelles solutions pour un retour de l’éthique en politique ?

Lundi soir j’ai suivi un reportage du magazine « Complément d’enquête » sur France2  relatant la condamnation, en mars 2010, de Jacques Mahéas, sénateur et maire socialiste de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) pour des faits d’agressions sexuelles contre une ex-employée municipale. Au terme d’un calvaire judiciaire qui aura duré 6 ans, la victime a été obligée de déménager et n’a aujourd’hui pour perspective que des petits boulots. Son témoignage et son courage m’ont ému (voir la vidéo ci-dessous sur Dailymotion)

PARLER ET FAIRE TOMBER LE MUR DU SILENCE par nouveauxmessagers

Toujours en exercice malgré sa condamnation définitive en appel à quelques 10.000 euros d’amende, le sénateur-maire commente la décision de justice face aux caméras et continue à mettre en cause la victime. Indécent !

Dans ce reportage, on voit Martine Aubry, premier secrétaire du Parti Socialiste, ignorer délibérément les journalistes qui tentent de savoir pourquoi le Parti Socialiste n’a toujours pas pris de mesure d’exclusion depuis plus d’un an contre le sénateur-maire condamné. Edifiant !

Notre sénatrice des Français de l’étranger, Joëlle Garriaud-Maylam, est consternée par les ravages des affaires DSK ou Tron sur l’image de notre classe politique à l’étranger, à l’heure même où une « véritable soif de sens et de morale s’exprime ».

Joëlle Garriaud-Maylam a rédigé une tribune publiée dans le magazine Reforme, dont vous trouverez le texte ci-joint “Pour un retour de l’éthique en politique”. Il s’agit d’un beau plaidoyer en faveur de la transparence et l’éthique « parce que c’est à travers nos élites politiques que se façonnent l’image et la crédibilité internationales de la France, parce que les dérives alimentent le populisme, parce que seule une conduite vertueuse tant sur le plan personnel que professionnel peut permettre d’adopter des décisions politiques justes, nous devons redonner de la valeur à l’éthique en politique. »

C’est parce que je partage ce désir d’éthique en politique défendu par Joëlle Garriaud-Maylam que je me suis engagé avec confiance à ses côtés dans la vie publique. Quelque soient les époques et les partis, le pouvoir et son cortège de privilèges peuvent griser certains élus, au point de leur faire prendre certaines libertés avec les bonnes manières ou le code Pénal.

L’élaboration d’un code de déontologie allant au-delà des dimensions économiques des conflits d’intérêts comme le suggère la sénatrice peut être la bonne solution. Mais en observant l’attitude complaisante du parti socialiste face au comportement de Jacques Mahéas, je me dis que le plus difficile sera de le faire appliquer.

Ce serait à l’honneur de notre pays de ne plus tolérer que des élus puissent poursuivre leur mandat après une condamnation pour violences sexuelles. J’espère que les parlementaires feront évoluer le code pénal en ce sens.

Adieu à Bernard Stasi

Je voulais vous faire part de ma tristesse à l’annonce du décès de Bernard Stasi, un homme d’Etat d’un profond humanisme et d’une parfaite probité.

Au temps où j’exerçais des fonctions au sein d’Amnesty International, je m’étais investi en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort. Un débat avait été organisé à Paris sur ce sujet en présence de Bernard Stasi, abolitionniste convaincu. Son talent d’orateur servait utilement son espérance vers un monde plus respectueux de la dignité humaine.

Il n’hésita pas à condamner le coup d’État du général Pinochet au Chili en 1973, ce qui lui a valu son portefeuille de ministre des départements et territoires d’outre-mer sous Georges Pompidou. Son courage et son franc-parler bâtirent le premier rempart contre la percée du FN aux cantonales de 1983. Jean-Marie Le Pen ironisait alors sur la légitimité de faire de la politique pour ce fils d’immigrés italiens. En réponse et non sans provocation, Bernard Stasi publiait, en 1984, un livre intitulé « L’immigration : une chance pour la France ».

Diplômé de l’Ena, ce Rémois de naissance a accompli un parcours politique exemplaire : maire d’Epinay, député de la Marne et député européen, président du conseil général de Champagne-Ardenne. Devenu une figure du centrisme, il comptait des amis de tous bords, tels que Jacques Chirac ou Michel Rocard.

Bernard Stasi a mis ses derniers efforts au service de l’équité entre les hommes, en devenant Médiateur de la République de 1998 à 2004. Rappelons qu’il a présidé la commission de réflexion sur l’application de la laïcité en 2003, puis il a présidé la mission de préfiguration de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité).

J’espère que l’esprit de tolérance de Bernard Stasi ne fera pas défaut dans le débat public.

Crédit photo : AFP/Mehdi Fedouach

Gérard Longuet dans le vent de l’Histoire

Gérard Longuet, ministre de la Défense, et Olivier Cadic

Lors d’une invitation chez le sénateur André Ferrand, en marge de la session de l’AFE, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Gérard Longuet nommé ministre de la Défense le mois dernier, tandis qu’il présidait le groupe UMP au Sénat depuis 2009.

L’ancien ministre de l’Industrie d’Edouard Balladur est un proche de Nicolas Sarkozy. Elu sénateur de la Meuse en 2001, il a rejoint le bureau politique de l’UMP en 2002. Il est également vice-président des Réformateurs, un mouvement d’inspiration libérale au sein de l’UMP qui compte une trentaine de cercles locaux.

Gérard Longuet m’a interrogé sur les attentes de la communauté française à Londres. L’intérêt sincère et les encouragements d’un homme d’Etat vous emplissent immanquablement de fierté et de vigueur. J’ai modestement eu le sentiment de lui avoir offert en retour une bouffée de fraicheur dans un climat international extrêmement oppressant. Ce 8 mars, les insurgés libyens reculaient à nouveau avec le sentiment du pire à venir

Le jour même de notre rencontre, François Gouyette, notre ambassadeur à Tripoli, était auditionné au sein de l’Assemblée nationale. Rentré en France le 26 février, après avoir fermé son ambassade, M. Goulette a reçu les félicitations de la commission des Affaires étrangères pour avoir parfaitement assuré le rapatriement de nos compatriotes.

Nos parlementaires ont voulu entendre la compréhension des événements par un homme de terrain pour présager le futur paysage politique de la Libye dans l’hypothèse de la chute de Kadhafi. Je vous recommande la lecture du compte-rendu d’audition du diplomate dont la clarté et la finesse d’analyse dépassent de loin tous les articles parus récemment sur le sujet.

Le surlendemain, le Président de la République en appelait à l’action militaire pour protéger les opposants libyens face au régime de Kadhafi (lire : « Rencontre avec Bernard Kouchner » du 14 mars 2011). Depuis, tous les commentateurs se félicitent du vote du Conseil de sécurité et estiment qu’il s’agit du succès conjoint de David Cameron et Nicolas Sarkozy.

Alors, les armes se sont mise à parler et Gérard Longuet s’est retrouvé au coeur de l’Histoire des hommes et en première ligne face aux médias, tout comme son homologue britannique à la Défense, Liam Fox.

Les élections sénatoriales auront lieu le 25 septembre 2011

En marge de la session de l’AFE, j’ai rencontré Jean-Claude Gaudin, vice-président du Sénat, le jour de son élection a la tête du groupe UMP au Sénat en remplacement de Gérard Longuet, devenu ministre de la Défense.

Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français hors de France, Olivier Cadic, conseiller élu à l'AFE, Jean-Claude Gaudin, vice-président du Sénat.

Le sénateur-maire de Marseille avait invité quelques élus de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) pour leur parler des prochaines échéances électorales.

L’élection sénatoriale aura lieu le 25 septembre 2011.

6 sièges représentant les Français établis hors de France sont en renouvellement.

Ce sont les 155 conseillers élus à l’AFE qui les élisent.

Les 5 sénateurs UMP sortants, dont Joëlle Garriaud-Maylam, sont candidats à leur propre succession.

A l’heure actuelle, trois listes se réclamant de la Majorité présidentielle, ainsi qu’une liste conduite par l’opposition se sont fait connaître.